Un Jardin de silence, chansons originales de Barbara,conçu par L., mise en scène de Thomas Jolly

Un Jardin de silence, chansons originales de Barbara, spectacle  conçu par L. (Raphaëlle Lannadère), musique de Babx, mise en scène de Thomas Jolly

 

Nicolas Joubart

Nicolas Joubart

Pour la trentième édition de la fête de la Musique, (2011) le ministre de la culture et de la communication, Frédéric Mitterrand, au ton plutôt espiègle, avait remis le deuxième prix Barbara qu’il avait créé un an avant  à l’autrice-compositeure-interprète L. (Raphaëlle Lannadère). Une consécration pour cette jeune chanteuse… Ici, dans l’ombre, Thomas Jolly, en smoking noir et chemise blanche, s’amuse à déclamer le discours ministériel avec humour, avant de mettre une veste glamour plus adaptée au music-hall. Il y a sur le plateau des bouquets de lys chinois blancs ou rose pâle, offerts à la diva.

Ombres feutrées, lumières tamisées, piano forte,  on en est aux confidences et Thomas Jolly joue les intervieweurs de Barbara (1930-1997), essayant de la déstabiliser mais en vain, elle avait la répartie facile. Les questions fusent, arrogantes et vindicatives  et il essaye de cibler la faille possible. Ma seule histoire d’amour jamais vécue, dit-elle, est celle nouée avec le public. Et qu’on ne la dise pas « chanteuse de la rive gauche », elle se veut d’abord populaire…

On se souvient qu’au Cheval Blanc à Ixelles (Belgique),  elle avait créé un premier répertoire entre music-hall et cabaret rive gauche. Avec des chansons de caf’conc’, comme Le Fiacre de Xanrof (1867 -1953) que chantait Yvette Guilbert dont la gestuelle et l’art de dire fascinaient Barbara. Elle reprend aussi des chansons  de Fragson (1869-1913) comme  Les Amis de Monsieur... ou de Mayol : Elle vendait des p’tits gâteaux. Mais aussi des comptines malicieuses qu’interprète ici L. (Raphaëlle Lannadère). Et des chansons moins emblématiques de cette chanteuse mythique qu’elle porte avec talent et le plaisir de raconter. Sourire en coin et d’une voix facétieuse…

Mais L. reste elle-même. et elle ne mime en rien  Barbara où, dit Michel P. Schmitt, il y a l’expression, de «la plaie ouverte de l’adolescence éternelle, quand le moi ne sait pas encore couvrir de mensonges, son malheur d’exister. Elle est l’interprète du mal de vivre et de la mémoire blessée. » Enrichissant son répertoire de chansons de Georges Brassens, Léo  Ferré, Pierre Mac Orlan ou Jacques Brel, la grande auteure-compositrice a signé mélodies et textes pudiques et sensuels. Dis, quand reviendras-tu ?  Nantes, Le Mal de vivre, Pierre, Marienbad… Elle a créé un mythe et a conquis un public de fidèles admirateurs.

Belle expression d’un paysage intérieur féminin, voix chuchotée et mélodies « du bout des doigts », où elle évoque le désir d’être aimée, des blessures enfantines jamais refermées, l’éclat d’une mélancolie douce-amère… Elle avait la sombre intuition  qu’elle en finirait vite mais aussi le vif élan de vivre debout, contre la fuite irréversible du Temps. Barbara s’engagea dans la lutte contre le sida, intervenant, loin des médias, dans les hôpitaux, les prisons et auprès des enfants. Sid’amour à mort (1993).

Dans Un Jardin de silence, L . sait, avec énergie, grâce et fragilité, faire sonner somptueusement l’œuvre de la diva selon les aléas de sa vie sentimentale…

 

Véronique Hotte

 

La Scala, 13 boulevard de Strasbourg, Paris (X ème), jusqu’au 3 novembre. T. : 01 40 03 44 30.

 

 


Archives pour la catégorie critique

Selve de Christophe Rulhes et Sylvana Opoya

Selve de Christophe Rulhes et Sylvana Opoya

LA SELVAAprès Lenga, ce spectacle donne la parole à Sylvana Opoya, une Amérindienne qui vit en bord de fleuve dans la forêt amazonienne. En français et en langue wayana, elle raconte sa vie, son village, l’orpaillage illégal, son appartenance à la terre. Une comédienne joue Selve et dialogue avec elle et un circassien, une danseuse et un musicien qui nous font voir et entendre l’Amazonie.

