Tsunami et demain

Théâtre du Rond-Point

 

 

Soirée exceptionnelle :

 

« Tsunami et demain..

 

lundi 11 avril à 20h

 

 

Des artistes français

et japonais en soutien aux


sinistrés du tsunami

 

 

avec la participation de Jane Birkin, Jun Miyake, Camille, Pierre Barouh,

Nicole Croisille, Francis Lai, Maïa Barouh, La Caravane passe, Salvatore Adamo, Sanseverino, Sublime,

Les Guignols de l’info... et de nombreuses personnalités.


Musique, lecture de Haïku en français et en japonais, vidéo (programmation musicale et artistique en cours)


Le Japon est aujourd’hui touché par une crise humanitaire gigantesque. Les besoins sont énormes et, par nos dons, nous pouvons faire beaucoup.
L’ampleur du cataclysme auquel il doit faire face aujourd’hui est telle qu’une aide d’urgence est impérative. Le Nord-Est du Japon abrite une population rurale, modeste, et souvent âgée. Les sinistrés ont tout perdu, ils survivent dans des abris de fortune et manquent de vivres, d’eau, d’essence, et d’accès aux médicaments. La réalité va au-delà des images qui nous parviennent.

 

L’attraction culturelle entre la France et le Japon existe depuis longtemps et elle est toujours aussi vivante. Chaque année, nombre d’artistes français de toutes disciplines vont se produire avec succès au Japon. 23 000 japonais vivent aujourd’hui en France. Ils sont dans l’angoisse et la frustration de ne pas pouvoir être auprès de leurs proches.
Cette soirée est aussi pour eux.
Elle est est organisée à l’initiative de Maïa Barouh et Guillaume Diamant-Berger, avec le soutien de Jean-Michel Ribes et du Théâtre du Rond-Point.
Le prix de la place est fixé à 35 euros et 350 euros en tarif soutien.
Le bénéfice des ventes de billets sera entièrement reversé aux organismes humanitaires déjà sur le terrain : la Croix Rouge et l’association « Kokkyô naki Kodomo » (KnK = Enfants sans frontières).

Réservations au : 01 44 95 98 21 ou sur www.theatredurondpoint.fr


Archives pour la catégorie actualites

Gérard Conio: deux nouveaux livres


gerardconio.jpgGérard Conio, professeur émérite de l’Université de Nancy, est co-directeur de la collection des Classiques slaves aux éditons de L’Age d’Homme. Il a longtemps vécu en Pologne et en Russie, pays dont il a traduit et contribué à faire connaître de nombreux écrivains et artistes… Il collabore au Théâtre du Blog.
« Ces livres, dit Gérard Conio, ont été conçus comme un triptyque qui retrace les trois grandes étapes du constructivisme russe, dans un mouvement de dépassement permanent. Après l’adieu à la peinture, proclamé en 1921, dans l’exposition dite du « dernier tableau « , les artistes qui avaient adhéré à ce courant ont cherché à surmonter « le mur aveugle et nu « de la forme pure pour retrouver le sens de l’art dans « la construction de la vie « .
Mais on ne saurait comprendre cette évolution sans la replacer dans son contexte historique. J’ai donc intégré des textes théoriques de Taraboukine, Axionov et Eisenstein, dans un récit qui les met en situation. Quand la peinture sort du tableau pour féconder la scène, quand le théâtre sort de la scène pour reprendre vie sur l’écran, un même processus de métamorphose aspire à fondre chaque mode d’expression dans »une synthèse des arts » qui se nourrit de  transfusions successives d’un même principe créateur.
La peinture renaît alors dans un théâtre d’essence plastique qui se dépassera à son tour dans la  « dramaturgie de la forme cinématographique « . J’ai voulu porter sur cette époque un regard rétrospectif à partir des problèmes qui se posent plus que jamais aux artistes soucieux de vérité. »
Sont donc publiés en annexe ses entretiens avec Marc Konik, peintre et designer, qui a dirigé pendant les trente dernières années de l’Union soviétique un groupe de recherche dont les travaux sur la reconstruction du milieu urbain s’inscrivaient dans la droite ligne de cet  » art de gauche » dont le projet est « toujours vivant, puisque toujours inachevé ».
Quant à son autre livre,
  Kazimir Malévitch, Le Suprématisme, on sait que le peintre, dessinateur et écrivain russe (1878-1935), fut le chef de file de ce courant .Son célébrissime  Carré blanc sur fond blanc  (1919) constitue l’un des moments clés de l’histoire de l’art du XXe siècle. Malévitch a  aussi développé la théorie de son art et en cela , il est aussi  essentiel.
Et Le monde sans-objet, écrit au début des années 1920, a connu un destin difficile; la première édition complète, mais  en allemand, est  de 1962. Mais et celle également complète, en  russe ,n’a lieu qu’au début des années 2000!  En français, des extraits de la seconde partie ont été publiés en 1995 puis en 2002.   Ce que l’Age d’Homme édite aujourd’hui est en fait la première traduction complète de l’ouvrage.  Mais c’est  un livre touffu. Et , plutôt que de mettre sur pied un appareil de notes qui le rendrait difficilement lisible, Gérard Conio l’a fait précéder d’une introduction substantielle, où il présente  l’oeuvre et la pensée de
Malévitch, qu’il  met en situation dans l’histoire tragique de la Russie des années 1920.

