Sources, d’Anne-Christine Tinel, mise en scène de Marine Arnault


Sources par Humani théâtre, texte d’Anne-Christine Tinel, mise en scène de Marine Arnault

 

©Stéphanie Ruffier

©Stéphanie Ruffier

Le casque audio, une nouvelle chambre à soi ? Le Begat Theatre avec Les Demeurées, et Mathieu Roy avec Un doux reniement, en avaient déjà fait un lieu-refuge où on peut négocier en douceur et en toute intimité avec l’œuvre. Où la recréer à son aise. Loin du gadget technologique ou de l’accessoire à la mode, le casque plonge le spectateur dans un voyage intérieur, une bulle d’écoute qui ouvre le regard. Imposant sur les têtes, il rend visible l’endroit où se rencontrent les imaginaires.

De même, Humani théâtre a choisi de déployer dans l’espace public Demain, dès l’aube, je partirai, texte commandé à Anne-Christine Tinel, en usant de cet outil comme d’un medium subtil entre les mots et les auditeurs. L’histoire tourne autour d’un secret de famille: Violette, à plus de quarante ans, découvre, interdite, que son père n’est pas son géniteur.  Profitant d’un voyage de sa mère dans son île natale, la Réunion, elle mène l’enquête avec sa sœur Lucie, plus conciliante que son frère Robin, pour l’aider à remonter aux sources et tenter de trouver des réponses.

Cette trame, proche de l’expérience familiale de l’auteure comme de celle de Marine Arnault, mêle étroitement non-dits et exil. Pour suivre cette quête de vérité impliquant déplacements, interrogatoires et introspection, le choix de mettre en mouvement le public semble particulièrement judicieux. Le recours à la forme déambulatoire devient décidément très fréquent dans le théâtre de rue depuis quelques années. Comme, celle sublime, des Arts Oseurs (Les Tondues), du Pudding Théâtre (Géopolis), du groupe ToNNe (AE Les Années, Mes déménagements), des Urbaindigènes (La Revue militaire).

Cette démarche  révèle une tentative de recomposer l’histoire, la petite ou la grande, dans un va-et-vient constant entre l’intime et le collectif. La quête des origines, qui oblige à remonter le temps, et à composer un récit cohérent et lisible, se double d’une enquête de terrain. Le cheminement jusqu’à soi nécessite un arpentage concret, une expérience physique. On n’est pas loin de la démarche des philosophes péripatéticiens. L’histoire et sa réappropriation se vivent aussi comme une épreuve spatiale. Pour savoir, pour comprendre, il faut se déplacer, vivre dans son corps le dessillement et la découverte. Une façon de nous inviter, peut-être, à sortir du virtuel et du psychologique, et d’entrer en contact avec les autres et l’extérieur.

 Pourtant, ici, nous sommes moins acteurs, que voyeurs et auditeurs. Sources se présente tel un film que le spectateur vivrait in situ, comme si nous assistions à un tournage et que, sans souci de la distance avec les scènes, les dialogues étaient directement distillés dans les têtes. Assouvissant notre libido sciendi,  les micros HF nous font accéder à ces drames intimes que l’on surprend dans les gares, sur les bancs des parcs ou dans les foyers, par les fenêtres ouvertes. La banalité des échanges a parfois des intonations de séries télé. Mais là réside justement la saveur d’un jeu très naturaliste : on est littéralement baigné dans le flux familier des conversations. D’où cette sensation de proximité : eux, c’est nous. Nous faisons un peu partie de la famille.

 La scène de bar est époustouflante. Les personnages s’y retrouvent pour boire un verre. Le serveur et les autres clients deviennent acteurs à leur insu. S’apercevant de la présence du public, ils créent un nouvel espace regardant-regardé. Tout devient théâtre. C’est beau, simple et vertigineux. Saluons à ce titre, la prise de risque et la finesse du jeu de ces quatre comédiens qui nous entraînent dans leur sillage.

 La scénographie choisit ainsi des lieux admirables : jardin, courette, pas de porte, balcon, voiture… une façon de montrer que la tragédie ne se joue pas que dans les palais, qu’elle peut surgir dans les espaces publics avec la même cruauté. Soudain, le lieu est troué par une nouvelle, une révélation. Et il va falloir tout de même continuer à avancer, aux yeux de tous. De même, les photographies qui parsèment le parcours semblent exhiber aux passants, les marques du passé. Têtues et muettes, leurs belles déclinaisons plastiques (découpages, ombres…) ne livrent pas leurs secrets et imposent leur opacité.

 Sources est une magnifique expérience qui traite, avec originalité et pertinence, de l’émancipation féminine dans les années 1960 : le regard porté sur les filles-mères, le surendettement, l’exil comme possibilité (illusoire ?) de se réinventer… Quelle habileté et quelle précision dans le jeu, l’accompagnement sonore et la scénographie ! Le poids des mensonges transparaît dans les silences, la musique, les soupirs, les murmures que le casque et la déambulation permettent de saisir au plus près. Ce dispositif dans l’intimité de la ville nous fait sentir- avec une grande délicatesse- la part inextinguible des secrets familiaux et les persistances du caché. Métaphoriquement et concrètement, le public élabore un travail de deuil : écouter les mots transmis, sans poser de questions. Une puissante invitation à rêver le roman familial et à s’émouvoir.

