Et après ? (suite et non pas fin)

Et après ? (suite et non pas fin)

Heureusement dans le paysage en ruines des théâtres, on peut entendre la radio. France-Culture, bien sûr et France-Inter, qui a consacré ce mardi 5 mai à  la Culture naufragée, ou, pour mieux dire, sabordée par la pandémie et le confinement qui s’ensuit. Une objet déjà surnage : dans les propos et questions des journalistes, le premier mot associé à la culture, c’est le mot  théâtre, emblème et métonymie de l’art du spectacle.

Dès le matin, la parole est donnée aux acteurs, metteurs en scène, directeurs de lieux. Julie Deliquet, la nouvelle directrice du Théâtre Gérard Philippe à Saint-Denis, normal-crop-154x154-13904a saisi la balle au bond et le sens des paris fondamentaux: I) Ne jamais oublier qu’on est à Saint-Denis (dans le « neuf–trois ») et que le théâtre doit quelque chose à sa ville et à sa population jeune. II) Utiliser les circonstances exceptionnelles, faire feu de tout bois et de nécessité, vertu et en profiter pour créer. Mais créer vraiment : inventer une complicité, si possible drôle et affutée avec ce malheureux public masqué et “distancié“.

Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre de Rond-Pont à Paris promet que chaque acteur entrant en scène prendra sa température sur scène pour rassurer (!) un public géométriquement clairsemé. Et muselé : défense de rire, sinon d’un rire étouffé, ou de siffler un mauvais spectacle. Là-dessus on peut se rassurer, il y a bien longtemps que le public est devenu trop respectueux!

Les autorités sanitaires inventent de sacrées mises en scène hygiénistes mais ont une méconnaissance totale de ce qu’est le théâtre, puisqu’elles interdisent tout échange sensible, ce qui en est l’essentiel , autant que faire se peut. À réécouter : Macha Makeïev, directrice du Théâtre de la Criée à Marseille AVT_Macha-Makeieff_200s’est donné comme feuille de route : «accueillir et transmettre», et «on invente, on réfléchit». Son projet pour l’heure :  «donner un signal contre la désespérance», pratiquer un théâtre ouvert à de nouvelles inventions artistiques à partir du réel, jusqu’à ce qu’on puisse rouvrir le théâtre. Comme avant ? La tentation est là d’oublier les inventions importantes et l’ouverture, paradoxalement,  que crée le confinement.

D’autres parlent d’argent et il le faut bien. Le directeur du Théâtre de la Porte Saint-Martin annonce pour la réouverture (mais quand?) avec un spectacle de qualité incontestable : mis en scène par Alain Françon et joué, entre autres par André Marcon220px-André_Marcon. Avec un tel programme, le public peut lui faire confiance. Et puis, dit-il, le théâtre est très grand, il serait donc possible  d’y « distancier » les spectateurs. On reste sceptique…

Ne pas oublier le présent :  la réouverture des salles est lointaine et le “théâtre à l’oreille“ continue;  beaucoup proposent, à commencer par la Maison de la Poésie, à Paris avec  des podcasts en direct. Et  la compagnie de Robert Cantarella avec son Musée vivant les 14 et 15 mai (info@robertcantarella.com) et la complicité, entre autres, de l’autrice de théâtre Noëlle Renaude AVT_Nolle-Renaude_9790et d’un programme incluant tous les arts.

Même effervescence  au Nouveau Théâtre de Montreuil: les 9 et 10 mai  aura lieu une série de mini-conférences  pour les enfants et une grande rencontre par Zoom avec les habitants de Montreuil  (contact@nouveau-theatre-montreuil.com et facebook). Deux ou trois gouttes d’eau dans la mer des propositions (heureusement), face au désert des productions et à l’angoisse des travailleurs du spectacle. Avec l’espoir tenace qu’il restera quelque chose de cette résistance après : cette fois le mot n’est pas employé de façon abusive, par pure fanfaronnade et auto-congratulation

Christine Friedel

 


Archives pour la catégorie actualites

Quelques petits cadeaux à saisir (suite et non fin)

Quelques petits cadeaux à saisir  (suite et non fin)

