Le Musée juif de Berlin

Le Musée juif de Berlin

 

Une mise en espace de la mémoire conçu par Daniel Libeskind… Rares sont les musées qui font appel par leur architecture-même, aux sensations et à l’émotion des visiteurs : celui-ci propose une véritable scénographie  “immersive“ pour une mémoire de l’holocauste. Inauguré en 2001, c‘est le premier édifice imaginé par cet architecte américain d’origine polonaise qui a conçu des cheminements fléchés, parcours sensibles sur les traces de la Shoah.  Between the Lines (Entre les Lignes)  est pour lui comme le troisième acte de Moïse et Aaron, un opéra inachevé d’Arnold Schoenberg, un acte de silence ». Et il se réfère aussi à Sens unique (Einweg Strasse) de Walter Benjamin pour qui on ne peut mieux connaître une ville qu’en s’y perdant : «Ne pas trouver son chemin dans une ville, ça ne signifie pas grand-chose; mais s’égarer dans une ville, comme on s’égare dans une forêt, demande toute une éducation »…

On est en effet déconcerté par cette architecture au bout d’une allée, qui semble impénétrable, derrière une façade en acier inoxydable aux angles vifs et sans ouverture sur l’extérieur : on n’y entre pas directement mais par un vieux bâtiment, auquel il est accolé : l’ancienne Cour de Justice de Prusse. Selon Daniel Libeskind : «Le musée juif est conçu comme un emblème où l’invisible et le visible sont des éléments structurels qui ont été assemblés dans cet espace de Berlin et révélés dans une architecture où l’innommable rappelle le nom de ceux qui ont disparu. » Son plan biscornu, pour épargner les arbres du sites, se déploie au sol en forme d’éclair (les Berlinois l’ont surnommé Blitz ),  et il évoque une étoile de David éclatée.

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On se perd aussi dans un dédale de couloirs : après être descendu par un profond puits en béton, chacun peut choisir son parcours, suivant l’un des trois axes qui se recoupent et qui s’enfoncent en pente douce vers des «voids» (vides). L’Axe de l’Exil mène au Jardin de l’Exil, L’Axe de la Continuité débouche sur Le Vide de la Mémoire et L’Axe de l’Holocauste mène à La Tour de l’Holocauste. Plafonds bas, éclairages artificiels et parois aux arêtes vives créent un certain malaise physique : cette architecture impose des trajets déroutants et contraint les corps, qu’ils aient pris le chemin de l’Exil, de l’Holocauste ou de la Continuité, à revivre la tragédie du peuple juif. Plus que les mots et les images, l’émotion nous fait regarder autrement les objets et documents de la collection permanente, témoins muets et présentés dans des vitrines le long de trois couloirs.

La structure du musée se fonde sur des espaces vides impressionnants qui ponctuent la visite. Pour Daniel Liebeskind, le vide «renvoie fondamentalement à ce que l’on ne pourra jamais montrer de l’histoire des juifs de Berlin, et renvoie aussi à tout ce qui a été réduit en cendres. » Au sortir de L’Axe de l’Exil, on se retrouve à l’air libre devant un ensemble de colonnes en rangs serrés: «Quarante-huit colonnes remplies de terre de Berlin symbolisent la création de l’Etat d’Israël en 1948 et une colonne remplie de terre de Jérusalem symbolise la ville de Berlin elle-même. »

On pénètre dans La Tour de l’Holocauste par une lourde porte puis on se perd dans l’immensité d’un puits obscur, éclairé par un rai de lumière et plongé dans un silence où parviennent les rumeurs lointaines de la ville. Encore plus impressionnant, Le Vide de la Mémoire : avant d’y arriver, en suivant L’Axe de le Continuité, on entend des sons inquiétants : portés par leur écho, ce sont les pas des visiteurs sur un amas de visages en métal. Fallen Leaves (Feuilles mortes), une installation de l’artiste israélien Menashé Kadishman comportant  «10.000 visages découpés dans de l’acier, afin de commémorer les victimes de l’Holocauste, mais aussi toutes les victimes des guerres et des violences à travers le monde entier ». Bouleversant !

 A l’instar du Mémorial aux juifs assassinés d’Europe de la Porte de Brandebourg, ce musée, au-delà d’une expérience spatio-sensorielle éprouvante, représente un geste esthétique élégant et de haute portée symbolique. Il prend, parmi les nombreux monuments de la capitale allemande, toute sa dimension.

Mireille Davidovici

Musée juif de Berlin, Lindenstraße 9-12, 10969 Berlin.