 Stéphanie Ruffier

Spectacle vu au festival Villeneuve en scène,  Villeneuve-lès-Avignon ( Gard),  le 13 juillet.

Festival d’Aurillac, (Cantal), du 22 au 25 août, à 10 h 30, (pastille 93).

 


Archives pour la catégorie critique

Mes déménagements, par le Groupe ToNNe, texte et mise en scène de Mathurin Gasparini

 

Mes déménagements, par le Groupe ToNNe, texte et mise en scène de Mathurin Gasparini

 

ee01a1_7656b61974284beb8fbb2aa90092948amv2Comment habiter sa vi(ll)e ? La question suscite d’emblée la sympathie, en cas de pratique récente ou assidue du déménagement. Qualifiant son nouveau spectacle: d’« autobiographie de rues pour six voix », le Groupe ToNNe affiche une volonté d’écrire pour l’espace public, en puisant dans le réel. Déjà, dans sa précédente création (AE Les Années), un montage incisif de textes d’Annie d’Ernaux, il témoignait des expériences banales d’un quotidien extraordinaire (avortement, ménage, sexualité…), en les élevant au rang de document sociologique et historique. On se réjouit donc à la perspective de flirter à nouveau avec l’intime.

 Entraîné par trois mecs et trois filles qui prennent en charge l’histoire d’un quarantenaire qui a souvent changé de lieu de vie, le public est invité à parcourir un quartier, au gré d’un dispositif choral. Six comédiens et musiciens, comme autant de voix intérieures, prennent tour à tour en charge la parole d’un je pluriel, difracté, parcouru de désirs parfois contradictoires.

Le fil du récit est sans cesse rompu et tient de la liste d’espaces et de rencontres, à la Georges Perec, comme un feuilletage d’album-photo dont la pudeur ferait soudain tourner une page plus rapidement. On peut aussi l’envisager comme la visite partiale et partielle d’une ville, dans un de ces petits trains touristiques qui commentent hauts lieux et détails anecdotiques. Un peu la marque de fabrique du Groupe ToNNe, ces narrations heurtées par la déambulation et les émotions, ces images intimes qui surgissent, s’emboutissent puis sont englouties par une pirouette verbale ou gestuelle. Tentatives d’archéologie de l’être, mais vite ! Ne pas trop s’arrêter. Plutôt se remettre en marche pour aller voir ce qui se passera ensuite, ailleurs. 

 Autre constante du Groupe TONNe dont on sent très vite la complicité et le plaisir de jouer ensemble: un va-et-vient narratif entre le « je » du personnage et le « je » du comédien (à l’ego aisément froissable). Ce dispositif permet que le « réel » de la représentation s’immisce par effraction dans le récit de vie de l’auteur.  On retrouve ainsi les passages obligés de ce genre, les «biographèmes» chers à Roland Barthes, « quelques détails, quelques goûts, quelques inflexions » : l’enfance, les premières amours, la paternité…

Mais le texte ne se réduit pas à cette chronique de l’existence et s’enrichit peu à peu de réflexions sur la ville : architecture, urbanisme, botanique… Politique, forcément. Du squat entre potes à l’engluement du couple dans le petit chez soi, du rêve bourgeois de pavillon, aux grands ensembles de Le Corbusier, c’est tous les tiraillements de la propriété privée, de l’espace public et des rêves de liberté qui défilent devant les façades. La carte brodée sur le ventre des comédiens trahit bien comment nos choix d’habitat triturent nos tripes, influencent notre rapport au monde et aux autres.

Les modules bleus qui servent de modestes tréteaux sont une vraie trouvaille scénographique et on songe incidemment  au « speakers’ corner » à Hyde Park à Londres, où escabeaux et cagettes permettent une prise de parole publique temporaire : matérialisation d’un besoin de se dire qui passe par celui de se hucher. Prendre un peu de hauteur. Surplomber la mémoire. Se faire voir et entendre. Ainsi, la nature de la parole change sans cesse : elle peut se faire confession intime, conférence, interpellation directe, déclamation poétique ou harangue à emporter le cœur des foules. Dans AE Les Années, les valises servaient de chaire, ici, ce sont les cartons de déménagement, autres lourds symboles du passé qu’on se trimbale. Ils font la courte échelle au Sujet, l’aident à se recomposer. Parfois dans le rire, parfois dans la douleur.

Le parcours, s’adaptant à la géographie de chaque ville où le spectacle est joué, change sans cesse de décor : à Chalon, une statue de la vierge, à Sotteville une pharmacie, ailleurs, un imposant château d’eau herbeux, un nom de rue cocasse, un homme en slip à sa fenêtre… Autant d’échos visuels qui font résonner le texte autrement : dissonances ou accords prémédités, mais aussi pépites accidentelles.