Pierre Avezard (1909-1992) dit « Petit Pierre », deuxième enfant d’une famille pauvre du Loiret.  Né avant terme, presque sourd et muet, il a le visage  déformé mais intelligent il crée encore enfant des petits moulins à ailettes sur le ruisseau, des figurines mobiles et des jouets… A vingt-six ans il devient berger puis vacher chez M. et Mme Girard, à la ferme de la Coinche, et y restera jusqu’en 1955. Fasciné par les machines agricoles dès 1937, il imagine une installation qui lui permet de fixer son lit à une poutre avec une échelle qu’il remonte chaque soir pour avoir la paix ! Il fabrique aussi un système de pédalage avec  un avion sur un fil qu’une grue charge de betteraves, et va les distribuer aux vaches qui ont donné beaucoup de lait.cf3fb934-c491-46ef-859e-cfa60f1aaafa-jpeg Et en 1955, M. Hareng, lui donne un terrain avec  une maisonnette et il y construit une tour Eiffel en bois de vingt-trois mètres de hauteur. Et il anime le manège en pédalant grâce à un dispositif de commandes mécaniques depuis une cabine. La  visite dans les années soixante-dix dure environ vingt minutes, et si on se penche un peu trop pour mieux voir la vache, elle l’arrose! Et des avions lâchent des billes de fer sur des tôles! 838_5_-_un_air_de_musique_avant_la_sortie_credit_la_fabuloseriePendant quarante ans il enrichira son manège, Après une première attaque d’hémiplégie, il viendra tous les dimanches après-midi en taxi, pour ouvrir aux visiteurs.  Mais quand il ne pourra plus s’en occuper le manège sera souvent pillé. Alain Bourbonnais, un architecte et sa femme Caroline Bourbonnais ont créé à Dicy (Yonne), un « musée d’art-hors-les normes » la Fabuloserie avec des œuvres collectionnées surtout dans la campagne… Et  ils proposeront alors d’accueillir le manège dans leur parc. Et avec l’aide des paysans qui les transporteront avec leurs tracteurs en 1987, tous les éléments du manège arriveront à la Fabuloserie. Mais Petit Pierre mourra en 92, il avait quatre-vint deux ans… le-manege-petit-pierre-comment-loeuvre-du-facteur-cheval-du-loiret-a-ete-sauvee

Alain Bourbonnais meurt lui aussi ! Caroline sa femme courageusement  fera tout  pour qu’après deux ans avec l’aide d’ingénieurs, le manège puisse fonctionner à nouveau et il sera inauguré en 1989. On peut retrouver cette œuvre capitale de l’art du XX ème siècle (que l’on a pu comparer à celle du facteur Cheval) en images avant d’aller peut-être un jour la voir à la Fabuloserie…. https://www.franceculture.fr/sculpture/evadez-vous-grace-au-manege-de-petit-pierre-chef-doeuvre-dingeniosite-et-demerveillement?xtor=EPR-5&actId=ebwp0YMB8s0XXev swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OoGjlVyg3066N8SkIKwMoFh&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=582829

Le musée est ouvert du 1er avril au 2 novembre, les samedis, dimanches et jours fériés de 14h à 18h et tous les jours en juillet et août, de 14h à 18h .  Tél. : 03 86 63 64 21  www.fabuloserie.com 

 Le Massacre des Innocents , vers 1625. Photo Michel Urtado

Le Massacre des Innocents , vers 1625. Photo Michel Urtado

Oubliez encore le théâtre et allez voir ou revoir cette remarquable exposition qui avait eu lieu au musée du Jeu de Paume en 2017, autour du chef-d’œuvre du grand Nicolas Poussin (1594-1665), « C’est le cri le plus poignant de toute la peinture française, celui d’une mère dont on tue l’enfant sous les yeux » dit Pierre Rosenberg, ancien directeur du Louvre et commissaire scientifique de l’exposition  Poussin, Picasso, Bacon-Le Massacre des Innocents.

Avait été rassemblée une cinquantaine d’œuvres d’artistes prestigieux classiques et contemporains pour essayer d’éclairer ce thème intemporel. Nicole Garnier, conservatrice générale du Patrimoine chargée du musée Condé à Chantilly et commissaire de l’exposition,  est le guide de cette visite. Ce musée abrite quatre autres œuvres de Nicolas Poussin: L’Enfance de Bacchus, Numa Pompilius et la Nymphe Égérie et Paysage avec deux nymphes et un serpent et Thésée retrouve l’épée de son père.

Les Amis du Musée Condé
http://www.amismuseecondechantilly.com, puis aller dans la rubrique : Actualités

Philippe du Vignal

Initiatives de et pour les confiné(e)s

 

Initiatives de et pour les confiné(e)s

 

 Le Printemps de la danse arabe en ligne

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Ce festival, dont nous avions salué les premiers pas en 2018 et qui avait largement tenu ses promesses l’an passé, est, lui aussi annulé. Il devait se tenir l’Institut du monde arabe à Paris et dans plusieurs lieux partenaires. Malgré tout, les artistes ont tenu à partager leurs créations, sous une forme adaptée. De leur salon, depuis une cour, devant leurs smartphones, ils vous invitent à un festival virtuel.

https://www.imarabe.org/fr/actualites/spectacles/2020/limaalamaison-le-printemps-de-la-danse-arabe-virtuel

