Disparition de Karel Kraus

Disparition de Karel Kraus.

kraus_karel1xKarel Kraus vient de s’éteindre à 94 ans à Prague. Parfaitement francophone, il était bien connu des milieux intellectuels français et avait joué un rôle important pendant le Printemps de Prague. Grand connaisseur de l’histoire du théâtre européen, il avait aussi traduit Giraudoux, Molière, Musset, Le Sage, Beaumarchais… et Tchekhov.
Dès 1945, il avait joué un rôle capital aux côtés de Jiri Frejka, maître de toute une génération d’artistes tchécoslovaques au Théâtre municipal de Prague, puis à partir de 1956, il collabora avec le metteur en scène Otomar Krejca au Théâtre National de Prague. Il avait été son dramaturge : il traduisait les pièces qu’il allait mettre en scène, conduisait les analyses dramaturgiques et réfléchissait aux modalités théoriques et pratiques du développement d’un théâtre moderne dans son pays .
C’est avec lui, et avec des acteurs et des auteurs tchécoslovaques qu’Otomar Krejca fonde, en 1965, le célèbre Théâtre Za Branou, qui sera fermé en avril 1971 par les autorités. Krejca est à l’origine d’une nouvelle façon de monter Tchekhov en Europe, et Kraus n’y est pas pour rien… Nous avions tous admiré
à Paris, au Théâtre des Nations, en 1968, Les Trois sœurs, qu’il avait traduite avec J. Topol, dans la scénographie de J. Svoboda et avec les costumes de J. Konecna,
La même équipe: Krejca, Kraus, Svoboda, Konecna, monta aussi un inoubliable
Lorenzaccio en 1969, qui vint en tournée à Paris en 1970. Sa vaste culture et sa grande modestie en faisaient un homme d’une intelligence et d’une civilité incomparables.

Béatrice Picon-Vallin


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La saison Danse 2014/2015 à l’Opéra de Paris

La saison Danse 2014/2015 à l’Opéra de Paris.phonto

 Benjamin Millepied connaît un grand succès avec son L.A Danse Project 2 au Châtelet, et viendra en octobre prendre la direction de la danse à l’Opéra de Paris.
Il succèdera à Brigitte Lefèvre qui nous a présenté sa dernière saison, avec beaucoup d’émotion, d’autant qu’elle a appris, au  cours de cette présentation, le décès de Gérard Mortier, un des anciens directeurs de L’opéra.
Elle partira officiellement le 4 octobre, et elle a souligné sa satisfaction de transmettre au nouveau directeur Stéphane Lissner, une maison avec tous ses services  en ordre parfait de fonctionnement.
La nouvelle saison commencera  dès  septembre, avec une pièce jamais vue en France du Tanztheater de Pina Bausch, Two Cigarettes in the Dark, auquel feront suite deux pièces de William Forsythe et Etudes d’Harald Lander, un travail qui parle du vocabulaire de la danse et de sa théâtralité.

Les amateurs de danse classique pourront voir ou revoir, Casse- Noisette et Le Lac des cygnes dans la chorégraphie de Rudolf Noureev, qui disait, «Je serais toujours vivant quand on dansera mes ballets», ainsi qu’une curiosité La fille Mal Gardée, un ballet créé en 1789 et chorégraphié ici par l’anglais Frederick Ashton dans une tonalité très comédie musicale. Les Enfants du Paradis,  inspiré du film de Marcel Carné,  dans une chorégraphie de José Martinez, ancien danseur de l’Opéra de Paris et directeur actuel du Ballet de Madrid, sera repris ainsi que La Source, chorégraphié par Jean-Guillaume Bart, ce  qui permettra aussi d’admirer les superbes costumes de Christian Lacroix.
Mats Ek présentera un Juliette et Roméo sur une musique de Tchaïkovski, un spectacle à ne pas manquer, car il pourrait  surprendre. Les représentations de l’École de danse de l’Opéra seront bien sûr programmées,  et ceux qui apprécient le néoclassique pourront découvrir, Le Chant de la terre avec  une musique de Gustav Malher,  chorégraphié par John Neumeier et Paquita de Pierre Lacotte. Enfin pour compléter cette saison déjà riche,  trois ballets contemporains: Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker, trois pièces de Nicolas Paul, formé à l’Opéra, Pierre Rigal et Edouard Lock,  et enfin l’Anatomie de la Sensation de Wayne McGregor terminera la saison le 16 juillet !

