EPILOGUE D’UNE TROTTOIRE

ÉPILOGUE D’UNE TROTTOIRE Ménagerie de verre  d’Alain Kamal-Martial, mise en scène Thierry Bédard, compagnie Notoire

 

Marie-Charlotte Biais dite Marotte, immense comédienne (pourtant modeste), profère ce texte d’agonie, celle d’une prostituée sur un trottoir de Tananarive tabassée par son client dépourvu d’argent au moment où elle réclamait son dû, avec une splendide simplicité. On voit d’abord son masque dans la pénombre proférer une plainte répétitive,  « je ne veux pas croire que j’ai un trou à la nuque et au front , (….) je ne veux pas crever de ces coups qui m’ont morcelée, fragmentée par les coups de pieds, les coups de poings et les coups de caillou  et le sang qui gicle des fissures de la peau… ». Heureusement le plateau s’éclaire, elle est debout, se dresse, elle veut vivre en clamant sa déchéance de pute. La silhouette du client interprété par un beau danseur Joao Fernando Cabral surgit derrière elle par instants pour la brutaliser avec une inquiétante violence érotique. On a peur pour l’actrice, mais la violence est maîtrisée, il faut 2 heures d’entraînement quotidien pour chaque représentation.  Il faut voir la terrifiante beauté de cet épilogue !

Edith Rappoport


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XIIIe Prix Europe pour le Théâtre

XIIIe Prix Europe pour le Théâtre

 

Dans le cadre de l’année Grotowski et sous les auspices de l’Institut Jerzy Grotowski, le Prix Europe pour le Théâtre a été accueilli du 31 mars au 5 avril  en Pologne à Wroclaw où Grotowski avait installé, entre 1965 et 1985, son Théâtre Laboratoire. À l’affiche de ce sommet théâtral européen  : le lauréat du XIIIe Prix Europe pour le Théâtre: Krystian Lupa, metteur en scène polonais et les lauréats du Prix des Nouvelles Réalités Théâtrales : Guy Cassiers (Belgique), Rodrigo Garcia (Espagne), Pippo Delbono (Italie), Arpad Schilling (Hongrie), François Tanguy (France).Un palmarès au parfum très  consensuel, politiquement correct, bref, une consécration des artistes labélisés.
Au programme : célébration du maître Grotowski, symposium, colloques, conférences sur les lauréats et  sélection de leurs anciens comme de leurs plus récents spectacles. Les salles, affichant complet, étaient prises d’assaut par un public polonais très nombreux et curieux des nouveautés théâtrales et par d’aussi nombreux invités professionnels du monde entier depuis la Chine, le Japon jusqu’aux Amériques sans compter l’Europe théâtrale au grand complet. La bousculade pour entrer à certains spectacles et, plus spectaculaire encore, la fuite massive des spectateurs au premier entracte de Persona de Krystian Lupa (premier volet de trois heures d’un triptyque de neuf heures qu’il est en train de réaliser) qui ss sont  rués à l’entracte vers les cars qui les ont ramenés en ville.
Après Factory 2, spectacle fleuve de Krystian Lupa, vision caricaturale d’Andy Warhol et de son univers, brassant les clichés et les divagations pseudo philosophiques, puis sa version mystico réaliste des Présidentes de Werner Schwab, Persona, fantasmes érotico – psychanalytiques sur Marilyn Monroe, était cette goutte qui a fait déborder le vase. Très étrangement d’ailleurs ces spectacles contredisaient les honneurs et les éloges faits à Krystian Lupa dont on a pu voir ces dernières années à Paris quelques magnifiques créations.
Pippo Delbono, imperturbable et toujours égal à lui-même dans son rôle de bonimenteur « engagé », exhibant « l’image dégradée du monde » nous a gratifié de deux productions : Le temps des assassins datant de 1986 et un peu plus récent Questo buio féroce sur le sida et le cheminement vers la mort dans lequel le brave Pippo trouve tout de même quelques sources d’espoir. Un théâtre sympathique et inoffensif , à côté de celui de Rodrigo Garcia, grand imprécateur qui, tel Don Quijote, ne cesse de faire la guerre, à coups de provocations impuissantes, aux moulins de Mc Donald et aux autres géants méchants de la société de consommation.
Par chance pour lui,  sa provoc a marché en Pologne. Joli coup médiatique. Ses deux spectacles J’ai jeté mes cendres sur Mickey (où quelques hamsters et grenouilles sont mis à mal) et  Accident tuer pour manger,  où on assiste à la mise à mort d’un homard , cuisiné ensuite et mangé sur scène. Ils ont déclenché, outre des réactions virulentes des spectateurs secourant les animaux, une plainte auprès du Procureur de la République et des pétitions d’associations contre la maltraitance des animaux. Cette tempête humanitaire a secoué un peu la bonne routine consumériste du théâtre, mais était-ce pour de bonnes raisons ?
Mis à part quelques  inconditionnels, initiés à l’art de François Tanguy,   Ricercar dont on reconnaît une grande qualité d’images, reste hermétique au public. Surtout celui qui s’entête à chercher un sens et à vouloir comprendre. Circulez, il n’y a rien à comprendre, chez Tanguy,  on se laisse traverser…
Circulez, il n’y a plus rien à voir chez Arpad Schilling, rattrapé de justesse pour le Prix des Nouvelles Réalités Théâtrales,  au moment où il ne fait plus de théâtre. C’est la réalisation d’événements réels et le contact avec le spectateur dans la vraie vie, qui l’intéressent maintenant. Pas de spectacle donc d’Arpad Schilling mais quelques extraits de vidéo illustrant ses « événements » qui tiennent des reality animations télévisées.
Du beau, du vrai théâtre enfin, offert par Guy Cassiers dans Sunken red, l’un de ses derniers spectacles, adapté de Bezonken rood de Jeroen Brouwers et interprété par l’immense acteur Dirk Roofthooft. Il s’agit de l’expérience traumatisante de l’écrivain dans un camp japonais où il a été enfermé avec sa mère pendant la IIe guerre mondiale. Simplicité, rigueur, économie de moyens et puissance du jeu, belle et intelligente utilisation des projections chez Cassiers dont nous avions vu cet automne au Théâtre de la Ville l’inoubliable Triptyque du pouvoir et dont on attend de voir les nouvelles créations.
Si les organisateurs et le jury du Prix Europe pour le théâtre admettent que  beaucoup contestent le nombre croissant des lauréats du Prix des Nouvelles Réalités Théâtrales qui obéit à des critères plus politiques, commerciaux et médiatiques qu’artistiques, on peut espérer que la prochaine édition révèlera des pratiques théâtrales exemplaires.

