24 heures pour Jean Vilar


Archives pour la catégorie actualites

Wladimir Dimitrievic

Mort accidentelle de Vladimir Dimitrievic.

 

vladimirdimitrijevic3.jpgDans les environs de  Clamecy dans l’Yonne, près de son dépôt de livres, Vladimir Dimitrievic,  sans doute trop fatigué, seul à bord de sa camionnette, a  percuté un tracteur. Il avait 77 ans et avait fondé, à Lausanne, en 1966, avec une énergie exemplaire, la maison d’édition L’Âge d’homme , et sans lui, c’est toute la littérature et le théâtres de Russie et des pays de l’Est qui nous seraient restés longtemps mal connus , voire inconnus, notamment dans la collection Classiques slaves forte de quelque 500 titres.
Yougoslave d’origine, il quitta son pays en 54 pour la Suisse où il vécut de petits boulots, mais fut tout jeune possédé par le démon de la littérature; grand lecteur, il devint assez vite éditeur, dans des conditions financière  très dures; dans les années 70 , quand ils s’installa aussi à Paris , il dormait dans sa camionnette pour économiser une nuit d’hôtel puis plus tard dans le sous-sol de la rue Férou où il avait installé sa librairie et le siège de sa maison d’édition.. « Un groupe d’amis avait décidé de fonder une maison d’édition. En Suisse, à Lausanne et ouvert au monde. J’étais libraire alors et je cherchais dans les catalogues les livres que j’avais aimés dans mon adolescence belgradoise. Beaucoup y manquaient. Ces titres en puissance étaient ma contribution à ce projet à venir. Et mon lien avec les amis que je m’étais faits en Suisse, les lecteurs qui fréquentaient les librairies où je travaillais. Passionné de littérature américaine, c’est Thomas Wolfe que j’avais apporté dans mes bagages. Comme si l’exil de son Ange exilé avait été déjà inscrit dans ma vie. Et les auteurs slaves, dont le fabuleux Biély, auteurs oubliés, écartés, blasphémés, censurés… autant d’Anges bannis. Ces écrivains se mêlaient, comme maintenant, avec les auteurs suisses, ceux du passé et les contemporains. J’ai eu la chance de les côtoyer, ils sont devenus les compagnons de la maison. Nache dom (« notre maison »), disaient les dissidents et les opposants à l’Est. Mil quatre cents livres d’auteurs suisses y sont eux aussi dans leur maison, au même titre les artistes, les traducteurs, les philosophes, les poètes, les peintres venus de Russie, d’Angleterre, de Pologne, d’Amérique, de Serbie, d’Espagne, de Bulgarie, d’Italie, d’Israël, de Flandre, de Tchèquie, de Grèce ».
C’est bien en effet grâce à lui  que l’on put lire  de grands écrivains polonais Witkiewicz, et Reymont mais aussi les écrits de Kantor comme de Malévitch dont notre ami Gérard Conio assura l’édition. Bouleversé par la disparition de son vieiux complice, il est parti ce matin aux cérémonies d’adieu mais écrira prochainement un article sur son travail d’éditeur.
Loin de s ‘en tenir aux domaines de littérature de l’est, Dimitrievic publia aussi de nombreux écrivains germaniques comme, entre autres Dürrenmatt, suisses ( Ramuz) ou belges Hugo Claus mais aussi espagnols comme Unanumo ou américains comme Thomas Wolfe. C’est encore lui qui édita les œuvres complètes de Jules Lafforgue:  au total quelque 3.000 titres!  Par son ouverture d’esprit et par sa générosité, il réussit une tâche exemplaire. Le théâtre comme la littérature et les arts plastiques, grâce à son immense culture et à ses intuitions, ne serait ps ce qu’ils sont en France si vous n’aviez pas été là.
Encore merci,  M. Dimitrievic pour tout ce que vous avez fait avec patience, ténacité et intelligence. La France vous doit beaucoup.

 

Philippe du Vignal

 

Appartement-Atelier de Tadeuz Kantor à Cracovie


 

