Un Centre Dramatique National à Manufacture des Œillets

Inauguration d’un Centre Dramatique National à la Manufacture des Œillets à Ivry

 10 décembre 2016 ! Après  une quinzaine d’années  de négociations, à Ivry-sur-Seine,commune de 59.000 habitants du Val-de-Marne qui fait maintenant partie du Grand Paris, a été enfin installé un Centre Dramatique National, dans une des dernières banlieues avec Malakoff, encore «rouge ».

En 1972, Antoine Vitez s’était installé à Ivry dans une petite salle, le Studio Ledru-Rollin. Il y développera, à un haut niveau, une démarche pédagogique et de création, dans les quartiers, qu’il poursuivra ensuite à Nanterre, avant qu’il ne prenne la direction du Théâtre National de Chaillot, puis de la Comédie- Française. Philippe Adrien lui succèdera à Ivry,  puis Catherine Dasté où pendant sept ans, elle développera aussi une intense activité pédagogique : huit ateliers pour enfants et adolescents, et cinq pour adultes.

 972840-la-manufacture-des-oeillets-a-ivry-sur-seine-pres-de-paris-se-mue-en-theatreAdel Hakim et Élisabeth Chailloux les actuels directeurs qui s’investissent eux aussi beaucoup dans  l’enseignement, s’installent  en 1984 dans les bâtiments existants au Studio qu’ils viennent de quitter et au Théâtre Antoine Vitez qu’ils occupent ponctuellement. La lutte engagée pour aménager  cette Manufacture des Oeillets durera une quinzaine d’années, après de multiples réunions avec la commune d’Ivry, la Région et l’Etat.Autrefois usine de fabrication d’œillets, ce magnifique espace permet à Patrice Chéreau d’y créer en 1998, avec les élèves du Conservatoire, des fragments d’Henry VI et Richard III de William Shakespeare .

Entièrement réaménagé, il rassemblera maintenant sous le même toit les activités de la compagnie:  une pédagogie toujours intense et des créations avec une dominante internationale,  Adel Hakim collaborant régulièrement avec le Théâtre National Palestinien. Élisabeth Chailloux elle  se consacrant à un répertoire plus classique. A l’occasion de ces deux jours ouverts au public, on a pu entendre et voir: d’abord une lecture du texte de Jack London Ce que la vie signifie pour moi par Stanislas Nordey, un concert du Trio Joubran, un cabaret Levin et  L’impromptu d’Ivry, joué par les comédiens amateurs de l’Atelier Théâtral.

Ce nouveau lieu comprend: la Fabrique, un espace modulable de 397 places, le Lanterneau, une salle de répétition et de spectacle de 80 places, l’Atelier qui abrite l’École de théâtre, et la grande Halle pour l’accueil du public, avec bar et librairie. Voisin du Centre d’Art Contemporain d’Ivry et de l’École Supérieure des arts graphiques, ce Centre Dramatique National accueille pour la saison 2016/17, une dizaine de spectacles  pour  la moitié, créés par des metteuses en scène: Julie Timmerman (voir Le Théâtre du Blog), Anne Théron, Blandine Savetier, Élisabeth Chailloux, Maïa Sandoz !

Edith Rappoport

 www.theatre-quartiers-ivry.com

 


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Vanavara, spectacle de la 28ème promotion

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Vanavara, spectacle de la 28ème promotion du Centre national des arts du cirque à Châlons-en Champagne, mise en scène de Gaston Lévèque, chorégraphie de Marlène Rubinelli-Giordano 

En hors-d’œuvre, Gérard Fasoli, le directeur du Cnac, et les historiens, documentalistes  et techniciens de la BnF qui ont réalisé en commun ce site Internet consacrée à l’histoire du cirque, nous ont présenté la partie déjà réalisée, consacrée à l’acrobatie.
Le Cnac et la BnF disposent en effet de fonds numérisés très importants: le Cnac possède des captations réalisées par son unité audiovisuelle et des documents offerts par des compagnies  et la BnF a elle, un riche patrimoine historique  concernant les arts du cirque…

Ces établissements ont voulu rendre accessibles leurs ressources avec la création d’une anthologie en quatre grands volets: acrobatie, jonglerie et manipulation d’objets, jeu burlesque et art clownesque, et enfin dressage.  Très facile d’accès, ce site regroupe les articles de spécialistes, Philippe Goudard, Jean-Michel Guy, Pascal Jacob et vingt-deux interviews d’artistes mais aussi une très riche iconographie:  peintures, gravures, affiches, photos de spectacles, etc. soit  plus de mille images, 226 extraits de spectacle, et quinze vidéos présentant les techniques de numéros de cirque.