Un grand médaillon au dessus du plateau, et de grandes bannières  suspendues.  Les quatre acteurs brandissent des pancartes, des photos de part et d’autre. «Qui suis-je? Quand j’étais enfant, je ne savais pas ce qu’était l’orpaillage. Comment me voyez vous ? Comment je me vois?  » (…) « Je suis comme les Blancs, mais je suis une wayana. Mes sœurs amérindiennes sont mortes de froid… »

Une danseuse chante en s’accompagnant à la guitare électrique: « La brute a submergé l’ancien monde. Les Wayanas étaient des chasseurs-pêcheurs, après on a dû aller à l’école. Mes parents m’ont aidée toute ma vie, comment les en remercier? » On voit d’un vieil homme des images filmées par Nicolas Pradal : «Alikanapo, c’est lui qui m’a dit que j’étais shamane, je suis une Dayana. Pourquoi les orpailleurs nous détruisent? Il y a des malades, des enfants qui ne peuvent plus parler». Puis une danse de combat solitaire. «Moi, je dis non, je n’ai pas besoin de route. J’aime l’électricité… » Ils dansent sur les bruits de la forêt. Tucan, le dernier shaman, la famille de Silvana Opoya, la tribu, on se cherche entre  mille feux. La guerre précolombienne, dans un même geste, la mort et la régénérescence, des suicides. «Je n’aime pas les évangélistes! »

Un spectacle riche avec une «fiction vraie» où on évoque les questions de la transmission et du partage du territoire, en Guyane comme ailleurs, mais c’est encore un travail en cours.

Edith Rappoport

Spectacle vu au Théâtre Romain Rolland de Villejuif (Val-de-Marne) le 18 octobre. : T. : 01 49 58 17 00.

Le texte de La Guerre des Natures, Lenga et Selve est édité aux Solitaires Intempestifs.

La Puce à l’oreille de Georges Feydeau, mise en scène de Petros Filippidis

La Puce à l’oreille de Georges Feydeau, traduction en grec de Minos Volanakis, mise en scène de Petros Filippidis

788FCD29-4275-4B65-B66D-316EAE5A1DE9On joue Feydeau en ce moment à la Comédie-Française à Paris (voir Le Théâtre du Blog) mais aussi à Athènes! La pièce (1907) marque le retour de Feydeau au vaudeville, genre où il excelle. Avec une intrigue  fondée sur une histoire de sosies: un directeur de compagnie d’assurances, Monsieur Chandebise et un garçon d’hôtel alcoolique au nom comique de Poche. Inspirée par  Leopoldo Fregoli, un acteur italien capable d’interpréter une soixantaine de rôles en même temps… Mondialement connu, il faisait l’admiration de Feydeau qui allait souvent le voir au théâtre… 

Ainsi naquit La Puce à l’oreille où foisonnent quiproquos et rencontres imprévues. L’acte II se déroule à l’hôtel du Minet Galant, à Montretout, un nom adéquat pour cette maison abritant les amours adultères. L’une des chambres est munie d’une tournette qui permet de faire virer le lit d’une pièce à l’autre pour éviter les flagrants délits. Chassés-croisés et courses-poursuites se succèdent donc à toute vitesse  mais les soupçons des époux se révéleront, après vérification, injustifiés.

Petros Filippidis crée un spectacle fidèle à l’esprit de l’écrivain français grâce à la superbe traduction en grec de Minos Volanakis et au jeu très physique des comédiens. Le décor imposant et les costumes de Yannis Metzikof soulignent l’époque, le milieu social et le style des personnages, sous les éclairages de Leftéris Pavlopoulos. Le metteur en scène a su donner à la pièce un rythme précis et accéléré, grâce au tuilage des répliques et cette frénésie provoque le rire aux éclats du public.

Les comédiens ont une gestualité exceptionnelle et Petros Filippidis a su rendre bien visibles les personnages avec quelques attitudes et une gestuelle simple… Il s’agit d’une version classique de cette pièce bien connue mais ici sans expérimentations inutiles et trouvailles qui pourraient orienter l’esthétique farcesque vers un lourd scepticisme. Pur divertissement, rire garanti, écriture scénique claire et  juste: tous éléments indispensables à ce genre de pièce. Bref, un spectacle à ne pas manquer ! Feydeau aurait été fier et content !

Nektarios-Georgios Konstantinidis

Théâtre Moussouri, 7 Place Karytsi, Athènes. T. : 0030 210 3310936

Oh Boy ! adaptation de Catherine Verlaguet du roman jeunesse de Marie-Aude Murail, mise en scène d’Olivier Letellier

Oh Boy ! adaptation de Catherine Verlaguet du roman jeunesse de Marie-Aude Murail, mise en scène d’Olivier Letellier

4474494C-0AA1-4FC2-85AB-98FE1C7BD659Assister à la huit-centième représentation d’une pièce n’arrive pas souvent. Gage de succès auprès du public et du milieu théâtral (Molière 2009 du meilleur spectacle jeune public), cette longévité crée une attente. Le roman avait déjà fait l’objet d’une adaptation pour la télévision : On choisit pas ses parents l’année d’avant. La vivacité de l’écriture comme de la mise en scène et du jeu confèrent à cette pièce le plaisir d’un moment joyeux d’intelligence partagée avec des spectateurs de tout âge.

