LES BONS, LES BRUTES ET LES TRUANDS

LES BONS, LES BRUTES ET LES TRUANDS  , texte et mise en scène de Christine Pellicane
Ce « western électrique en culottes courtes joué par 24 pieds tendres de Belleville » force l’admiration malgré les inévitables imperfections techniques. Christine Pellicane issue du rock alternatif a fondé Tamérantong en 1992 pour monter des spectacles  dans des conditions professionnelles avec des enfants des milieux défavorisés de Belleville. Depuis elle a monté plusieurs troupes de front, l’une à Mantes la Jolie, deux à Belleville, une autre à la Plaine Saint -Denis ( en lien avec la compagnie Jolie Môme à la Belle Étoile).

  Ce western spaghetti est joué sur des rythmes effrénés conçu par Ludwig von 88, groupe de rock cousin de la compagnie,  avec des décors et des costumes bricolés à partir d’objets récupérés. On ne peut que s’incliner devant cette énergie débordante, cette joie du plateau communiquée à une salle bourrée de parents et d’amis qui ont tous payé un prix symbolique. Comme  la compagnie Image aigüe de Christiane Vericel à Lyon  qui travaille, elle aussi, avec des enfants,avec une grande perfection plastique, Tamérantong , dans un tout autre style,  avec toute la générosité des amateurs engagés , ce qui  nous venge des froides soirées institutionnelles.

 

Edith Rappoport

Théâtre de l’Epée de Bois (  Cartoucherie de Vincenes)


Archives pour la catégorie critique

FANTAISIES POUR ALICE

FANTAISIES POUR ALICE

Écriture et mise en scène de Richard Demarcy

Dans ce pauvre et chaleureux grand parquet, Richard Demarcy, grand amoureux de l’Afrique où il voyage souvent, développe une résidence depuis plusieurs années. Jusqu’à la fin du mois de juin, il a repris deux spectacles qui ont beaucoup tourné avec un beau succès populaire, Oye luna et ces Fantaisies pour Alice, interprétés par une troupe généreuse et multicolore. Six comédiens  de Taiwan, d’Angola, du Sénégal, du Portugal et de France  nous emmènent au pays de Lewis Caroll, une Alice noire y croise un lapin portuguais toujours en retard, un loir qui ne cesse de s’endormir, tous les animaux qui viennent la surprendre, l’inquiéter mais aussi  la réconforter quand elle cherche à échapper à l’ire de la méchante reine (noire elle aussi). Ce rêve éveillé ,qui peine  un peu à s’imposer dans les premières minutes, trouve rapidement son rythme et réjouit les spectateurs d’origine très diverse qui remplissent la salle. Quel contraste avec leur riche et vide voisin du  » 104  « qui a tout gardé des Pompes funèbres , son ancienne destination…

Edith Rappoport

 

Le Grand Parquet,  jusqu’au 23 juin.

Grand Prix de littérature dramatique

  Grand Prix de littérature dramatique au Théâtre de la ville-Les Abbesses.

gpld091.jpg

Ce Grand Prix, comme l’a rappelé, dans une brillante présentation, Michel Corbin, le président d’Aneth*, qui a été créé par le Ministère de la Culture en 2005, a pour objet d’honorer un texte « théâtral « indépendamment de sa réalisation scénique déjà faite ou à venir; le jury, présidé cette année par Daniel Besnehard pour bien marquer cet attachement à l’écrit comme base dramaturgique, est uniquement composé d’écrivains qui ne travaillent pas que pour le théâtre, ce qui est de toute façon assez rare, avec entre autres:  Arnaud Cathrine, Remi de Vos, Koffi Kwahulé, Jean-Pierre Siméon pour ne citer que les plus connus, C’est l’occasion aussi, comme il l’a souligné , de donner un coup de projecteur sur les éditions qui ont publié les pièces des cinq finalistes  pour 2009 : L’Arche éditions et Actes-Sud Papiers  évidemment ,mais aussi Editions Espaces 34 et Les Solitaires Intempestifs. Jean-François Perrier, comédien, a présenté au public chaque auteur en essayant,  avec persévérance et  savoir-faire, de  faire  parler de leur travail d’écriture Carole Fréchette, auteure québécoise bien connue ,pour La Petite Pièce en haut de l’escalier, récemment  mise en scène au Rond-Point ( voir l’article dans le théâtre du blog), Samuel Gallet pour Encore un jour sans, Couteau de nuit de Nadia Xerri-L , jouée sur cette même scène des Abbesses (voir aussi la critique dans le théâtre du blog); Les Arrangements de Pauline Sales et enfin La Conférence de Christophe Pellet, le lauréat qui, sans doute profondément troublé par ce Prix qui allait lui être attribué,  avait du mal à trouver ses mots. Mais c’était aussi lui, le plus juste  et le plus émouvant .