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© 2018 Groupe ToNNe

Tel Emmanuel Carrère, un des maîtres de l’autofiction, Mathurin Gasparini pratique une écriture qui ne cède jamais à l’apitoiement sur soi. Tout en les nommant, il glisse habilement sur les lâchetés, les insuffisances, les douleurs, les discours politiques. De même, le public est invité à ne jamais se poser. Il y a quelque chose d’inconfortable à souvent se relever, ne saisir que quelques bribes d’échanges interpersonnels lors des transhumances… Se remettre debout, se déplacer, se faire sa place devant une nouvelle saynète, c’est forcément changer de configuration et se délester un peu.

Le spectacle, de façon mimétique, nous invite à une marche forcée, quitte à perdre parfois un peu de la subtilité de l’introspection ou de l’approfondissement. Il s’agit d’envisager la carte du tendre à l’infinitif : aller de l’avant. A l’image de la démarche d’Annie Ernaux, le miroir tendu, la singularité de  l’extime recomposé donc un peu fictionnel, se teinte d’universel. Ici, il ouvre sur l’éternel mouvement. Une défense de l’être à la Giacometti, qui, toujours, tant qu’il se meut, s’émeut. Déménager avec le Groupe ToNNE ? Oui ! Franches adresses au public, heureux moments de convivialité, textes et tableaux où chacun peut s’abreuver et s’enthousiasmer, valent bien les détours. Le rythme dégage générosité et intelligence. Reste à assumer pleinement l’exorde politique. Maud Fumey le fait avec excellence en musique, à la fin dans un hymne convaincant, aux folles retrouvailles de tous, dans la rue.

 Stéphanie Ruffier

 Spectacle vu à Sotteville-les-Rouen.

Festival d’Aurillac, du 22 au 25 août à 13 h 45,  pastille 48, Square du côté Notre-Dame des Neiges.

 

Le Spectacle des Frères Troubouch

Les Préalables du festival d’Aurillac :

Le Spectacle des Frères Troubouch

31047457-E101-49B0-9E71-75059D541D1DCela se passe en plein air sur le coup de dix-neuf heures, sur le côté d’une ancienne abbatiale détruite à la Révolution puis reconstruite, à Maurs, un beau et très ancien village du Sud du Cantal, tout près de l’Aveyron mais aussi du Lot. Il a conservé la forme du cercle de ses remparts qu’emprunte aujourd’hui le Tour de ville, établi sur ses douves à la fin du XVIII ème siècle. Ces deux Belges que l’on confond souvent, sont acrobates à vélo: avec entre autres, quelques tours de piste où le plus grand a un pied sur le guidon et l’autre sur la selle, le plus petit se contentant de faire tourner les pédales du dit vélo qu’il réussissent à faire tourner en rond.  Chapeau! A la fin, ils invitent le public à partager des saucisses au barbecue après le spectacle.

Que demande le peuple? Simplement de VOIR le dit spectacle avec acrobaties et chansons. Mais voilà cela ressemble à une mauvaise blague, non pas belge- les deux artistes n’y sont pour rien- mais bien française. A dix-neuf heures comme prévu, dans la douceur du soir, le public d’une soixantaine de personnes attendait sur des bancs en bois, et devant le monument aux morts  sur le côté de l’église, il y avait un vélo, un monocycle, et six chaises paillées en file indienne. On attendait toujours… Problème technique? Que nenni!

Puis un des frères a discrètement écrit sur un tableau noir: représentation reportée à 21h. Une responsable de la mairie un peu gênée, proposait un coup à boire et des chips et expliquait que, comme il n’y avait pas assez de spectateurs, il valait mieux reporter à 21 h ! (sic).

Lesquels spectateurs n’ont pas vraiment apprécié, et ne sont pas restés, comme ce couple belge qui avait fait huit cent kilomètres et devait en refaire quarante pour gagner un gîte rural qu’il ne connaissait pas. Et votre serviteur qui avait aussi fait une heure de route aller et retour.
Ces Préalables déjà rodés depuis longtemps, semblent ne pas être toujours au point, et Jean-Marie Songy, le directeur du festival, ferait bien de rectifier le tir. Le Spectacle des Frères Troubouch se joue encore demain et après-demain, mais, comme on ne tient pas à refaire une autre heure de route, ce sera sans nous. Et encore bravo et merci à la Mairie de Maurs pour son manque de professionnalisme… et sa désinvolture!

Philippe du Vignal

Les 18 et 19 août, Les Préalables du Festival (autour d’Aurillac).

Le 26 août, Jardins de Brocéliande, à Bréal-sous-Montfort. Les 28 et 29 août, Le Fourneau, Quimperlé (Finistère). Le 31 août à La fêtobourg Roanne, Malby

Les 14, 15 et 16 septembre, De groote stooringe Festival, à Roeselare, (Belgique), un projet avec le collectif de cirque belge Malunés. Le 22 septembre, La Filature, Bazancourt (Marne). Le 30 septembre, Théâtre des Routes, Région-Champagne.

Hope Show par le Good Chance Theatre

 

Hope Show par le Good Chance Theatre

the_hope_show_at_good_chance_paris._photo_by_raphael_hilarion_0Cette compagnie anglaise venue de Calais, s’est installée à Paris pour travailler avec des réfugiés dans la cour d’un immeuble. Ils sont une vingtaine, en majorité des hommes soudanais et afghans, et quelques femmes. Nous sommes dans la cour d’un immeuble avec de grandes affiches, avec un beau chapiteau au centre. On nous accueille avec un cocktail de fruits sans alcool.