 

Irène Sadowska Guillon

Tonto, une dernière fois

Dans la série  des monologues actuellement à l’affiche

Tonto, une dernière fois ! de Jacques Brücher, mise en scène de Nathalie Brücher.

 

Il est seul en scène, mais ce n’est pas un “one man show“ : c’est bien du théâtre, scènes de famille à travers le temps. Jacques Brücher fait revivre le père Tonto, avec femmes et enfants. Et puis, nous retrouvons Frédéric le fils, adulte, marié ou presque: le temps a filé et le fils s’entend vouloir que les choses soient à leur place avec la voix du père… Entre temps, car la question du temps constitue l’un des délices de ce spectacle, on aura eu des nouvelles de l’étrange mademoiselle Rose, la voisine, ou du complot déjoué par le père contre la propreté des lieux d’aisance-le responsable des dégâts était un rat malencontreusement prisonnier du réduit en question…

Les mots, les anecdotes, sont uniques, singuliers, et nous nos y reconnaissons tous, avec le sourire, le rire, et même un peu de nostalgie pour ce vingtième siècle pas si lointain qui vient de passer. On admire les bascules subtiles, sur un mot, un regard, une seconde, un objet – le bol en faïence des familles – qui font passer le comédien d’un personnage à l’autre, d’un temps à l’autre. Et on l’accompagne avec respect et émotion, quand il raconte la mort du père, digne, assumée: ce qui rend plus difficile encore les rapports houleux qu’il a avec son fils…

Christine Friedel

Théâtre de l’Atalante, 19h, jusqu’au 11 avril. À 21h, un autre épisode : Tonto, un peu plus tôt…

 

 

L’OPÉRA DE QUAT’SOUS

L’OPÉRA DE QUAT’SOUS  La Barbacane de Beynes  de Bertolt Brecht, musique de Kurt Weill, mise en scène Frédéric Fachena Collectif 12, direction musicale de Jean-Christophe André

 


J’avais assisté le 3 mars à la première de cet opéra créé dans la grande salle de l’École nationale de musique de Mantes la Jolie, en matinée devant un public de jeunes gens et j’avais déjà relaté le plaisir  pris devant la modernité et l’actualité étonnantes de cet opéra. C’est la dernière représentation de la série de 12 prévue cette saison, le spectacle est parvenu à sa maturité. Jean Christophe André, le jeune chef d’orchestre est habité, il danse et chante en même temps que les interprètes qui maîtrisent pleinement leurs délicates partitions. Le chœur des interprètes déjà nombreux est renforcé par une chorale locale qui vient chanter à 2 reprises, notamment : « Partez en guerre contre les grands voleurs, Abattez les tous, abattez les vite, Ils nous plongent dans le froid et la nuit, Dans cette vallée de larmes où nos plaintes résonnent ». Pour l’instant, aucun professionnel ne s’est aventuré à reprendre ce spectacle capital pour la saison prochaine !

Edith Rappoport 

César, Fanny, Marius

César, Fanny, Marius, adaptation et mise en scène par Francis Huster de la trilogie de Marcel Pagnol.