  tadeuszkantorboyonabike.jpgConformément au testament laissé par Tadeusz Kantor à sa mort  en  1990, la Cricothèque ,fondée en 1980,  a pour but de créer des « Archives vivantes » en jouant le rôle à la fois d’archives, de musée et de centre de recherche scientifique qui réunit les costumes et objets utilisés dans les spectacles du théâtre Cricot2 (qui constituent une exposition itinérante souvent présentée à l’étranger), ainsi que les écrits théoriques, dessins, vidéos, photos, revues et livres de et à propos de Kantor.
A Cracovie, au 7 rue Sienna, l’appartement-atelier ou l’artiste vécu les trois dernières années de sa vie de 1987 à 1990, est considéré par certains Polonais comme un lieu hanté par son esprit. Rien ne semble avoir bougé depuis sa disparition. Composé d’une chambre, à la fois bureau et atelier, d’une cuisine et d’une salle de bains. La fenêtre de la chambre donne sur l’église dominicaine de Cracovie, ce qui correspond au premier dessin que Kantor y réalisa.  Et le dernier date du 6 décembre 1990.
Scénographe puis metteur en scène et théoricien de l’art, Kantor avait été d’abord-et continuait à l’être-dessinateur et peintre. Une de ses toiles est placée sur un chevalet. Un grand lit fait face à son bureau, où est posé  un agenda de l’année 1990 écrit en français où il annotait quelques détails du quotidien, en particulier sa tension et ses pulsations. La veille de sa mort, le 8 décembre, il inscrit une simple croix rouge…A droite de son lit, une armoire contient l’ensemble de ses médicaments qu’il avait emballé chacun d’un papier craft noir.
Tadeusz Kantor était cardiaque, et est mort brusquement après une répétition. A côté de la porte, sont encore accrochés son chapeau et un gilet. A cet appartement, a été ajoutée, après sa mort ,une petite galerie où sont exposés les dessins préparatoires pour son dernier spectacle Aujourd’hui c’est mon anniversaire . La fondation Tadeusz Kantor est installée à cette même adresse, et dans un autre lieu, rue Kanonica, sont organisées expositions et conférences. Dans ces deux endroits, il est possible d’acheter d’anciens programmes, des DVD et des livres qui retracent son œuvre. En projet, pour 2013, un musée va être construit ainsi qu’un nouveau centre de documentation au sein d’un grand établissement culturel.
L’authentique lieu de vie de Kantor pendant quelques années peut être encore visible quelque temps, n’hésitez pas! Et partez pour la Pologne…

 

Jean Couturier
http://www.cricoteka.pl » www.cricoteka.pl

 

kantor.jpg

 

Altaïr think tank culture medias


Altaïr think tank culture medias Rencontres d’Avignon du 17 au 19 juillet.

Un groupe de travail, présidé par François Adibi, a mis au point trois journées de réflexion sur l’art et la culture  au Village du Off,  qui sont, dit-il , « des clés pour comprendre et agir sur ces bouleversements dans un mode qui s’élargit et où nos anciens repères vacillent. A moins d’une année des élections présidentielles, on constate un défaut de réflexion de fond dans les grands partis politiques sur les thèmes de la culture et des medias. De nouvelles voix, de nouvelles forces émergent: il est essentiel de réer du lien entre elles pour mieux peser sur l’opinion et les choix de société ».
  Il y aura donc trois jours les 17, 18, 19 juillet en Avignon, en partenariat avec le Festival Off, Mediapart, Les Inrockuptibles…. un certain nombre de tables rondes avec notamment:  Greg, Germain, Mohamed Kacimi, David Kessler, Noëlle Chatelet, Daniel Mesguich, Jean Digne, Laure Adler, Edwy Plenel.
Doivent être ainsi traités des  thèmes comme : Comment faire la paix avec son histoire coloniale?  La créativité de la jeunesse et des quartier, Les nouveaux medias Internet, relais et réseaux associatifs, Les bouleversements de l’économie de la culture et du numérique, La création et l’action culturelle comme leviers majeurs de la transformation sociale.

Village du off espace Pielgeltent, 1 rue des Écoles Avignon.
Entrée libre . Réservation conseillée.
Contact: resa@altair-thinktank.com

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville.