 

 


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Mélancolie des Collines, une installation photographique d’Alain Willaume

crédit photo Alain Willaume

crédit photo Alain Willaume

Mélancolie des Collines, une installation photographique d’Alain Willaume

La photographie s’invite au cœur du théâtre de la Colline: dans les pages de l’almanach, sur les affiches de la saison 2018-19 et habille maintenant de noir et blanc les murs du bar, jusqu’à la fin de l’année. «S’il n’y avait pas eu Wajdi dans cette maison, dit Alain Willaume, il n’y aurait pas eu ces images. (…) Elles viennent aussi de lui.» Issues de différentes séries, prises au fil des années, lors de lointains voyages, ou au plus proche, ces images se parcourent comme autant de jalons dans l’œuvre de l’artiste. L’installation joue sur différentes échelles : grands formats occupant un mur entier et débordant sur les portes, petits formats plus intimes, sagement alignés.

Les noirs et blancs peuvent être contrastés ou fondus en grisaille comme dans l’ensemble Echo de la poussière et de la fracturation (2012). Dans quel désert, cette vapeur blanche sur la route rectiligne qui s’enfonce vers le ciel ?  Un petit cartouche, d’abord invisible, nous renseigne: dans la région du Karoo, en Afrique du Sud où la société Shell menace d’exploiter, par fracturation des roches, du gaz de schiste. On perçoit alors, comme par infusion, sur la photo d’à côté, une anxiété dans le regard de cet homme debout, seul, au milieu d’un nulle part apaisé.

Chaque cliché est ainsi empreint d’une sérénité inquiète et ouvre un espace énigmatique à déchiffrer. Où va cet escalier tronqué qui se dresse en colimaçon, opposant sa noirceur verticale à un horizon nébuleux ? Que nous disent ces visages muets d’inconnus ? Quelles questions ? On passe ou l’on s’attarde devant telle vue d’un cratère bouillonnant… Ici, l’espace se creuse. Là-bas, l’horizon s’éloigne.

«Montrer n’est pas toujours obscène, écrit Wajdi Mouawad, quand montrer est offrir du mystère, inviter les regard à revenir pour raconter mille histoires, pour se perdre dans la puissance des formes (…). » Le poète dramatique rejoint ici le photographe dont l’œil a su capter l’infinie profondeur des paysages et des visages, sans besoin d’autre commentaire. En écho à la mélancolie que diffuse cette installation, un «accrochage littéraire» : les mots de l’écrivain Gérard Haller, sur treize petits feuillets détachables, déclinent par entrée alphabétique le mot P.H.O.T.O.G.R.A.P.H.I.E.R, de P comme partage à R comme regarder.  Offerts au visiteur qui emportera avec lui un souvenir de ce regard partagé dans la lumière, le temps d’une pause : « (…). lumière, lumière dans noir. Poussière éblouie. Partage sans fin de la lumière. »

Mireille Davidovici

Jusqu’au 31 décembre, Théâtre National de la Colline,  15 rue Malte-Brun, Paris XX ème.  T. 01 44 62 52 52.

Coordonnées 72/18 monographie d’Alain Willaume, éditions Xavier Barral. www.tendancefloue.net

Chers lecteurs


Chers lecteurs,

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Étude de Charles Cambon

Le Théâtre du Blog a maintenant dix ans et nous avons publié à ce jour  5.818 articles soit  en moyenne quarante-huit par mois. Ce qui est à la fois beaucoup mais  pas toujours suffisant-nous en sommes conscients- pour traiter de l’ensemble de l’actualité française et étrangère. Nous savons que vous êtes friands de ce qui se passe dans les pays proches mais aussi en Grèce, en Russie, au Japon,  au Canada et nous continuerons à vous en rendre compte.

2018 n’aura pas connu de grands bouleversements, que ce soit sur le plan théâtral, chorégraphique ou circassien, à Paris ou en régions. On notera cependant la montée en puissance de la danse au Théâtre national de Chaillot avec de remarquables spectacles mais malheureusement aux dépens du théâtre. Par ailleurs, on ne comprend pas bien  le scénario  de la programmation des travaux au Théâtre de la Ville. Rappelons que cela fait déjà plus deux ans que cet établissement-phare de la Ville de Paris est fermé et on n’imagine pas un instant qu’il pourra rouvrir en 2019!

Les grands festivals comme ceux d’Avignon, Aurillac ou Chalon se portent, eux à merveille et font toujours le plein de spectateurs. Comme le tout petit mais très pointu festival de Villerville… Du côté du théâtre privé à Paris, la situation n’est pas des meilleures. La faute à quoi? Probablement à un public vieillissant qui hésite à se déranger même quand il y a une ou deux vedettes dans la distribution (comme dans le théâtre public !) mais aussi à un répertoire loin d’attirer les jeunes, et à un prix des places dissuasif. Et enfin à des temps perturbés à Paris depuis quelques semaines… Cela fait effectivement un ensemble d’éléments négatifs!