On n’est pas encore entré que cela commence mal: est affiché en lettres néon comme on dit, le titre du spectacle. Mais il devrait commencer par Marius, premier opus de la fameuse trilogie créé en 1929 que suivit très vite en 1931 Fanny César, lui, fut directement créé pour le cinéma en 1936, puis seulement dix ans plus tard monté au théâtre. Enfin, passons…La trilogie de Pagnol a été beaucoup jouée, beaucoup adaptée au cinéma, notamment en Suède: Längtan till havet ( pas vu, pas pris..), en Allemagne, au Japon ( trois fois!), et entrée à la Comédie-Française, avec Fanny, médiocrement mise en scène par Irène Bonnaud, malgré la présence du grand Andrej Seweryn qui réussissait à rendre crédible son Panisse et de Marie-Sophie Ferdane dans Fanny …
Comme si Huster voulait bien montrer que César /Weber ou Weber/César ( on choisira) est bien le personnage principal essentiel. Il y a un décor très réaliste , où rien ne manque mais,  quitte à vouloir se lancer dans une reconstitution réaliste, mieux vaudrait le faire dans l’exactitude; à qui fera-t-on croire que les tabourets hauts sont d’époque et qu’il peut y avoir ces grands abat-jours en tôle dans le café de César, etc… Cela sent le décor cinéma d’opérette américaine bon marché.

Et l’on voit à peine le lointain, alors que Pagnol insiste avec raison sur l’importance du port avec ses tonneaux, et ses mâts de bateaux, symbolisant l’appel du large qui fascine Marius ; quant à l’entrepôt de voiles et cordages de Panisse bouge, dès qu’on s’appuye sur le mur! Et l’éventaire de coquillages d’Honorine avec ses caisses passées au brou de noix a des roues caoutchoutées sorties toutes neuves du B.H.V. Il faut se pincer très fort pour croire à toute cette pacotille . Et mieux vaut ne pas parler du bateau à voiles en fond de scène...
On pense à ce qu’un scénographe comme Guy-Claude François aurait pu imaginer. D’autant plus que les didascalies de Pagnol sont très précises, et que l’on a besoin d’y croire à l’univers marseillais de l’époque, d’autant plus qu’ici ce n’est, semble-t-il, ni une question d’espace ni d’argent… Comme on a besoin aussi de croire à l’univers sonore du Vieux-Port tel qu’il devait être en 29, aux coups de marteaux des chantiers de démolition de bateaux, avant que les Allemands ne bombardent le Pont transbordeur et une bonne partie du quartier…
Mais ici tout est propret, sans vérité, et la moindre des choses aurait été de reprendre vraiment le texte et de le jouer comme il est écrit, sinon on prend tous les risques d’ aller droit dans le mur. Cette trilogie,dont on ne va pas vous retracer l’intrigue ( les amours compliquées du jeune Marius et de la belle Fanny) tant elle est connue, quand elle est montée en France, ne peut guère l’être que si l’on tient compte du temps où Marseille, malgré son port ouvert sur tous les pays du monde, n’était pas une ville bien riche, et de nombreuses vitrines il y a encore une trentaine d’années n’avaient rien de luxueux…

 

  Et César, patron de petit  bistrot, devait vivre chichement, comme son copain Escartefigue, victime de la modernité représentée par ce pont transbordeur qui lui enlève les clients de son ferry-boat traversant le Vieux-Port du quai de la Joliette à la Rive neuve. Monsieur Brun,lui, jeune vérificateur des Impôts , est d’un autre monde; il est d’abord lyonnais et de l’administration, ce qui lui octroie un statut spécial. Quant à Picoiseau, le mendiant, comme il devait y en avoir beaucoup à Marseille, on ne peut deviner que c’est lui, tant la mise en en scène de Francis Huster est approximative. Et l’adaptation qu’il a tirée de la trilogie n’y aide pas non plus; à force de couper un peu partout, et de tripoter les scènes, le texte parait être passé à l’essoreuse, même si après l’entracte, les choses s’améliorent.
C’est en fait tout le spectacle qui  manque de rythme et d’énergie et malgré les fameuses scènes- culte dont celle de la partie de cartes pas trop mal réussie, le temps ne passe pas vite. ( Plus de trois heures avec l’entracte). Sans doute en grande partie, à cause d’une direction d’acteurs bâclée, il n’y a pas d’autre mot convenable. Comment peut-on croire un instant au Panisse d’Huster, copain de tente ans de César, mais raide comme un clergyman d’autrefois qui se serait égaré de pièce. Tout se passe comme si Francis Huster avait été plus ou moins obligé d’accepter le rôle, et comme on sait, un comédien qui va à reculons sur une scène ne fait jamais du bon travail.

Quant à Jacques Weber, il a souvent une diction approximative, Dieu sait pourquoi, et perd souvent son accent marseillais en route, ce qui fait plutôt désordre.Il surjoue et cabotine, comme s’il pouvait tout se permettre. Alors qu’il pourrait être dix fois meilleur s’il était dirigé. Enfin au moins et heureusement,il est là et, quand il veut bien ne pas en faire de trop, il a un jeu assez  nuancé.