Rodrigo Ramis ouvre la séance à l’extérieur, en clamant : I divise my fears, et nous nous installons en rond dans le chapiteau autour des acteurs dont certains disent : «La poésie sur tes aubes dorées, pose-toi, tel l’oiseau sur les terres ». Rodrigo fait ensuite chanter le groupe qui tape dans ses mains : « Je suis un homme, une âme, juste comme toi. »

Quatre acteurs entrent en riant, puis font semblant de se battre, un cuisinier dit : «Oiseau, toi qui voles si librement, vole dire mon amour à mes proches. »  Il y a ensuite un duel avec des bâtons qu’ils s’échangent, un chant choral. Puis tout le groupe sort et revient, et on fait monter un homme sur une chaise qui braille en se tenant le dos. Et vite remplacé par une fille qui dit : I love my father et  une autre avoue détester son père. Au son d’un orchestre de trois  tambours qui accompagne un chanteur, tout le monde se dandine.

 Les séquences se succèdent mais bien difficile de trouver un fil conducteur dans ces improvisations hasardeuses. Nous quittons la compagnie, en laissant un billet pour leur peine et le cocktail de fruits. Il y aura d’autres séances de travail au cours de la semaine… A suivre

Edith Rappoport

Etape de travail du spectacle vue le 11 août, au Centre Jean Quarré CHU, 12 rue Henri Ribière Paris XIX ème. Présentation le 18 août,  et sur une péniche canal de l’Ourcq, le 19 août. Et ensuite au musée de l’Immigration.

Eclats, Festival d’Aurillac, édition 2018

Aurillac 2018

Eclats, Festival d’Aurillac,  édition 2018

 

Trente troisième édition de ce festival qui va accueillir cette année dix-huit compagnies, avec, à la fois des spectacles dits « de rue » et d’autres plus classiques de théâtre, à l’extérieur comme dans des salles, le jour et une partie de la nuit. Au programme, des compagnies bien connues comme le Théâtre de l’Unité justement avec La Nuit unique (voir Le Théâtre du Blog) qui a été créé  l’an passé et joué notamment aux festivals de Chalon-sur-Saône  et de Villeneuve-lès-Avignon.

Le directeur du festival d’Aurillac, Jean-Marie Songy, a invité comme d’habitude, nombre de remarquables compagnies étrangères (Suisse, Espagne, Brésil, Belgique…) Pas de surprise mais un programme solide aux valeurs sûres avec, entre autres,  la compagnie Carabosse, qui a été en résidence de création au Parapluie d’Aurillac du 5 au 16 mars, et qui présente Par les temps qui courent, un spectacle en forme de carnet de voyages. « « Vivant, collectif et métissé, fruit de nos différents regards et de nos multiples modes d’expression, précise son directeur artistique, Christophe Prenveille. Les «pages» de ce carnet sont créées avec un peintre du monde, des dompteurs d’images, un poète qui caresse les touches noires et blanches, un contrebassiste de haute taille, des sculpteurs de feu, des orfèvres de sons, des acrobates de ferraille précieuse… »

Délices DADA, une compagnie habituée du festival qui confronte la pratique théâtrale avec l’environnement quotidien… Avec Les Quatre Saisons elle a mis en scène un spectacle  lors d’une résidence au Parapluie le printemps dernier,  et où ses créateurs confrontent aussi la pratique théâtrale avec l’environnement quotidien… «Nocturne, musical, teinté d’absurde, intime, non textuel, en fixe mais pas tout à fait, ce spectacle d’extérieur transpose pour saxophones, la musique que les quatre saisons ont inspiré à Vivaldi, y rajoute des voix décalées et met en mouvement une cinquantaine de figurines peintes réactualisant l’imagerie populaire attachée à ces fameuses Quatre Saisons.  » Si on a bien compris, un peu dans l’esprit de la fameuse Fanfare des Grooms.

La compagnie Transe Express reprend, elle, cette belle idée du bal-spectacle populaire qu’avait imaginé il y a quarante ans Jean Claude Penchenat et sa compagnie le Campagnol. Mais ce Cristal Palace, bal au clair de lustre, sera « à la frontière entre un réalisme délirant et un imaginaire inspiré de traditions détournées. Il va transformer la place publique Michel Crespin, (le fondateur du festival décédé il y a cinq ans) en salle de bal.  Un lustre monumental, une piste de danse, un orchestre suspendu, des acrobates, un bar… Et un système de machine propulsera l’orchestre entre ciel et terre. Le public, invité à rejoindre la piste de danse, traversera les époques en dansant, de la valse à la techno. Et la compagnie comme plusieurs autres recherchent huit danseurs amateurs pour participer à des danses de salon  et huit complices pour inviter à entrer dans la danse…

