STILL

STILL par Anna Krzystek
Le 19 février aux Halles de Schaerbeek (Bruxelles
)

image2.jpgSeconde partie d’un triptyque (TEST, STILL & FIGURE THIS) plaçant le spectateur et l’artiste en condition de laboratoire chorégraphique/performance, STILL se présente paradoxalement sous forme d’un dispositif très épuré et (trop ?) complexe, à la fois.

Épuré, à en croire le dispositif présenté. Sur le plateau des moniteurs tv présentent très lentement (en travelling et en fondu enchaîné) des images de pièces inhabitées et d’objets du quotidien. Parfois, sur ces écrans, une ombre à l’aspect humain passe subrepticement. Les écrans sont disposés au sol face aux spectateurs suivant des angles légèrement différents. En fond de scène, une femme déclenche ses mouvements dansés au rythme d’une musique (des sons électroniques très stridents) jouée « en live » par ordinateur.

(Trop) Complexe. L’incessant va-et-vient réclamé au regard des spectateurs et l’invitation faite à relier entre eux les signes virtuels et réels parviennent à nous faire passer d’un stimulant état de curiosité intellectuelle à celui d’une profonde lassitude tant aucune main tendue ne vient pour nous aider à appréhender un propos qui ne se donne clairement pas à appréhender sous la forme d’une seul langage des sens (ce qui aurait alors été préférable).

La tentative de mise en résonance de ces deux univers est belle, mais son résultat nous laisse circonspect. Rien de grave à cela, il s’agit d’un laboratoire, et c’est bien comme cela que j’ai accepté de le prendre. Espérons juste que l’artiste l’aura entendu de la même façon et qu’elle fera évoluer ce travail en tenant compte  de la réception qui en a été faite par les spectateurs. Bref, cette artiste est intéressante à l’instar de cette démarche qui gagnerait à être plus lisible.

Par Jérôme Robert


Archives pour la catégorie critique

Petit Navire

petitnavire5.jpg

Petit Navire de Normand Chaurette, mise en en scène d’Olivier Lopez.

 Petit Navire est la seule pièce destinée aux enfants de Normand Chaurette, auteur québécois, connu en France surtout par Les Reines créée par Joël Jouanneau en 97 et Le Passage de l’Indiana en 96; Petit Navire a déjà été mise en scène par Pascale Daniel-Lacombe en 2003 et par Dominique Catton en 2007. La pièce, un peu surprenante et elliptique, est plutôt  destinée, non pas à des petits enfants mais  à  des spectateurs de dix/douze ans ou à des adultes.
 C’est l’histoire d’un jeune garçon nommé Petit Navire et de  sa petite soeur Roxane, âgés de dix ans qui n’ont plus de parents avec eux et qui sont élevés par deux personnages assez curieux: Marie-Laure, une lavandière et le vieux  Monsieur Wreck;  de temps à autre, ils reçoivent une carte postale où leur mère raconte ses expédition en montagne, mère qui reste toujours aussi mystérieusement absente; en fait Marie-Laure et Monsieur Wreck font tout pour cacher aux enfants que leur mère fait de fréquents séjours à l’hôpital. Mais on n’en saura guère plus.Petit Navire se met à écrire sur ce qu’ il perçoit de la vie qui est devenue la sienne: en pensée avec sa mère mais sans elle, pressentant sans doute très bien comme tous les enfants qu’on lui cache quelque chose de grave; quant à Roxane, elle ramène un pauvre mouton destiné à la vivisection… qui finira par mourir.
 L’écriture de Normand Chaurette est à la fois  simple et ciselée comme peu d’écritures contemporaines le sont,  sans doute parce que l’auteur est québécois, et l’on sait l’importance de la langue française au Québec qui est une composante majeure de l’identité de ses habitants face au mur impitoyable de l’anglais omniprésent. Et quand il s’agit d’un texte où la présence de la mort est envahissante comme toujours chez Chaurette, même si cette fiction un peu noire  comporte une bonne dose d’humour. Alors comment traiter cette sorte d’ovni de la scène théâtrale? Sans doute pas,  avec un jeu réaliste. Olivier Lopez a choisi ,dit-il,  de « dédramatiser l’aspect fictionnel du récit » et de faire en sorte que  » les enfants aient pleinement conscience de la part de convention nécessaire à toute entreprise théâtrale » et  il a sans doute eu raison de s’emparer du texte de cette façon là.
 Il a commencé par demander à sa scénographe Marie La Rocca de lui imaginer un décor de cuisine des années cinquante , avec table en Formica et tabouret carré couvert de lino comme on commence à en voir chez les antiquaires, et plancher en grosses lattes peintes en blanc gris, sur la partie  cour de la scène. Et  Olivier Lopez  a imaginé (ce qui n’es pas prévu à l’origine par Normand Chaurette)  de demander  Pascal Zavaro de composer une oeuvre pour violons, altiste et violoncelle,  pour que la musique puisse ponctuer la série de séquences dramatiques imaginée par l’auteur. Il y a dans l’air quelque chose qui rappelle singulièrement Atlas, le très bel opéra que Meredith Monk avait créé il y a une quinzaine d’années à Houston.
Dès le début du spectacle,Olivie Lopez installe clairement  la distanciation: on présente chaque comédien et chaque musicien ( Amélie Clément ,qui joue la petite  fille,  dit qu’elle attend pour bientôt son premier enfant, ce qui rééquilibre sans doute les choses par apport à cette menace de mort un peu envahissante). Le septuor à cordes est  installé sur scène,  à côté de la cuisine, face public et Pascal Zavaro a réussi à écrire une musique où l’absence , la maladie, le mal-être sont évoquées par un subtil jeu de cordes où le rythme  de la composition  compense le côté vite ensorcelant du violoncelle ,des violons et de l’alto.
  La mise en scène d’Olivier Lopez est d’une grande rigueur et les quatre comédiens: Yvon Poirier, Amélie Clément, Elios Noël et Joanne Génini-Béguin , bien dirigés ,encore un peu tendus le soir de la première, font un travail de grande qualité car la, partie n’est pas facile, on s’en doute. En fait, Olivier Lopez – place la barre assez haut et sa mise en scène est d’une toute autre qualité que celles des spectacles pour enfants où tout ,en général, est à peine correct .    L’idée du mouton transformé en gros chien  poilu n’est vraiment pas l’idée du siècle mais, à cette réserve près,ce spectacle ambitieux, malgré quelques longueurs, a reçu un bon accueil le soir de la première où il y avait plus d’adultes que d’enfants, lesquels ne devraient  pas pourtant  y être insensibles.
 Allez du Vignal, en conclusion de Petit Navire, ressortez nous encore une fois votre petite phrase de Tchekov… Mais très volontiers, madame  Albanel:  » Ce sont les vivants qui ferment les yeux des morts mais ce sont les morts qui ouvrent les yeux des vivants ».

