DENISE BONAL

denisebonal214x300.jpg » Une biographie ça pourrait être: « Je suis née, j’ai pleuré, je suis tombée quelquefois, j’ai essayé de comprendre le monde. Je suis morte. » Cela pourrait être aussi: « Je suis née, j’ai pleuré, je suis tombée de nombreuses fois, j’ai aimé, j’ai été pendant vingt ans une comédienne de décentralisation sur les terres labourées de ce pays. A des jeunes gens aussi affamés que je l’avais été, j’ai essayé d’apprendre les règles de ce métier. Je voulais écrire mais les grands auteurs que j’aimais, malgré eux, me faisaient barrage. Un jour ils m’ont laissé passer. Je les en remercie. Ont-ils bien fait? Ceci est une autre histoire. »

Ainsi se racontait Denise Bonal qui vient de nous quitter à 90 ans, dans les Actes du Théâtre de la SACD en mai 2010. Denise Bonal , comédienne, enseignante, écrivain, auteur d’une douzaine de pièces et de nombreuses nouvelles, mais d’abord une sacrée bonne femme pour qui le théâtre et la vie étaient intimement mêlées. En elle, l’Algérie de l’enfance, la Creuse du retour en France, le froid du Paris des années de guerre, le bonheur des études au lycée Fénelon, la découverte du théâtre, la rencontre avec la Radio qui, à l’époque ,mettait au monde des auteurs, l’écriture déjà pour cette  découvreuse, et puis 20 ans de comédienne de la décentralisation- Rennes, Strasbourg, Bourges, Saint-Etienne- aux côtés des grands pionniers, des centaines de kilomètres , de villes, de villages, toute une géographie intime et théâtrale qui s’imprimait dans son corps et dans son cœur. Vingt ans à rencontrer les gens, les écouter, leur faire partager ses admirations pour les auteurs.
Et puis le retour à Paris et la sensation que le théâtre qu’elle avait vécu n’était plus, qu’ il avait quitté les routes, et s’était replié dans des forteresses. Alors, elle enseigna au Conservatoire, au TNS et ailleurs, elle dont on reconnaissait « les enfants ». Et ette fois,elle prit  le temps d’écrire.
Deux premières pièces: Les Moutons de la nuit , comédie surréaliste créée au théâtre de poche par Etienne Bierry et Légère en Août au titre faulknérien:  des femmes vendent leur enfant à venir et attendent leur accouchement dans une clinique spécialisée.   Créée par Viviane Théophilidès au Théâtre des Deux Portes en 1974, la pièce ouvrait la voie à cet humanisme social qui est la marque de son théâtre.
Denise Bonal aimait écouter les gens, elle écrivait leurs histoires, de famille, de travail, d’amour, de vie quoi. Dans une langue vivante, imagée, nourrie de sa curiosité pour le monde qui l’entourait. Ses comédies sociales n’étaient pas à la mode, ses combats étaient pourtant de son temps. Sur les plateaux de théâtre, elle disait avec tendresse et cruauté, avec humour aussi les grandes et les petites douleurs des hommes. Comme un Tchékhov d’aujourd’hui, elle dessinait des pièces paysages, Turbulences et petits détails par exemple, dont les compagnies de théâtre amateur se sont saisi avec gourmandise. Portrait de famille lui valut en 2004 le Molière du meilleur auteur francophone vivant, et De Dimanche en dimanche le grand prix de littérature dramatique en 2006. Sa dernière pièce, Les tortues viennent toutes seules, superbe construction qui entremêle, à partir d’une photo de mariage prise en 1954, le présent et le futur, l’intime et l’Histoire, sera créée dans quelques jours au Studio Théâtre d’Asnières.
Denise Bonal aimait rire, et ses yeux malicieux regardaient le monde lucidement et généreusement. Autour d’elle, il y avait  beaucoup d’amitié et d’admiration mais aussi l’ indifférence de nos grandes institutions théâtrales à son œuvre, indifférence qu’elle ne comprenait pas, comme beaucoup de ceux qui l’admiraient.


Françoise du Chaxel

Depuis 1982 ses pièces sont éditées aux Editions Théâtrales.


Archives pour la catégorie actualites

Lise Brunel nous a quittés…

Lise Brunel nous a quittés…

image51.jpgElle allait avoir 80 ans et nous l’avions bien connue dans les années 70 aux Chroniques de l’Art Vivant que dirigeait Jean Clair, historien et critique d’art; Lise Brunel, critique avertie, fit partager en pionnière, avec humilité et générosité, sa passion de la danse contemporaine, notamment américaine  avec Trisha Brown,inconnue à l’époque à qui elle consacra à un livre.
C’était une époque de découvertes, où, dans ce même magazine, nous le faisions pour le théâtre actuel, Dominique Noguez pour le cinéma, et, récemment disparus, Daniel Caux  pour la musique et Alain Clerval pour la littérature. Alors que la France découvrait encore seulement Maurice Béjart…
Lise Brunel avait d’abord été danseuse avec Londolf Child,chorégraphe de la danse expressionniste allemande, puis elle collabora comme critique aux Lettres françaises et travailla aussi au Musée d’art moderne avec Pierre Gaudibert mais aussi avec  les grands maîtres Françoise et Dominique Dupuy qui, les premiers en France, accueillirent Merce  Cunnignham. Elle fut aussi la conseillère de Jean-Marc Adolphe à l’Espace Kiron. C’était l’épouse de Jacques Dugied, scénographe de cinéma, en particulier de Lautner .
C’est dire qu’elle avait traversé toute la danse contemporaine qui lui devra beaucoup.  Adieu, Lise et merci.