Philippe du Vignal

Dépassements constructivistes. Taraboukine-Axionov-Eisenstein, Lausanne, L’Age d’Homme, Slavica , 2011. 400 pages. 33 euros.
Kazimir Malévitch, Le suprématisme. Le monde sans-objet ou le repos éternel, traduit du russe et présenté par Gérard Conio, Gollion, In Folio, 2011. 496 pages. 29 euros.Le 6 avril  (18h-20h), les éditions  de l’Age d’homme fêteront la parution de ces deux nouveaux livres dans le cadre des  mercredis de la rue Férou , Librairie L’Age d’Homme, 5 rue Férou, 7500 Paris 

 

Les Estivants de Gorki, mise en scène d’Eric Lacascade.

Signalons que ce très bon  spectacle joué l’an dernier au Théâtre des Gémeaux à Sceaux ( voir l’article de  Barbara Petit du 10 mars 2010) est repris au Théâtre de  Sartrouville et des Yvelines, les 17, 18 et 19 mars.

Ph. du V.


L’Usine de films amateur

  L’Usine de films amateur, concept et réalisation de Michel Gondry

  C’est à une expérience hors du commun que nous invite Michel Gondry. Après le public de New York et  de  Sao-Paulo, les Parisiens peuvent participer, au centre Pompidou, à son usine de film amateur. Son métier, Michel Gondry le considère comme un « hobby rémunéré » et il regrette que le milieu du cinéma fermé « s’auto-emploie ».  Il a eu, avec cette initiative, la volonté de décloisonner cet univers et de  permettre à un public amateur de créer un film dans un temps limité de  trois heures, avec de bonnes conditions techniques et de « prendre plaisir à voir ensuite le film qu’il a tourné lui même ». Le même esprit règne  Soyez sympas, rembobinez, où les personnages s’improvisaient cinéastes  pour recréer des scènes de leurs films préférés. Dans cette production ( 2008),  le réalisateur avait réuni des artistes professionnels et  des amateurs du New Jersey.
«  Cette utopie de système autonome, j’ai eu l’opportunité de la concrétiser dans le cadre fictionnel avec ce film. J’ai ensuite voulu passer à la réalité. Le protocole que les gens suivent est conçu pour favoriser la créativité et le système garantit que chacun des participants puisse prendre la parole ». Grâce à une organisation  temporelle rigoureuse, l’utopie prend forme. Le décorateur, Stephane Rosenbaum, a conçu dans l’aile Sud du centre Pompidou une quinzaine de décors génériques :un cabinet de médecin, une chapelle, l’intérieur d’un wagon de RER, un terrain vague etc…«  Les décors et accessoires sont adaptés au contexte avec Paris en arrière-plan, car la structure de verre du Centre Pompidou nous permet d’ouvrir les décors sur la ville ».
Mais le principe de l’usine de films amateur fonctionne aussi en décors naturels,  Michel Gondry en a fait l’expérience en banlieue Nord  de Paris,dans la Cité des Dauphinés. Nous avons eu le privilège de suivre cette expérience comme acteur, et de participer à la création d’un film de 8 minutes. Un film certes amateur, mais cohérent avec un thème : un western musical, un titre: Pan ! Pan !Pan !Pan! enfin un scénario :la classique opposition entre des hors-la-loi et un groupe de shérifs mais ici déstructurée car  ils ont tous un goût commun pour la musique. Il a aussi un découpage précis des scènes et la participation effective de 20 personnes dont deux enfants.
Dans le premier atelier de 45 minutes , le groupe choisit le cadreur qui a une grande responsabilité  puisqu’il  n’y a pas de possibilités de montage, et que le film doit  donc être tourné dans l’ordre des scènes. Le choix du thème ,du titre et des séquences se fait à main levée, à la majorité. Dans le deuxième atelier, le scénario est mis au point et le groupe choisit les costumes, les accessoires et les décors.
Puis on tourne  le film  en une heure environ. C’est un travail d’équipe  et sans leader. A la fin de la séance, le cadreur reçoit un DVD du film qu’il montre au groupe. Le centre Pompidou garde l’autre DVD qui est diffusé au public qui visite l’exposition. Comme le souligne le réalisateur, cette expérience humaine permet à chacun de « prolonger cet état créatif que nous avons enfant et qui se perd à l’âge adulte ». Elle permet aussi de tester dans un temps limité une micro-démocratie utopique au service du ludique..
Sur Internet, est née une grande clameur numérique: les heureux participants et les  candidats
se sont unis  pour que l’on ne ferme pas l’usine.
Bientôt, on va voir  des manifestations devant Pomidou ! Mais  cette « usine » est  une invention artistique de Michel Gondry et, pour qu’elle soit belle, il faut évidemment qu’elle reste  éphémère...