 

L’Opéra national du Rhin lance ses artistes sur les réseaux sociaux

 Bruno Bouché, le chorégraphe du Ballet, propose deux rendez-vous hebdomadaires sur Facebook live : le samedi matin, une initiation au yoga et à la barre classique et le mercredi après-midi, on s’adresse aux enfants.

 https://www.operanationaldurhin.eu/fr

 La Comédie de Valence

Le  nouveau directeur, Marc Lainé et son équipe ont mis en place différents modules à l’attention des internautes : « j’ai senti que nous étions tous inquiets d’être coupés de ce qui nous fédère : le contact avec la création. Je leur ai proposé que l’on continue de créer, en gardant le lien avec les publics. » Marc Lainé et la dramaturge Tünde Deak proposent au public virtuel une « échappée intérieure » à travers l’écriture collective d’une fiction.

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carnet d’un voyage immobile © Stephan Zimmerli

Stephan Zimmerli, un des musiciens du groupe Moriarty et qui est aussi dessinateur, prend rendez-vous chaque jour par skype avec un internaute qui lui décrit « le lieu où il irait s’il pouvait se téléporter pour échapper à son confinement ». Et il dessine en direct ce lieu rêvé…

https://www.comediedevalence.com/index.php?id=1410

 Écrire et lire du théâtre pour Le Quai d’Angers, Centre dramatique national des Pays de Loire

Depuis que Thomas Jolly en a pris la direction  après Frédéric Bélier-Garcia, il a lancé un Département d’écriture pour la scène contemporaine, le DESC. Ce nouveau  dispositif  entend « émanciper les écritures dramatiques, des contraintes de production et de diffusion. » (…) « Activant tous les possibles de la machinerie théâtrale, pour « mettre en lumière des œuvres  inédites, on fait appel à des textes selon des  thématiques. « 

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Le Quai

«A chaque fois, sera constitué un  bureau des cent lectrices et lecteurs du Maine-et-Loire. Ce jury populaire sera invité à débattre et à argumenter ses choix. Les textes dramatiques – générés ou sélectionnés – seront, au minimum édités dans la nouvelle collection du Quai C.D.N., ou au mieux,  produits et mis en scène dans le cadre d’une création au Quai. Dans l’intervalle, mises en lecture ou en espace, petites formes, textes travaillés en atelier, tous les textes bénéficieront d’une appréciation écrite. Le texte sélectionné sera édité dans la nouvelle collection du  Quai C.D.N .»

Appel est donc lancé aux lecteurs et lectrices. Pour leur part, les dramaturges doivent remettre avant le 15 juin prochain des textes, sous format pdf, destinés à la création théâtrale avec, au minimum, deux personnages et plusieurs scènes dialoguées.  Thématique proposée cette année : idole.s.

www.lequai-angers.eu/desc

 Mireille Davidovici

 

 

Trois questions à Olivier Mantei, directeur de l’Opéra-Comique

IMG_0024 Trois questions à Olivier Mantei, directeur de l’Opéra-Comique

Le 13 mars, arrêt brutal des spectacles en France et dans toute l’Europe. En 2019, Joël Pommerat dans L’Inondation, mettait en scène plusieurs familles menacées par la montée des eaux d’un fleuve et cloîtrées chez elles, dans un immeuble dont on voyait trois niveaux. Prémonitoire…

 

-Comment vivez-vous personnellement et comme directeur de théâtre cette situation dramatique ?

- O. M. : Les dernières créations que nous avions programmées annonçaient toutes la fin du monde, à leur manière. Fosse, L’Inondation, Macbeth… L’opéra a toujours été un écho de l’Histoire et de la société qu’il traverse. Espérons que les prochaines raconteront un nouveau monde : ce sera le signe d’un changement. L’Opéra du XXI ème siècle doit nous rassembler : manifestement, il sera sociétal.

 -L’Operaoké est de retour sur votre site. Comment accompagnez-vous vos fidèles spectateurs, isolés chez eux dans cette période difficile ?

-O.M : Cette œuvre virtuelle est une manière de chanter ensemble mais à distance. Nous l’avions inventée en 2016, pendant la fermeture pour travaux et nous nous étions réunis sur un grand espace vert. C’était l’époque des grands rassemblements mais il y en aura certainement d’autres! En attendant, l’heure n’est pas à la déconnexion. Alors retrouvons-nous sur le site de l’Opéra-Comique pour nous exercer aux tubes du répertoire. Chacun pourra poster sa vidéo…

 -Cette crise mondiale a révélé les fractures de notre système à tous les niveaux de la société, quelle solution le monde artistique peut-il apporter aujourd’hui ?

