Le TNP s’ouvre en grand


 

Le T.N.P. s’ouvre en grand

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Christian Schiaretti, directeur du TNP depuis  dix ans,  avait décidé de revoir  l’architecture du bâtiment et, du coup, la conception même de cette salle devenue mythique. Le nouveau théâtre sera inauguré le 11 novembre prochain.  Roger Planchon  reçut en 58 la mission de diriger ce « Théâtre de la Cité ouvrière » qui prit en -suite le nom de Théâtre de la Cité, auquel , Jacques Duhamel, ministre des Affaires culturelles comme on disait alors, décida en 1972 d’attribuer le fameux sigle  T. N. P. ,  jusque là  dévolu au Théâtre de Chaillot. Planchon s’entoura alors de Patrice Chéreau,  puis en 86 de Georges Lavaudant, et c’est Christian  Schiaretti qui lui succèdera. Il aura la volonté de poursuivre le travail de ceux qui l’on précédé avec à la fois, la mise en scène des grands classiques comme L’opéra de quat’sous,   Coriolan ou L’Annonce faite à Marie et montera aussi sept farces et comédies de Molière, ou encore Créanciers et Mademoiselle Julie de Strindberg, et enfin Par-dessus bord de Michel Vinaver et invitera Valère Novarina, Jöel Pommerat ou Olivier Py.
Il créera aussi une troupe permanente de douze comédiens pour la plupart issus de l’ENSATT, dont deux- Olivier Borle et Jérôme Quintard, d’abord passés par l’Ecole du Théâtre national de Chaillot. Christian Schiaretti a beaucoup insisté dans sa conférence de presse sur la notion de transmission et d’histoire du T.N.P. qui dépasse, dit-il avec raison, celle des individus: la sienne, celle de ceux qui l’ont précédé ou qui lui succéderont. Et on le sent un peu obsédé de travailler déjà sa propre succession  » en rendant une lecture claire de notre histoire » pour préserver l’outil de travail qu’il a réussi, au fil des années, à mettre en place. Un livre Les Aventures du T.N.P.  dirigé par André Degaine, malheureusement décédé entre temps, a quand même vu le jour avec des textes de Jean-Pierre Jourdain et des illustrations de Jean-Pierre Desclozeaux.
Le directeur du T.N.P. , peu de temps après avoir avoir pris  ses fonctions, a aussi vu que cette transmission à laquelle il tenait tant, ne pouvait aller sans une profonde rénovation du bâtiment existant conçu par Môrice Leroux, bâtiment qui a  80 ans , et qui a fait partie d’un aménagement urbain du centre de Villeurbanne avec six immeubles dits gratte-ciels et  deux tours d’habitation,  et un Hôtel de Ville. Même si Roger Planchon avait fait rénover la salle, un nouvel aménagement  du théâtre s’avérait indispensable, et, après plus de trente mois de travaux, le nouveau théâtre et la place  ont été complètement réhabilités; l’aménagement  a fait l’objet d’un concours remporté conjointement par le cabinet d’architecture Fabre/ Speller et Massimo Scheurer de l’agence milanaise A rassociati.
Les deux architectes n’en sont pas à leur coup d’essai ( Fabre fut l’ élève du du grand architecte américain Aldo Rossi) et ont restructuré le Théâtre de la Cité Internationale de Paris, La Fenice de Venise, le Théâtre-Opéra Marinsky de Saint-Petersbourg. Et ils travaillent actuellement à la rénovation du cinéma Le Louxor à Paris.
Ce qui frappe, quand on voit les photos, c’est la prise en compte intelligente de l’ensemble architectural : rénovation des façades telles qu’elles étaient en 1930 , mais aussi création d’un véritable outil  de travail mis au service du spectacle vivant : agrandissement de la cage de scène, avec un gril situé à plus de 31 mètres du plateau, ascenseur de scène, création d’une zone de coulisses qui n’existait pas avant et ,dans la salle dont la jauge est de 667 places , conservation de la forme en coquille Saint-Jacques mais suppression des allées. En plus du petit théâtre ouvert en 2009, ont été créées quatre salles de répétition,qui pourront éventuellement recevoir du public le lieu d’une activité dense où travaillent les acteurs dit Schiaretti, et un atelier de costumes et un espace de stockage. Et encore un restaurant, à des prix abordables, ce qu’il n’y a plus à Chaillot, berceau du T.N.P.  depuis longtemps déjà! avec une scène de cabaret. Le financement ? 1/3 Ville, 1/3 Etat, et 1/3 Région Rhône-Alpes et Grand Lyon. Ce qui représente à la fois une volonté commune et sans doute pas mal d’efforts de Schiaretti et des ses collaborateurs pour faire aboutir le projet. L’équipe comprendra 50 permanents, et  nombre d’intermittents.   Au programme de cette rentrée exceptionnelle, la création le 11 novembre prochain de Ruy Blas, la pièce mythique de Victor Hugo qui,  rappelle justement Christian Schiaretti,  a utilisé les trois mots: théâtre, national et populaire dans la préface de Marion Delorme en 1930, soit juste un siècle avant la construction de la salle  de Villeurbanne. « Il  y a dit-il, , une opposition entre les forces surpuissantes  qui amène à dépasser la simple lecture historique ou politique » .
La nouvelle saison s’ouvrira aussi par l’exposition temporaire de la collection personnelle de  masques, notamment asiatiques, de Ehrard Stiefel,  le remarquable concepteur des masques du Théâtre du Soleil. Il y a aussi une autre initiative que revendique Schiaretti, c’est d’associer l’aventure du T.N.P. à celle des Tréteaux  de France maintenant dirigés par Robin Renucci, qui organiseront une tournée de ce  Ruy Blas, et un partenariat avec le T.N.S. et sa directrice Julie Brochen déjà débuté en juin 2011 avec la création de la première partie de l’intégralité du Graal Théâtre qui continuera  en 2012, une manière de saluer Firmin Gémier , le créateur du T.N.P. et son théâtre ambulant.
Le répertoire du T.N.P.  sera aussi mis à profit avec les farces et comédies de Molière, Mademoiselle Julie et Les Créanciers de Strindberg, Don Quichotte, La Jeanne de Delteil… et plusieurs coproductions dont le livre XI des Confessions de Saint-Augustin par Denis Guénoun.
On ne peut que souhaiter longue vie à ce  nouveau T.N.P… et on vous tiendra au courant.