Philippe du Vignal

Théâtre des Cordes  jusqu’au 24 février, puis à Tourlaville le 6 mars et à Allonnes le 10 mars.

Très chère Mathilde

trescheremathilde1.jpgTrès chère Mathilde d’Israël Horovitz, mise en scène de Ladislas Chollat. ( création en France)

 Très chère Mathilde est la dernière des quelque 50 pièces d’Horovitz qui sont jouées un  partout dans le monde, et en particulier en France,  où on connaît surtout L’Indien cherche le Bronx  autrefois  montée par  Laurent Terzieff qui nous  avait fait découvrir cet auteur, Le Premier, le Baiser de la Veuve, Quelque part dans cette vie et un très beau petit texte Trois Semaines après le paradis ,qui relate la tragédie personnelle qu a failli connaître l’auteur,  le fameux 11 septembre à New York, quand il n’avait aucune nouvelle d’un de ses fils…Horovitz est aussi scénariste ( Author, author avec El Pacino) et comédien.
 Très chère Mathilde est l’histoire de Mathias, un New Yorkais , frisant la cinquantaine.  Il arrive à Paris, après le dernier de ses trois divorces, sans enfant, sans emploi, sans argent , sans autre bagage qu’un  sac, mais avec tout son mal-être qui pèse des tonnes. Avec  l’intention de vendre un appartement donnant sur le Luxembourg que son père lui a légué, et en attendant il entend bien y résider. Mais , petite surprise, Mathilde, une vieille dame de 88 ans qui en avoue 86, autrefois professeur et directrice d’une école d’apprentissage du français pour étrangers,y habite depuis très longtemps. et n’a aucunement l’intention d’en partir.  Comme l’y autorise le testament

  D’autant plus qu’elle y vit avec sa fille Chloé, qui  frise aussi la cinquantaine comme Mathias et qui  enseigne dans cette même école pour étrangers . Elle n’a pas non plus la moindre envie de quitter les lieux et  le dira sans ménagements à Mathias… à qui la très chère Mathilde a quand même  proposé une chambre. Contre sa montre tout de même, puisqu’il n’a  pas un euro en poche. La situation se complique et il va y avoir quelques séances d’explications orageuses,  où  l’on apprendra que Mathilde, mariée avec le père de Chloé, a eu avec celui  de Mathias une relation passionnée qui a duré jusqu’à sa mort.La cohabitation promet d’être difficile et  le devient effectivement…
 Mathias apprendra à Mathilde que son père n’était pas aussi franc du collier qu’il  le paraissait et que, pour lui, il ne fut jamais un bon père . Il lui  lui révélera aussi que sa mère n’est pas morte de maladie comme il l’avait prétendu,  mais  qu’elle s’est suicidée d’un coup de revolver , agonisant  dans les bras du jeune Mathias..Chloé, après  discussions et mises au point  avec Mathias, s’apercevra qu’il n’est pas l’être aussi ignoble qu’elle imaginait,  qu’ils ont le même âge et   même bien des points communs…