Mais là où cela ne va pas du tout, c’est quand Stanley Weber, fils de Jacques ,essaye de jouer Marius, le personnage essentiel de la pièce! S’il a en bien l’âge , il semble traîner son personnage comme un pensum, à tel point que cela en devient gênant pour le spectacle qui n’avait pas besoin de cela. Quant à Charlotte Kady, ( Honorine) en robe à fleurs et collants blancs (si, si! ), elle criaille et a bien du mal à rendre crédible son personnage de marchande de coquillages. 1cesar.jpg
Quant à Hafsia Herzi,( Fanny) qui était si juste dans La Graine et le mulet d’Abdel Kachiche, elle semble un peu perdue; et il aurait fallu qu’elle soit vraiment dirigée, ce qui est loin d’être le cas. Elle a, à 22 ans, à peu près l’âge du rôle mais cela ne suffit pas et l’ on sent bien qu’elle est plus habituée aux plateaux de cinéma qu’à une scène de théâtre; en revanche, Urbain Cancelier ( Escartefigue ) et Eric Laugerias ( M. Brun) sont d’un excellent niveau et donnent un peu de corps à un travail qui reste peu convainquant. Heureusement qu’ils sont là, eux-aussi

  Mais la vraie question est sans doute ailleurs: était-il besoin de monter en la réduisant la plus grande partie de cette trilogie? Pourquoi pas Fanny, sans doute la plus achevée des trois pièces? Par ailleurs, tout se passe comme si Francis Huster ,qui n’est quand même pas n’importe quel acteur, avait un peu perdu l’habitude diriger ses confrères; sa dernière mise en scène à Paris devait être Faisons un rêve de Sacha Guitry, il y a plus de dix ans… Désolé, mais ici, c’est vraiment  trop approximatif; que l’on aime ou non Pagnol (assez mal vu dans les sphères intello), c’est un théâtre populaire qui vaut largement beaucoup de pièces actuelles et qui méritait le respect.
A voir? Non, pas du tout, d’autant plus que les places au parterre sont à plus de cinquante euros! Revoyez plutôt, si vous le pouvez, la trilogie filmée par Pagnol avec le très grand Raimu et Charpin, même si le jeu d’Orane- Demazis est un peu crispant..

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre Antoine

L’ÎLE DES ESCLAVES

 

L’ïle des esclaves de Marivaux, mise en scène Stéphanie Chevara


Stéphanie Chevara campe une île des esclaves plutôt contemporaine, sur une épave de bateau dans laquelle est encastré un piano occupant la totalité du plateau du minuscule Plateau 31. Hocine Choutri joue un étrange Trivelin bienveillant et pédagogue, Emmanuelle Bougerol une Cléanthis agressive et nerveuse, Sylvain Ferrandes un Arlequin raisonnable. Malgré un problème de niveau sonore- on n’entend pas toujours très bien ce texte d’une étrange actualité-, cette vision de l’île des esclaves a une belle prégnance.

Edith Rappoport

Le Pas de l’Homme

Le Pas de l’Homme, texte et mise en scène de Farid Paya.

pasdelhomme.jpg  Farid Paya nous avait déjà asséné des monuments d’ennui mais cette fois c’est encore pire. »Ce texte a été écrit rapidement, comme s’il était déjà prêt en moi. Bien qu’étant un récit, le retour qui m’a été le plus donné est la qualité théâtrale de ce texte », écrit-il avec superbe. On ne sait de qui est venu ce retour, sans doute d’amis très proches mais, pour qu’il y ait un véritable retour comme il dit, aurait-il encore fallu qu’il y ait …un aller, ce qui est loin d’être le cas .

En effet, Farid Paya, dans son texte,  fait souvent référence à l’Apocalypse, à Marc ou à Job, et ne se prive pas de dire que ses guides secrets ont été René Char et Saint-John Perse. Désolé, mais on est très très loin du compte et à relire  Eloges  paru il y a déjà quelque cent ans ou Anabase qui date de 1924, on est bien loin du compte et la prose de M. Paya fait figure de très mauvais pastiche. De Saint-John Perse, on admire encore la merveilleuse dimension incantatoire des versets d’un poète qui s’identifiait à la nature, au désert comme à l’océan et qui avait gardé de ses voyages en Chine le goût de l’infini. Un siècle après, ces pages font encore rêver . La prose de Paya, elle,  distille un ennui de premier ordre, sans doute parce qu’il y manque , et le souffle indispensable, et une véritable écriture. Bourrée d’ adjectifs, ce qui n’est jamais  bon signe, cette bouillie insipide fait  semblant d’être de la poésie. Mais il y a tromperie sur la marchandise. Il s’agit de trois récits et si on a bien compris, où l’on dit la violence pour aller vers une certaine paix intérieure.