La nouvelle saison du Théâtre de la Ville. dans actualites parisvilletheatre1Cela va être la troisième saison comme directeur du Théâtre de la Ville, que va entamer Emmanuel Demarcy-Motta. Christophe Girard, adjoint à la Culture de la Mairie de Paris a tenu à souligner l’exigence populaire et savante à à la fois de sa programmation. S’il a été  récemment désigné  à la tête du Festival d’Automne, c’est, a-t-il dit,  et bien que les candidats étaient aussi de grande qualité, en raison de son travail important comme metteur en scène mais aussi  de  son esprit d’ouverture, de sa grande curiosité sans tabous ni préjugés, et de sa connaissance des autres arts comme le cirque ou la danse. Dans le respect du conseil d’administration  qui comprend des représentants de l’État mais aussi de la Ville de Paris, et avec l’approbation du principal mécène Pierre Bergé. Emmanuel Demarcy-Motta a ensuite parlé des principaux axes de sa programmation qui est cette année comme les précédents particulièrement riche puisqu’elle comprendra 80 représentations en danse, théâtre et musique et qu’elle ira de septembre à juillet 2012!
Ce qui est en fait assez exceptionnel pour un grand théâtre parisien. Avec, comme axe majeur, « un mouvement qui déplace les lignes » pour reprendre les mots de Baudelaire qu’il a cités, et un décloisonnement des arts. Même si les mots-clés, pour plus de lisibilité auprès du public, resteront bien : Théâtre, danse musique. Ce qui a déjà été le cas depuis deux ans mais qui sera encore plus affirmé pendant la saison 2011-2012. Reste le problème épineux de la répartition des 260.000 places,  à répartir entre la vente libre et les abonnements, équation toujours difficile à résoudre pour un directeur. Les abonnements offrent une marge de sécurité financière non négligeable  mais aussi le risque, comme ce fut le cas par le passé pour les spectacles de Pina Bausch, de ne plus offrir de places à la vente directe. Ce qui n’était pas très élégant pour le public de passage,  les étrangers et les  provinciaux!  Une première expérience avait été tentée cette saison avec Rêve d’automne de Jon Fosse où la durée de l’exploitation avait été augmentée et où 60% des  30.000 places avaient pu être mises en vente directe.
Emmanuel Demarcy-Motta a insisté aussi et  à plusieurs reprises, sur le souci de réflexion qui animait toute son équipe sur le rapport avec le public qu’un théâtre de cette envergure devait avoir, notamment avec un « Parcours Enfance et Jeunesse », inventé avec d’autres théâtres partenaires comme le Centquatre, le Théâtre Monfort, La Gaieté lyrique, le Grand Parquet et le Théâtre de la Cité Internationale. Ce parcours concerne aussi bien des spectacles  comme ceux de Melquiot, ou de James Thierrée que les marionnettes du Rajastan.  » Nous avons eu aussi la volonté d’inviter des spectacles en langue étrangère, ce qui n’avait pas été fait depuis 85 ; ce  que nous avons  de nouveau pratiqué depuis deux ans, grâce aux liens que nous avons pu tisser  avec des grands théâtres comme le Berliner Ensemble et Bob Wilson; et des artistes comme Guy Cassiers, Claus Peyman entre autres, a précisé aussi Emmanuel Demarcy-Motta.
Et, effectivement, quoi qu’il puisse se passer à l’Odéon, Paris se devait vraiment d’accueillir davantage de productions étrangères: c’est toujours un signe fort dans le spectacle contemporain et un gage de bonne santé pour les théâtres qui les reçoivent..  Défendre les maîtres du passé même quand ils ne sont plus là, comme Pina bausch, parait aussi une chose excellente:
C’est bien aussi que  soit accueillie la fameuse pièce Ein Stück de Pina Bausch en avril 2012. Trois ans presque après son décès brutal, ce sera un bel hommage et une occasion de monter son travail à ceux qui n’ont jamais pu le découvrir. Comme deux programmes consacrés à  Merce Cunningham disparu presque en même temps qu’elle. Ce serait aussi dire publiquement que la constitution d’un répertoire contemporain, est à terme, incontournable. Après tout, pourquoi la Comédie-Française ne monterait-elle pas un jour La Classe morte de Tadeusz Kantor? ou Le Regard du sourd de Bob Wilson? Il y faudrait sans doute pas mal d’imagination mais pourquoi non?
 On ne peut tout détailler de cette programmation mais seulement signaler les temps forts. Pour Marthaler, on verra bien mais on peut seulement espérer qu’il ne nous resservira pas une petite soupe comme celle du dernier Festival d’Avignon..  Mais il y a aussi et surtout la Lulu de Bob Wilson avec le Berliner qui ne manquera sûrement pas d’intérêt comme Cœur ténébreux d’après Conrad de Guy Cassiers, ou Simplement compliqué de Thomas Bernhard, mise en scène par Klaus Peyman. Et on retrouvera cette pièce formidable qu’est Victor ou les enfants au pouvoir de Roger Vitrac mise en scène par Emmanuel Demarcy-Motta.IL y a aura aussi une création de Big and small de Botho Strauss que l’on a moins joué ces dernières années par Luc Bondy avec Cate Blanchett et la Sydney Theater Company. Et c’est bien que le Théâtre de la Ville accueille La vie brève, mise en scène de Jeanne Candel ( voir le Théâtre du Blog) qui avait été  salué comme un bel espoir l’an passé au Théâtre de la Cité universitaire.
Bref, une saison exemplaire, riche en théâtre comme en danse,: il y a aura ainsi 27 créations  au total,avec l’ouverture à plusieurs jeunes compagnies, mais aussi un beau programmes en musiques du monde -dont une journée pakistanaise-dont le Théâtre de la Ville s’est fait une spécialité. Que demande le peuple?

Philippe du Vignal

Marcel Proust « entre intimité et mondanités »

proust.jpg

 

Marcel Proust « entre intimité et mondanités »

 

Près des jardins où jouait Marcel Proust enfant,  une lecture des extraits de sa correspondance et de passages d’ À la recherche du temps perdu.Et de lettres de Marcel Proust à sa mère, à ses nombreux amis, à des artistes et écrivains de son époque. Cette lecture nous permettra de découvrir un Marcel Proust sans masque, authentique et sincère, mais aussi un parfait mondain, portraitiste d’une grande intelligence et d’un immense humour. Avec Bernadette Lafont, Claire Nebout, Michel Fau et Xavier Gallais

Espace Pierre Cardin ddimanche 29 mai à 19h30.Entrée libre mais réservation indispensable aux éditions Thélème: reservation@editionstheleme.com ou T:  01 43 29 09 64. 