Philippe du Vignal

Les petits tours de prestidigitation de tonton Fredo…

  C’était dans les tuyaux depuis plusieurs jours, et voilà,  c’est confirmé: tonton Fredo , ministre de la culture de la République française,  (si, si!) a pris sa décision et ne renouvellera pas le mandat d’Olivier Py , directeur du Théâtre de l’Odéon, et  le remplacera par Luc Bondy, ( 63 ans), par ailleurs, excellent metteur en scène. Donc,  au nom de la République, le couperet est tombé  ….
Les raisons? On se demande encore: guère d’atomes crochus entre le ministre et le directeur, dit-on, mais cela ne suffit pas, d’autant que la direction artistique  et la programmation d’Olivier Py ont été depuis sa nomination d’une qualité exemplaire. Petits règlements de compte entre « amis »,  comme dans une république bananière, mais quand il s’agit d’un haut poste comme celui-ci, l’hypothèse ne tient pas non plus  la route. Mais  la très récente création d’Adagio qui retraçait la carrière de François Mitterrand, dit-on, n’aurait pas plu au ministre , ni en haut lieu…
Vous avez dit en haut lieu? Là, la piste serait plus sérieuse mais, vu les événements actuels un peu partout , au Japon comme en Afrique, le dit » haut lieu « a sûrement d’autres chats à fouetter. Encore que? On en a vu d’autres; depuis longtemps, et nous n’avons pas la mémoire courte, le Ministère de la Culture, à la botte du pouvoir,  s’est fait une spécialité de ce genre de coups bien hypocrites et pas du tout  réglos.

 Et tonton Frédo,  qui n’en est pas à une gaffe près, aurait  même précisé avec beaucoup de délicatesse, qu’Olivier Py serait « bien traité »: comme un otage, un prisonnier, un suspect quelconque?  Vive la République….  et tous aux abris! L’affaire est trop grave et le Ministre  doit absolument  et très vite s’expliquer. Il répliquera sans doute qu’il a mis fin à un contrat mais n’a pas procédé à un licenciement. Refrain connu : comme à Radio-France encore récemment…. Offrira-t-on, en compensation,  la direction du Festival d’Avignon à Olivier Py ? Peut-être.
   En tout cas,  ce genre de décisions n’honore pas Frédéric Mitterrand qui avait récemment reconnu qu’il ne connaissait pas bien le milieu  du théâtre; moralement , ce n’est pas bien! Une pétition de soutien – on verra bien qui signera dans le milieu -va être mise en place : levez le doigt ceux qui approuvent une décision aussi bête que malsaine. Olivier Py va  pouvoir compter ses amis.
Le ministre reviendra-t-il sur sa décision? Ce serait étonnant mais sait-on jamais! Pas question de céder à la pression de la rue, avaient dit déjà Devaquet  en 86, Balladur en 94 , Juppé en 95  et Fillon en 95 aussi., et le gouvernement avait capitulé : oui, mais voilà, il faudrait que la profession fasse preuve d’une belle unité, et cela, c’est moins évident!  Bien entendu, nous vous tiendrons au courant.   Et Luc Bondy, dans cette histoire nauséeuse qui n’honore pas le pays des droits de l’homme  et qui sent les fins de règne? Il serait tout à  son honneur, dans ces  circonstances,  de refuser rapidement  cette nomination…

En attendant , à titre personnel, nous apportons notre soutien et celui du Théâtre du Blog, à Olivier Py ainsi qu’à l’équipe du Théâtre de l’Odéon.

Philippe du Vignal

Frédéric Mitterand Olivier Py Odéon

De Jacques Livchine :
On attend mieux que cette réaction alignée et conformiste.
A part les milieux confinés des courtisans du théâtre public, tout le monde s’ en fout.
C’est le Système de toutes les nominations qu’il faut révolutionner! C’est l’ancien régime, 5  théâtres nationaux et directeurs nommés par Sarkozy. Vous croyez que dans ma municipalité PS je puisse faire l’éloge de Sarkozy une seule minute dans une pièce que j’aurais écrite! je serais viré illico. Celui qui paie il veut du retour électoral . Il faut faire une loi de séparation du theatre et de l’etat.
Nous dépendons tous du politique et le théâtre s’en trouve bien malade.
Et puis vous savez, ceux qui connaissent les coulisses savent à quel point Py sous des airs de pureté a su être intrigant. Quand tu te jettes dans les bras de l’état tu es foutu. A la tête d’un theâtre national tu n’es plus qu’un artiste médiocre.