Jean Couturier

www.operadeparis.fr

Session House

Session House: à Tokyo, un centre de danse contemporaine.

session house Situé au sommet d’une colline à Tokyo ,dans ce qui est appelé le quartier français, compte-tenu du nombre d’expatriés qui y habitent, Il est connu de tous les danseurs japonais,  en particulier de ceux qui vivent en Europe comme Kaori Ito qui a travaillé récemment avec Aurélien Bory et qui présente bientôt Asobi au théâtre National de Chaillot.  Avec une architecture  originale, développée verticalement, il possède un  studio modulable  en sous-sol, créé en 1991, en même temps lieu de répétition et une salle de spectacle  pouvant accueillir une centaine de spectateurs,  au deuxième étage,  The Garden, créé en 1993,  est un lieu d’exposition et de performances dansées.
Ce centre, à but non lucratif et dirigé par Takashi Ito, est aussi singulier par ses activités multiples.  C’est d’abord un lieu de formation, tant pour les amateurs que pour les professionnels,et  il accueille plusieurs ateliers de valeur, dont celui d’un danseur de la troupe de Pina Bausch, Jean-Laurent Sasportes,  qui a lieu chaque été. C’est aussi un centre de création, avec la compagnie Mademoiselle Cinéma dirigée par Naoko Ito depuis 1993.
Session House a comme caractéristique singulière, de donner la possibilité à chaque danseur seul ou en groupe de présenter, sans aucune contre-partie financière leur travail. Session- House accueille n’importe quel danseur dans Theater 21 Fes, petits concours sans sélection préalable. A l’issue des représentations composées de cinq courtes pièces de différents artistes, le public fait d’amateurs et de professionnels de la danse donne son avis ainsi que Madame et Monsieur Ito,  et le spectacle choisi bénéficie alors d’un partenariat de la part de Session-House afin de pouvoir y être travaillé et représenté à nouveau.
Le plus surprenant: il n’existe pas de sélection initiale, et ce sont les premières cinq personnes qui téléphonent au centre, dès que est parue l’information de la nouvelle session, qui obtiennent le droit de présenter leur travail. Cette sélection a lieu quatre fois par an depuis une dizaine d’années. L’ensemble de ces manifestations font de Session-House une véritable ruche de création, fourmillante de vie et de jeunesse d’esprit.

Jean Couturier

www.session-house.net

Bravo le MEDEF

 Bravo le MEDEF…

Le MEDEF qui ne doute jamais de rien, a enfin dévoilé ses plans qui étaient le dernier secret de Polichinelle: il  persiste et signe son opposition à l’assurance-chômage des intermittents du spectacle, alors que les négociations entre les partenaires sociaux vont reprendre  aujourd’hui…
  Pour saluer le grand courage et l’immense bonne volonté de l’organisation patronale, qui veut à tout prix abroger le régime spécifique des intermittents, (les fameuses annexes 8 des techniciens,  et 10 pour les artistes), et le faire rentrer dans le régime dit général, un cortège partira aujourd’hui, du Palais-Royal à 14 heures vers le siège du Medef, avenue Bosquet à Paris.
Certes, ce régime d’indemnisation est loin d’être parfait mais il a fait ses preuves; sans doute, il a ses tricheurs mais ce qu’on oublie de dire, pas plus que tous les autres… Et le MEDEF ne signale pas qu’il y a d’autres tricheurs, et des plus  institutionnels qui, eux, sans aucun état d’âme, continuent à recruter techniciens et artistes  avec un statut d’intermittent, dans le but évident  de contourner la loi et de faire des économies.

Ainsi, selon le rapport  de la mission sur l’intermittence, fin 2012, c’est à dire hier,  notait bien que les chaînes de de la télévision  publique comptaient 18 % de salariés non permanents, dont la moitié d’intermittents, alors qu’ils devraient être normalement embauchés en CDI. Même si chez Radio-France, l’intermittence concerne davantage les producteurs et animateurs, l’un d’entre eux avait travaillé pendant 37 ans ( sic) en CDD! France Télévisions, institution privée, emploie, elle,  400 permanents et 200 non permanents (en équivalent temps plein). 
Bref, le MEDEF et son Gattaz préféré feraient déjà bien de balayer devant leur porte, avant de proposer du n’importe quoi, c’est à dire, si on a bien compris, de faire payer l’Etat. Ils devraient se souvenir du fameux:  » Pas question de céder » que bien des hommes politiques: entre autres, Juppé, avec son plan de sauvegarde de la Sécu,  Balladur qui voulait abroger la loi Falloux, Devaquet qui prévoyait l’autonomie des universités et qui après la mort de Malek Oussekine exécuté par des policiers, dût démissionner, Ferry avec sa loi sur l’autonomie des universités vite enterrée, Villepin avec son CPE,  Fillon avec son projet sur les IUT, tous avaient cru bon de rouler les mécaniques face aux  grandes manifestations de rue… avant de reculer des deux pieds.
Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, comme Jean-Marc Ayrault, ont bien soutenu la position des syndicats mais quel est le poids d’un gouvernement en fin de course, à l’heure actuelle? La France est quand même un curieux pays: il faut à tout prix que les situations les plus invraisemblables – et celle-là dure depuis plus de dix ans!-  ne puissent se résoudre qu’une fois passée l’épreuve de la rue.
Victor Hugo disait:  » La rue est le cordon ombilical  qui relie l’individu à la société ». Aux dernières nouvelles, le sieur Gattaz, lui aussi, aurait mieux fait de se taire:
toute honte bue, il a déjà commencé à reculer!
Mais restons vigilants.

Philippe du Vignal

Nous avons reçu cette lettre de Bernard Bloch, comédien et metteur en scène,  où il résume clairement la situation actuelle.