Festival Passages de Nancy à Metz

 

 Festival Passages

 

passages.jpg

   Cette année, le festival Passages a quitté Nancy pour installer, place de la République à Metz, des balagany, chapiteaux en forme de baraques de foire – comme cette  « Tour vagabonde », qui tient à la fois de l’entresort et du Théâtre du Globe en miniature… L’exposition de plusieurs dizaines de photos grand format (3m sur 1m) d’Igor Gaïdaï balise les allées qui mènent aux chapiteaux. Gaïdaï a photographié son Ukraine, cherchant à la saisir en regroupant chaque fois devant son objectif des centaines de personnes bien rangées, alignées – dans une usine, un ministère, ou le long de tables de banquet… Ces photos, traces des performances immobiles qu’il a réalisées et photographiées après des convocations collectives, donnent à voir, non des masses mais, à travers « l’ensemble », des milliers de sujets-regards bien distincts (Razom.ia, titre de l’exposition), et ceux-ci peuplent d’emblée de leur présence d’acteurs-spectateurs l’espace théâtral éphémère dressé sur la place Messine.

Passage 2011. Festival à l’Est de l’Europe et ailleurs. Le week-end des 14-15 mai était ukrainien. Le Théâtre Dakh de Kiev avait investi le Chapiteau et la Tour vagabonde pour des spectacles étranges, dont aucun ne ressemble à un autre, avec pour seul lien la manière sans contrainte dont témoigne son metteur en scène, Vlad Troïtskyi , dans sa façon de traiter ses sources, qu’il s’agisse de Pirandello, Shakespeare ou Sophocle, et l’intervention de la musique. Après une formation scientifique à Kiev, Troïtskyi a complété – il y a longtemps – ses études au GITIS de Moscou, l’Institut des Arts de la scène, et dirige aujourd’hui à Kiev un minuscule théâtre privé – quarante à soixante places si on se tasse bien- qui a débuté sur un toit ( d’où son nom, Dakh), donc en plein air , ou mieux, comme il le dit lui-même, à l’air libre. Ce théâtre-là est synonyme de liberté et de résistance, comme, dans un autre registre, la Stalla (l’Ecurie) de I. Progrebnitchko à Moscou (cf. l’article sur le site completer ). De prise de risque  aussi : Vlad Troïskyi organise depuis 2008 dans les vastes espaces de l’Arsenal de Kiev un Festival d’art contemporain le GogolFest, du nom du grand auteur russe d’origine ukrainienne qui inspira tant les avant-gardes. Il n’aura pas lieu cette année, faute d’argent.
Son Oedipe, Troïtsky l’a d’abord monté avec sa jeune troupe, en plein air, pour 2000 spectateurs, puis il l’a fait entrer dans son minuscule espace, il l’a alors doté d’un dispositif grillagé métallique, puis il a commandé une pièce à l’auteur-metteur en scène Klim, et elle est devenue la première partie du spectacle confiné dans cet espace.

Il est comme cela, Vlad, il sait faire bouger un spectacle, l’adapter aux lieux qu’on lui donne : il est capable de construire sur place le dispositif des représentations messines de D’après Pirandello avec les draps des chambres d’hôtel de sa troupe. Il a aussi créé un groupe musical, le Dakhabrakha, présent à Passages, dont la musique peut s’apparenter aux bandes-son des films d’Emir Kusturica, sauf qu’ici, l’un des pôles d’inspiration des œuvres métissées est la tradition ukrainienne.

