Voyage au pays des Lilikans

Voyage au pays des Lilikans dans actualites photo-2

 

 

Voyage au pays des Lilikans, le plus petit théâtre du monde : le théâtre Ten’

photo-1 dans actualitesLe plus petit théâtre du monde est à Moscou, et est devenu un théâtre d’état après avoir été le premier théâtre familial de la nouvelle Russie à la fin des années 1980. Honoré de neuf Masques d’or depuis sa création, il reçoit dans sa forme  à l’italienne,  au maximum six spectateurs.
Pas de billetterie pour les spectateurs qui sont considérés comme des invités privilégiés de ce lieu hors du temps, un vaste appartement  avec  plusieurs pièces dont un salon d’accueil des hôtes, où le thé et les petits gâteaux les attendent. Une comédienne va ainsi leur faire découvrir l’univers des Lilikans à travers son récit, ensuite elle invite ces spectateurs à se rendre au grand théâtre royal de Lilikani.
Comme pour la Russie, le spectateur a besoin d’un passeport qui lui est fourni et d’un visa tamponné. Nous découvrons alors un petit théâtre entouré de six chaises, au sol  recouvert de particules de liège pour mieux nous faire changer de repères. Pour cet authentique théâtre à l’italienne, tout est présent, l’affiche miniature du spectacle, le lustre central, le rideau rouge, l’orchestre dans sa fosse et les spectateurs habitants de Lilikani.
Nous suivons la représentation à travers les fenêtres du théâtre, la musique retentit, pour suivre l’action nous avons des oreillettes qui nous font entendre les commentaires en voix off. Le rideau se lève, de petites marionnettes à tige de la taille d’une phalange sont en place, le spectacle débute. Ce théâtre a un répertoire  qui va d’opéras d’une durée de quatre  à huit  minutes, de Carmen à Don Juan, au ballet classique, avec Casse-noisette, etc…
.  Anatoli Vassiliev y a créé un Misanthrope, et  le danseur du Bolchoï Nikolaï Tsiskaridze y a proposé un mini spectacle original en faisant jouer son propre pied gigantesque dans  ce cadre de scène de 25 X 35 cm. Chaque metteur en scène  peut proposer sa propre création. Cet après midi, nous avons découvert une histoire pleine de poésie et d’effets spéciaux, qui a reçu un «Masque d’or», imaginée  par Macha Litvinova et Slava Ignatov. Tout les artifices du théâtre à l’italienne du XIX ème siècle sont présents, des trappes s’ouvrent, les décors en perspective se succèdent, un monstre envahit la petite scène, (une marionnette à gaine en forme de tête de lion), la fumée envahit parfois le plateau.
Les petites marionnettes virevoltent avec une précision de manipulation extrême. A l’entracte, une boisson et un mini gâteau sont servis dans de la vaisselle de la taille d’un ongle. Le spectateur émerveillé redevient un enfant, et  l’animisme joue tout son rôle.  Maya Kranopolskaya et Ilya Epelbaum fondateurs de ce concept travaillent actuellement avec une dizaine d’artistes, alors que le plus grand théâtre de marionnettes de Moscou Obraztsov emploie  300 personnes…
La jauge réduite ne permet pas de satisfaire toutes les demandes. Afin de palier cela, il a été créé un théâtre ambulant à l’intérieur d’une camionnette, une scène à l’italienne avec ses dorures et ses parures rouges qui  accueille deux personnes pour des courtes séances d’Opéra.  Cette structure joue pour les festivals ou à la demande de municipalités, en particulier durant les fêtes de Noël. Ce concept est le plus exploitable pour les programmateurs, car le théâtre voyage avec son moyen de transport. Parmi leurs projets fous Ilya et Maya travaillent actuellement sur un cabaret Shakespeare qui serait joué à leur domicile, chaque spectateur attablé choisissant dans le menu telles ou telles pièces de l’auteur anglais, adaptées aux petites marionnettes.
Le théâtre Ten’ est un lieu à part de convivialité vraie, loin du gigantisme de la capitale russe.

Jean Couturier

www.tttttttttt.ru


Archives pour la catégorie actualites

Les trésors de la bibliothèque de la SACD

Les trésors de la bibliothèque de la SACD.

Les trésors de la bibliothèque de la SACD dans actualites affiche-sacd-logoAu fond d’une allée, à quelques encâblures de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) fondée par Beaumarchais en 1777 pour que les auteurs perçoivent des droits, se trouve une bibliothèque, créée en  1829. Ses rayons furent enrichis douze ans plus tard par une acquisition de 13.000 volumes.
Bien qu’ouverte au public depuis quelques années, la bibliothèque est encore peu connue et mérite de l’être.Qu’y trouve –t-on ? Qui la fréquente ? Comment vivent les fonds ? Quel intérêt présentent ses archives ?
Pour répondre à ces questions, une journée d’étude a été organisée, rassemblant les bibliothécaires et des chercheurs du Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC), laboratoire de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Outre les archives historiques de la Société, elle compte aujourd’hui environ 200 000 documents : 62 000 pièces, scénarii, partitions (dont 8.500 fictions contemporaines!); 45.000 programmes, dossiers de presse… Des lettres, autographes, gravures, photos, films…