  Jean Couturier

Prolongée jusqu’au 18 avril. Galerie Sud  du Centre Georges Pompidou; la visite du site de l’usine est libre, et  la participation à la fabrique de films se fait sur réservation internet: réservation close, mais à chaque séance ,quelques places,  sont disponibles.
Une « carte blanche » permet aussi de voir  jusqu’au 13 mars les films et clips de Michel Gondry,  et un choix de ses films cultes préférés.

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DIAGHILEV, l’âge d’or des ballets russes

DIAGHILEV, l’âge d’or des ballets russes 1909-1929

 

« Cet ogre, ce monstre sacré…ce prince russe qui ne supportait de vivre que pour susciter des merveilles ». C’est ainsi que Jean Cocteau résume  une personnalité et un génie hors du commun.

photo3.jpgLa plus grande exposition sur Diaghilev s’est tenue à Londres au musée Victoria and Albert. Celle-ci est divisée en six parties:  nous oublions que nous sommes dans un musée. Lumières tamisées, murs  noirs: chaque vitrine, chaque costume, croquis ou affiche se détachent  bien, un peu comme s’ils étaient en relief. Projections et vidéos animent ce lieu et l’univers de la danse devient alors international grâce à Diaghilev.
L’exposition commence par une statue de Degas « Préparation à la danse, «  puis on découvre les costumes du « Lac des cygnes » et des ballets de Saint-Pétersbourg. Ensuite : première saison de 1909 à 1914 , les Ballets russes arrivent au Théâtre de Châtelet: les affiches (avec les mots  saison russe inscrit en gras! ); les costumes de Tamara Karsavina pour jouer Salomé, la musique d’Igor Stravinsky en 1913 avec « Le sacre du printemps » et le chorégraphe Michel Fokine qui a marqué cette période à jamais. Des Arlequins blancs se détachent sur des panneaux noirs  et un jeu de petits spots tournants nous entraînent dans cet univers qui ressemble à un ballet.
Vaslav Ninjisky (1889-1950) est représenté par une sculpture rare entourée de dessins : peintures et accessoires de ce danseur incomparable sont exposés ainsi que ses costumes du Spectre de la rose  que l’on peut admirer à travers une vitrine. On voit sur un portrait émouvant  du grand danseur, les signes de la schizophrénie qui seront fatals à sa carrière.
La troisième partie est consacrée à la création des Ballets russes:, comme un manuscrit, des dessins et une vidéo du Spectre de la rose et  à  leur remarquable influence à Berlin, à Paris ou à New-York. Des notes de la danseuse Lydia Sokolova, une maquette d’un théâtre du Palais d’argent, et surtout les illustrations des ballets par Picasso (1924 au Théâtre des Champs-Elysées illustrent bien l’expression de cette réussite.
Les années de la guerre 14-18 ont failli détruire l’œuvre de Diaghilev mais celui-ci  réussit  à faire vivre les Ballets russes: comme le montre une projection  où nous pouvons admirer les costumes de Léonide Massine pour « Soleil de nuit« .
Les Ballets russes en 1920: les costumes de Léonide Massine ont remplacé ceux de  Ninjisky; nous assistons aux cours d’Enricco Cecchetti à Londres et de Richard Alston. qui avaient pu être filmés Avec en fond musical, la musique de Stravinsky. La dernière salle rassemble des croquis de Picasso, des peintures, et des vidéos où des danseurs évoluent  sur des murs face à face.
L’idée de « production »  était née avec Diaghilev, la notion d’agent aussi. Il est mort à Venise, en 1929 à 59 ans,  et les Ballets russes ne lui auront pas survécu mais son influence aura bouleversé la danse du XXème siècle et c’est encore un exemple remarquable , presque cent ans après, pour de nombreux artistes…