  3615 Dakota une compagnie suisse présentera Bains Publics et plus si affinités« … Avec des petites balnéo-stations destinées à transformer notre quotidien urbain en espaces de bien-être. Une aventure philosophique à vivre en maillot de bain. Le dispositif comprend un sauna (marmotte) un solarium (Sunrise), des douches, une station massage (Cat’s), un jacuzzi, deux jacuzzi-cars, un bain purificateur (Calypso) une cabine d’accueil (Temps perdus), ainsi qu’une station de massage à base de pierres chaudes (Stonehenge).  «Cette opération disent ses créateurs,  peut s’adapter à des zones de grand stress ou de perte de lien social (centres d’accueil de migrants, cités-dortoirs, parking de centre commercial…). Bains Publics veut changer le bien-être en acte politique, et en espace relationnel, pour transformer notre réalité en centre de thalassothérapie.Le « réel » est notre terrain de jeu que nous pensons comme un ensemble de croyances, de récits, et de perceptions collectives sur le monde. Des territoires avec leurs règles, leurs forces et leurs faiblesses. » La compagnie recherche des volontaires pour participer  à ces balnéo-stations.

Il y aura les artistes brésiliens du Desvio Coletivo qui comme 3615 Dakota recherche aussi des volontaires pour faire partie de Cegos, un défilé-spectacle qui propose une réflexion sur notre mode de vie et qui a déjà été beaucoup joué dans le monde: un groupe d’hommes et de femmes, enduits d’argile et les yeux bandés qui marcheront lentement dans les rues d’Aurillac…

 The Legend of Burning Man de la compagnie espagnole Isecto tropics, raconte l’histoire d’un homme dont tout le monde a entendu parler, mais dont personne ne connaît le nom. Un mythe pour des millions de personnes, capable d’enflammer les médias et de déclencher des vagues de révolutions. Mohammed Bouazizi, un jeune Tunisien s’immola par le feu, ce qui provoqua le début de la Révolution du printemps arabe.
Un voyage poétique, sur fond de spectacle multimédia, brutal et explosif visible à 360° et en accès libre Avec une fusion entre théâtre et arts visuels, entre pré-enregistrement, direct et improvisation, entre documentaire et fiction. « Pour tenter de répondre à une grande question de notre époque : si nous sommes tous sur la toile, qui est l’Araignée ? »

Les Chiens de Navarre seront encore une fois à Aurillac avec mis en scène par Jean-Christophe Meurisse, Jusque dans vos bras, un nouvel opus créé l’an passé sur le fameux débat autour de l’identité française. Avec l’évocation de grands noms de l’Histoire comme De Gaulle, Robespierre et Obélix… Se croiseront-ils dans un hammam un dimanche après-midi pour siroter un thé à la menthe et parler de l’identité française ? En quoi doit-on croire, quand on se croit français ? Les Chiens de Navarre ont institué l’improvisation, avec, à la base, un canevas, et jouent en direct, pour le meilleur parfois mais aussi pour le moins bon et déjà vu un peu partout, pour dire une histoire autrement. En tout cas, en maniant avec une grande maîtrise dérision et pugnacité. A suivre donc…

Ejo N’Ejo Bundi (Hier, Aujourd’hui demain, et après demain) dont les créateurs ont recueilli des récits auprès des survivants des génocides du vingtième siècle. Ainsi a pu naître un texte qui s’interroge sur la place de la parole post-génocide dans nos sociétés contemporaines. Au centre, la transmission cette parole essentielle.
La création rassemble des artistes français et  rwandais dont l’histoire personnelle est intimement liée au génocide. En accès libre, ce spectacle se joue dans l’espace public urbain.  D’une salle de classe à un tribunal populaire, un plateau de cinéma, une stèle commémorative, un procès aux Assises,  un quai de gare. D’un radeau de naufragés, à une barricade de la résistance. « Des espaces pour essayer de restaurer, en toute humilité, la fragilité du lien qui unit l’homme à son semblable.De l’intime de la blessure au politique d’un langage collectif. »

 Enfin, dans les Préalables,  sera présenté Le Spectacle des Frères Troubouch dans de petites villes ou villages, et en accès libre à 19 h: le 14 août, à Polminhac; le 15 août, à Jussac et le 16 août, à Maurs. Ces deux hommes ont en commun : réveil, clopes, savon et budget depuis si longtemps qu’on les confond. Frères comme Obélix et Astérix avec, pour sangliers, des vélos. Ils ont aussi une potion magique pour que le gros puisse monter sur le petit qui balance des claques à son frère qui en devient fou.. Ils portent toujours des casques au cas où le ciel leur tomberait sur la tête Ils se parlent, crient, chantent, dansent. A vélo, en faisant  des acrobaties et en interprétant avec humour des chansons, les Troubouch racontent à leur façon l’amour fraternel et invitent le public à partager un barbecue après le spectacle.

On ne peut tout citer de ce festival, très populaire, même si les spectacles en accès libre sont en nombre limité. En marge de sa programmation officielle, le Festival d’Aurillac, accueille aussi plus de six cent compagnies dites de passage, un off qui ne dit pas son non nom. Pas toujours faciles à repérer dans la vaste agglomération d’Aurillac mais où il y a parfois de belles surprises. Avec Stéphanie Ruffier, nous vous tiendrons au courant au jour le jour des spectacles les plus intéressants…

Philippe du Vignal

Le festival Eclats aura lieu du 22 au 25 août. Les Préalables autour d’Aurillac: du 13 au 21 août.
20 rue de la Coste. T. : 04.71.43.43.70, festival@aurillac.net.


