Adieu Guy Bedos

Adieu Guy Bedos

 Il avait 85 ans; d’origine algéroise il était arrivé à Paris à quinze ans. Et il fut vite reçu  à l’Ecole de la rue Blanche (maintenant l’E.N.S.A.T.T. à Lyon). Déjà engagé politiquement, après avoir fait une grève de la faim, il fut réformé et réussit ainsi à échapper au service militaire- c’est à dire à la guerre d’Algérie! – qui était alors de trente six mois !

Et il commença à participer comme humoriste dans des émissions de télévision et il fit plus tard en 66 un duo bien connu d’humoriste avec Sophie Daumier qui était née en 1934 et est morte en 2004 d’une maladie génétique incurable) c9bcdd5164131d4349cae3d8a3ae2cfd1246471578311501avec laquelle il se mariera. Jacques Prévert lui conseilla d’écrire des sketchs. Ce qu’il commença à faire mais jouera aussi au cinéma. Et on put le voir notamment dans Les Tricheurs de Marcel Carné en 58 ou dans Ce soir ou jamais de Michel Deville trois ans plus tard. Et surtout dans Un éléphant ça trompe énormément d’Yves Robert qui le consacra, puis dans sa suite Nous irons tous au paradis. Et  il joua dans une quarantaine de films. Il épousera ensuite Karen Blanguernon dont curieux hasard, nous vous parlions récemment ( voir Livres et revues dans Le Théâtre du Blog).

Karen Blanguernon

Karen Blanguernon

Côté théâtre, il fit déjà une mise en scène à dix-sept ans d’Arlequin poli par l’amour de Marivaux avec ses camarades de la rue Blanche, des inconnus comme… Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Michel Aumont. En 1965, Guy Bedos est à Bobino avec Barbara. Et dans un sketch avec Muriel Robin. Puis on le vit dans plusieurs texte de lui  et de son fils Nicolas; mis en scène par Jean-Michel Ribes  (2003) ou  l’année suivante dans Sortie de scène de Nicolas Bedos, mise en scène  de Daniel Benoin au Théâtre national de Nice ou Rideau encore un texte de lui, mise en scène de Roger Louret.  Ou dans Moins 2 de Samuel Benchetrit une pièce pas bien fameuse au Théâtre Hébertot (voir Le Théâtre du Blog).  Mais il joua aussi magnifiquement en 93 à Chaillot le rôle-titre de La résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertolt Brecht, avec Bernard Ballet, Jean-Pierre Kalfon et Valérie Vogt dans une des meilleures mises en scène de Jérôme Savary .  

Guy Bedos n’a jamais caché  ses préférences pour la gauche. Comme il le raconte dans Mémoires d’outre-mère, il eut des rapports plus que difficiles avec ses mauvais rapports avec une mère pétainiste et surtout avec un beau-père raciste, ce qui contribua sans doute à lui forger une conduite politique engagée dès sa jeunesse. « Le premier gouvernement que j’ai eu à subir, c’est ma mère et mon beau-père. Ma constance dans la rébellion vient de là.» Et ce fut la ligne de vie de cet acteur engagé et volontiers polémiste qui n’avait pas peur de prendre des coups. Et il dut faire face à de nombreux deuils parmi ses proches. Rebelle assumé, il  ne soutenait aucun parti et reconnaissait que, politiquement, on était le plus souvent obligé de choisir entre deux inconvénients! Pas mal vu…

Guy Bedos avec les ouvriers d'Arcelor Mital Photo X

Guy Bedos avec les ouvriers d’Arcelor Mital
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Et c’est tout à son honneur, il avait soutenu l’association Droit au logement et était membre de La Ligue des Droits de l’homme et demandera aux candidats à l’élection présidentielle de déposer un projet de loi pour légaliser l’euthanasie. 
Il écrivit souvent dans Siné Hebdo, un magazine satirique créé par le dessinateur Siné. Ce polémiste infatigable et très populaire tirait à boulets rouges sur toux ceux qui avaient un quelconque pouvoir social ou politique et qui n’avaient pas l’heur de lui plaire… On se souvient notamment de son spectacle en 2013, quand il s’en prit à l’ancienne ministre Nadine Morano qui le poursuivra en justice  mais il sera relaxé… Et la Cour de cassation la déboutera de ses poursuites contre l’humoriste.

Adieu Guy Bedos, vous n’aurez pas survécu très longtemps à votre ami Jean-Loup Dabadie, auteur et scénariste mort il y deux semaines. Vous avez eu une vie bien remplie et votre présence nous manquera surtout dans le paysage du spectacle actuel… «Il était beau, il était drôle, il était libre et courageux, a dit son fils Nicolas. Comme je suis fier de t’avoir eu pour père. Embrasse Desproges et Dabadie, vu que vous êtes tous au Paradis »

Philippe du Vignal

 

 

 

 


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L’impact de la Covid 19 sur l’économie du spectacle

 

L’impact de la Covid 19 sur l’économie du spectacle

 YE,  cabinet d’audit  et d’expertise comptable, publie une étude quant aux effets de la pandémie sur le spectacle privé.  A partir de chiffres  en provenance  du Syndicat national du spectacle musical et de variétés (PRODISS) et d’autres professionnels du secteur privé.

« La perte totale de chiffre d’affaires cumulé pour le secteur privé a atteint 590 M€ entre le 1er mars et le 31 mai», ce qui laisse augurer de plus gros dégâts étant donné la durée du confinement. monalisa-4893660__340-2Et un report paraît souvent  impossible, notamment pour les spectacles internationaux et ceux qui sont exploités sur le long terme.  Il faut en effet tenir compte du nombre d’événements annulés au printemps et à l’été qui ne pourront donc s’ajouter à la programmation déjà chargée en automne des lieux d’accueil.

 Ces pertes colossales de chiffre d’affaires mettent en question la pérennité, voire l’existence, de nombreuse entreprises du spectacle privé, le secteur devant assurer des dépenses  de budgets déjà engagés pour certaines réalisations qui ne verront pas le jour… Autre source d’inquiétude pour ces entreprises qui sont majoritairement des P.M.E. à la marge nette moyenne très faible : selon elles, seulement 8% des spectacles seront couverts par les assurances… L’étude estime qu’au total, 37. 900 personnes vont être directement touchées par ces annulations de spectacle, à différents degrés selon leur statut (permanents  ou intermittents) et selon la perte effective de cachets et d’heures travaillées, ce qu’il n’est pas possible d’estimer en l’état actuel de la situation.