Py , ce que j’ai vu de lui. Je me tais. A l’opéra , oui ,il doit être bon. Il a de la chance d’être viré, ça grandit sa légende. Bondy est une crapule et leurs histoires d’Europe des impostures totales. Faisons occuper tous les théâtres nationaux par des vrais artistes, des vraies compagnies, éliminons les petits carriéristes, Brochen, Mayette, et. Je ne sais plus qui.

Je sais faire la différence entre le théâtre du soleil et l’Odéon .

Jacques Livchine

réponse de Philippe du Vignal:

Réponse à Jacques Livchine

La réaction soi-disant “alignée et conformiste” n’est pas seulement la mienne! Mais celle des autres collaborateurs du Théâtre du Blog que j’ai pu joindre. Non,tout le monde ne s’en fout pas, et que Chéreau, entre autres, se soit manifesté, en disant que c’était le fait du Prince: c’est évident et qu’un ministre de la Culture se voit finalement désavoué en filigrane par l’Elysée, France-Inter ce matin) ce n’est pas tous les jours que cela se voit Et bien entendu, cette affaire dépasse de loin le cas d’Olivier Py: là-dessus , nous sommes d’accord là-dessus.
Le système de nominations est toujours passé par l’Elysée, à plus ou moins haute dose, nous le savons tous, et ce n’est pas à toi que je ferais la démonstration, via le biais de réseaux que nous connaissons tous. Revoir le système? Mais que proposes-tu? Les nominations à la tête d’organismes d’Etat resteront faites par l’Etat, contrôlés par L’Etat… ou par les collectivités locales: on ne voit pas bien comment et par quel système cela pourrait se passer autrement, quel que soit le gouvernement.
J’ai vu personnellement la plupart des spectacles d’Olivier Py et de ceux qu’il a programmés. Ce qui semble n’être pas ton cas, comme tu le reconnais. Même si je n’ai pas trouvé ( en particulier l’Orestie) qu’ils étaient tous d’une qualité exceptionnelle mais quand même, on verra si son successeur aura plus de talent pour renouveler son public .
Qui peut afficher un tel bilan quatre ans après avoir été nommé?
Ne répondez pas tous à la fois. Mayette, à la Comédie Française, sûrement pas! Hervieu à Chaillot pas plus! Brochen, n’en parlons pas, Besset à Montpellier! … Et, que Jacques Livchine se rassure, nous saurons toujours faire la différence entre le Théâtre du Soleil et l’Odéon.
Ce qui tient d’un véritable scandale,et qui est insupportable, c’est cette arrogance, ces explications vaseuses, comme si toute décision d’un ministre de la Culture était le fait du Prince depuis deux ans qu’il a été nommé. « Bilan remarquable, il a été bon mais ce n’est pas une raison »: ce que le Ministre reprocherait à Olivier Py , c’est le manque d’orientation vers l’Europe, ce qui est quand même un peu énorme.Mais il a quand même eu comme du mal à invoquer ce qui ressemble fort à un prétexte. Tout se passe comme si Frédéric Mitterrand semblait un peu dépassé par cette tempête médiatique, en allant jusqu’à dire qu’il trouve que Claude Régy est un immense metteur en scène, même s’il a signé la pétition en faveur d’Oliver Py. En fait tout se passe comme si le Ministre avait été obligé de se plier à une décision qui ne venait pas de lui.
Tout cela ne vole pas très haut Attendons la suite… D’autant plus que François Baroin, porte-parole du gouvernement, a bien précisé que le Ministre proposait, et que le Président décidait.. C’est très aimable pour tonton Frédo! Et les explications ce matin à France-Inter du Ministre ne sont pas plus claires! Le Ministre, qui n’a pas même pas vu le dernier spectacle d’Olivier Py, se défend par rapport à un agenda jugé pas évident: quid de Muriel Mayette toujours pas renouvelée à quelques mois de l’expiration de son mandat,ou du successeur d’Alain Crombecque à la tête du Festival d’Automne: le moins que l’on puisse dire est que tonton Fredo a habilement botté en touche mais n’a pas vraiment répondu aux questions précises  de Laure Adler.
Mais il fera tout pour placer Olivier Py à la tête du Festival d’Avignon, comme, poussé dans se derniers retranchements, il a fini par l’avouer, ce qui était un secret de Polichinelle. Mais de toute façon, d’ici là, comme il ne sera plus ministre de la Culture, il ne prend pas beaucoup de risques… Souvenez-vous Catherine Trauttman avait placé Dominique Pitoiset à la tête de Chaillot; entre temps Catherine Tasca devient ministre: Pitoiset passe à la trappe  et  c’est Goldenberg qui est nommé, et ce ne fut pas spécialement  une réussite!
Tout se passe en fait comme si Frédéric Mitterrand avait plus ou moins été mis devant le fait accompli et faisait semblant de ne pas le savoir, même si l’affaire en question l’a quand même éclaboussé. On attendait mieux d’un Ministre de la République…Laure Adler recevra Robert Abichared, homme de grande intelligence théâtrale et de haute pensée: ce serait étonnant qu’il soit d’accord avec ce genre de mesures.  Quant à Luc Bondy, on lui souhaite bien du courage…

