Encore et toujours de petits cadeaux de Noël…

Encore et toujours de petits cadeaux de Noël…



ce jeudi 17 décembre à 19h

La Diva sans voix spectacle musical, mise en scène d’Olivier Pauls

Une création 2020… avec toute l’émotion de l’opéra mais sans diva ni grand orchestre… Confrontés à la réalité d’effectifs réduits dans certains opéras du XVIII ème siècle, trois musiciens se retrouvent  sur la touche… 85d837e9437642b6822c7f4d75627b4e.base_.image_

L’Opéra fait donc appel à un «uber-présentateur », polyvalent et pour un coût modique, qui a été recruté à Pôle Emploi. Pour  animer un programme avec les plus beaux extraits d’opéras, sans orchestre et avec une cantatrice malheureusement aphone… avec Stéphane Coutable, basson, Benjamin Clasen, alto, François Torresani, violoncelle et Olivier Pauls, comédien.


A voir sur : http://www.centreculturelrenechar.fr


Centre culturel René Char, 45 avenue du 8 mai 1945, 04000 Digne les Bains culture@dignelesbains.fr. T.: 04 92 30 87 10


 
Intérieurs 2020, une commande de vidéos courtes à dix artistes

©x catalogue  de l'exposition Victor Brauner

©x catalogue de l’exposition Victor Brauner

Vu la crise sanitaire actuelle, le Musée d’Art Moderne de Paris reste fermé jusqu’à nouvel ordre. Mais reste les visites en ligne comme du grand peintre Victor Brauner.
Et le musée avec la Société des Amis et son Comité pour la création contemporaine ont mis en place une action de soutien pour de jeunes artistes sélectionnés par l’équipe de la conservation: Marie Angeletti, Laëtitia Badaut Haussmann, Gaëlle Choisne, Morgan Courtois, Arash Hanaei, Jean-Charles de Quillacq, Clément Rodzielski, Sara Sadik, Naoki Sutter-Shudo, et Stefan Tcherepnin. Chacun étant invité à  créer un format vidéo court, sans thème imposé. La Société des amis du Musée a fait don au musée de ces œuvres réunies sous le titre Intérieurs 2020 .

Depuis novembre, deux vidéos ont été publiées chaque dimanche sur le site internet du Musée mais il reste encore à voir le 20 décembre, celles de Naoki Sutter-Shudo et de Stefan Tcherepnin. En 2021, ces œuvres seront visibles dans les collections du Musée d’Art Moderne.

Philippe du Vignal


Archives pour la catégorie actualites

Livres et revues

 

Livres et revues

Ubu/ Scènes d’Europe n° 68-69: Crises, résistances, révoltes

Mise en page 1Tout un programme, en ces temps agités! En couverture de cette revue bilingue, une photo de Phia Ménard debout parmi les ruines de sa maison en carton dans Contes immoraux /Partie 1-Maison Mère (voir le Théâtre du blog)La révolte en France des Gilets jaunes, celle des Black Lives Matter au États-Unis, les manifestations en Algérie et, un peu partout, le mouvement Metoo, ont amené Chantal Boiron à s’interroger sur les échos de ces mouvements dans les théâtres aujourd’hui. «On assistait depuis des mois à des colères, à des mouvements contestataires partout dans le monde, de Hong-Kong, à Alger, de Beyrouth, à Paris, écrit la rédactrice en chef dans son éditorial. Nous voulions nous interroger sur la manière dont le théâtre s’empare de ces questions.» «Qu’est-ce qu’un homme révolté, écrit Albert Camus dans L’Homme révolté ? Un  homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas, c’est aussi un homme qui dit oui.» Et c’est à ces  valeurs qu’adhèrent, dans le dossier central qui donne son titre au numéro, le dramaturge et metteur en scène britannique Alexander Zeldin et la journaliste Maïa Bouteillet avec Le Féminin comme lieu de l’insurrection.

Gérard Henry, écrivain français et correspondant de Courrier International à Hong-Kong, parle de l’espace scénique de ce territoire particulier. Avec le Hong-Kong Repertory Theatre fondé en 1977, qui présente des pièces classiques et contemporaines mais aussi la compagnie Zuni Icosahedron, plus expérimentale, qui a fait connaître Edward Lam, l’enfant terrible de l’île, avec des pièces où se conjuguent à la fois théâtre, danse et musique. Helen Lai, une chorégraphe chinoise exceptionnelle s’inspire, elle, de Franz Kafka, Italo Calvino, Gabriel Garcia-Marquez mais surtout d’écritures féminines. Son Her Story women of language, the language of women reprend des récits traditionnels de femmes du sud du Hunan.
A Hong-Kong, le théâtre s’ouvre aussi à la contestation: la jeune Ko Siu Lan présente des performances axées sur la liberté d’expression, explosant le langage pour le rendre subversif. Quant Tang Shu Wing, un des metteurs en scène les plus dynamiques, il va présenter ses créations en Angleterre et prépare un festival Shakespeare à Hong-Kong. Un historique de Chip Tsao complète ce tour d’horizon et permet de mieux comprendre les enjeux culturels et les révoltes dans l’ex-colonie britannique.

La Canadienne Astrid Tirel, au-delà de la polémique à propos de Kanata de Robert Lepage (voir Le Théâtre du blog), évoque le combat des artistes autochtones contre l’invisibilité de leur culture pourtant bien vivace… Odile Quirot revient, elle, sur Les Innocents, Moi et l’inconnue au bord de la route de Peter Handke, mise en scène d’Alain Françon. Et Jean-Pierre Thibaudat nous livre ses Chroniques… Ce numéro comprend aussi quelques pages de La Mer est ma nation, une pièce de la Libanaise Hala Moughanie, dont nous avons suivi le travail depuis qu’elle a obtenu le Prix R.F.I. 2015  (voir Le Théâtre du Blog). Ubu nous invite au voyage, alimente nos souvenirs et ouvre le débat. Chaque livraison est une mine: rien de mieux, quand on est privé de théâtre comme aujourd’hui…

Mireille Davidovici

Ubu 217 boulevard Pereire, 75017 Paris. T. : 09 87 15 71 79.  www.ubu-apite.org

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Drumming
d’Anne Teresa De Keersmaeker

Un livre consacré à Drumming (1998), une chorégraphie d’AnneTeresa De Keersmaeker, fondée sur la composition éponyme de Steve Reich (1971), les costumes fluides et lumineux de Dries Van Noten et la scénographie rigoureuse de Jan Versweyveld.

Avec d’abord un commentaire de l’œuvre par Noé Soulier, Tessa Hall et Julia Rubies Subiros des anciens élèves de PARTS, l’école de danse de la chorégraphe. Suivi d’un texte de Gilles Amalvi et d’un entretien avec elle.

Il y aussi une série de photos pleine page en couleurs d’Anne Van Aerschot et Herman Sorgeloos. Le livre n’est pas épais mais  dépasse en hauteur (soit 33,5 cms) celle de notre dictionnaire Littré de 1878. La partie images satisfera les amateurs de danse et d’art plastique, d’autant plus que la maquette évite la joliesse et que le papier grenu a un aspect brut.