Le premier volet, déjà en ligne, retrace la pratique de l’acrobatie (sauts, équilibres, jeux équestres, puis mobiles et agrès…) depuis Sumer et l’Egypte ancienne. Il y a entre autres, une  représentation d’une pyramide humaine à Florence au 16ème siècle, des gravures (Jacques Callot), affiches, photos, et vidéos. Avec l’appréciable possibilité de zoomer tous les documents!
Le site  concerne à la fois les artistes, chercheurs et étudiants mais aussi le grand public (dont le jeune public et les scolaires), les amateurs, les élèves  et formateurs des écoles de cirque comme les enseignants en théâtre, danse et arts plastiques pour lesquels ce site fonctionne comme un laboratoire d’idées permanent et bien entendu…gratuit. Une vraiment belle réussite. Que demande le peuple ?

Le collectif AOC pluridisplinaire (cirque, danse musique et théâtralité) s’est vu confier la création de ce spectacle de fin d’études qui est toujours un moment capital et émouvant dans la vie de ces jeunes circassiens sortant de cette prestigieuse école. «C’est un aboutissement, dit Gaétan Lévèque, de trois années de formation, avec, à la clé, l’entrée dans la vie professionnelle. Ce fut le cas pour nous, il y a plus de quinze ans, et un souvenir marquant d’une nouvelle vie qui commence. (…) Les contraintes d’un spectacle de fin d’études sont multiples, nous sommes persuadés qu’elles constituent aussi des ressources à exploiter , un terrain de jeu.»

Cela se passe sur la piste de l’ancien et beau cirque XIXème de Chalôns qui abrite le CNAC, avec  quinze jeunes interprètes dans une ou plusieurs disciplines qu’il faut tous citer : Théo Baroukh : sangles, Nora Bouhlala-Chacon : corde, Johan Caussin : acrobatie, Sébastien Davis-Van Gelder et Blanca Franco : main à main, Anahi De Las Cuevas : cerceau aérien, Adalberto Fernandez Torres : contorsion, Clotaire Fouchereau: acro-danse, Löric Fouchereau et Peter Freeman : main à main, Nicolas Fraiseau, Camila Hernandez : mât chinois, Lucie Lastella-Guipet: roue Cyr, Thomas Thanasi trampoline-acrobatie, Marlène Vogele : trapèze ballant. Ils sont français mais aussi étrangers : Espagne, Porto-Rico, Italie, Argentine, Australie, Brésil. Ce qui fait aussi l’originalité de cette école supérieure.

Malgré une scénographie peu convaincante : rochers gris en polystyrène assez laids, et six branches d’arbres plantées sur des supports en fer. Même si «cet univers organique et minéral se trouve polarisé entre deux ancrages : une immuabilité latente et une jeunesse perméable et vivante » dit Gaëtan Lévèque, cela ne fonctionne pas : le tout encombre le plateau et parasite le regard. Dommage ! Cela n’empêche pas et heureusement d’être séduit par la grande qualité des numéros et la  solidarité de ces jeunes artistes.

Il y a d’abord une courte mais belle entrée avec Lucie Lastella-Guipet à la roue Cyr, du nom de son créateur; soit un grand anneau qui sert à se déplacer en le faisant tourner au sol. Simple en apparence… mais qui doit exiger un redoutable travail de concentration et de souplesse.
Il y a aussi de nombreux sauts de tout genre à la trampoline de plusieurs garçons dont un remarquable numéro de l’acrobate Thomas Thanasi qui, après plusieurs sauts périlleux, retombe sur les bras en croix de quatre copains, absolument solidaires  au sol. Sans aucun filet : virtuose et très impressionnant.
Le cerceau aérien, une sorte de trapèze, avec Abahi de Las Cuevas, le numéro de Theo Baroukh suspendu à des sangles, celui de Nicolas Fraiseau et Camila Hernandez, à la fois beau et émouvant : ils s’embrassent enroulés  en haut d’un mât chinois.
Mais aussi des duos de main à main de Sébastien Davis-Vnan Gelder et Blanca Franco, Löric Fouchereau et Peter Freeman qui font tous preuve d’une solide technique.
Signalons, ce qui est des plus rares dans le cirque contemporain et ici très bien réglé : une très jolie chorégraphie de corps rampants qui s’enfuient sous un praticable.

