Ersatz de et par Julien Mellano

 

Ersatz de et par Julien Mellano

Dans le cadre de Retrouvailles au Nouveau théâtre de Montreuil

Ersatz de Julien Mellano création 2018

©Julien Guizard

Le spectacle proposé pour cette réouverture de quelques jours, malgré son titre, n’a rien d’un ersatz (en allemand : objet de remplacement). On redécouvre ici un talentueux manipulateur d’objets et membre du collectif d’artistes rennois AÏE AÏE AÏE. Nous avions déjà apprécié son Nosferatu au théâtre Mouffetard, il y a deux ans (voir Le Théâtre du blog)

 Seul devant une table lumineuse, avec, pour tout compagnon, un fémur humain, Julien Mellano a l’air d’un conférencier guindé mais ne prononcera pas une parole. A peine bouge-t-il que le moindre de ses gestes résonne étrangement, à la manière d’un robot mal lubrifié. Amplifiés par un dispositif sonore, sa mâchoire grince, ses vertèbres et poignets craquent, ses déglutitions deviennent des cataractes stomacales…

 De son pupitre, il extirpe des objets qu’il assemble méticuleusement: une boîte de carton devient un ordinateur ;  un cerveau en ficelle, une souris. A partir de découpes en carton, d’autres savants dispositifs prennent forme sous ses doigts habiles, clignotent et mêmes fument… Dérisoires copies d’objets virtuels de notre quotidien… ou de notre futur.

 Metteur en scène et scénographe, cet astucieux bricoleur, dont les créations s’inscrivent au croisement du théâtre et des arts plastiques, dit s’inspirer « des questions que soulèvent l’idéologie transhumaniste, la cybernétique, l’intelligence artificielle ». Quel avenir nous réservent les techno-sciences,  aventure à la fois fascinante et angoissante ? Face à ces inquiétudes, il se penche sur les racines de notre humanité. Le masque qui le téléporte sur une autre planète aura tôt fait,  grâce à quelques manipulations, de se transformer en tête de singe. Qu’il coiffera… Ainsi revenu à nos premiers ancêtres, il allume un petit feu et brandit son fémur. Image finale émouvante qui rejoint l’épilogue de 2001 Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Ersatz met gentiment en boîte nos angoisses devant une déshumanisation programmée. Ce solo à la fois rigoureux et réjouissant, après son succès dans le Off d’Avignon l’an dernier poursuivra une tournée au long cours. Les retrouvailles avec le Nouveau Théâtre de Montreuil, histoire de se dé-confiner, se poursuivront du 3 au 11 juillet avec quelques concerts sur le parvis du théâtre.

 Mireille Davidovici

 Spectacle vu le  27 juin  au Nouveau Théâtre de Montreuil, 10 place Jean Jaurès, Montreuil (Seine-Saint-Denis) T. : 01 48 70 48 90.

Les 8 et 19 septembre, La Halle aux Grains-Scène Nationale de Blois  et du  22 au 24 septembre,  Festival Titirimundi de Ségovie (Espagne).

Du 14 au 18 octobre, Théâtre de la Marionnette à Genève (Suisse).

Le 8 décembre, Le Lux-Scène Nationale de Valence (Drôme) et du 10 au12 décembre, Théâtre Nouvelle génération, Lyon  (VIII ème).

 

 


Archives pour la catégorie critique

Les 3000, textes de Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt et Hakim Djaziri

 Les 3000, textes de Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt et Hakim Djaziri

Photo Benoît Pouvreau © Département de la Seine-Saint-Denis

Photo Benoît Pouvreau © Département de la Seine-Saint-Denis

Une lecture d’une série théâtrale en dix épisodes d’un homme qui a grandi dans un quartier difficile: la Rose des Vents à Aulnay-sous-Bois, dit  aussi Les 3000. 
Adolescent, il  éprouvera, et plus que de raison, la violence, le reniement, le communautarisme et l’embrigadement religieux. Puis il aura des problèmes avec la Justice et finalement, se dégoûtera de de la France.  Un malaise social dû à l’isolement, à la frustration, mais aussi à la peur, à l’impuissance : cause de ruptures identitaires observables et observées…

Désaxé au Théâtre du Train bleu  Photo F. Vila

Désaxé au Théâtre du Train bleu
Photo F. Vila

Hakim Djaziri est depuis dix-sept ans, comédien, auteur et metteur en scène. Il a fondé la compagnie Teknaï, un collectif d’artistes à Aulnay-sous- Bois. En pratiquant le théâtre celui qui ne « se trouvait » pas, a  découvert le trésor des différences culturelles  et celui de l’expression des sentiments. Il a créé Désaxés, un spectacle mis  en scène par Quentin Defalt qui a  marqué les esprits.  Créé en février l’an passé au Festival Oui ! de Barcelone, il a été repris au festival d’Avignon  au Théâtre du Train Bleu. L’auteur y fait le récit de sa jeunesse : rupture identitaire, quête de sens et attrait pour le djihadisme,  avec des parcours hasardeux qui auraient pu être évités. Au-delà d’un bel éloge rendu à la famille, ce témoignage sur une communauté pose la question de l’identité des jeunes qui s’engagent.