   Devinez la suite: ils finiront par passer la nuit ensemble. Et  il n’est donc plus question  que Mathias s’en aille. Mathilde est évidemment ravie. Mais- Horovitz a sans doute pensé à Tchekov- la mère et la fille entendent  un coup de feu dans la pièce à côté. Horreur et stupéfaction!  La  dame à côté de moi s’est exclamée: il s’est tué!
 Mais non, Mathias revient le fusil d’une  main et une tête de facochère de l’autre( le mari de Mathilde était un grand chasseur!) et dit en riant avec son accent américain à couper au couteau: « J’ai tué le cochon ».  Horovitz conclut la pièce par cette habile pirouette.
  Ouf! On avait eu très très peur….. Comme vous l’avez sans doute compris, les ficelles de l’ intrigue ressemblent plutôt à des câbles,  le dernier acte est assez pleurnichard.et Horovitz ne se prive pas de mots d’auteur ou de répliques  faciles. Mais, malgré nombre de petites invraisemblances, il  sait y faire pour raconter une histoire, et  dire le temps qui passe, les amours d’autrefois, les mariages bancales mais inoxydables, bref, et pour faire vite, les relations compliquées entre deux êtres humains qui ont un peu sacrifié leurs enfants pour leur passion. Encore énergique, Mathilde est la seule survivante du quatuor d’origine.
 Ladislaw Chottat, qui est un  jeune metteur en scène,  aurait pu mieux choisir son scénographe qui  a absolument voulu se servir de la tournette. L’on voit d’abord  une série d’arbres en bac qui finissent en  fond de scène , plus bas, comme s’ils étaient vus d’un deuxième étage. Pendant que le décor de l’appartement descend calmement des cintres;  les murs en tulle marron- assez laids-  permettent de deviner selon la lumière la présence de quelqu’un dans une autre pièce. Ainsi, on peut voir la chère Mathilde en train d’espionner la conversation entre Mathias et Chloé, ou bien voir la même Chloé s’envoyer au goulot un petit coup de liqueur. C’est pas une idée ça?

Il y a aussi, de temps à autre, un chassis transparent suspendu qui circule de cour à jardin avec une vidéo d’ombres à la fois prétentieuse et inutile mais, à l’heure actuelle, on dirait qu’un spectacle qui n’inclut pas quelques minutes au moins de vidéo  est indigne. de vivre.. Et pour faire plus vrai, il y a même un poèle Godin  qui rougeoie…. A qui fera-t-on croire que, de nos jours,  puisque l’on parle en euros, dans un appartement même ancien donnant sur le Luxembourg, on se chauffe encore avec un  Godin…
  On peut  pardonner à Ladislaw Chotat ces surlignages  agaçants et sans intérêt, parce que sa direction d’acteurs est d’une grande rigueur; bien choisis, ils sont  tous les trois  d’une sensibilité remarquable, et absolument crédibles . Et il a su créer, ce qui est sans doute le plus difficile, une véritable unité de jeu :  Samuel Labarthe incarne  avec beaucoup de précision et d’intelligence ce  personnage d’Américain mal dans sa peau,  qui, au début  insupportable, devient  finalement assez sympathique. Peut-être pourrait-il gommer un peu son fort  accent  pour qu’on le comprenne mieux. Raphaëline Goupilleau a d’abord tendance à bouler  son texte puis réussit à imposer un personnage un peu ingrat; la palme revient à Line Renaud, saluée triomphalement à la fin avec ses camarades par le public, encore ébloui par l’énergie qu’elle dispense généreusement, sans jamais se mettre en avant. Concentrée, toute en nuances,elle sait tout dire: la colère, la nostalgie, la perfidie, le refus, l’amour, la culpabilité … A plus de quatre vingt ans, elle irradie le plateau; heureuse d’être là, elle nous rend heureux d’être avec elle, comme le faisait encore, à peu près au même âge, l’autre Renaud , prénom Madeleine , qui joua longtemps sur cette même scène du Marigny.
 A voir? Oui, absolument: les bonheurs de ce genre ne sont pas si fréquents , que ce soit dans le théâtre public ou privé. Les places ne sont pas données : 53,5 à 33,5 euros! Mais le dernier prix , celui du deuxième balcon n’est guère plus élevé qu’une place à Chaillot ou à la Comédie-française… et l’on y voit aussi bien.

Philippe du Vignal

Théâtre Marigny, jusqu’au 18 avril.

PERFORMANCE

PERFORMANCE  Studio des 3 oranges Audincourt

 

De Jean-François le Scour the croûte.com
Étrange personnage que ce Jean-François le Scour ! Photographe de profession, il est obsédé par la publicité, les affiches recouvertes 100 fois qui polluent notre environnement urbain en grande banlieue et finissent par former des croûtes. Cette fois, il déploie une installation de boîtes qui contiennent un joli petit catalogue d’affiches, des grands panneaux de vieilles affiches qu’il déploie, avec d’aléatoires projections sur une inauguration à Neuilly. Il fait filmer des interventions intempestives des spectateurs. Dans ce grand désordre du vraiment faux, entre art plastique et théâtre Jean-François le Scour se perd encore dans un grand désordre auquel les petits enfants ne sont pas insensibles.