-O.M. : ll va être intéressant de mesurer une nouvelle fois la place de la culture dans notre société, au-delà des mots et des postures. Si nous la considérons comme une activité essentielle et prioritaire, au même titre que l’éducation, la santé, l’agro-alimentaire, elle jouera pleinement son rôle  quand nous prendrons conscience de nos erreurs. Et de nouveaux enjeux  s’ouvriront alors à nous. Nous avons l’intelligence de comprendre la situation. Aurons-nous la maturité de nous y adapter ? La culture peut être utile à cet endroit.

 Propos recueillis par Jean Couturier

 Opéra-comique.com

Mistral Noir, exposition installation d’Anne Pontet, textes d’Yves Chevallier

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Mistral Noir, exposition-installation d’Anne Pontet, textes d’Yves Chevallier

Anne Pontet est une artiste du temps. Le temps de regarder les objets, leurs accidents, leurs chocs avec la vie des végétaux et des paysages. Le temps de rêver de ces rencontres et d’inventer – ne dit-on pas inventeur d’un trésor, celui  qui le découvre ?- un mythe. Elle a pris trois ans pour élaborer ses installations et  en tirer des images assez fortes pour répondre à sa première vision. Puis elle a appelé Yves Chevallier comme confident de ce travail et lui a donné carte blanche pour écrire, en regard, le complémentaire de son propre travail.

L’œuvre a été exposée à l’Anis Gras à Arcueil (Val-de-Marne) avant le confinement. (Pour toutes informations sur l’origine et l’histoire de l’ensemble de ce bâtiment, s’en remettre à Wikipédia). On entre dans le Lieu de l’autre, investi par l’association Ecarts; c’était un ancien établissement de production d’anisette  (que l’on peut toujours y déguster les soirs de présentation). Cette architecture industrielle soignée datant de la troisième République héberge des résidences de metteurs en scène, d’artistes  et des expositions.

Anne Pontet met scène ses paysages, travaille les lumières, les objets, pour rendre visible le trouble qu’ils ont sans doute d’abord provoqué en elle. Une carcasse de voiture, épave d’un mythe qu’elle connaît ou qu’elle a réinventé, prise d’année en année dans le filet des branches (Arachné, 2016) ; l’éclat d’une lumière verte qui s’impose entre les portes disjointes d’une grange, un cercle de feu charbonneux sous les branches la nuit évoquent une sorcière – la Pamphile- qu’on ne verra pas (2017). (voir Le Théâtre du Blog). Et là dehors, il y a la Caravan Night  (réminiscence, hommage fugace à Marguerite Duras et à son Navire Night (2018) où les lames des tarots renvoient aux autres installations.

Ce soir là, passée la grille entrouverte, on tombe dans la cour sur une caravane éclairée, comme habitée. On a jeté un coup d’œil sur son intérieur rouge et velouté ; il aurait pu être celui d’une très distinguée diseuse de bonne aventure. On apprendra qu’elle était là, dans la cour et qu’elle ressemble terriblement à celle, abandonnée quelque part dans la Drôme, qui a inspiré Anne Pontet. Quand les images s’obstinent… On commence à oublier le temps ?

L’aventure continue à se dérouler sur une vidéo en boucle : les phares d’une voiture trouent la nuit et rejettent sans cesse les arbres des deux côtés d’une route vide. On entre ensuite dans l’obscurité tendre d’une salle où se font face les images d’Anne Pontet et les textes d’Yves Chevallier: « Mon nom est Mac Guffin pardon mais il faut bien déparler paroler graver à la manière noire ce qui est arrivé La Scoumoune cette nuit là éviter la jeune femme hagarde prise dans la lumière des phares qui errait la nuit sur la route serpentine En quatrième vitesse tout s’est figé la Toyota a fini sa course contre le mur de pierre de la grange Vertigo Sueur froide Je me trouvais dans un bois sombre il est si dur de raconter combien ce bois était sauvage y repenser accroît ma peur J’étais le seul vivant parmi les morts avant ma mort avant mon heure avant la fin de ma mission Je cherchais l’isotope radio actif je ne savais pas que je tomberais dans une caravane sur une patte de lapin Le tarot gitan il y a 22 lames dont une sans numéro nommée Urgaro ou mat qui est la conscience Au jeu du oui et du non joue le ventriloque Les portes du paradis ? »

Les images sont belles, d’elles-mêmes, avec la profondeur que la projection donne aux couleurs.  Dans cette obscurité éclairée par l’œuvre seule, photographies et textes… au visiteur de laisser travailler son imagination. Yves Chevallier a été le premier interlocuteur de ce travail et s’en est imprégné pour laisser venir associations d’images, souvenirs, certains n’ayant rien à voir avec elles, et c’est justement là qu’il y a à voir, dans l’interstice comme dans les fentes de la porte, dans des cheminements obscurs.