 En animateur d’espace inventif, le metteur en scène, formé à l’école Jacques Lecoq, n’hésite pas à faire tomber les conventions du théâtre de récit et confie à un seul  acteur (Guillaume Fafiotte ce soir-là), le soin de nous emmener dans ce délicat parcours d’apprentissage. Ici l’adulte se trouve confronté à ses manques et les enfants seront ses professeurs de vie.  Parmi tous les personnages de ce mélodrame de famille, Catherine Verlaguet a choisi en effet le prisme de Barthélémy pour raconter l’histoire d’une fratrie qui s’ignore au début : trois enfants abandonnés (mère décédée, père irresponsable) dont la Juge des tutelles cherche à favoriser la prise en charge par Bart, leur grand frère… Il vivait jusqu’ici tranquillement son homosexualité avec l’un ou l’autre de ses amoureux et ignorait l’existence de cette famille semée à tous vents par son père.

Son insouciance et ses copains faisaient rempart à sa solitude d’enfant lui aussi autrefois abandonné. Bart va garder sa légèreté au cœur même de cette aventure incroyable: se retrouver d’un jour à l’autre responsable de trois jeunes enfants. Son humour le fait s’exclamer à maintes reprises : Oh Boy! et nous rions avec lui de l’accumulation des charges qui lui tombent sur le dos.

Seul en scène. Avec une armoire, plutôt moche, sans charme. Peu importe, c’est celle des secrets d’enfance, celle qu’on n’ouvre pas et qui fait son poids. Mais Bart s’en sert comme d’un énorme Lego qu’il déplace, bascule, retourne. Ce qui pèse, peut devenir ce qui nous supporte, si on est un peu joueur. L’acteur se fait ici narrateur mais aussi personnage et par moments, manipulateur. Car pour nous raconter son histoire, Bart va se servir d’objets. Très peu nombreux,  complètement décalés, ils jouent leur partition pour dire le trouble où est jeté ce pauvre garçon qui téléphone à une poupée Barbie, parle à un culbuto ou à un canard de bain. Menus objets du quotidien enfantin qui cristallisent notre attention et composent la frise délicate d’une éducation de l’adulte par l’enfant.

L’histoire s’assombrit quand l’aîné des enfants développe une leucémie. C’est alors une course contre la montre entre les médecins, les soins et la mort qui s’annonce. A aucun moment, l’émotion n’est reléguée ou niée mais elle passe, grâce à la mise en scène, par la confusion accentuée des espaces, du mouvement, des objets. Mieux qu’un grand discours, Oh Boy ! ouvre la porte à l’incroyable inventivité du réel de nos vies, lorsqu’on veut bien laisser l’imprévu nous toucher et nous révéler ce dont nous sommes capables. Le public entre dans le quotidien; tout simplement normal, d’un jeune homosexuel un peu fêtard qui se découvre un beau jour et sous la contrainte des évènements, une fibre de grand frère responsable, comme un ersatz de paternité involontaire.

 Selon Marie-Aude Murail, « Quoi qu’on veuille dire aux enfants, on doit d’abord faire une histoire intéressante qui ne dégorge pas de l’éducatif dès qu’on y pose le doigt.» Catherine Verlaguet pour ce projet scénique, a joué en ce sens, en apportant à la pièce un ton joyeux, joueur et tendre qui touche chaque spectateur, quelque soit son âge. Tout en n’escamotant pas la dureté du réel. Un Inspecteur d’académie inculte (il y en a) et qui n’avait pas vu la pièce, avait jugé opportun il y a quelques années, de faire annuler toutes les séances scolaires au prétexte qu’on ne pouvait pas mettre les élèves devant des affaires aussi troublantes que l’homosexualité, une famille abandonnante ou la mort d’un enfant. Heureusement, plusieurs théâtres dont Chaillot, avaient tendu la main à Olivier Letellier. Grâce à eux et à tous les publics qui se sont réjouis à ce grand petit spectacle, il continue aujourd’hui à semer ses graines d’intelligence et de poésie.

 Marie-Agnès Sevestre

Dans le cadre du Parcours Enfance et Jeunesse du Théâtre de la Ville, jusqu’au 19 octobre, au Monfort, 106 rue Brancion, Paris (XVème). 


 

P. U. L. S. , au Théâtre de la Bastille. Matisklo, texte de Paul Celan

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P. U. L. S. au Théâtre de la Bastille

Matisklo, texte de Paul Celan, traduction de Ton Naaijkens, conception et mise en scène de Bosse Provoost

Le Théâtre de la Bastille et la Scène flamande entretiennent des relations fécondes. Project for Upcoming Artists for  the Large Stage, un dispositif initié par Guy Cassiers et le Toneelhuis-Théâtre d’Anvers propose un accompagnement à de jeunes artistes pour les faire découvrir au public. Bosse Provoost, dit Guy Cassiers, a choisi la grande scène du Toneelhuis pour ses possibilités techniques et spatiales qui favorisaient chez lui la recherche d’un langage visuel. Il avait par ailleurs collaboré avec Jan Lauwers pour Guerre et Térébenthine, et avec Ivo Van Hove pour Een Klein Leven.  P. U. L. S. offre aux artistes, u cadre de travail en termes de production et financement, mais aussi une aide concrète et morale pour conduire une création dans un dialogue permanent.