Une véritable mine pour les chercheurs comme pour les artistes (auteurs, metteurs en scène, cinéastes) en quête d’éléments pour leurs futures réalisations. Un travail de fourmi pour les bibliothécaires. Les fonds se sont étoffés au fil des ans grâce aux œuvres déposées par les membres de la SACD. Les legs des auteurs et de leurs héritiers constituent aussi une de ses richesses. Pour exemple, les archives de Jean Vauthier.
Décédé en  1992, il a laissé derrière lui des brouillons, correspondances, projets divers réalisés ou restés dans ses cartons, et de nombreux livres annotés, ainsi que des manuscrits assemblés avec des pinces à linge de couleur ; la partie immergée de son œuvre enfin mise à jour ! Il a fallu la patience de la bibliothécaire, Florence Roth, et la collaboration précieuse de la donatrice, Monique Bertin, pour vider deux appartements, trier, identifier, choisir, classer. Soit  71 boîtes et 130 pages d’inventaire. Grâce à ce travail long et minutieux, l’inventeur du Capitaine Bada est enfin passé à la postérité. D’autant que, grâce à ces nouvelles sources, l’université d’Aix-Marseille a pu organiser un grand colloque pour le centenaire de la naissance de Jean Vauthier.
Depuis, ce fonds a permis de nombreuses expositions et rencontres qui contribuent à la pérennité de celui qui a  rêvé de « souder son siècle à celui d’Elisabeth », et  y parvint.

Autre exemple des richesses insoupçonnées de l’établissement, les archives Bernard :Tristan et ses trois fils dont le cinéaste Raymond Bernard. Grâce à un scénario retrouvé à la SACD, il a été possible de restaurer les Misérables réalisé par ce dernier en 1934 avec Harry Baur, Charles Dullin, Marguerite Moreno. Jusqu’ici la meilleure adaptation du roman de Victor Hugo.
Faute de temps, nombre de dépôts ne sont pas encore mis en rayons; l’archivage électronique viendra-t-il à la rescousse des bibliothécaires débordés, on peut en douter… Les supports électroniques  se dégradent en effet beaucoup plus vite que le papier ou la pellicule argentique et l’on peut craindre que le tout informatique entraîne des pertes irréparables. Il reste donc aux archivistes du pain sur la planche.

Mireille Davidovici

Bibliothèque de la SACD 5 rue Ballu du lundi au jeudi de 14 à 18 h et le vendredi de  14 à 17 h.   T: 01 40 23 45 20 bibliotheque@sacd.fr Pour en savoir plus, un moteur de recherche multi-critères permet des interrogations par auteur, titre, nombre de personnages, etc.

La Mécanique des Dessous

La Mécanique des Dessous, une histoire indiscrète de la silhouette,  scénographie de Constance Guisset .

La Mécanique des Dessous dans actualites thumb-la-mecanique-des-dessous-une-exposition-indiscrete-aux-arts-decoratifs-7355Théophile Gautier écrivait en 1858 : «L’on fera des salons plus grands, on changera la forme des meubles et des voitures, on démolira les théâtres ! La belle affaire ! Car les femmes ne renonceront pas plus à la crinoline qu’à la poudre de riz».
Depuis des centaines d’années, les « dessous » ont occupé paradoxalement  le devant de la scène.  C’est à ces artifices utilisés par les femmes et par les hommes du XIV ème siècle à nos jours, pour dessiner leur silhouette,  que cette riche exposition est consacrée.
   Mais la pénombre, qui donne au lieu une dimension magique, tout en protégeant de la lumière les pièces fragiles,  n’aide pas à la lecture des indications incrustées dans les parois en verre qui les protègent.
Dans une exposition essentiellement consacrée  aux parures féminines, cela commence par… la braguette rembourrée de la Renaissance, dont Montaigne disait que c’était «un vain modèle et mutilé d’un membre». Rembourrage en tissu ou proéminente braguette métallique intégrée dans les armures, font face aux corsets métalliques des femmes du 16 ème siècle destiné à donner  une belle taille.
Cette même fonction étant dévolue au pourpoint de l’homme ou au pourpoint espagnol féminin qui rigidifie la silhouette. Nous découvrons ensuite, quatorze mannequins avec des exemples de « corps à baleine » du  17 ème  et  18 ème siècle, un vêtement, qui se pose par dessus la chemise entourant le tronc des épaules aux hanches, pour ici encore, donner plus de rigidité au corps.
 Le corps à baleine surprend  car il est aussi destiné aux femmes enceintes et aux enfants !  Vers les années 1770, le corps à baleine s’enrichit de la robe à paniers, et  une  femme de  la Cour,  possède  une taille fine,  grâce à un jupon baleiné appelé panier qui étend  sa silhouette sur les côtés à partir des hanches.
Cinq robes à paniers sont exposées,  dont une étonnante robe à la polonaise qui, à l’aide de tirettes,  permet de retrousser en arrière les pans de la robe
. Un espace vidéo permet de redécouvrir des extraits de film dont Les liaisons dangereuses de Stephen Frears  (1988) avec de beaux exemples de robes à panier. Y fait suite un espace/essayage où fraise, bustier ou crinoline transforment les visiteuses en personnages d’une chorégraphie de Philippe Decouflé.
 Le deuxième étage de l’exposition, nous transporte sous le Directoire et le second Empire avec l’apparition de la crinoline, (un jupon baleiné), avec son évasement de la silhouette, d’autant que le corset crée une «taille de guêpe». Après 1870, la crinoline est remplacée par la tournure-dite aussi faux-cul-une protubérance du postérieur, qui donne à la femme un profil d’oie ! La suite de l’exposition est consacrée à la période 1900- 2013 avec l’apparition du premier soutien-gorge, jusqu’au push-up qui redonne du volume à de petites poitrines, en passant par les gaines des années 30.
Des vidéos de publicités évoquent cette évolution. Dans un coin, avant la sortie,  nous redécouvrons la parure masculine  avec le slip Kangourou, sa ceinture abdominale et ses très récents slips à rembourrage.
La dernière salle est passionnante comme l’ensemble de cette exposition: elle nous montre sur différents mannequins en tissu noir l’évolution de la taille féminine du XVIII ème  au XXI ème siècle. Il y a aussi un hommage aux grands créateurs de haute couture, Christian Lacroix, Jean-Paul Gauthier, Versace, etc…  qui,  par leurs créations,  ont tous fait référence à cette incroyable «mécanique des dessous».