Pour la participation de volontaires: T. : 04 71 43 43 70 volontaire@aurillac.net
ATTENTION: consignes Vigipirate: les spectacles commencent à l’heure indiquée sur le programme et il est recommandé de venir au festival sans sacs à dos, valises et bouteilles en verre.

 

Orchestre Symphonique de Bretagne, avec Catrin Finch, Seckou Keita et Alan Stivell

©Candy Morgan

©Candy Morgan

Festival Interceltique de Lorient

Orchestre Symphonique de Bretagne, avec Catrin Finch, Seckou Keita et Alan Stivell

La Galloise Catrin Finch, surnommée «la reine des harpes», est une artiste internationale. Accompagnée ici par le sénégalais Seckou Keita qui joue de la kora, du djembé, et de la harpe à vingt-deux cordes. Ils se sont rencontrés en 2.012, et ont produit un album en commun en 2.013 dont le public lorientais a déjà pu goûter la teneur il y a quatre ans. Songlines Magazine (référent anglais de la world music) leur a décerné le prix de la meilleure collaboration culturelle. Pour ce Festival Interceltique, ils travaillent de nouveau ensemble.

Seckou Keita, tout de blanc vêtu, et Catrin Finch, coiffée de plumes noires moirées qui cache un peu son visage au public. Un conciliabule entre la note blanche et la note noire, profondément ouverts à l’altérité et à un dialogue interculturel. Avec un nouvel album, SOAR qui a, pour leitmotivs, les migrations et les voyages.

Exploration et célébration des différences et parallèles entre mélodies, rythmes, instruments anciens et électroniques, avec une tendance au jazz-rock, même si est préservée ici une facture classique. Un moment musical avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne, profondément à leur écoute. Catrin Finch et Seckou Keita annoncent la présence d’Alan Stivell, à la salle enthousiaste, et on sent la harpiste, aussi émue que lui, l’initiateur des années quatre-vingt et le maître référent de tous les disciples et futurs artistes pratiquant la musique celtique et travaillant à son développement. Quand le chanteur breton entame une complainte, Seckou Keita, lui, en apprenti respectueux de de l’Ancien, joue avec une grande  rigueur de ses instruments.

Alan Stivell chante aussi l’hymne national breton, Bro gozh ma zadou (Vieux pays de mes pères), dont la mélodie s’inspire de l’hymne national gallois Hen wlad fy nhadou,  qu’au final, le public reprend avec lui. Une jolie soirée qui fait se rejoindre des pays éloignés, dans l’évidence d’une ouverture musicale au monde.

Véronique Hotte

Espace Marine, à Lorient, le 10 août. Le Festival interceltique se poursuit jusqu’au 12 août.
En tournée en France à partir de septembre. Naïade Productions World & Traditional music booking agency, 3 rue de Lorraine, 35000 Rennes. T. : 02.99.85.44.04

La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars, mise en scène de Jacques Livchine

La Prose du Transsibérien de Blaise Cendrars, mise en scène de Jacques Livchine

©L'Est Républicain

©L’Est Républicain

En 2005, Hélène Jouvelot avait acheté un bus de transport scolaire pour 30. 000 €, qu’elle a payé à crédit sur ses fonds personnels jusqu’en 2011. Elle le conduit avec maestria mais l’assurance est chère : 1.500 € par an! Elle l’a aménagé en petite salle de spectacles et travaille avec les Cafés solidaires au moins une fois par mois sur les marchés,  avec Emmaüs et un certain nombre d’autres associations. Elle participe au Festival des Mômes, joue des spectacles de marionnettes pour les maternelles comme  A la recherche du Père Noël et organise des voyages mobiles et… immobiles.

Ce jour-là, c’est Via Terra Cultura, une association de H.L.M. à Montbéliard écrasées par le soleil qui l’a invitée. Hélène Jouvelot a installé des chaises longues autour du bus joliment repeint en rouge avec de beaux graffitis sur le côté gauche et  installé à l’ombre. On nous sert un café et de l’eau dont on a bien besoin. Puis on nous distribue des billets de train de première classe et le placement est libre. Nous ne sommes que huit, dont deux enfants assis au fond, mais vite emportés dans les flots de ce poème de Blaise Cendrars qui raconte le voyage d’un jeune homme, dans le fameux train. Le poète va de Moscou à Kharbine, avec Jeanne qui se révèlera être une jeune prostituée. Ce récit poétique  fut écrit après des années de de voyage entre Paris, Moscou et New York par Blaise Cendrars de 1905 à 1912, et  composent le début du recueil Du monde entier au cœur du monde. Un texte nourri de références à l’histoire de  l’écrivain qui en a fait une sorte de récit mythologique personnel.