Il est question de la mort et de la nuit, mais aussi du rêve et du cinéma –car y a-t-il une chose aussi proche du rêve, que le cinéma ?- de Hamlet, de l’incongru qui pourrait être, qui sait, source d’une nouvelle œuvre, d’un nouveau regard. À un moment, on sort dans la salle voisine, éclairée « normalement ». Un petit choc. Les photos d’Anne Pontet y sont exposées :les mêmes, qui, à  la lumière, ont une sorte de brutalité. »

C’était donc à l’Anis Gras, à Arcueil. Ce sera ailleurs. D’autre lieux donneront à l’exposition à la fois la neutralité nécessaire à la concentration du regard – et on a envie d’ajouter : et de l’écoute- et un caractère, une “personnalité“ qui pourra répondre à ce Mistral Noir. Dans la Drôme, on parle de bise noire, quand le vent du Nord ne dégage pas le ciel en bleu mais traîne avec lui de rapides nuages sombres. Mistral est plus poétique, mais… dans le temps suspendu des œuvres exposées, on entend peut-être le silence qui précède les orages…

Christine Friedel

Exposition vue à L’Anis Gras, 55, avenue Laplace, Arcueil  (Val-de-Marne) .T. : 01 . 49 . 12 . 03 . 29

 

Covid 19: du côté des auteurs

Covid 19: du côté des auteurs

 « En Allemagne, la nouvelle vient de tomber : 5 .000 euros ont été déjà versés à chaque artiste-auteur. Il faut dire qu’on sait identifier la profession créative. Chez nous, on commande le rapport Racine, on fait semblant de l’avoir perdu, on le retrouve in extremis mais on se garde bien de l’appliquer. Les auteurs gardent leur statut bricolé. » écrit, dans un article publié hier par Médiapart, Sophie Dieuaide, administratrice de La Ligue des auteurs professionnels et auteurs jeunesse.

 Elle fait allusion au rapport confié par Franck Riester, ministre de la Culture, en avril 2019, à Bruno Racine, conseiller-maître à la Cour des comptes, sur les  changements que les activités de création ont pu connaître ces trente dernières années, afin d’adapter les politiques publiques existantes en faveur des artistes, auteurs et créateurs. L’Auteur et l’Acte de création a été remis au ministre le 22 janvier.

 Sophie Dieuaide expose avec humeur et humour «le cauchemar administratif des auteurs qui croient avoir accès aux mesures économiques générales et même… spécifiques ». Ils ne s’en sortiront qu’avec un fonds d’urgence confié à un opérateur public, fonctionnant selon un dispositif simple et adapté, comme l’a alerté une dizaine d’organisations professionnelles (Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, Ligue des auteurs professionnels, C.A.A.P., Guilde des scénaristes, etc.) : « Ont été annoncés un fonds de solidarité, une mesure arrêt-maladie pour garde des enfants et… grande nouvelle ! le Centre national du Livre aurait débloqué avant-hier un million d’euros pour les auteurs sur les cinq octroyés par le ministère de la Culture à la filière-livre. » (…) « Soit, vu le nombre d’affiliés à l’AGESSA : 185 euros par auteur… »

 Mais ce fonds de solidarité est un complément aux revenus de mars et d’avril et il faut pour l’obtenir, remplir un certain nombre de conditions et prouver une perte par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. Mission quasi impossible, vu l’irrégularité des revenus des auteurs! «La S.A.C.D. (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) souligne la difficulté administrative pour ses auteurs de prétendre à cette aide : ils ne sont pas inscrits comme travailleurs indépendants ou auto-entrepreneurs avec un numéro de SIRET, précise Dominique Paquet, présidente d’honneur des E.A.T. (Écrivains Associés du Théâtre). Et la S.A.C.D. n’a pas réglé la question : «Nous travaillons actuellement avec le ministère de la Culture pour trouver une solution rapide à ce problème. » Elle a mis en place un fonds de solidarité covid19  qu’elle va décliner en plusieurs volets pour répondre aux besoins les plus urgents : «Les auteurs- membres les plus en difficulté en raison de l’annulation de contrats ou de spectacles en France ne bénéficiant d’aucun revenu fixe : allocation de retraite, salaire… et pouvant justifier de l’annulation de représentations d’un spectacle déclaré à la S.A.C.D. ou d’un contrat d’écriture, sous certaines conditions, peuvent demander une aide. »

 Selon la Société des Gens de Lettres (S.G.D.L.)« certains ajustements apparaissent toutefois nécessaires pour que les dispositifs annoncés puissent être opérationnels. Cet organisme a lui aussi appelé le Gouvernement « à adapter les critères d’éligibilité et conditions d’intervention de ces dispositifs pour compenser les pertes de revenus des auteurs ».