Jean Couturier

Musée des Arts Décoratifs à Paris jusqu’au 24 novembre .

Concert, pour la Journée internationale de Nelson Mandela

Concert, pour la Journée internationale de Nelson Mandela, avec le KwaZulu-Natal Philhamonic Orchestra et la chorale communautaire de Clermont.

Concert, pour la Journée internationale de Nelson Mandela dans actualites nmdnodateC’est à l’ombre de l’imposante Marianne en bronze des frères Morice, inaugurée le 14 juillet 1883, que s’est tenu ce grand concert à ciel ouvert, en hommage à Nelson Mandela. Qu’imaginer de mieux pour cette personnalité hors du commun, si ce n’est l’ombre des trois allégories qui y occupent une place d’honneur : Liberté, Egalité et Fraternité ?
Une grande tribune a été montée sur la place de la République joliment rénovée, pour fêter la Journée internationale Nelson Mandela, qui est aussi la date de son quatre-vingt-quinzième anniversaire.
Plus de cent trente musiciens et choristes de toutes nationalités, venus à Paris dans le cadre des Saisons Afrique du Sud–France 2012 & 2013, ont donné pendant deux heures trente un prodigieux concert, sous la baguette de Laurent Petitgirard.
Au coucher du soleil, une marée d’auditeurs-spectateurs assis à même le sol et beaucoup d’autres debout, ont suivi le parcours commenté de manière fort sympathique, par le chef d’orchestre, et les lumières de scène, petit à petit, ont pris le relais.
Après La Force du destin de Verdi en introduction, beau symbole en soi, on a entendu en première partie Ushaka KaSenzangakhona, un poème épique écrit par Themba Msimang et composé par Mzilikazi Khumalo, retraçant, à travers la carrière mouvementée du roi Zoulou Shaka, «l’histoire du peuple zoulou vue par le peuple zoulou». Solistes, choristes et orchestration tenaient, tour à tour ou tous ensemble, le rôle du narrateur.
La seconde partie comprenait des extraits de La Trilogie de Mandela, sur un livret de Michaël Williams et une écriture musicale d’Allan Stephenson, Mike Campbell et Peter Van Dijk. Même ferveur et intensité, entre de magnifiques solistes en dialogue avec le chœur,  et la brillante interprétation de l’orchestre.
nokia-1-026 dans actualitesAprès ces épisodes liés aux héros d’Afrique du sud, des arrangements furent proposés, de Haubrich et de Bosman, ainsi qu’un adagio de Khatchaturian.
Un final fulgurant, avec Yvonne Chaka Chaka, connue dans toute l’Afrique et surnommée la «Princesse Africaine», qui s’est produite pour plusieurs chefs d`Etat, dont Mandela,  et qui a fait swinguer toute la place de la République.
Pleine d’entrain, elle fait la synthèse des chants choraux xhosa, zulu et sotho, des musiques rurales, du ragtime et du blues. Le rythme qu’elle apporte et sa joie de vivre furent, ce soir-là, contagieux, sans oublier le «happy birthday» chanté pour Madiba-Mandela.
L’ovation finale et les rappels, à l’attention des instrumentistes, de noir vêtus, des choristes, habillés de blanc, des solistes, tous remarquables et du chef, en disait long sur un public qui ne voulait pas, malgré l’heure tardive, quitter la République. Laurent Petitgirard a alors spontanément offert sa baguette à un confrère chef d’orchestre sud-africain, qui, de main de maître, a dirigé l’hymne de son pays. Belle émotion, belle fraternité.