Du côté mise en scène, pas de révélations majeures mais on peut saluer la maîtrise de plus en plus évidente de Cyril Teste avec Festen à l’Odéon et Hamlet à l’Opéra-Comique, le seul qui ait réussi à intégrer avec une grande intelligence, le cinéma dans un spectacle. Les autres jeunes -ou moins jeunes!- créateurs se contentant la plupart du temps, d’images-relais d’une rare banalité. On notera aussi le nombre croissant de compagnies qui s’appuient sur la notion de collectif comme pour se rassurer mais rarement pour le meilleur et souvent pour le pas très intéressant du tout!

Il y a aussi un phénomène frappant surtout à Paris : l’augmentation récurrente du nombre de solos, purs et durs, ou camouflés avec une voix off… Pour des raisons qui n’ont rien à voir avec une quelconque raison esthétique mais essentiellement financières. Augmentation aussi du nombre de spectacles-fleuves de plus de cinq heures dans les théâtres publics. Donc par définition élitistes puisque réservés à ceux qui ne sont pas obligés de se lever tôt ! Mais aussi ce qui reste inquiétant, le nombre très limité de représentations de spectacles à la création: le plus souvent une dizaine à peine! Tout se passe comme si  la plupart des théâtres parisiens, surtout les petits ou moyens servaient de vitrines d’exposition, avec un public de plus en plus souvent, majoritairement professionnel…

 On note aussi les adaptations de plus en plus fréquentes de romans et nouvelles, classiques ou contemporains, célèbres ou inconnus par les jeunes metteurs en scène qui préfèrent jouer les écrivains, au lieu de faire appel à l’un d’entre eux. Pour  un résultat très approximatif et avec le plus souvent la béquille d’images-vidéo utilisées de la pire façon!

Ainsi va être porté à la scène le célèbre roman Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier, livre-culte du XX ème siècle autrefois adapté au cinéma par Jean-Gabriel Albicocco en 67, puis par Jean-Daniel Verhaege en 2006. Mais qui tombe maintenant des mains des adolescents… Lesquels, curieusement mais avec logique, tombent parfois sous le charme des grands classiques comme Eschyle, Sophocle ou Euripide, Molière, ou Marivaux comme on l’a encore vu cet été à Versailles, joué en plein air par de jeunes acteurs inconnus, ou au Théâtre de la Tempête. Cela veut dire quoi? Sans doute que tout reste possible au théâtre mais à la condition de ne pas tricher…

Nous aurons encore une pensée pour Jacques Lassalle et Guy Rétoré qui nous ont quitté cette année.

Nous vous souhaitons une année théâtrale enrichissante.

Philippe du Vignal

 

 

Oui, la France est agitée….

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Oui, la France est agitée….

“Oui, la France est agitée, mais franchement, n’est-ce pas mérité? Quels gens stupides que nos ministres! Le syndicalisme est la grande force d’aujourd’hui. Ne valait-il pas mieux lui donner raison, que de dire bêtement: « Nous ne céderons pas?  »

Les députés ont peur. Ils vont être méprisés par le dernier des électeurs. La grève des votes. Mais la République n’est pas en danger. »

Journal de Jules Renard (1908)

 

 

 

Adieu Nabil El Azan

Adieu Nabil El Azan

4A2179A5-3338-4C2B-8C28-00615A1967FEIl avait gardé de Beyrouth sa ville natale, un doux accent quand il parlait cette langue française qu’il aura tant servie comme metteur en scène mais aussi comme écrivain et traducteur. Il laisse derrière lui un grand nombre de réalisations appréciées de tous: homme discret, il s’était moins mis en avant que les pièces qu’il a nous fait aimer. Toujours à l’affût d’écritures singulières, il découvrit nombre d’autrices et auteurs de langue française mais aussi arabe, construisant un pont entre les pays de la francophonie et du monde arabophone. Entre Paris où il s’installe en 1978, et le Liban qu’il retrouve à la fin de la guerre.

Nous avions rendu compte de son Ilik va Baalbak (A toi, Baalbeck), vu au festival d’Aix-en-Provence et joué ensuite à l’Institut du monde arabe à Paris en 2017. Un hommage poétique à ce festival qui renaît peu à peu de ses cendres, avec des textes en français et arabe et des musiques des deux rives de la Méditerranée. Dernièrement, Les Pâtissières du Belge Jean-Marie Piemme (festival d’Avignon 2017) a fait suite à Chinoiseries de la Québécoise Evelyne de la Chenelière et à L’Analphabète de la Suisse Agota Kristof (voir Le Théâtre du blog). Passeur de textes, à Jérusalem il montera en 2008 Le Collier d’Hélène de Carole Fréchette avec la troupe du Théâtre National Palestinien, après l’avoir mise en scène à Beyrouth en 2002 où il réalisait depuis quelques années des spectacles comme en arabe libanais comme en français. Avec entre autres: Le Renard du Nord de Noëlle Renaude, des pièces de Daniel Danis, Abla Farhoud, Enzo Cormann, Claudine Galea, Christian Rullier ou encore Jean Louvet (L’Aménagement et Jacob Seul) et Bernard-Marie Koltès.