La chorégraphe se dit autodidacte mais… elle est passée par Mudra, l’école bruxelloise de Maurice Béjart  et reconnaît l’influence de Trisha Brown avec ses «phrases très longues qui se développent en spirales suivant le nombre d’or. » L’élève de Fernand Schirren fut sensible au rythme de la musique de Steve Reich, qu’elle qualifie « d’invitation à la danse ». Le compositeur donna son accord pour que sa partition soit réduite de trente minutes et qualifia d’«heureux compromis», le rapport musique-danse, en synchronie, comme en contrepoint. Drumming, la musique et la pièce, visant à «maximaliser le minimum. « 

Nicolas Villodre

 Editions Fonds Mercator, 128 p. 30,00 €.

 

 

 

 

Les petits cadeaux de Noël

Les petits cadeaux de Noël

 

Alice traverse le miroir de Fabrice Melquiot, mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota

 

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Dans le cadre du Noël solidaire proposé par le Théâtre de la Ville-Paris en partenariat avec à Paris, la Direction de l’action sociale de l’enfance et de la santé,  le rectorat et la Direction des affaires culturelles et de  l’Assistance publique-Hôpitaux, une représentation filmée de cette pièce (voir Le Théâtre du Blog)  sera transmise depuis le Théâtre de la Ville-Espace Pierre Cardin. « Les enfants, dit Emmanuel Demarcy-Mota, sont parmi les grandes victimes de cette crise sanitaire, souvent isolés et qui montrent aujourd’hui des signes de fragilité. Il nous est apparu comme une priorité de leur offrir des moments de culture et d’échanges. Ainsi, en cette période si particulière, cherchons-nous à maintenir pleinement notre engagement et notre responsabilité au service des publics. »

Une représentation solidaire sera aussi accessible en langue des signes française, en partenariat avec Accès Culture.

Environ 700 classes de 590 établissements scolaires à Paris, Marseille, Reims, Annecy, La Rochelle, Lille, Bourges, Toulouse, Clermont-Ferrand, La Réunion mais aussi Berlin, vont assister à ce direct. Comme les patients des hôpitaux de l’AP-HP (480 enfants soignés à l’Hôpital Necker-Enfants malades, à l’hôpital de jour du Parc Montsouris) et dans les Instituts médico-éducatifs  de Bretagne et d’Auvergne. D’autres représentations filmées et diffusées en direct sont  aussi prévues pour tous les publics, notamment les plus isolés et fragilisés.

Ce vendredi 18 décembre à 10 h

Récital Anne Sylvestre

 

f9I3t3bZSbSi-pARTxbQeWYrwMZpKLNV1sN_zZQCPKmyFoyyZZbUAba-rb7rt0ncY9f3SA=s85Le Hall invite des artistes du Conservatoire national supérieur d’Art Dramatique, qui ont travaillé des œuvres d’Anne Sylvestre à venir les chanter sur notre scène à la Villette, qui, bientôt portera son nom comme aussi la deuxième promotion du TÉC, l’école supérieure du Hall de la chanson. Pour rendre hommage à cette immense poète, chanteuse compositrice et interprète, ils interprèteront quelques-unes de ses chansons, une inépuisable source d’incarnation d’un art au féminin parlant à tous les genres et à tous les âges…

 Philippe du Vignal

Samedi 19 décembre à 20h30 su YouTube

La Maison en petits cubes, mise en scène et adaptation de Didier Valadeau et Philippe Demoulin

La Maison en petits cubes, fable théâtrale sensorielle  d’après l’œuvre originale de Kunio Kato et Kenya Hirata, mise en scène et adaptation de Didier Valadeau et Philippe Demoulin (à partir de huit ans)

 

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A l’origine, un magnifique court-métrage sans paroles en douze minutes (2008) réalisé par Kunio Katô, sur un scénario de Kenya Hirata et une belle musique au piano de Kenji Kondö. Le film a remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation aux Academy Award, le Cristal d’Annecy (prix du meilleur court-métrage) et Prix du jury junior au festival international d’Annecy. Prix Hiroshima au festival international du film d’animation de Hiroshima et celui du meilleur film d’animation au Japan Média Arts Festival, etc. Et qui a été adapté en livre pour enfants par Kunio Kâto et Kenya Hirato.*

Un gros et vieux monsieur vit seul dans la seule pièce d’une petite maison dont les murs sont couverts de tableaux. Il y a aussi un lit en fer pour une personne, un poste de télévision carré aussi vieux que lui. La maison est isolée dans une immense étendue d’eau, toutes les autres ont déjà été recouvertes! A chaque fois que le niveau de l’eau monte, le vieux monsieur construit un nouvel étage. Mais toutes les traces de sa vie antérieure ont disparu et il met un scaphandre pour aller récupérer sa pipe à laquelle il tient tant. Au fond de l’eau, il va retrouver à chaque étage ses souvenirs enfouis quand il était jeune papa et voit ainsi défiler tout son passé et celle son épouse disparue.  Cette montée des eaux/fuite du temps rappelle qu’on ne peut vivre dans ses souvenirs. Vieille mais toujours aussi jeune illustration de la fuite du temps mais aussi vision prémonitoire du terrible tsunami en 2011 sur la côte Pacifique du Japon avec tremblement de terre magnitude 9,1…
Il s’agit ici de faire passer cette fable sur un plateau de théâtre et Didier Valadeau et Philippe Demoulin en ont fait une adaptation: «Pour répondre à la richesse des enjeux et à la dualité de cette œuvre partagée entre présent et passé, rêve et réalité. Ensemble, nous voulons proposer au public dans sa plus garde diversité, une création d’une genre nouveau. »

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Sur la petite scène, une quinzaine de cubes blancs figurant les pierres que monte le vieil homme pour rehausser sa maison menacée par la montée des eaux «deux narrations sensorielles simultanées: l’une sonore, l’autre visuelle». En termes clairs, une conteuse (Sylvie Audureau) assise sur un rocking chair et munie d’un micro HF  (on se demande bien pourquoi !) et un merveilleux musicien sénégalais Ousseynou Mangane, au balafon. Côté visuel, Damien Mignot, acteur et signeur sourd qui mime cette histoire gestuellement, en utilisant aussi, si on a bien compris des éléments de langue des signes. Et sur trois écrans verticaux, pasent des images vidéo conçues par Isabelle Decoux. Avec un graphisme simple noir et blanc de toute beauté qui montre la solitude de  ce vieux monsieur dans cette petite maison qui résiste encore dans cette étendue d’eau sans fin.
Et cela donne quoi ? Pas quelque chose de bien séduisant ; le principal défaut étant d’abord la diction trop approximative et en dessous du minimum syndical de la conteuse mais aussi l’afflux d’informations : une voix, une gestuelle, une musique et un message visuel qui défile de façon presque permanente. Trop, c’est trop et cela brouille cette narration d’à peine une heure qui traîne en longueur ! Alors que Kunio Kato et Kenya Hirata avaient finement choisi d’en faire un récit muet en douze minutes. Le résultat est d’une grande sécheresse et n’a pas la merveilleuse poésie du court-métrage japonais…

On pouvait dans la version originale de ce spectacle: «choisir soit la narration sonore soit à la visuelle »au lieu de la version compacte jouée ici. Mais de toute façon, cette adaptation était mission impossible. Bref, c’est toujours la même histoire de temps et d’espace qui ne fonctionne pas, quand on passe d’un médium à un autre. Reste la présence et le jeu d’Ousseynou Mangane aux balafon, udu et kalimba… On peut se consoler en allant voir sur Youtube ce formidable court-métrage…