 

Philippe du Vignal

 

T.N.P. : www.tnp-villeurbanne.com


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« Chance » de Christian Boltanski

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« Chance » de Christian Boltanski

 Biennale de Venise

« Nous ne sommes pas remplaçables, mais nous serons remplacés »  a déclaré Christian Boltanski,  qui représente la France à la 54éme exposition internationale d’art de la  Biennale de Venise et offre au public une mise en scène inattendue et cinématographique  « Chance ». Installation gigantesque et spectaculaire  qui aborde   ses thèmes favoris : le hasard et le destin, la chance et la malchance.
Quatre chambres: dans  la première La roue de la chance , défile un ruban de photographies de nouveau-nés, quand la sonnette retentit, un portrait, choisi au hasard ,apparaît sur un écran:  sa destinée sera faite de bien ou de mal….tout est à écrire ou à subir. Les chambres numérotées 2 et 4,Dernières nouvelles des humains, sur  un cadran , un chiffre géant représente  soit en vert le nombre de naissances dans le monde, soit en rouge le nombre de tous ceux qui meurent. Et enfin, dans la  la troisième chambre Être à nouveau,  il y a une projection de photos de soixante nouveau-nés polonais et de cinquante deux Suisses décédés qui  défilent sur un écran à grande vitesse et vont se recomposer pour former une multitude de visages hybrides.
Boltanski nous propose alors un jeu: un bouton est à disposition,  et nous pouvons appuyer dessus, et si, par chance,  un visage se forme et que les trois parties appartiennent à la même personne, une musique est jouée et on gagne l »œuvre… Autour du pavillon français, des chaises magiques sont disposées, si on s’asseoit dessus la chaise nous pose une question: « est-ce la dernière fois? ».
A  chaque moment de notre vie, la question peut se poser…. et le destin décide.  Christian Boltanski nous rappelle que l’important , ce n’est pas « nous » en tant qu’individu mais la continuation de la vie. Il cite avec humour cette phrase de Napoléon regardant des milliers de morts sur le champ de bataille à Austerlitz: « Quelle importance ! Une nuit d’amour à Paris va réparer tout cela! »  Si vous le pouvez, allez à Venise pour ce conte universel sur le déroulement de la vie.