Grâce à ses traductions, nous avons exploré le répertoire contemporain  islandais avec Anges et Les Proscrits de Johan Sigurjonsson (Editions Théâtrales), Déjantés d’Olafur Haukur Simonarson ou encore Tatto de Sigurdur Palsson (traduis avec Raka Asgeirdottir). Il a aussi eu à cœur de partager avec nous des textes du Palestinien Riad Masarwi Les Impuissants (Editions Théâtrales) ou du Syrien Amre Sawah Secret de famille, (Editions Lansman). Il a aussi écrit, publiées aux Editions de la Revue phénicienne, des pièces comme May Arida, Les Rêves de Baalbeck, et Vingt-six lettres et des poussières, un recueil de poèmes délicats et lumineux, où l’on reconnaît toute la sensibilité de cet infatigable découvreur. Nabil nous a quitté trop tôt. Un grand merci à lui de nous avoir fait autant, et aussi bien, voyager…

Mireille Davidovici


Un hommage sera rendu à Nabil El Azan, grand défenseur de la francophonie et artisan de la circulation des textes des auteurs dramatiques français à l’étranger, le lundi 3 décembre à 19h au Hall de la Chanson à Paris 211 av. Jean-Jaurès (Parc de la Villette)

Adieu Alain Léonard

 

Adieu Alain Léonard

 

© La provence

© La Provence

Il avait quatre-vingt ans. Avec lui, disparaît celui qui avait réussi à donner depuis 1982, le coup de fouet professionnel  indispensable pour être vraiment reconnu. Il fonda l’association Avignon Public Off en 1982  pour fédérer ce festival bis fondé dans son petit Théâtre des Carmes par André Benedetto en 66. et qui, à l’époque ne devait pas  comporter plus d’une quarantaine de spectacles dans des lieux non climatisés, voire dans des cours de petits immeubles. Avec la volonté de lui donner une certaine unité et de rassembler  toutes les compagnies aux profils très divers et dont le nombre ne cessait d’augmenter. Et actuellement, de l’ordre de plus de 1.500  chaque année! 

Alain Léonard mit aussi en place un gros programme, payant pour les compagnies qui veulent toutes y figurer mais gratuit pour le public, et remarquablement conçu.  Il a aussi créé  la « carte  du Off”   permettant d’obtenir des tarifs réduits dans toutes les salles répertoriées. Et il y a trente ans déjà, il crée la Maison du Off, un lieu de rencontres pour les professionnels comme pour le public qui a pris une importance  comparable à celle du Cloître Saint-Louis pour le In. Avec vente de places, forums de discussion et remarquable service de presse. Alain Léonard quittera la direction d’Avignon public Off en 2004.
Le nombre de spectacles proposés par le off n’a cessé d’augmenter. Et
toutes les compagnies mais aussi le festival in qui bénéficie indirectement de la très importante fréquentation du off doivent beaucoup à cet homme discret mais d’une redoutable efficacité. 
Adieu et merci, Alain Léonard, pour ce long et patient travail théâtral accompli.

Philippe du Vignal

Musée de Lodève: Faune, fais moi peur ! Images du faune de l’Antiquité à Picasso

Musée de Lodève: Faune, fais moi peur ! Images du faune de l’Antiquité à Picasso

 

Lalique

Lalique

Pour sa réouverture, après quatre ans de travaux, ce Musée d’art moderne, d’archéologie, de paléontologie et de sciences naturelles,  situé dans l’ancien hôtel particulier du Cardinal Hercule de Fleury depuis 1987, propose d’explorer les représentions du Faune à travers les siècles depuis sa naissance dans l’Antiquité gréco-latine. En complicité avec le Musée Picasso, cette exposition rassemble des œuvres d’art figurant faunes, satyres et autres créatures hybrides, à l’instar du dieu Pan, mi-hommes, mi-animaux équidés ou caprins… Ce parcours convoque des artistes de toutes disciplines, y compris la littérature, la musique et la danse. Il s’est construit en regard des nombreuses peintures et sculptures consacrées par Pablo Picasso à ces êtres bondissants, à la fois facétieux et inquiétants.

Accueilli par le grand Faune de Paul Dardé (1888-1963), une statue monumentale taillée dans la pierre brute, propriété du Musée, le public entame une promenade illustrée. Le Faune, viril par excellence, se trouve souvent en présence de nymphes, prêt à les dénuder et à les séduire dans des jeux érotiques ambigus, comme en témoignent des vases grecs, et des sculptures (Le Faune à l’Arc d’Auguste Rodin) ou la célèbre estampe de Pablo Picasso, Faune dévoilant une dormeuse. Parmi ces vierges des sources des bois et des arbres, Syrinx, la nymphe, qui, selon Ovide, se métamorphosa en roseau, quand Pan, le lubrique aux cornes et pattes de bouc, voulut l’étreindre. D’où la flûte (ou syrinx), l’attribut de Pan… Les faunes, assimilés par les Anciens à ce dieu, apparaissent souvent en musiciens chez Pablo Picasso !