 Toujours selon YE , précise La Lettre du spectacle dans un communiqué  : « On craint la destruction de 26. 000 emplois en 2020 : soit 22.000 emplois d’artistes et techniciens intermittents et  4.200 de salariés permanents. » A suivre …

 Mireille Davidovici

 http://www.prodiss.org/sites/default/files/atoms/files/ey_prodiss_impact_du_covid19_mars_2020_vf.pdf

Entretien avec Simon Delétang

 

Entretien avec Simon Delétang

 Lors de la pandémie qui a secoué la France et tant d’autres pays, blessant fort le Grand-Est, le conseil d’administration du Théâtre du Peuple-Maurice Pottecher a décidé avec son directeur Simon Delétang et avec François Rancillac, responsable de l’Association du Théâtre, et bien sûr, les partenaires publics qui soutiennent le Théâtre, d’annuler la saison d’été 2020. La saison est considérée comme blanche par Simon Delétang, et son mandat qui devait prendre fin en 2021 est prolongé d’un an pour que se réalisent les quatre spectacles prévues cet été. Hamlet  de Shakespeare et  Hamlet-Machine de Heiner Müller est reporté à 2022, l’été 2021 étant déjà programmé. Comme (Hamlet, à part) conçu par Loïc Corbery de la Comédie-Française.uhSQL37mkJRB_eAyYOqvjWtnb9HDkJzge9lPKHIcR7AWwemCWrkDrQFk3aee78aM71dnBQ=s130

Simon Delétang, lui, mettra en scène les deux premières œuvres en résonance étroite : une démarché inspirée par le geste qu’Heiner Müller lui-même avait proposé à Berlin, au moment de la chute du Mur. D’abord avec le texte de William Shakespeare, traduction de François-Victor Hugo, avec Stéphanie Schwartzbrod, Loïc Corbery, Fabrice Lebert, Anthony Poupard, Georgia Scalliet de la Comédie-Française. Mais aussi les comédiens amateurs du Théâtre du Peuple. Et il montera aussi Hamlet-Machine d’Heiner Müller, traduction de Jean Jourdheuil et Heinz Schwarzinger, avec les mêmes comédiens déjà cités. Enfin, (Hamlet, à part) sera conçu et interprété par Loïc Corbery à partir du texte de William Shakespeare et d’autres. On se souvient du comédien beckettien au Studio de la Comédie-Française, au plus près de sa collection de vinyles, écoutant des enregistrements fondateurs choisis.

 Entretien avec Simon Delétang

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Crédit photo : Jean-Louis Fernandez

-L’annulation et le report de l’ensemble du programme d’été se sont  imposés…

 -Oui, nous avons davantage pris conscience, les jours passant, de l’impossibilité à tenir cette manifestation estivale dans des conditions sanitaires acceptables. Les répétitions auraient dû commencer le 1er juin mais le nombre de salles de bains, par exemple, n’est pas suffisant et la la restauration qui se fait sur place, pose problème. Comment alors assurer des répétitions avec une équipe aussi nombreuse : sur le plateau, en coulisses, dans les bureaux, aux cuisines, à la billetterie, à l’accueil. Elle œuvre des semaines à la naissance d’un spectacle…  Et il faut assurer dignement l’accueil d’un très large public avec toute la convivialité si appréciée au Théâtre du Peuple. Le public qui donne vie à la manifestation, aurait-il été motivé pour venir dans ces conditions?

-Comment allez-vous aujourd’hui ?

 -Je n’ai pas été malade et le confinement dans les Vosges est loin d’être désagréable : on voit les arbres majestueux par la fenêtre. Quand la pandémie a sévi, nous étions dans la construction des décors, pratiquement achevés, aux ateliers de la Comédie de Saint-Etienne.  L’arrêt de l’entreprise technique et artistique a été un vrai drame. Mais, comme le programme de cet été a été reporté en 2022, les spectacles et leurs décors ne sont pas perdus. La phase la plus dure est passée, entre la décision d’annulation du programme puis son report, et la nécessité d’indemniser les intermittents et les saisonniers. On entame une phase nouvelle où on retrouve un peu plus ses nerfs.

-Comment se traduit cette engouement retrouvé ?

- Nous aimerions présenter, avant la fin de l’été, une petite forme d’une demi-heure sur le site du Théâtre de Bussang pour les spectateurs de la région… Une façon de rouvrir le théâtre dans un rapport inversé, puisqu’ils seraient assis à l’extérieur, dans la toute proche forêt vosgienne : ce fameux fond de scène du théâtre de Bussang que  tout le monde admire… Assis dans la verdure et la fraîcheur des arbres feuillus, ils verraient, alors depuis ces hauteurs boisées, le plateau, les sièges… Mais c’est une hypothèse de travail et on verra ce que l’on peut faire, en fonction des contraintes sanitaires strictes pour un public d’une trentaine de personnes…

Photo X

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-Et le programme 2021 ?

 -Je devais faire un spectacle avec les élèves qui sortiront l’an prochain de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre de Lyon (E.N.S.A.T.T.) Mais l’ensemble du programme 2020 a été reporté  à 2022.
J’adapte pour la scène Leurs Enfants après eux, un roman de Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018, L’auteur vit à Nancy et est un spectateur fidèle des étés à Bussang.
L’action se situe en Lorraine du côté des hauts-fourneaux mais ce récit politique entre en résonance  avec toute la région et il est, je crois, universel. J’ai le même âge que l’auteur, les mêmes enfance et adolescence… Le spectacle se fera avec quatorze acteurs et aura trait à la jeunesse. En 1992, les hauts fourneaux ne fonctionnent plus depuis longtemps : une vallée de petites villes aux zones pavillonnaires et  aux Z.A.C. bétonnées rend l’âme et doit trouver une nouvelle voie.
En toile de fond : des fêtes foraines, des travailleurs et travailleuses usés avant l’heure, un sentiment partagé de déclin et de rage… Mais aussi la nécessité d’une véritable décence

-Et avant l’été 2021 à Bussang ?

  -J’ai d’autres créations en vue pour la saison qui vient. A Paris, notamment et à la Comédie de Colmar, avec de petites formes, des monologues dynamiques à jouer dans les collèges : entre autres, une adaptation de Construire un feu de Jack London…

Véronique Hotte

Théâtre du Peuple-Maurice Pottecher, Bussang, Vosges.