Comme l’a écrit Kamal Daoud, dans Le Peintre dévorant la femme : « L’Occident est donc un nu, il est nu. Abdellah voudra le convertir à la voie juste et à la volonté de son dieu, le rendre décent, lui faire avouer le crime d’avoir voulu convertir ceux qu’il a dominés par ses modes sanguinaires durant les colonisations. C’est le mouvement inverse des trois derniers siècles : le missionnaire n’est plus l’Occidental qui veut convertir les barbares, les « autres » ; mais l’Autre qui débarque chez l’Occidental et veut le convertir au nouveau Dieu colérique. L’Occident n’est plus une expansion mais une rétraction. Il n’est plus ordonnateur mais sommé. »

Cette série théâtrale  approfondit le travail sur cette jeunesse, « dévoilant » franco de port : le racisme, la place des femmes dans les quartiers populaires, l’homophobie, les dérives islamistes… Une expérience amère… quand on a la sensation de ne plus appartenir à la société…  et advient une cristallisation maudite des tensions et blessures ! Auteur et metteur en scène se sont immergés dans le quartier des 3000  en janvier dernier pour  se confronter à sa réalité socio-économique et culturelle. Cela donnera naissance à une série théâtrale en dix épisodes de vrais destins, dix portraits, dix histoires vraies : une occasion de cerner les mécanismes qui subvertissent et dénaturent les liens.

Ainsi est mise en lumière la parole de ces «oubliés de la France » dont le parcours est peint sans manichéisme, sans moralisation, ni partialité, après un travail de cinq ans.  Ces « oubliés » ont tous un point commun : ils se rencontrés au moins une fois. Deux épisodes seront créés par an et en même temps. Mis en scène par Quentin Defalt et l’autre par Hakim Djaziri:  chacun pour cinq épisodes. La cité des 3000 est le territoire commun où chacun des protagonistes passera un jour ou l’autre. Les acteurs joueront au moins deux épisodes et ceux qui seront créés chaque année seront présentés au public en exclusivité au Théâtre Jacques Prévert d’Aulnay-Sous-Bois  (Seine-Saint-Denis). 

Les 3.000 – épisode 1 : Ammar, la transmission sacrifiée, texte et mise en scène d’Hakim Djaziri

FF77FC99-FC93-4CCA-AF40-ED590A7DF78CAmmar a grandi en Algérie dans une famille traditionaliste comme toutes les communautés qui y vivent. Adulte, il s’émancipera en devenant haut fonctionnaire. Il rencontre sa femme Zohra avec laquelle il a une relation heureuse. Ils auront deux enfants mais la guerre civile algérienne des années 90, les forcera à s’exiler en France : « On ne peut plus vivre ici. On observe le monde tel qu’il est, dur, âpre ». Fini l’insouciance, le bien-être et les paysages oranais ! La famille emménage en plein cœur de la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois. Une bascule sociale difficile : Ammar sera obligé d’aller vendre des vêtements sur les marchés… Il a subi la guerre civile et a fui la violence mais il la  retrouvera dans les banlieues-ghettos : un « territoire oublié de la République où s’entasse la misère du monde ». Et Malik « a la haine » quand il voit son père écouler ses stocks sur un marché du Blanc-Mesnil : il estime qu’il se dégrade et se mésestime…

Alors commence pour la famille, un long et difficile chemin vers l’intégration. Les sacrifices consentis par Ammar pour offrir un avenir heureux aux siens, ne seront pas récompensés : son aîné sombrera dans l’extrémisme religieux que lui et sa femme ont tant rejeté… La vie d’Ammar va basculer et il se lance alors à corps perdu dans la bataille la plus difficile de sa vie : sauver son fils du radicalisme…

Hakim, le fils, pourrait être l’un de ces jeunes gens qui, rejetés, préfèrent s’opposer : « Vaniteux et se cherchant de nouvelles parentés. Tout le problème de son genre est qu’il n’a pas une histoire. Une histoire à laquelle s’adosser, dans laquelle il pourrait puiser des variantes, un mythe pour sa vie, une croyance. Il n’a aucun récit valable pour sa vie et sa mort et son corps. Il ne peut pas s’insérer dans un conte ou une narration, un roman, un feuilleton. Il ira donc se proposer à la théo-fiction de son époque. Se prétendre porteur d’u ordre ou d’une mission pour corriger le monde autour de lui, s’offrir un suicide collectif qui atténuera le sien propre. » (Kamel Daoud, Le peintre dévorant la femme.)

Donner un sens à sa mort,  à défaut de pouvoir  donner un sens à sa vie. Hassam Ghancy et Leïla Guérémy forment un couple parental apaisé, des référents à la dignité émouvante, qui se soucient des leurs et des autres. Eliott Lerner joue les compagnons de jeu et les conseillers pédagogiques. Joël Ravon incarne plutôt les figures tutélaires d’autorité. Hakim Djaziri lui entre à plaisir dans un rôle de jeune subversif, et Vanessa Callhol apparaît à la fin, ponctuant l’épisode avant d’initier le second. Un récit mis en lumière par une lecture incisive et une parole engagée, avec une volonté d’en découdre  pour convaincre le public.