Nathalie Markovics

 

A lire: Diaghilèv and the golden age of the ballets russes  1909-1929, inspiré de l’exposition de Londres au Victoria and Albert museum.

Un fil à la patte

fil.jpg

 Un fil à la patte de Georges Feydeau, mise en scène par Jérôme Deschamps et interprétée par la troupe de la Comédie-Française, (voir article du Théâtre du Blog de décembre 2010), captée en direct depuis la salle Richelieu, sera diffusée mardi 22 février à 20h 35 sur France 2.
L’occasion n’est pas si fréquente, alors, profitez-en , d’autant plus que la mise en scène, même très classique, est vraiment réussie, et il y a,  en plus, Christian Hecq  dans Bouzin, ce qui mériterait déjà le déplacement… Donc, on ne vous le redira pas trois fois. Même si vous n’êtes pas dans la salle mais devant votre écran magique bien au chaud ;de toute façon,  il n’y a plus de places jusqu’en juin. La comédie de Feydeau était entrée au répertoire en 1951 dans une mise en scène de Jacques Charon.

Ph. du V.

La Voix du danseur dans tous ses états.

La Voix du danseur dans tous ses états.

 Comme le remarque Dominique Dupuy, on peut retrouver la parole des danseurs et chorégraphes dans différents documents ( les  archives de l’INA) notamment audio ou audiovisuels. Mais cette parole reste muette, peu diffusée, moins que celle d’autres artistes. Et pourtant qui n’ a pas eu envie d’écouter la voix si particulière de Serge Lifar,  de Martha Graham, etc… Qui sont,  comme le dit Claude Sorin,  » autant de traces de convictions où s’appuient leurs gestes chorégraphiques ». Cependant elle existe, elle étonne ceux qui l’entendent, elle renseigne ceux qui s’intéressent de près à la danse.
Mais c’est vrai aussi qu’elle a  été et demeure souvent partenaire dans tous les domaines de la création contemporaine, y compris bien entendu le théâtre qui s’est beaucoup rapproché de la danse dans les années 60, en particulier avec Eugenio Barba, Grotowski,Le Théâtre laboratoire Vicinal de Bruxelles, etc..
Une journée  d’étude sera consacrée, le  13 février prochain, à ces » paroles en action », initiée et animée par Dominique Dupuy , et ARCADI, avec , entre autres: Emmanuelle Hynh, Blandine Masson, Joëlle Vellet, Claude Sorin,Claude Rabant….
Cette rencontre sera ponctuée de diffusions d’archives sonores et visuelles que l’on n’a pas la chance d’entendre ni de voir si souvent.

 Ph. du V.

 L’entrée est libre sur réservation obligatoire sur www.arcadi.fr
Fondation Biermans-Lapôtre,  Cité Internationale de de Paris 9 A Bd Jourdan 75014 Paris ( Entrée fléchée par le 17 Bd Jourdan).

