Claire Lasne-Darcueil quitte la direction du Centre dramatique de Poitou-Charentes.
Claire Lasne-Darcueil quitte la direction du Centre dramatique de Poitou-Charentes.
Cela fait plus de dix ans que Claire Lasne-Darcueil avait pris en main ce centre dramatique basé à Poitiers mais elle avait réussi à étendre son action dans toute la région; elle va maintenant diriger la Maison du comédien, maison que Maria Casarès avait léguée au petit village d’Alloue.
Et c’est Yves Beaunesne qui lui succèdera en janvier prochain. Non sans quelques difficultés à prévoir avec l’équipe actuelle du centre dramatique, dans la mesure où, effectivement, on ne voit pas très bien Yves Beaunesne poursuivre la politique de Claire Lasne-Darcueil , attachée, elle, à un travail de terrain. Alors que le nouveau directeur, qui est plutôt un bon metteur en scène, a des projets artistiques un peu partout, mais pas nécessairement en Poitou-Charentes.
Reste à savoir si cette nomination, attendue par le microcosme théâtral français , semble avoir bien avoir été décidée par le Ministre lui-même. .. Il y avait d’autre prétendants à cette succession comme Véronique Bellegarde, par exemple mais, en fin de compte, on a l’impression une fois de plus – et cela ne date pas d’hier-que tout se fait selon un esprit de cour qui n’ a pas grand chose à voir avec les règles démocratiques.
Les coups tordus et le manque de transparence des décisions de la DGCA direction générale de la création artistique( ex DMDTS), on les connaît depuis longtemps, et parmi les exemples récents: l’éviction en dernière minute (malgré les dénégations d’un des Inspecteurs) de Guy Freixe pourtant choisi par une commission, pour diriger le Centre Dramatique de Vire, puis la lamentable OPA de la Comédie-Française sur la MC 93 de Bobigny, sans même que son directeur Patrick Sommier en ait été averti… Les Comédiens français s’étaient réveillés et avaient quand même trouvé un peu gros, le coup préparé par Muriel Mayette et la maire de Bobigny , en collaboration avec le cabinet de la Ministre. Devant leur indignation, et celle de la profession comme du public de Bobigny, la Ministre de l’époque avait donc rétropédalé en vitesse avec des explications des plus confuses, et s’était empressée d’étouffer l’affaire. Depuis, bien entendu, le dossier a été « classé » comme on dit pudiquement.
Il y a aussi- c’était en décembre 2009- la nomination de Jean-Marie Besset à le tête du Centre Dramatique de Montpellier qui avait fait pas mal de vagues. Alors que la candidature de Georges Lavaudant (qui n’est quand même pas n’importe qui dans le paysage théâtral français! ) était soutenu par la Région Midi-Pyrénées. Lettres ouvertes au ministre, protestation du Syndeac qui parlait de « procédure simplifiée, précipitée et et inéquitable », et d’une partie des autres directeurs de centres dramatiques: rien n’y avait fait et Frédéric Mitterrand n’était pas revenu sur sa décision.
Décision d’autant plus curieuse – et c’était sûrement une coïncidence-que le directeur adjoint de Besset n’est autre que Gilbert Desveaux qui dirigea à Tripoli les grandes fêtes en l’honneur des quarante ans de pouvoir de Kadhafi…Comme si la décision de Fredo, grand ami de la Carlita, ne ne lui avait pas complètement appartenu! Mais non, du Vignal, vous êtes complètement parano!
Il y a eu depuis l’annonce discrète par la DGCA que la troupe du Puddding succèderait à celle du Théâtre de l’Unité à Audincourt. Là aussi, bien entendu sans concertation des intéressés. Petite cerise sur le pudding: on ne voit pas du tout de quoi se mêle la DGCA, puisque Audincourt est un lieu municipal! Cela n’a pas l’air de bouleverser Jacques Livchine, directeur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité. Avec son pessimisme optimiste, il reste d’une lucidité dont le Ministère de la Culture pourrait prendre de la graine: » Mais rien ne se passe comme prévu, écrit-il , le 10 septembre 2001, qui aurait pu prévoir que cela allait péter le lendemain ».
En fait, c’est tout le système des nominations qui manque singulièrement de transparence qui devrait être revu. Mais à partir du moment où l’Etat participe ua financement des centres dramatiques à hauteur de 50%, toutes les dérives sont permises En d’autres termes, faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais… Il serait bon que Frédéric Mitterrand veuille bien prendre la parole et s’explique mais il semble, de ce côté-là, aussi avare de conférences de presse que notre cher Président de la République, … Bien entendu, nous vous tiendrons au courant.
Philippe du Vignal

En guise d’hommage à Jacqueline de Romilly.

France Culture, le Festival d’Automne à Paris et le théâtre des Bouffes du Nord ont rendu hommage ce dimanche 28 novembre à Alain Crombecque, disparu en 2009. Cette émission, animée par Laure Adler et Jean-Pierre Thibaudat, pour France -Culture, fait suite au premier volet enregistré cet été au festival d’Avignon. Elle relate ses débuts dans le syndicat étudiant UNEF, et ses premières fonctions d’attaché de presse pour Jérôme Savary, ou pour le théâtre Antoine. Puis elle évoque son parcours au festival d’Automne, tout d’abord en 1972 comme attaché de presse de Michel Guy, puis, dès 1974 comme directeur artistique, et enfin comme emblématique directeur général depuis 1992 jusqu’à sa mort. Durant trois heures, se sont succédé des témoignages en direct ( Jack Ralite, Jack Lang, Michel Piccoli, Serge Toubiana, Charles Gonzalès etc..) ou enregistrés, comme cette lettre sonore exceptionnelle de Bob Wilson.
Pourquoi n’y-a-t-il pas en France de musée du théâtre ? Nous avons des bibliothèques-musées (Comédie-Française, Opéra), un musée du costume à Moulins, un musée de la marionnette à Lyon, mais pas de Maison du théâtre qui donnerait à voir et à comprendre l’histoire du théâtre et des spectacles en France dans un contexte élargi et nécessaire du théâtre européen et mondial, puisque c’est un art voyageur, nomade par excellence. Pourquoi donc les artistes de théâtre en France sont-ils les seuls avec ceux de la danse, à ne pas avoir un contact direct avec l’histoire de leur art ?
La maison de Constantin Stanislavski à Moscou.
En complément du spectacle Les Chaises, actuellement mis en scène par Luc Bondy au Théâtre Nanterre-Amandiers, les éditions Les Solitaires intempestifs font paraître les actes du colloque de Cerisy. Une nouvelle rencontre organisée à l’occasion du centenaire de la naissance d’Ionesco qui s’est efforcée d’envisager son œuvre avec le recul du temps. Son théâtre est ici abordé aussi bien sous l’angle des écrits que sous celui des mises en scène, tant en France qu’à l’étranger.
Une foule énorme est rassemblée autour du chapiteau, appelée par Alexandre qui mène depuis plusieurs semaines une campagne opiniâtre dans tous les médias, radio, télévision, presse écrite, pour la sauvegarde des Tsiganes et de son son cirque Tsigane en particulier (lui ne parle pas de Roms). On recueille les signatures et les soutiens financiers, on vend ses livres à tour de bras, on peut se régaler de choux farci et de vin rouge, et on essaye de se faufiler dans le chapiteau pour la première séance car devant l’affluence la compagnie décide de faire deux courtes représentations.