Presque une pièce, presque Pirandello. Une danse de mort-Réanimation : long titre pour un spectacle court. Vlad y réussit le tour de force de mettre ensemble- pour évoquer, de loin, Pirandello- mais aussi Kantor et Grotowski : les chants choraux aux sonorités anciennes de l’un, les visions en noir et blanc de l’autre La troupe s’active en scène à des actions du quotidien, faire une soupe, manger, boire, laver et étendre le linge ; en même temps elle veille une morte qui se met à fumer, célèbre un mariage , enterre toute vivante une femme enceinte, se déplace sur d’étranges machines. Bref rappel, à travers visions et chants, du fait que la mort est le seul avenir de la vie.
Plus cruelle encore, Oedipe-La Maison des chiens, où, grâce au dispositif de la Tour vagabonde, le public regarde à ses pieds, sous la grille venue d‘Ukraine, des prisonniers à l’échine courbée1 ; d’en bas des phrases fusent – proverbe ukrainien : « Plus on est nombreux, moins il y a d’oxygène », ou réplique de zeks, prisonniers des camps soviétiques, sur l’impossible liberté. Il y a même un dissident qui, lui, se trouve dans une cage ronde mais sans grille supérieure, et qui pourrait bien s’enfuir, mais qui est nourri à la cuiller de la soupe au pain préparée sous nos yeux, au sens propre… Image terrible de la condition soviétique d’hier, ukrainienne d’aujourd’hui et humaine de toujours, que renforce à la fin le fracas de planches plaquées avec violence sur la grille par trois acteurs, étouffant sans pitié les tristes créatures survivantes.On songe à Acropolis, d’après Wyspianki, que Grotowski avait réalisé  en 1962.
Après l’entracte, les spectateurs sont cette fois installés sous la grille. Le spectacle est d’un tout autre genre : un rituel autour d’Œdipe, ponctué de chants étranges et de musique produites par des instruments à cordes, éclairé par les lampes de poche que portent les acteurs, se déroule au-dessus du public qui est, comme Œdipe aveuglé, presque dans le noir. La même fin se répète, mais ce sont maintenant les spectateurs qu’on enferme sous les planches qui claquent. Quand les acteurs installaient ces planches au-dessus d’eux , quelqu’un ce soir-là s’est mis à crier « On ne va pas se laisser enfermer » , et à repousser les planches à travers le grillage (ce qui, apparemment ne s’était jamais produit ni en Ukraine, ni en Russie).
Du deuxième balcon de la Tour où avaient été placés les spectateurs sur la liste d’attente (la jauge est très petite), d’autres criaient « Libérez nos camarades ! ». Sans doute la spontanéité de ces réactions est-elle relative, suscitée par quelqu’un de la troupe ou proche d’elle. Le chant qui a suivi faisait suite à une interpellation : « Qui êtes-vous ? Chantez une chanson que vous connaissez  ». Le public messin a rejeté La Marseillaise lancée par quelques uns pour entonner L’Internationale. En Ukraine, généralement, on chante,  à cet endroit du spectacle, l’hymne national. A Moscou les spectateurs russes au Festival du Masque d’or 2011 n’ont pu retrouver quel était leur hymne et chacun y allait de sa chanson… A Metz, les spectateurs enfermés avaient donc choisi L’Internationale…
Bien différent est, dans le programme de Passages, Tagfish2, composé par le groupe Berlin venu d’Anvers. Un cheikh saoudien convoite une immense friche industrielle minière de la Ruhr, classée par l ‘Unesco, pour sa taille et son importance historique, au patrimoine mondial de l’humanité, pour en faire un « village créatif » avec hôtel de luxe, école d’art, distractions. Ce projet du Zollverein a connu de 2002 à 2008 de nombreuses vicissitudes et n’a pas abouti . A partir d’entretiens vidéo réalisés avec les différents interlocuteurs du projet (architecte journaliste, médiateur, urbaniste , négociateur…), le groupe Berlin organise une sorte de vidéo-conférence qui n’a jamais eu lieu dans la réalité en rassemblant sur un plateau rouge vif tous ses participants , faisant ressortir dans cette confrontation télé-théâtrale de 7 personnages en quête d’actions – dont un absent (le cheikh)- l’absurdité tragi-comique du projet culturo-immobilier. Le montage particulièrement soigné sert une dramaturgie au cordeau et le réalisme des dialogues adressés. Les bustes des interviewés sont projetés non sur des écrans ou sur des moniteurs, mais à même les dossiers de grandes chaises disposées autour d’une table ovale. Sur ces sièges truqués par les technologies, véritables machines à jouer avec les images, celles-ci deviennent vivantes, se parlent entre elles , interagissent avec deux hôtes d’accueil qui sont aussi serviteurs de la scène et techniciens du spectacle.
Tagfish
fait partie d’une série qui s’intitule Horror vacui. Profitant de l’espace laissé vide tant par l’arrêt de l’exploitation du charbon que par la rupture des négociations, une fantomatique chorale de mineurs filmée en costumes de fête envahit périodiquement le terrain vague de la friche projetée par fragments sur les 7 dossiers qui en donnent une vue globale, et finit par grimper et s’installer sur les chaises laissées vides, dans une ultime image fantastique d’un passé qui ne se laisse pas enterrer – réaffecter- aussi vite que prévu… Le spectacle se donne dans l’auditorium du Centre Pompidou de Metz . Il serait aussi à sa place dans un balagan de la place de la République, ludique et dénonciateur, jouant avec les images comme on jouait le cinéma dans les baraques foraines à l’orée du XXème siècle.
Nous n’avons  pas eu le temps de voir ce que tramaient les frères Forman dans leur baraque venue de Prague, mais elle s’arrêtera bientôt à Paris …

Béatrice  Picon-Vallin

1 A Kiev , les spectateurs sont installés sur la grille .

 2 Terme de poker: il s’agit d’un joueur qui ne prend pas de risques .

 

La présentation de saison 2011-2012 du théâtre National de Chaillot

chaillot.jpg

La saison 2011-2012 du théâtre National de Chaillot

 