  Les quatre autres écrivains , beaucoup plus aguerris à ce type d’exercice, ne dirent cependant  pas des choses bien passionnantes… même quand ils  essayaient d’être convaincants. Puis des comédiens ( Christophe Brault, Anne Benoit, Marie Armelle Deguy, Jérôme Kircher et Frédéric Marignani)  lurent quelques extraits de chaque pièce. Il y en  avait 81 en compétition et le jury ne s’est sans doute pas trompé en couronnant  La Conférence de Christophe Pellet, dont l’écriture exigeante, était incomparablement la meilleure et la plus originale.
C’est bien que soit annuellement rappelée que l’écriture théâtrale contemporaine a besoin de respirations nouvelles et que des textes , quelque peu audacieux dans leur forme, surtout quand ils ne font pas seulement appel au dialogue à deux ou trois personnages, aient aussi droit de cité. Mais il ne faut pas se faire trop d’illusions: tant que les auteurs dramatiques ne seront pas correctement rémunérés, ce qui est loin d’être le cas à l’heure actuelle, le cinéma comme les chaînes de télévision kidnapperont les meilleurs dialoguistes et scénaristes…Il ne faudrait pas en tout cas que l’écriture  théâtrale ne devienne la cellule d’apprentissage des medias les plus en vogue.


* ANETH organise ce prix en partenariat avec le Théâtre de la Ville et France-Culture, en association avec le Centre national du Livre , la DMDTS, les Ecrivains associés du Théâtre (EAT), la SACD et le 5 ème salon du théâtre et de l’édition théâtrale.

Philippe du Vignal

La maladie de la famille M.

  La maladie de la famille M. de Fausto Paravidino, mise en scène de Radu Afrim.

image2.jpg  D’abord , une petite piqûre de rappel; Fausto Paravidino est , à 33 ans, l’auteur dramatique vedette en Italie  et il est maintenant  bien connu chez nous, puisque nous avons pu voir, entre autres,  Deux frères montée par Jean-Romain Vesperini, Peanuts par Christian Benedetti,  Nature morte dans un fossé par  Patrice Bigel puis par le collectif DRAO, et le très beau Gênes 01 mis en scène par Victor Gauthier Martin, qui témoigne des violences policières sans précédent dans l’Italie contemporaine lors du sommet du G8 en 2001.; quant à  La  maladie de la famille M. , c’est la première pièce  de Fausto Paravidino qui a commencé par être acteur mais est aussi maintenant , scénariste metteur en scène et traducteur de l’anglais pour Shakespeare et Pinter, dont il est une sorte de  petit cousin.
   La pièce  vient d’être montée par Radu Afrim au Théâtre national de Timisoara   par Radu Afrim qui a le même âge que Paravidino;  jeune metteur en scène  roumain, il fut remarqué , quand il monta une adaptation des Trois soeurs de Tchekov et on le considère en Roumanie comme l’un des plus doués de sa génération.
  La pièce  a pour thème la vie au quotidien d’une famille ordinaire frappée d’une maladie bizarre; le père parait assez mal en point ; quant aux trois enfants, Martha l’aînée qui joue un peu le rôle de mère de famille depuis que la leur a disparu il y a quelques années,et dont ils n’ont pas fait le deuil Maria la cadette qui semble s’être réfugiée dans une vie sexuelle assez intense et Gianni , un garçon d’une vingtaine d’années. Il y a aussi Fulvio et Fabrizio, vieux copains qui se partagent les faveurs de la jolie Maria, et qui sont en conflit ouvert, tout en restant très proches. Gianni, mourra, dans des circonstances mal élucidées, suivi très vite par son père que l’on avait dû faire hospitaliser. C’est du moins ce que dit Gianni, à la toute fin de la pièce, dans la seule vraie belle scène, quand il raconte son décès et celui de son père.
   Quand on entre dans la salle, les acteurs sont déjà en place dans une sorte de sous-bois , au sol couvert d’écorces rouges de pin, et où sont plantés quelques dizaines de branches sans feuilles de bouleau et de chêne; côté jardin, il y a une grande table, une  étagère à bibelots, et un petit réchaud à gaz; et , côté cour, un lit en métal cuivré où le père, Luigi, dans un grand manteau de laine tricotée, plus ou moins incontinent,  passera le plus clair de son temps; en attendant, il tire un gros ours en peluche à roulettes. Il y a aussi dans le fond, une baignoire ancienne, et , pas très loin  ,un gros téléviseur posé à même le sol.