 

Nathalie Markovics.

 

54éme Biennale de Venise jusqu’au au 27 novembre 2011.

 

Pendant toute la durée de la Biennale vous pouvez jouer avec Boltanski sur : www.boltanski-chance.com si vous gagnez,  une surprise vous sera envoyée par le maître lui-même!!!

Exposition One Shot-Art Performance du Festival 2010.

Festival d’Aurillac.

 

Exposition One Shot-Art Performance du Festival 2010.

 

  one.jpgLe Musée d’art et d’archéologie, partenaire du Festival d’Aurillac, présente, grâce à l’initiative de Brigitte Lépine ,une très belle exposition de photos des performances qui avaient eu lieu l’an passé, performances de qualité très inégale, excepté bien évidemment l’évènement phare de Spencer Tunick. Et les deux jeunes créateurs, Matthieu Dussol 31 ans né à Aurillac qui a déjà beaucoup voyagé en Asie du Sud-Est, comme Matthieu Galeyrant, 25 ans,  lui aussi né à Aurillac, tous deux photographes officiels du Festival et Damien Cabriès 24 ans né à Figeac donc pas très loin. Rigueur de la présentation: aucun cadre , profondeur de champ, beauté des couleurs, mise en perspective scénique des images proposées, et un remarquable éclairage : on revoit les performances de Michel Giroud, Joël Hubault, Annie Lann, etc…
Mais aussi et surtout, dans une salle,  les photos magistrales des centaines de personnes qui, pour la performance de Spener Tunick avaient accepté de poser nues comme dans bien d’autres grandes villes du monde entier,. Il y a celle sur très grand format, en passe d’être célèbre, de des dizaines de personnes courageuses qui, dans  le petit froid du matin, juste  abritées par un parapluie noir masquant leur visage, avaient relevé le pari. Dont jean-Marie Songy , le directeur du Festival et Jacques Livchine, qui font penser à autant de trompettes de la mort qui, les bonnes années se ramassent dans les bois proches d’Aurillac.
Celle aussi- de femmes uniquement- marchant dans les vieilles rues de la capitale auvergnate, ou les pieds dans l’eau de la Jordane. Ou encore, comme dnas une sorte de prise de la Bastille , des dizaines de personnes émergeant de brumes blanches( recrées) dans  la gare d’Aurillac vide de trains pour cause de travaux sur la ligne Mais aussi-et c’est aussi passionnant- des images sur les coulisses de cet exploit logistique ( transport des participants, mis en  sécurité des effets personnels, organisation des prises de vue par Spencer Tunick, etc..).
Choquant, malsain, voyeur, dramatique si l’on pense aux camps d’extermination? Même pas, mais le plus souvent , grâce au traitement des images par Dussol et Galeyrant, d’une grande qualité poétique. Un seul regret:  aucun cartel, sinon ceux mentionnant le titres mais quand on n’est pas de la paroisse, cela n’aurait pas été un luxe de suivre les choses avec quelques phrases sur chaque performance.
Il faut aussi voir le montage vidéo de Damien Cabriès, dans une petite pièce ( personnes claustrophobes s’abstenir) d’après les images de quatre spectacles tournés par Marc Guiochet vidéaste du Festival, notamment le remarquable extrait de Voice in moment , performance de Nicola Fangione. Ne ratez surtout pas cette exposition, d’autant plus qu’elle est en plein centre d’Aurillac et… gratuite.

 

Philippe du Vignal

 

Madame Grès : La Couture à l’œuvre.