Edith Rappoport

L’USINE ET LES PETITS BOULOTS

L’USINE ET LES PETITS BOULOTS. Lycée du Grand Chesnois Montbéliard

Théâtre de la Jacquerie avec Véronique Joly et Olivier Lupperes
En 1999, le Théâtre de l’Unité qui dirigeait le Centre d’Art et de Plaisanterie de Montbéliard avait confié la direction au Théâtre de la Jacquerie pendant plusieurs mois. La compagnie y avait lancé un travail d’interview réalisé par Elsa Quinette qui avait rencontré les habitants et créé A mon bel amour. Ces rencontres ont donné naissance à toute une série de spectacles légers présentés en décentralisation dans de petits lieux. Celui-là est né à Vitry le François autour d’une enquête sur le travail. Les deux comédiens interprètent une trentaine de personnages avec une virtuosité étonnante. On y voit notamment la lutte d’un couple enchaîné depuis des années à un dur labeur qu’ils aiment dans une entreprise familiale, puis la lente déchéance de ce travail, jusqu’au licenciement. Ils parviennent néanmoins à élever leurs enfants qui leur offrent un voyage à Paris, la tour Eiffel, le bateau-mouche et le Moulin rouge. Le jeune public, les enseignants présents comme le petit groupe des professionnels sont émus jusqu’aux larmes.

Edith Rappoport

LE CABARET DES HOMMES PERDUS

LE CABARET DES HOMMES PERDUS  MALS de Sochaux

De Christian Siméon, mise en scène Jean-Luc Revol, musique de Patrick Laviosa
Dicky, jeune garçon bien fait de sa personne, échoue dans un cabaret gay au terme d’une chasse au pédé. Il est pris en main par Destin, le maître des lieux  lui taille une carrière royale dans des films porno homosexuels, compte tenu de l’étonnante taille de son membre ! Tout est bien qui finira mal, Dicky sombrera dans la déchéance ! Cette étrange comédie musicale à l’américaine est interprétée avec une belle énergie et un vrai savoir faire par 4 acteurs bons chanteurs, accompagnés au piano par le compositeur. Ce cabaret des hommes perdus créé au Théâtre du Rond Point a déjà connu une belle carrière avec 160 représentations. Au sein de cette MALS, autrefois réputée pour un répertoire et un public traditionnel et plutôt puritain, j’ai été surprise par la chaleur des réactions du public qui remplissait cette grande salle.

Edith Rappoport

BORIS VIAN, JUSTE LE TEMPS DE VIVRE


BORIS VIAN,  JUSTE LE TEMPS DE VIVRE, chansons et textes, montage François Bourgeat, mise en scène Jean-Louis Jacopin.

Boris Vian, né en 1920, est mort  d’unvian.jpg arrêt cardiaque en 59, quelques minutes après  qu’ait commencé la première projection du  film  J’irai cracher sur vos tombes , son roman, écrit sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, qui fut très vite condamné pour outrage aux bonnes moeurs. A l’origine, Boris Vian ,élève au lycée Condorcet comme Gainsbourg et… du Vignal , sortit Ingénieur de Centrale, puis devint le parolier de plus de 500 chansons et poèmes chantés, dont la célèbre Le déserteur, en 1954; la liste de ses interprètes donne le tournis : Serge Reggiani, Henri  Salvador,  Jacques Higelin, Mouloudji, Michel Piccoli, Enrico Macias, Judith Magre, Jean Rochefort, Christiane Legrand, Serge Gainsbourg, Les Têtes raides, Bernard Lavilliers, etc…
 Compositeur, chanteur , acteur à l’occasion… La chanson, il la connait bien, puisqu’il travailla dans une maison de disques.Il écrivit aussi ces romans qui le rendirent célèbre dans les années 68:  L’Automne à Pékin, L’Ecume des Jours et l’Arrache-coeur. Passionné de jazz , il écrivit aussi quelques pièces comme L’Equarissage pour tous, le Goûter des généraux et les Bâtisseurs d’empire qui ne sont plus guère jouées . Il fut aussi traducteur de textes américains: tout cela, en ayant eu quand même deux enfants,  et , en quelque à peine vingt ans à peine.. Ainsi,  fut la courte vie de Boris Vian, dans le Paris encore bohème du Saint-Germain-des-Prés de l’époque, mort il y a déjà cinquante ans. Juste , ou plutôt à peine, le temps de vivre,comme dit le titre du spectacle.
 Une  lumière rouge est allumée face public….Silence:on assiste à l’enregistrement d’une émission sur Boris Vian. Ils sont trois sur scène: Gabrielle Godart, Arnaud Laurens et Susanne Schmidt qui chantent  tous les trois ensemble , en duo ou en solo mais elles jouent aussi du piano, de l’accordéon, et lui, du saxo et de la guitare électrique. Les chansons se succèdent: celles que l’on connaît depuis toujours: « Fais moi mal , Johny »,  « On n’est pas là pour se faire engueuler », « Je bois pour oublier » , « Je voudrais pas crever « ,  « Je suis snob avec ce dernier vers étonnant: « Et quand je serai mort, je veux un suaire de chez Dior. ».. et d’autres moins connues et quelques citations de poèmes, pages de romans et extraits de son  inachevé Traité du civisme, pas toujours aussi convaincants. Il y a aussi de merveilleuses pubs d’époque dites en voix off: Omo lave plus blanc, La pointe Bic avec ses trois kilomètres d’écriture, et  Cette chanson vous était offerte par Frigidaire.
  Atteint de rhumatismes articulaires quand il était enfant, Boris Vian eut vite des complications  côté coeur, et on le sent obsédé par ce gros muscle défaillant chez lui -il intitule un de ses romans L’arrache-coeur-  et par la mort qui rôde à chaque instant : la plupart de ses chansons en portent la marque et il se savait sans doute condamné à courte échéance. Le spectacle , dont le montage est dû à François Bourgeat , qui a été mis en scène par Jean-Louis Jacopin, est du genre réjouissant et il y  a un très  beau travail musical qui mérite d’être salué.