  Mais,  comme Paya enfile les formules toutes faites, les stéréotypes , et n’arrive même pas à mettre en cadence ses pauvres phrases, on est ,dès les premières minutes envahi et cassé  par une espèce de logorrhée qui dure plus de deux heures… la terre, le sexe, les marées, le désert, le sang répandu, le soleil couchant, les viandes,la nuit, les pierres, etc… mais ce que disent la Bible ou Homère en trois mots justes et précis, Paya nous le tartine pendant de longues minutes…

  Et c’est sans espoir, et quand il n’y a aucun espoir au théâtre, on s’ennuie tout de suite. Et dire que Paya prétend  s’entourer de trois conseillers à la dramaturgie…. Tous aux abris! Il y a sur les côtés de la  scène ,quatre groupes de trois masques posés au sol aux couleurs et aux formes plus que médiocres, mais cela commence plutôt bien et on est agréablement  surpris par ce ciel d’aurore où l’on voit se mouvoir des silhouettes d’être humains. C’est à la fois simple et beau, comme peut l’être une image du grand Bob Wilson…

Mais on ne perd rien pour attendre,  et dès que les neuf comédiens entrent en scène, on comprend  que l’on va vivre deux heures de souffrance.Habillés dans des espèces de robes/ pantalons faites de cuir et de tissu- brodé pour certains, avec beaucoup de foulards, ( du sous-sous Christian Lacroix d’une rare laideur, ils prennent des poses, surjouent, roulent des yeux en récitant leur texte façon chant grégorien mais là aussi sans aucune grâce ni harmonie , soit en solo soit en groupe.Et Paya ,qui ne doute de rien,  ne nous épargne rien non plus : hurlements, minauderies, petits pas rythmés, halètements, mimiques ridicules, gestes des mains  vaguement inspirés par la danse indienne bahrata natyam.

  Seuls la musique de Bill Mahder et quelques chants en choeur parviennent à nous tirer de notre hébétude.Et à la fin, il y a un petit film tourné dans un désert par Farid Paya: c’est assez banal et sans grand intérêt  mais au moins cela distrait, même s’il faut encore subir le texte prétentieux de Paya récité par ses neuf comédiens assis sur les côtés. Plus jamais Paya, plus jamais…. Il  nous disait avant le spectacle , et non sans aplomb , que c’était un texte qui divisait: on aimerait savoir dans quelles proportions!  D’autant plus qu’il n’y avait pas foule ce vendredi soir.. On aimerait bien savoir aussi si la Ville  de Paris, Le Ministère de la Culture et le Conseil Régional d’Ile-de-France vont encore aider longtemps Paya à produire des spectacles du même tonneau!  Alors que beaucoup de jeunes troupes auraient bien besoin qu’on s’occupe d’elles. Voilà c’est dit; de toute façon, vous n’irez pas  puisque cela se termine le 5 avril mais si le spectacle est repris, prenez garde…

 

Philippe du Vignal

Le Songe

  Ett Drömpsel ( Le Songe)  d’August Strindberg, mise en scène de Mäns Lagerlöf.