A la fin, moment sublime : sans que l’on ait rien vu de sa rapide montée par un câble, Marlène Vogel, debout sur son trapèze volant, joue très à l’aise de la trompette, puis se balancera avec une grande légèreté. (Elle a heureusement un harnais) et regroupés, tous les autres élèves ont un même regard vers elle. C’est une magnifique image toute fellinienne qui fait pardonner une mise en scène, parfois approximative et encore très brut de décoffrage dont il faudrait d’urgence resserrer les boulons : des longueurs et à-coups dans la présentation des numéros parfois un peu répétitifs, comme les sauts à la trampoline.

Reste le travail de cette promotion qui est au moins d’aussi bonne qualité que celui de leurs prédécesseurs. Ces jeunes gens ont beaucoup appris et savent faire beaucoup de choses, en particulier pour plusieurs d’entre eux, jouer, qui du saxo, qui de la trompette ou de la guitare…
A part ces réserves, c’est un spectacle qui est à voir, si vous voulez découvrir les artistes qui feront sans aucun doute le cirque français de demain…

Gouverner c’est prévoir et le Cnac a réalisé récemment une extension de ses équipements sur  une ancienne friche agricole située à proximité Avec, destiné aux enseignements avec, en particulier, un espace aérien dit « grand volant »  d’une hauteur 13,50 m; ce nouvel  ensemble comprend  aussi treize studios d’accueil d’artistes et d’intervenants, et des espaces pour la conception et de construction d’agrès.

N’en déplaise à Laurent Wauquiez,  président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes qui trouve trop nombreuses les Ecoles de cirque, ce centre de formation  supérieure comme celui-ci et qui accueille autant d’élèves étrangers que français, fait plus pour la réputation et l’avenir de  notre pays, que bien des promesses électorales jamais tenues…

Philippe du Vignal

Centre national des arts du cirque, 1 rue du Cirque 51000 Châlons-en-Champagne, jusqu’au 14 décembre à 19h 30; le 11 à 16h, et les 13 et 15 à 14h30 (scolaires).

Parc de la Villette,  Paris 19ème, du 18 janvier au 12 février. T : 01 40 03 75 75. Le Manège à Reims, les 19 et 20 février. T :  03 26 47 30 40; Cirque-Théâtre d’Elbeuf  (Seine-Maritime) du 17 au 19 mars. T :  02 32 13 10 50.
Théâtre municipal de Charleville-Mézières du 29 au 31 mars. T :  03 24 32 44 50; Centre culturel Agora de Boulazac (Gironde),  du 12 au 14 avril. T:  05 53 35 59 65.

 

 

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Les rencontres de la Théâtrothèque Gaston Baty

 

Les rencontres de la Théâtrothèque Gaston Batyob_98f904_13000099-10153773187108725-69276266403

 

La Théâtrothèque,sise à l’université Paris 3-Sorbonne-Nouvelle, organise des rencontres consacrées au théâtre, tout au long de l’année scolaire. Après un Salut à Michel Corvin, le 15 novembre, où amis, écrivains et anciens étudiants ont évoqué l’érudition et l’écriture incisive de l’auteur d’un fameux Dictionnaire du Théâtre et d’un essai (posthume)La figure dans le tapis (Voir Le Théâtre du Blog), une  Soirée Daniel Mesguich, avec la projection d’un documentaire consacré à sa création d’Hamlet en Chine.
Il y a eu aussi récemment une rencontre-débat autour du théâtre jeune public, en partenariat avec le Théâtre Paris-Villette.

 Céline Hersant, directrice des lieux, a eu l’heureuse idée de programmer ces événements, dans ce fond impressionnant que renferment ces murs, devenus trop exigus pour accueillir de nouvelles donations. Cette ouverture sur l’extérieur est l’occasion de découvrir cet endroit et peut aussi inciter certains à (re)trouver le chemin vers les livres de théâtre. Il y a de quoi faire, quand on est guidé par des professionnels capables d’orienter vos recherches…

 Depuis sa création, la bibliothèque complète progressivement ses collections avec l’achat d’ouvrages patrimoniaux (éditions originales des XVII, XVIII et XIXème siècles, etc.), d’éditions rares, numérotés ou dédicacées. Elle a reçu sous forme de legs, d’importants fonds,  dont celui de Bernard Dort, remarquable critique et universitaire, spécialiste de Bertolt Brecht, ou de Radio-France… Elle collecte aussi des tapuscrits inédits, donnés par les auteurs,  ainsi que des travaux de recherche, (thèses, maîtrises, DEA, masters en théâtre et en cinéma soutenus au sein de l’Université Paris 3,  ou offerts par des chercheurs …

 Mireille Davidovici

 Théâtrothèque Gaston Baty 13 rue Santeuil 75005 Paris 1er étage porte 130 B.
T. 01 45 87 40 59 . tgb@univ-paris3.fr

 

Déclaration de Carthage

 

Déclaration de Carthage, pour la protection des artistes en situation de vulnérabilité

 «Considérant que l’Art est une activité indispensable  permettant à l‘Homme de réaliser ce qui est proprement humain en lui, une puissance de révélation et un pouvoir d’influence, une pratique complexe et multidimensionnelle qui lui offre un champ de possibilités inattendues qui peuvent changer sa perception du monde (…) »,  expose en préambule, cette Déclaration de Carthage portée par un groupe d’artistes, universitaires et militants tunisiens réunis pour défendre les droits des artistes .