Philippe du Vignal

Présentation professionnelle vue le 10 décembre à l’I.V.T., Cité Chaptal, Paris (IX ème)
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Editions Nobi Nobi

 

 

 

 

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Qu’ils crèvent les artistes! ( suite et pas fin…)

La liberté guidant le peuple d'Eugène Delacroix ©x

La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix ©x

Qu’ils crèvent les artistes! ( suite et pas fin…)

La révolte et la colère grondent un peu partout dans le milieu culturel, même dans les théâtres privés, à la suite des déclarations plus que maladroites du Castex de service aux ordres de l’Elysée… Que ce soit à Bordeaux Marseille où le ZEf-Scène nationale a dû annuler  May B de Maguy Marin et Féminines de Pauline Bureau. Il a aussi signé le recours déposé devant le Conseil d’État. Et il y a aura une manifestation demain mardi partir de midi entre la Canebière et la Préfecture. Comme à Paris place de la Bastille… Mais les grandes institutions parisiennes ou en province ne sont pas pressées d’accorder leur soutien à cette révolte justifiée. Et aucune parole de Roselyne Bachelot, encore ministre de la Culture, qui ne semble pas prendre conscience de l’ampleur de ce mouvement et qui, mise dans une situation délicate, n’a quand même pas démissionné! On lui fait jouer les pompières en annonçant 35 millions d’euros d’aide mais bien entendu, cela ne suffira pas et nombre de théâtres et compagnies sont exsangues. Quant au Macron, on se souviendra de son autoritarisme, quand nous irons voter en 2022 pour l’élection présidentielle. Nous avons retrouvé un formidable article du Nouvel Observateur du 23-29 mars 2006: Pas question de céder, disaient-ils… « Chirac, Balladur, Juppé, Fillion tous ont d’abord juré que la rue ne dicterait pas sa loi… Tous à de rares exceptions près, ont dû capituler. Non sans dégâts ». Et Jean Castex, cet énarque déguisé en élu local, inscrira-t-il son nom à ce tableau de la politique à la française?  On peut l’espérer, vu les erreurs en cascade qu’il a commises depuis quelques mois… Allez une dernière pour la route avant d’aller à la manif: (cité par Le Canard enchaîné du 28 octobre) « Le meilleur moyen,de soulager l’hôpital, a dit Jean Castex, c’est de ne pas tomber malade. » Les malades hospitalisés apprécieront…

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Théâtre Liberté à Toulon ©x

Un recours commun a donc été déjà signé, et pas par n’importe qui, entre autrs: Nathalie Dessay, chanteuse et comédienne, José-Manuel Gonçalves, directeur du Cent-Quatre à Paris, Laetitia Dosh, actrice, Charles Berling, acteur et directeur du théâtre Liberté à Toulon, Marc Le Glatin, directeur du Théâtre de la Cité Internationale, Pauline Bureau, metteuse en scène et directrice de La Part des Anges, Johanny Bert, directeur du Théâtre de Romette, Camille Chamoux, actrice, Jean-Michel Ribes, metteur en scène et directeur du Théâtre du Rond-Point, Anne-Laure Liégeois, metteuse en scène, Jean-Louis Martinelli, metteur en scène, Noémie Lvovsky, réalisatrice, Kaori Ito, chorégraphe et danseuse, Adrien Béal, directeur du Théâtre Déplié, Pascal Keiser, directeur du Théâtre de la Manufacture à Avignon, Fatima N’Doye, chorégraphe, Nicolas Bouchaud, comédien, Catherine Corsini, réalisatrice, Marianne Denicourt, comédienne, Christophe Laluque directeur du Théâtre Dunois à Paris,  Aure Atika, comédienne, Christophe Pellet, auteur, Malik Zidi, acteur, Christine Citti, comédienne, Valentina Novalti, productrice-distributrice, le collectif Les Filles de Simone, Léonore Confino, autrice,  Yveline Rapeau, directrice du Pôle National Cirque, Mathilda May, autrice et metteuse en scène, Nicolas Royer , directeur de l’Espace des Arts à Chalon-sur-Saône, Elise Vigier de la Comédie de Caen, Karin Viard, comédienne, Thomas Quillardet, metteur en scène, Noël Mamère, journaliste, Cyril Teste, metteur en scène, Bruno Solo, comédien, Catherine Arditi, comédienne, Jean-Michel Djian, journaliste, Marie-Agnès Gillot danseuse-étoile, Dominique Pinon, comédien, Xavier Legrand, acteur et réalisateur, etc. A suivre…

Ph. du V.

Marc Lesage, directeur du Théâtre de l’Atelier à Paris fera lui aussi entendre sa voix. « Place Charles Dullin à 18h 30, à l’heure même où nous aurions dû rouvrir nos portes, nous serons sur le trottoir, dans la rue, devant notre théâtre, en compagnie de Jacques Weber, François Morel, Audrey Bonnet… pour exprimer notre dégoût et notre colère. »Nous ferons résonner dans les rues l’Art et la Culture par la parole des artistes, avec dignité et responsabilité, pour combattre l’absurdité des mesures prises par ce gouvernement. »
 
Les Ecrivains Associés du Théâtre appellent à la mobilisation! Leur conseil d’administration a décidé à l’unanimité de s’associer à la S.A.C.D. et à de nombreuses organisations professionnelles pour déposer un référé auprès du Conseil d’État,  pour faire annuler la décision gouvernementale de prolonger la fermeture des théâtres et salles de spectacle Et cette cascade de référés provient de tous les milieux culturels et de leurs syndicats. Entre autres: Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle CGT FNSAC CGT,  Fédération nationale des Arts, des Spectacles, de l’audiovisuel du Cinéma et de la Presse FO – FASAP- FO, Fédération Nationale des Arts de la Rue, Fédération Culture Communication Spectacle CFE-CGC, Association Nationale des Théâtres de Marionnettes et Arts Associés-THEMAA,  Fédération Culture Communication Spectacle CFE-CGC,  Fédération Communication, conseil, culture CFDT , Syndicat des Cirques et Compagnies de Création… L’équipe du Monfort à Paris (XV ème) a écrit à Jean Castex avec des arguments solides et invite le public « à rejoindre la manifestation, mardi 15 décembre à midi, place de la Bastille à Paris.

Lettre fort lucide et courageuse à M. Jean Castex de Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, et de toute l’équipe du Monfort théâtre:

« Revenons sur votre allocution, tout en sachant que vous avez pris votre décision à la hâte dans l’après-midi du 11 décembre, ce qui prouve encore une fois le peu de considération que vous nous portez. Dans un premier temps, vous rassurez les Français en prenant une décision qui vous semble sage : laisser nos lieux fermés en raison des chiffres de contamination en hausse. Pas d’objection : nous suivons scrupuleusement l’actualité, nous sommes d’accord avec vous, un objectif sur deux n’a pas été atteint: la barre des 5. 000 contaminations. Dans un second temps, vous employez ces mots : «revoyure le 7 janvier ». Ce qui nous laisse perplexes. Que voulez-vous nous dire exactement? Vos éléments de langage ne sont pas très clairs. Le 20 janvier est aussi évoqué. Ouvrons-nous donc dans trois semaines, ou encore plus tard ?