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Le Songe est la dernière pièce du grand Strindberg et fut créée à Stockholm en 1908 quatre ans avant sa mort.  » C’était, disait-il, celle de mes pièces que j’aime le plus, l’enfant de ma plus profonde douleur », qu’il écrivit , après le départ de sa femme un mois après leur mariage. Pièce fétiche d’Ingmar Bergman qui la monta plusieurs fois, elle fut aussi mise en scène en France pour la première fois par Antonin Artaud dès 1928; Le songe fit aussi l’admiration de Kafka,des expressionistes et d’Arthur Adamov.
En France, elle fut aussi montée à la Comédie-française par Raymond Rouleau en 1970; la distribution, où les actrices ne sont citées qu’après les acteurs! -le vent de 68 n’était pas encore passé par la salle Ri
chelieu – ressemble maintenant à un cimetière! Et nous avons bien du mal à en faire ressurgir quelques images; quant à la mise en scène de Bob Wilson avec les acteurs du Théâtre Royal de Stockolm, c’était un pure merveille d’intelligence , d’invention poétique et plastique, où Wilson tressait le texte de Strindberg avec ses souvenirs familiaux du Texas. La pièce avait été montée il y a trois ans par Jacques Osinsky  avec aussi beaucoup de poésie.
Le Songe
tient tout à la fois de la vie la plus quotidienne  mais aussi  de celle que les femmes et les hommes  peuvent  percevoir comme un mystère permanent, où le paradis est tout proche de l’enfer. Et la pièce  est truffée de symboles empruntés aux textes religieux aussi bien chrétiens que boudhiques, et mystiques de tout poil, ainsi qu’à  ceux de son compatriote Swedenborg. Le tout étant bien entendu, sur fond de mysoginie et de crises mystiques,   relié à sa vie personnelle qui fut plutôt du genre errant. Il  habita  en effet dans 22 endroits différents pendant les six années qu’il vécut en dehors de Suède!
De plus,  sa mère mourut  quand il avait treize ans , et plus tard , eut une belle-mère confites en dévotion dans une secte;  il épousa trois femmes dont il divorça, et eut, sa vie durant, l’obsession de la faute  et de la souffrance susceptible de transcender la réalité la plus banale. Bref,  il y avait là un bon terreau pour faire un auteur capable d’écrire une pièce qui  est plutôt  comme un long poème  et un  formidable tremplin pour un metteur en scène qui a envie de  créer des images.
Cela valait donc le coup d’aller voir ce qu’avait pu en faire un metteur suédois comme Mäns Lagerlöf… L’histoire qui sous-tend Le Songe est à la fois simple et terriblement enchevêtrée: La fille d’Indra, dieu hindou, souverain du ciel , devenue Agnès, décide un beau jour de débarquer  sur terre pour se rendre compte de l’état de la condition humaine  (que dirait-elle aujourd’hui! ). Elle va ainsi rencontrer tour à tour un officier, un poète puis un avocat. Mais le paradis annoncé se révélera bientôt n’être qu’un enfer assez insupportable.
Reste à faire vivre sur scène cette étrangeté de la vie quotidienne quand l’homme se met à la percevoir  dans une sorte de mauvais rêve; et il faut dire que Mäns Lagerlöf n’ a pas mal réussi son coup en donnant à la pièce une vision écologique si l’on a bien compris  les choses malgré la barrière de la langue ( je ne parle pas suédois malgré la centaine de mots glané ici et là, personne n’est parfait…). Il y a au-dessus de la scène, un compteur à diodes qui indique précisément en permanence, le nombre de watts dépensés pour éclairer la scène ( la Suède est un des pays où  l’écologie et le recyclage battent  des records: il y a  des grands magasins où l’on ne trouve uniquement que des vêtements, électro-ménager, jouets, vaisselle,  livres,etc… d’occasion tout à fait propres et, dans chaque super-marché sont installées des machines à récupérer bouteilles et canettes qui vous rendent illico 60 centimes d’euro par pièce. Pas mal, non? Cela dit, la Suède compte une dizaine de centrales atomiques, alors qu’il n’y pas 10 millions d’habitants…
Donc , le château du début de la pièce devient ici une usine avec murs de briques ,  grande grille et une porte métallique qui n’ouvrira que sur le noir et le néant; les personnages d’origine  sont conservés mais on est dans les années 70 , à en, juger par les tissus orange et fleuris, et par les cheveux longs des hommes.Et il  y a derrière , en photo agrandie des HLM d’une quinzaine d’étages et une grue qui aide à  construire d’autres tours. Quant à  l’officier , il est plutôt du genre para en treillis, béret rouge et rangers noirs bien astiqués. Et, comme on est en Suède et que les beaux jours sont là, on fait griller  de  grosses saucisses à la chaleur d’un petit barbecue, puis la boisson aidant, on s’asperge copieusement de ketchup en dansant et en chantant plutôt bien des chansons du groupe mythique suédois  Abba ( si j’ai bien perçu). Plus disco, je meurs…
La salle, plutôt quatrième âge en robe et escarpins pour les dames,  ou costume noir, chemise blanche et noeud papillon pour les hommes , et une poignée de nymphettes pas aussi blondes que dans la la légende et souvent d’un blond peroxydé, donc la salle, disais-je,  reprend en choeur les refrains et claque des mains. Rideau et entracte dans le hall de ce théâtre très bourgeois début vingtième avec ses ouvreuses bien comme il faut. On parle doucement pour ne pas gêner le voisin et, à l’entracte, l’on savoure religieusement son  « cafelatte  » avec un petit gâteau à la cannelle, comme dans Millenium, le roman devenu culte de Stieg Larsson.
Le spectacle reprend avec le  plateau  nu ; il y a juste un mur où sont accrochés  21 sacs en papier  que chaque personnage vient décrocher, une femme aveugle accompagnée de sa mère aux cheveux longs arrive sur scène. Annonces d’aéroport. Des gens passent une valise à roulettes à la main puis repassent dans l’autre sens au gré des annonces  ( souvenir /citation d’une célèbre scène d’un film de Tati?) . Puis un jeune homme et une jeune femme sont allongés au soleil  sur des chaises longues au bord d’une plage paradisiaque mais,tout d’un coup, le vent se lève, emporte le parasol, le tonnerre gronde, la mer monte à toute vitesse envahissant la plage et  l’eau véhicule des tas de déchets du genre bouteilles en plastique, gilets de sauvetages rouges,  tôles d’acier: bref cela n’est pas dit mais tout a l’allure des conséquences d’un crash d’avion(  comme celui d’Air France où 95 personnes, dont Brigitte Tricot, une amie hôtesse de l’air,  périrent  un beau jour de septembre 68 au large d’Antibes, frappé en plein vol par un tir de missile, sans qu’aucun ministre ni Président de la République n’ait jamais eu le courage d’avouer la chose : vive l’Etat français et son armée de l’air!). Un homme surgit alors des flots noirs  et offre à Agnès un petit livre de poèmes.  C’est, sur le plan scénograhique, assez fabuleusement réalisé.
Retour au mur de briques du début ; quelques personnes, les pieds dans l’eau tiennent une conférence de presse en  se disputant et en s’envoyant des verres d’eau à la figure puis, c’est le noir absolu. Zéro watt indique le panneau lumineux; il y a  un chandelier avec quelques bougies sur le devant de la scène et des candélabres  électriques dans le  fond  et trois hommes pédalent sur une musique d’orgue électronique, mais  leur vélo fixe est relié à ces candélabres. On s’aperçoit vite que ce sont eux qui fournissent l’électricité nécessaire à l’ éclairage scénique..Mais la pièce de Strindberg ne finit évidemment pas comme cela…
Telles sont quelques unes des images assez fortes que l’on perçoit d’autant mieux que l’on ne comprend pas la langue,  mais, comme chez Wilson, l’on on peut très bien voir la pièce comme cela. D’autant plus que c’est mis en scène avec beaucoup de rigueur et de précision par Mäns  Lagerlöf et que les dix comédiens sont tous impeccables,  tout comme la scénographie de Magnus Möllerstedt. On peut regretter que le metteur en scène, quand on relit le texte, l’ait un peu tiré vers la comédie musicale mais c’est si adroitement réalisé que les deux heures et demi ( avec entracte) passent très vite. Et miracle, vous savez quoi, il n’y a pas le plus petit centimètre carré de vidéo… et la mise en scène’est jamais facile ni vulgaire..
A voir.? Oui, si vous passez par là, ce qui m’étonnerait mais sait-on jamais, le spectacle , après avoir été présenté à Linköpping et à Norrköpping,  va se promener en Suède.