 Cette initiative a vu le jour, en novembre 2015 aux Journées Théâtrales de Carthage. Lassaad Jamoussi, le directeur de ce festival explique :«Constatant l’errance des artistes de Syrie, d’Afrique, d’Ukraine et d’ailleurs, il est important que la communauté internationale s’engage à les protéger.»
« Nous vivons dans “la  nuit du monde“, selon les mots de Martin Heidegger, et dans un système capitaliste sauvage,  ajoute Meriam Bousselmi, avocate et dramaturge, qui a contribué avec lui à la rédaction de ce projet ( avec l’universitaire Hamadi Redissià ). L’expression artistique est fabuleuse dans les pays au bord du chaos. Face à  la sauvagerie, c’est elle qui peut ramener à l’humain », c’est pourquoi, l’artiste doit être protégé par la communauté humaine ! Il convient de réfléchir, et non de réagir (…) réfléchir dans un monde de violence et de répression c’est possible en Tunisie. »

Pour Souhayr Belhassen, il  faut  multiplier des statuts spécifiques pour des catégories spécifiques (femmes, enfants, journalistes, etc. ). Bête noire du Président Ben Ali, cette journaliste et militante a dirigé la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH) de 2007 à 2013 et, dans ce contexte, elle a rédigé, en 2012 le courageux Appel des femmes arabes pour la dignité et l’égalité. Cette charte selon elle, jette les bases d’un statut international pour les artistes et s’inscrit en droite ligne de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948.

L‘exception tunisienne, soulignent les trois intellectuels réunis à la table ronde, a jusqu’ici permis de sauvegarder la liberté d’expression et d’élaborer ce projet, au sein de la société civile. Qu’est ce qu’un artiste ? Qui a droit à cette protection ?  Ils répondent : «Est artiste toute personne qui créée et participe à la création ou à la recréation d’une œuvre d’art. La communauté artistique reconnaîtra les siens, et non les distributeurs de cartes qui créent des artistes “officiels“». Dans la charte, cette protection inclut la propriété intellectuelle, telle que l’UNESCO l’a définie.

 Validée par le gouvernement, et signée par nombre de personnalités et institutions du monde de la culture, la Déclaration est actuellement soumise à l’Organisation des Nations Unies en vue d’une reconnaissance internationale. Dans ce sens, des réunions avec des artistes tunisiens et la rapporteuse spécialisée dans les droits culturels, au Conseil des droits de l’homme sont prévues d’ici 2017.

Il faut maintenant d’élaborer une stratégie bien claire, faire un travail national et international  de mobilisation de la société civile dans les différents pays. Pour Souhayr Belhassem, ces démarches passent par l’Europe mais il faut surtout retenir l’attention de personnalités de renommée mondiale comme Wei Wei, artiste chinois, qui sont, à elles seules, de puissants médias.

 Mireille Davidovici

La Déclaration de Carthage pour la protection des artistes en situation de vulnérabilité a été présentée, le 15 octobre à l’Institut des cultures d’islam à Paris, en présence de Lassaad Jamoussi, Meriam Bousselmi et Souhayr Belhassen.

Pour signer en ligne : http://jtcfestival.com.tn/declaration-de-carthage/

Journées Théâtrales de Carthage 2016 du 18 au 26 novembre

Grands Prix de littérature dramatique et de littérature dramatique Jeunesse 2016


Grands Prix de littérature dramatique et de littérature dramatique Jeunesse 2016:

M.ElKhatib© Droits réservésSous l’égide d’ARTCENA, le jury a retenu pour le premier de ces deux prix, Finir en beauté de Mohamed El Khatib, écrivain français de 39 ans, d’origine marocaine. Sa troisième pièce créée au festival Actoral à Marseille en 2014  puis reprise avec succès au festival off d’Avignon, est le récit de la mort de sa mère  en soins palliatifs pour un cancer du foie, à l’hôpital d’Orléans.
Après avoir fait Sciences Po à Rennes, il a commencé une thèse de sociologie puis a été conseiller théâtre et danse à la DRAC de Haute-Normandie.Il est, depuis la rentrée, artiste associé du Théâtre de la Ville; et deux de ses pièces Finir en beauté et Moi Corine Dadat seront joués le mois prochain au Monfort.