Alors que vous disparaissez des écrans, nous nous empressons de joindre l’Elysée qui nous précise qu’une réouverture est seulement «probable» à partir du 20 janvier, soit presque sept semaines plus tard … Coup de massue. La colère nous envahit. Si, depuis le début de la crise sanitaire, le milieu culturel s’est adapté à toutes vos injonctions et a respecté toutes les mesures à la lettre, pour la première fois, nous réagissons et faisons entendre notre voix : trop, c’est trop ! Arrêtez de nous infantiliser, de nous mépriser. Vos mensonges sont inadmissibles et portent atteinte à la crédibilité de la parole publique. »

« Ayez au moins l’honnêteté d’assumer votre position : en l’occurrence, celle d’avoir fait un choix politique (et certainement pas sanitaire). Assumez les contradictions flagrantes qui sautent aux yeux de tous : rouvrir les lieux de culte (à croire que nous ne sommes plus dans un pays laïque ?), les grandes enseignes commerciales, laisser les gens s’entasser dans les transports pour travailler et consommer … Mais taxer la culture de «non essentielle» à la nation et lui faire quasiment porter la responsabilité de la crise sanitaire. »

« Chercher à nouveau à nous calmer avec des aides financières publiques, pour faire face à des salles closes ne suffit pas! Nous vous laissons imaginer la souffrance de notre équipe permanente qui alterne entre chômage partiel et travail en urgence pour l’ouverture tant attendue de mi-décembre. C’est le sens même de nos métiers, nourri par la passion, et le lien avec les spectateurs et les artistes, que nous sommes en train de perdre, Monsieur Castex. Et il faut bien l’avouer, la charge de travail va fatalement se réduire dans les mois à venir si cela continue ainsi … »

« Vous avancez trois arguments dont le risque majeur d’attraper le covid dans nos salles, un risque réfuté par de grands médecins sur toutes les antennes: ils constatent la rigueur des protocoles sanitaires mis en place dans les lieux culturels pour accueillir le public. Il semblerait que le corps médical soit écouté mais quand cela vous arrange… Ce n’est en fait pas nos salles elles-mêmes qui sont le danger (puisque qu’aucun foyer ne s’y est déclenché) mais le flux de personnes qu’elles occasionnent. C’est peut-être la seule chose que nous apprécions encore dans votre gouvernance, votre sens de l’humour malgré vous ! »

Je vous invite à vivre un flux extraordinaire ! Les Galeries Lafayette, métro Opéra entre 14 h et 17 h, un samedi après-midi de décembre. C’est la libération, le bonheur. Le covid a disparu dans cet arrondissement chic de Paris. Nous déambulons dans les allées, jeunes, moins jeunes, voire très âgés, le masque dans le cou. Il faut dire qu’il fait très chaud et puis ça donne un certain style ! On se regarde de nouveau, on se sourit, on est heureux, les vêtements s’entassent dans les cabines d’essayage. Au vu de la situation et pour être aussi nombreux, c’est certain, nous sommes en sécurité maximale! Concernant l’ascenseur qui mène au parking, c’est un futur gag pour grand humoriste : nous sommes entre dix et douze personnes tassées, les sacs pleins les bras! Les enfants ne portent pas de masque et hurlent après avoir déambulé plusieurs heures dans cette foule compacte, le visage écrasé sur les parois de l’ascenseur jamais désinfecté et qui fait le manège du premier au cinquième sous-sol depuis neuf heures du matin … C’est effectivement extraordinaire de vivre ces moments qui nous manquaient tant! 
Enfin, troisième argument: rester fermé en décembre, pour mieux ouvrir en janvier. En parfaite contradiction avec vos discours sur les fêtes de fin d’année qui feront presque inévitablement remonter le niveau des contaminations… »

« Alors, s’il vous plaît, cessez de nous décrédibiliser face aux Français et à nos spectateurs, qui continuent à nous soutenir. Nous sommes respectueux de la République, responsables, nous avons su protéger nos maisons, nos équipes permanentes, le public, les artistes et toute la chaîne de nos corps de métiers, costumiers, régisseurs, ingénieurs son et lumière… et toutes les professions invisibles. Les protocoles sanitaires que vous nous avez imposés ont tous été respectés et nous n’avons demandé aucun traitement de faveur. Nous ne sommes pas dans le complotisme ou toute autre forme de déni face à cette terrible crise sanitaire. Mais ne nous incitez pas trop à être désobéissants.
Cette décision est absurde et injuste. Nous serons donc fermés car nous ne sommes pas un secteur assez fiable et nous ouvrirons au mieux le 20 janvier (peu probable), ou peut-être en février, au pire après les élections présidentielles en 2022 ! »

L’équipe du Nouveau théâtre de Montreuil ne mâche pas non plus ses mots:

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La colère gronde et les salles de spectacle ont adressé un référé auprès du Conseil d’État pour faire valoir leurs droits par rapport à cette décision inéquitable. Nous sommes solidaires de l’appel à se rassembler le mardi 15 décembre à midi, place de la Bastille à Paris.
Et en fin de journée, retrouvons-nous à Montreuil : le Nouveau théâtre de Montreuil et le cinéma Le Méliès soutiennent l’initiative des spectateurs qui constitueront à 18h sur la place Jean-Jaurès une file d’attente symbolique, respectueuse des distances de sécurité et des gestes-barrières, pour exiger la réouverture des lieux de culture.

 

 

Qu’ils crèvent les artistes (suite et non pas fin…)

Qu’ils crèvent les artistes (suite, et non pas fin…)

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Tiens, une idée, les évêques de France, puisqu’ils ont obtenu que les églises soient à nouveau complètement ouvertes pourraient inviter des compagnies à jouer dans les églises: c’est Noël et ce serait un beau retour aux sources même du théâtre… Charles Berling, directeur du Théâtre Liberté-Scène Nationale de Toulon, a de nouveau sur France-Inter, exprimé sa colère mais cela semble laisser  de marbre Roselyne Bachelot qui se réfugie dans un prudent silence.

Adrien de Van, le directeur du Théâtre Paris-Villette, avec l’aide d’un cabinet d’avocats, va saisir le  Conseil d’Etat: « Chacun est en droit d’exiger des mesures justes. Et celles-ci ne le sont pas. Chacun est en droit d’exiger que les efforts et les renoncements qui lui sont demandés se basent sur des considérations sanitaires et soient équitables. Et ceux-ci ne le sont pas, puisque le Ministère de la Culture a rappelé lui-même que les lieux de culture étaient parmi les plus sûrs. »

Comme Christian Benedetti, directeur du Studio-Théâtre à Alfortville et à Paris, le Monfort, Edouard Chapot et Mathieu Touzé, directeurs du Théâtre 14 à Paris. Et on peut parier sans grands risques que le mouvement va faire tache d’huile. Macron l’aura bien mérité: tout le monde ira sans doute voter pour lui… A moins que n’ait lieu -le décret n’est pas encore paru un rétropédalage en règle avec explications confuses: une habitude de ce gouvernement qui n’en est plus à une contradiction près… Bien entendu, nous vous tiendrons au courant du prochain épisode de ce triste feuilleton que Jean Castex et Emmanuel Macron auraient pu nous épargner…

Philippe du Vignal

Qu’ils crèvent les artistes!

 

Qu’ils crèvent les artistes!