 

 

 

 

 

La Conjuration des jardins

La Conjuration des jardins

Deux cent acteurs des compagnies franc-comtoises, plutôt jeunes et tout habillés de noir, se sont rassemblés place de la Révolution à Besançon, isolés les uns des autres et bien entendu masqués, selon le strict respect des consignes sanitaires. Ils  occupent un large cercle. Tout autour des groupes de moins de dix spectateurs donc respectant là aussi ces mêmes consignes…

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Arrive un cercueil porté par quatre acteurs, qu’ils déposent sur des tréteaux au centre de la place. Pendant que résonne le célèbre et magnifique Messie de Friederich Haendel. Les services de sécurité essayent  de disperser tout le monde mais finalement laisseront ce happening se dérouler comme prévu. Tous les acteurs restent chacun dans un rond, qu’ils forment de la farine puis s’en saupoudrent avec la main  gauche,  puis enlèvent leur masque. Immobiles, ils se frappent la poitrine pour  faire voler la farine. Camille et Césaire brandissent des drapeaux avec côté face: Enterrer les morts et côté pile: Réveiller les vivants…

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Public et acteurs restent silencieux; on entend le kaddish d’Armand Amar un rituel klezmer polonais chanté aux enterrements. Finalement, personne ne sera inquiété par la Police pour ce splendide hommage funéraire. Ce fut un beau moment revigorant que cet acte poétique avec un ciel bleu et la joie d’être ensemble. Le public était  visiblement touché…

 

 


Edith Rappoport

Place de la Révolution, Besançon (Doubs)  le 26 mai.

Résumé filmé https://youtu.be/GoEO2PHIURY

A l’Université populaire, un article d’une collègue critique dramatique

A l’Université populaire, un article d’une collègue critique dramatique

C’est le meilleur théâtre de Paris, le plus riche et le plus varié. La Comédie-Française, l’Odéon, au besoin, l’Opéra et l’Opéra-Comique lui fournissent des vedettes, Le Parlement et l’Académie des conférenciers. Il y a des chiens savants, des jongleurs ; c’est le seul endroit où les mimes prennent la parole et où l’on voit, comme dimanche soir, des chansonniers débuter dans la pantomime.

 

L'Ecole des femmes, mise en scène  au Théâtre de l'Odéon de Stéphane Braunschweig en 2018

L’Ecole des femmes, mise en scène au Théâtre de l’Odéon de Stéphane Braunschweig en 2018


Et que parlez-vous de « troupes homogènes » ? L’interprétation de L’École des femmes rassemblait des comédiens de l’Odéon, du Fémina, de l’Athénée, autour d’une surprenante Agnès, une fluette enfant du faubourg, touchante et neuve, et pas même maquillée sous sa cornette de linge. La bonne volonté ébauche, à l’Université populaire, des miracles que le public parachève. Car le « meilleur théâtre de Paris » s’emplit du « meilleur public ». Il n’y en n’a pas de plus avide de plus sensible. Si la flatterie le blesse, s’il se replie sous la cordialité maladroite, il attend et reçoit la parole de l’orateur ou du comédien comme une chose précieuse et tangible ; certains visages tendus ont l’air, sur les bancs les plus proches de la scène, de vouloir happer un fruit.C’est véritablement l’élite intelligente d’un peuple qui se rassemble ici, respectueuse des textes qu’on lui lit, courtois au point de se retenir, jusqu’au baisser du rideau, la toux et les applaudissements. Presque tous ceux qui viennent passer ici la soirée sacrifient quelques heures de leur sommeil. Ils portent encore sur eux, hommes et femmes, des brins de fil, des paillettes de métal fondu, de taches de vernis ou d’acide. La plupart des femmes et des jeunes filles appartiennent à la fine race de Paris, qui a des petites mains et des yeux vifs. Dimanche soir, parmi la foule qui s’écrasait dans la salle et montait le long des murs comme une eau refoulée, il n’y avait pas un seul homme qui eût « un verre de trop ». Et il faut bien que l’Université populaire soit un lieu unique, où le zèle des camarades machinistes, des camarades figurants, des camarades metteurs en scène est si contagieux qu’on pouvait, ce même dimanche, sous l’apparence un peu poudreuse d’un accessoiriste improvisé qui portait bravement une échelle, reconnaître M. Simyan, ancien ministre, rapporteur du budget des Beaux Arts.

Jeu : de quand date ce texte? Sûrement pas d’hier mais peut-être d’après-demain, quand quelques-uns auront retrouvé le goût du théâtre populaire. Comme l’annonce pour « après », parmi d’autres,  le Théâtre de la Ville à Paris, avec son programme :Tenir Parole. À savoir: être fidèle à ses engagements et donner toute sa place à la parole et à la connaissance.

Chiche : voici venu le moment de travailler et beaucoup s’emploient en ce mois de mai pas encore réellement déconfiné, à ce que le théâtre ressurgisse de l’ombre. Là encore, on n’y peut rien, mais le mot est sévère. Suffit !  Assez d’ombre ! On aimerait bien, puisque ministre de la Culture il y a, que Frank Riester fasse un peu la lumière sur sa politique. Mais les artistes n’attendent pas, contre peurs et rumeurs et avant tout contre la démagogie, « la flatterie qui blesse,  la cordialité maladroite » AVT_Sidonie-Gabrielle-Colette_8570

De qui, cet article, plein d’une heureuse confiance dans les artistes et un peuple curieux, intelligent, joyeux, ni méprisé ni méprisant ? De l’écrivaine Colette  (paru dans Le Matin en février 1914. Elle n’a jamais été, jamais voulu être une « tête politique », mais, ce jour là une belle politique culturelle s’est imposée à elle, tout simplement. Ce texte a été  de nouveau publié en 1918, rassemblé avec d’autres où elle relate l’arrestation de la bande à Bonnot, la visite du roi d‘Angleterre sous le titre : Dans la foule. Où l’on voit la différence entre foule et… peuple. Colette a été ensuite chargée de la critique dramatique à L’Eclair en 1918.

Christine Friedel

On trouvera Dans la foule, dans le premier volume des œuvres de Colette, (1873-1954) collections Bouquins, Robert Laffont, 2019.