    La présentation de la future saison du théâtre National de Chaillot s’est effectuée comme chaque année par une traduction simultanée en langue des signes. Mais c’est avec quatre cygnes et deux danseuses que la soirée a débuté.
Première sortie pour ces oiseaux qui ont nourri l’imaginaire de la danse depuis Tchaïkovski. Ils retrouveront la salle Jean Vilar lorsque Luc Petton présentera son spectacle « Swan » en juin pour six représentations seulement ! Comme pour le festival d’Avignon, les directeurs de structures aiment créer le besoin chez les spectateurs et ainsi en frustrer beaucoup d’autres ! 
Les coûts individuels importants de chaque représentation peuvent expliquer ces courtes durées.
Didier Deschamps, le futur directeur est intervenu seulement en fin de présentation, (il succède à Dominique Hervieu à la direction en 2012), et il a souligné au contraire son désir d’intensifier des séries plus longues de représentations et de développer des résidences d’artistes. Il a fait référence aux maîtres du passé, Jean Vilar, Antoine Vitez et Maurice Béjart, et a confirmé la poursuite du partenariat avec le centre national de la Danse et une nouvelle collaboration avec « les Etés de la danse », un festival qui accueillera en septembre Michael Baryshnikov.
Quant à José Montalvo reste , lui,  à la direction artistique du théâtre. Pour sa dernière saison, Dominique Hervieu invite les grandes figures de la danse contemporaine. Trisha Brown, qui, à 75 ans, présente « Quatre pièces » mêlant trois reprises et une création. Rosalba Torres Guerrero, du collectif des ballets C de B d’Alain Platel propose un solo, puis Koen Augustijnen du même collectif jouera avec ses danseurs « Au-delà » en avril 2012 (le visuel de cette création sert à la couverture de la plaquette de présentation de saison).
The Forsythe Compagny présente en décembre deux reprises et une création de William Forsythe. Marion Levy avec « Dans le ventre du loup » crée en janvier une histoire dansée des trois petits cochons. Russel Maliphant, chorégraphe néoclassique anglais, offre un ballet inspiré par les sculptures d’Auguste Rodin. Il faut citer aussi Hervé Robbe, Carolyn Carlson et Thomas Lebrun qui complètent cette saison, et Dominique Hervieu et José Montalvo pour la reprise d’ Orphée . Enfin, en avril,  Jean-Claude Gallotta donnera sa version personnelle du Sacre du printemps d’Igor Stravinsky.
Dans le domaine du théâtre, retour de Wajdi Mouawad, Krzysztof Warlikowski et Vincent Macaigne dont le Hamlet se jouera cet été au Festival d’Avignon. Cette présentation de saison s’est achevée par une pantomine finale un peu trop programmée (!)  : chaque spectateur avait reçu un mouchoir en papier pour faire un dernier geste d’ « au revoir » à Dominique Hervieu qui dansait sur le plateau avec sa troupe…

 

Jean Couturier         ​

Vaudou à la Fondation Cartier

Vaudou à la Fondation Cartier 

 

vaudou412.jpg C’est dans plusieurs salles un ensemble très important et exceptionnel , non pas d’ »objets » comme le dit maladroitement la plaquette mais de sculptures Vaudou issues de la collection d’Anne et Jacques Kerchache. Autodidacte, Jacques Kerchache (1942-2001), avait fait de nombreux voyages en Afrique, puis en Amérique centrale et Amérique du Sud. En particulier au Dahomey -actuel Bénin- à la fin des années 60. Et c’est à son initiative que furent créés en 2000 le très beau pavillon des Sessions du Louvre consacré aux arts d’Afrique, d’Asie et d’Océanie et le Musée des arts premiers, et il collabora plusieurs fois avec la Fondation Cartier pour des expositions thématiques. »Pour les arts primitifs, et notamment pour la vaudou, il y a Jacques Kerchache et il n’y a que lui »,  avait dit André Malraux, et ce projet d’exposition Vaudou imaginé de son vivant ne put être réalisé à cause de son décès prématuré. Cette exposition est aussi une façon de rendre hommage  à cet expert passionné.
  Il y a dans la cosmogonie de la religion vaudou encore très pratiquée au Bénin, dans le sud du Togo et du Nigéria, et en Haïti, à la suite  de la traite,  des pratiques religieuses fondés sur les liens entre le monde visible des vivants et celui invisible des disparus, avec qui on peut communiquer par des actes sacrificiels et divinatoires autour de petites sculptures, prières rituelles, et cérémonies de possession.
Comme cette étrange et très impressionnant cortège dont le participants portaient en courant et à bout de bras un cercueil vide pour fêter « le bout de l’an » d’un défunt de la famille,  que nous avions pu voir à l’automne 63  dans les rues de Porto-Novo.