A suivre…

 Mireille Davidovici

 Ecrivains Associés du Théâtre, 10 rue Boulay, 75017 Paris. T. : 01 42 29 78 64
contact.eatheatre@gmail.com

 www.sacd.fr

 www.sgdl.org

 

 

Les confinés parlent aux confinés

 Les confinés parlent aux confinés (suite)

Les Ballets de Monte-Carlo

Sur la chaîne Monaco info et le site France 3 PACA, cette compagnie offre à tous, la possibilité de voir ou de revoir une sélection d’œuvres de son répertoire.
Ce mercredi 8 avril à 17h et le samedi 11 avril à 17 h, c’est le film de La Belle de Jean-Christophe Maillot qui sera diffusé.  Sur la chaîne Monaco Info TV, sur le site internet www.monacoinfo.com ou sur l’application mobile « Monaco Info ».

Le Centre Dramatique National de Tours

Nous vous avions déjà signalé que la cinquième édition du festival WET° était reportée du 16 au 18 octobre. Jacques Vincey, son directeur et celui du Centre Dramatique National de Tours, a ouvert le site internet en grand à plusieurs initiatives!  Avec des mots au creux de l’oreille…

Les comédiens de l’ensemble artistique du T°  proposent de vous appeler au téléphone pour vous livrer quelques bribes de poésie, littérature ou  théâtre qui leur sont chères. Pour tenter l’expérience, rendez-vous sur le site: https://cdntours.fr/lectures-telephoniques

Mathilde Delahaye vous offre de regarder la captation de Nickel, sa dernière création et Vanasay Khamphommala a proposé aux comédiens de sa prochaine création Monuments hystériques de tenir un « journal du confinement ».  https://cdntours.fr/actualite/

Croustilleux La Fontaine

On peut visionner cette semaine l’intégralité de la captation du spectacle créé au Théâtre des Déchargeurs ! Le ténor Jean-François Novelli s’est entouré de la chanteuse Juliette et du compositeur Antoine Sahler pour mettre en scène et en musique les contes  plus osés du poète.  » On est donc très surpris quand on lit ses contes, dit Jean-François Novelli et  on retrouve le ton léger, coquin, badin de l’auteur de nos premiers émois poétiques, mais les thématiques ne sont plus les mêmes…

 » J’ai insisté, dit Juliette, auprès de Jean-François Novelli et Antoine Sahler, pour « en être ». Dès le premier abord, cette idée de spectacle m’a littéralement émoustillée ! Tout ce que j’aime:- du texte, (et pas des moindres, hein !), la haute tenue littéraire du XVII ème siècle dans toute sa splendeur au service d’un propos on-ne-peut-plus léger ! La syntaxe précieuse, le vocabulaire précis, tout ça pour raconter des histoires de nonnes affriolantes et de pâté d’anguilles, c’est la classe ! Mais aussi de la musique pour en faire de vraies chansons. Antoine a ce talent si délicieux et si rare pour faire des mélodies « qui restent » !

« On se surprendra à fredonner les airs évidents qui habillent ces concerts licencieux, j’en mets ma main au feu ! Et c’est aussi un talent particulier que de savoir faire rire la musique : entre les anachronismes évidents, musique au mètre de films érotiques ou clin d’œil aux Demoiselles de Rochefort, les références font mouche ! » (…) de la profondeur et du propos, qui nous concerne tous : l’amour et ses frasques, le désir, maître ô combien impérieux, et la joie, la simple joie – « ô doux remède, remède ami ! » – qui nous attend dans les blancs oreillers des lits accueillants. Et last but not least, de la dérision ; de la rigolade et du pouffage de rire, car tout ceci, du début à la fin, n’est pas très sérieux !  »

Les Chroniques de la danse en suspens, aux éditions Contredanse

Nos amis belges à Bruxelles avec  ces Chroniques de la danse en suspens, publient sur le site de Contredanse deux fois par semaine : un contenu phare (texte de réflexion, récit d’artiste, actualité du secteur, entretien), une idée inspirante (citation, partition, pistes de lecture…), les créations belges qui auraient dû voir le jour et une initiative parmi celles qui fleurissent ci et là (formations, appels, propositions). Le corps, la pratique, l’imaginaire

« Il y a le fait d’être confiné et la raison du confinement. Devoir danser entre le lit et les casseroles empilées et s’angoisser pour ses proches souvent loin, craindre la maladie. Comment continuer à travailler, permettre au corps de bouger et à l’esprit de vagabonder ? Les initiatives de formations en lignes sont multiples. Cours de Gaga, de yoga, master class, sur le site de Contredanse nous recensons toutes les formations en ligne sous la catégorie : #StaySafeAndKeepDancing. N’hésitez pas à l’alimenter. »

« Le temps, l’espace, le collectif: Comment ne pas rester immobile, lorsque l’espace n’est plus qu’intérieur, l’extérieur semble s’abstraire. Le temps n’est plus que durée. Ce mouvement d’éloignement ne préfigure aucun rapprochement. Comment ces artistes du mouvement,  de la communauté, du touché, du contact arrivent-ils à dépasser cette sidération ?