papin_nathalie_© Laurence GarcetteNathalie Papin, elle, a reçu le prix de littérature dramatique Jeunesse pour  Léonie et Noélie. Née en 1960, elle a été formée  au Centre des Arts et Techniques du Cirque, puis a écrit son premier récit, Le Tout-Contre en 1995. Elle a ensuite écrit nombre de pièces de théâtre pour enfants comme : Mange-moi, Debout, L’Appel du Pont, Yolé Tam Gué, Le Pays de Rien, Camino, Petites formes, publiés à l’École des loisirs,

La remise de ces prix s’est déroulée au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, dont des élèves, dirigés par Robin Renucci, ont lu des extraits des huit textes  retenus par le jury, dont La Baraque d’Aiat Fayez, Des cow-boys de Sandrine Roche, Et dans le trou de mon cœur, le monde entier de Stanislas Cotton, et Seuls les vivants peuvent mourir d’Aurore Jacob.
Et pour le prix de littérature Jeunesse, Münchhausen?  de Fabrice Melquiot, et Stroboscopie de Sébastien Joanniez.

Philippe du Vignal

ARTCENA , Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre
SignatureMailArtcenaaccueil@artcena.fr www.artcena.fr
68, rue de la Folie Méricourt, 75011 Paris et 134 rue Legendre, 75017 Paris

Finir en beauté est publié par Les Solitaires intempestifs et sera jouée au Monfort, du 8 au 26 novembre à 19h30,  et Moi Corinne Dadat les 18, 19, 25 et 26 novembre à 21h.
Léonie et Noélie est une pièce éditée, comme les autres textes de Nathalie Papin, à L’Ecole des loisirs.

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Yohji Yamamoto, défilé

Yohji Yamamoto, défilé de la semaine de la mode, rentrée 2016.

FullSizeRenderLa couleur noire, constante chez ce créateur de mode, lui est directement inspirée par sa mère, Fumi Yamamoto. Couturière et veuve de guerre, elle a précédé son fils unique au Bunka Fashion College de Tokyo. Né en 1943, il crée sa propre marque en 1971 et montre sa première collection à Paris en 1981. Il entretient un lien intime avec l’image d’une femme mythique, qu’il cherche à protéger du regard des hommes. «Tout ce que les hommes cherchent dans le sexe opposé, c’est un chaud réceptacle mettant leur virilité en valeur, … ils ne supportent pas d’être dépassés et n’aiment qu’eux-mêmes, … Les femmes finissent par chérir l’attendrissante faiblesse des hommes…», écrit-il dans son autobiographie My Dear Bomb. En développant des vêtements unisexes, il réalise un mélange de genres antinomiques. Au croisé de différentes disciplines artistiques, grâce à une collaboration étroite avec les cinéastes Wim Wenders et Takeshi Kitano ou la chorégraphe Pina Bausch, il crée des modèles d’une grande théâtralité.

Dans sa collection femme pour l’hiver 2016- 2017, présentée au Théâtre National de Chaillot on retrouve les constantes de son travail: amplitude des formes, asymétrie des coupes, mixité des tissus utilisés pour chaque veste déstructurée et les incroyables maquillage des mannequins : visages blancs sans expression surmontés d’une mèche noire gominée. De longues silhouettes androgynes, avec une tache de sang noir coagulé sur la veste, côté cœur, déambulent dans le grand foyer du théâtre. Ces costumes fluides, proches de tenues de scène, que l’on pourrait croiser dans un opéra de Wagner dirigé par Bob Wilson, habillent des êtres en noir et blanc, mi-anges, mi-fantômes, venus d’un autre monde, séduisants et dangereux. Pour sa présentation de septembre 2016, à la bourse du commerce de Paris, des créations de couleurs rouge et blanche sont apparues.

Après les costumes créés pour Madame Butterfly à l’Opéra de Lyon en 1990, nous attendons impatiemment que ce discret désigner décide de se tourner de nouveau vers la scène.

Jean Couturier

Défilé de la semaine de la mode femme été 2017 le 30 septembre.


www.yohjiyamamoto.co.jp

 

Issey Miyake, la Semaine de la Mode.

Issey Miyake, défilé pour la Semaine de la Mode.