 « Il y a encore des chants à chanter au-delà des hommes », écrit Paul Celan que la Shoah n’a cessé de hanter et dont l’écriture sonde patiemment l’obscurité du monde. Ici, Bosse Provoost nous invite  à découvrir un monde qui se situerait hors des mots, à l’intérieur du silence de la poésie de Paul Celan et  avec des matières évoquant des paysages étrangement animés, avec aussi des costumes  en bois  rappelant le lointain souvenir des hommes. Paul Celan a été pour Bosse Provoost une rencontre forte avec une poétique sur des thèmes qui paraissent hors de portée du langage. Dans Renverse du souffle, un être a survécu -ou pas- à la Shoah. Et dans Partie de neige, une voix se fait entendre depuis l’intérieur de la mort : quelqu’un imagine sa  disparition ou s’imagine encore étant mort.

 Matisklo est construit autour de ces poèmes. Le poète cherche le salut dans le langage, un lien indéfectible entre les hommes mais difficile à suivre. A qui s’adresse-t-il? Aux lecteurs et au public, ou bien aux défunts ? En même temps,ici ne subsistent pas que ces seuls liens. La scénographie est inspirée du travail du Suisse Adolphe Appia (1862-1928) et de l’Anglais Gordon Craig (1872- 1966), des artistes militants qui ont émancipé le théâtre de la littérature, en utilisant l’espace, la lumière et le mouvement. D’où la distance entretenue ici entre les comédiens et les  spectateurs. Sur scène, des étudiants des années 1960 aux cheveux longs pantalon ordinaire et pull simple, le regard intériorisé… L’un d’eux déclame la poésie de Paul Celan en flamand. Auprès de lui, un arbre survient: un homme recouvert entièrement de lattes de bois, corps et tête, comme en un jeu de Lego mais en bois. Nul dialogue entre eux mais deux énormes cylindres énormes horizontaux sont poussés à vue, depuis les coulisses jusqu’au plateau,  puis rétablis à la verticale, des cheminées, peut-être…  Et plus tard, un arbre surgit de l’un d’eux.Une meule de foin, à moins que ce ne soit une brosse énorme pour lavage de voitures, paraît respirer et attendre le poème.

 Plus loin, un volume en papier d’aluminium, peut-être une couverture de survie, significative du poème, avance comme en rampant sur le plateau, sans qu’on ne voie qui en est le locataire.  S’élève pourtant parfois une forme de tête que l’on voit seulement de dos. Rêve infernal : les hommes semblent avoir disparu ou muté. Quel est ce monde ? La proposition scénographique est éloquente, à la fois élémentaire et énigmatique. Avec ici, une attention au sens d’un poème fort, particulièrement mystérieux.

 Véronique Hotte

 Théâtre de la Bastille, 76 rue de la Roquette, Paris (XI ème), jusqu’au 18 octobre. T.: 01 43 57 42 14.

 

Centenaire Merce Cunningham

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Centenaire Merce Cunningham

Pionnier de la danse américaine contemporaine, il est devenu, dix ans après sa mort, un chorégraphe presque classique dont les pièces sont reprises par de nombreuses compagnies dans le monde entier, avec l’accord du Cunningham Trust. Pour le centième anniversaire de sa naissance, le Théâtre National de la Danse de Chaillot, en collaboration avec le Festival d’Automne à Paris et le Théâtre de la Ville, présente deux programmes de son répertoire. D’abord des œuvres historiques comme Fabrications et Sounddance. La troisième For Four Walls avait été recréée en mai dernier à l’Opéra national de Lorraine à Nancy par Peter Jacobson et Thomas Cailley (voir Le Théâtre du Blog).

Fabrications a été créée en 1987 avec soixante-quatre enchaînements dont la  composition et le nombre des interprètes sont soumis au hasard. Cette pièce de trente minutes sans narration est fondée sur une recherche esthétique: les danseurs, avec des costumes aux dessins géométriques très colorés, évoluent devant une vaste toile peinte où sont représentées des parties stylisées de l’anatomie humaine : un cœur, deux limaçons d’oreille interne et peut- être un utérus… «Je ne cherche pas un langage, disait Merce Cunningham, je cherche les idées du mouvement et j’espère changer tout le temps, si c’est possible. » Remarquablement interprété par les jeunes danseurs du ballet de Lorraine , la pièce illustre parfaitement son propos.