Philippe du Vignal

Théâtre de Nörrkopping ( Suède)

Théâtre à la télévision

Théâtre à la télévision : La Cagnotte de Labiche ; La journée de la jupe, de Jean-Paul Lilienfeld.

image2.jpgC’était « le siècle de Maupassant »,  sur France 2. Et les responsables de ce programme ont eu une jolie idée : faire de La Cagnotte une jolie nouvelle filmée à la manière du susdit  Maupassant illustré. Et ça ne marche pas. Agréables couleurs pastel, jeu sobre (oui !) de comédiens populaires (Eddy Mitchell, Marie-Anne Chazel…), rythme langoureux et demi-teintes de la mélancolie provinciale. Où est la folle et hilarante cruauté de Labiche ? Que reste-t-il de son regard acéré, non seulement sur une humanité pétocharde et vantarde, mais sur une petite bourgeoisie entre deux chaises, celle, dorée, de Paris, et la chaise de paille d’une paysannerie dont elle vient à peine de déposer les sabots ?

 Où est le rire ? Conclusion, à Labiche, il faut le théâtre, l’engagement physique des acteurs, la poussière des planches, pourquoi pas, et la présence du public.


La journée de la jupe, énième retour d’isabelle Adjani au cinéma, n’a rien à faire, a priori, dans une rubrique théâtrale. Et pourtant. Ce film ose ce que le théâtre n’ose pas souvent : un huis clos tragique, dans lequel le discours, malgré les apparences, est constitutif de l’action. Et un discours moral, et directement politique. On connaît l’histoire. En prologue, une bousculade à l’entrée de la salle de  théâtre où la classe doit travailler sur Molière. D’un cartable tombe une arme à feu. Colère de la prof qui s’en empare : « enfin, je vais pouvoir faire cours ».  Qui a le « feu », a la parole. Au fil des différents actes de ce huis clos, il passera aux mains d’une fille, puis d’un garçon, et de nouveau à celles de la prof  qui conquiert, au fil de la pièce le pouvoir de parler, même sans arme, de ce qui importe. L’autre support de la parole, c’est le téléphone portable, outil de négociation avec la police ; et  la prof ne le lâche pas, celui-là.
C’est une tragédie, presque sans extérieurs, avec deux chœurs discrets, l’un timide et discordant, celui des collèges et de l’administration du collège, l’autre, celui des parents, empli de la peur pour leurs « petits », et des forces de l’ordre impuissantes. À la fin thrène et exposition des corps… C’était du théâtre, une tragédie classique, mais qui finalement supporte très bien le passage  à la télévision (Arte) et à l’écran.
Christine Friedel

La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant et Les Précieuses ridicules

 La Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant et Les Précieuses ridicules de Molière, mise en scène de Christian Schiaretti.

moliereneo1copie2.jpg Le directeur du T.N.P. de Villeurbanne  a mis en scène deux programmes consacrés à Molière: l’un qui regroupe Sganarelle ou le Cocu imaginaire et  L’Ecole des maris, et l’autre, les  trois petites pièces citées plus haut jouées  sur une petite scène à tréteaux , avec fausse chandelles sur le devant ( c’est peut-être du second degré?) posée sur le plateau du Théâtre 71, ce qui est sans doute une fausse bonne idée;  ce n’est en effet ni très beau ni très efficace mais bon!  La Jalousie du barbouillé est une  courte  farce inspirée de celles du Moyen- Age où un  mari jaloux met dehors sa femme Angélique, après s’être confié à un docteur aussi ignorant que prétentieux. Il lui ferme la porte mais elle trouve , à son tour, le moyen de le laisser dehors.