Philippe du Vignal

21h05 jeudi . Py accepte comme réparation Avignon! L’incendie est éteint. Qui défendra les 2 directeurs d’Avignon ? On est en pleine décadence et je soupçonne Py d’être un fameux intrigant.
Ils doivent diriger le festival alors qu’ils sont désavoués. Mitterrand doit démissionner selon moi. Il n’est pas à la hauteur de sa tâche, et Py ne sort pas grandi de cette affaire

Jacques Livchine

Les deux directeurs d’Avignon ont déjà obtenu un rallongement de leur contrat initial et Py  n’ pas pris lmeur place  quand il accepté ce lot de consolation. Peut-on le lui reprocher? Muriel Mayette est renouvelée.Mais attendons la suite de cet épisode. Ainsi finit l’un des plus mauvais spectacles de l’année.
Et Mitterrand, qui s’est déconsidéré dans cette histoire , ne démissionnera pas, il faudrait être bien naïf pour le croire, mais il  sera peut-être remplacé à la faveur d’un de ces  nombreux remaniements ministériels dont Sarkozy est coutumier.

 

Philippe du Vignal
 

 

Le 65 ème Festival d’Avignon est sur les rails..

Le 65 ème Festival d’Avignon est sur les rails…

 

    jv.jpgLa cérémonie rituelle qui rassemble une bonne partie de la profession a eu lieu cette année au Théâtre de la Cité Universitaire. Avec les deux directeurs: Hortense Archambault et Vincent Baudriller qui sont à la tête de la prestigieuse institution depuis 2003,  après la mémorable annulation due au conflit des intermittents du spectacle-eh! Oui- déjà-. Ils ont vu leur mandat renouvelé  cette année  et , comme par le passé, ils ont  organisé le festival avec un ou deux artistes dits associés, cette année, c’est le chorégraphe Boris Charmatz, par ailleurs directeur du centre chorégraphique national  de Rennes auquel il a donné pour titre: Musée de la danse   Malgré une édition pas très réussie en 2005 qui partait un peu dans tous les sens, Hortense Archambault  et Vincent Baudriller  ont réussi à redresser la barre à temps et à donner une autre image du Festival qui  est désormais moins ancré sur  le théâtre/théâtre  et davantage sur la danse, la performance aux limites du dramatique et sur les arts plastiques.
Avec de vrais succès comme celui d’Angelica Liddell l’an passé ( voir Le Théâtre du Blog).Charmatz a un but  et l’a clairement exprimé: « rassembler en un seul mouvement  le patrimoine et le spectaculaire, la recherche et la création, l’éducation et la fête, l’ouverture à des artistes singuliers et le désir de faire œuvre collective ». Vincent  Baudriller a souligné qu’il a eu ce  même état d’esprit pour cette 65 ème édition. Ce qui , à vrai dire , ne mange pas tellement pas de pain… Quel  directeur de festival ne  souscrirait pas à ce désir d’unanimisme? Reste  à savoir comment procéder et les deux directeurs sont assez intelligents et perspicaces pour savoir qu’il n’y  a pas de recette miracle dans ce domaine. Le seul véritable casse-tête reste, et depuis bien  des  années ,
- mais les deux directeurs sont restés assez discrets là dessus- à savoir comment rajeunir le public du plus ancien et du plus célèbre festival de Théâtre du monde, avec , comme partout, un budget serré, ce qui signifie  coproductions obligatoires et salles bien remplies,  si l’on veut arriver à s’en sortir financièrement.  C’est un peu la quadrature du cercle…
D’autant plus que le festival off , beaucoup plus orienté sur le théâtre dramatique,a depuis longtemps fait preuve de son dynamisme et attire nettement plus les jeunes qui laissent sans beaucoup d’hésitation, et pas seulement pour des raisons  économiques, le  » in » à leurs parents et grands-parents…  Il y a cette année, et le choix de Boris Charmatz est significatif, un  virage encore plus net vers une programmation orientée vers la danse. Avec des événements et des noms reconnus: Anne Teresa de Keersmaker, avec une création au lever du jour et pendant quatre heures  dans la Cour d’Honneur,  mais aussi des pièces de Meg Stuart , de Rachid Ouramdane et,  bien sûr, de Boris Charmatz.
Côté théâtre, on sent ce même désir de concilier  classiques et thèmes historiques connus avec un souffle contemporain en faisant appel à  des metteurs en scène là aussi  très reconnus: un long  spectacle regroupant à la Carrière Boulbon qui est un peu l’Epidaure d’Avignon:  Antigone, Electre et Les Trachiniennes de Sophocle par  Wouajd Mouawad, qui a été régulièrement invité au Festival, Guy Cassiers avec un spectacle sur Gilles de Rais et Jeanne d’Arc. Et, en faisant quelques paris,comme celui d ‘Au moins  j’aurais laissé un beau cadavre, d’après dHamlet dans la Cour d’Honneur par Vincent Macaigne, jeune metteur en scène qui avait monté il y a deux ans à Chaillot,  Idiot d’après Dostoievski, en jouant sur  l’excès et en adoptant une mise en scène un peu facile et racoleuse à souhait : seaux de peinture jetés sur scène, rock dur  et  voix amplifiées jusqu’à la saturation quatre heures durant  (voir Le Théâtre du Blog) mais avec de jeunes et bons acteurs dont  Servane Ducorps, Thibault Lacroix et Pascal Réneric que l’on retrouvera ici.
Il y a aura aussi Arthur Nauziciel, directeur du C.D.N d’Orléans qui avait créé il y a deux ans  un Jules César de Shakespeare de belle facture et qui montera  un spectacle sur Jan Karski, héros du ghetto de Varsovie. Et, de nouveau,  la tout à fait remarquable metteuse en scène espagnole Angelica Liddell (voir encore Le Théâtre du Blog)  avec un spectacle d’elle:  Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme : un projet d’alphabétisation. Si c’est du même tonneau que son spectacle de l’an dernier, cela peut être tout à fait remarquable…
Côté grand public; il y aura, entre autres, Jeanne Moreau et Etienne Daho  qui chanteront  une seule fois (le 18 juillet) Le Condamné à mort de Jean Genet. Et Juliette Binoche et Nicolas Bouchaud dans une Mademoiselle Julie  de Strindberg mis en scène par Frédéric Fisbach.Les metteurs en scène allemands  de la Schaubühne Katie Mitchll ey Léo Warner présenteront aussi  Kristin, d’après Mademoiselle Julie.
Et Patrice Chéreau, qui n’était pas venu en Avignon depuis 88 avec  Hamlet ,  montera  Je suis le vent de Jon Fosse. Et Patrick Pineau  dirigera à la Carrière Boulbon la fameuse et brillante pièce de Nicolas Erdman Le Suicidé.
On fêtera aussi le quarantième anniversaire de Théâtre Ouvert que Lucien Attoun proposa à Jean Vilar.Nous ne pouvons  tout citer de ce festival prometteur où  plus nombreuses sont les têtes d’affiche et les professionnels reconnus depuis longtemps. que  les  jeunes pousses… Mais comment faire autrement en ces temps de crise?  Donc, pas trop de risques mais la quasi-certitude de quelques bons moments que Le Théâtre du Blog couvrira dans toute la mesure du possible.
Il est d’usage d’annoncer aussi à  cette conférence de presse l’artiste invité de l’année suivante: ce sera Simon Mac Burney, le directeur anglais du Théâtre de complicité.  Quant à l’avenir du Festival, il y a trop d’intérêts en jeu  à la fois nationaux et municipaux pour qu’il disparaisse mais le successeur de Vincent Baudriller et Hortense Archambault  sûrement le directeur d’un grand théâtre  devra  changer sûrement  de cap, et resserrer une programmation un peu tentaculaire et rendre le Festival plus accessible ; la danse  et les arts plastiques contemporains ne sont sans doute pas une panacée ( on l’a vu à Chaillot qui ne sort pas vraiment grandi de  la programmation de ces dernières années!)
Nous vous donnerons en avril, mai et juin quelques aperçus plus complets sur les metteurs en scène et chorégraphes invités au Festival.