Ph. du V.

Intermittents du spectacle, pourquoi ?  Qui sont-ils ?  Servent-ils à quelque chose ?

Etre “intermittent du spectacle” n’est ni un métier ni un statut. C’est un régime d’indemnisation-chômage spécifique, créé en 1936.Un tiers des salariés du secteur ne sont pas intermittents mais travaillent dans le cadre du régime général, en CDI ou en CDD. Les intermittents du spectacle sont des travailleurs, artistiques, techniques et administratifs. Leur travail salarié est discontinu. Comme celui des gens travaillant  en CDD, les intérimaires, les stagiaires, les travailleurs à temps partiel.
En réalité, la plupart des intermittents travaillent constamment, mais seules leurs périodes de salariat sont discontinues :
1) Soit, pour la très grande majorité d’entre eux, parce qu’une importante partie de leur travail est souterrain : une danseuse s’entraîne quotidiennement sans être payée ; un comédien travaille son texte chez lui sans être payé ; un metteur en scène de théâtre ou de cinéma réunit une distribution, conçoit une scénographie, recherche des financements pendant des mois, parfois des années, pour une création qui verra le jour longtemps après le début de son travail. Mais il ne sera payé qu’au moment de la création….
2) Soit parce qu’ils travaillent dans des entreprises audiovisuelles ou ‘événementielles’ qui auraient les moyens de les payer normalement pour la vraie durée du travail, mais qui, pour « optimiser leurs profits », ‘abusent’ des  modalités spécifiques d’indemnisation des intermittents.
3) Soit parce qu’ils travaillent pour des associations peu argentées qui n’ont pas les moyens de payer chaque jour travaillé et qui utilisent, elles aussi, ces modalités spécifiques d’indemnisation des intermittents,  sans lesquelles elles ne pourraient tout simplement pas exister. C’est le cas de la plupart des compagnies artistiques ainsi que d’un certain nombre de théâtres indépendants reconnus et soutenus par les pouvoirs publics pour la qualité de leur travail, leur indépendance et le faible coût de leurs productions.
Si ces structures devenaient elles aussi des institutions d’État, si le régime de l’intermittence dépendait de l’État,  et non de la solidarité interprofessionnelle, ces compagnies et ces artistes perdraient l’indépendance et la singularité qui font leur raison d’être.
4) Les intermittents du spectacle, sauf quelques stars, ont des revenus (salaire+indemnités) modérés ou faibles : le salaire annuel médian des intermittents, indemnités comprises (artistes et techniciens), est de 8503 € (4869 € pour les seuls artistes !). Et encore, la moitié d’entre eux (comme la moitié des chômeurs) ne bénéficient pas d’indemnisation ! Sont-ce là des privilégiés ?
Les intermittents du spectacle servent-ils à quelque chose ?
1) Les ‘intermittents’ font vivre des pans entiers de l’économie nationale qui sinon s’écrouleraient (tous les théâtres et les cinémas, des orchestres, les parcs d’attractions, voire la télévision) ou qui seraient mis en difficulté (tout le secteur touristique et commercial qui bénéficie grassement des activités culturelles et, notamment, festivalières). Sur cette question économique, les chiffres avancés par les détracteurs des intermittents pour faire valoir qu’ils sont coûteux, parasitaires et privilégiés, sont mensongers et insultants. Selon un récent audit indépendant et officiel, le secteur culturel représente en effet plus de 3% du PIB et emploie plus de salariés que l’automobile et autant que l’agro-alimentaire.
2) Les intermittents travaillent -comme d’autres artistes non intermittents (plasticiens par exemple)- à essayer de rendre accessible une denrée (l’art) qui n’est pas un luxe de nantis, ni d’intellectuels, mais qui est –consciemment ou non- absolument essentiel à la vie de toutes les femmes et de tous les hommes, comme c’est le cas depuis la nuit de Lascaux. L’art est un regard neuf sur le réel. Il permet de le transformer, et seuls, ceux qui considèrent que le monde est paradisiaque, ne ressentent pas le besoin de la transformer.
3) En ces temps de révolution numérique, de limitation des ressources naturelles et d’émergence légitime des économies du Sud, l’intermittence peut constituer un laboratoire très utile pour élaborer un nouveau mode de gestion du travail et du chômage que l’évolution de la société rendra bientôt obligatoire pour tous les travailleurs, dans tous les secteurs économiques.
Le « travail invisible » de conception, de réflexion et d’enrichissement culturel occupera bientôt plus de temps que le travail salarié à l’ancienne. Le CDI à vie dans la même entreprise, voire dans la même branche, devient de plus en plus rare et, ce qui est aujourd’hui considéré comme une menace, pourra alors devenir une chance qui laissera à tous les travailleurs plus de temps pour s’émanciper.

  Là encore, les 10% de privilégiés qui accaparent 90% des revenus ont tout intérêt à empêcher cette émancipation qui conduirait immanquablement à la remise en cause de leurs privilèges.