Madame Grès (1903-1993), La Couture à l’œuvre.

bourdelle035.jpgEn 1935 Madame Grès n’avait pas encore ce nom reconnu dans l’univers de la haute couture, qu’elle imaginait déjà les costumes pour  La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux avec ses drapés caractéristique. Le Musée Galliera associé au Musée Bourdelle et, grâce au mécénat de la Fondation Pierre Bergé, accueille cette très riche exposition de 80 robes retraçant le parcours de cette créatrice

Les drapés haute couture de Madame Grès comme une centaine de croquis et des photographies originales sont bien mis en valeur dans ce musée consacré au sculpteur Antoine Bourdelle, élève de Rodin. Le public peut les découvrir au milieu de son atelier et de celui du peintre Eugène Carrière restés en l’état et qui semblent encore en fonctionnement.

Sur plusieurs étages d’exposition, la mixité entre sculptures et robes se fait parfaitement en particulier dans la salle des sculptures monumentales, lieu qui a servi d’espace de représentation pour plusieurs chorégraphes dont Jean-Claude Gallotta. Quant aux jardins , ils sont occupés par les œuvres de Bourdelle.

La carrière de Madame Grès est caractéristique de ce que notre pays peut engendrer de pire et de meilleur. Les années de 50 puis 60 furent l’apogée de cette maison de haute couture, qui, en 1987, fut exclue par la chambre syndicale pour « non-paiement des cotisations ». Le dépôt de bilan sera donc prononcé deux ans après:les biens de la maison de couture seront liquidés, et les trois étages vidés en un seul jour….

Mme Grès mourra en 1993 dans une maison de retraite, mais sa fille cachera sa disparition pendant un an.  Allez découvrir l’ émouvant parcours de cette étonnante créatrice de haute couture.

Jean Couturier

Musée Bourdelle jusqu’au 28 août

 24 heures pour Jean Vilar

Wladimir Dimitrievic

Mort accidentelle de Vladimir Dimitrievic.

 

vladimirdimitrijevic3.jpgDans les environs de  Clamecy dans l’Yonne, près de son dépôt de livres, Vladimir Dimitrievic,  sans doute trop fatigué, seul à bord de sa camionnette, a  percuté un tracteur. Il avait 77 ans et avait fondé, à Lausanne, en 1966, avec une énergie exemplaire, la maison d’édition L’Âge d’homme , et sans lui, c’est toute la littérature et le théâtres de Russie et des pays de l’Est qui nous seraient restés longtemps mal connus , voire inconnus, notamment dans la collection Classiques slaves forte de quelque 500 titres.
Yougoslave d’origine, il quitta son pays en 54 pour la Suisse où il vécut de petits boulots, mais fut tout jeune possédé par le démon de la littérature; grand lecteur, il devint assez vite éditeur, dans des conditions financière  très dures; dans les années 70 , quand ils s’installa aussi à Paris , il dormait dans sa camionnette pour économiser une nuit d’hôtel puis plus tard dans le sous-sol de la rue Férou où il avait installé sa librairie et le siège de sa maison d’édition.. « Un groupe d’amis avait décidé de fonder une maison d’édition. En Suisse, à Lausanne et ouvert au monde. J’étais libraire alors et je cherchais dans les catalogues les livres que j’avais aimés dans mon adolescence belgradoise. Beaucoup y manquaient. Ces titres en puissance étaient ma contribution à ce projet à venir. Et mon lien avec les amis que je m’étais faits en Suisse, les lecteurs qui fréquentaient les librairies où je travaillais. Passionné de littérature américaine, c’est Thomas Wolfe que j’avais apporté dans mes bagages. Comme si l’exil de son Ange exilé avait été déjà inscrit dans ma vie. Et les auteurs slaves, dont le fabuleux Biély, auteurs oubliés, écartés, blasphémés, censurés… autant d’Anges bannis. Ces écrivains se mêlaient, comme maintenant, avec les auteurs suisses, ceux du passé et les contemporains. J’ai eu la chance de les côtoyer, ils sont devenus les compagnons de la maison. Nache dom (« notre maison »), disaient les dissidents et les opposants à l’Est. Mil quatre cents livres d’auteurs suisses y sont eux aussi dans leur maison, au même titre les artistes, les traducteurs, les philosophes, les poètes, les peintres venus de Russie, d’Angleterre, de Pologne, d’Amérique, de Serbie, d’Espagne, de Bulgarie, d’Italie, d’Israël, de Flandre, de Tchèquie, de Grèce ».
C’est bien en effet grâce à lui  que l’on put lire  de grands écrivains polonais Witkiewicz, et Reymont mais aussi les écrits de Kantor comme de Malévitch dont notre ami Gérard Conio assura l’édition. Bouleversé par la disparition de son vieiux complice, il est parti ce matin aux cérémonies d’adieu mais écrira prochainement un article sur son travail d’éditeur.
Loin de s ‘en tenir aux domaines de littérature de l’est, Dimitrievic publia aussi de nombreux écrivains germaniques comme, entre autres Dürrenmatt, suisses ( Ramuz) ou belges Hugo Claus mais aussi espagnols comme Unanumo ou américains comme Thomas Wolfe. C’est encore lui qui édita les œuvres complètes de Jules Lafforgue:  au total quelque 3.000 titres!  Par son ouverture d’esprit et par sa générosité, il réussit une tâche exemplaire. Le théâtre comme la littérature et les arts plastiques, grâce à son immense culture et à ses intuitions, ne serait ps ce qu’ils sont en France si vous n’aviez pas été là.
Encore merci,  M. Dimitrievic pour tout ce que vous avez fait avec patience, ténacité et intelligence. La France vous doit beaucoup.