Brigitte Rémer

18 juillet, Place de la République, Festival Paris quartier d’été. www.quartierdete.com

Saisons Afrique du Sud – France : www.france-southafrica.com,

Festival d’Avignon: La FabricA

Festival d’Avignon: inauguration de La FabricA.

Festival d'Avignon: La FabricA dans actualites avignon-s-agrandit-naissance-de-la-fabricam115413Le festival d’Avignon ne disposait pas de lieu de répétition et de résidence pour les compagnies qui y créent des spectacles, disent Vincent Baudriller et Hortense Archambault, et dès leur premier mandat il y a presque dix ans déjà,  les deux directeurs ont tout fait pour que le lieu devienne réalité.
Conçue par l’architecte Maria Godlewska-qui a réhabilité  les Théâtre de Bayonne et de Cusset-et le scénographe Thierrry Guignard, et inaugurée le 6 juillet, La FabricA a été construite à un kilomètre environ des remparts, à l’intersection des quartiers populaires de  Monclar et Champfleury.
Habitants de barres d’immeubles et des petites maisons,  super-marché Leclerc auront donc pour nouveau voisin ce très bel ensemble architectural aux faux airs d’architecture industrielle,  réalisé après seulement un an de travaux: soit une surface  plus de 3.900m2, avec  un belle salle rectangulaire de 900 m2 aux dimensions de la scène du du Palais des papes, et  des locaux techniques attenants de 400m2,  et une série de dix-huit logements…
Le grand cube noir de la salle: 38m X 23 m avec une hauteur sous grill de 12m et des passerelles tout autour  est impressionnant de  rigueur et de fonctionnalité.  Sagement rangés sur un des deux plus petits côtés,  des plates-formes rétractables de  six cent sièges  attendent aussi  le public. Hiver comme été… Il y a aura aussi bientôt, à l’issue d’une deuxième tranches de travaux, des ateliers de construction. Coût total: 10 M  €, hors taxes, financé à parts égales par l’Etat, la ville d’Avignon, le Département et la Région.
Côtés studios: l’extérieur tout en bois, est réussi  mais mieux vaut être discret quand on rentre le soir; on se croirait chez Ibis dont l’architecture n’a  jamais  été exemplaire! Tous les studios à plan carré d’environ 18m 2 donnent en effet sur une passerelle extérieure au premier étage, laquelle donne sur un beau patio! Au rez-de chaussée, là aussi discrétion obligatoire:  il y a une grande  cuisine et une salle-à-manger. Comprenne qui pourra. Maria Godlewska a sûrement de bonnes raisons mais elles doivent être plus esthétiques que fonctionnelles.
Une fois entré dans le logement, on a le droit d’aller dormir sur la mezzanine si l’on consent à monter- et à en redescendre!- par une échelle de bateau:  très amusant pour des ados mais les comédiens plus âgés devront se contenter du canapé en bas sinon le Samu sera vite débordé…
La FabricA, comme l’a rappelé Aurélie Fillipetti, dans un discours  laborieux, truffé de lieux communs et de stéréotypes visiblement écrit vite-fait par un de ses collaborateurs,  a plusieurs vocations: d’abord d’être un espace de répétitions et de résidence , un lieu de représentations mais aussi un lieu de rencontre entre les artistes et les habitants.
Michel Vauzelle, président de la Région, a, lui, souligné que le théâtre avait  valeur de résistance face aux dangers de le numérisation tous azimuts et que ce nouvel outil de travail en symbolisait bien l’esprit.
Tous les intervenants ont remercié Hortense Archambault et Vincent Baudriller, qui furent chaleureusement applaudis pour le travail exemplaire qu’il sont assuré pendant dix ans à la tête du plus important festival du monde. Vincent Baudriller  succèdera à René Gonzalès récemment décédé, à la tête du Théâtre Vidy-Lausanne et,  elle,  rejoindra Stanislas Nordey « à la tête d’un lieu important ». Traduction: le Théâtre National de Strasbourg.
Et on ne peut que que se réjouir qu’Avignon soit maintenant doté d’un tel lieu de travail (quelques années tout de même après le Festival d’Aurillac),  et dont Vilar disait que c’était ce qui manquait le plus en Avignon. Il y  aura quand même fallu près d’un demi-siècle!
Restent quelques questions soigneusement écartées pour ne pas nuire à la fête de famille. Au-delà des formules toutes faites: » projet exemplaire, requalification urbaine des quartiers Ouest en mutation, mutualisation des moyens, lieu de vie et de création, espace à dimensions humaines, rencontres entre  les artistes et le public, diffusion de spectacles, équipement culturel dans la cité, contact avec la création », on en passe et des meilleures dans ce cortège de louanges, rien n’a été dit sur les véritables relations entre ce nouveau lieu et les habitants de ces quartiers »….
Il ne faudrait en tout cas pas qu’ils le considèrent comme une enclave réservée ou presque à d’autres, plus fortunés. Dommage,  par exemple, que madame l’architecte n’ait pas, semble-t-il, pensé à mettre en place quelque chose qui ressemblerait à un café ouvert à tous…
Attention, danger! Olivier Py, quand il arrivera dans quelques semaines au gouvernail du Festival, ne pourra faire l’économie de la question! Pas facile….
Comment faire pour que ces quartiers trouvent aussi leur compte dans l’implantation de ce nouveau lieu? Visites guidées, voire ateliers de théâtre ouverts à des gens dont on peut être sûr qu’il n’ont  jamais vu les spectacles du festival, dont le  public  reste  en majorité extérieur à la ville d’Avignon…  Peut-être, mais cela ne sera pas suffisant.