Bernard Bloch

Nous avons reçu aussi ce message:
Le Point réalise un sondage super démago « pour ou contre la  proposition du Medef d’en finir avec les intermittents »! Pour voter contre, il suffit de  cliquer sur le lien et de cocher « non »;  ça prend 2 secondes! Merci d’agir contre cette propagande!!!!
Christian Maillard

 http://www.lepoint.fr/sondages-oui-non/etes-vous-favorable-a-la-proposition-du-medef-d-en-finir-avec-le-regime-des-intermittents-du-spectacle-16-02-2014-1792218_1923.php

 

Jean Babilée

204604_jean-paul-goude-raconte-jean-paul-goude Vie et mort de Jean Babilée.

Jean Babilée s’est éteint.  La mort a rattrapé ce jeune homme de 90 ans. On oubliait son âge.  Avec toujours la même silhouette fine, altière, Jean Babilée restait ce jeune homme, pour qui Jean Cocteau, inspiré par son hypersensibilité et son tempérament rebelle, écrivit l’argument du Jeune Homme et la mort.
Il restait ce danseur pour qui Luchino Visconti, subjugué par sa jeunesse insolente, inventa deux ballets, Mario il mago et Maratona di danza. D’une grâce incomparable, cet être  insaisissable ne touchait terre que pour s’envoler plus haut.
Colette l’avait compris, quand, en le voyant entrer un jour chez elle, conduit par Jean Cocteau, elle s’écria avec son accent bourguignon:
« C’est le garrrrçon qui vole ! » Son charme agissait sur tous les êtres vivants. De son enfance auprès d’une mère aimante qui emmenait son enfant chéri voir les auteurs classiques et applaudir les Ballets Russes, et d’un père médecin, ami des artistes, Jean Babilée, qui s’appelait encore Jean Gutmann, avait gardé le goût de la poésie (il connaissait tant de textes par cœur).
Sa santé fragile ne laissait pas supposer la maîtrise corporelle absolue qui serait la sienne. Mais quand la volonté de devenir danseur s’affirma –il n’avait pas treize ans-, toute sa vie s’organisa autour de cette décision. L’école de l’Opéra de Paris était  à l’époque,  le choix le plus exigeant pour un Parisien; il y fit donc ses classes et entra ensuite dans le corps de ballet.
Il y noua des amitiés durables mais y découvrit aussi la vilenie et la haine raciale, quand, en 1940, sur le miroir de sa loge, le mot JUIF avait été écrit en grosses lettres ! Et les officiers nazis,  qui appréciaient l’Opéra,s’y retrouvaient souvent. Il quitta donc Paris pour la France libre et dansa avec les Ballets de Cannes de Marika Besobrasova, avant de rejoindre le maquis. A la Libération, quelques jeunes danseurs, sous l’égide de Jean Cocteau, de Boris Kochno et d’autres artistes de renom, se réunissent et fondent les Ballets des Champs-Elysées,  où Babilée se distingue immédiatement.
Pour Jeux de cartes, un ballet de Janine Charrat, il créa le rôle d’un joker irrésistible. Un an plus tard, en 1946, Le Jeune Homme et la mort le fit, d’un bond, entrer dans la légende. Désormais, ce qu’il fait, ce qu’il vit, intéresse la presse. Les journaux le suivent dans ses moindres déplacements, commentent ses succès, et bien sûr, ses amours.
Il est courtisé par les metteurs en scène et les réalisateurs, et ses apparitions au théâtre ou au cinéma lui valent autant de lauriers. Raymond Rouleau, Peter Brook, Jacques Rivette, Georges Franju, sont quelques-uns des nombreux compagnonnages artistiques dont sa carrière est jalonnée.
Et pourtant, autour de lui, tout semblait si naturel, si léger, si évident, comme si tout ce qu’il réalisait allait de soi; sa vie et son art étaient si intimement liés  qu’il n’entreprenait rien qui ne lui fasse plaisir… Aucune cage n’a jamais pu emprisonner cet esprit libre. Il fut nommé Etoile  mais quitta  vite l’Opéra de Paris et
ses règles pesantes. Sa présence sur les plus grandes scènes  mondiales, ses choix artistiques, très éclectiques, relevaient toujours d’une exigence qu’il se devait à lui-même.
Il est parti comme les chats qu’il aimait tant, discrètement, élégant jusqu’à la fin…

Sonia Schoonejans
 

 » Je marche pour la Culture « 

« Je marche pour la Culture »
Appel intersyndical à la mobilisation « Je marche pour la Culture »  du lundi  10 février 2014.

Homme-qui-marche--GiacomettiJe marche pour que tous les élu-e-s prennent conscience de l’importance de l’art et de la Culture pour notre société.
Je marche pour les mots oubliés de François Hollande en 2012 : « La Culture n’est pas un luxe dont on peut se débarrasser en période de disette… La Culture c’est l’ avenir… »
Je marche afin qu’une ambition s’exprime pour la Culture.
Je marche pour lutter contre les inégalités culturelles et pour la liberté d expression.
Je marche parce que j’aime mon métier.
Je marche pour la démocratie et la diversité culturelles, je marche pour la cohésion sociale.
Je marche parce que j’aime la Culture à proximité de chez moi, je marche pour la Culture sur mon lieu de travail.
Je marche parce que la Culture enrichit et nourrit mon quotidien.
Je marche parce que je revendique un régime juste et mutualiste pour les salariés intermittents du spectacle à l’occasion de la négociation assurance chômage.
Nous marchons parce que la Culture est un droit, notre droit à toutes et tous.
Nous marchons toutes et tous parce que nous aimons la Culture, tout simplement.