 Claude Debussy a rendu hommage à ces créatures avec Prélude à l’après-midi d’un faune, composé en 1895 pour accompagner une lecture de l’églogue de Stéphane Mallarmé, L’Après-midi d’un faune. On découvre avec émotion la matrice de ce poème grâce à un manuscrit autographe de 1873, intitulé Monologue d’un faune, et à un exemplaire d’une édition illustrée par Henri Matisse en 1930. Vaslav Nijinski fut aussi séduit par ce personnage, qu’il rencontra grâce à la musique de Claude Debussy. Le danseur cherchait dans l’art grec – particulièrement les vases à figures rouges sur fond noir du musée du Louvre – un style nouveau quand Serge Diaghilev lui confia sa première chorégraphie, en lui imposant la partition de Prélude à l’après-midi d’un faune. Il tenta alors de faire coïncider la gestuelle géométrique inspirée des figures hélleniques du satyre poursuivant des nymphes, avec la musique ondoyante de l’orchestre. Ce qui introduit une disruption entre les mouvements saccadés des danseurs et la fluidité des instruments à vent et à cordes.  De cette pièce, créée au Théâtre du Châtelet par les Ballets russes en 1912, on découvre une reconstitution filmée en 1982 et interprétée par Serge Noureev (dans le rôle de Vaslav Nijinski) dans les décors et les costumes originels de Léon Bakst. Pour dessiner une fresque linéaire sans profondeur, les danseurs évoluent de cour à jardin, têtes et jambes de profil, par rapport au public, bustes et bras de face. Les mouvements s’inscrivent dans une esthétique angulaire et un rythme saccadé d’une grande modernité. Des photos de Vaslav Nijinsky en faune, réalisées en studio par Adolphe Meyer en 1909 restituent l’esprit de cette création.

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Le musée de Lodéve  vaut le détour d’abord pour cette exposition,  mais aussi pour ses collections présentées dans une muséographie qui met la complexe histoire de la Terre et de l’Homme à la portée de tous. Avec trois collections permanentes, dont la remarquable section Traces du vivant, qui s’articule autour des vestiges découverts dans la région de Lodève. Les territoires environnants offrent en effet une illustration condensée des quatre ères géologiques : de -540 millions à -deux millions d’années, et l’on observe, à partir de cette ville située au pied des Causses du Larzac, les allées et venues de la mer, la formation des continents, la surrection et l’érosion des montagnes, les changements climatiques, l’apparition et la disparition des espèces… Une traversée du temps qui met l’histoire humaine en perspective…

 Mireille Davidovici

 Faune, fais-moi peur, jusqu’au 7 octobre, tous les jours, sauf le lundi.

Musée de Lodève, square Georges Auric, Lodève (Hérault). T. : 04 67 88 86 10 www.museedelodeve.fr

“Je suis vous tous qui m’écoutez.” Jeanne Moreau, une vie de théâtre

Festival d’Avignon:

Exposition à la Maison Jean Vilar: “Je suis vous tous qui m’écoutez.” Jeanne Moreau, une vie de théâtre

©DR

©DR

C’est en quelques salles, une sorte de condensé en images visuelles et sonores, de plus de cinquante ans d’une vie théâtrale. L’actrice, né en 1926 et disparue il y a un an aura traversé le vingtième siècle  au cinéma avec quelque cent trente films! Dont plusieurs films-culte,  comme Ascenseur pour l’échafaud, et Les Amants de Louis Malle, Le Journal d’une femme de chambre de Luis Bunuel,  Jules et Jim de François Truffault ( 1962), Moderato Cantabile de Peter Brook, etc.  C’est sans doute l’aspect de sa carrière le plus connu aujourd’hui du grand public.