 

Philippe du Vignal

 

Appartement-Atelier de Tadeuz Kantor à Cracovie


 

  tadeuszkantorboyonabike.jpgConformément au testament laissé par Tadeusz Kantor à sa mort  en  1990, la Cricothèque ,fondée en 1980,  a pour but de créer des « Archives vivantes » en jouant le rôle à la fois d’archives, de musée et de centre de recherche scientifique qui réunit les costumes et objets utilisés dans les spectacles du théâtre Cricot2 (qui constituent une exposition itinérante souvent présentée à l’étranger), ainsi que les écrits théoriques, dessins, vidéos, photos, revues et livres de et à propos de Kantor.
A Cracovie, au 7 rue Sienna, l’appartement-atelier ou l’artiste vécu les trois dernières années de sa vie de 1987 à 1990, est considéré par certains Polonais comme un lieu hanté par son esprit. Rien ne semble avoir bougé depuis sa disparition. Composé d’une chambre, à la fois bureau et atelier, d’une cuisine et d’une salle de bains. La fenêtre de la chambre donne sur l’église dominicaine de Cracovie, ce qui correspond au premier dessin que Kantor y réalisa.  Et le dernier date du 6 décembre 1990.
Scénographe puis metteur en scène et théoricien de l’art, Kantor avait été d’abord-et continuait à l’être-dessinateur et peintre. Une de ses toiles est placée sur un chevalet. Un grand lit fait face à son bureau, où est posé  un agenda de l’année 1990 écrit en français où il annotait quelques détails du quotidien, en particulier sa tension et ses pulsations. La veille de sa mort, le 8 décembre, il inscrit une simple croix rouge…A droite de son lit, une armoire contient l’ensemble de ses médicaments qu’il avait emballé chacun d’un papier craft noir.
Tadeusz Kantor était cardiaque, et est mort brusquement après une répétition. A côté de la porte, sont encore accrochés son chapeau et un gilet. A cet appartement, a été ajoutée, après sa mort ,une petite galerie où sont exposés les dessins préparatoires pour son dernier spectacle Aujourd’hui c’est mon anniversaire . La fondation Tadeusz Kantor est installée à cette même adresse, et dans un autre lieu, rue Kanonica, sont organisées expositions et conférences. Dans ces deux endroits, il est possible d’acheter d’anciens programmes, des DVD et des livres qui retracent son œuvre. En projet, pour 2013, un musée va être construit ainsi qu’un nouveau centre de documentation au sein d’un grand établissement culturel.
L’authentique lieu de vie de Kantor pendant quelques années peut être encore visible quelque temps, n’hésitez pas! Et partez pour la Pologne…

 

Jean Couturier
http://www.cricoteka.pl » www.cricoteka.pl

 

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Altaïr think tank culture medias


Altaïr think tank culture medias Rencontres d’Avignon du 17 au 19 juillet.