Le 10 Février 2014, nous commençons à marcher !

Des « marches » doivent se dérouler à :
Nantes, Rennes, Metz, Lyon, Montpellier, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lille, et enfin Paris.

De plus, l’appel a été lancé sur le site www.je-marche-pour-la-culture.org : vous y retrouverez le détail de chaque événement en région mis à jour au fil des heures.

A Paris, départ 14h00 au Cirque d’hiver, 110 rue Amelot dans le 11e, métro Filles du Calvaire. Beaucoup de lieux de culture de tous les secteurs sont accessibles sur ce parcours Cirque d’Hiver – République – boulevard du crime (détour par la DRAC) – rue du 4 septembre (AFP) – Châtelet – Rivoli – Odéon, 5 ou 6 stations sont prévues et une délégation sera envoyée à Matignon pour une demande d’audience.

En complément du site internet

- Une pétition a été mise en ligne www.petitions24.net/je_marche_pour_la_culture
- La page facebook a été lancée www.facebook.com/jemarchepourlaculture

Premiers signataires :

la CGT SPECTACLE : Fédération du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle et ses syndicats d’artistes et de techniciens ; la CGT CULTURE : Syndicat CGT des personnels des affaires culturelles le SNJ CGT : le Syndicat national des journalistes CGT ;
le SYNDEAC : Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles ;
le PROFEDIM : Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles, diffuseurs indépendants de musique ;
le CIPAC : Fédération des professionnels de l’art contemporain ;
la CPDO : Chambre professionnelle des directions d’opéras ;
le SYNOLYR : Syndicat national des orchestres et des théâtres lyriques ;
le SCC – Syndicat du Cirque de Création ;
la CFE-CGC Spectacle – Pôle fédéral CGC spectacle et action culturelle et ses syndicats (SNACOPVA CFE-CGC, SNAPS CFE-CGC, SNCAMTC),
le SNSP : Syndicat national des scènes publiques ;
le SMA : Syndicat national des Musiques Actuelles ;
la F3C-CFDT : Fédération CFDT de la communication, du conseil et de la culture et ses syndicats (Syndicat culture CFDT et le SNAPAC) ;
le SYNAVI : Syndicat National des Arts Vivants,
la FASAP-FO : La Fédération des syndicats des arts des spectacles, de l’audiovisuel, de la presse, de la communication et du multimédia FO…

Les Vivants et les Morts

Les Vivants  et les Morts

 Les spectacles des vivants nous prennent beaucoup de temps, à nous critiques, c’est normal et c’est la vie… Mais il faut aussi rappeler ce que furent ces quatre  hommes, tous disparus  en octobre et novembre, qui eurent tous les quatre un rapport  étroit avec le Théâtre national de Chaillot et qui furent, chacun dans son métier, l’honneur de la profession théâtrale. Comme le disait Tchekov:  » Ce sont les vivants qui ferment les yeux des morts mais ce sont les morts qui ouvrent les yeux des vivants » … Nous ne nous les oublierons pas.

  61032_12723099_460x306Alain Recoing, metteur en scène, marionnettiste et fondateur du Théâtre aux main nues, avait 89 ans  et était connu pour sa remarquable technique de la marionnette à gaine. Il travailla notamment en 1948 avec Gaston Baty, mais aussi pour la télévision, notamment avec Jean-Christophe Averty, Jean-Paul Carrère et Pierre Tchernia. Et,  en 57, il mit en scène  La petite Clef d’or d’Alexis Tolstoï, au  Vieux-Colombier avec Antoine Vitez qu’il suivit au Théâtre des Quartiers d’Ivry puis ensuite à Chaillot.
Il fonda et présida le Centre National de la Marionnette et  fut chargé de cours à l’Ecole Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette 87 à 99 et à l’université de Paris III – Sorbonne Nouvelle.  Il créa  et anima aussi dans le 20 ème à Paris,  l’Ecole de l’acteur marionnettiste.
Et on peut dire que, sans lui, l’art de la marionnette en France, si peu considéré il y a une quarantaine d’années, ne serait pas celui qu’il est maintenant, de très haute qualité,  reconnu à l’étranger et consacré comme un élément majeur du spectacle contemporain.