Lui succède Sounddance, coup de cœur de la soirée qui en dix-sept minutes, est devenue très populaire. D’un superbe rideau doré tout en drapés; conçu par Mark Lancaster, émergent dix danseurs. Au rythme d’une musique très puissante de David Tudor, figures et enchaînements s’enchaînent avec virtuosité. Les interprètes, avec une grande vivacité  de mouvement, disparaissent comme par magie, happés par ce rideau. Merce Cunningham avait chorégraphié Sounddance à son retour de Paris où, en 1973, il avait passé neuf semaines pour créer Un Jour ou Deux à l’Opéra de Paris. Une pièce joyeuse qui a soulevé l’enthousiasme du public…

Jean Couturier

Le spectacle a été présenté; dans le cadre de la programmation hors-les-murs du Théâtre de la Ville,  au Théâtre National de la Danse de Chaillot, 1 place du Trocadéro, Paris (XVI ème). T. :  01 53 45 17 13, jusqu’au 16 octobre.

Festival des Arts de Bordeaux (suite et fin)

Festival des Arts de Bordeaux (suite et fin)


Souviens-toi des larmes de Colchide
d’Aurore Jacob, mise en scène d’Anne-Laure Thumerel

 MVQmNk3AL’auteure a déjà écrit une douzaine de pièces  dont  Sans L,  Au bout du couloir à droite, Seuls les vivants peuvent mourir. Ici, il s’agit d’une écriture fondée sur le thème de Médée plus que sur la célèbre pièce d’Euripide. Avec un beau titre… Cela se passe dans la chambre d’un hôpital psychiatrique. Une jeune femme, allongée sur son lit en fer et visiblement très perturbée et voit dans l’infirmière une ennemie personnelle qu’elle accuse de tous ses malheurs. On devine que son bébé est mort subitement et que, dans la vie de son mari, est arrivée une autre femme… Bien plus séduisante qu’elle, forcément et qui lui demande de partir pour lui laisser la place…  
La jeune femme va donc se retrouver seule avec deux faillites… à la fois pour son corps comme pour son esprit. La grande amoureuse épuisée ne le supporte pas et se dit qu’elle  a commis une faute impardonnable pour en arriver là et qu’elle ne retrouvera jamais son bonheur perdu. Entre temps, encore amoureuse? elle rencontre une autre jeune femme qu’elle embrasse passionnément dans un jeu de miroir… Comme l’homme qu’elle aimait ? Pour se venger ?

Wny2THDQMais elle repense sans cesse à cet enfant qu’elle a mis au monde, comme s’il y avait une incompatibilité flagrante entre donner la vie et vivre pleinement grâce à la jouissance que procure l’amour… L’arrivée de l’enfant apparaissant comme une menace pour ce jeune couple..  C’est du moins ce que nous avons retenu de ce texte touffu et poétique. Claire Jacob voudrait faire apparaître la fatalité tragique qui accable son héroïne comme celles de Sophocle ou d’Euripide. Oui, mais voilà… Dans cette situation compliquée, il aurait mieux valu faire simple (voir Euripide) et désolé, ici l’écriture patine et n’a rien de théâtral. On sent parfois comme un petit frémissement quand, bizarrement, la jeune femme rencontre son amoureuse…Mais sinon, rien de très passionnant dans cette pièce-poème étirée..

Dans une chambre blanche au sol couvert de sable fin,  souvent allongée sur son lit, elle a bien du mal à nous convaincre de sa solitude et du destin tragique qu’elle est en train de vivre, là sous nos yeux. On sent chez l’autrice l’envie de faire partager l’indicible de cette tragédie intime comme on en découvre quotidiennement… Oui, mais ce texte bavard et touffu se résume la plupart du temps à un presque monologue assez ennuyeux.  
Côté mise en scène, Anne-Laure Thumerel arrive à mettre les choses en place mais sa direction d’acteurs est fragile. Et, au début surtout, Clara Ponsot a une diction des plus approximatives- ce qui n’arrange pas les choses- et dans le rôle du mari médecin, Maxime Roy marmonne, semble s’ennuyer et n’arrive pas à être un instant crédible. Deborah Joslin elle, a une belle présence et s’en sort mieux.

 Mais le spectacle fait du sur-place pendant une heure vingt et ce n’est pas faute d’avoir été rodé, puisque nous avons assisté à la dernière représentation… Moralité: il est souvent hasardeux de se lancer dans la revisite d’une pièce mythique en la compliquant inutilement et en la situant à notre époque. Claire Jacob, en tout cas, n’y est pas arrivée. Dommage..

Le spectacle a été joué du 4 au 12 octobre au Glob Théâtre, Bordeaux. T.:  05 56 69 85 13.

Le texte de la pièce est paru aux éditions Koïnè.