Jacques Livchine et Lucile Tanoh marchent de long en large dans le bus. » Nous sommes un orage sous le crâne d’un sourd… » Lui, accompagne  les vers  avec son accordéon, et  elle,  interprète Jeanne avec énergie. De nombreux enfants sont assis dans les transats à l’extérieur, et pénètrent dans le bus à la fin de la représentation, éveillés et curieux. L’association sert des boissons, et on parle du spectacle. Hélène dit qu’elle ne bénéficie d’aucune subvention. Et malgré toute la sympathie de ceux qui l’accueillent, elle avoue: «Je m’éclate, mais c’est difficile de vivre ! »
Auparavant, Hélène avait travaillé un an avec l’association Clowns sans Frontières, puis a séjourné quelques mois au Brésil avec l’un des trois Cousins, des clowns renommés qui se sont ensuite séparés. Puis Hélène est rentrée en Franche-Comté, et a notamment participé aux Kapouchniks , un cabaret mensuel très populaire, sur l’actualité par le Théâtre de l’Unité à Audincourt (voir Le Théâtre du Blog).

Hélène Jouvelot a l’intention de retourner en Inde travailler avec des jeunes, et d’y fonder une équipe avec l’aide de la Fondation de France…

Edith Rappoport

Spectacle vu dans le Bus d’Hélène, Coteau Louis Jouvet, à Montbéliard.
Via Terra Cultura. T. : 03 81 34 89 20

Festival Interceltique de Lorient: Femmes du monde celte

julie-fowlis-ccraig-mackayFestival Interceltique de Lorient

Femmes du monde celte

 Trois sensibilités différentes: la Bretonne Marthe Vassallo et son trio Empreintes, la Galicienne Uxia et enfin, l’Ecossaise Julie Fowlis. De grandes dames qui expriment un même attachement à leur terre, à la transmission d’une musique singulière.

 Marthe Vassallo, belle voix de la Bretagne contemporaine, arrive en longue robe noire,  à la fois facétieuse  et intimidée devant le public, et accompagnée de musiciens d’envergure: Jean-Michel Veillon, à la flûte traversière en bois, et Gilles Le Bigot à la guitare. Ils continuent sans relâche leur recherche et leur réflexion sur les sons, les répertoires et les styles, tout en provoquant d’emblée l’émotion de l’auditeur, saisi par l’art de la mélodie, le rythme et la puissance d’une histoire de vie quotidienne paysanne.

Puis la Galicienne, Uxia issue d’une région attachante du Nord-Ouest de l’Espagne, voisine du Portugal et qui a, avec ce pays, une grande proximité linguistique. Elle a rénové la tradition grâce à une connexion entre le monde lusophone et l’Europe, l’Afrique et le Brésil.  Prix national de la musique galicienne 2017, Uxia  est entourée de musiciens originaires d’Espagne, Portugal, Brésil et… Bretagne. Et son pays sera à l’honneur au F.I.L. 2019.

Julie Fowlis, à la voix à la fois claire et profonde, chanteuse écossaise originaire de North Uist, et  se consacre à la musique folk en chantant notamment en gaélique écossais.  Figure de référence de la musique de son pays, elle chante des ballades et des chants de travail gaéliques traditionnels des Iles Hébrides. Le public apprécie quelques morceaux d’Alterum, son dernier et cinquième album : du folk traditionnel au goût intense et enjoué qui inclut aussi l’anglais et le galicien. La Galicienne Uxia la rejoint pour chanter avec celle qui venait d’interpréter des chansons dans le récital de la première. Le public retient avec plaisir le lyrisme profond et l’élan de l’air traditionnel «Me zo ganet e kreiz ar mor » (Je suis né au milieu de la mer)  de Julie Fowlis dans sa traduction en gaélique.

Un final somptueux de vie, de rythme et de pureté à la fois instrumentale et vocale, pour ces Femmes du monde celte.

 Véronique Hotte

 Grand Théâtre de Lorient, le 9 août. Le Festival interceltique se poursuit jusqu’au 12 août

Vingt-cinquième festival des arts de la rue à La Chaux de fonds (Suisse)


Vingt-cinquième festival des arts de la rue à La Chaux de fonds (Suisse)

Manu Moser organise depuis longtemps ce festival International de Théâtre de rue avec cette année plus d’une d’une centaine de pièces dans cette jolie ville,  et plusieurs milliers de spectateurs… Des bénévoles collectent les dons… bien utiles pour compléter les subventions. L’inauguration officielle se fait dans la rue autour de discours simples et d’un buffet. Manu Moser annonce que l’ancienne présidente de l’association est devenue Présidente de la Suisse et que la ville a retrouvé sa prospérité !