  Il y a, en  tout cas, urgence, par les temps qui courent, à ne pas faire dans une programmation élitiste, et il serait normal que le festival soit davantage ancré dans la population  avignonnaise…

Philippe du Vignal

 

La FabricA, avenue du Président Eisenhower, Avignon.

L’intermittence en question

L’intermittence en question dans actualites 143-manifestation_d_intermittents_en_2003

A quelle sauce vont-ils être mangés ? L’intermittence en question

 Une assemblée générale d’information s’est tenue le 17 juin au théâtre de la Colline, à l’appel d’un comité de suivi composé de : CGT Spectacle, Coordination des Intermittents et Précaires, Fédération des Arts de la rue, Société des Réalisateurs de Films, SUD Culture Solidaire, SYNAVI, SYNDEAC, Syndicat des Musiques Actuelles, UFISC.

Les informations les plus contradictoires circulent au sujet du régime d’assurance-chômage des métiers de l’audiovisuel et du spectacle. D’un côté, la Cour des comptes lui attribue un déficit d’un milliard d’euros. De l’autre, le rapport Gille dément catégoriquement ce déficit. Ce député, à la suite d’une étude très précise, fait en outre observer  » la charge que constituerait l’attribution du revenu de solidarité active aux intermittents du spectacle si ceux-ci étaient exclus de l’indemnisation du chômage « . Fort de ce rapport, Michel Sapin déclare que le régime est pleinement légitime. Que les intermittents du spectacle ne représentent que 100.000 allocataires, soit 3% des chômeurs indemnisés. Pour le ministre du travail,  » il y a une forme d’incompréhension de la logique même du système assurantiel. »
Incompréhension, certes, il y a, dans  l’opinion publique, relayée par la presse, qui considère les intermittents comme des privilégiés, sans connaître la réalité des métiers du spectacle et de l’audiovisuel et la précarité de ceux qui les exercent.
Il s’agissait d’évoquer les prochaines négociations relatives à l¹assurance chômage et spécifiquement aux annexes 8 et 10 qui doivent se tenir d’ici la fin de l’année 2013. De dresser un état des lieux et de proposer une plateforme commune de revendications, à savoir : annexe unique pour les artistes et les techniciens ; indemnisation sur 12 mois pour 507 heures travaillées en 12 mois ; plafonnement du cumul salaires et indemnités.
Jusqu’à présent, le gouvernement ne s’est pas positionné sur les principales revendications de cette plateforme.
Cependant, les récentes communications ministérielles, les préconisations du rapport Gille, laissent à penser que l’Etat se satisferait d’un statu quo. La Cour des comptes propose, elle,  de durcir les conditions d’accès,  voire de supprimer l’annexe des techniciens ; le M.E.D.E.F, lui, verrait d’un très bon œil la fin de ce régime jugé « trop généreux « , à l’instar du F.M.I et de la commission européenne !
Or la situation est déjà catastrophique : les règles de l’assurance-chômage sont obscures depuis la disparition des Assedic spectacle: les textes sont complexes et les agents de Pôle emploi mal informés. Un soupçon de fraude pèse en permanence mais, malgré les fréquents contrôles, seulement 3% de fraudes ont été relevés. Quant aux « permittents », ils ne représentent que 4% des intermittents. Fragilisés, isolés, fustigés, les intermittents sont plus contrôlés que leurs employeurs
et renoncent souvent à se battre contre le harcèlement de l’administration. Ainsi, comme les autres bénéficiaires de l’assurance chômage, moins d’un intermittent sur deux se voit indemnisé.

Sans compter la fonte des budgets de la culture tant de la part de l’Etat que des collectivités territoriales qui ont d’ores et déjà une incidence sur l’emploi dans un secteur où les deux tiers des salariés ont le statut d’intermittent. Les petits lieux sont les premiers à disparaître et on assiste au délitement progressif d’une structure sociale et associative.
La partie risque donc d’être serrée à l’automne, aussi le comité de suivi envisage-t-il plusieurs actions : lecture d’un texte au lever de rideau pendant les festivals pour informer le public ; rassemblements à la date des négociations. Pour commencer, il accueillera la marche des chômeurs, à son arrivée, le 6 juillet car, même s’ils bénéficient d’un régime spécifique lié à la spécificité de leur travail, les intermittents ne doivent pas rester isolés ni se distinguer des autres chômeurs.