Un groupe de travail, présidé par François Adibi, a mis au point trois journées de réflexion sur l’art et la culture  au Village du Off,  qui sont, dit-il , « des clés pour comprendre et agir sur ces bouleversements dans un mode qui s’élargit et où nos anciens repères vacillent. A moins d’une année des élections présidentielles, on constate un défaut de réflexion de fond dans les grands partis politiques sur les thèmes de la culture et des medias. De nouvelles voix, de nouvelles forces émergent: il est essentiel de réer du lien entre elles pour mieux peser sur l’opinion et les choix de société ».
  Il y aura donc trois jours les 17, 18, 19 juillet en Avignon, en partenariat avec le Festival Off, Mediapart, Les Inrockuptibles…. un certain nombre de tables rondes avec notamment:  Greg, Germain, Mohamed Kacimi, David Kessler, Noëlle Chatelet, Daniel Mesguich, Jean Digne, Laure Adler, Edwy Plenel.
Doivent être ainsi traités des  thèmes comme : Comment faire la paix avec son histoire coloniale?  La créativité de la jeunesse et des quartier, Les nouveaux medias Internet, relais et réseaux associatifs, Les bouleversements de l’économie de la culture et du numérique, La création et l’action culturelle comme leviers majeurs de la transformation sociale.

Village du off espace Pielgeltent, 1 rue des Écoles Avignon.
Entrée libre . Réservation conseillée.
Contact: resa@altair-thinktank.com

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville.