Un communiqué de l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

Un communiqué de  l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

Emmanuel Macron auquel continue à se coltiner l’étiquette de Président des riches et sans doute mal conseillé, semble vouloir tout diriger depuis sa tour de contrôle à l’Elysée, notamment en ce qui concerne la Culture, un domaine bien mal en point en ces temps de Corona virus. Les ministres semblant être priés soit de se taire soit comme le pauvre Franck Riester, prenant humblement des notes quand Jupiter parlait. Et voilà qu’un petit tsunami bouleverse la monde  de la Culture… Le ministre a annoncé une possible réouverture des « petits » festivals de moins de 5.000 personnes. Puis dans un étonnant rétropédalage, il a indiqué que devaient être respectées  des précautions sanitaires rigoureuses. Comprenne qui pourra! Par ailleurs on savait depuis longtemps l’étrange complicité entre Macron et Philippe de Villiers, secrétaire d’Etat à la culture en 86 sous Jacques Chirac, puis député souverainiste de Vendée et président du Conseil général de ce département, et enfin député européen. Il a toujours défendu ce qu’il appelle les « racines chrétiennes » de la France…

Mais cette décision de réouverture du Puy du Fou par Macron lui-même, après une entrevue avec le vicomte, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. On veut bien que dans ce vaste parc à thème en plein air, les risques de contagion du Corona soient plus limités. XVM7b0f846c-9ddc-11ea-b283-52467c942af2Mais bon, alors que tous les festivals de cet été ont été annulés et que toutes les grandes salles, comme les plus petits cabarets, ne pourront pas rouvrir avant octobre dans le meilleur des cas, cette décision exceptionnelle venant du plus haut de l’Etat, fait désordre et donne une image lamentable du pouvoir politique, surtout après deux mois où, comme Macron l’a reconnu à demi-mots, les annonces se sont suivies de façon contradictoire… Comme celle concernant la fête de la Musique qui aura finalement bien lieu… Tout se passe comme si Macron multipliait les maladresses et les gaffes genre  trumpien…

Malgré les précautions sanitaires prises au Puy du Fou  comme ailleurs, les rassemblements importants, avec le brassage de populations venant de toute la France et de l’étranger que cela induit, sont tous à risques. Oui, mais voilà, le de Villiers très copain avec Macron a fait jouer la fibre économique et son site vendéen- une affaire de famille très rentable que dirige  son fils Nicolas-  est un pilier de l’activité commerciale (tous secteurs confondus) de cette  région. Alors Jupiter n’a pas hésité. Rt de Villiers  s’est empressé de tweeter : Merci à Emmanuel Macron de son message chaleureux. Merci d’avoir transféré le dossier du Puy du Fou Conseil de Défense. Le Puy du Fou va revivre. Le Puy du Fou vivra !” Mais là, la pilule est un peu grosse  à faire avaler aux professionnels de la Culture des autres régions qui, à juste titre, pensent que l’on se moque d’eux. Et d’autant plus que les fameuses aides annoncées tardent à se manifester…

 

Le Palais de l'Elysée Photo X

Le Palais de l’Elysée
Photo X

Autoritarisme de l’Elysée, mépris des corps sociaux intermédiaires, difficulté à prendre calmement les bonnes décisions, rétro-pédalages du Premier Ministre visiblement en désaccord avec le Président concernant l’affaire du Puy du fou et de ministres… Cela commence à faire beaucoup ! Gouverner, c’est prévoir mais là on est loin du compte… Macron peine à s’exprimer et ses effets d’annonce ne sont jamais très crédibles. Il devrait sans doute relire son cher Paul Ricœur: Ce qui caractérise la communication, c’est d’être unilatérale. » En effet, communiquer à tout va n’a jamais été une preuve de bonne gouvernance. Et Macron risque de le payer cher d’abord  à la rentrée quand il aura choisi Gérald Darmanin comme Premier Ministre mais aussi au moment de sa réélection…

Philippe du Vignal 

 

La Pétition:

 Et un peu de la cohérence est-ce trop demander, Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre ?

Depuis les premières restrictions concernant les salles de spectacle, le 9 mars, les annonces présidentielles et gouvernementales concernant les activités artistiques et culturelles s’enchaînent de manière erratique. Comment peut-on affirmer le 16 avril que de « petits festivals » pourraient se tenir à partir du 11 mai, comme si ces milliers d’événements étaient en mesure de s’adapter d’un jour à l’autre à de nouvelles conditions d’accueil, alors qu’aujourd’hui la quasi-totalité des festivals d’été est annulée et que les festivals d’automne n’ont à ce jour aucune visibilité quant aux conditions de leur tenue ?
Comment peut-on annoncer le 15 mai que la Fête de la musique aura bien lieu, que les parcs à thèmes et les lieux de culte rouvrent, alors que l’ensemble de nos établissements sont fermés au public, qu’aucun atelier de pratiques artistiques de proximité n’est autorisé, qu’aucune équipe artistique n’a pu réellement reprendre son activité, et que la plupart des salles de spectacle ou de concert n’envisagent aucune reprise possible de la diffusion avant janvier 2021 ?

 

Festival d'Aurillac Photo X

Festival d’Aurillac en 2019
Photo X

Comment peut-on interdire les événements de plus de 5.000 personnes jusqu’au 1 er septembre  et les regroupements de plus de dix personnes jusqu’au 2 juin, sans limitations intermédiaires à venir, et rouvrir le Puy du Fou ?Comment peut-on faire de telles annonces alors qu’elles sont en totale contradiction avec les protocoles sanitaires promus par le ministère de la Culture pour l’ensemble des pratiques artistiques et culturelles, pour la tenue des festivals et la réouverture des lieux au public ? Comment peut-on être autant déconnecté de nos réalités professionnelles, de nos calendriers, de nos outils de travail ?Comment peut-on annoncer le 6 mai des mesures pour la culture (prolongation des droits pour les intermittents du spectacle, commandes publiques massives pour les créateurs, fonds festivals…) et n’en n’avoir, trois semaines après, aucune traduction concrète ? Comment peut-on « refonder une ambition culturelle pour la France » en « libérant les énergies créatrices et en donnant aux artistes confiance et visibilité » sans qu’aucune mesure sérieuse de politique publique ne soit prise ?