 Cette petite phrase très ironique -et en avance sur son temps!- était le titre d’un spectacle du grand homme et théoricien de théâtre polonais Tadeusz Kantor (1915-1990). Charles Berling, acteur et directeur du Théâtre Liberté-Scène Nationale de Toulon, hier très en colère et il y a de quoi, disait avec raison qu’Emmanuel Macron n’avait pas eu un mot pour la Culture, lors du premier confinement. Un oubli? Comment le croire?  Et l’avenir ne rassure personne, que ce soit les directeurs de grandes ou petites salles, et tous les responsables de lieux culturels. Et, comme on le sait, les théâtres, cinémas, cirques, musées, bref, tous les lieux culturels et sportifs resteront fermés jusqu’au 7 janvier, voire au-delà! 

Sur L.C.I., Charles Berling remarquait: « On va s’entasser dans les trains, on va s’entasser dans les métros, dans les centres commerciaux mais on gardera fermés les théâtres, les cinémas. Je rappelle que nous sommes fermés, donc si l’épidémie repart, ce n’est certainement pas à cause de nous… Il faudrait peut-être ne pas avoir cette haine des artistes qui commence à bien faire. Donc je suis très en colère, très affligé ». (…)

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« Ces lieux culturels sont des foyers de pensée, de plaisir, de partage. Que l’on est en train de détruire au profit d’un consumérisme terrifiant. « (…) « C’est un mépris de la culture. C’est une haine des artistes qui est en train de monter. Cela n’est pas possible de parler comme ça. Cela n’est pas possible de faire cette distinction. Alors, il faut fermer les grands commerces, il faut fermer les trains, il faut fermer tout ».

Et Roselyne Bachelot, prise dans un étau, sommée de soutenir la Culture tous azimuts, a accepté de se taire, puisqu’elle appartient -encore mais pour combien de temps- à ce gouvernement… Alors qu’elle aurait dû avoir le courage de démissionner, vu la façon dont elle est traitée!

 Certes, la situation est loin d’être facile mais, avec le couple Macron-Castex, on n’est pas à une contradiction près; l’épiscopat catholique français a fini par obtenir gain de cause et tous les lieux de culte pourront de nouveau accueillir leurs fidèles. Certes, les églises sont hautes et c’est pour éviter les miasmes comme on disait, que l’on a inventé les dômes. Mais quand on voit la hauteur sous plafond de Chaillot ou de l’Odéon ou que dans les petits théâtres, les mesures sanitaires draconiennes sont prises, on se dit qu’il y a deux poids, deux mesures. Et  il y a quand même une belle hypocrisie gouvernementale: quid, comme le souligne justement Charles Berling, des centres commerciaux, des métros parisien, marseillais, toulousain… Mais aussi des TER, Thalys, Intercités et autres TGV, etc. où on reste entassé pendant plusieurs heures avec une climatisation parfois défaillante mais qui brasse l’air respiré derrière les masques? Oui, mais n’avez rien compris, du Vignal, il s’agit de l’économie nationale! Alors, ne venez pas pleurer pour vos théâtreux et autres ! A ceci près que c’est nier la notion d’Egalité devant la loi, pourtant inscrite partout sur les frontons des mairies! Eux aussi font tourner -et comment!- la boutique France.

M. l’énarque Castex, arrêtez de nous infantiliser et de nous faire la leçon, d’enfumer les professions du spectacle tous genres confondus, du cinéma, des musées, obligées de réviser sans arrêt leurs projets et tableaux de travail… Et quand Roselyne Bachelot -elle a voulu être ministre de la Culture mais elle ne doit pas être à la fête-  veut nous faire croire que « c’est mieux de ne pas reprendre maintenant, pour ne pas être obligé de refermer en janvier, » elle se moque de qui? C’est d’un jésuitisme absolu! Et on comprend la colère du monde de la Culture, entre autres, celle de remarquables femmes de théâtre comme la comédienne Ariane Ascaride ou Macha Maekeieff, metteuse en scène et directrice du Théâtre de la Criée à Marseille!*

Et demandez à tous leurs fournisseurs ce qu’ils en pensent: à Paris, comme dans nos douces provinces, demandez aussi aux commerçants et artisans d’Avignon, d’Aurillac, Cannes, Orange, Bussang, Charleville-Mézières, Deauville, etc. Bref, à tous ceux  des petites ou grandes villes où  a lieu chaque année un festival, voire plusieurs, de théâtre, cinéma, etc. Ce n’est pas seulement la vie culturelle de décembre et janvier qui est mise à mal mais celle de l’économie locale et pour une bonne partie de l’année 2021. Oui, mais bon, quant aux dégâts collatéraux, le Gouvernement actuel verra cela plus tard…

L’acteur Arnaud Churin en assez des pétitions/supplications, alors qu’il faudrait monter d’un cran et il appelle à la mobilisation générale dans une remarquable Lettre ouverte aux directeurs de cinémas et de salles de spectacle. « On met parfois en avant l’aspect essentiel, vital de la culture. On fait appel au bon sens, à la morale, à la psychologie, aux bons sentiments. Le constat est pourtant implacable : lors de sa première intervention annonçant le nouveau confinement, Emmanuel Macron n’a pas dit un seul mot sur le secteur culturel pourtant massacré.Dans un autre domaine, celui des droits sociaux, ce gouvernement fait même pire: il ne cesse d’affirmer que tout le monde sera couvert « quoi qu’il en coûte » alors qu’il laisse de côté des centaines de milliers d’intermittents de l’emploi (extras de l’hôtellerie, restauration, évènementiel, guides conférenciers ..) qui basculent au R.S.A. dans la plus grande pauvreté. Cela fait des mois que nous alertons, que nous revendiquons, que certains députés et sénateurs relayent les demandes mais en vain. La seule victoire, nous l’avons obtenue au Conseil d’Etat qui vient d’annuler une partie de la convention d’assurance chômage 2019.

Arrêtons  d’être défensifs et optons pour des stratégies offensives.

« La seule solution : attaquer le gouvernement au Conseil d’Etat avec un référé-liberté. Cette procédure permet de saisir en urgence le juge administratif quand on estime que l’administration (État, collectivités territoriales, établissements publics) porte atteinte à une liberté fondamentale (liberté d’expression, droit au respect de la vie privée et familiale, droit d’asile, etc.). Le Juge des Référés a des pouvoirs étendus : il peut suspendre une décision de l’administration ou lui ordonner de prendre des mesures particulières. Pour rappel, les professionnels de la restauration et des stations de sports d’hiver l’ont fait mais leurs demandes n’ont pas été retenues. Seule l’Eglise a gagné et le Gouvernement a dû revoir sa copie sur la limitation à trente personnes lors des cérémonies religieuses: la jauge ne sera plus limitée mais calculée en fonction de la superficie, Pourquoi ce référé-liberté devrait être gagnant? Parce que les juges administratifs du Conseil d’Etat sont très attachés à la notion d’équité. Et les conditions d’accueil dans une église sont en tous points comparables à celles d’un cinéma ou salle de spectacle. Chacun est assis, masqué, ne bouge pas et regarde dans la même direction. Ironie de l’histoire, Jean Castex lors de la présentation de sa loi sur le séparatisme n’a cessé de vanter la laïcité à la française. Or, dans les faits, les églises sont ouvertes et les théâtres, fermés! J’appelle donc les directeurs de cinémas, théâtres et autres lieux de spectacle à déposer de toute urgence un référé-liberté au Conseil d’Etat. Cette démarche est essentielle. Et si le juge nous donne tort, il devra justifier sa décision. J’ai hâte de savoir en quoi, le fait d’assister au récit de la naissance d’un homme nommé Jésus serait sans danger, alors que le récit d’un homme nommé Tartuffe serait source de contamination. »