 

Philippe du Vignal

 

Vous pouvez retrouver toutes les informations détaillées sur la programmation : www.festival-avignon.com

Tsunami et demain

Théâtre du Rond-Point

 

 

Soirée exceptionnelle :

 

« Tsunami et demain..

 

lundi 11 avril à 20h

 

 

Des artistes français

et japonais en soutien aux


sinistrés du tsunami

 

 

avec la participation de Jane Birkin, Jun Miyake, Camille, Pierre Barouh,

Nicole Croisille, Francis Lai, Maïa Barouh, La Caravane passe, Salvatore Adamo, Sanseverino, Sublime,

Les Guignols de l’info... et de nombreuses personnalités.


Musique, lecture de Haïku en français et en japonais, vidéo (programmation musicale et artistique en cours)


Le Japon est aujourd’hui touché par une crise humanitaire gigantesque. Les besoins sont énormes et, par nos dons, nous pouvons faire beaucoup.
L’ampleur du cataclysme auquel il doit faire face aujourd’hui est telle qu’une aide d’urgence est impérative. Le Nord-Est du Japon abrite une population rurale, modeste, et souvent âgée. Les sinistrés ont tout perdu, ils survivent dans des abris de fortune et manquent de vivres, d’eau, d’essence, et d’accès aux médicaments. La réalité va au-delà des images qui nous parviennent.