 Mireille Davidovici

Pour en savoir plus et suivre l’actualité  www.syndeac.org;  CGT spectacle : www.fnasac-cgt.com Site intermittents et précaires d’Ile-de-France : www.CIP-IDF.org et apport Gille : http://www.assemblee-nationale.fr

Genesis

Genesis de Prune Nourry.


Genesis dans actualites photoAutour de la Biennale de Venise qui a lieu jusqu’au au 24 novembre, l’Alliance  Française et The Invisible Dog Art Center de New-York ont donné carte blanche à Prune Nourry pour un  nouveau projet. Vingt-huit ans , diplômée de l’école Boulle, Prune Nourry se sert de  la sculpture, de  la photographie et de la vidéo pour traiter de questions de sociologie et d’éthique  mêlées d’inspiration religieuse, et vit aujourd’hui à Brooklyn. Performeuse, elle avait ainsi abandonné ou détruit ses sculptures sur les toits de Paris et dans la rue, pour qu’elles aient une deuxième vie.
En 2011, Prune Nourry avait  dénoncé, avec son exposition Holy Daughters, la fragilité de la condition féminine et les avortements sélectifs en Inde  comme l’ont rappelé de récents faits divers, avec des sculptures de petites filles à tête de vache sacrée, qu’elle a exposées dans des espaces publics aux regards des hommes. Elle a aussi détourné la fête de Holy River destinée à magnifier la fertilité et fréquentée par une majorité d’hommes,  en général ivres, en y faisant participer des petites filles.
Au printemps dernier, à Paris, la maison Bernardaud, créatrice de porcelaines, a  demandé  pour célébrer ses cent cinquante ans, à une douzaine d’artistes contemporains, dont Prune Nourry et  à un photographe de rue  J. R. de créer  un service de table: “Je te mangerai dans la main”.  Les mains représentant pour elle, l’outil le plus essentiel de l’homme.
Le 14 juin prochain,  elle  sera à Venise au casino Venier, célèbre  architecture du 18ème siècle et  siège de l’Alliance française, pour une  performance chorégraphiée de  trois heures,  autour d’une barre de pole-dance, sur une musique de Vivaldi, avec Katsuni, célèbre actrice franco-vietnamienne de films pornographiques. Avec pour  thème, un détournement de la statuaire italienne classique.
Prune Nourry défend toujours la cause des femmes,  qu’elle  travaille en  Chine, en Inde,  en Europe ou aux  Etats-Unis.  Elle traite de la sexualité et de ses ambivalences,  notamment avec cette chorégraphie qui risque de surprendre! Une dégustation, assortie à la performance,  sera offerte au public, mais de quel ordre? Le mystère reste entier.  
Entre provocation et dénonciation, la frontière est en effet très mince…

Nathalie Markovics

www.prunenourry.com
www.afvenezia.it

Prix Collidram 2013

Le prix Collidram 2013.

Prix Collidram 2013 dans actualites collidram-2013-remise-de-prix

Il y a sept ans, sous l’égide d’Aneth et dans le sillage du Grand prix de littérature dramatique, naissait Collidram. A ce joyeux vocable ,correspond la remise de ce même prix  mais attribué cette fois par des collégiens. Depuis, conduit par l’association Postures sous la direction de Pascale Grillandini, l’affaire a pris de l’ampleur. *
Ainsi, durant  cette année scolaire , il a essaimé dans treize  classes en Île-de-France, quatre  en Rhône-Alpes, deux en Alsace, deux  en Lorraine, deux  dans le Nord-Pas de Calais, une   en Provence-Côte d’Azur,  et deux en Poitou-Charente. Soit au total,  780 élèves.
Dans  chaque classe, les collégiens, réunis en comité de lecture, ont confronté leurs points de vue, fourbissant leurs arguments avant de voter. Ils ont pu rencontrer leur auteur favori avant d’envoyer une délégation affronter  celles  des autres classes pour le choix final.  Avec des débats toujours très animés… favorisant l’écoute de l’autre et  la prise de parole. C’est  aussi un moyen d’accès aux multiples sens d’une œuvre et un porte ouverte sur le théâtre…
Les collégiens, ce 30  mai au Centre dramatique national  de Montreuil,  ont lu des extraits de la pièce lauréate.
parmi les quatre restées en lice, sélectionnées dans les parutions de la saison passée: Maman dans le vent de Jacques Descordes, 2084 de Philippe Dorin, Mon frère ma princesse de Catherine Zambon (L’Ecole des loisirs), A la périphérie de Sedef Ecer (L’Espace d’un instant).
Les suffrages sont allés à la pièce de Catherine Zambon: un choix ambitieux  qui résonne  avec l’actualité; elle 
met en scène un jeune garçon qui se préfère en fille, agit et se rêve en fille. Que faire de cet être dont l’existence remet en question la norme sociale ? Au-delà du destin de cet enfant, la pièce s’interroge sur la place de tout individu dans la société. L’auteure traite de ce sujet brûlant, avec tact et sensibilité, sans tomber dans les clichés, à travers des personnages attachants où chaque adolescent peut se reconnaître. Croisant habilement les points de vue, elle compose avec une écriture fine et précise de vraies « figures » qui appellent le théâtre.