David Bradby

David Bradby

rachelandersonanddavidbradby.jpg David Bradby  est mort ce mois-ci. Né en 1942, il avait consacré toute sa vie à l’étude du théâtre français contemporain et  beaucoup œuvré  pour le faire connaître  en Grande-Bretagne.  Comme  beaucoup d’entre nous, il a mené en parallèle un travail de professeur, de critique  et  d’ historien du théâtre.  Professeur à l’université de Canterbury, il y avait fondé le département théâtre en 1970, puis dans les années 1980, il a enseigné à Caen ,invité par Robert Abirached,  et, de 1988 à 2007, a  été directeur du département théâtre à Royal Holloway, à l’université de Londres.
Il connaissait très  bien l’œuvre de Vinaver et de Koltès,  qu’il a traduite en anglais. Et  il était  resté fidèle à sa passion de jeunesse : Adamov , auquel il avait consacré sa thèse, puis de nombreuses études, notamment  une introduction à son  théâtre radiophonique dans un numéro spécial de La nouvelle critique   (1973); il   avait organisé plusieurs colloques Adamov et  était impatient de découvrir  Les retrouvailles  que va bientôt mettre en scène Gabriel Garran. Critique, il rendait compte  de l’actualité du  théâtre français dans le Times .  Historien du théâtre,  il a publié une étude  minutieuse sur le Théâtre et la guerre d‘Algérie : « Images  de la guerre d’Algérie sur la scène française », dans  Théâtre/public », n° 123 (mai-juin 1995).  Parmi  ses ouvrages : People’s theatre  (avec John Mc Cormick) : sur le théâtre populaire en Europe depuis 100 ans (Ed Croom Helm, 1978).  Director’s Theatre  (avec David Williams) (Ed Macmillan, 1988). « Le théâtre français 1940-1980″ (Presses universitaires de Lille, 1990). The theatre of Michel Vinaver   1993. Mise en scène  French theatre now  (avec Annie Sparks) (Methuen drama, 1997). Enfin  le point d’orgue  de sa vie :  Le théâtre en France de 1968 à 2000 , en collaboration avec Annabel Poincheval;  Honoré Champion ,  2007. 752 pages.
Il était marié à la romancière Rachel Anderson, auteur  notamment  de  L’orphelin de guerre -hélas, non  traduit en  français – qui raconte l’histoire d’un enfant vietnamien dont les parents ont été tués par l’armée américaine, et placé dans un orphelinat.  Roman  inspiré de la vie  de Chang, que Rachel et David avaient  adopté. Depuis quarante ans, David Bradby  faisait le pont entre le théâtre français et les Iles britanniques. Il y était  notre propagandiste, et ici,  il nous faisait bénéficier de sa passion, de sa compétence, de son « regard éloigné »  si bienveillant, si précieux…

René Gaudy

Claire Lasne-Darcueil quitte la direction du Centre dramatique de Poitou-Charentes.

Claire Lasne-Darcueil quitte la direction du Centre dramatique de Poitou-Charentes.