Les 3000 – épisode 2 Audrey, le carnet d’abîmes d’une convertie, d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defait.

©REUTERS/Benoit Tessier

©REUTERS/Benoit Tessier


A la maison d’arrêt de Versailles, Audrey est assaillie par ses pensées. Elle revoit son enfance à Ambeyrac, un petit village aveyronnais de 180 habitants, dans une  grande maison familiale où elle a grandi entourée de ses parents et ses dix «frères et sœurs » de la D.A.S.S. Elle revoit leur divorce, son déménagement à Lyon, son incapacité à s’accoutumer à une nouvelle vie, son mal-être et sa rencontre avec l’islam qui lui offre, un temps, la paix qu’elle cherchait.

Le château d'Ambyerac Photo X

Le château d’Ambyerac
Photo X

Audrey va finalement basculer dans la radicalisation après avoir rencontré Maeva, une « marieuse » pour la cause de Daesh. Ce qui la fera embrasser l’idéologie mortifère portée par l’extrémisme islamiste. A la croisée des chemins, Audrey va céder à la haine et devient djihadiste mais ne peut se résoudre à être une de ces « houris », ces très belles femmes destinées par le Coran aux musulmans fidèles qui accéderont aux Paradis.

Citons encore Kamal Daoud, (Le Peintre dévorant la femme). « La maladie, la pathologie, c’est quand on inverse l’ordre de la quête dans les récits. C’est alors que l’amant, pour pouvoir jouir, tue la femme, détruit le château, se transforme en monstre, casse la couronne de l’homme et défenestre ses enfants, juste pour accélérer le temps, encourager le néant à faire table rase et à précipiter le Jugement dernier. Ainsi, assouvi, il ira jouir non de l’amour, mais de son émiettement en butins et esclaves dans le Paradis. Ce n’est plus une quête, c’est un mercenariat ! L’érotisme retombe dans l’ordre de l’obéissance à un Dieu et perd son panache… »

Photo X

Photo X

Le public voudrait en savoir plus mais devra attendre la suite de cette série…Vanessa Cailhol est une Audrey lumineuse, jeune fille de son temps, paradoxalement décidée et insatisfaite, énergique, habitée par sa foi authentique, pour la vie d’abord, malgré son incapacité à en cerner les contours. Vanessa Bettanne joue la mère et les amies- musulmanes modérées ou extrémistes – de sa fille, avec justesse. Florian Chauvet incarne tous les jeunes gens :  ami, époux, ennemi…  avec élan, et assurance. Ces deux premiers épisodes des 3000 ont un rythme tendu, et dialogues et commentaires acérés font mouche.

 Véronique Hotte

Spectacle vu au Théâtre 13/ Seine, rue du Chevaleret, Paris (XIII ème)  le 2 juillet.

Création des autres épisodes :

Le n°3 : Souleymane – 2005, au cœur des émeutes,  texte et mise en scène d’Hakim Djaziri  et le n° 4 : Safiah – l’émancipation d’Hakim Djaziri, mise en scène de  Quentin Defalt : juin 2022.

Le n°5 : Nassim – l’engendrant égaré d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt et le n°6 : Karina-première imam de France , texte et mise en scène d’Hakim Djaziri : juin 2023.

Le n°7 : Honoré – De la rue au soufisme, texte et mise en scène d’Hakim Djaziri et le n° 8 : Sarah – le dernier combat d’une boxeuse d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt : juin 2024.

Le n°9 : Yahia – l’héritage d’une éducation genrée d’Hakim Djaziri, mise en scène de Quentin Defalt  et le n°10 : Zohra -l’histoire de mère courage, texte et mise en scène d’Hakim Djaziri : juin 2025.

 

 

 

Race et Théâtre/Un Impensé politique de Sylvie Chalaye


Livres et revues:

Race et Théâtre/Un impensé politique de Sylvie Chalaye

shapeimage_1Pourquoi les scènes en France ne sont-elles pas le reflet chromatique de la société ? Pourquoi les comédien.ne.s noir.e.s sont-ils si peu distribué.e.s ? Les rôles se définissent-ils par la couleur de la peau ou par le talent de l’acteur ? Les artistes non blancs se sont engagés, depuis une vingtaine d’années, dans plusieurs actions pour faire entendre les préjugés et le racisme dont ils sont victimes. L’an passé, des manifestants ont empêché la compagnie Démodocos dirigée par l’helléniste Philippe Brunet, de jouer Les Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne, en raison d’une mise en scène qu’ils trouvaient « racialiste»: les Danaïdes y étaient représentées par des comédiennes blanches  qui portaient des masques noirs…