Les colères, l’humour corrosif et la poésie de Vian sont en tout cas bien là. Côté éléments de décor et costumes, c’est beaucoup plus  approximatif mais,  bon… Dans les conditions difficiles qu’imposent une salle et une scène médiocres,  les trois interprètes, au solide métier,  réussissent pourtant à s’imposer: il y a encore quelques longueurs et baisses de rythme mais tout cela devrait pouvoir se caler après quelques représentations.
 A voir? Oui, si vous avez envie de retrouver Boris Vian chanté devant vous, là- haut à Ménilmontant.

Philippe du Vignal

Théâtre de Ménilmontant, jusqu’au 15 mars 2009.

Parmi plusieurs biographies de Boris Vian,  citons la dernière: V comme Vian de Marc Lapprand aux Presses de l’Université Laval, 2006; quant aux oeuvres de Boris Vian, elle sont éditées pour la plupart chez Fayard; pour les chansons, vous avez l’embarras du choix dans les disques édités.

Le voyage du P’tit Zygo

mrstomach1levoyageduptitzygo.jpg

Le voyage du P’tit Zygo de Chloé Houbart et Aurélie Hubeau, mise en scène d’Aurélie Hubeau.

  . Il est dix heures trente à Montreuil, dans la banlieue de Paris, une grosse ville peuplée de dizaines de nationalités,  où il y a beaucoup d’enfants. Ils sont là, se tenant par la main, sagement assis dans le hall du théâtre où règne une sorte de paix: cela est plutôt réconfortant, cette France de demain, si mélangée.
 Le voyage du P’tit Zygo , comme nombre de spectacles et contes  pour enfants, est fondé sur une sorte de promenade initiatique. C’est l’histoire d’un petit muscle: le petit zygo, celui qui fait sourire qui habite dans le corps d’un petit garçon de six ans et demi. Mais le dit petit garçon vient d’avoir une petite soeur et il en a perdu le sourire. le p’tit Zygo va donc l’emmener faire un voyage à l’intérieur du corps humain pour lui apprendre à grandir. Ils vont d’abord voir  Sa Majesté le Cerveau, ici figuré par un petit castelet  d’ombres de tout format, puis ils affrontent un étrange personnage: Monsieur Stomac , représenté par un aquarium rond empli d’eau, puis ils rendent visite aux poumons figurés par une sorte de sculpture en fils de cuivre suspendue à un cadre noir, et enfin  à Monsieur le Coeur, une petite marionnette sur table.
  L’histoire est racontée par Chloé Houdart à la fois interprète et manipulatrice des différentes marionnettes ou figurines.Le spectacle est conçu pour être au croisement d’une histoire écrite pour les enfants, d’une exploration des mécanismes du vivant qui, c’est vrai,  fascine toujours les humains et en particulier les enfants, puisqu’ils ne connaîtront jamais, sauf exception pour les médecins et surtout les chirurgiens, l’intérieur de leur propre corps, alors qu’ils en sont les uniques propriétaires.
 Oui, mais: on nous annonce en fanfare que le spectacle est inspiré par Annette Messager, René Magritte ou ( pourquoi ce ou?) Salvador Dali. Désolé, les figures et diverses sculptures d’Annette Messager ont une invention et une véritable charge poétique qui n’ont rien à voir avec ce qui est installé sur le plateau et quand aux deux peintres, on ne voit pas très bien non plus pourquoi on a sollicité leur bénédiction post mortem…
 Chloé Houbart a une excellente diction et est une bonne manipulatrice,  mais on reste  sur sa faim: le texte est d’une platitude et d’une mièvrerie affligeante, et les images assez pauvres  n’ont guère d’intérêt. Le compte n’y est pas du tout, mais vraiment pas du tout. Un mois de prison avec sursis, comme dirait Jacques Livchine. Heureusement, la mauvaise plaisanterie ne dure que quarante minutes mais c’est déjà beaucoup trop.
   A voir?  la réponse est évidemment  non…. Y emmener des enfants ? SURTOUT PAS.  Mieux vaut retrouver cette série de dessins animés des années 80 sur l’exploration du corps humain qui s’appelait Il était une fois la vie,où les enfants, comme les adultes, peuvent apprendre plein de choses, même si c’est parfois un peu difficile à appréhender. Les enfants devraient bénéficier du plus magnifique des cadeaux théâtraux, mais on est bien obligé de constater que c’est rarement le cas.
  Il y avait autrefois dans des temps moyen-âgeux ( je veux dire autour de 1968 ) une dame qui s’appelle Catherine Dasté- qui est aussi la fille de Jean et Marie-Hélène Dasté, et la petite- fille de Jacques Copeau) . Elle avait créé  avec sa compagnie de la Pomme verte, des spectacles pour enfants d’une incroyable force théâtrale : L’arbre sorcier, Jérôme et la tortue, etc… Elle avait la foi des humbles, la probité scrupuleuse des artisans et une sorte de génie pour emmener les enfants dans des voyages merveilleux, avec des images d’une grande beauté.. C’était une occasion à ne pas manquer pour lui rendre l’hommage qui lui est dû.