   Cela fait plus de dix ans que Claire Lasne-Darcueil avait pris en main ce centre dramatique basé à Poitiers mais  elle avait réussi à étendre son action dans toute la région; elle va maintenant  diriger la Maison du comédien, maison que Maria Casarès avait léguée au petit village d’Alloue.
 Et c’est Yves Beaunesne qui lui succèdera en janvier prochain. Non sans quelques difficultés à prévoir avec l’équipe actuelle du centre dramatique, dans la mesure où, effectivement, on ne voit pas très bien Yves Beaunesne poursuivre la politique de Claire Lasne-Darcueil , attachée, elle,  à un travail de terrain. Alors que le nouveau directeur, qui est plutôt un bon metteur en scène,  a des projets artistiques un peu partout, mais pas nécessairement en Poitou-Charentes.
Reste à savoir si cette nomination, attendue  par le microcosme théâtral français , semble avoir bien avoir été décidée par le Ministre lui-même. .. Il y avait d’autre prétendants à cette succession comme Véronique Bellegarde, par exemple mais, en fin de compte, on a  l’impression une fois de plus – et cela ne date pas d’hier-que tout se fait selon un esprit de cour qui n’ a pas grand chose à voir avec les règles démocratiques.
 Les coups tordus et le manque de transparence des décisions  de la DGCA  direction générale de la création artistique( ex DMDTS), on les connaît depuis longtemps, et parmi les exemples récents:  l’éviction en dernière minute (malgré les dénégations d’un des Inspecteurs) de Guy Freixe pourtant choisi par une commission,  pour diriger le Centre Dramatique de Vire, puis la lamentable OPA de la Comédie-Française sur la MC 93 de Bobigny, sans même que son directeur Patrick Sommier en ait été averti… Les Comédiens français  s’étaient réveillés et avaient quand même trouvé un peu gros, le coup préparé par Muriel Mayette et la maire de Bobigny , en collaboration  avec le cabinet de la  Ministre. Devant  leur indignation, et celle de la profession comme du public de Bobigny, la Ministre de l’époque avait donc  rétropédalé en vitesse  avec des explications des plus confuses, et s’était empressée d’étouffer l’affaire. Depuis, bien entendu, le dossier  a  été « classé » comme on dit pudiquement.
  Il y a aussi- c’était en décembre 2009- la nomination de Jean-Marie Besset à le tête du Centre Dramatique de Montpellier qui avait  fait pas mal de vagues. Alors que la candidature de Georges Lavaudant (qui n’est quand même pas n’importe qui dans le paysage théâtral français! ) était soutenu par la Région Midi-Pyrénées. Lettres ouvertes au ministre, protestation du Syndeac qui parlait de « procédure simplifiée, précipitée et et inéquitable »,  et d’une partie des autres directeurs de centres dramatiques: rien n’y avait fait et Frédéric Mitterrand n’était pas revenu sur sa décision.
Décision d’autant plus curieuse – et c’était sûrement une coïncidence-que  le directeur adjoint de Besset n’est autre  que Gilbert Desveaux qui dirigea  à Tripoli les grandes fêtes en l’honneur des quarante ans de pouvoir de Kadhafi…Comme si la  décision  de Fredo, grand ami de la Carlita, ne ne lui avait pas complètement appartenu!
  Mais non, du Vignal, vous êtes complètement parano!
Il y a eu depuis  l’annonce discrète par la DGCA que la troupe du Puddding succèderait à celle du Théâtre de l’Unité à Audincourt. Là aussi, bien entendu sans concertation des intéressés. Petite cerise sur le pudding: on ne voit pas du tout de quoi se mêle la DGCA, puisque Audincourt est un lieu municipal! Cela n’a pas l’air de bouleverser Jacques Livchine, directeur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité. Avec son pessimisme optimiste, il reste d’une lucidité dont le Ministère de la Culture  pourrait prendre de la graine:  » Mais rien ne se passe comme prévu, écrit-il , le 10 septembre 2001, qui aurait pu prévoir que cela allait péter le lendemain ».
En fait,  c’est tout le système des nominations qui manque singulièrement de transparence qui devrait être revu. Mais à partir du moment où l’Etat participe ua financement des centres dramatiques à hauteur de 50%, toutes les dérives sont permises En d’autres termes, faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais… Il serait bon que Frédéric Mitterrand veuille bien prendre la parole et s’explique mais il semble, de ce côté-là,  aussi  avare
de conférences de presse que notre cher Président de la République, … Bien entendu, nous vous tiendrons au courant.

Philippe du Vignal

Jacqueline de Romilly.

jacquelinederomilly1.jpg En guise d’hommage à Jacqueline de Romilly.

C’est sans doute la dernière de nos  profs de  Sorbonne à nous avoir quittés. Nous la remercions simplement et  du fond du cœur pour ce qu’elle nous aura apporté.
Sans elle, la pensée de la Grèce antique ne serait pas ce qu’elle est . Comme nous ne sommes pas très forts pour les hommages,  nous préférons dédier ces quelques lignes d’elle où elle parle du théâtre grec à tous nos lecteurs.