Philippe du Vignal

Entretien avec Didier Deschamps

 Entretien avec Didier Deschamps

Didier Deschamps

« Il y a plusieurs années il me semblait, dit celui qui dirige Chaillot Théâtre National  de la danse, qu’il se préparait quelque chose de grave pour nos sociétés: marginalisation sociale, montée des nationalismes, replis sur soi de certains pays, nouvelles formes d’exclusion…  Et un désastre écologique s’annonçait. Beaucoup d’artistes sont sensibles à cela, comme Tatiana Julien ou Lia Rodrigues Mais je n’avais pas imaginé que tout se précipiterait avec l’apparition de ce virus.

«Nos choix de société n’ont pas pris en compte les besoins des soignants, l’importance des transports, les lieux de fabrications de nos produits vitaux comme les médicaments. A force de traumatiser la nature, les désastres se sont accumulés et il faut repenser pleinement nos modèles de société.

Nous avions intitulé l’éditorial de notre prochaine saison L’Instant d’avant ! Penser à ce qui se passe avant : sur le plateau, par exemple, et à l’après de cette crise. Tout doit être redéfini sur le plan politique, sociétal et artistique. Il faut le faire avec calme, sans se précipiter sur des solutions faciles d’isolationnisme comme en Hongrie aujourd’hui. Quel monde voulons nous ? Nous avons accumulé des faiblesses qui se sont décuplées à l’arrivée du virus. Nous sommes, face à cette crise, à un niveau d’impréparation phénoménal. »

Pendant le confinement actuel, Chaillot Théâtre national de la danse vous propose de découvrir, sur  son site Chaillot chez vous, des œuvres ou portraits d Ohad Naharin, Trisha Brown, Saburo Teshigawara…  »

Entretien téléphonique réalisé par Jean Couturier

https://theatre-chaillot.fr/fr/chaillotchezvous

L’économie du spectacle face au Coronavirus et l’emploi des intermittents (suite)

 

 L’économie du spectacle face au Coronavirus et l’emploi des intermittents (suite)

 Ce vendredi 27 mars, le Ministère de la Culture publiait des informations pour les employeurs du secteur  face à cette crise : recours à l’activité partielle, droits à indemnisation, conséquences sur le contrat de travail (voir Le Théâtre du Blog). Artcena (Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre), placé sous le tutelle du ministère de la Culture, se mobilise pour informer les professionnels.

Le Ministère a donné toutes les informations sur le recours à l’activité partielle dans le secteur culturel et sur les mesures prises en faveur des intermittents du spectacle (prise en compte des heures rémunérées et de l’indemnité d’activité partielle dans le calcul de l’affiliation) Et les conseillers juridiques d’Artecena ont mis à jour des fiches et se tiennent à la disposition des artistes et des employeurs.

Fiches : Intermittents du spectacle : les mesures mises en place par le gouvernement

Suspension du contrat de travail et chômage partiel

Le SYNAVI ( Syndicat national des arts vivants) essaye de faire remonter auprès des pouvoirs publics l’inquiétude des compagnies quant à leur avenir immédiat : les festivals d’été et les conséquences de la crise sur la saison prochaine.Les déclarations des ministères seront prises en compte ? Les petites compagnies ne savent pas encore sur quel pied danser…

Né de l’association des regroupements de compagnies qui existaient dans les régions depuis plusieurs années, ce syndicat regroupe près de 400 structures indépendantes fédérées par région (compagnies, collectifs artistiques et outils collectifs dévolus à la création). Le Synavi se coordonne actuellement avec les autres syndicats d’employeurs et de salariés pour parler d’une même voix. Les incertitudes sont d’autant plus grandes qu’on apprend, par la Lettre du spectacle, que le Fringe du Festival d’Edimbourg, le plus grand off du monde qui devait avoir lieu du 7 au 31 août, vient d’être annulé !

L’ European Creative Business Network apprend-on, sur le site d’Artcena, lance une enquête en ligne à l’attention de tous les intervenants du secteur culturel pour définir recommandations et soutiens nécessaires aux décideurs politiques. Cette enquête a commencé le 25 mars et s’adresse à tous les intervenants  pour mesurer l’impact de la crise sanitaire et définir des recommandations communes.