  Et puis la pièce commence avec de très courts dialogues entre les deux soeurs, ou entre Martha et le père. Il y aussi Fulvio et Fabrizzio qui débarquent à tour de rôle; le téléphone sonne ; c’est Fabrizio qui appelle d’une cabine en fond de scène et le père répond au moyen de bulles écrites. Scène de bagarre entre Fabrizzio et Fulvio; scènes de repas de polenta avec tout le monde. Conversations toujours banales, en général assez souvent sur fond de relations sexuelles qui obsèdent Maria comme les deux garçons. On parle, on parle , on mange parfois , on boit du café et et l’on vomit aussi mais les personnages sont assez mal définis, si bien qu’il faut attendre près d’une  heure pour savoir exactement qui est qui, qui fait quoi; c’est d’autant moins facile qu’il faut regarder la scène mais avoir aussi l’oeil sur l’écran de surtitrage. 

  Paravidino , quand il écrivit cette première pièce n’avait pas la maîtrise que l’on perçoit dans  les remarquables dialogues de  Nature morte dans un fossé,ou dans les récits de Gênes 01 , même si l’on y trouve déjà les thèmes de ses pièces ultérieures: la vacuité et l’absurde de toute existence, la fascination pour le sexe, le manque d’énergie, l’ennui, l’incapacité à créer quoi que ce soit d’un peu intelligent ou de sensible.  Ce qu’il réussit si bien à faire dans Deux frères, ou de Nature morte dans un fossé, semble ici encore à l’état de brouillon prometteur.
  La scénographie de Velica Panduru est d’une belle intensité  visuelle mais Afrim n’a sans doute pas eu l’idée du siècle quand il lui a demandé d’imaginer un sous-bois pour ce type de pièce; on veut bien que cette « chronique sociale prenne ainsi un relief poétique inattendu, portant à une nouvelle puissance la  fantaisie et l’humanité du texte », comme le déclare un peu triomphalement Daniel Loyaza dans le programme. Mais, à l’évidence, on attend encore de pouvoir savourer ce relief poétique inscrit au menu ; et ce sous-bois sophistiqué ressemble davantage à une installation plastique aux parfums surréalistes- avec  cette baignoire ancienne blanche, enrobée de fumigènes où les personnages vont faire trempette de temps à autre. Déjà peu probants, ils ont évidemment du mal à se situer et, donc,  à nous convaincre: dès lors, tout s’éparpille et n’offre qu’un intérêt des plus limités . Il y faudrait  un  texte plu solide que cette suite de petits dialogues qui ne font pas vraiment sens.

  Quant à Radu Afrim , il a reçu de nombreux prix  suisses et roumains..Mais, même s’il sait faire les choses et diriger des comédiens,  sa mise en scène ne déborde pas d’imagination… Et,  comme la chose dure deux heures dix sans entracte, le temps n’en finit pas de finir. Le jeune metteur en scène a, au moins, réussi à bien choisir ses comédiens : Claudia Ieremia et Malina Manovici sont tout fait crédibles, comme le sont  Victor Manovici, Colin Buzoianu et Eugen Jebeleanu; mais Ion Rizea, qui joue  Luigi le père, surjoue  sans arrêt et c’est dommage.
  Alors, à voir ? Il faut bien admettre que l’on ressort de là assez déçu, que l’on ait ,comme nous, vu les autres pièces de Paravidino ou pas. C’est à vous de juger: si vous êtes roumain, vous aurez au moins le plaisir de retrouver la  langue de votre beau pays ; si vous êtes italien et fana de théâtre contemporain, vous pourrez découvrir la première  pièce de Paravidino; sinon, il faut être poussé par une sacrée curiosité. Mieux  vaut  peut-être attendre une reprise de Gênes 01 ou de Nature morte dans un fossé pour découvrir l’univers de Paravidino…