Comment peut-on annoncer pour le secteur culturel 50 millions d’euros par-ci, 5 millions par-là, alors que le tourisme, fortement dépendant de nos activités, se voit proposer une enveloppe de 18 milliards ? Comment peut-on si peu connaître les domaines de la culture qui sont faits de professionnels, organisés et structurés ? Comment peut-on nous traiter comme des amuseurs publics, des histrions égocentriques vivant par et pour leur passion, alors que nos activités ont un poids économique direct de 47,5 milliards d’euros, soit 2,2 % de l’économie française et concernent 2,4 % de sa population active ?

Comment peut-on tenir aussi peu compte des artistes et de la Culture, quand ils s’appuient sur les droits humains fondamentaux, revendiquent l’émancipation des personnes et le développement de leurs capacités ? Comment peut-on privilégier la rentabilité économique et les seules industries, au détriment de la multiplicité des forces citoyennes au service de l’intérêt général ?

Vos annonces distillées au compte-goutte, contradictoires et incohérentes épuisent les acteurs, ajoutent de la confusion à la situation, de la désespérance à la fragilisation. Souhaitez-vous vraiment que le monde des arts et de la Culture sorte de cette crise ? Alors, faites-le avec nous, pas contre nous !

Les signataires

ACTES IF – Réseau solidaire de lieux culturels franciliens
AJC – Association Jazzé Croisé
CITI – Centre International pour les Théâtres Itinérants
FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles
FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles
FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques actuelles
La Fédération de l’Art Urbain
FNAR – Fédération nationale des arts de la rue
FNEIJMA – Fédération Nationale des Ecoles d’Influence Jazz et Musiques actuelles
France Festivals – Fédération des festivals de musique et du spectacle vivant
FRACA-MA – Pôle région Centre-Val de Loire musiques actuelles
GRAND BUREAU – Réseau musiques actuelles Auvergne-Rhône-Alpes
OPALE – Organisation pour Projets Alternatifs d’Entreprise
OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en Région Sud
Le Pôle – Pôle de coopération des acteurs pour les musiques actuelles en Pays de la Loire
RIF – Réseau des Musiques Actuelles en Ile-de-France
RIM – Réseau des indépendants de la musique
Le Réseau Musiques Actuelles Grand Est
SCC – Syndicat des Compagnies et Cirque de Création
SMA – Syndicat des Musiques Actuelles
SYNAVI – Syndicat national des arts vivants
THEMAA – Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et des Arts associés
UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles

Envoyé de mon iPhone

Une pétition des artistes-auteurs

Coronavirus : les artistes-auteurs, au bord du gouffre, lancent une pétition pour leur survie

 Les artistes-auteurs lancent un cri d’alarme. Une pétition, créée par l’auteur français de fantasy Adrien Tomas et soutenue par diverses organisations dont la C.F.D.T. , demande l’abondement d’un fonds d’urgence en faveur de tous les artistes-auteurs, avec un guichet unique sous l’égide de l’État.

Texte de la pétition:

Que serait notre vie de confinés sans culture, c’est-à-dire sans livres, sans images, sans chants, sans musiques, sans films, sans séries, sans jeux, etc. Aujourd’hui, les ressources culturelles en ligne explosent : bibliothèques numériques, visites virtuelles d’expositions temporaires ou de musées,

Musée du Louvre Italie Salle de la Joconde

Musée du Louvre Italie Salle de la Joconde

streaming de films, spectacles ou concerts, etc.

Et pourtant, les créateurs de ces œuvres sont encore une fois laissés pour compte. L’impact de la crise sanitaire et économique sur l’exercice particulier de leur activité professionnelle est parfaitement incompris du Gouvernement. Les conditions  pour être aidé par le fonds dit «de solidarité» pour les non-salariés sont particulièrement aberrantes pour un artiste-auteur: seules nos recettes moyennes sur un an ont un sens, nullement nos recettes mensuelles, aléatoires par nature. Les droits d’auteur sont globalisés et versés en fin d’année par les éditeurs, les producteurs et les organismes de gestion collective. Nos diffuseurs et nos commanditaires honorent nos factures quand bon leur semble…

Outre ce fonds d’aide inadapté à nos conditions d’exercice, le ministre de la Culture -en guise d’aides « complémentaires et subsidiaires » à cet hypothétique principal-  a fait le choix de soutenir en « silos » des secteurs de diffusion, et non pas les artistes-auteurs eux-mêmes. Pour les créateurs, après plusieurs décennies de défaillance administrative, un nouveau parcours du combattant se dessine. Au lieu d’envisager un dispositif clair  pour les artistes-auteurs avec des critères communs et connus de tous, le plan de soutien ministériel adoube des opérateurs, publics ou privés et multiplie les guichets d’aide, sans aucun souci de cohérence ni d’équité.

Frank Riester ministre de la Culture

Frank Riester ministre de la Culture

Un secteur se définit par l’activité économique exercée : les artistes-auteurs créent des œuvres. Le secteur est constitué de l’ensemble des auteurs d’œuvres littéraires, dramatiques, graphiques, plastiques, photographiques, audiovisuelles, cinématographiques, musicales, etc. Sans créateurs, pas de livre, d’art, de graphisme, de design,  de photo, de film, de spectacle, de musique…

La crise du coronavirus met à l’épreuve le modèle obsolète de la politique culturelle: celui qui confond le secteur de la création avec les industries culturelles,  l’économie de l’artiste-auteur et l’économie de l’œuvre, l’amont et l’aval, la création et la diffusion. Soutenir la création, c’est soutenir les créateurs et créatrices et non les amalgamer avec les divers acteurs de l’aval qui, sans les artistes-auteurs, n’existeraient pas.

L’auteur et l’acte de création un rapport de Bruno Racine, rendu au ministre de la Culture le 22 janvier, a pointé la « dégradation de la situation économique et sociale des artistes-auteurs » mais aussi le caractère préjudiciable du « traitement en « silos » que le ministère leur réserve ». Comme tous les travailleurs, l’ensemble des créateurs est bien évidemment touché de plein fouet par la crise sanitaire du covid-19

La rue de Lappe près de la Place de la Bastille absolument vide

La rue de Lappe près de la Place de la Bastille absolument vide

dont les répercussions socio-économiques sont nombreuses à court et moyen terme. Or, face à cette crise, la « gestion éclatée des enjeux de la création » et des créateurs par le ministère de la Culture s’avère catastrophique, aujourd’hui plus encore qu’hier.