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville. dans actualites parisvilletheatre1Cela va être la troisième saison comme directeur du Théâtre de la Ville, que va entamer Emmanuel Demarcy-Motta. Christophe Girard, adjoint à la Culture de la Mairie de Paris a tenu à souligner l’exigence populaire et savante à à la fois de sa programmation. S’il a été  récemment désigné  à la tête du Festival d’Automne, c’est, a-t-il dit,  et bien que les candidats étaient aussi de grande qualité, en raison de son travail important comme metteur en scène mais aussi  de  son esprit d’ouverture, de sa grande curiosité sans tabous ni préjugés, et de sa connaissance des autres arts comme le cirque ou la danse. Dans le respect du conseil d’administration  qui comprend des représentants de l’État mais aussi de la Ville de Paris, et avec l’approbation du principal mécène Pierre Bergé. Emmanuel Demarcy-Motta a ensuite parlé des principaux axes de sa programmation qui est cette année comme les précédents particulièrement riche puisqu’elle comprendra 80 représentations en danse, théâtre et musique et qu’elle ira de septembre à juillet 2012!
Ce qui est en fait assez exceptionnel pour un grand théâtre parisien. Avec, comme axe majeur, « un mouvement qui déplace les lignes » pour reprendre les mots de Baudelaire qu’il a cités, et un décloisonnement des arts. Même si les mots-clés, pour plus de lisibilité auprès du public, resteront bien : Théâtre, danse musique. Ce qui a déjà été le cas depuis deux ans mais qui sera encore plus affirmé pendant la saison 2011-2012. Reste le problème épineux de la répartition des 260.000 places,  à répartir entre la vente libre et les abonnements, équation toujours difficile à résoudre pour un directeur. Les abonnements offrent une marge de sécurité financière non négligeable  mais aussi le risque, comme ce fut le cas par le passé pour les spectacles de Pina Bausch, de ne plus offrir de places à la vente directe. Ce qui n’était pas très élégant pour le public de passage,  les étrangers et les  provinciaux!  Une première expérience avait été tentée cette saison avec Rêve d’automne de Jon Fosse où la durée de l’exploitation avait été augmentée et où 60% des  30.000 places avaient pu être mises en vente directe.
Emmanuel Demarcy-Motta a insisté aussi et  à plusieurs reprises, sur le souci de réflexion qui animait toute son équipe sur le rapport avec le public qu’un théâtre de cette envergure devait avoir, notamment avec un « Parcours Enfance et Jeunesse », inventé avec d’autres théâtres partenaires comme le Centquatre, le Théâtre Monfort, La Gaieté lyrique, le Grand Parquet et le Théâtre de la Cité Internationale. Ce parcours concerne aussi bien des spectacles  comme ceux de Melquiot, ou de James Thierrée que les marionnettes du Rajastan.  » Nous avons eu aussi la volonté d’inviter des spectacles en langue étrangère, ce qui n’avait pas été fait depuis 85 ; ce  que nous avons  de nouveau pratiqué depuis deux ans, grâce aux liens que nous avons pu tisser  avec des grands théâtres comme le Berliner Ensemble et Bob Wilson; et des artistes comme Guy Cassiers, Claus Peyman entre autres, a précisé aussi Emmanuel Demarcy-Motta.
Et, effectivement, quoi qu’il puisse se passer à l’Odéon, Paris se devait vraiment d’accueillir davantage de productions étrangères: c’est toujours un signe fort dans le spectacle contemporain et un gage de bonne santé pour les théâtres qui les reçoivent..  Défendre les maîtres du passé même quand ils ne sont plus là, comme Pina bausch, parait aussi une chose excellente:
C’est bien aussi que  soit accueillie la fameuse pièce Ein Stück de Pina Bausch en avril 2012. Trois ans presque après son décès brutal, ce sera un bel hommage et une occasion de monter son travail à ceux qui n’ont jamais pu le découvrir. Comme deux programmes consacrés à  Merce Cunningham disparu presque en même temps qu’elle. Ce serait aussi dire publiquement que la constitution d’un répertoire contemporain, est à terme, incontournable. Après tout, pourquoi la Comédie-Française ne monterait-elle pas un jour La Classe morte de Tadeusz Kantor? ou Le Regard du sourd de Bob Wilson? Il y faudrait sans doute pas mal d’imagination mais pourquoi non?
 On ne peut tout détailler de cette programmation mais seulement signaler les temps forts. Pour Marthaler, on verra bien mais on peut seulement espérer qu’il ne nous resservira pas une petite soupe comme celle du dernier Festival d’Avignon..  Mais il y a aussi et surtout la Lulu de Bob Wilson avec le Berliner qui ne manquera sûrement pas d’intérêt comme Cœur ténébreux d’après Conrad de Guy Cassiers, ou Simplement compliqué de Thomas Bernhard, mise en scène par Klaus Peyman. Et on retrouvera cette pièce formidable qu’est Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac mise en scène par Emmanuel Demarcy-Motta.IL y a aura aussi une création de Big and small de Botho Strauss que l’on a moins joué ces dernières années par Luc Bondy avec Cate Blanchett et la Sydney Theater Company. Et c’est bien que le Théâtre de la Ville accueille La vie brève, mise en scène de Jeanne Candel ( voir le Théâtre du Blog) qui avait été  salué comme un bel espoir l’an passé au Théâtre de la Cité universitaire.
Bref, une saison exemplaire, riche en théâtre comme en danse,: il y a aura ainsi 27 créations  au total,avec l’ouverture à plusieurs jeunes compagnies, mais aussi un beau programmes en musiques du monde -dont une journée pakistanaise-dont le Théâtre de la Ville s’est fait une spécialité. Que demande le peuple?

Philippe du Vignal

Marcel Proust « entre intimité et mondanités »

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Marcel Proust « entre intimité et mondanités »

 

Près des jardins où jouait Marcel Proust enfant,  une lecture des extraits de sa correspondance et de passages d’ À la recherche du temps perdu.Et de lettres de Marcel Proust à sa mère, à ses nombreux amis, à des artistes et écrivains de son époque. Cette lecture nous permettra de découvrir un Marcel Proust sans masque, authentique et sincère, mais aussi un parfait mondain, portraitiste d’une grande intelligence et d’un immense humour. Avec Bernadette Lafont, Claire Nebout, Michel Fau et Xavier Gallais

Espace Pierre Cardin ddimanche 29 mai à 19h30.Entrée libre mais réservation indispensable aux éditions Thélème: reservation@editionstheleme.com ou T:  01 43 29 09 64. 

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