Philippe du Vignal
Théâtre de l’Odéon-Théâtre de l’Europe Ateliers Berthier , jusqu’au 21 juin.

 

*******************************************************************************************************************

LA MALADIE DE LA FAMILLE Ateliers Berthier Odéon par Edith Rappoport

de Fausto Paravidino, mise en scène Radu Afrim
C’est une famille qui pourrait être ordinaire, mais Radu Afrim, jeune et talentueux metteur en scène roumain, situe l’action dans une  vaste forêt de bouleaux jonchée de copeaux et de feuilles rouges. Maria la cadette s’envoie en l’air avec de multiples amants, elle ne sait lequel garder. Marta, l’aînée est gardienne du foyer, depuis la mort de leur mère, elle materne leur père, étrange et difforme, autoritaire et tendre à la fois, ainsi que leur jeune frère Gianni.  Les deux amants qui se disputent les faveurs de Maria sont bien accueillis à la table familiale. L’étonnant décor et les costumes de Velica Panduru, l’impeccable interprétation des six comédiens  roumains (la formation des acteurs n’est tombée avec Ceausescu) donnent à cet étrange spectacle, au delà du quotidien sordide évoqué par la pièce, une vraie dimension poétique.

 

Festival Teatro a Corte

Festival Teatro a Corte à Turin et dans la région du Piémont
du 10 au 26 juillet 2009arton1617350x259.jpg

     Si vous n’avez pas en juillet en Avignon allez en Italie découvrir un festival unique qui a pour vocation de provoquer et stimuler la création théâtrale contemporaine européenne en l’inscrivant dans les plus beaux sites du patrimoine architectural de Turin et du Piémont. Un festival qui crée des relations inédites, insolites, entre la modernité et les lieux de l’histoire et de la mémoire, investissant ces espaces avec des formes, des genres, des langages artistiques différents et innovants : théâtre, danse, cirque contemporain. Théâtre équestre, théâtre gestuel, visuel, théâtre de rue, installation, danse verticale, performance in situ, des projets pensés et créés pour des lieux et des espaces uniques, porteurs : palais, cours, résidences royales du Piémont : châteaux d’Aglié, de Rivoli, de Santena et de Moncalieri, le bourg de Pallenzo, la Reggia de Venaria, Druento et plusieurs lieux prestigieux de Turin.
Créé en 2001 à Turin et dirigé par Beppe Navello, le festival a affiché d’emblée son ambition d’être un rendez-vous résolument européen ouvert à la diversité d’expressions artistiques. Depuis trois ans, sous sa nouvelle forme de Teatro a Corte, il s’est affirmé dans le panorama européen comme le « signaleur » et le « susciteur » des nouveautés.
Sa programmation 2009, particulièrement riche, accueillant 31 compagnies de huit nationalités différentes, propose des spectacles dont presque tous sont des premières nationales et huit créations pour le festival.
À l’affiche 2009 les créations chorégraphiques de Maguy Marin et de Mélanie Munt, de la compagnie anglaise Tmesis, de la compagnie belge Furiosas, de Daniel Larrieu, de la chorégraphe russe Tatiana Baganova, la création de danse acrobatique présentée sur la façade de la Cour d’Honneur de Reggia par la compagnie française 9.81.
Des spectacles événements comme La bonne voie /le banquet de la compagnie française Ilotopi, réinventé pour la résidence royale de Pollenzo, mettant en scène le rapport de l’homme à la nourriture ; le théâtre équestre Flux du théâtre du Centaure, l’installation interactive de Judith Nab à la Cavallerizza Reale ou encore le spectacle de feu, vidéo art, danse et musique de la compagnie allemande Pan.Optikum.
Enraciné dans le Piémont le festival affirme sa dimension nationale en s’associant avec d’importants théâtres d’autres régions d’Italie pour proposer une vitrine des nouvelles sensibilités. Sept spectacles sélectionnés et produits par des théâtres partenaires : Teatro Nuovo de Naples, Teatro Pubblico Campano, Teatro Stabile delle Marche, Teatro Filodrammatici de Milan, Teatro Stabile de Sardaigne et la Fondation Teatro Piemonte Europa.
De nombreux rendez-vous de réflexion : tables rondes, rencontres réunissant des partenaires européens du festival Teatro a Corte, complètent la programmation 2009.