IMG_8620Souvent spectaculaire, le défilé de ce créateur de soixante dix-huit ans est toujours très attendu . Né à Hiroshima en 1938, il perd sa mère, irradiée, trois ans après l’explosion de la bombe atomique. Après avoir travaillé chez Givenchy et Guy Laroche, Issey Miyake montre sa première collection à New-York, en 1971. Depuis lors, il n’a cessé de surprendre. Alliant tradition et nouvelles technologies, il recherche constamment de nouvelles textures apportant fluidité et légèreté aux vêtements, sans renoncer aux matières ancestrales comme le raphia ou le papier japonais whasi.

Au printemps dernier, au National Art Center de Tokyo, une grande exposition, que nous espérons voir un jour en France, témoignait de son inventivité. Interactive, elle présentait les étapes de son travail de conception, ses influences, et leurs mises en œuvre pratiques. En mai 1968, il disait «vouloir créer des vêtements du quotidien portés par la plupart des gens». Les coûts de production de ses créations l’ont détourné de cet objectif initial! Cependant, tout le monde connait ces vêtements plissés commercialisés sous le nom de Pleats Please, en 1993, Nous savons moins qu’Issey Miyake a créé toutes les tenues de l’équipe lituanienne pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1992. En 1999, le couturier présentait sa dernière propre collection, depuis, ses équipes de créateurs perpétuent son état d’esprit à travers les nouvelles collections qui sont en vente dans cent trente-trois boutiques au Japon et quatre-vingt onze à l’étranger.

Son entrée dans l’univers de la danse remonte à 1980, avec Casta Diva de Maurice Béjart ; il poursuit avec William Forsythe et le ballet de Francfort, en 1991, pour The Loss et The small Details là il se fait remarquer au Théâtre du Châtelet par ses costumes plissés. En 2013, il produit avec son équipe une courte chorégraphie de Daniel Ezralov et des gymnastes. Issey Miyake résume ainsi son itinéraire: «Mon travail est une réflexion au long court sur la manière dont les gens s’habillent, c’est une recherche de techniques et de matières pour concevoir de nouveaux vêtements.» Quelle que soit la période, le mouvement a toujours fait partie intégrante de ses créations. Un mouvement perpétuel qui anime en permanence nos vies : en cela Issey Miyake est d’une grande modernité.

Jean Couturier

Défilé le 30 septembre.

www.isseymiyake.com

 

Esther Louise Dorhout Mees

 

Esther Louise Dorhout Mees, un défilé de couture entre mode et opéra.

IMG_9121En mars dernier, pour sa première venue à la semaine de la mode parisienne, la jeune créatrice néerlandaise avait marqué la mémoire de son public.
Avec un travail qui se situe à la lisière du théâtre et de la mode, elle a créé un univers onirique singulier. La scénographie de ses présentations utilise tous les codes d’une salle de spectacle, et un de ses défilés s’est déroulé dans un théâtre à l’italienne accompagné d’un orchestre classique associé à de nombreux effets lumineux.
Le défilé de mars dans le couvent des Récollets, nous avait  transporté dans le monde d’Ophélie et de ses amies de William Shakespeare. En ouverture, une vidéo qui a reçu de nombreux prix, présentait des jeunes femmes perdues dans une nature envahissante portant les créations de la couturière.
Le défilé se terminait par l’apparition d’Ophélie dans la pénombre, vêtue d’une longue robe de plumes. Ce jour-là, les mannequins rehaussés de cothurnes stylisés, portaient des lentilles noires accentuant leur coté animal, qui allait de pair avec les vêtements dont les motifs rappelaient des peaux de bêtes.

Le lien entre féminité et animalité a souvent été souligné, on pense au film La Féline de Jacques Tourneur (1946), et souvent décliné sur scène par Alfredo Arias dans Peines de cœur d’une chatte anglaise ou dans des comédies musicales comme Cats. Toutes ces robes lourdes et difficiles à porter dans la vie courante, contribuent à créer des personnages oniriques inaccessibles propices à l’évasion.E le défilé de cette créatrice sera très attendu. Elle peut emboiter le pas de ses illustres prédécesseurs, comme Yves Saint-Laurent avec Roland Petit, Issey Miyake avec William Forsythe ou Christian Lacroix qui maintenant s’oriente définitivement vers la création de costumes de scène.