Condamner les artistes-auteurs à quémander aléatoirement des aides d’urgence éclatées dans une myriade de guichets inégalement dotés -ouverts à certains et non à d’autres-  selon le type d’œuvres créées, selon leur région, selon leurs diffuseurs, la direction du service ministériel ou  l’opérateur public auquel ils sont rattachés, selon leur appartenance à une société de perception de droits d’auteur ou  leur entregent, ou encore l’information à laquelle ils auront eu accès ou non: tout cela est inacceptable. En ce temps de crise inédit, l’heure est à la solidarité et à la mutualisation, non au parcours du combattant et à la rupture d’égalité entre artistes-auteurs. Depuis le début de la crise sanitaire, les syndicats d’artistes-auteurs demandent l’abondement d’un fonds d’urgence en leur faveur avec un guichet unique sous l’égide de l’État.

Aujourd’hui, une fois de plus, ils demandent au ministre de la Culture de tenir sa promesse politique : remettre les artistes-auteurs au centre de la politique culturelle. Plus que jamais, leur survie en dépend.

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Livres et revues


Livres et revues

Beaucoup de lecture, cela ne peut faire que du bien… Dans notre confi-déconfinement cantalien, nous avons quand même la possibilité de lire, prêtés par le bureau de poste qui fait aussi office de relais pour la bibliothèque du département, le pa récent mais toujours aussi savoureux Dos Crawlé d’Eric Fottorino Et 14 de Jean Echenoz mais aussi un numéro de la collection d’une année de Elle, sagement rangée dans une chambre. On ne parle pas encore des événements de mai prochain mais on apprend plein de choses… Ainsi dans la rubrique Paris chuchote: 81 % de foyers français possèdent la télévision en noir et blanc et 0,002% la couleur: soit 16.000 ménages! Et dans la rubrique Elle a tout vu entendu lu, on annonce la parution de C’est le bouquet (cinquième tome de L’Hygiène des Lettres d’Etiemble chez Gallimard: « Etiemble a la dent dure. Un savoureux portrait du Nouveau Roman et de ses figures les plus importantes” par celui qui fut un des nos meilleurs profs de la Sorbonne… Et un remarquable essayiste…

Et on annonce aussi la sortie de Week-End de Jean-Luc Godard avec Mireille Darc et Jean Yanne. “Le cinéaste  accuse  avec force une grandeur et un pessimisme impitoyables, dit René Bernard, le chargé de cette rubrique  mais reste assez sceptique quant à l’intérêt du film. Il nous invite plutôt à écouter les Sonates et interludes pour piano préparé de John Cage interprétés par Maro Ajemian, un pionnier de la musique sur bande magnétique… Bien vu!

Au programme de la semaine de télévision: Les Saintes chéries, un feuilleton hebdomadaire avec Micheline Presle et  Daniel Gélin mais aussi La grande Farandole, une émission de variétés de Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, avec entre autres : Marie Laforêt, Adamo, Michel Delpech… une autre époque et French Cancan de Jean Renoir le dimanche soir. Mais aussi Le Misanthrope par la compagnie du Grenier de Toulouse, dans la mise en scène de Maurice Sarrazin . “La pièce est jouée dans des décors 1900, afin de rapprocher Molière de notre époque. “(???? sic) “ La maison qui lui sert de cadre est celle où Proust séjourné près de Trouville”. Et encore Lola de Jacques Demy, avec Anouk Aimée… Bon, mais pour deux chaînes seulement, on a vu pire…

Au sommaire aussi: une double page assez émouvante avec  7 Nouvelles vedettes sont nées:  Soit de jeunes actrices comme Marianne Faithfull Coronavirus Pandemic Causes Climate Of Anxietyqui joue dans le film La Motocyclette avec Alain Delon, avant de devenir la chanteuse que l’on connaît.

Et la très craquante Olga Georges-Picot en blouson et jupe courte rouge qui fait la couverture de ce numéro de Elle. Elle joua dans des films de Woody Allen, Alain Resnais et Alain Robe-Grillet et s’est suicidée à soixante-et-un ans.  Elle en aurait tout juste quatre-vingt…Et aussi bien connue des amoureux des films d’Eric Rohmer, 19209102Haydée Politoff, la merveilleuse  Collectionneuse qui a aujourd’hui soixante-treize ans…

Olga Georges-Picot

Olga Georges-Picot.


 

Corinne Le Poulain Le cocu magnifiquequi fut révélée au théâtre avec Quarante Carats de Barillet et Grédy , joua aussi Oscar avec Louis de Funès  et tourna avec de nombreux réalisateurs de cinéma dont Jean-Pierre Mocky et qui fut emportée par un cancer foudroyant il y a cinq ans..
Il y a aussi dans cette double page Albane Navizet,images-1 la vedette de La Fille d’en face, le premier film de Jean-Daniel Simon. Mais elle joua aussi Valparaiso, Valparaiso (1973), Infidélités (Le Désir) (1974) et Histoire d’O (1975) une adaptation du célèbre roman de Pauline Réage.

Et encore Annie Buron

sur la croisette, à droite avec Jecques Perrin et Marie-France Pisier

 à droite avec Jacques Perrin et Marie-France Pisier

qui fut révélée par L’Ecume des jours de Charles Belmont avec Jacques Perrin, Marie-France Pisier et le grand Sami Frey.

 

Et enfin  Karen Blanguernon, aux  longs cheveux noirs, le regard un peu triste. Elle a été un temps, l’épouse de  Guy Bedos… Puis elle épousa Dirk Sanders qui lui fit tourner  entre autres  Tu sera terriblement gentille. Elle joua aussi dans les films d’Henri Verneuil, Sydney Pollack, René Clément mediumet elle  écrivit  aussi plusieurs romans :   La Vie volée, 1981, Coups bas, l’année suivante   (Denoël) et  Léa s’en va, Balland en 1989. Puis un peu plus tard Ne pas dépasser la dose prescrite.

Elle s’est suicidée à soixante-et un ans. Elle en aurait aujourd’hui quatre-vingt.