 

Irène Sadowska Guillon

Teatro a Corte
www.teatroacorte.it

Nuit Blanche chez Francis

Nuit Blanche chez Francis,  textes, chansons, vérités profondes et autres plaisanterie, spectacle conçu, réalisé et présenté par La Belle Equipe: Jean-Baptiste Artigas- Guillaume Destrem- Alain Dumas- Didier Le Gouic.image11.jpg

 Francis Blanche a, pour beaucoup d’entre nous, disparu des écrans radar depuis bien longtemps… Il était né en 1921 et a commencé vers 17 ans au cabaret; il a joué au théâtre avec les fameux Branquignols de Robert Dhéry , écrivit aussi et interpréta plusieurs pièces dont Adieu Berthe, joua dans une centaine de films dont un bon nombre de nanars comme il le reconnaissait lui-même, mais a tout de même joué dans Belle de nuit  de Luis Bunuel,  dans plusieurs films de Jean-Pierre Mocky, et dans Les Tontons de Georges Lautner . C’était lui encore le dialoguiste du film La grande bouffe  de Marco Ferreri.Il aussi fait de tout, quelques 673 chansons dont la fameuse Débit de lait, débit de l’eau de Charles Trenet , de nombreux poèmes réunis notamment dans le recueil Mon Oursin et moi, Il était sans aucun ans doute curieux de tout, je l’avais même rencontré en 1967,  à Mysteries and smaller pieces, le fameux spectacle qui fit connaître le  Living Theatre en France.

  C’était aussi le précurseur des canulars téléphoniques comme cette réclamation  à propos d’un ouvre-boîte dont il n’arrivait pas à se servir pour ouvrir une boîte de petits pois. Il  s’était  aussi rendu célèbre avec son complice et ami Pierre Dac, en créant les  fameux feuilletons radiophoniques comme Malheurs aux barbus ou Signé Furax ( 1043 épisodes!)  ; au lycée, ceux qui avaient le privilège de pouvoir rentrer chez eux déjeuner, racontaient aux copains l’épisode quotidien…

  Francis Blanche  était une sorte d’ovni dans le monde artistique, qui ne manquait pas d’impertinence et d’irrespect par rapport aux valeurs établies, politique comme religieuses, et l’on reste encore admiratif trente cinq ans après sa disparition, des jeux verbaux, mots à tiroirs, devinette stupides, calembours, tous porteurs d’une véritable poésie, comme ses chansons réécrites sur des musiques célèbres, que ce soit sa  formidable Truite de Schubert d’après son Quintette en la majeur , ou d’autres comme La Pince à linge d’après La Symphonie n°5 de Beethoven. 

  On connaît beaucoup de choses de Francis Blanche mais c’est un vrai régal de les redécouvrir aussi  subtilement interprétées. Donc, La Belle Equipe s’est emparée de ces chansons, petites fables « idiotes »,  imitées des grandes, devinettes stupides , faux interviews ou poèmes, aphorismes et autres pensées, avec beaucoup de savoir-faire  et d’intelligence scénique. Disons,les choses sans hésitation, c’est un spectacle tout à fait remarquable : à la fois bien équilibré ,avec une dramaturgie exemplaire où rien n’est laissé au hasard; entre le cabaret et le théâtre; à quatre ,ils  savent à peu près tout faire; ils chantent aussi bien qu’ils  jouent, sans jamais en faire de trop, en s’ accompagnant au piano ou à la guitare…