 Le voyage du P’tit Zygo se déplace en tournée si vous y tenez…

L’Anniversaire

image31.jpg
L’Anniversaire d’Harold Pinter, mise en scène de Michel Fagadau.

 Nous sommes dans une pension de famille au bord de la mer tenue par un patron loueur de transat  et par sa femme qui materne Stanley , l’unique résident,  ancien pianiste de bar assez mal dans sa peau qui passe ses journées à ne rien faire. On annonce, le jour de son anniversaire, l’arrivée de Goldberg et Mac Cane,  deux  étranges personnages ,peut-être  des truands qui vont se mettre à torturer mentalement et à humilier ce pauvre Stanley à la fois parce qu’il répond et parce qu’il ne répond pas. Avec des questions insensées du genre:  » Pourquoi as-tu trahi l’organisation? ».   » Pourquoi la poule a-t-elle traversé la route? » . Ou encore: « Le chiffre 846 est-il possible ou nécessaire? ». Kafka  et Beckett ne sont pas très loin…
 Comme s’il s’agissait chez ces deux tortionnaires d’induire chez un être sans défense comme Stanley un ineffable sentiment de culpabilité. L’agression injustifiée , est  assez sournoisement menée  comme dans toutes les pièces de Pinter. Et le seul fait d’être accusé le persuade qu’il a commis des faits gravement répréhensibles, même et surtout quand il n’y a aucun mobile apparent…Et, bien entendu, comme toujours chez Pinter , la parole  constitue une arme efficace quand il s’agit de s’en prendre à son semblable.
 En ces temps de procès d’anciens kmers rouges, voilà qui rappelle bien des choses sur le comportement de certains humains, capables du pire dès qu’ils se sentent en  position de force. Goldberg et Mac Cane décident d’organiser une fête d’ anniversaire pour  Stanley , c’est à dire une minable beuverie au whisky, puis jouent à colin-maillard, les dieux savent pourquoi! Il y a aussi une scène d’amour entre Goldberg et une belle jeune fille  bien jouée par Emilie Chesnais. Mais le dialogue est si pauvret que l’on a du mal à croire aux situations que Pinter nous propose.
 La pièce,  créée en 58, et dont Pinter a tiré un film en 68, commence plutôt  bien,  par un dialogue entre le mari et la femme au moment du petit déjeuner qui fait penser à La cantatrice chauve de Ionesco, et il y  a une ou deux scènes entre les deux tortionnaires qui peuvent mériter l’attention. Mais si l’on perçoit  le poids des symboles, cela n’en finit pas: tout est lent,  souvent laborieux et répétitif,  et manque singulièrement de rigueur.
  La pièce  va donc cahin-caha et se termine,  plutôt qu’elle ne finit, comme si l’auteur avait bien du mal à essayer de s’en sortir. Ce n’est ni le Pinter de L’amant ni celui de La Collection ou du Retour… Il avait dit,  à une soirée de rencontre (c’était en 68) au Théâtre Antoine :  » Je ne sais pas si ces trois personnages se sont déjà rencontrés. cette pièce se passe dans une maison. Si on avait  la possibilité de regarder à travers les murs des maisons, on y verrait des choses assez curieuses. C’est pour cela que je ne souscris à aucune explication métaphysique pour cette pièce ». Explication métaphysique ou non, faudrait-il encore , qu’il y ait de véritables personnages et un vrai scénario, pour que l’on y voit quelque chose et pour que nous nous sentions concernés, ce qui est loin d’être le cas.
  Claude Régy avait assez bien monté la pièce autrefois, avec Piéplu, Marielle et Fresson mais  la mise en scène de Michel Fagadau est  vieillotte et il  n’arrive pas à nous convaincre de la nécessité d’écouter un tel texte pendant plus d’une heure et demi;  de plus,il a fait appel à quelqu’un qui doit avoir des idées en scénographie mais il est rare de voir un ratage plus complet en la matière !