Riez sans modération par la compagnie Réverbère

C’est un spectacle qui a beaucoup été joué depuis sa création en 2004, et que l’on pourrait qualifier de jonglerie burlesque. Un bonimenteur envoie une balle avec sa bouche, son comparse la rattrape avec la main et lui renvoie. On le fait asseoir dans le  fameux fauteuil d’Emmanuelle, une poupée Barbie à la main, qu’il va fouetter. Plusieurs numéros se succèdent  et les artistes font porter les barrières aux spectateurs. Le bonimenteur porte  une barrière en équilibre sur sa bouche, et munit le public de grandes cannes à pêche, un enfant lance son diabolo qu’il rattrape. Vingt-cinq ans sans l’aide de l’Etat », dit-il,  et tout le monde doit mettre les bras en l’air…

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Pelat de Joan Català

L’artiste arrive, seul, avec un lourd poteau qu’il porte sur l’épaule  et un seau en zinc. Dans ce solo plein d’humour, inspiré des fêtes catalanes  autour du mât de cocagne, il installe  ce poteau qu’il fait tenir debout grâce à quatre spectateurs qu’il a soigneusement choisi. Il leur conseille des positions, leur attache des cordes à la taille, les fait s’éloigner aux quatre coins, les fait chanter et moduler leurs voix. On se tape sur l’épaule, on se tient par la ceinture, on se penche en arrière, chacun prend une corde, s’y attache. L’animateur lance une chorale dans le public, entasse trois spectateurs derrière les porteurs, monte au sommet du poteau, où il se tient debout. Dans un silence absolu des participants recrutés et du public. Une performance impressionnante qui  a valu à Joan Català, des  applaudissements chaleureux.

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Le Hamster,  ce tyran qui fait la roue tout le temps, spectacle de la compagnie du Myocarde,  librement inspiré des ouvrages du Dr Serge Marquis, texte et mise en scène de Charlotte Garet, musique et son de  Roman Gigoi

Interprétés par Annabelle Hanesse et Elouan Hardy, un homme se frotte les mains, et une femme se concentre : »Je vous propose un exercice de respiration. Relâchez toutes les tensions. Je vous prose de fermer les yeux ». Est-ce que certains manquent d’harmonie ? On peut être heureux en huit jours ! » Il nous montre des photos sur son téléphone portable, il se met un seau sur la tête, «Je voulais être le canard de Suez ». Elle court tout autour, « Allez y c’est ça , je ne sers à rien (…) c’est le plus grand risque de l’existence ! » On leur demande de tuer leur hamster. Réponse: «Jette l’ordinateur qui demande de tuer le hamster ! »
Un spectacle insolite…

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Edith Rappoport

Spectacles vus le 6, 7 et 8 août, Plage des Six Pompes, La Chaux-de-Fonds (Suisse)jusqu’au 11 août. T. : 41 32 967 89 95.

Riez sans modération:  le 17 Août  à l’Ile d’Aix (17) ; le 29 août  à  Poitiers (86);  le 31 août  à Melle (79) . Le 1 septembre  Saint-Secondin (86) . Le 2 septembre à Dinard (35) ; le 7 septembre  à Cazaux (33).

Festival Interceltique de Lorient: Denez Prigent avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne

 

Festival Interceltique de Lorient

 

Denez Prigent avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne.

 

D849FCDD-997C-464B-941D-DED68FD83651Depuis ses vingt ans, Denez Prigent a reçu le soutien du Festival Interceltique de Lorient, où il a pu chanter l’une des premières fois devant un large public. Cultures celtiques et cultures du monde attiraient déjà le barde breton. Jouer maintenant avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne lui apporte des sensations de liberté, et Lory, grande connaisseuse des musiques traditionnelles de Bretagne a composé les parties cordes de ce concert.

 Avec une voix traînante claire, et résonante, Denez Prigent se consacre à l’art de la Gwerz, forme colorée des airs du monde entier. Et ici, les couleurs symphoniques s’accordent, grâce à ses compositions sombres,  avec l’imaginaire breton. Interprète de Kan Ha Diskan à lui seul, avec des chansons enjouées et rythmées, comme des Gwerz émouvantes, Denez Prigent vient de sortir un nouvel album, Mil Hent-Mille chemins. Soit un parcours de trente années de musique.

Il commence ici par un chant a cappella, et poursuit par des musiques électronique et acoustique d’inspiration bretonne sur des instruments venus d’ailleurs. Dans une synthèse des expériences qu’il a vécues. Le monde poétique du chanteur se situe dans la nuit des forêts, entre fontaine sacrée et manoir ancestral où la jeune fille aimée qu’on doit bientôt épouser est happée par une mort précoce, et échappe à son amant qui trouve une parade : il demande qu’on l’enterre avec la belle défunte pour un vrai mariage!

Une jeune fille encore aime trois jeunes gens sans pouvoir accorder sa préférence à un seul. Du coup, elle donne patiemment la mort aux trois garçons, se sentant libre enfin de ne plus choisir quiconque et refuse ainsi de trahir les deux autres. Humour et facétie : une distance que l’on prend avec les aventures malheureuses. Mysticisme et âpreté d’une vie souvent  empreinte de douleurs d’où surgit encore davantage le sentiment aigu d’exister: Denez Prigent a fasciné le public de Lorient. Avec ses musiciens (vent, violon, guitare, percussions et contrebasse), Denez Prigent  et l’Orchestre Symphonique de Bretagne, nous emportent avec force dans des contrées de rêve.

 Véronique Hotte

 Espace Marine, Lorient, le 7 août. Le Festival Interceltique se poursuit jusqu’au 12 août

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