Mais elle fut aussi, fait moins connu des jeunes générations, une comédienne exemplaire de théâtre, ce qui est plus rare. Elle commença à jouer très jeune, après avoir quitté sa famille sur les plateaux des grands théâtres parisiens. Après avoir été reçue en 1947 au Conservatoire National, elle entra à la Comédie-Française, où elle joua notamment dans Les Caves du Vatican d’André Gide. Puis elle s’engagea pour dans l’aventure du T.N.P. où elle joua en 1951 dans la Cour d’honneur, Le Prince de Hombourg avec Gérard Philipe. Puis elle sera aussi La Chatte sur un toit brûlant de Tennesse Williams, dans la mise en scène de Peter Brook.
Elle joua aussi Le Récit de la servante Zerline d’Hermann Broch, mis en scène par Klaus Michael Gruber,  qui lui valut un Molière. Et encore La Chevauchée sur le Lac de  Constance de Peter Handke (1973) avec Gérérd Depardieu et Samy Frey, mise en scène de Claude Régy.
En 1989, elle interprète dans la Cour d’Honneur, mise en scène par Antoine Vitez, La Célestine de Fernando de Rojas. De grands textes et de grands metteurs en scène : aucun doute, Jeanne Moreau savait bien s’entourer…

© Christophe Raynaud de Lage

© Christophe Raynaud de Lage

Ce retour en arrière, avec celle que nous avons si souvent vue au théâtre, a quelque chose de tout à fait émouvant. D’autant plus qu’on entend aussi sa voix inimitable, à la fois  dans de grands textes théâtraux mais aussi quand elle interprète la fameuse chanson: J’ai la mémoire qui flanche. De jeunes étudiantes n’en revenaient pas: “Qu’est-ce qu’elle chante bien!

Conçue par Laure Adler, cette exposition intelligemment scénographiée par Nathalie Crinière, est un peu à l’étroit dans de petites salles mais mérite qu’on s’y attarde au moins une heure: riche de nombreux documents: archives sonores, lettres, films  et aussi costumes et objets, ce n’est pas seulement la vie artistique de Jeanne Moreau mais tout un pan de l’histoire du théâtre du XX ème siècle que vous découvrirez… L’entrée est payante mais cela vaut le coup.

Philippe du Vignal

Maison Jean Vilar, 8 rue de Mons, Avignon, jusqu’au 24 juillet, du lundi au dimanche de 11h à 20h. L’exposition se poursuit jusqu’en avril 2019. T.: 04 90 86 59 64.

La mise en vente des locaux du Conservatoire National?

250px-Theatre_du_Conservatoire_Paris_CNSAD La mise en vente des locaux du Conservatoire National? 

Tout se paye dans la vie!  Et ce qu’on avait récemment appris, se confirme, le Ministère de la Culture, c’est à dire l’Etat français, c’est à dire vous comme moi mais sans notre avis, veut vendre le site du Conservatoire National! Pour récupérer de l’argent afin d’en financer son déménagement  sur le site Berthier, future Cité du Théâtre… Emmanuel Macron, »président des riches », puisque décidément dans ce pays tout se décide à l’Elysée, a sûrement d’autres soucis, mais cette  affaire donne du ministère de la Culture et de l’Etat français une image lamentable de gestionnaire pur et dur. Alors que les compagnies de théâtre comme de danse ont un mal fou, faute de lieux à pouvoir répéter à Paris dans des conditions normales. (voir la lettre du collectif de compagnies à Françoise Nyssen dans Le Théâtre du Blog). A quel énarque du cabinet de la Ministre de la Culture doit-on cette brillante idée? Tant qu’à faire, l’Etat pourrait lancer un financement participatif ou une loterie! Il faut rester très vigilant : on le sait bien, les coups tordus du Ministère de la Culture sont annoncés à l’extrême fin du festival d’Avignon pour éviter toute contestation et les décisions sont prises en plein mois d’août…Sans aucun doute un hasard du calendrier! Christiane Millet, la présidente de Rue de Conservatoire, relance son appel à la résistance, auquel toute l’équipe du Théâtre du Blog s’associe. Une pétition de plus, pourquoi pas? On ne compte plus les exemples où l’Etat a dû finalement reculer devant une pétition et/ou une manifestation de rue. Alain Juppé en sait quelque chose… Madame Françoise Nyssen ferait bien de  méditer ce vers d’Iphigénie d’Euripide : « Il faut combattre la raison par la raison. »

Ph. du V.

Lettre de Christiane Millet

Chers amis,

Comme beaucoup le savent maintenant, l’Etat a décidé, en contrepartie de la création de la Cité du Théâtre, de mettre en vente les locaux actuels du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique  sauf le Théâtre qui est classé, abandonnant une fois de plus, au coeur de Paris, un élément architectural et artistique absolument unique de notre patrimoine.

Vous êtes nombreux, et non des moindres, à avoir approuvé et signé la Lettre Ouverte que Rue du Conservatoire a adressée à Madame Françoise Nyssen et que nous avons publiée sur notre site.

Je vous en remercie infiniment car nous savons, officieusement, que la spontanéité de cet élan, le poids de vos soutiens et la qualité de vos commentaires n’ont pas laissé notre gouvernance insensible. Mais nous n’avons, à ce jour, reçu aucune réponse de Madame la Ministre de la Culture.