Jean Couturier

Défilé le 2 octobre. Modeaparis.com www.dorhout-mess.com

Les Journées du matrimoine 2016

Les Journées du matrimoine 2016

 

Rue_PernelleUne manifestation festive, en forme de manifeste. Objectif : mettre en lumière les créatrices du passé et leurs œuvres, parallèlement aux Journées du patrimoine (voir Théâtre du Blog ).
L’égalité entre homme et femme sur le front intellectuel et artistique passe par la revalorisation de cet héritage trop absent des livres d’histoire. L’inégalité reste flagrante : même si depuis dix ans, à l’issue du rapport de Reine Prat, la tendance s’inverse lentement : 26% des femmes signent les mise en scène du réseau conventionnée contre 22% en 2006 ; 21% dirigent des Centres dramatiques nationaux, contre 16% en 2006. À quand la parité ? Quand les femmes constituent 60% des étudiant(e)s des enseignements artistiques supérieurs.

 Pour cette deuxième édition, les différentes branches de la fédération nationale H/F pour l’égalité dans les arts et la culture, mobilisent de nombreux partenaires : en Bretagne ( Rennes), en Normandie (Rouen) et surtout en Auvergne-Rhône-Alpes, avec pas moins de seize événements (expositions, parcours urbains et conférences), du Rhône à la Haute-Loire, de Lyon à Bourg-en-Bresse, en passant par Montluçon et Annecy.

 H/F Île-de-France, pour sa part propose de nombreux événements aux côtés de nouveaux partenaires : Les Éditions de Femmes-Antoinette Fouque qui ont entamé cette réflexion depuis 1973 et ont sorti récemment l’imposant Dictionnaire Universel des Créatrices : 5000 pages couvrant quarante siècles de création dans le monde et dans tous les domaines. La jeune et florissante association AWARE ( Archives of Women Artists, Research and Exhibitions ) fondée en 2014 pour la diffusion des artistes femmes dans les musées et les universités. Des compagnies de théâtre, des lieux de spectacle, des musées et des bars et des cafés les rejoignent pour une programmation étoffée et festive.
À la Maison des Métallos, une exposition interactive sur L’Étoffe des femmes nous attend, avec nos morceaux de tissus, tandis que sept musées ouvrent leur fond au féminin : Jeu de Paume, Musée d’Art Moderne de Paris, Musée Carnavalet, Centre Pompidou, Musée d’Orsay, Petit Palais, Mac/Val (le seul à respecter un parité dans ses acquisitions). Au gré de parcours urbains dans Paris, agrémentés de musiques et de lectures, on découvrira des femmes savantes brûlées comme sorcières, depuis Hypathie la mathématicienne d’Alexandrie au lVe siècle, jusqu’à Pernelle Flamel, l’alchimiste du XVlème siècle… Des interventions artistiques dans le tram T3, une promenade-lecture du restaurant de la Coupole au Cimetière Montparnasse, sur les lieux de prédilections de Simone de Beauvoir et de sa sœur Hélène peintre méconnue … Autant de rendez vous pour évoquer Communardes et compagnonnes, peintres et autrices, poétesses et «scandaleuses », militantes du mouvement de la paix et résistantes, toutes combattantes, inventrices ou créatrices qui ont fait l’histoire en y laissant si peu de traces.

 

Mireille Davidovici

 

17 et 18 septembre : programme complet sur les sites :

www.matrimoine.fr

http://hfauvergnerhonealpes.wixsite.com/matrimoine

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L’avenir d’une crise/ Une décennie de transformation dans le spectacle vivant

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L’Avenir d’une crise/Une Décennie de transformation dans le spectacle vivant par Martial Poirson et Emmanuel Wallon, article publié dans la Revue d’Histoire du Théâtre n° 267

 «On a l’impression que beaucoup d’hommes et de femmes des métiers artistiques sont traités, comme s’ils étaient en trop dans la société», écrivait Jack Ralite dans une Lettre ouverte au président François Hollande le 13 février 2014  (à lire dans Le Théâtre du Blog) et que 157 personnalités des milieux culturels cosignèrent. Martial Poirson et Emmanuel Wallon, chercheurs en politique et socio-économie des arts, de la culture et de la création, dressent dans La Revue d’Histoire du Théâtre, un état des lieux des métiers théâtraux, sous un angle socio-économique mais aussi esthétique.
Créée en 1948, cette précieuse publication trimestrielle aborde de nombreuses thématiques et transmet l’histoire des arts du spectacle, du Moyen Âge à nos jours. Elle émane de la Société d’Histoire du Théâtre, créée en 1932 par un petit groupe de professeurs, érudits, collectionneurs et hommes de théâtre : Ferdinand Brunot, Léon Chancerel, Jacques Copeau, Max Fuchs, Félix Gaiffe, Madeleine Horn-Monval et Jacques-Gabriel Prod’homme.
Cette Société perdure vaille que vaille, grâce à sa directrice Rose-Marie Maudouès, et dispose aujourd’hui d’un spacieux centre de ressources, en face de la Bibliothèque Nationale Richelieu; ouvert au public, il donne accès à de nombreux livres, revues, catalogues… Depuis 2013, à côté de son édition papier, sa revue peut aussi être lue en ligne. En annexe, ce n°267: L’Injouable au Théâtre offre une tribune à Martial Poirson et Emmanuel Wallon qui citent donc Jack Ralite, ancien ministre communiste de la Santé sous Pierre Mauroy,  qui ne dissociait pas dans sa Lettre ouverte, «le manque de moyens dans le domaine de la culture et le déficit de reconnaissance du travail humain».