  Il n’y a pas grand chose sur la scène que des rideaux noirs et cinq chaises tubulaires d’école maternelle. Et ils ont tous les quatre un réel talent de conteur: diction et gestuelle très précise, unité dans le jeu, facilité pour passer du chant choral au jeu. C’est à la fois tout à fait simple et d’une grande rigueur; le seul petit bémol est l’évidente médiocrité des costumes qui ne sont pas signés et qui devraient être revus et corrigés d’urgence.
Et tous les sketches qu’ils soient joués en solo ou en groupe sont de petit bijoux: comme celui du cinéaste italien très branché qui déclare :  » Le cinéma pour moi est visuel  » et précise avec beaucoup de prétention qu’il a innové ces dernières années en supprimant la voix et le son, c’est à dire en inventant  un cinéma  qu’il qualifie de muet On retrouve ce qu’il y a de meilleur dans l’univers déjanté de Francis Blanche: à la fois cette espèce de délire et de jubilation  devant la bêtise et la prétention humaines, souvent teintée d’une certaine mélancolie  en filigrane qui fait tout le charme de ces textes où chaque mot est pesé, chaque phrase est à sa juste place.

  Et vraiment, cela fait du bien, de rire mais de rire vraiment, surtout en fin de saison, quand on a vu   des spectacles aussi sinistres que le Let me alone de Bruno Bayen à la Colline ; même si, parfois, il y  de la tristesse dans l’air quand les quatre compères disent des extraits de Mon oursin et moi:  » On ne peut ruiner  que celui qui fut riche. Et l’on ne peut tromper que celui qu’on aima » ou  » Le chagrin est une sorte de chat sauvage, de couleur grise. son cri est plutôt triste et lugubre. Il faut se mettre à plusieurs pour en venir à bout. Car tout seul, on arrive mal à chasser le chagrin ».
A voir? Pas le moindre doute là-dessus;  et cela aurait fait plaisir  à Francis Blanche,cette nuit blanche se passe dans la salle du Théâtre noir….

 

Philippe du Vignal

Théâtre  du Lucernaire, 53 rue Notre Dame des Champs, à 20 heures

www.dailymotion.com/video/x1xs46_extraits-nuit-blanche-chez-francis_creation

HOP LÀ FASCINUS

HOP LÀ FASCINUS  Grande Halle de la Villette

 

Cabaret allumé sur une idée originale de Pierre Guillois, avec Cheptel Aleikoum, les Octavio et les Posséd és
Trois groupes dont les parcours différents s’affirment depuis une dizaine d’années avec une belle originalité, du cirque et du clown pour les deux premiers au théâtre pour les Possédés se sont lancés à Bussang dans une soirée d’improvisations débridées, avec en ouverture une descente  du plafond de bouteilles de vin sur les tables des spectateurs, des séquences de ruptures et de réconciliations amoureuses, des contes de fées interprétés par des clowns gore, de beaux élans de corde volante, batman, du trampoline et un final hallucinant dans une baignoire et  un bain de mousse qui envahit la salle. Le vide absolu du propos répond à celui de notre époque, la technique est très au point, les entrées bien réglées. Qui disait que le théâtre résidait uniquement en un problème d’entrées et de sorties ? C’était pour moi et mes deux Brigitte une soirée jubilatoire
.

Edith Rappoport

La Dame de chez Maxim ( à la télévision)

La Dame de chez Maxim , à la télévision. (diffusé le 10 juin)
image1.jpg
   Bonne initiative : nous donner sur le vif une pièce en train de se jouer, et pas avec des « monstres sacrés » du théâtre privé, mais avec une troupe (que les « monstres » nous pardonnent : nous admirons autant leur longévité que leur talent, et vice-versa). Pas non plus avec des journalistes ou animateurs de télévision, dans l’autocélébration de la fée télévision, amateurs ravis d’être pour un soir Le Théâtre : passons sur cette aberration vue naguère sur une chaîne du service public.