 

Scelus (Rendre beau) texte de Solenn Denis, mise en scène du Denisyak
 
JA-_lDswHeureux habitants de la Gironde et autres départements français, comme le disait Philippe Meyer autrefois sur France-Inter, ce n’est pas pour nous vanter mais nous avons appris dans sa note d’intention que le collectif avait un « fonctionnement»…  «Denysak est né en 2010 de la rencontre du comédien et metteur en scène Erwan Daouphars avec l’autrice et comédienne Sollen Denis. » Et au cas où nous risquerions d’en douter: en vingt-six lignes, on nous répète quatre fois qu’elle est autrice et quatre fois aussi que le travail se fait au plateau. Et que (sic) : «Erwan, l’autre tête de l’hydre (cela fait très Macron) est au plateau au plus proche des comédiens et fait de la direction d’acteurs à l’oreille presque (sic). Comme un capitaine d’équipe qui joue sur le terrain. Car c’est l’entraîneur, surveillant le match depuis son banc, que l’on a exclu, désaffirmant (sic) cette nécessité du metteur en scène. On ne s’entraîne pas, on joue. Capitaine d’équipe sur le terrain de jeu, et capitaine du navire prenant corps en l’autrice dramaturge dans la salle. Car dans le binôme, chacun est le capitaine de quelque chose, responsable de la cohérence et de l’énergie globale. En écrivant et en languant (sic) selon ses envies et obsessions, c’est Solenn qui toujours donne l’impulse (sic) de ce que sera la création au collectif Denisak. »  

Ouf ! Quel sabir et quelle prétention! Tous aux abris ! Nous devrions plus souvent et mieux lire les notices de fonctionnement, que ce soit pour les sèche-cheveux, perceuses, visseuses fabriqués en Chine ou pour les spectacles créés en Gironde et dans les autres départements français. Après cet «impulse», qu’en est-il sur scène? Les choses seraient, nous dit-on, vaguement inspirées par la vie du comédien américain Jack Nicholson qui, à trente-quatre ans, apprend que ses soi-disant parents étaient en réalité ses grands-parents et que sa « sœur »  était en fait  sa mère (décédées quand l’acteur apprend l’histoire) et que Lorraine, son autre « sœur»,  était en fait, sa tante…

Un homme Atoll, «bourré d’inconsistance, de colère sourde et d’égoïsme, qui entre dans sa quarantaine adulescente (sic) avec cynisme et nihilisme ». Sa sœur Yéléna et lui vont déterrer des secrets de famille. Il y a aussi un chien. Mais si on a bien compris, Yéléna est morte et Atoll comprend que celle qu’il prenait pour sa sœur était en réalité sa mère et celle qu’il prenait pour sa mère, était sa grand-mère… Vous suivez toujours ? Et cerise sur le museau, son père était en fait le chien ! Si, si !
Il y a une belle étendue de gravier noir avec des perspectives imaginées par l’hydre (resic) Eric Charbeau et Philippe Casaban, obtenues avec quelques châssis que les acteurs déplaceront. Mais cette fresque sur fond de tragédie familiale de grossesse non désirée n’a pas réussi à nous accrocher un instant. Même si les acteurs font le boulot, notamment Nicolas Gruppo physiquement handicapé qui joue de la guitare fender. Et ce texte prétentieux n’arrive pas à décoller  et distille un ennui de premier ordre. On comprend mal qu’il ait pu arriver jusqu’à ce Festival…

 Philippe du Vignal

Jusqu’au 19 octobre, Théâtre National de Bordeaux-Aquitaine.

Les 17 et 18 décembre, La Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc.
Les 25 et 26 mars, Théâtre des Ilets, Centre Dramatique National de Montluçon.

Le texte est publié chez Lansman.

 

 

L’Odyssée d’Homère, traduction de Philippe Jaccottet, conception de Blandine Savetier

L’Odyssée d’Homère, traduction de Philippe Jaccottet, conception de  Blandine Savetier

Avignon. @Christophe Raynaud de Lage

Avignon. @Christophe Raynaud de Lage

Ulysse, tous les Ulysse : le vainqueur, le rusé, le perdant, le persévérant, celui qui en a pris plein la figure -Philippe Jaccottet traduit poliment par :«à l’âme endurante»-  fut de ceux qui, ont été les guides du dernier festival d’Avignon, ceux qui en tiraient le fil conducteur. Souvent réduit à son long retour, à la nostalgie de son île natale, il a été identifié à tous les errants de la Méditerranée, ce qui est pour le moins rapide…

 L’abus a été corrigé  avec cette lecture au Jardin Ceccano de ces larges extraits de cette épopée qui permettent d’entendre la complexité du personnage qui fait de lui un héros. Humain trop humain, pourrait-on dire. Capable de mensonge et de vérité, de tendresse et d’une extrême violence  mais aussi rusé et débrouillard pour se sortir avec ses compagnons, de situations  inextricables: comme avec le Cyclope Polyphème racontée aux Phéaciens où, après l’avoir aveuglé, Ulysse fait évader quelque-uns de ces compagnons attachés sous le ventre de moutons et prétend qu’il se nomme: Personne »…