 

L’attraction culturelle entre la France et le Japon existe depuis longtemps et elle est toujours aussi vivante. Chaque année, nombre d’artistes français de toutes disciplines vont se produire avec succès au Japon. 23 000 japonais vivent aujourd’hui en France. Ils sont dans l’angoisse et la frustration de ne pas pouvoir être auprès de leurs proches.
Cette soirée est aussi pour eux.
Elle est est organisée à l’initiative de Maïa Barouh et Guillaume Diamant-Berger, avec le soutien de Jean-Michel Ribes et du Théâtre du Rond-Point.
Le prix de la place est fixé à 35 euros et 350 euros en tarif soutien.
Le bénéfice des ventes de billets sera entièrement reversé aux organismes humanitaires déjà sur le terrain : la Croix Rouge et l’association « Kokkyô naki Kodomo » (KnK = Enfants sans frontières).

Réservations au : 01 44 95 98 21 ou sur www.theatredurondpoint.fr

Gérard Conio: deux nouveaux livres


gerardconio.jpgGérard Conio, professeur émérite de l’Université de Nancy, est co-directeur de la collection des Classiques slaves aux éditons de L’Age d’Homme. Il a longtemps vécu en Pologne et en Russie, pays dont il a traduit et contribué à faire connaître de nombreux écrivains et artistes… Il collabore au Théâtre du Blog.
« Ces livres, dit Gérard Conio, ont été conçus comme un triptyque qui retrace les trois grandes étapes du constructivisme russe, dans un mouvement de dépassement permanent. Après l’adieu à la peinture, proclamé en 1921, dans l’exposition dite du « dernier tableau « , les artistes qui avaient adhéré à ce courant ont cherché à surmonter « le mur aveugle et nu « de la forme pure pour retrouver le sens de l’art dans « la construction de la vie « .
Mais on ne saurait comprendre cette évolution sans la replacer dans son contexte historique. J’ai donc intégré des textes théoriques de Taraboukine, Axionov et Eisenstein, dans un récit qui les met en situation. Quand la peinture sort du tableau pour féconder la scène, quand le théâtre sort de la scène pour reprendre vie sur l’écran, un même processus de métamorphose aspire à fondre chaque mode d’expression dans »une synthèse des arts » qui se nourrit de  transfusions successives d’un même principe créateur.
La peinture renaît alors dans un théâtre d’essence plastique qui se dépassera à son tour dans la  « dramaturgie de la forme cinématographique « . J’ai voulu porter sur cette époque un regard rétrospectif à partir des problèmes qui se posent plus que jamais aux artistes soucieux de vérité. »
Sont donc publiés en annexe ses entretiens avec Marc Konik, peintre et designer, qui a dirigé pendant les trente dernières années de l’Union soviétique un groupe de recherche dont les travaux sur la reconstruction du milieu urbain s’inscrivaient dans la droite ligne de cet  » art de gauche » dont le projet est « toujours vivant, puisque toujours inachevé ».
Quant à son autre livre,
  Kazimir Malévitch, Le Suprématisme, on sait que le peintre, dessinateur et écrivain russe (1878-1935), fut le chef de file de ce courant .Son célébrissime  Carré blanc sur fond blanc  (1919) constitue l’un des moments clés de l’histoire de l’art du XXe siècle. Malévitch a  aussi développé la théorie de son art et en cela , il est aussi  essentiel.
Et Le monde sans-objet, écrit au début des années 1920, a connu un destin difficile; la première édition complète, mais  en allemand, est  de 1962. Mais et celle également complète, en  russe ,n’a lieu qu’au début des années 2000!  En français, des extraits de la seconde partie ont été publiés en 1995 puis en 2002.   Ce que l’Age d’Homme édite aujourd’hui est en fait la première traduction complète de l’ouvrage.  Mais c’est  un livre touffu. Et , plutôt que de mettre sur pied un appareil de notes qui le rendrait difficilement lisible, Gérard Conio l’a fait précéder d’une introduction substantielle, où il présente  l’oeuvre et la pensée de
Malévitch, qu’il  met en situation dans l’histoire tragique de la Russie des années 1920.

Philippe du Vignal

Dépassements constructivistes. Taraboukine-Axionov-Eisenstein, Lausanne, L’Age d’Homme, Slavica , 2011. 400 pages. 33 euros.
Kazimir Malévitch, Le suprématisme. Le monde sans-objet ou le repos éternel, traduit du russe et présenté par Gérard Conio, Gollion, In Folio, 2011. 496 pages. 29 euros.Le 6 avril  (18h-20h), les éditions  de l’Age d’homme fêteront la parution de ces deux nouveaux livres dans le cadre des  mercredis de la rue Férou , Librairie L’Age d’Homme, 5 rue Férou, 7500 Paris 

 

Les Estivants de Gorki, mise en scène d’Eric Lacascade.

Signalons que ce très bon  spectacle joué l’an dernier au Théâtre des Gémeaux à Sceaux ( voir l’article de  Barbara Petit du 10 mars 2010) est repris au Théâtre de  Sartrouville et des Yvelines, les 17, 18 et 19 mars.

Ph. du V.