Personne n’accepte la mesure incompréhensible annoncée par Jean Castex et la riposte ne s’est pas fait attendre. « Mais ça y est, ça se bouge enfin, dit Samuel Churin. Jean-Paul Angot de l’Association des Scènes Nationales, Robin Renucci de l’Association des Centres Dramatiques Nationaux veulent y aller. Bien sûr, tous ne vont peut-être pas suivre. Je connais des directeurs des Centres Dramatiques Nationaux qui ne veulent pas s’attaquer à l’État, de peur de perdre leur poste. » Effectivement, on attend encore la réaction des responsables des grands théâtres, nationaux ou pas, mais la révolte gronde avec de nombreux recours devant le Conseil d’Etat. On est impatient de voir la suite…

Philippe du Vignal

*L’urgence des arts
Et si nous pensions à demain et à l’avenir des arts ? Télérama, en partenariat avec le Théâtre de la Ville et l’E.N.S. Paris-Saclay, relève le défi avec une série de quatre débats diffusés chaque soir du 14 au 17 décembre en direct sur son site. Premier volet consacré au spectacle lundi 14 décembre avec Alex Beaupain, Volny Fages, Dominique Hervieu, Macha Makeïeff et Clément Mao-Takacs. À suivre  partir de 18h et jusqu’à 19h30 sur www.telerama.fr

De nombreuses réactions à la non-réouverture des théâtres, salles de cinéma et de concert se font entendre. L’heure n’est plus à la plainte mais à l’action. Devant le silence de la ministre de la Culture, des voix s’élèvent, l’indignation gronde. «Et Bachelot elle est où?», ironise un internaute. «Les évêques ont réussi à faire ouvrir les églises, dit un autre, pourquoi les artistes ne réussiraient-ils pas à faire rouvrir les théâtres, au nom de l’équité ? »

«lls ont osé ! Ils l’ont fait ! Ils sont allés au bout de leur illogique ! », s’insurge le comédien Arnaud Agnel sur Facebook dans Artistes, publics:Agissons. «Nous nous disions, ils vont comprendre » (…)  « Eux, si intelligents ! Et ils vont même comprendre que c’est dans l’intérêt de tous, de le faire… «Ces gens-là, qui nous dirigent et sont l’élite intellectuelle de la nation, vont comprendre ce qu’on revendique depuis des semaines en termes simples: rouvrir les salles de spectacles car elles ne constituent aucun danger et sont une source de respiration pour un pays qui agonise ! »

 «Depuis mars, nous avons joué le jeu. Nous avons fermé. Nous avons attendu. Nous avons annulé. Nous avons reporté. Vous nous avez blanchi ? On vous en remercie. Il a fallu enfourcher ? On a enfourché ! Sans rien comprendre ce que cela signifiait, mais on a enfourché. Il a fallu distancier ? On a distancié. A la rentrée, nous avons rouvert. Enfin ! Un peu. Pas trop. Juste suffisamment pour nous apercevoir du manque que c’était pour nous, comme pour le public, de ne pas être ensemble. » (…) « Un semblant de société revenait. On se promettait mais sans se le dire, qu’on ne se lâcherait pas. Qu’on ne se lâcherait plus. On a carrément redoublé de foi, quand fin août, vous, le même, avez déclaré: « Le secteur culturel a beaucoup souffert de cette crise…  Il faut y aller, au théâtre, au cinéma, il faut soutenir le secteur culturel…  La culture est une activité économique… Oui, je dis aux Françaises et aux Français, allez au cinéma, allez au théâtre, vous ne risquez rien.»

« Fin octobre, il a fallu couvrir le feu. On a couvert. On s’est adapté. Encore une fois. Le public était toujours là. Comme une évidence. Mi-novembre, on a été plusieurs à interpeller la ministre de la Culture pour qu’elle obtienne une réouverture au plus tôt. Fin novembre, le Président disait : «Tenez-vous prêts pour le 15 décembre. » Tous azimuts, nous avons redoublé d’efforts. Travail acharné, foi intacte. Répétitions rouillées car corps sans perspectives depuis des mois mais joie décuplée. Et là, quoi ? « Non ! C’en est trop, on craque ! »

« J’en appelle aujourd’hui au public et aux artistes de France. A toute la jeune garde qui a le vent en poupe, à tous les directeurs et directrices de lieux, à toutes les productrices et producteurs de spectacles, à tous les comédiens et comédiennes, à tous les danseuses et danseurs, à tous les musiciens et musiciennes, à tous les metteurs et metteuses en scène, à tous les chorégraphes, à tous les techniciennes et techniciens, à tous ceux et celles qui travaillent dans les services administratifs, aux auteurs et autrices, agents, aux milliers de personnes qui travaillent dans l’ombre, à toutes celles et tous ceux qui sont dans la lumière, à toutes les têtes d’affiche de notre pays ». (…) « Et enfin, oui, enfin, j’en appelle au public. Ne nous laissons plus faire ! «Des solutions intelligentes existent, nous le savons : imposons-les! Et que vivent les cinémas, les théâtres, les musées, et les salles de spectacles ! »

Mireille Davidovici

L‘équipe du Théâtre du Blog, solidaire, est moblisée pour vous tenir au courant de cette grave crise qui atteint tout le secteur culturel français sans aucune exception. A suivre…

 

Féminines, texte et mise en scène de Pauline Bureau

 

Féminines, texte et mise en scène de Pauline Bureau

 Les représentations de ce bon spectacle reprendront en janvier.

Cela se passe à Reims, dans les années soixante… Tous les ans, FÉMININESpour la kermesse du journal L’Union, le journaliste Pierre Geoffroy organise une attraction: en 1967, un combat de catch de lilliputiens et l’année suivante, un match de foot féminin.Une petite annonce est passée dans le journal et, à la grande surprise, de très nombreuses femmes qui aiment bien taper dans un ballon, vont se présenter.

Joli jeu, course rapide, les voilà qui explorent l’immense liberté d’un terrain, une aventure existentielle pour ces jeunes élues entre seize et trente-deux ans prêtes à mordre. En réalité, l’équipe féminine de Reims créée en 1968, enchaîne l’année suivante des tournées aux Etats-Unis, au Mexique et à Haïti, jusqu’en 73. Et cinq ans plus tard, l’équipe de France, avec des joueuses majoritairement issues de celle de Reims, gagne la coupe du monde à Tapeï…


Dans cette fiction écrite à partir d’une aventure collective réelle, les personnages sont inventés et ici, l’équipe de Reims devient celle de France; le journaliste est leur entraîneur pour qu’elles gagnent ensemble. Féminines s’inspire de comédies qu’on a pu voir au cinéma : une équipe de branquignols à laquelle personne ne croit, prouve qu’à force de volonté, d’efforts et d’engagement, elle va réussir à gagner.

A l’époque, les femmes s’organisent et même dans les petites entreprises, éprouvent ce qu’est le travail à la chaîne et la dépendance physique et mentale qu’il crée. Mais elles s’éveillent aussi à une conscience politique, demandent une reconnaissance avec hausse de leur salaire et n’hésitent pas à faire grève. Et, qu’on soit l’épouse ou bien la fille d’un homme qui se croit supérieur, la considération d’une place équitable dans une famille ne va pas de soi: les pères voudraient imposer leur vision de l’épouse et les maris ne veulent pas que leur moitié lui échappe. Mais elles goûtent à une liberté et à un plaisir d’exister, jusque-là inconnus d’elles… Une émancipation qui dépend aussi de soi, et pas seulement des autres….