Sylvie Chalaye, anthropologue et historienne des représentations de l’Afrique et du monde noir dans le spectacle, aborde ces épineuses questions en les situant dans un contexte  sociétal, historique et politique : « Être racisé ou ethnicisé, c’est être réduit à sa couleur de peau et assigné au rôle du Noir, de l’Africain. C’est aussi être exclu du récit national.» (…) «Comme si les indépendances avaient suscité l’amnésie d’une histoire commune. » Il faut d’abord revenir un peu en arrière et on a oublié, entre autres exemples, qu’en 1952, Jean Vilar engageait pour jouer Sganarelle Daniel Sorano, métis franco-sénégalais (photo ci-contre) et que Jean-Marie Serreau, adepte d’un théâtre babélien,  intégra des acteurs de toute origine et monta Homme pour Homme de Bertolt Brecht avec Bachir Touré. Roger Blin confia le rôle de Dom Juan au Guadeloupéen Robert Liensol. Mais, note Sylvie Chalaye, dès les années soixante-dix, avec la montée du nationalisme, l’acteur noir se met à incarner l’immigré, l’étranger et commence à “faire signe“ dans les distributions.

On laisse aussi entendre comme Jean-Pierre Miquel, alors directeur du Conservatoire National d’Art Dramatique! Que les acteurs non-blancs n’ont pas d’avenir dans le paysage français. Seuls, Peter Brook, un Anglais, et Bernard-Marie Koltès font exception. Face à cette fermeture, Pierre Debauche créera en 1984, le festival des Francophonies de Limoges, ouvert aux théâtres d’Afrique et d’Outre-Mer. Avec le danger que les espaces francophones comme la Chapelle du Verbe incarné, au festival d’Avignon off, deviennent des “enclos“, des « entre-soi d’à-côté “…

Autre aspect : l’acteur noir doit assumer la figure de l’étranger, de l’Autre (souvent maléfique), mais il aussi une aura héritée, malgré lui, de l’Histoire coloniale et cela peut aveugler les spectateurs qui ne voient plus que le Noir, et non l’acteur. « Quand serons- nous banales? » demande la comédienne Aïssa Maïga qui joue dans Noire n’est pas mon métier* : «Je suis née en France, je suis Française. Mais j’ai conscience, quand j’interprète un personnage de Racine, Corneille ou Molière, que cela brouille les spectateurs qui se demandent pourquoi je suis là. » Pourtant, les héroïnes noires ne manquent pas : Phèdre, Andromaque ou Cléopâtre… Seulement, il n’était pas envisageable alors de les porter à la scène dans leur altérité. Pour  Sylvie Chalaye: «Quand on ne voit que le Noir, c’est l’acteur qu’on assassine ». La carnation n’est pas l’incarnation et il faudrait faire abstraction de la couleur.  Mais cela est-il possible ?

 Le chapitre Le Blackface ou l’invention du nègre-spectacle aborde la pratique, issue d’une tradition clownesque raciste aux Etats-Unis qui consiste à  grimer de noir des acteurs blancs pour caricaturer les esclaves qui se divertissaient dans les plantations en imitant les Blancs : «Non contents de s’approprier une forme artistique, les Blancs la détournaient et n’en ont retenu, ni la portée satirique, ni le caractère subversif. » Aujourd’hui, cette mascarade, condamnée aux Etats-Unis et en France, est très mal perçue par les acteurs et le public afro-descendants. Pour eux surtout, travestir un acteur blanc en Noir est une aberration et mène à une désappropriation de leur propre histoire.

Dans le chapitre Sortir de l’enclos, l’auteure souligne qu’au XXI ème siècle, le public a changé. Il serait temps en effet que le théâtre reflète mieux la société, dans et pour laquelle il exerce. Il doit  s’ouvrir à la diversité sur les plateaux mais aussi en dehors, en employant des auteurs,  artistes et salariés «issus de la diversité». Et, bien entendu, il faut qu’il aille vers de nouveaux publics. Il y a du pain sur la planche! Mais ce livre se veut optimiste: «Penser la race au théâtre, ce n’est pas chercher à ne pas la voir, c’est désapprendre à l’identifier pour mieux apprendre à jouer ensemble autrement et à déjouer les imaginaires coloniaux qui se sont construits sur son invention. » Il y a visiblement encore du chemin à faire: le monde du théâtre a une responsabilité dans la fabrication des stéréotypes et cet ouvrage peut aider à les éliminer. Sylvie Chalaye fait le tour d’une question complexe et, le théâtre étant «un miroir tendu au monde », cet essai alimentera sans doute une réflexion plus globale…

 Mireille Davidovici

Le livre est publié par Actes Sud-Papiers (2020). 16 €. (disponible en livre numérique).

*Noire n’est pas mon métier d’Aissa Maïga est édité aux éditions du Seuil (2018).

Les déconfinés parlent aux déconfinés (suite)

 

Les déconfinés parlent aux déconfinés

 

Catherine Guizard, attachée de presse: 

 -Comment avez-vous vécu ce « problème douloureux », comme disait autrefois Monseigneur Marty, archevèque de Paris?