  bob_escrime01Bob Heddle-Roboth avait  86 ans, et fut un des maîtres les plus remarquables de l’escrime en France, en particulier de l’escrime  artistique  à laquelle il vouait une véritable passion. Il travailla avec nombre  de metteurs en scène, dont  Jérome Savary et Marcel Marceau, et fut,  plus de quinze ans, le maître d’armes de l’Ecole du Théâtre national de Chaillot où il forma de nombreux élèves, qui lui vouaient un véritable culte et qui étaient conscients de lui devoir beaucoup.
Avec des méthodes pédagogiques très au point, et un grande vigilance quant à la sécurité, dans un art où il y a toujours des risques et aucune place pour l’improvisation, cet homme d’expérience leur enseignait, ainsi qu’à de nombreux comédiens confirmés, la simulation de combat (fleuret, épée,sabre, etc… mais aussi bagarres) indispensable dans de nombreux spectacles et films avec attaques, désarmements, parades, déplacements… Et souvent proche d’une chorégraphie qui doit parfaitement s’intégrer à une mise en scène.
D’une générosité sans  bornes, il était très sollicité mais n’hésitait jamais à passer de nombreuses heures à mettre ses compétences au service d’un élève qui passait une audition, ou d’une jeune compagnie désargentée. Bob laissera le souvenir d’un maître d’armes et d’un enseignant exemplaires.

 bruno-sermonneBruno Sermonne était né en 41.  L’homme  était modeste, exigeant envers lui-même, mais avait un caractère bien trempé, voire, dit-on, pas commode. Il avait une présence en scène fascinante, avec un regard et une voix  inimitable qui marquèrent ses très nombreux rôles.
A  peine sorti de l’Ecole de la rue Blanche ( ENSATT).et chaque année depuis 1963,  il ne joua pas moins  – parcours impressionnant- dans une  voire , dans plusieurs  créations . D’abord, sous la direction de Jean Gillibert,  Roméo et Juliette,  Phèdre , Les Perses d’Eschyle, Gardien du tombeau d’après Kafka… Puis,  avec Henri Ronse  dans Une Saison en enfer Le Pélican d’August Strindberg. On le vit aussi dans  Père avec Otomar Krejca à Chaillot,  avec Ariane Mnouchkine dans Méphisto de Klaus Mann et  avec  Antoine Vitez  dans  La Mouette de Tchekhov et Le Héron de Vassili Axionov. Il jouera aussi avec Alain Olivier Yanniis Kokkhos pour La Princesse blanche de Rilke,  Oncle Vania de Tchekhov, mis en scène par Benedetti. Et encore avec Brigitte Jaques.  Il travailla aussi beaucoup avec Olivier Py d’abord  dans Les Aventures de Paco Goliard,  puis  Les Vainqueurs , Le Visage d’Orphée, Les Enfants de Saturne et L’Orestie. Bref, un parcours impressionnant d’acteur, à la fois modeste et efficace, qui sut se mettre humblement au service de la scène.

Paul-Louis-MignonEnfin, Paul-Louis Mignon, critique dramatique, professeur, producteur de télévision et historien du théâtre contemporain,  nous a  aussi quitté à 83 ans. Lui aussi eut un parcours exemplaire. Etudiant, il fit ses classes comme acteur aux Théophiliens, groupe de  théâtre médiéval de la Sorbonne, concurrent du Groupe de théâtre antique auquel collabora longtemps Jean Gillibert (voir plus haut).
Puis il devint le secrétaire de Charles Dullin. Il fut aussi proche  de Louis Jouvet, de Jean-Louis Barrault, et de Jean Vilar… Paul-Louis Mignon fut engagé en 44 comme responsable de l’information théâtrale et de la critique dramatique à la Radiodiffusion française et  devint le directeur des émissions dramatiques de la Radiodiffusion; pendant plus de quarante ans, il fut critique a Journal télévisé et dans les années 60 à  L’Avant-Scène Théâtre.
On sait moins qu’il  créa en 75 le Prix du livre Inter et  qu’il était  un grand spécialiste de la vie théâtrale pendant l’Occupation allemande. Et il parlait magnifiquement, et avec une grande simplicité  et  beaucoup de justesse de la vie de Louis Jouvet dans un  documentaire qui lui avait été consacré. Resteront  de lui ses articles et les films auxquels il a collaboré. Ce qui n’est pas rien…

Philippe du Vignal

Le Forum Culturel de Blanc-Mesnil fête ses vingt ans

 Le Forum culturel du Blanc-Mesnil fête ses vingt ans.

 