Il y a un tirade formidable qui préfigure celle du Sganarelle de Don Juan , où le Barbouillé consulte  un  médecin vantard et  prétentieux qui prononce  une série de courtes phrases- valises assez étonnantes , et comme  la langue de Molière à ses débuts est déjà savoureuse, et que  c’est du genre plutôt bien joué , on ne boude pas son plaisir (malgré des costumes bien laids), notamment par Jérôme Quintard ( Le barbouillé) , Julien Gauthier ( le docteur) et Laurence Besson ( Angélique). On sent qu’il y a un véritable esprit de troupe, ce qui fera plaisir à Edith Rappoport,, puisque les dix comédiens sortent tous de l’Ensatt,  (deux d’entre eux:  Borle et Quintard, n’en déplaise à M. Goldenberg, ex-directeur du Théâtre national de Chaillot ont d’abord été à l’Ecole …de Chaillot).
Mais la mise en scène  manque singulièrement de rythme et de force. Comme si la mise en scène de Schiaretti, pour reprendre l’expression du grand Bernard Dort, notre maître à beaucoup, avait perdu ses boulons en route, et la remarque vaut pour les trois pièces. C’est méchant? Oui, mais c’est la vérité.
 Le Médecin volant  raconte l’histoire de deux amoureux ,Valère et Lucile dont  Georgibus, son père veut absolument la marier à Villebrequin; Lucile fait semblant d’être malade et Sabine,  sa chère cousine s’en va  chercher un médecin- ridicule et ,comme dans La Jalousie du barbouillé, assez prétentieux , et qui n’est autre que Sganarelle, le valet de  Valère. Finalement Gorgibus, même trompé par cette double identité, reconnaîtra avoir été trompé et  acceptera le mariage des deux amoureux. Le canevas vient tout droit de la commedia del arte et , là aussi, c’est plutôt bien joué , notamment par Olivier Borle et Jeanne Brouaye mais la petite pièce, rarement montée  nous laisse un peu sur notre faim. Et là, on ne peut pas reprocher grand chose à Christian Schiaretti, sinon de l’avoir choisie….
 Quant aux Précieuses ridicules, c’est une belle erreur d’installer  sur cette même petite scène à tréteaux où, par définition, il n’y a guère de place. Dès lors, les comédiens passent  et repassent on ne sait trop pourquoi par le châssis en ferraille qui sert de fond aux deux pièces précédentes, et, très franchement, on n’en voit pas bien l’intérêt: les comédiens ne semblent pas  à l’aise sur un espace aussi limité. Et, Jeanne Brouyaie et Clémentine Verdier, qui jouent Magdelon et Cathos, les deux  jeunes provinciales snobinardes ne semblent pas au mieux de leur forme: elles criaillent et on comprend souvent mal ce qu’elles disent, d’autant plus que le texte est bourré de termes qu’il aurait absolument traduire. Les linguistes ont peut-être les bonnes réponses, mais la pièce a a un vocabulaire  beaucoup moins compréhensible  que celui des grandes  oeuvres comme  Tartuffe ou Don Juan, pour qui n’a pas  étudié au lycée la littérature de cette époque.
 Cela dit, les collégiens, sans être enthousiastes, n’avaient pas l’air de s’ennuyer; peut-être avaient-ils été auparavant cornaqués par leurs profs…
Alors, à voir? Pas sûr, le rapport qualité/ prix n’est pas évident ( 21 euros plein pot!) , sauf si vous avez envie de voir les débuts  du grand Molière, celui dont on continue à dire que, quel que soit le texte, quand les élèves d’un cours d’art dramatique en entendent par hasard une bouffée, ils en reconnaissent aussitôt l’auteur.Et c’est vrai que c’est écrit dans une langue   admirable. Quant au Programme 1, ((Sganarelle ou le Cocu imaginaire, et L’Ecole des Maris) , deux pièces plus longues mais assez mineures, du coup, cela ne donne pas vraiment envie d’y aller  voir. Maintenant , si le coeur vous en dit… Si nous en avons le temps, nous irons nous rendre compte…

Philippe du Vignal

Théâtre 71,  Malakoff jusqu’au 10 avril ( les intégrales des deux programmes n’ont plus lieu, ouf!)

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