Dans ce contexte de paralysie générale, ECBN s’adresse particulièrement aux organisateurs et agences et leur demande de quelle façon la propagation du COVID-19  les affecte et quelle est l’estimation de leurs  pertes et quelles seraient les mesures les plus pertinentes à mettre en place selon eux pour pallier les effets de la crise?  À partir des réponses reçues qui seront divulguées au grand public, ECBN évaluera les conséquences potentielles de cette pandémie et  fera des recommandations…

A suivre !

Mireille Davidovici

https://www.artcena.fr/actualites/vie-professionnelle/des-precisions-sur-les-dernieres-mesures-du-gouvernement

 juridique@artcena.fr. T. 01 55 28 10 10

 Synavi T. 06 71 81 91 77 / conseil@synavi.org

 

Les spectacles face au Coronavirus ( suite)

Les spectacles face au Coronavirus ( suite) 

 Un communiqué du Ministère de la Culture, le 27 mars, est venu rafraîchir la mémoire des employeurs du secteur culturel et donne des directives claires et précises. Nombre de salariés et administrateurs se posent encore des questions et ce communiqué permettra de lever des doutes.

 Deux point essentiels :  « 5 : Si les employeurs honorent les cachets des intermittents, même si les représentations n’ont pas lieu, les heures rémunérées seront comptabilisées pour l’ouverture de droits au régime des intermittents.
10 : Il est recommandé aux employeurs d’honorer les promesses d’embauche, à l’instar des contrats signés… »

Des incertitudes demeurent

Dans l’ensemble,  le secteur se montre solidaire. Mais restent les questions posées par les artistes de musiques actuelles : beaucoup d’inquiétude plane encore,  comme le confirme un communiqué des Scènes de Musiques Actuelles (S.M.AC. ) représentant 1.500 associations, coopératives, T.P.E. et P.M.E. indépendantes et à lucrativité limitée (producteurs de spectacles,  labels, éditeurs, festivals, salles de concert, centres de formation, écoles de musique, radios… ) Tous à l’arrêt depuis les annonces du Gouvernement des 13 et 16 mars.

« Avec un déficit de recettes propres d’environ trois cent millions d’euros pour la période du 15 mars au 31 mai prochain : annulation de plus de 20.000 représentations, arrêt de toutes activités d’éducation artistique ou formation, fermeture des studios de répétition, mise à l’arrêt des pratiques musicales en amateur, fermeture des magasins de disques, sorties de CD et DVD amputées ou reportées, fin de prestations annexes : événementielles, restauration… essentielles  à nos modèles économiques pluriels… Et ces chiffres ne laissent pas apparaître les difficultés de trésorerie… »

 Les  S.M.AC.  attirent notre attention sur l’après : « Cette “période blanche” va induire un “embouteillage” à la reprise : les salles de concert n’étant pas en mesure de programmer toutes les dates en plus de celles déjà prévues, des annulations sont donc inévitables. Sans parler du comportement des publics et des impacts psychologiques. »

Elles demandent aux pouvoirs publics la mise en place de soutiens : « via, un plan de relance. En effet, l’impact de cette crise ne pèsera pas uniquement sur ces prochains mois mais aussi, et au moins, sur la saison entière, voire les suivantes ». Les S.M.AC demandent aussi « que les entreprises culturelles soient éligibles au dispositif de droit commun annoncé par le Ministre de l’Economie dans le cadre du plan de quarante milliards d’euros. »

Solidarité oblige 

À son tour, l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC) appelle à la solidarité des collectivités et structures subventionnées, avec celles de production et de création. Cette organisation en fédère plus de  deux mille développant des projets artistiques et culturels, que ce soit dans la  création et la diffusion de spectacles ou événements,  ou de l’action culturelle sur un territoire, en relation directe avec les populations.

Elle souligne que «  le paiement des prix de cession et des frais engagés par les producteurs est un des premiers leviers, immédiat et indispensable, pour limiter les impacts de cette crise et pallier la fragilisation extrême des  entreprises et équipes artistiques. »

Elle demande aussi : « la clarification et l’harmonisation des décisions prises par le Ministère du Travail et par Pôle Emploi, au moment où se préparent les déclarations mensuelles destinées à Pôle Emploi et l’envoi des bulletins de salaire.  Et, plutôt que la suspension ou la « neutralisation », la prolongation de la période de référence pour l’ouverture des droits jusqu’à la reprise effective d’activités. »

 A suivre…

 Mireille Davidovici

https:// www.culture.gouv.fr/Actuaités/Employeurs-culturels-face-aux-impacts-de-la-crise-de-coronavirus ?fbclid

https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Musique/Organismes/Creation-Diffusion/Scenes-de-musiques-actuelle

 UFISC - contact@ufisc.org

 

 

 
 
 
     

 

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