 -Difficilement! Je pense à toutes les équipes de théâtre avec lesquelles je travaille et à aux perspectives  que nous avions pour mars, avril et mai.  Avec, entre autres exemples, ce Tramway nommé désir  que vous aviez aimé ( voir Le Théâtre du Blog). Le spectacle a connu un beau succès et les représentations devaient se poursuivre jusqu’au 12 avril. Et on a vu une baisse régulière de la fréquentation puis l’arrêt obligatoire des spectacles  comme Un Espion au Théâtre de l’Athénée qui avait commencé le 4 mars.

-Les conséquences pour les petites salles parisiennes doivent être redoutables?

-Oui, c’est gravissime. Trouver des créneaux pour reporter des spectacles continue à friser l’impossible puisque cela implique la disponibilité des acteurs et les répétitions qui  ont été plus que difficiles en ces temps de confinement. Comme le Théâtre Essaïon ou  la Manufacture des Abbesses, se pose la question du loyer! Un impératif catégorique pour les directeurs de tous les petits lieux…

 -Et votre travail?

-Sans perspectives, du moins à l’heure actuelle…Je suis salariée comme Nadège,  l’administratrice de notre association et nous bénéficions du chômage partiel à hauteur de 35%.

- Et le festival off d’Avignon comme les autres manifestations d’été?

-La situation n’est pas plus brillante. Un exemple entre autres:  la création d’Alain Timar au Théâtre des Halles  sera remise à plus tard, puisque le in est annulé, le off ne peut être programmé. Dans une petite entreprise comme la nôtre, le chiffre d’affaires est fondé sur les festivals d’été comme par exemple: Grignan, le off d’Avignon, Parades à Nanterre et la trente cinq cinquième édition d’Humour & Eau salée à Saint-Georges de Didonne près de Royan safe_imagequi lui est bien maintenu début août, avec quarante représentation et quelque 8.000 spectateurs attendus.

-Une petite parole d’espoir?

-Essayer d’être au maximum bienveillants les un envers les autres. Mais une chose est sûre: il y aura un avant et un après et les cartes dans tout le milieu du spectacle seront rebattues…

 

Notes de lecture de Georges Perros

En  cette période exceptionnelle où le Ministère de la Culture invite à participer à l’initiative: Culture chez nous, l’Association Jean Vilar a souhaité continuer à mettre en valeur et à partager les trésors que conservent les archives de la Maison. Et elle a proposé de découvrir ou de relire les notes de lecture que Georges Perros écrivait pour Jean Vilar. De 1951 à 1963, l’écrivain Georges Poulot, devenu ensuite Georges Perros était lecteur au Théâtre National Populaire installé à l’époque à Chaillot.

Georges Perros auto-portrait

Georges Perros : auto-portrait

Ami inséparable de Gérard Philipe, il fut d’abord comédien et pensionnaire à la Comédie-Française, avant d’abandonner le plateau pour l’écriture. Il lira ainsi  pendant douze ans les nombreux manuscrits adressés à Jean Vilar et lui transmettait des notes de lecture… Un aspect moins connu de ce poète dont Isabelle Chevallier avait monté récemment à Bordeaux une adaptation de Gardavu (voir Le Théâtre du Blog).

On peut  lire Lectures pour Jean Vilar de Georges Perros,  préface de Jean-Pierre Nedelec, éditions Le temps qu’il fait (1999) et la totalité de ses Oeuvres (hors sa correspondance)  dans la collection Quarto Gallimard  (2017).

 

Philippe du Vignal
 

Maison Jean Vilar, 8 rue de Mons, Avignon (Vaucluse). accueil@maisonjeanvilar.org

 

 
 

Quelques petits cadeaux à saisir (suite)

 

Quelques petits cadeaux à saisir (suite)

 La Révolte de Villiers de l’Isle-Adam, mise en scène de Salomé Broussky

Dans cette une pièce (1870)  une pièce cruelle un couple au dialogue des plus incisifs sur l’émancipation féminine. Créée en  1870), elle avait fait scandale à l’époque et retirée de l’affiche  cinq jours après la première…  La Révolte a été souvent mise en scène, notamment par Marc Paquien puis par Charles Tordjman ( voir Le Théâtre du Blog).

Enfin par Salomé Broussky au Théâtre des Déchargeurs il y a trois ans  avec Timothée Lepeltier et Sarah-Jane Sauvegrain, puis dans le off à Avignon. La pièce n’a rien perdu de sa modernité, malgré quelques longueurs. Elisabeth à son mari :  « Remettez-vous. À cause de cette nature malheureusement exceptionnelle peut-être, mais qui était en moi et dont personne ne daignait tenir aucun compte, voyez-vous, monsieur, si les autres ne sont pas dupes des mots, moi je ne suis pas dupe des faits ! »47e6329cbfe7fa1f42d67515e2ea6972a28316592c18076618896e263b6f542a

Cela se passe dans un milieu de la haute bourgeoisie:  Élisabeth,  l’épouse de Félix,  un  banquier cynique, tient ses comptes depuis plus de quatre ans. Très forte en affaires, elle a réussi à tripler sa fortune Mais un soir, elle se révolte et quitte son mari. Anéanti par cet abandon auquel il ne s’attendait pas du tout….   Elisabeth a décidé d’aller vivre part enfin selon ses principes. Mais quelques heures après, elle reviendra elle aussi anéantie! Lucide, elle a vite compris qu’elle ne pourrait jamais suivre l’idéal auquel elle croyait….« Tant qu’il y aura de la poésie sur la Terre, proclame Félix, les honnêtes gens n’auront pas la vie sauve ». Accablée et méprisante, elle répond juste: « Pauvre homme”.