  La Fondation Cartier a demandé au scénographe italien Enzo Mari d’imaginer une présentation de cet ensemble de statues; au rez-de-chaussée, il y a huit « bocio », grandes sculptures en bois, représentant des membres de la famille placés devant chaque propriété et chargés d’éloigner les mauvais esprits et les dangers. Enzo Mari a préféré les disposer devant des simulacres en contre-plaqué non figuratifs de maisons; c’est sobre mais cela ne fonctionne pas très bien: il  y manque l’indispensable relation entre ces figures religieuses , dont certaines sont tout à fait étonnantes, et la maison béninoise.
  Au sous-sol, il y a cinquante sculptures d’une quarantaine de centimètres qui sont placées, un peu comme les calvaires en Occident à la croisée de chemins mais aussi au bord d’un champ, protégés par un petit toit de palmes tressées, ou encore à l’intérieur des maisons. Ce qui frappe quand nous les avions vues,  toujours en 63,  » in vivo » pourrait-on dire et sans avoir été prévenu, c’est l’espèce de fascination qu’elles exercent presque aussitôt; elle sont à la fois très humbles mais on les sent chargées et investies d’un véritable pouvoir bénéfique ou maléfique-il était  évidemment impossible d’en savoir plus même auprès de nos amis ou collègues dahoméens-qui reste à nos yeux d’Occidentaux,   assez énigmatique. Il y a en elles,  comme une sorte de concentré d’énergie correspondant à la fonction curative qu’elle sont censées exercer.
Comme devaient l’être autrefois chez nous les innombrables statues de saints qui avaient chacun leur spécialité. C’est une dimension capitale  de la sculpture africaine, et en particulier vaudou que l’on oublie trop souvent, et où le prêtre qui les a créées a focalisé des  sentiments: peur, douleur, vengeance, amour, besoin de protection…
de elui qui la lui a demandé.
 Fabriquées avec soin en bois et en terre, recouverte d’huile de palme,  elles comportent souvent des morceaux de chaînes, de petits cadenas fermés, des herbes , quelques cauris, des cordes qui les enveloppent, ou encore des fichets de bois insérés,  comme si cette pénétration agressive permettait de mieux aller au plus profond du vœu du commanditaire.
   Les 48 statues sont alignées chacune, à hauteur du regard, sous un coffre vertical de plexiglass rectangulaire, et  baignées dans une lumière sépulcrale.  » Sur les 48 colonnes s’inscrit la vie réelle des hommes, la volonté d’échapper à la mort » , dit Enzo Mari . On veut bien mais cela a un côté très esthétisant, très galerie  d’art contemporain qui a quelque chose d’un peu choquant, même si  Kerchache était très séduit par le qualités esthétiques de ce qu’Enzo Mari persiste à appeler « objets » .
La solution idéale n’était sans doute pas des plus faciles à trouver mais, qu’y-a-t-il  de plus antinomique que ces sculptures provenant d’un milieu bien défini et ce sous-sol consacré à l’art contemporain? Que ces sculptures soient parvenues sans date ni lieu de provenance, sans doute milieu du 20 ème siècle et  Sud du Bénin, c’est un fait mais  le minimum aurait été, du moins pour les plus importantes, qu’il y ait un petit cartel… Faute de mieux,  une petite plaquette remise à l’entrée comporte quelques extraits du lexique de la symbolique vaudou de Kerchache qui permet d’y voir un plus clair, notamment en ce qui concerne la signification des différents liens et autres petits objets qui font partie des statues et dont beaucoup ont à voir avec un désir de mort de l’adversaire.
Mais on se sent  quand même très frustré devant tant de bauté dont on ne peut vraiment percevoir le snes profond.
Dans l’autre salle salle du sous-sol, il y exposé dans le même esprit  esthétisant- tant pis, il faut faire avec- sur un bassin d’eau noire, une sorte de char avec deux chaînes et  têtes de crocodile, absolument magnifique intitulé Le Char de la mort, qui appartient à la collection Kerchache; l’art contemporain occidental   fait alors bien pâle figure à côté de cette œuvre. Impossible de ne pas être sensible à cet ensemble à la fois grave et paisible qui rappelle nos plus beaux classiques Memento mori.
Aucun besoin de connaître la philosophie vaudou; c’est une œuvre  des plus sublimes qui dépasse les continents et qui peut parler à chacun d’entre nous.

  Enfin dans la salle du rez-de-chaussée, une salle est consacrée aux documents de recherche personnelle de Jacques Kerchache ( lettres, photos, manuscrits…) ainsi que des films.Mais cet ensemble est quand même un peu décevant.
  Alors à voir? Oui, absolument, malgré les nombreuses réserves  concernant la scénographie de cette exposition indiquées plus haut, comme la magnifique exposition sur l’art Dogon au Musée des Arts premiers.

 

Philippe du Vignal

 

Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 Bd Raspail 75014 Paris, jusqu’au 25 septembre.

 

http://www.vaudou-vodun.com/fr/
Un livre illustré de quelque 200 photos, retrace le parcours de Jacques Kerchache, et des textes sur l’art africain et sur l’art vaudou, avec des approches complémentaires de spécialistes a été publié à l’occasion de cette exposition..Bilingue franco-anglais Relié 24 X 32 cms , 236 pages pour la modique somme de 49 euros.

La nouvelle saison de l’Odéon par Olivier Py.

La nouvelle saison de l’Odéon par Olivier Py.