  Non, une troupe, à l’Odéon, Théâtre National : Jean-François Sivadier s’appuie sur ses pensionnaires (Nicolas Bouchaud et Nora Krief en tête) et quelques invités (le de plus en plus convaincant Gilles Privat en tête), sur son obstination – et il a raison – à nous montrer en même temps que le théâtre comment fonctionne le théâtre et quelles en sont les ficelles.
Et ça marche, même à la télé. Ça marche d’autant mieux qu’on n’essaie pas de nous faire prendre le théâtre vivant pour de l’image en boîte : ça crie, ça court, on n’entend pas toujours très bien, nous voyons le spectacle comme le public dans la salle, avec ,en moins, la présence réelle des comédiens, et ,en plus , les gros plans. Nous avons vraiment du théâtre à la télévision, qui ne triche ni sur le bricolage du théâtre (dont fait partie un très concret jeu de ficelles et de portes  envolées plutôt que claquées, et des costumes criards), ni sur les privilèges de la télévision.
Après ça, libre au critique de souligner que cette mise en scène cerne bien la folie systématique des personnages (comme le dit l’un d’entre eux : « il ne croit que les mensonges »), leur tropisme à se transformer en mécaniques, « machines désirantes » empêtrées dans la trouille de leurs désirs. Naguère, avec Dominique Valadié, Alain Françon avait poussé cette folie jusqu’à l’effroi, avec une môme Crevette totalement subversive, qui met à nu, jusqu’à l’écorcher, l’inconsistance des convenances, ce qui n’est déjà pas mal. Feydeau a bien du mal à terminer sa pièce, et on le comprend : quand on a mis le doigt, le pied et le reste dans la fente de l’absurde…
Et voilà, même à la télévision, on peut recevoir l’énergie particulière du théâtre vivant.
.
Christine Friedel

La dame de chez Maxim

La dame de chez Maxim de Georges Feydeau mise en scène de Jean-François Sivadier.

 

maxim.jpgC’est avec cette Dame de chez Maxim, le troisième Feydeau de la saison dont nous vous  rendons compte, après La Puce à l’oreille, mise en scène par Paul Golub au Théâtre de l’Athénée, et les Fiancés de Loches à Nanterre -Amandiers, mise en scène de Jean-Louis Martinelli,  ( voir les critiques dans theatredublog) tous les trois créés dans un théâtre public. Il faudrait aussi signaler aussi au théâtre Saint-Georges, sa toute première pièce Chat en poche où il fait déjà preuve d’une sacrée imagination pour faire vivre deux familles des situations ingérables.
Bref, c’est l’année Feydeau, dont les pièces débarquent, dans un style ou un autre, comme de bons antidotes à ce que l’on appelle « la crise ». Jean-François Sivadier, l’excellent metteur en scène d’Italienne avec orchestre ( 1996 déjà ),  du Mariage de Figaro  et d’une très remarquable Vie de  Galilée de Brecht, s’est emparé avec la plupart  de ses acteurs habituels de la pièce de Feydeau .

  Sans être la meilleure de l’auteur ( la dernière partie s’essouffle un peu ), elle est un bel exemple de la la machinerie mise en place pour faire naître  le comique à partir d’une situation qui est déjà au départ ingérable et qui va, au fil du temps et des circonstances, engendrer quiproquos, malentendus, délires et mensonges en  tout genre improvisés à la dernière seconde, pour arrêter la catastrophe imminente le plus souvent au sein d’une famille ou d’un couple. Et cette Dame de chez Maxim n’échappe pas à la règle; on ne va pas vous résumer toute la pièce , ce serait trop long , impossible et surtout inutile.

    Il s’agit des mésaventures du brave docteur Lucien Petypon qui ,après une nuit où , avec son collègue et ami, le docteur Monchicourt; il n’ pas bu que de l’eau, et  retrouve , dans son lit la Môme Crevette, , une danseuse du Moulin-Rouge. Il est évidemment prêt à tout pour se débarrasser de cet élégant fardeau,  (qu’il ne se souvient même plus d’avoir ramenée chez lui)avant que son épouse Gabrielle ne s’en aperçoive.. Mais la jolie fille, a bien envie de laisser pourrir la situation qui ne peut que lui profiter, puisque la balle est dans son camp. Ce qui parait déjà difficile à résoudre pour  Lucien, mais ,comme chez Feydeau,une catastrophe n’arrive jamais seule,  son oncle, le colonel Petypon, de retour d’Afrique, vient le prier de venir au mariage de sa fille dans son château de Touraine.