Imaginez  une scène nue, comme dans les années 70, où l’on plaqué des miroirs en tissu d’aluminium, qui reflètent le moindre mouvement des acteurs,quelques étagères en bois noir, et des voilages blancs… Au centre,  une  table basse ronde de quelques mètres supportée par des pieds en fer noir,  qui encombre  tout l’espace et qui sert  de praticable! Au secours, tous aux abris!  Et mieux vaut oublier la  laideur des costumes.
 Les comédiens, pourtant expérimentés, semblent  livrés à eux-mêmes:( la direction d’acteurs est inexistante) et essaient de lutter comme ils peuvent: mais ni Andréa Férréol ni Lorant Deutsch ne semblent croire à leur texte , Jacques Boudet gère comme il peut un personnage inexistant ; seul, Jean-François Stévenin,  qui n’avait pourtant pas joué au théâtre depuis bien longtemps et l’excellent Nicolas Vaude, arrivent , par moment, à créer une sorte d’inquiétude et de malaise. Et puis , il y a les quelques apparitions d’ Emilie Chesnais qui  apporte un peu d’air frais dans ce monument d’ennui. Le public , lui, en tout cas,  ne semble pas dupe et hier soir n’applaudissait pas beaucoup…
 A voir? Non,  sûrement pas, d’autant plus que le prix des places n’est pas donné. Ou bien,  si vous tenez à vérifier que l’Anniversaire n’est pas le meilleur de ce qu’a pu écrire  Harold Pinter, récemment disparu, qui reste un grand dramaturge.

Philippe du Vignal

Comédie des Champs-Elysées, avenue Montaigne .

Deux solitaires: Michèle Guigon, François Joxe

vie.jpgLa vie va où ? texte co-écrit avec Suzy Firth et mise en scène de Michèle Guigon.

Michèle Guigon est à la fois comédienne-on l’a vu autrefois dans les spectacles de Jérôme Deschamps ; chef de troupe de la Compagnie du p’tit matin, elle a aussi fait plusieurs mises en scène et a dirigé récemment  Denis Lavant dans Big Shoot de Koffi Kwahulé , ainsi que le conteur Pepito Matéo; c’est maintenant son troisième spectacle en solo.
La petite jeune femme à la frange brune qui incarnait comme personne les pauvres idiotes dans Les Précipitations ou la Veillée de Jérôme Deschamps, a changé, comme nous tous, et a les cheveux gris. Et pour cause: elle installe vite les choses crûment et sans précautions: un cancer l’a,entre temps, rattrapé qu’elle  a appris à traiter avec un certain mépris, mais, avec beaucoup d’humilité, comme encore étonnée d’en avoir réchappé.  Le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard disait autrefois Aragon, et c’est un peu la chanson douce, dénuée d’amertume que nous donne à entendre Michèle Guigon. L’enfance enfuie mais toujours tapie, pas très loin ( « quand les grandes personnes sont vraiment très grandes), la maladie qui lui a sans doute appris à avoir un autre regard sur les gens et la société., l’apprentissage inéluctable des verres progressifs qui démontrent que le corps , s’il est toujours bien vivant, a bien subi des ans, l’irréparable outrage…
Mais, comme elle dit avec cet humour ravageur qui la caractérise: « Il faut avoir la santé pour avoir ces maladies ». , avant d’ajouter , dans un très beau raccourci: « l’on perd à la fois ses dents et ses amis ». Tout est dit… De temps en temps, elle nous accorde un air d’accordéon, comme un petite respiration, avant de conclure un peu cyniquement : « On aime bien la beauté intérieure mais on préfère qu’elle soit bien présentée ».
Michèle Guigon décline son amour de la vie,avec une intelligence  et un sens des nuances , une gestuelle impeccable seule sur son tabouret, aussi à l’aise dans l’expression de la nostalgie que dans l’effroi que lui inspire les mots comme cancer ou mort. Cela pourrait être sinistre: cela ne l’est pas du tout: Michèle Guigon a l’art et la manière de dire les choses avec distance et finesse qui fait tout passer, même l’insupportable.
C’est à la fois, comment dire les choses, très impudique dans la façon qu’elle a de partager ses émotions avec un public qu’elle réussit en quelques minutes à emmener là  exactement où elle veut ,et d’une extrême réserve quant aux confidences. Sans doute grâce à un second degré qu’elle manie comme peu de comédiens savent le faire quand ils se retrouvent seuls en scène. Il y faut une sacrée sensibilité et, en même temps, une maîtrise orale et gestuelle de tout premier ordre dont elle fait preuve  durant les soixante minutes que dure le spectacle.