Selon l’auteure, la mouvance contestataire de mai 1968 a favorisé la naissance du football féminin qui participe naturellement de la libération des femmes mais les sportives n’ont pas tout de suite manifesté une volonté radicale d’émancipation. Le football s’est ici invité dans les vestiaires d’un stade, un lieu stratégique privilégié pour les confidences des jeunes femmes et de leur entraîneur, entre douches et changements de tenue, préparation mentale… et parfois déception, quant au score obtenu…

Au-dessus de la scène, un écran diffuse le film de l’entraînement : courir, taper sur le ballon, glisser et chuter. Et on les voit essoufflées, revenir dans les vestiaires et éloignées, miniaturisées sur la large surface du stade ou des gros plans de visages. Parfois, dans les vestiaires, à cour et à jardin s’ouvrent les parois glissantes d’espaces privés: la chambre d’une footballeuse et de son compagnon, ou la salle à manger de ses parents, avec daube au menu. Sur le mur du lointain, une grande forêt d’arbres hauts et feuillus apparaît en vidéo, paysage verdoyant de feuilles tremblantes où vit et s’entraîne avec son père, une sportive prometteuse. Mais c’est aussi un lieu qui accueille les tentes de la petite équipe invitée un soir chez ses parents.

Encouragée par ses entraîneurs, ce chœur amical est régi par un esprit d’entraide, d’échange et d’écoute attentive. La bande-son de Vincent Hulot nous fait entendre les cris d’un stade effervescent, les bruits sourds nocturnes de la forêt, les musiques peps de l’époque et celles de Gossip ou Beyoncé. Yann Burlot et Nicolas Chupin, (l’entraîneur et le coach inspiré), Anthony Roullier (le mari, jaloux du coach et le frère d’une footballeuse) sont extraordinaires d’allant, de bonne humeur et de vraie générosité. Rebecca Finet, Sonia Floire, Léa Fouillet, Camille Garcia, Marie Nicolle, Louise Orry-Diqueiro et Catherine Vinatier, pleines d’humanité et de doute, sont toutes convaincantes. Et, qu’elles gagnent ou perdent, elles font la fête : champagne, danse et transe. Entre rire, suspense, échecs et réussites, défilent les émotions fortes dues aux incidents, violences, accidents et souffrances du jour. Mais ce spectacle est aussi une de ces comédies joyeuses qui se font rares en ces temps de morosité, défend la cause des femmes, sans agressivité ni rancune…

Véronique Hotte

Les 5 et  6 janvier  au Zef-Scène nationale de Marseille (Bouches-du-Rhône). Le  8 janvier, Théâtre municipal de Sète-Scène nationale (Hérault). Du 13 au 16 janvier, T.N.B.A. -Centre dramatique national de Bordeaux (Gironde). Le 19 janvier à Bonlieu-Scène nationale d’Annecy (Haute-Savoie). Les  29 et  30 janvier, Théâtre-Scène nationale de Sénart (Seine-et-Marne).

Le 3 février, Nest-Centre Dramatique National de Thionville (Moselle). Le 6 février, Scènes du Golfe-Scène conventionnée de Vannes (Morbihan). Du 9 au samedi 13 février, Grand T, Nantes (Loire-Atlantique). Les  17 et 18 février, Filature-Scène nationale de Mulhouse (Haut-Rhin).

Le  19 mars, Rive Gauche, Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Le 12 avril, Théâtre de Laval-Scène conventionnée (Mayenne).

Le 20 mai, Théâtre de Cachan (Val-de-Marne).

Du 25 mai au 4 juin, Théâtre de la Ville-Les Abbesses, Paris (XVIII ème).

Parages /08, revue du Théâtre National de Strasbourg

 

Parages /08, revue du Théâtre National de Strasbourg

© Jean-Louis Fernandez

© Jean-Louis Fernandez

Voilà un beau numéro de revue. On dirait même : joli, si l’adjectif n’était perçu comme réducteur. Premier coup de projecteur sur le dramaturge anglais Martin Crimp: les auteurs parlent aux auteurs… D’abord un échange de traductions avec Christophe Pellet, des questions sur la thématique des enfants en danger avec Alice Zeniter, une critique et mise en scène en forme d’«à la manière de» par Rémi Barché et Pauline Peyrade.
  Et un précieux cahier de Dominique Reymond : son Journal de travail et ses croquis pendant les répétitions de Le reste vous le connaissez par le cinéma. Quand on dit travail, c’est aussi ce qui la travaille, elle et le groupe, ce qu’elle vit et écrit grâce à sa mémoire de (grande) comédienne. Animée encore par les conseils de jeu d’Antoine Vitez et rapide à capter la direction choisie -mais choisit-on vraiment?- par Daniel Jeanneteau, son metteur en scène de ce moment-là.  Et un très beau portefolio du photographe Jean-Louis Fernandez.

Martin Crimp, auteur populaire ? Un auteur qui gratte, qui creuse et laisse parler les silences comme son aîné Harold Pinter et dont l’écriture, irréductible à aucune autre, a une certaine fraternité avec celle de Sarah Kane. En tout cas, Martin Crimp a une façon de déconstruire le dialogue qu’on retrouve chez les auteurs français d’aujourd’hui. Invités de ce numéro : Fanny Mentré, avec L’Idole  et Claudine Galéa avec À chacun ses capacités: une commande de Simon Delétang pour la manifestation Faits d’hiver au Théâtre du Peuple à Bussang et Oreste ou l’adolescence, un théâtre-poème de Julien Gaillard. Pour cette génération, le réel a besoin de se défaire du réalisme et dans les pièces qu’on lit ici, la langue se fait dure, drue, non sans humour et avec des blancs, en quête d’exactitude et de probité. Loin du «joli» des textes à lire et à jouer.

On trouvera, à côté des auteurs, des lecteurs de ce théâtre : Olivier Neveu regarde l’écriture, « l’étoffe brûlante » de Laura Tirandaz. Sarah Cillaire réfléchit, elle, sur le travail  dramaturgique sur des textes d’auteurs vivants. Et Hubert Colas, lui-même auteur, scénographe et fondateur du festival Actoral, s’entretient avec Hugues le Tanneur,  de l’écriture comme «quête absolue de l’inconnu ».

Dans ce numéro, un second focus sur Les Solitaires intempestifs, la maison d’éditions inventée par Jean-Luc Lagarce à qui François Berreur, collaborateur d’origine de la compagnie La Roulotte, a donné sa force et sa dimension. Entreprise invraisemblable: une maison d’édition de théâtre, et qui, pis est, à Besançon ! Aujourd’hui, dans le théâtres et les librairies, on reconnaît immédiatement cette petite collection bleue, avec la silhouette de ce qui pourrait représenter « le voyage des comédiens » ou les débuts de la Roulotte. Jean-Pierre Thibaudat, scrupuleux et fraternel, en raconte ici l’histoire, comme en écho à son livre sur Jean-Luc Lagarce (voir Le Théâtre du Blog).