Captation intégrale du spectacle sur vimeo .

Quelques petits cadeaux à saisir (suite et non fin…)

 

Quelques petits cadeaux à saisir (suite et non fin…)

Le Musée du louvre

« En cette période très particulière où plus que jamais nos esprits sont à l’affût d’évasion, dit Jean-Luc Martinez, le Président-directeur du Musée du Louvre, vous pourrez retrouvez des contenus en ligne pour petits et grands, renouvelés chaque mercredi pour continuer à découvrir la richesse de notre musée et de ses œuvres . »
Nous n’avons pu tout voir mais il y a quelques minutes succulentes comme ce Cours d’histoire de l’art avec un déchiffrage de combats de héros homériques peints sur des vases grecs. Le conservateur  malgré une gestuelle un peu appuyée et une mise en scène pompeuse, en donne une lecture tout à fait passionnante.220px-Detail_Niobid_Painter_Louvre_G343
Vous pouvez aussi vous initier aux couleurs du Moyen-Age avec le grand spécialiste Michel Pastoureau, voir les œuvres incontournables des collections, et les chefs-d’œuvre méconnus de ce grand musée,  faire une visite virtuelle de l’exposition Figure d’artiste…

Mais aussi une réalité virtuelle en tête à tête avec la Joconde. Et pour les enfants, Les Contes animés du Petit Louvre et le magazine Le petit Ami du Louvre.

Bref, de quoi occuper vos soirées, au lieu de regarder une mauvaise captation d’un pas très bon spectacle ou des pseudo-créations que les théâtres essayent à tout prix, en ces temps de disette, de nous refourguer pour manifester leur présence…

Philippe du Vignal

#LouvreChezVous

 

 

 

Et l’après confinement? La Danse se rassemble

Et l’après confinement? La Danse se rassemble

Dans toutes les disciplines artistiques, les lignes bougent et à Chaillot, aura lieu une journée de réflexion sur la place de la danse dans la société.  Comme les autres, elle  a été en effet sévèrement frappée  et de nombreuses petites compagnies se trouvent déstabilisées.

Comment rebondir après une telle épreuve ? Danseurs, chorégraphes, directeurs de salles, d’écoles et de ballets sont conviés à une journée de réflexion le samedi 21 novembre 2020 à l’initiative de Chaillot-Théâtre national de la Danse.

Ce sera aussi les cent ans du Théâtre National Populaire, fondé par Firmin Gémier (1869-1933) et dirigé ensuite de façon remarquable par Jean Vilar (1912-1971) qui a aussi créé le festival d’Avignon il y a soixante-quatorze ans… ce que les jeunes gens d’aujourd’hui ne savent pas toujours…

Gérard Philipe et Jean VilarCette journée est conçue et réalisée avec News Tank Culture, média indépendant d’information sur la culture, avec toutes les équipes de Chaillot-Théâtre national de la Danse. Un beau pari sur l’intelligence collective, l’esprit de solidarité et de dialogue….

Philippe du Vignal

Le samedi 21 novembre de 9h à 18h à  Chaillot – Théâtre national de la Danse, 1 place du Trocadéro, Paris (XVIème)

Quelques petits ou grands cadeaux à saisir (suite et pas fin)

Le Théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe

Cette semaine trois pièces du célèbre dramaturge sicilien Luigi Pirandello, très bien mises en scène par Stéphane Braunschweig : Vêtir ceux qui sont nus, Six personnages en quête d’auteur et Les Géants de la montagne.
On peut aussi découvrir une captation de Bérénice de Jean Racine, mise en scène de Célie Pauthe, créée au Centre Dramatique National de Besançon Franche-Comté en 2018 et présenté aux Ateliers Berthier à Paris. Une réalisation pas vraiment convaincante mais où excelle Mounir Margoum dans le rôle d’Antiochus…

 

Et normal-crop-154x154-1464sur la Scène Imaginaire de France-Culture dans la série des grands entretiens menés par Arnaud Laporte à l’Odéon, le grand metteur en scène polonais Krzysztof Warlikowski. Cette émission a été enregistrée en public à l’Odéon-Théâtre de l’Europe en  2016.