Les chercheurs opposent ces idées humanistes, à la vision gestionnaire d’un François Hollande exprimée au festival d’Avignon 2012, et ils mettent l’accent sur le fait qu’il considère la création artistique comme levier de croissance, source de retombées économiques mais aussi de profits en termes de prestige et de «rayonnement».
 Cette posture risque en effet d’aiguiser «les appétits d’un capitalisme soucieux d’arraisonner la culture à l’économie marchande en développant le luxe, le tourisme, les industries créatives ou de divertissement. Et à long terme, de faire perdre de vue la nécessité anthropologique d’une dépense improductive, tributaire du besoin d’imagination qui habite toute société humaine. »
De plus, faire valoir « la rentabilité de la culture » est, selon Martial Poirson et Emmanuel Wallon, un piège où les professionnels du spectacle peuvent tomber: il n’est pas certain en effet que cette prétendue rentabilité les immunise. En effet,  évaluer la politique de soutien au spectacle, à l’aune de trois objectifs : élargissement des publics, diversité de la création artistique, développement de l’emploi local, et aide à l’attractivité des territoires, pervertit, à terme, l’idée même de liberté de création.
Enfin, les deux chercheurs montrent qu’ainsi «tiraillé entre ses désirs contrariés de liberté et les réalités d’une servitude volontaire, le milieu théâtral se retrouve à la croisée de logiques d’indépendance et d’aliénation. » À l’inquiétude légitime, dûe aux coûts en hausse et aux aides en berne, se joint une anxiété relative quant à la reconnaissance du talent et de l’expérience, mise à mal par les logiques comptables, mais aussi à cause d’une rhétorique empruntée à l’univers du management.
De plus, les médias surexposent les uns et frappent les autres d’invisibilité. Pour ne pas indisposer les chantres du paritarisme (qui sont aussi les principaux gestionnaires des caisses d’assurance-chômage!), les gouvernements successifs ajournent sans cesse,  depuis le conflit de 2003, (voire depuis le rapport du metteur en scène Jean-Pierre Vincent en 1992!) la refonte du régime particulier des intermittents ! Au risque de s’exposer toujours plus aux exigences d’un MEDEF, auquel les paroles d’amour du Premier ministre envers les entreprises ont fait perdre ses derniers complexes.

Au-delà des exigences statutaires, il faut s’armer, disent Martial Poirson et Emmanuel Wallon, contre la rémanence des images sociales, dont celle de l’artiste «parasite». Les modes de production ont changé et leur mutualisation va souvent de pair avec les métissages artistiques. L’autorité du chef de troupe perdure dans maintes compagnies, malgré le refus de la hiérarchie dans les « collectifs », mais celle du metteur en scène est souvent contestée par les jeunes acteurs: d’abord dans les mises en scène où comédiens, danseurs ou circassiens apportent leurs propres idées, ensuite, pendant le spectacle, avec des adresses au public, voire une invite à investir le plateau, au nom de l’effacement du quatrième mur, ou d’un certain militantisme.
Pour se faire entendre des pouvoirs publics, convaincus que les artistes savent surtout se plaindre, il faudrait que ceux-ci mettent autant d’audace à avancer des solutions qu’à inventer des formes. En effet, rien n’est plus difficile à négocier pour les instances professionnelles (syndicats, etc.) que le passage d’une logique revendicatrice à une démarche de projet, car elles redoutent d’affaiblir leurs défenses dans un contexte d’économies… Cet article nous renvoie au cœur de nos questions sur les changements progressifs mais inévitables des métiers du spectacle, et sur leur avenir.

 Mireille Davidovici

 http://www.sht.asso.fr/revue_histoire_theatre_numerique

Société d’Histoire du Théâtre, 58 rue Richelieu 75084 PARIS Cedex 02 ; info@sht.asso.fr T: 01 42 60 27 05.

 

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