Impuissance, indigence, fatalité…sont les seuls échos qui nous parviennent et c’est dommage, car grâce à vous, à votre engagement à nos côtés et à vos interventions à la dernière Assemblée Générale, nous avons maintenant des solutions à proposer, avec le soutien d’organismes privés s’il le faut et des projets à soumettre. Encore faut-il qu’ils soient entendus…

Notre souhait: que l’édifice soit protégé (non répertorié aux Monuments Historiques, pas même la magnifique salle Louis Jouvet) et qu’il conserve pleinement et durablement sa vocation artistique originelle. C’est une évidence. Et je considère comme notre devoir d’artistes, d’anciens élèves, de créateurs et de responsables pédagogiques de rompre le silence accablé des ministères afin de former ensemble un projet financier et culturel honorable. Je vous invite à continuer notre mouvement.

Christiane Millet, présidente de Rue du Conservatoire

http://www.rueduconservatoire.fr/article/6474/des_nouvelles_du_front/lettre_ouverte_a_madame_la_ministre_de_la_culture

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville

 theatredelavilleLe Théâtre de la Ville de Paris aura le 10 décembre prochain cinquante ans… qu’il  ne fêtera pas dans sa salle, place du Châtelet. Ce lieu historique est en effet fermé pour des travaux de rénovation complète depuis deux ans déjà… et n’ont toujours pas commencé. La maire, madame Hidalgo n’est guère bavarde à ce sujet. Et Emmanuel Demarcy-Mota, le directeur a diplomatiquement fait passer le problème sous le tapis… Problèmes budgétaires ? Sans doute pas, la ville reste riche ! Manque de coordination entres services de la Mairie de Paris, retard dans la préparation des chantiers? Probablement un peu de tout cela ! Alors que la rénovation du théâtre du Châtelet, juste en face, avance vite.
En attendant, le Théâtre de la Ville campe à l’Espace Cardin dont la scène principale est petite, peu profonde et sans dégagements sur les côtés. Il y a toujours le Théâtre des Abbesses mais ni l’un il l’autre ne peuvent accueillir d’importants spectacles de danse comme de théâtre!

Emmanuel Demarcy-Mota, a donc demandé l’hospitalité à dix-sept autres lieux comme le Cent-Quatre, le Théâtre national de la danse de Chaillot, la Villette, etc.  Il y aura en effet cette saison quelque six cent représentations, avec vingt-sept spectacles de théâtre, trente six  de danse, quatorze dans le Parcours Enfance et Jeunesse, et  trente-neuf en musique! Un programme ambitieux et de grande qualité mais dont les représentations sont donc éparpillées un peu partout dans Paris et au-delà, et qui reste difficile à gérer pour les équipes techniques et administratives. Et pas très séduisant pour le public qui semble pourtant rester fidèle aux artistes programmés…

IMG_4049Sur grand écran, d’abord le logo original délicieusement daté du Théâtre de la Ville créé par Jean Mercure. Puis on voit un extrait du récital deJuliette Greco inaugurant la grande salle… Emmanuel Demarcy-Motta, très à l’aise, rappelle que le Théâtre de la Ville avait toujours été ouvert à toutes les formes de spectacles, notamment en danse. En 1980, Maguy Marin y créa son célèbre May Be joué un peu partout dans le monde, Anne Teresa De Keersmaeker y est venue pour la première fois en 85 et Sankai Juku en 82.
L’éducation artistique, a répété à plusieurs reprises, Emmanuel Demarcy-Mota, constitue une priorité avec de nombreux spectacles pour enfants et tout public, de remarquable qualité comme on a pu le voir cette saison. Ce qui reste exceptionnel dans les grandes structures à Paris…

 En théâtre, comme un peu partout actuellement, une tendance à programmer surtout des valeurs sûres mais pour peu de dates. On ne peut tout énumérer mais il y aura ainsi La Voix humaine de Jean Cocteau  et The Hidden force de Louis Couperus, mise en scène d’Ivo van Hove, le metteur en scène néerlandais maintenant bien connu. Et un festival des opéras chinois. Mais aussi une Ionesco suite d’Emmanuel Demarcy-Mota dont le remarquable spectacle-laboratoire  avait été beaucoup apprécié ( voir Le Théâtre du Blog).

Le directeur et metteur en scène recréera aussi avec la troupe du Théâtre de la Ville Les Sorcières de Salem, pièce-culte d’Arthur Miller écrite, publiée et jouée en 1953. Miller utilise le procès des sorcières de la petite ville de Salem aux États-Unis à la fin du XVIIème siècle, comme une allégorie du maccarthisme.. Mais fait inédit, le spectacle sera présenté avec répétitions ouvertes et avant-premières surprises…Autre histoire de sorcière Verte d’après Marie Despléchin, mis en scène de Léna Bréban et Alexandre Zambeaux

A noter aussi un important focus sur la Roumanie avec notamment Des Gens ordinaires de Gianina Cărburnaru, la reprise d’Alice et autres merveilles de Fabrice Melquiot…Et la création en langue française de Retour à Reims de Didier Eribon par Thomas Ostermeier. Autre focus à ne pas rater : une adaptation du Roi Lear de William Skakespeare par le Théâtre Kathakali.
 Et enfin Mary Said what she said de Darryl Pinckney, mise en scène de Robert Wilson  une pièce sur la vie et les tourments de Marie Stuart reine d’Ecosse qui perdit sa couronne. bobwilson...Apparition surprise à cette conférence de presse du grand Bob Wilson venu en voisin (il répétait ce jour-là avec Isabelle Huppert dans la petite salle de l’Espace Cardin).