spectacle en répétition

spectacle en répétition

  Vingt ans, le bel âge… et surtout de la belle ouvrage ! Le Forum Culturel, scène conventionnée du Blanc Mesnil vient de souffler ses bougies au cours d’une soirée participative et festive.
Le maire, Didier Mignot et son équipe, accompagné de Daniel Feurtet, maire honoraire qui, vingt ans auparavant, avait fait ce choix politique de donner l’accès à la culture et à la création pour tous, dans une ville populaire de banlieue, poursuit les mêmes objectifs.
Cette politique mise en œuvre par l’élu à la Culture, Hervé Bramy, passe par le développement des équipements: médiathèque, conservatoire de musique et de danse, cinéma, forum culturel, « un bien commun de tous les habitants » et par la création d’une université citoyenne qui permette la rencontre avec les publics, dans et hors les murs.
Xavier Croci, le maître d’oeuvre, directeur imaginatif du Forum, pose des actes artistiques, poétiques et politiques, et s’engage auprès des habitants en tissant une programmation exigeante et ouverte. Spectacles, expositions, concerts, projections, rencontres et débats d’idées s’y déclinent dans une sensibilité interculturelle. Et le mot accueil a un sens fort ici, avec l’accompagnement de chorégraphes, comédiens et plasticiens, et de compagnies en résidence, mêlés à la vie du Forum, qui coproduit et diffuse leurs travaux.
Inséré depuis trois ans au Blanc-Mesnil, Le Théâtre Irruptionnel présentait en cet anniversaire, un spectacle conçu et réalisé avec les habitants, Le grand Ici. Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre en a écrit le texte, à partir de la parole collectée, et a rassemblé un chœur d’une cinquantaine d’habitants, dans une mise en scène qui signait aussi la fin de résidence de sa compagnie.
Des gradins pour le chœur, cinq pupitres pour les comédiens, des petites lumières comme des étoiles, un écran à l’arrière, l’essaim d’une ville : « Une ville de banlieue, vieille, jeune, grande, petite. J’y suis né. J’ai vécu ici, je ne peux aimer que ça, on se connaît tous…». Et le texte rapporte avec humour et fantaisie les péripéties du RER B toujours en retard, où l’homme perd ses repères, surtout s’il le compare au RER A qui dessert les banlieues chic de l’Ouest ; le bus 148 qu’on passe plus de temps à attendre qu’à emprunter, la ville coupée en deux et l’absence de centre ; les incidents, les jeunes, la racaille, les voyous, la bagarre, les cités, la police, les quartiers: la liste est longue et s’accélère et les images à l’écran  accompagnent cette accélération.
L’énumération se poursuit avec les rapatriés d’Algérie et l’arrivée des Pakistanais, l’idée d’un couvre-feu à 18h pour les filles, les femmes de la cité des Tilleuls, le linge qui sèche cité Casanova, le buffet à volonté du restaurant chinois, et avec Serge Reggiani qui chante Les Loups.
« J’aime cette ville mais je suis en colère. Ici, on fait des progrès en tolérance et en hospitalité… Manque un café sympa, comme à Paris… C’est quoi l’avenir ? Ici on se bat, le cœur bat ». Chaque petite étoile se rallume, un homme en kilt écossais fait battre la poitrine de chaque choriste  avec une mélodie au violon. « Ici, c’est la diversité puissance dix, plus l’infini, plus le mélange ».
La soirée se poursuit avec une pièce musicale,
Grand Bazar interprétée par le conservatoire régional départemental, et un concert de l’Orchestre national de jazz, intitulé The Party, sous la direction de Daniel Yvinec. L’utile et l’agréable sont au rendez-vous, et les habitants aussi.

Brigitte Rémer

Fête du 16 novembre 2013, au Forum Culturel du Blanc-Mesnil, 1/5, Place de la Libération. www.leforumbm.fr

Claire Lasne-Darcueil

Claire Lasne-Darcueil,  nommée directrice du Conservatoire national.

Claire Lasne-Darcueil dans actualites a-45-ans-claire-lasne-darcueil-s-offre-un-nouveau-challenge_276051_536x381pEnfin une bonne nouvelle dans les nominations à la tête de grands établissement nationaux … A 47 ans, Claire Lasne-Darceuil  sera la première femme-pas trop tôt! -à diriger le Conservatoire national.
Cela n’allait plus du tout, et depuis trop longtemps, entre l’équipe de professeurs  et le directeur du Conservatoire national.  Daniel Mesguisch avait sans doute accumulé trop d’erreurs de tir et de  réformettes inutiles, si bien que l’on ne voyait plus très bien la ligne pédagogique de cette école. Et les petites phrases assassines se succédaient donc à un rythme soutenu. Plus grave,  Mesguisch avait récemment subi les attaques  régulières et impitoyables des élèves auxquelles il avait répondu de façon plus que maladroite. Il était donc grand temps qu’Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, règle la chose!
Nous avons tous en mémoire le Platonov de Tchekov que Claire Lasne-Darcueil-et elle n’avait pas trente ans- avait monté au Paris-Villette et qui l’avait aussitôt consacrée comme une excellente metteuse en scène.
Elle avait ensuite, de 98 à 2010, dirigé le centre dramatique de Poitou-Charentes où elle avait innové en créant des spectacles sous chapiteau puis elle fut ensuite à la tête de la Maison du comédien Maria Casarès.
Claire Lasne-Dracueil avait dirigé un stage Tchekov associé à un autre stage consacré à des exercices physiques à L’École du Théâtre national de Chaillot il y a quinze ans, et un des ex-élèves rencontré par hasard aujourd’hui, quand nous lui annoncions la bonne nouvelle, se souvenait encore de tout ce qu’elle avait,
une semaine, apporté d’énergie et d’efficacité pédagogique. C’est un signe qui ne trompe pas!
  Elle en aura bien besoin pour ramener la paix et relancer cette école au passé prestigieux qui commençait aussi à souffrir  de la concurrence des autres écoles et conservatoires français, faisant preuve de plus d’imagination… Mais on sait que diriger une école de théâtre et en particulier celle-ci-pourtant richement doté- n’est pas toujours un cadeau. Bon vent Claire Lasne-Darcueil, vous avez largement le potentiel indispensable pour réussir.