Ce numéro de Elle comporte aussi un long article très bien documenté de Stanislas Fontaine: Les 82.000 infirmières de nos hôpitaux. Le docteur P. raconte qu’il téléphone vers une heure du matin à l’Institut du Cancer de Villejuif et tombe sur Marianne, une infirmière. Il est étonné mais elle  lui répond: “Je ne suis pas de nuit mais la malade m’a demandé de rester. “Alors, lui dit-il, vous êtes de repos demain.” Non, je reprends à huit heures.”  Tout est dit en ces quelques mots!
Et à propos d’une autre infirmière: “Bien sûr les jours, les heures qu’elle fait en plus sont récupérables. »  (… ) « Seulement voilà, si, à la fin de l’année, on n’a pas récupéré les jours auxquels on a droit, ils ne sont pas reportés l’année suivante.” (…) “A vingt-deux ans, Geneviève travaille depuis deux ans dans un service. Depuis son ouverture, vingt infirmières ont passé . Quatre seulement sont restées.“ (…)  “Il faut aussi de l’argent. Sur ce point, nous n’avons pas à être très fiers de nous. Nous les Français, dépensons sensiblement moins pour nos hôpitaux que les pays d’un niveau de civilisation comparable. “  Cela vous rappelle quelque chose! A l’E.N.A., Emmanuel Macron ne lisait sans doute pas Elle.

C’était en janvier 1968 et beaucoup de nos lecteurs n’étaient pas nés…. Une autre époque?  Sans doute mais en fait pas si sûr…

 Philippe du Vignal

 Elle n° 1152 du 18 janvier 1968.

 

A Table, crash test N° 1 (titre provisoire)

A Table, crash test n° 1 ( titre provisoire)

Cela se passe dans un jardin privé, à Montbéliard. Hervée de Lafond, Jacques Livchine, Eric Prévost, Catherine Fornal, les frères Dreyfus, Seb Dec et Youssri el Yaakoubice, les comédiens-auteurs du kapouchnik, ce cabaret mensuel du Théâtre de l’Unité,  ont décidé de ne pas rester les bras croisés jusqu’en septembre  et ont créé   une petite forme d’une heure dix qui pourra être reprise dans  des jardins privés ou… mais quand?  sur des places publiques…

Jacques Livchine, le directeur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité, ne décolère pas  dans son Journal de bord:  « On arrive à un moment de saturation, où nous, citoyens de base nous n’en pouvons plus de la campagne d’infantilisation à laquelle on voudrait nous soumettre, après les lois d’urgence, voici les lois sanitaires. Les crétins  sur-diplômés qui  nous gouvernent, nous proposent des lois contradictoires et absurdes.Nous lançons ce message aux directeurs de théâtre et au ministre de la Culture : le théâtre ce n’est pas que le théâtre de salle avec sa billetterie et ses réservations, et ses sièges rouges, le théâtre, c’est aussi un art de place publique,  un art  de rue libre,  un art  de place de village, de parvis de cathédrale. Le théâtre aime s’épanouir librement dans les espaces publics sous le ciel  et nous fabriquerons à vue le 26 mai  sur une place de Besançon, une grandiose image autour  d’un cercueil, symbole  pour nous des errements du gouvernement et de ses médecins  qui nous empêchent d’enterrer nos morts mais qui, en même temps, autorisent l’ouverture du parc du Puy du Fou! »

Ici, huit comédiens  et un nombre de spectateurs limité à  cinquante-trois! Nous sommes tous assis à un mètre les uns des autres dans un beau jardin ensoleillé. Cela se passe en de courtes séquences : 1) Lavage de mains, 2) Mon confinement,  3) Course sur la musique de Haendel, 4) Les prénoms et noms de famille, 5) Les Francs- Comtois, 6) Les banalités de jardin, 7) Un chant polonais au violoncelle, 8) Macron, Edouard Philippe, Brigitte, 9) Les couturières et les masques, 10 ) Je voudrais pas crever, 11) le pangolin, 12) les chambres à coucher,  13) Dom Juan et Sganarelle  sur la médecine 14) Les messages SMS, 15) La mort de la voisine, 16) L’astéroïde, 17) La mort du beauf, 18) Mes déménagements, 19) Charles II et la peste  20) Lavage de mains, 21 Danse endiablée et salut…

Un mélange inspiré de La Vie mode d’emploi de Georges Perec, mais aussi de vraies histoires personnelles arrivées aux  acteurs et des thèmes d’actualité dans le style  kapouchnik. Et c’est plutôt réussi.IMG_5186 Quelques images attrapées au vol : chaque acteur assis se lave les mains et présente son confinement. Hervée de Lafond ravie, court sur la musique de Jules César de Handel. Deux Francs-Comtois se plaignent : « Même  l’été est annulé.  » Un sketch  joué par Catherine Fornal  et Sébastien, puis  la comédienne chante en polonais, accompagnée au violoncelle. Elle  lit ensuite  un texte d’Hanah Arrendt sur la soumission des peuples. Et il y a une belle séquence sur ces couturières bénévoles qui proposent des masques mais à qui l’Etat demande 1.110 € pour obtenir le certificat de conformité!!!

Youssri et Hervée jouent Macron et Brigitte. Puis le pangolin  se défend d’être le responsable de cette pandémie. Dom Juan et Sganarelle,  discutent médecine. On lit des SMS vraiment reçus : « Je cherche des solutions pour démissionner de ma vie ».  Et Catherine Fornal fait le récit glaçant de sa voisine  que l’on a découverte morte chez elle.  Jacques Livchine interprète en russe le chant qu’il a interprété devant le cercueil de François, son beau-frère décédé il y a peu… On raconte l’histoire de Charles II et de ses soldats qui entrent dans une  maison où huit personnes sont mortes de la peste. Il y a une bataille d’oreillers historique, puis tout le monde se lave les mains et  s’endort sur la table, avant de se mettre à danser…

Un spectacle tonique dans le désert culturel qui nous entoure. Dans la belle lumière de cette fin d’après-midi, du thé sur le samovar,  des gâteaux et du jus de gingembre… Tout le monde a du mal à se quitter.

Edith Rappoport

Spectacle vu dans le jardin de la maison de Marie-Pierre Gluntz  à Montbéliard (Doubs),  le 20 mai.

Théâtre de l’Unité, 9 allée de la Filature, 25400 Audincourt. T : 03 81 34 49 20.