Philippe du Vignal

 

 » La liberté de s’exprimer est revendiquée par Athènes pour la vie courante. Euripide le dit: « Le faible peut répondre à l’insulte du fort ». Ceci relève, on l’a vu, de la fameuse liberté de parole, ou « parrhésia« , qui se manifeste avant tout à l’Assemblée; mais cette liberté s’étend aussi au-delà. C’est même la seule liberté particulière dont se targue la démocratie athénienne. Elle est,  en fait,  sentie comme le privilège du citoyen, et comme le premier bien que l’on perd en exil. dans les Phéniciennes du même Euripide, Jocaste demande à son fils ce qui lui semble être le plus pénible pour l’exilé; la réponse est alors donnée sans hésitation:  » De tout, le pire est qu’il n’ a pas la liberté de parole »; et Jocaste:  » C’est le fait d’un esclave, que de ne pas dire ce que l’on pense ». ( 391-392)
Dans le cas des œuvres en général et du théâtre en particulier, cette liberté de parole confine à ce qui serait pour nous la liberté de la presse. Or celle-ci existait, à un point rare, dans la comédie. car Aristophane attaque tout: la démocratie, les juges, la politique extérieure, les individus. Et le fait que l’on a là un premier incident relatif à la liberté. Aristophane, en effet, ne cessait d’attaquer le démagogue Célon, avec une extrême violence, il déclare bientôt que sa soumission n’était qu’apparente; et il recommence ses coups de griffe. Sans texte et sans règle, la liberté d’expression se marquait donc dans les faits.

 

La Grèce antique à la découverte de la liberté. Editions de Fallois

PHILIPPE AVRON

 PHILIPPE AVRON

20080121philippeavronmonamiroger.jpg   Nous avions par hasard eu le bonheur d’assister à la dernière représentation de Philippe Avron, artiste d’exception, humaniste amoureux de la poésie comme il en existe si peu, le 20 juillet 2010 au Théâtre des Halles d’Avignon.
Jean-Gabriel Carasso, vieux compagnon de route qui a filmé ses derniers instants sur scène*, a organisé avec ses amis, une émouvante soirée au Théâtre du Soleil qui nous a reçus avec une simple munificence.
« Montaigne a dit : tous les jours mènent à la mort, le dernier y arrive”.      Philippe Avron nous promène dans ses amours littéraires, dans son enfance auprès de son grand-père sur la plage de Calais, nous parle de son père qui lui avait laissé pour tout héritage ce volume de Montaigne qu’il tient en main.
Fragile, fatigué, émouvant, parfois malicieux, ce  très grand et  très bel acteur était une personne généreuse qui se donnait sans compter au public qui se pressait aux portes. Philippe Avron ,après le jour de relâche prévu le lendemain, n’avait  pu jouer la semaine suivante.  Mort quelques jours plus tard , il  a été enterré dans le Vexin, auprès de Jacques Lecoq, son grand ami.

Plusieurs centaines de personnes étaient arrivées dans la grande nef du Théâtre du Soleil et l’ on y croisait  des compagnons de route:  Sonia Debauvais, Roland Monod, Jacques Téphany, Jean Digne, Bernard Grosjean, Catherine Tasca et bien d’autres. Après un  apéritif, on nous convie à l’intérieur du théâtre pour voir un montage de photos collectées par Carasso. On peut ainsi embrasser toute la carrière de Philippe Avron depuis  ses débuts avec Jean Vilar  (L’avare et L’Alcalde de Zalamea entre autres) et  Le Cercle de craie caucasien et Dom Juan avec Benno Besson (qui le distribua dans le rôle titre puis dans Sganarelle ).
Il y avait aussi ses inénarrables duos avec Claude Évrard, puis tous ses solos de Dom Juan 2000 (que j’avais invité au Théâtre 71 pour un cachet bien modeste ; il se donnait sans compter, avec un vrai plaisir dans les animations scolaires), jusqu’à cette ultime représentation d’Avignon.
Puis il y eut un film sur un numéro de trapèze exécuté en 1969 pour le Gala de l’Union, par un tout jeune Philippe, comme toujours malicieux et souriant, mais pas très rassuré, sans filet avec sa jolie partenaire. À la sortie, on nous a distribué un joli petit livret conçu par Philippe Avron en juillet 1997, Le comédien et ses métamorphoses illustré par la Maison Jean Vilar.  Il  était encore  parmi nous .

Edith Rappoport

Théâtre du Soleil

*Le savoureux livret du spectacle est en vente en tapuscrit et  Jean-Gabriel Carasso prépare un DVD. »

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