L’Usine de films amateur

  L’Usine de films amateur, concept et réalisation de Michel Gondry

  C’est à une expérience hors du commun que nous invite Michel Gondry. Après le public de New York et  de  Sao-Paulo, les Parisiens peuvent participer, au centre Pompidou, à son usine de film amateur. Son métier, Michel Gondry le considère comme un « hobby rémunéré » et il regrette que le milieu du cinéma fermé « s’auto-emploie ».  Il a eu, avec cette initiative, la volonté de décloisonner cet univers et de  permettre à un public amateur de créer un film dans un temps limité de  trois heures, avec de bonnes conditions techniques et de « prendre plaisir à voir ensuite le film qu’il a tourné lui même ». Le même esprit règne  Soyez sympas, rembobinez, où les personnages s’improvisaient cinéastes  pour recréer des scènes de leurs films préférés. Dans cette production ( 2008),  le réalisateur avait réuni des artistes professionnels et  des amateurs du New Jersey.
«  Cette utopie de système autonome, j’ai eu l’opportunité de la concrétiser dans le cadre fictionnel avec ce film. J’ai ensuite voulu passer à la réalité. Le protocole que les gens suivent est conçu pour favoriser la créativité et le système garantit que chacun des participants puisse prendre la parole ». Grâce à une organisation  temporelle rigoureuse, l’utopie prend forme. Le décorateur, Stephane Rosenbaum, a conçu dans l’aile Sud du centre Pompidou une quinzaine de décors génériques :un cabinet de médecin, une chapelle, l’intérieur d’un wagon de RER, un terrain vague etc…«  Les décors et accessoires sont adaptés au contexte avec Paris en arrière-plan, car la structure de verre du Centre Pompidou nous permet d’ouvrir les décors sur la ville ».
Mais le principe de l’usine de films amateur fonctionne aussi en décors naturels,  Michel Gondry en a fait l’expérience en banlieue Nord  de Paris,dans la Cité des Dauphinés. Nous avons eu le privilège de suivre cette expérience comme acteur, et de participer à la création d’un film de 8 minutes. Un film certes amateur, mais cohérent avec un thème : un western musical, un titre: Pan ! Pan !Pan !Pan! enfin un scénario :la classique opposition entre des hors-la-loi et un groupe de shérifs mais ici déstructurée car  ils ont tous un goût commun pour la musique. Il a aussi un découpage précis des scènes et la participation effective de 20 personnes dont deux enfants.
Dans le premier atelier de 45 minutes , le groupe choisit le cadreur qui a une grande responsabilité  puisqu’il  n’y a pas de possibilités de montage, et que le film doit  donc être tourné dans l’ordre des scènes. Le choix du thème ,du titre et des séquences se fait à main levée, à la majorité. Dans le deuxième atelier, le scénario est mis au point et le groupe choisit les costumes, les accessoires et les décors.
Puis on tourne  le film  en une heure environ. C’est un travail d’équipe  et sans leader. A la fin de la séance, le cadreur reçoit un DVD du film qu’il montre au groupe. Le centre Pompidou garde l’autre DVD qui est diffusé au public qui visite l’exposition. Comme le souligne le réalisateur, cette expérience humaine permet à chacun de « prolonger cet état créatif que nous avons enfant et qui se perd à l’âge adulte ». Elle permet aussi de tester dans un temps limité une micro-démocratie utopique au service du ludique..
Sur Internet, est née une grande clameur numérique: les heureux participants et les  candidats
se sont unis  pour que l’on ne ferme pas l’usine.
Bientôt, on va voir  des manifestations devant Pomidou ! Mais  cette « usine » est  une invention artistique de Michel Gondry et, pour qu’elle soit belle, il faut évidemment qu’elle reste  éphémère...

  Jean Couturier

Prolongée jusqu’au 18 avril. Galerie Sud  du Centre Georges Pompidou; la visite du site de l’usine est libre, et  la participation à la fabrique de films se fait sur réservation internet: réservation close, mais à chaque séance ,quelques places,  sont disponibles.
Une « carte blanche » permet aussi de voir  jusqu’au 13 mars les films et clips de Michel Gondry,  et un choix de ses films cultes préférés.

Image de prévisualisation YouTube

DIAGHILEV, l’âge d’or des ballets russes

DIAGHILEV, l’âge d’or des ballets russes 1909-1929

 

« Cet ogre, ce monstre sacré…ce prince russe qui ne supportait de vivre que pour susciter des merveilles ». C’est ainsi que Jean Cocteau résume  une personnalité et un génie hors du commun.