A voir sur:  Théâtre et canapé

 

Le Théâtre du Soleil

Sur  Viméo, vous pouvez  en ce moment voir ou revoir le film Molière, et le très fameux 1789

1789

1789

grâce auquel le Théâtre du Soleil acquit une renommée internationale. mais aussi Le Dernier Caravansérail (Odyssées), Les Naufragés du Fol Espoir avec des bonus, L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge (version khmère), Tambours sur la digue, Les Éphémères… Et des documentaires comme Ariane Mnouchkine, l‘aventure du Théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine au pays du théâtre…

Et  sur le site du Théâtre du Soleil, il y a aussi des extraits d’autres spectacles, des vidéos sur les coulisses des tournages, des entretiens. Le tout issu de son fonds propre d’archives mais aussi grâce à celui de la B.N.F.  et à  son partenariat avec l’I.N.A.
Voilà une bonne occasion de remonter un peu le temps et de s’initier à tout un pan de l’histoire du théâtre contemporain depuis 1964, avec l’aventure d’une compagnie aussi mythique qu’exemplaire. Elle investit les ateliers d’une ancienne cartoucherie à Vincennes; firent partie du Théâtre du Soleil des acteurs comme, entre autres: Philippe Caubère, Jean-Claude Penchenat, Mario Gonzalez, Georges Bigot, Simon Abkarian, Philippe Léotard… et le très remarquable scénographe Guy-Claude François.


Philippe du Vignal
Viméo
https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/la-galerie-multimedia/en-videos/spectacles

Le Théâtre vivant

 

 Le Théâtre vivant

medias_file_w600_h600_PHO1_600 Mais que nous manque-t-il du théâtre, après tous ces trésors, y compris les poèmes qu’on nous a délicatement versés dans les oreilles, bien que cela rappelle le poison du Roi Hamlet ? Parmi les trésors inestimables que nous ne retrouverons pas de sitôt, sans doute  le visage de Richard Fontana « se fondant en eau » face à une Ludmila Mikaël  au sommet de sa beauté et de son  jeu intériorisé dans Bérénice, mise en scène de Klaus Michael Grüber en 1984 : voir La Comédie continue offerte par la Comédie-Française. Antoine Vitez, metteur en scène d’exception, directeur du Théâtre National de Chaillot puis administrateur de la Comédie-Française, disait que «l’histoire du théâtre est dans la mémoire des spectateurs » et en même temps, prenait soin de créer des archives de ses spectacles et demandait à Hugo Santiago, pour son Electre de Sophocle ou à Bernard Sobel de réaliser des «films de théâtre », avec leur regard libre et fidèle.

Donc, pour aller vite, la fermeture des théâtres aura eu du bon. Cela valait la peine d’ouvrir le coffret Comédie-Française de La Grande Magie  d’Eduardo de Filippo, mise en scène Dan Jemett (2010). Nous ne remercierons jamais assez les théâtres qui nous laissent entrer dans l’intimité de leurs trésors, en espérant ferme nous donner envie d’aller voir sur place quand ce sera possible. Mais au risque que nous trouvions  ce mode de rencontre à domicile plus confortable, et moins cher. Pas tout à fait virtuel, puisqu’il y a des vivants derrière les écrans…

On dit l’acteur sur scène en danger mais il y a sans doute d’autres métiers plus risqués. Mais la chute au cirque, la fausse note en quatuor, le « trou » au théâtre ? On a pu entendre un grand acteur dire un moment du texte d’Auguste dans Cinna de Corneille en “yaourt“ mais rythmé en alexandrins, jusqu’au retour de sa mémoire. Il arrive qu’une représentation soit collectivement « mal barrée » et ne trouve jamais son souffle. Mais que le public n’y voie que du feu. Mais il a vu, justement le manque de feu. Dire aux acteurs mécontents d’eux même, à la sortie :« Si, c’était très bien », c’est dire : « Je vous aime beaucoup », c’est-à-dire :  je ne vous aime pas.

On nous a offert généreusement de somptueuses vitrines.  Ce qui nous manque dans ce théâtre par internet, c’est d’y entrer. Ceux qui ne vont jamais au théâtre «en vrai» ne connaissent pas l’excitation de se préparer, d’avoir peur d’être en retard, mal placé, que sais-je… Et plus peur encore d’être déçu, même si ce n’est pas si grave, on s’en remettra, même si on aura pris deux heures de voyage pour y aller et deux autres heures de spectacle!  Il y a tant de façons de perdre son temps…

Aurait-on fait mieux en restant chez soi ou en voyant autre chose ? Pas sûr. Car la déception –quand elle ne va pas jusqu’à l’effondrement, quand même, et à la honte partagée d’être face à une œuvre d’art si peu artiste- peut avoir quelque chose de stimulant, nous éclaire sur nos attentes et en créée d’autres. Nous ne sommes pas tout seuls : la communauté des spectateurs, le plaisir ou la joie partagée, l’indignation et le scandale, bref, ce qui déclenche l’envie irrésistible de parler à ses voisins, nos frères et à tous la sortie, cette communauté se constitue seulement quand le spectacle marche et qu’il y a le feu.