Blandine Savetier, avec Waddah Saab, a dirigé un groupe de jeunes acteurs dont quatre ont suivi le programme de formation et d’insertion 1er Acte, visant à «favoriser l’insertion professionnelle de jeunes comédiens issus d’origines sociales, culturelles ou ethniques diverses». Soutenus par Yuko Oshima, une percussionniste japonaise, ils sont les aèdes modernes de cette Odyssée. Ils en ont la jeunesse et l’ardeur pour raconter cette épopée de tous les prodiges et de tous les dangers, la beauté de la mer en furie et du fleuve calmé, les querelles des Dieux qui déchaînent ou régulent les querelles des hommes. Ils ont la majesté nécessaire pour évoquer les Rois et donner la pulsation de ce récit oral. L’espace du Pavillon Villette est occupé généreusement : les Dieux en haut, les lecteurs sur le plateau et nous sagement assis devant eux.

Pourtant il y manque le plein air, la chaleur, le vent… L’Île-de-France en automne ne s’y prête pas et cette belle et vive lecture d’Homère ne suffit pas à les évoquer. Mais cela vaut la peine de venir l’écouter, pour ensuite piocher dans les vingt-quatre chants du poème, l’étrangeté originelle de ces histoires que l’on connaît comme les contes pour enfants.

Christine Friedel

Pavillon Villette (côté Porte de la Villette et Cité des Sciences, 30 avenue Corentin Cariou,  Paris (XIX ème), jusqu’au 20 octobre. T. : 01 40 03 75 75.

Play war,mise en scène et interprétation d’Alexandre Finck et Adrien Fournier

Play war, mise en scène et interprétation d’Alexandre Finck et Adrien Fournier

 PlayWar3«C’est, disent les auteurs de ce spectacle de mime, un peu comme un hommage à notre enfance nourrie de cinéma américain, hollywoodien. Tous ces films d’aventures, d’action, de guerre. Tous ces films qui nous ont fait rêver petits. Eh! Oui, on peut rêver sur le thème de la guerre! Il faut rêver la guerre, il faut rire, pleurer, vivre. Montrer qu’on est vivant surtout dans un contexte de mort. »

Sur le plateau rien qu’un grand tulle où seront projetés des paysages de jungle et des dessins de fauves mais aussi à la fin, une belle giclée de sang façon B.D. revue par Roy Lichtenstein. Les vidéos d’Adrien Fournier donne une couleur à cette guerre du Viet nam faite par de jeunes Américains.  Ce qu’il faut le deviner! Enfin, on comprend vite que ce sont des guerriers  en treillis et T. shirt sombres. Sans aucun accessoire, ils marchent au pas ensemble, tombent, courent, tirent au pistolet-mitrailleur dans un univers sonore et musical signé Jules Jacquet et des lumières de Victor Badin. Le tout sans aucune parole avec juste des onomatopées, quelques mots inarticulés et borborygmes. Mais c’est un peu long et répétitif…

Cette réalisation très soignée ne fonctionne donc pas bien, ce que l’on perçoit dès les premières minutes. Que veulent nous dire ces deux comparses? Quand il s’agit de sentiments comme la peur, la joie, l’inquiétude, le soulagement, la surprise, l’affolement… on peut entrer dans cette narration mais pas au-delà de quelques minutes. Le spectacle, qui souffre d’un manque évident de dramaturgie, fait du surplace quelles soient les bonnes intentions de leurs auteurs. Quid de la vie et des pensées de ces jeunes gens jetés dans l’enfer d’une guerre?  C’est la grande difficulté d’une forme narrative muette d’une heure et quelque et là, désolé, on décroche assez vite. Peut-être ne sommes-nous pas assez attentifs à la gestuelle ? Peut-être aussi est-ce mission impossible de raconter une guerre sous forme de mime, sinon dans un sketch de quelques minutes et sûrement pas, sur soixante  minutes. Ces deux jeunes mimes ont une remarquable maîtrise de l’espace mais pas celle du temps… comme cela arrive souvent.

Tiens, une belle histoire à propos d’attention portée à un spectacle. Marcel Marceau, grand mime devant l’éternel (1903-2007) avait eu, lui, l’intuition de s’en tenir à de petits standards successifs et donc courts avec Bip, son fameux personnage. Quand nous étions en troisième -il y a de cela quelques décennies- notre marraine nous avait  emmenés dans un vrai et beau théâtre ancien du boulevard qui s’appelait L’Ambigu où nous voulions voir absolument un spectacle de Marcel Marceau. (Pauvre Ambigu ensuite détruit à cause de la bêtise et la cupidité pour être transformé en bureaux!)
Mais le déjà célèbre mime avait commis l’imprudence de monter juste avant les aventures en solo de son Bip, une histoire compliquée Le Loup de Tsu Ku Mi genre conte extrême-oriental à plusieurs personnages auquel le public visiblement ne pigeait rien. A l’entracte, dans le hall du théâtre, le mari de notre dite marraine, lui, se mit à raconter et de façon détaillée, toute l’histoire à des spectateurs étonnés par sa compréhension du scénario. Pourquoi cet homme visiblement comme tout le monde et assez éloigné de l’art de la scène, avait-il réussi à s’emparer de cette histoire muette? Il n’avait aucune prédisposition mais… était totalement sourd! Quelle leçon de théâtre!  Quelque vingt ans plus tard, le génial Bob Wilson  créait son très célèbre spectacle muet qui révolutionna le théâtre contemporain en mettant l’accent sur le silence et qu’il appela… Le Regard du Sourd.
Aller voir Play war ? Oui, si vous êtes un professionnel et si vous avez envie de découvrir ces jeunes mimes qui ont une bonne technique. Et Adrien Fournier est aussi un concepteur d’images vraiment doué. Ce travail encore en cours peut acquérir la dimension d’un vrai spectacle… à condition de resserrer les boulons, de mieux le construire en courtes séquences, de l’aérer musicalement et surtout de le rendre plus explicite… Bref, il y a encore du travail. Donc, à suivre.