A voir, oui absolument, malgré quelques petites longueurs mais le spectacle, depuis le Festival d’Avignon 2008, a encore dû se bonifier.

Philippe du Vignal

Le Lavoir Moderne Parisien, 25 rue Léon Paris 18 ème , jusqu’au 27 février , puis ensuite en tournée.

 

Avant- dernières salutations, texte et mise en scène de François Joxe.dsc05031.jpg


Précisons tout de suite: l’endroit est inconfortable et froid, on ne voit pas toujours très bien et les chaises pliantes ne sont même  pas attachées au m
épris des règles les plus élémentaires de sécurité. Ce qui n’a pas l’air de gêner le loueur de la salle en question.
Mais il y a là, deux soirs par semaine seulement, un petit bijou de t
héâtre. Comme l’indique avec humour le titre, il s’agit non pas d’un adieu à la scène mais des avant-dernières salutations (« un testament nouveau ou ancien, j’ai hésité » )d’un acteur plus tout jeune qui nous livre quelques bribes de sa vie qu’il estime avoir ratée. « Tout le monde ne peut pas en dire autant, précise-t-il, après avoir lancé ,vachard, au public: « Cela  n’a pas l’air de vous affliger! « .
Le comédien revient sur son incapacité à communiquer avec les metteurs en scène qui auraient pu l’employer,  ses gaffes monumentales dès qu’il s’agit de conquérir un rôle important, lui, dit-il, qui se décrit comme un être velléitaire et présomptueux . A la fois juste et tout à fait comique.
Puis, il s’en prend au  bric-à-brac de la technologie moderne qui permet de tout enregistrer, à cet appétit effréné de consommation et de vitesse qui empêche de bien voir les choses si près de soi, alors qu’on se croit obligé d’aller toujours plus vite à l’autre bout de la planète; il s’en prend aussi à cette manie de communiquer sans arrêt, le portable ouvert en permanence, et la charge est des plus réjouissantes: « Oui, je suis dans  l’autobus, je descends et je marche sur le trottoir ». Alors que les gens se parlent de moins en moins.
Comme tout un chacun, il regrette,avec humour et tristesse,  sa jeunesse enfuie et redoute la vieillesse qui s’annonce, avec la mort au tournant. « Le passé me tourmente et je crains l’avenir », faisait déjà dire Corneille au Cid! François Joxe évoque sa vie personnelle et ses amours enfuies, ou du moins ce qu’il veut bien nous en dire…
Car, derrière l’excellent  comédien, se cache un homme à la fois pudique et discret que nous connaissons depuis si longtemps. « Adieu, ma fiancée lointaine, femmes tant bien que mal aimées, merci d’avoir croisé mon chemin ». Adieu à tous ceux que j’ai connus et à tous ceux que je connais encore ». A quelques pas de nous-la scène est très petite-à la fois sobre et profondément émouvant, les yeux embués de larmes, François Joxe, comédien et metteur en scène, qui fut longtemps le directeur du Festival du Cirque de Gavarnie, reprend  ce monologue exemplaire et d’un rare qualité d’écriture qu’il avait créé l’an passé en Avignon.
Le monologue est une vieille tradition théâtrale, que ce soit dans le genre comique ou tragique ( les Grecs comme les Romains: Plaute, en particulier dans Le Soldat fanfaron) ne s’en sont pas privés. Le genre est périlleux et il y faut un sacré savoir-faire et une façon de s’emparer du public pas donnée à tous les comédiens.
Mais c’est un pur bonheur d’entendre un homme ou une femme ( comme Michèle Guigon: voir plus haut,  ou Valérie Lemercier ) nous livrer un  petit moment d’humanité: un peu leur jardin secret et le nôtre. Surtout, quand avec François Joxe qui joue ce monologue avec une belle précision qui n’exclut jamais, bien au contraire, un bon paquet d’humour et de tendresse.
Plus que sept minutes, annonce-t-il soudain, en savourant ses mots, comme si c’était une plaisanterie: on n’aura pas vu les 55 minutes passer… On trouve à la fois autant de sincérité et de maîtrise d’un texte. Souhaitons à François Joxe de continuer à jouer longtemps ces avant-dernières salutations dans une salle convenable; il a toute l’intelligence, la rigueur et la poésie du Philippe Caubère d’autrefois, et ce serait vraiment dommage qu’aucun programmateur ne s’intéresse à ce petit bonheur de spectacle.
A voir: oui, sans restriction aucune… si vous le trouvez sur votre route.

Philippe du Vignal

Théâtre de Nesles, 8 rue de Nesles , Paris 6 ème; les lundis et mardis  à 19h 30,  du 16 février jusqu’au 31 mars.


****Ce qu’on ne doit pas penser (ex Quoique) le samedi 16 Avril 2016 à 20h30, est repris Station-Théâtre, 1 route de Rennes 35520 La Mézière, avec Ce qu’on ne peut pas dire (ex Avant-dernières salutations)le vendredi 15 avril 2016 à 20h30.

 

1...454455456457458...465

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...