Longuement ovationné par le public, il a rappelé avec une émotion visible qu’il avait aussi répété déjà sur cette même scène… en 1971 où il avait créé Le Prologue du Regard du Sourd! Et qu’à ses débuts, la France l’a beaucoup aidé…  Plus que les Etats-Unis qui avaient boudé ses premiers spectacles comme son célébrissime et merveilleux spectacle invité en 1971 par Jack Lang au festival de Nancy et qui durait sept heures sans paroles. Avec l’humour qu’on lui connaît, Bob Wilson (photo d’époque ci-dessus) a dit qu’il avait grandi au Texas… et qu’il avait eu la chance de ne pas aller au théâtre quasi inexistant dans la région. Et quand il était parti pour New York suivre des études d’architecture, il avait détesté ce qu’il avait vu à Broadway, comme à l’opéra d’ailleurs. « Mais, dit-il, j’ai eu la chance de voir et de beaucoup aimer les ballets de George Balanchine comme ceux magnifiques de Merce Cunningham sur la musique de John Cage. »

De son travail de directions d’acteurs, Bob Wilson  a précisé qu »en cinquante ans de travail, je n’ai jamais dit à un acteur ce qu’il devait penser mais, qu’après lui avoir donné des indications formelles avec un structure pas complètement fermée, je lui ai toujours laissé la liberté d’interpréter son personnage.  « Et avec Isabelle Huppert, que je connais bien, il n’y a pas besoin de beaucoup se parler.” Pas de grandes phrases mais en écoutant Bob Wilson, on  repensait aux passionnantes conférences de presse d’Antoine Vitez qui participait d’une leçon magistrale sur les théâtres contemporain  et classique…

 En danse, un programme aussi très fourni… On retrouve de fidèles chorégraphes comme Akram Khan qui va faire danser, en septembre, sept-cent amateurs sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Et on pourra voir  de Maguy Marin,  le mythique May Be ; Rachid Ouramdane présente La Nuit, une pièce sur les migrants Et Hofesh Shechter reprendra son formidable Show (voir pour ces deux spectacles Le Théâtre du Blog). Et il y aura aussi  Josette Baïz et son groupe Grenade,  Ambra Senatore, le Sankaï Juku, le Tao dance Theater etc. Et bien sûr, le Tanztheater de Wuppertal toujours vivant, dix ans après la mort de sa célèbre directrice Pina Bausch, ce qui est exceptionnel !  Deux nouveaux venus : Alan Lucien Oyen que nous avions vu au Théâtre national de la danse de Chaillot et Dimitris Papaioannou découvert au festival d’Avignon avec son magnifique The Great Tamer  (voir Le Théâtre du Blog).

Le focus du Festival d’automne dont Emmanuel Demarcy-Motta est aussi le directeur, se fait sur Anne Teresa De Keersmaeker avec un programme très riche. Mais différents artistes associés sont aussi invités dont Israël Galvan, Gaëlle Bourges ou Eun-me Ahn. Il y  aura une saison  du Japon avec l’accueil de Takao Wagaguchi qui va faire revivre l’âme de Kazuo Ohno et une danse rituelle : sambasô. Mais aussi une lecture de deux pièces d’auteurs contemporains: La Promenade des envahisseurs de Tomohoro Maekawa et Blue sheet de Norimizu Ameya.  Il faut aussi signaler le Ballet Rambert de Londres, Les Indiens de Mandeep Raikhy ou l’inclassable Phia Ménard.
 Boris Charmatz dit, à propos du Théâtre de la Ville sans ses murs : «Et si un théâtre, c’était avant tout une architecture humaine ? Une équipe sur un fil ? Elle est si fragile, mais … Longue vie à eux».
On peut espérer que le Théâtre de la Ville retrouve enfin et vite son  lieu d’origine mais il ne faut pas trop rêver. Les travaux étaient prévus pour deux ans mais la réouverture ne pourra se faire au mieux qu’en 2020, voire 2021… Cherchez l’erreur!

Philippe du Vignal et Jean Couturier


Théâtre de la Ville à l’Espace Cardin, 1 avenue Gabriel, Paris VIII ème. T. : 01 42 74 22 77.

 

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