Philippe du Vignal

Jusqu’au 20 octobre, Théâtre de l’Opprimé,  78 rue du Charolais, Paris (XII ème).

 


Stallone d’après le roman d’Emmanuelle Bernheim, mise en scène de Fabien Gorgeart

Stallone d’après le roman d’Emmanuelle Bernheim, mise en scène de Fabien Gorgeart

 

© Huma Rosentalski

© Huma Rosentalski

Porté à la scène par Clotilde Hesme, le court roman éponyme d’Emmanuelle Bernheim tire sa force de l ‘écriture sèche, aux plans visuels, de la romancière qui s’acquittait alors d’une dette personnelle envers le personnage de fiction qui avait bouleversé sa vie : Rocky Balboa. Et elle transplanté sa propre émotion dans le personnage de Lise, une jeune femme qui végète dans une vie d’accommodements. Au cinéma, Rocky 3 qu’elle voit en 83, lui révèle qu’on peut perdre puis se battre pour reconquérir la dignité et l’intégrité de son destin. L’auteure, qui n’ignore rien des passerelles entre les états du cœur et ceux du corps, n’hésite pas à faire mariner la jeune femme huit jours, sous l’emprise d’une forte fièvre, avant qu’elle n’en sorte grandie, prête à un nouveau départ, autant dire à la rupture avec tous les fils ténus de son ancien moi.

 Fabien Gorgeart restitue ce texte sur scène, avec un plateau nu, blanc comme une page de livre ou un écran de cinéma. A la croisée de ces registres de la fiction, Lise fait défiler les moments de sa vie et les films de Stallone : tous les Rocky, tous les Rambo, Clifhanger,  Daylight jusqu’à Copland… Chacun joue un rôle caché dans ses décisions. Et que dire de la chanson The Eye of the Tiger, issue de la bande originale du film ? Hymne à sa volonté retrouvée quand tout va bien, rappel à la nécessité de se bouger les fesses lorsque son horizon se bouche à nouveau… 

Au micro, Clotilde Hesme assume le côté nunuche de la jeune femme du début, au look années 80, pour dérouler les étapes sensibles, étalées sur quatorze années, d’un parcours de travail et de réalisation de soi. Il n’y a pas de petite vie. La question de la violence n’était pas étrangère à l’auteure, violence qu’on s’inflige ou que nos décisions font subir à autrui. Les combats, coups, défaites et retours sur le devant de la scène, tels qu’incarnés par Stallone tout au long de sa carrière au cinéma, ne tissent pas ici la métaphore simpliste du « combat pour la vie ». Clotilde Hesme incarne tour à tour, et avec talent, les états du paysage personnel, la toile de fond romancée d’une vie de femme plutôt banale qui a pourtant une aventure personnelle à réaliser. L’actrice s’appuie sur la création sonore de Pascal Sangla qui compose en direct toutes les ambiances et donne voix à chaque comparse du récit. Ses interventions délicates, drôles, ingénieusement mêlées à ses virgules sonores, peuplent la scène d’autant de personnages invisibles grâce auxquels il dessine le monde de Lise.

Sur ce contrepoint permanent, s’appuie la mise en espace de Fabien Gorgeart qui a eu l’intuition de ne pas étouffer l’écriture factuelle d’Emmanuelle Bernheim sous plusieurs couches d’intentions. Au spectateur de se promener, au rythme des aventures de l’héroïne, accompagnée par le retour régulier de Stallone, sur l’écran de sa vie. Le public semble s’y retrouver avec plaisir.  Quant à l’acteur dont l’ombre du visage, pensif et grave, passe en fond de scène, que pense-t-il de l’appropriation un peu tyrannique de ses combats par une jeune femme française ? Nous ne le saurons jamais…

Marie-Agnès Sevestre

Jusqu’au 26 octobre, Le 104,  5 rue Curial  Paris (XIX ème).

Le roman est paru en 2002 aux éditions Gallimard.

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