On n’en racontera pas plus… Reste à lire ce numéro, à le poser, à le reprendre, pour voir se tisser d’un article à l’autre, la toile d’araignée d’un théâtre vivant, actuel, en train de se faire concrètement. Parages habite au Théâtre National de Strasbourg : un héritage non revendiqué, mais bien là… Ce n° 8 est agréable à lire, grâce au graphisme, élégant et moderne d’Antoine van Waesberge. En couverture, une photo de Jean-Louis Fernandez : le beau visage d’Achille Reggiani, un élève-acteur du groupe 45 de l’Ecole du T.N.S. La tête penchée, les yeux fermés, avec une sorte de sourire intérieur éclairé d’ombres et lumières, avec aussi une partie de son poing serré qui affleure au bas de l’image.  Confiance, peur, plaisir intense : ce que produit le théâtre…

Christine Friedel

Abonnements : Théâtre National de Strasbourg, Revue Parages, 1 avenue de la Marseillaise/CS 40184 /67005 Strasbourg Cedex

Tns.fr/parages

Les Grands entretiens d’artpress

La performance 1 Le corps exposé

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Christophe Kihm rappelle dans la préface que les entretiens réunis ici renvoient dans leur ensemble à un problème singulier de l’histoire de l’art auquel est associée la performance. « Il en est à la fois, avec la performance, d’une catégorie, d’un ensemble de pratiques ou d’un médium qui se refusent à la stabilité. » (…) Le problème de la performance, insiste-t-il, n’est pas l’absence de définition  mais leur abondance  et l’impossibilité de stabiliser l’une d’entre elles. » Pour l’artiste allemand Jochen Gerz, c’est une « matrice de tous les arts ».  Effectivement, la performance pourrait être rapprochée des sources mêmes du théâtre quand il n’y avait encore qu’un seul acteur et pas sur un plateau. Mais on doit aussi la considérer comme l’expression dramatique la plus contemporaine, au-delà de la représentation théâtrale actuelle et même du happening qui l’a précédée au commencement des années cinquante aux Etats-Unis.

Nous avons connu la plupart de ces artistes-performeurs le plus souvent issus du milieu des arts plastiques mais ils  ont peu de dénominateurs communs: sinon une expression le plus souvent en solitaire, alors que le happening est synonyme de groupe multi-disciplinaire, le refus d’une pratique scénique comme Stuart Sherman qui avait quand même créé un Hamlet, mais aussi, comme le précise le sous-titre de ce petit livre riche d’enseignements, une exposition du corps  avec entre autres, Bruce Nauman et Vito Acconci dont le travail participe d’une certaine théâtralité. Et en France chez Gina Pane, même si elle définissait son travail comme une action et non comme une véritable performance. Ce qu’elle était pourtant, par exemple quand elle mettait sa vie en en danger en marchant sur le bord d’un toit.

Au sommaire de ce livre, plusieurs articles et entretiens avec, en 1973, Stuart Sherman, puis Vito Acconci et enfin  Jochen Gerz (1979) dont par pudeur, nous ne dirons rien. Il y a  un entretien de la critique allemande Irmeline Lebeer avec Vito Acconci et un autre de Jacques Donguy avec Allan Kaprow (1927-2006) sur la pratique artistique dite « environnement » et sur l’histoire du happening. Influencé à la fois par Marcel Duchamp et John Cage; il a toujours cherché à effacer les frontières entre art et non art. Il aura été un de ceux qui créèrent le happening, à la suite du dadaïsme et son premier travail dans le genre fut en 1959 18 Happenings in six parts.
Signalons aussi un entretien passionnant de Seundgduk avec l’artiste actionniste viennois Otto Muehl (1925-2013) qui multiplia les provocations artistiques. Il ne mâche pas ses mots: « Je me suis servi de l’actionnisme pour me débarrasser de tout  ce fumier social que j’avais accumulé.  » Et il a très vite considéré le corps humain et ses productions mais aussi les denrées alimentaires comme le matériau de base de son travail et de sa vie axée notamment sur la communauté des biens et sur une sexualité libre.

Nombre de ces artistes ont disparu mais ces pages montrent bien quelle aura été leur influence aux Etats-Unis mais aussi dans toute l’Europe, y compris dans l’enseignement. Jochen Gerz enseigna plusieurs années aux Beaux-Arts de Nancy. Et qu’on le veuille ou non, ils sont maintenant entrés dans l’histoire de l’art contemporain. Pas d’illustrations mais on peut facilement en retrouver sur Internet…

Philippe du Vignal

Editions artpress. 10€ A signaler dans cette même collection d’entretiens: La Danse Américaine et Meredith Monk.

 

Incandescences, texte et mise en scène d’Ahmed Madani

Incandescences,  épisode III : Face à leur destin, texte et mise en scène d’Ahmed Madani (spectacle tout public, conseillé à partir de quinze ans)

Psychothérapeute de formation, Ahmed Madani  s’est vite tourné vers le théâtre et a réalisé une quarantaine de spectacles, fondés sur la matière humaine et l’écriture. Ses pièces sont éditées chez Actes-Sud Papiers, et à l’Ecole des Loisirs pour celles en direction de la jeunesse. Il a dirigé le Centre Dramatique de l’Océan Indien à Saint-Denis de la Réunion et a engagé depuis longtemps une recherche sur de nouvelles formes de création en milieu urbain, lesquelles reflètent bien les diverses composantes de la société française. Des pièces ouvertes à tous les publics et il met en scène ses réalisations dans les théâtres mais aussi dans des entrepôts, magasins inoccupés, immeubles abandonnés, haras, établissements scolaires. Et son écriture se nourrit de concepts comme l’identité, la transmission, la mémoire, le rapport à la terre…

 

© Madami

© Madami

Incandescences est le dernier chapitre d’une trilogie interprétée par de jeunes non-professionnels comme ceux avec lesquels il travaille souvent depuis des années. Ils sont nés de parents qui ont vécu l’exil et habitent dans les « quartiers » juste à la périphérie de Paris où ils vont rarement. Une centaine de filles et garçons, âgés de vingt à trente ans, ont accepté de rencontrer Ahmed Madani et de lui ouvrir leur cœur. Ils évoquent des moments de leur vie trop longtemps passés sous silence et leurs premiers émois d’amour.

Ce collectage, toujours en cours, a été réalisé après de longues conversations individuelles, ateliers de chant et danse. «Nous sommes tous, dit Ahmed Madani, des ready made humains, tous des œuvres d’art en puissance. Au théâtre, il faut juste faire un pas, pour passer de l’autre côté du miroir . » (…) « En cet endroit, chacun verra que dans leurs veines, ne coule pas un sang impur, mais celui de la jeunesse, de la vie et de l’avenir. »

Après plusieurs stages et auditions pour rencontrer une centaine de jeunes issus des « quartiers » pour collecter la matière vive de la création, et un dernier stage final de deux semaines à la MC 93 de Bobigny, Ahmed Madani a établi la distribution définitive, et a signé des C.D.D. à ces jeunes qui seront ensuite rémunérés au cachet. Douze théâtres de la  banlieue parisienne se sont impliqués dans l’organisation et une trentaine d’autres ont déjà signé un contrat.
Quelques phrases saisies au vol: «Moi, je suis un bébé accident». « Moi, c’est Jean, je n’ai pas de souvenir que mon père m’ait dit: « Je t’aime ». Six personnages présentent leur descendance: «Notre tradition, c’est de transmettre l’amour de nos ancêtres mais les histoires d’amour finissent mal en général ! » Une belle expérience professionnelle pour ces jeunes gens…

Edith  Rappoport

 Présentation professionnelle vue le 4 décembre, au Théâtre de Malakoff-Scène nationale (Hauts-de-Seine).

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