Catherine Zambon n’est pas une auteure pour  jeunes, même si l’Ecole des loisirs a déjà publié six de ses pièces. Ses œuvres sont souvent issues de l’écoute de d’autrui ; c’est cette immersion dans la parole des autres et la délicatesse de leur transposition qui donnent à Mon frère ma princesse, cette humanité. « Un ami, un jour, dit-elle,  me confia sa perplexité face au désir de son fils de cinq ans de s’habiller en fille.
Lui n’y voyait pas d’inconvénient majeur mais il a bien fallu expliquer à son enfant que ce n’était pas envisageable d’aller à l’école en robe. Il m’a, par ailleurs, relaté l’histoire d’un autre petit garçon violemment agressé en primaire parce qu’il portait les cheveux longs (…). Il était temps pour moi de prendre parole sur ce sujet du « genre » qui travaille en sourdine dans plusieurs de mes textes.
Là, il m’a semblé indispensable de l’aborder pour, et avec,  les enfants. Pour cette recherche, j’ai été accueillie en résidence à Albi- où j’ai cheminé avec une classe sur ces questions : c‘est quoi être une fille? c’est quoi être un garçon? Les réponses m’ont souvent atterrée. Tant de violences et de regards déjà parfaitement normés. Dans Mon frère, ma princesse, on voit autant le rêve et le désarroi d’un petit garçon qui se voudrait fille, que la brutalité d’un monde qui ne veut pas parler l’autre dans sa différence et qui le rejette puissamment. Mais pas que… »

 

Mireille Davidovici

*En 2007 : Dominique Wittorski, Ohne, Actes Sud-Papiers. 2008 : Dominique Richard,Une Journée de Paul, éditions Théâtrales. 2009 : Sébastien Joanniez, Désarmés, Cantique, Espaces 34. 2010 :  Suzanne Lebeau, Le Bruit des os qui craquent, éditions Théâtrales . 2011 : Sylvain Levey, Cent culottes et sans papiers, éditions Théâtrales. 2012 : Françoise Duchaxel, Ce matin, la neige, éditions Théâtrales.

L’Espace Public

L’Espace Public, exposition des travaux d’élèves, dans le cadre du programme La Fabrique du Regard

L’Espace Public dans actualites photo-credit-emilia-stefani-lawCréé en 2008 par Raymond Depardon,  président fondateur du Bal et par Diane Dufour, directrice de ce lieu dédié à l’image-document et à l’écriture du réel, La Fabrique du Regard, plateforme pédagogique du Bal, a pour but de d’élargir l’ horizon  culturel et mental des jeunes et de promouvoir l’art dans les établissements scolaires. « Pourquoi nous ne faisons pas attention aux images qui stimulent notre réflexion, alors que les images publicitaires nous attirent »? demande  Jérémy, du Lycée Blanqui de Saint-Ouen.
La Fabrique du regard emprunte son nom  à celui d’ un livre de Monique Sicard, qui montre comment la technique a modifié notre vue sur le monde et comment nos images ne se contentent pas d’affiner notre regard, mais le fabriquent littéralement, en donnant accès à un réel inaccessible à l’œil humain. Pour Jean-Baptiste, du Lycée Georges Mandel de Montreuil: « Voir autrement, c’est comprendre à quel point on est formaté », et pour Cécile, en CE1 à l’école Houdon: « Une image documentaire, c’est une image qui montre comment on nous raconte l’Histoire ».
Depuis cinq ans, 8. 000 jeunes ont été formés à la production et au décryptage des images,  l’enjeu étant de donner une chance à tous ces jeunes issus de filières générales ou professionnelles, du primaire ou du secondaire, chaque atelier étant adapté à leur âge. Ils ont été entourés d’historiens de l’art, journalistes, photographes…. Avec cinq programmes   : Regards Croisés, Mon œil ! Mon Journal du Monde, L’Image en Partage et Artistes en Résidence, autour de trois axes : analyse de l’image; découverte de ses contextes de production, diffusion et réception; participation concrète à un projet collectif: film, journal, publication, affiche, etc.
Le travail proposé cette année portait sur le thème : Voir l’espace public, et le Bal vient d’en exposer les résultats, contribuant ainsi à donner une autre image des jeunes. Comment définir un espace public ? Comment l’habiter? Quels rôles l’image peut-elle jouer dans notre perception, nos comportements et usages de ces espaces publics? Fatoumata, (15 ans), répond : « L’espace public, c’est le regard de l’autre sur nous» et Arek, du Lycée Maximilien Perret d’Alfortville : »L’image d’un territoire est impossible parce que chacun la lit différemment. Le mot habiter engage-t-il l’individu ou le collectif» ?
2300 jeunes de la Fabrique du Regard ont, cette année, interrogé l’image comme construction et langage.  Mon journal du Monde, c’est tout un mur où sont affichés les travaux  de l’école Coysevox : « »J’ai compris que le sens d’une image publiée dépendait de la construction de toute la page », dit Chaana, du collège Marie-Curie (Paris) et Marilou, du Collège Voltaire d’Asnières-sur-Seine: « J’ai appris qu’avec une seule image, je pouvais en faire plusieurs».
Comment raconter avec des images et illustrer le propos du journaliste? Nombreuses ont été les propositions, avec une réflexion collective sur la représentation de soi, intitulée Cache-cache dans un jeu de l’image en mouvement ; des auto-portraits dans l’espace public où les jeunes se présentent, visage cachés ou masqué ;un groupe d’enfants explore une école désertée, se réapproprie l’espace par le jeu, par le sommeil, par la construction d’un nouvel habitat, ça s’appelle L’Ile ; Le Bureau des utopies, confirme qu’ »au sein des espaces publics, il y a des règles et des normes » ; le monde idéal  est « un espace public, les rêves de chacun » ; cinq à six actions variant dans le temps et dans l’espace, montrent « des jeunes qui se rencontrent, entrent et sortent » ; Limites de propriété, «rapport à l’espace privé, un personnage au centre, emprisonné dans un ruban ». Tout est ici atypique, personnel et osé.