photo3.jpgLa plus grande exposition sur Diaghilev s’est tenue à Londres au musée Victoria and Albert. Celle-ci est divisée en six parties:  nous oublions que nous sommes dans un musée. Lumières tamisées, murs  noirs: chaque vitrine, chaque costume, croquis ou affiche se détachent  bien, un peu comme s’ils étaient en relief. Projections et vidéos animent ce lieu et l’univers de la danse devient alors international grâce à Diaghilev.
L’exposition commence par une statue de Degas « Préparation à la danse, «  puis on découvre les costumes du « Lac des cygnes » et des ballets de Saint-Pétersbourg. Ensuite : première saison de 1909 à 1914 , les Ballets russes arrivent au Théâtre de Châtelet: les affiches (avec les mots  saison russe inscrit en gras! ); les costumes de Tamara Karsavina pour jouer Salomé, la musique d’Igor Stravinsky en 1913 avec « Le sacre du printemps » et le chorégraphe Michel Fokine qui a marqué cette période à jamais. Des Arlequins blancs se détachent sur des panneaux noirs  et un jeu de petits spots tournants nous entraînent dans cet univers qui ressemble à un ballet.
Vaslav Ninjisky (1889-1950) est représenté par une sculpture rare entourée de dessins : peintures et accessoires de ce danseur incomparable sont exposés ainsi que ses costumes du Spectre de la rose  que l’on peut admirer à travers une vitrine. On voit sur un portrait émouvant  du grand danseur, les signes de la schizophrénie qui seront fatals à sa carrière.
La troisième partie est consacrée à la création des Ballets russes:, comme un manuscrit, des dessins et une vidéo du Spectre de la rose et  à  leur remarquable influence à Berlin, à Paris ou à New-York. Des notes de la danseuse Lydia Sokolova, une maquette d’un théâtre du Palais d’argent, et surtout les illustrations des ballets par Picasso (1924 au Théâtre des Champs-Elysées illustrent bien l’expression de cette réussite.
Les années de la guerre 14-18 ont failli détruire l’œuvre de Diaghilev mais celui-ci  réussit  à faire vivre les Ballets russes: comme le montre une projection  où nous pouvons admirer les costumes de Léonide Massine pour « Soleil de nuit« .
Les Ballets russes en 1920: les costumes de Léonide Massine ont remplacé ceux de  Ninjisky; nous assistons aux cours d’Enricco Cecchetti à Londres et de Richard Alston. qui avaient pu être filmés Avec en fond musical, la musique de Stravinsky. La dernière salle rassemble des croquis de Picasso, des peintures, et des vidéos où des danseurs évoluent  sur des murs face à face.
L’idée de « production »  était née avec Diaghilev, la notion d’agent aussi. Il est mort à Venise, en 1929 à 59 ans,  et les Ballets russes ne lui auront pas survécu mais son influence aura bouleversé la danse du XXème siècle et c’est encore un exemple remarquable , presque cent ans après, pour de nombreux artistes…

Nathalie Markovics

 

A lire: Diaghilèv and the golden age of the ballets russes  1909-1929, inspiré de l’exposition de Londres au Victoria and Albert museum.

Un fil à la patte

fil.jpg

 Un fil à la patte de Georges Feydeau, mise en scène par Jérôme Deschamps et interprétée par la troupe de la Comédie-Française, (voir article du Théâtre du Blog de décembre 2010), captée en direct depuis la salle Richelieu, sera diffusée mardi 22 février à 20h 35 sur France 2.
L’occasion n’est pas si fréquente, alors, profitez-en , d’autant plus que la mise en scène, même très classique, est vraiment réussie, et il y a,  en plus, Christian Hecq  dans Bouzin, ce qui mériterait déjà le déplacement… Donc, on ne vous le redira pas trois fois. Même si vous n’êtes pas dans la salle mais devant votre écran magique bien au chaud ;de toute façon,  il n’y a plus de places jusqu’en juin. La comédie de Feydeau était entrée au répertoire en 1951 dans une mise en scène de Jacques Charon.

Ph. du V.

La Voix du danseur dans tous ses états.

La Voix du danseur dans tous ses états.

 Comme le remarque Dominique Dupuy, on peut retrouver la parole des danseurs et chorégraphes dans différents documents ( les  archives de l’INA) notamment audio ou audiovisuels. Mais cette parole reste muette, peu diffusée, moins que celle d’autres artistes. Et pourtant qui n’ a pas eu envie d’écouter la voix si particulière de Serge Lifar,  de Martha Graham, etc… Qui sont,  comme le dit Claude Sorin,  » autant de traces de convictions où s’appuient leurs gestes chorégraphiques ». Cependant elle existe, elle étonne ceux qui l’entendent, elle renseigne ceux qui s’intéressent de près à la danse.
Mais c’est vrai aussi qu’elle a  été et demeure souvent partenaire dans tous les domaines de la création contemporaine, y compris bien entendu le théâtre qui s’est beaucoup rapproché de la danse dans les années 60, en particulier avec Eugenio Barba, Grotowski,Le Théâtre laboratoire Vicinal de Bruxelles, etc..
Une journée  d’étude sera consacrée, le  13 février prochain, à ces » paroles en action », initiée et animée par Dominique Dupuy , et ARCADI, avec , entre autres: Emmanuelle Hynh, Blandine Masson, Joëlle Vellet, Claude Sorin,Claude Rabant….
Cette rencontre sera ponctuée de diffusions d’archives sonores et visuelles que l’on n’a pas la chance d’entendre ni de voir si souvent.

 Ph. du V.

 L’entrée est libre sur réservation obligatoire sur www.arcadi.fr
Fondation Biermans-Lapôtre,  Cité Internationale de de Paris 9 A Bd Jourdan 75014 Paris ( Entrée fléchée par le 17 Bd Jourdan).

1...3738394041...43

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...