Pour les épisodes précédents et le résumé du feuilleton théâtro-politico-élyséen, voir Le Théâtre du Blog ( Les petits tours de prestidigitation de tonton Frédo). Pour l’heure, c’est l’encore maître de maison, Oliver Py qui officiait dans l’ancien foyer du Théâtre de l’Odéon pour sa conférence de presse annuelle.  Après quelques cocoricos  forts justifiés sur la saison passée, Olivier Py ne cache pas son émotion, et on le comprend:  » Je suis très triste, de polivierpy.jpgar le fait du Prince,  de quitter cette maison, son architecture et surtout  l’équipe avec laquelle j’ai travaillé pendant quatre ans, soit un an et demi, pour faire démarrer les choses, deux ans et quelque pour atteindre le plein régime.Il me reste donc un an à être encore dans ces murs ».
« J’ai demandé au Ministre de la Culture de préserver les projets en cours dont celui de l’opération Villes en scène que j’avais mise en place. Cela a été particulièrement douloureux, dit-il- et on peut le croire quand on voit la façon dont F. Mitterrand  s’y est pris- cette annonce de non-reconduction. Ce n’est pas moi mais ce sont les idées, celle de promouvoir un théâtre de service public, mais aussi le fait  d’avoir des relations suivies avec l’Éducation nationale qui étaient à la base du travail que nous avons mené tous ensemble; mon équipe et moi ,nous  nous sommes battus  pour recréer ce  théâtre public que toute l’Europe nous envie mais qui  crée des devoirs : nous avons donc élargi le public en pratiquant  des prix abordables, et  en remplissant les salles sans tomber dans la démagogie mais cela  été remis en question par le Ministre; c’est toujours le public qui légitime l’action d’une équipe théâtrale et non l’audimat ,  et nous avons toujours considéré le spectateur comme un relais avec d’autres spectateurs éventuels.
C’est vrai , je suis triste de quitter l’Odéon mais  ma dernière saison dans ces murs, je veux l’accomplir avec enthousiasme dans trois directions essentielles à mes yeux: un projet européen dont  quatre spectacles allemands,  et une saison qui soit une sorte de miroir d’histoires d’amour. Olivier Py insistera bien,  et à plusieurs reprises, mais sans jamais citer le nom de son successeur potentiel Luc Bondy sur la dimension européenne de son travail en cours: Ivan van Hove avec un  Misanthrope en allemand surtitré, Castorf avec La Dame aux camélias avec des comédiens français, Ostermeier  avec son Mesure pour mesure, et  Cassiers avec une nouvelle pièce Sang et roses. Il y a aura aussi  la reprise de  Tramway de Warlikowski, tous déjà bien connus en France mais aussi le Belge Fabrice Murgia avec une pièce de lui Le Chagrin des ogres, et surtout  La Maison de la force de la grande Angelica Liddell qui avait été la révélation l’an passé du Festival d’Avignon ( voir encore Le Théâtre du Blog). et l’Estonien Tiit Opsaoo: autrement dit, suivez mon regard, puisque c’est ce manque soi-disant de » dimension européenne »,  que le Ministre, sans doute à court d’arguments,  avait  injustement reproché à Olivier Py.  Deuxième axe de cette prochaine saison: l’accession à l’Odéon de nombreux jeunes metteurs en scène qui se plaignent d’être laissés en marge des institutions.  Comme le disait joliment Vitez: « Le plus dur,  c’est de pénétrer dans la citadelle », et il était bien placé pour le dire!
Et, du côté français, on retrouvera Joël Pommerat avec Cercles/ Fictions , Ma chambre froide et Cendrillon: grands  moments de théâtre des saisons passées. Olivier Py créera Roméo et Juliette dont il veut montrer la dimension politique et Prométhée Enchaîné. Fiesbach reprendre sa Mademoiselle Julie qui va être créée au Festival d’Avignon, avec J. Binoche et Nicolas Bouchaud.
Beau programme à la fois exigeant sans être branchouille, et osons le mot ,populaire sans être vulgaire… Franchement, que pourrait demander le peuple? L’éviction d’Olivier Py qui se révèlait  déjà  être  un  beau gâchis, se confirme …  Le Ministre de la Culture qui  n’a décidément pas la main très heureuse en ce qui concerne les nominations, aurait pu en faire l’économie. Olivier Py  a aussi ajouté  que c’était pour lui l’occasion de dire qu’il nous appartenait à tous de demander aux candidats à la Présidence de mettre la culture au centre de leur programme. Là on veut bien, mais avec Marine Le Pen, la réponse, au moins, on la connaît déjà; quant au Président actuel, même s’il s’ s’agite en ce moment pour montrer qu’il possède quelques brins de culture, on peut être tout à fait sceptique sur ses intentions…
On souhaite en tout cas à Olivier Py, comme il le veut profondément, qu’il puisse poursuivre  au Festival d’Avignon, tout le travail  qu’il a réalisé à l’Odéon; encore faudrait-il, comme il l’a rappelé,  que le conseil d’administration du Théâtre de l’Odéon demande à celui du Festival d’Avignon d’entériner la proposition de tonton Frédo qui, de toute façon, ne sera plus ministre dans un an tout juste.
Décidément l’affaire est compliquée, quoiqu’en disent les services du Ministère de la Culture. D’ici là, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts de Paris comme d’Avignon.

Philippe du Vignal

Odéon-Théâtre de l’Europe,Paris le 2 mai.

1...3637383940...43

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...