Les jeunes se sont nourris de mots, d’images, de lieux, de scénarios, de faits-divers, toujours extraordinaires : « Nous sommes devant des capteurs, des témoins, des enquêteurs », dit Fedia, (13 ans). L’espace public, « c’est aussi un espace poétique à habiter, par l’imag » suggère Yanis, (17 ans).  Dans Autour de Barbès, ils ont capté boutiques, tissus, pancartes, et l’usine de  PSA-Peugeot à Saint-Ouen, est montrée, vue de la rue, dans toute sa profondeur . « La photo nous rappelle que l’on ne peut pas tout voir »,  dit Wassilas, de Garches.
La Fabrique du Regard s’est lancée pour défi de « »former des regardeurs, actifs, concernés, conscients que l’image obéit à des codes, à des usages, qu’elle est avant tout un langage, une construction  » et  de nombreux partenaires, publics et privés, accompagnent le projet,  «A l’heure où tout est prétexte à capturer les images et à les diffuser, il est important d’offrir aux jeunes une éducation au regard. Penser le monde en images, devenir des regards conscients » dit Raymond Depardon…

Brigitte Rémer

Le Bal, 6 impasse de la Défense, 75017, métro : Place de Clichy, du 17 au 20 mai, www.le-bal.fr

Zoologie des faubourgs

Zoologie des faubourgs  de Wladyslaw Znorko, lecture par Florence Masure et Denis Lavant.

Zoologie des faubourgs dans actualites 20130522_3_2_1_0_0_obj3830863_1-284x300  Plus d’un mois après la disparition de Znorko, chef de la Gare Franche, et  dix ans après  son installation dans ce lieu poétique qui joint le quartier de Saint-Antoine au Plan d’Aou, immense cité  en cours de réhabilitation surplombant la mer, l’équipe des vaillants cosmonautes vient d’inaugurer leur salle de spectacle ouverte en 2007, et enfin mise aux normes.
Florence Masure, complice dès l’enfance des aventures de Znorko à Roubaix,  pénètre sur le grand plateau; sa haute silhouette domine celle de Denis Lavant, coiffé de son bonnet et muni d’un minuscule accordéon. Eclairés  par quelques  bougies, ils vont nous guider dans un voyage,  dont nous ne possédons pas le plan, dans les faubourgs d’une ville du Nord.
Il y a forcément un train, celui qui figure sur l’invitation:celui de la gare oubliée du Trassibérien que Znorko avait pris avec son Cosmos Kolej (« chemin de fer pour le futur « en polonais). Il y a la maison de l’éclusier, une buvette sur cette lande qui n’appartient à personne et où l’on cultive le débris d’un monde ancien, il y a Pinocchio. On ne connaît pas encore ce dédale des ruelles lacérées des voies ferrées…
Au départ, la motrice arrive en ferraillant et grince des dents. Ces deux magnifiques acteurs, complices de Znorko- Denis Lavant avait joué dans Les Saisons, et Florence Masure,  dans À La gare du Coucou suisse et Le passage du Cap Horn, le dernier spectacle de Znorko créé l’an passé  (voir Le Théâtre du Blog). Ils nous  font revivre,  avec cette lecture,  l’âme de Wlad, très présent sur le plateau ce soir-là.

Edith Rappoport

Au Cosmos Kolej, la Gare Franche de Marseille,ce  23  mai.

Le Passage du Cap Horn et Zoologie des faubourgs seront présentés comme prévu,  avant la disparition de Znorko à Villeneuve en scène  à Villeneuve-lès-Avignon du 4 au 24 juillet.
Et  Tuvawoir Znorko, trois  jours autour de son œuvre plurielle au Cosmos kolej  du 10 au 12 octobre.  La gare Franche  7 chemin des Tuileries, 13015 Marseille T : 04-91-65-17-77. contact@cosmoskolej.org

1...1819202122...31

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...