Cabaret sous les balcons, mise en scène de Léna Bréban

Cabaret sous les balcons, mise en scène de Léna Bréban

 -Vous aviez un projet au Vieux-Colombier: une adaptation de Sans Famille d’Hector Malot (1830-1907), le célèbre roman qui a fait pleurer des générations d’enfants…L’auteur raconte les aventures d’un enfant abandonné, Rémi, vendu par ses parents adoptifs à Vitalis, un saltimbanque, et parcourant  avec lui les routes françaises, puis anglaises…

- Pour le moment, pas de nouvelles, vu la situation. Mais cela reste un projet auquel je tiens beaucoup.Il me semble que ce roman très populaire a encore des choses à nous dire, même s’il a été écrit il y a presque un siècle et demi. L’histoire de cet enfant qui exerce plusieurs petits métiers avant de découvrir le secret de ses origines, continue à nous fasciner. Et ll’œuvre a souvent été adaptée au cinéma et à la télévision. Comment par exemple, ne pas être ému par la mort de Joli Cœur le petit singe ou par celle de Vitalis, ce saltimbanque qui est en fait un ancien chanteur d’opéra…  Et ce  roman parle aussi de la vie des artistes ambulants au XIX ème siècle, c’est à dire aussi un peu de nous, actuellement. Quant à Comme il vous plaira de Shakespeare que je dois mettre en scène au Théâtre de la Pépinière à Paris, il est reporté d’un an…

- Et ce cabaret ?

-J’ai appelé Nicolas Royer, le directeur de l’Espace des Arts à Chalon-sur-Saône où j’avais mis en scène Verte d’après Marie Desplechin,  un spectacle pour enfants (voir Le Théâtre du Blog) et je  lui ai proposé d’aller jouer dehors sur les places de la ville;  le président de la région Sébastien Martin a dit qu’il fallait faire quelque chose pour les résidents des E.P.H.A.D.et maisons de retraite qui se trouvaient coupés de leur famille à cause des mesures de confinement. L’Espace des Arts-Scène nationale de Chalon-sur-Saône a proposé la création d’un cabaret pour eux. J’ai donc réuni quatre acteurs-chanteurs-musiciens Antonin Maurel, Adrien Urso, Léa Lopez, Cloé Sénia et Alexandre Zambeaux et je joue aussi dans ce spectacle de quarante-cinq minutes que je mets en scène.

-Comment se sont passées ces répétitions en ces temps de confinement?

-Nicolas Royer nous a abonné à Zoom et dans un premier temps, nous avons donc travaillé plusieurs heures par jour. Petit (en fait gros problème) : l’accompagnement au piano est en décalage d’une seconde et quand on chante, il faut s’adapter. Et de plus, règle de sécurité sanitaire oblige, impossible de jouer sur l’instrument d’un autre… Et nous avons donc commencé les répétitions en visio-conférence ! Mais ce n’est pas simple de chanter ensemble quand les ordinateurs ont chacun une seconde de décalage ! Pour cette forme de quarante-cinq minutes, notre équipe est accompagnée par un médecin-conseil  pour que tout se déroule dans le respect des gestes sanitaires et des gestes- barrières. Les résidents de l’E.P.H.A.D. eux assistent au spectacle depuis le balcon de leur chambre: on est donc loi d’eux et difficile de savoir ce qu’ils ressentent! Il y a quelque quarante spectateurs en bas donc au même niveau que les acteurs-chanteurs-danseurs. Mais tous à 1,50 m les uns des autres. Pour certaines chansons, nous sommes masqués et quant au couple d’amoureux sur la scène : pour Cléo Sénia  et Alexandre Zambeaux, comme c’en est aussi un dans la vie donc pas de difficulté…  Et le spectacle est sonorisé.

-Et côté nerf de la guerre, comment cela se passe ?

-Très simplement :  ce cabaret est financé par la Région et par l’E.P.H.A.D. « Au-delà des conséquences terribles du Covid 19, disent Sébastien Martin, le président du Grand Chalon et Nicolas Royer, l’isolement est un facteur aggravant pour de nombreux résidents âgés et donc isolés qui ont dû, pendant de longues semaines, être privés des liens familiaux et amicaux. Pour leur apporter un réconfort, les équipes de l’Espace des Arts ont proposé la création d’un spectacle pour les résidents des E.H.P.A.D et maisons de retraite de notre territoire. Mesures sanitaires obligent, cette création est destinée à être jouée à l’extérieur. C’est un cabaret où l’on chante et où l’on fait chanter, où les artistes  essayent de dire que la vie peut être en rose. Et que l’on peut encore danser au petit bal perdu, que l’on ait vingt ans ou que l’on en ait cent. Parce qu’accueillir le public, c’est aussi aller au-devant du public. Partout où la parole peut poser un tréteau – hier ceux de Copeau à   ceux de Vitez… – il peut y avoir théâtre. »

Antonin Maurel, Léa Lopez, Léna Bréban, Alexandre zambeaux et Cloé Cénia

-Comment voyez-vous l’avenir du théâtre en France et en Europe ?

-Noir sans aucun doute, du moins cette année. Le théâtre, c’est avant tout respirer le même air, être présent ensemble au même moment, public et acteurs. Et même cela complique évidemment le travail de mise en scène mais  c’est assez passionnant d’avoir à subir la contrainte de ces fameux gestes-barrières : il faut trouver des solution… Mais  ces retrouvailles avec un plateau nous ont redonné, en ces temps de confinement, aux acteurs comme à moi, une pêche certaine… Et nous espérons, aussi et surtout, donner  de l’espoir  et de la vie aux résidents des E.H.P.A.D. même par ces temps de Corona virus dont on se moque pour l’exorciser (voir photo). Nous voulons vous dire qu’on pense à ceux qui  ont connu d’autres temps, d’autres guerres. A ceux qui ont été des jeunes hommes fougueux et des femmes amoureuses, des mamans et des grands-pères.A ceux qui portent l’histoire de notre pays et leur histoire intime. Nous voulons continuer à les faire rêver,  rire et s’émouvoir. Avec des numéros burlesques et de clown, voire même un peu de Shakespeare. Et avc des chansons d’Edith Piaf, de Michel Fugain et Bourvil que les résidents peuvent chantonner avec nous. Si on n’a pas encore le droit de s’approcher à nouveau les uns des autres, nos voix peuvent encore se mêler…

Philippe du Vignal

Espace des Arts,  5B avenue Nicéphore Niépce, 71100 Chalon-sur-Saône. T: 03 85 42 52 12.

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