capture-decran-2019-09-28-a-16.32.24Quand cela « marche-t-il » ? Signes : on se sent plus vaste, on respire plus large, on découvre des univers qu’on n’aurait jamais soupçonnés, on ouvre des fenêtres mentales et intellectuelles. Bref, la joie, l’amour. On vous l’a dit, ça paraît mièvre, comme ça, mais le théâtre est un rendez-vous amoureux, grave et gai. Demandez à du Vignal et à ceux qui ont passé la nuit avec les acteurs du Soulier de Satin de Paul Claudel, mise en scène  d’Antoine Vitez au festival d’Avignon 1987. La pièce commence par son sous-titre : Le pire n’est pas toujours sûr, une formule inusable. Ensuite, Paul Claudel déploie ses excès, lyriques et cocasses  – « là il exagère », « là, c’est mal joué », là, c’est la beauté pure »- mais dans cette longue respiration d’une nuit, toute une vie passe. On peut avoir dormi, on se raccroche aussitôt  au moment qu’on a manqué. En rêve, il fait aussi partie du spectacle. Le matin, nous nous sommes applaudis les uns les autres, longtemps, les acteurs, eux sur le plateau épuisés, amaigris, et nous saisis par le jour et par les premiers bruits de la ville, « dehors ».

Ce qu’on attend du théâtre, en grand. Ces surprises, ce travail technique et intellectuel, cette pensée du corps qui en font un art et dont la rencontre est décisive. Nous n’allons pas ouvrir ici une « place des héros » où hommage serait rendu à tous ceux qui nous ont donné cette ouverture, cet éblouissement qui n’aveugle pas.  Le théâtre n’a  rien d’autre à faire que nous enthousiasmer, c’est à dire nous emmener sur l’Olympe, y compris par le rire et la légèreté. L’intelligence avec l’irritation qu’elle peut provoquer, parce que nous, nous n’avions rien vu venir et que nous nous accrochons à nos vieilles convictions. On n’en demandera pas moins à une représentation théâtrale, quand elle va pouvoir avoir lieu et temps, avec une présence vivante, échappant avec vigueur à une télécommande qui pourrait l’éteindre…

Trêve de lyrisme. Comme le dit Jean-Luc Godard, toujours cité : «Le cinéma construit de la mémoire et la TV fabrique de l’oubli.» Le théâtre, lui aussi, construit de la mémoire, pour chacun, une mémoire bâtie sur un subtil édifice fait de crainte et d’admiration. Mais il faut cette crainte, cette fragilité du moment…

Christine Friedel

Les confinés parlent aux futurs déconfinés…

Les confinés parlent aux futurs déconfinés…

Une de nos fidèles lectrices professeur à la retraite (qui sait ce dont elle parle) nous a gentiment communiqué le protocole sanitaire mis au point par les services du Ministère de l’Education nationale pour  la rentrée scolaire à partir du 11 mai. Quels sont les signataires de ce texte génial qui en reconnaissent quand même les difficultés d’application?

 ancienne salle de classe

ancienne salle de classe

Nous tenions à vous en offrir un extrait savoureux et  nous souhaitons un immense courage à ceux qui seront chargés de l’appliquer dans une classe de maternelle ou primaire, même avec la moitié des élèves… Vive la République et vive la France !

« Le lavage des mains est essentiel. Il consiste à laver à l’eau et au savon toutes les partes des mains pendant trente secondes, avec un séchage soigneux si possible avec une serviette en papier jetable ou sinon à l’air libre. Les serviettes à usage collectif sont à proscrire. A défaut de disposer de points d’eau en nombre suffisant, et si les mains ne sont pas visiblement sales, l’utilisation d’une solution hydro-alcoolique peut être envisagée, y compris pour les plus jeunes sous le contrôle étroit d’un adulte.
Le lavage doit être réalisé, à minima :     A l’arrivée ;
    Avant de rentrer en classe, notamment après les récréations ;     Avant et après chaque repas ;     Avant d’aller aux toilettes et après y être allé ;     Après s’être mouché, avoir toussé, avoir éternué ;
    Autant que de besoin, après avoir manipulé des objets possiblement contaminés ;
    Le soir avant de rentrer chez soi. Les échanges manuels de ballons, jouets, crayons et. doivent être évités ou accompagnés de modalités de désinfection après chaque utilisation.
Le respect des gestes barrières en milieu scolaire doit faire l’objet de sensibilisation, d’une surveillance et d’une approche pédagogique adaptée à l’âge de l’élève. La sensibilisation des parents est aussi prépondérante dans la continuité des messages sur l’application permanente de ses règles.
Le port du masque
Les autorités sanitaires recommandent le port du masque anti-projection, également appelé masque «grand public». Le ministère de l’éducation nationale mettra donc à disposition de ses agents en contact direct avec les élèves au sein des écoles et des établissements des masques dit «grand public» de catégorie 1 (filtration supérieure à 90%) dès le 11 mai à raison de deux masques par jour de présence dans les écoles et établissements.
Il appartient à chaque employeur de fournir en masques ses personnels en contact direct avec les élèves ainsi que les personnels d’entretien et de restauration. »

 

123456...634

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...