Philippe du Vignal

Exposition Rudolph Noureev

Exposition  Rudolf Noureev au Centre National du Costume de Scène de Moulins.

 

  Exposition Rudolph Noureev dans actualites photo-21«Je souhaite (…) voir mon nom perpétué sous la forme d’un musée ou d’une galerie d’exposition commémorant mon style de vie et ma carrière en tant qu’individu et danseur, carrière au cours de laquelle je me suis également investi dans les domaines de la chorégraphie et de la musique… ». Ces dispositions du testament  de Rudolf Noureev, qui figurent à l’entrée, deviennent  une réalité avec cette nouvelle exposition qui sera permanente au CNCS.
Vingt ans après la mort d’un des plus grands danseurs du XXème siècle, la fondation Noureev en collaboration avec le CNCS et sa directrice Delphine Pinasa, ont réalisé son souhait.
C’est son ami, le décorateur et costumier Ezio Frigerio,  aidé de Giuliano Spinelli,  qui a conçu la scénographie de ce lieu exceptionnel qui  plonge directement le public dans un décor de théâtre.

Dans la première salle, au sol  en parquet comme sur une scène  et aux  cloisons en bois découpées comme pour un décor en perspective, nous découvrons Rudolf Noureev danseur avec ses cinq pourpoints, en particulier ceux d’Ezio Frigerio ou de Nicholas Georgiadis, éclairés d’une faible lumière, afin de mieux les préserver.
De même, costumes, photos et autres documents originaux  subiront une rotation tous les trois mois, pour mieux les conserver.
Le musée dispose d’une trentaine de costumes du danseur, entre son fond propre venant de l’Opéra de Paris et celui de la fondation Noureev.  Le danseur avait un rapport étroit avec son costume, il ne portait qu’un collant surmonté d’un pourpoint qu’il avait modifié en lui enlevant les trousses.

On découvre aussi Noureev chorégraphe, qui, à 25 ans seulement, remonte les ballets de Marius Petipa,  à travers les costumes des étoiles de l’Opéra qui ont dansé pour lui: entre autres, le tutu porté par Noëlla Pontois  créé par Franca Squarciapino en 1984 pour Le Lac des Cygnes, qui a pour caractéristique d’être tombant car il n’aimait pas voir les fesses de ses danseuses…
Il  remonte ou crée quinze ballets, en particulier quand il est directeur de la danse à l’Opéra de Paris entre  83 et  89,  et dont beaucoup sont encore aujourd’hui au répertoire. Dans ce même espace,  sont aussi exposées  trois reproductions des maquettes de  décor et  sont aussi projetés des extraits de Noureev danseur.
La deuxième salle retrace quelques éléments biographiques, dont les années russes de cet homme né en 1938 en Bachkirie,  en ex-Union Soviétique. Lors d’une tournée du Kirov, il décida en 61 de choisir l’exil et la liberté en demandant l’asile politique à la France. De belles photos de sa formation à la célèbre école de danse Vaganova de Leningrad (Saint-Petersbourg aujourd’hui),  ou de ses débuts dans le ballet du Kirov.
La troisième salle-passionnante-nous fait entrer dans la vie intime de ce personnage hyperactif, multiple et mégalomane selon certains. Artiste mondain, star internationale et collectionneur, il danse partout dans le monde et devient très riche, accumule les demeures, (sept en tout!) et les œuvres d’art. Le séjour de son appartement quai Voltaire est reproduit ici en partie avec  ses meubles, ses peintures et ses objets d’art. Cet endroit traduit bien son goût du baroque et de l’opulence, que l’on retrouve encore aujourd’hui  chez certains de ses compatriotes.
  A retenir particulièrement:  son châle Kenzo de 75 que l’on voit sur de nombreuses photos,  qui le protégeait  du froid et qui traduit son goût des beaux tissus  que l’on retrouvera plus tard sur sa tombe  avec un kilim en mosaïque  conçue par Ezio Frigerio et inaugurée en 96, dont on voit ici une maquette,.
Rudolf Noureev avait souhaité être enterré à Saint-Geneviève-des-Bois mais le plus loin possible de Serge Lifar… Lifar qui lui avait offert en 61 à l’Opéra de Paris le prix Nijinsky. Dernier objet  très émouvant: sa mallette de tournée qui comporte l’étiquette UK tour 1991, deux ans avant son décès du sida en 93, et qui  témoigne du côté nomade d’ un homme qui passait d’un appartement à un autre, d’un pays à un autre et de scène en scène dans une perpétuelle turbulence .
Boulimique de la vie, Noureev  a vécu sans entraves, au maximum de ses possibilités psychiques et physiques, à une époque où la notion de risque était accessoire. Pour paraphraser le titre d’une célèbre pièce d’Alexandre Galine mise en scène par Lev Dodine,un an après la mort du danseur, il a vécu comme «une étoile dans le ciel matinal».

Jean Couturier

 CNCS de Moulins

www.cncs.fr                    

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