  Bien entendu, le colonel croit que la môme Crevette est l’épouse de Petypon qui se verra donc obligé de l’emmener au mariage, en prétextant un déplacement d’ordre médical des plus urgents. Et bien entendu aussi , Gabrielle prendra le train suivant et arrivera elle aussi au château; et Monchicourt ne tarde pas on plus pour venir en aide à son vieux copain. Mais c’est un peu comme dans La puce à l’oreille avec son hôtel du Minet galant, tout ce beau monde se retrouve là où la môme Crevette n’a aucune raison d’être , d’autant plus qu’elle y   retrouve ,par hasard, son ancien amant, le lieutenant Corignon et … futur époux de la fille du colonel; mais, au cours de la réception,  la môme Crevette  accumule gaffe sur gaffe avec un plaisir évident et une sorte de perversité , et  devient de plus en calamiteuse au grand désespoir de Lucien ; en effet,  elle est pige vite et est capable avec cynisme et sang-froid, de  renverser une situation au tout dernier moment, elle  réussit même à être au mieux , sous une fausse identité de cousine, avec Madame Petypon. La môme Crevette, dans ce domaine là, ne doit pas en être à son coup d’essai et connaît bien les hommes…   

  Coup de théâtre  inattendu: elle s’enfuira avec son ancien amant. Les hasards chez Feydeau, même programmés sont toujours formidables , parce qu’inattendus, et sauvent les choses in extremis. Et même quand on connaît la pièce, on est comme des enfants, on les savoure encore… Revenu à Paris, le brave docteur Petypon arrive à se tirer, lui,  des situations  les plus accablantes , grâce à une invention diabolique de son crû: le fauteuil extatique , sorte de chaise électrique inoffensive qui a le don de figer  en une  demi- seconde, dès que l’on appuie sur un bouton, les gestes et les paroles de la personne qu’il y fait asseoir.  ( voir photo plus haut) .

  Gabrielle a fini  par tout comprendre ( elle aura mis du temps! ) mais le couple Petypon, arrivera ,tant bien que mal, à  se réconcilier. Même après tant de  demi-scandales et autant d’incroyables aventures qui n’auraient jamais dû se produire si Petypon n’était pas rentré ivre mort chez lui. Un couple, semble nous dire Feydeau , reste un couple.   La morale est un peu grinçante et cynique; qu’importe, il y aura eu , entre temps, des scènes du plus haut  comique, dès lors que l’on accepte les conventions et l’invraisemblable des situations, qui, plus d’un siècle après la création de la pièce , fonctionnent encore parfaitement; et dans l’écriture comique, chacun sait que c’est loin d’être évident. 

  Reste à savoir maintenant , comment s’emparer en 2009, d’une pièce aussi magnifiquement délirante; Golub et Martinelli avaient choisi de situer la pièce à notre époque; avec des décors assez laids et une  mise en scène discutable  chez Golub, et plutôt réussis mais peu crédibles chez Martinelli; Jean-François Sivadier a lui choisi de situer les choses sur un plateau nu ,avec toute une machinerie de fils que l’on fait fonctionner à vue sur le côté. Quelques chaises de bois blanc alignées ou non, un canapé, un lit , avec un ciel de lit blanc qui restera ensuite comme drapé et des panneaux de latté qui descendent des cintres pour figurer des portes ou une table de buffet,  voire les tableaux historiques du château, et un grand coffre en miroir sans tain pour figurer la chambre de madame Petypon où elle est enfermée mais  d’où elle peut observer la réception. Sivadier adore la machinerie, les praticables  qui se déplacent  au fur et à mesure ,  bref, tout l’endroit comme l’envers, et peut-être encore plus l’envers  de la représentation théâtrale. A vrai dire, ce qui peut fonctionner pour Brecht , n’est pas aussi réussi chez Feydeau, et tout se perd un peu sur le grand plateau de l’Odéon.

  On a souvent l’impression que Jean-François Sivadier  s’est fait lui-même piéger par la scénographie qu’il a installée avec la complicité de Daniel Jeanneteau et de Christian Tirolle, en voulant faire, à tout prix, preuve d’invention: du genre, je ne vais pas me contenter de ce que les autres ont déjà fait  ( entre autres, Alain Françon qui avait réussi les choses avec un décor beaucoup plus malin),  et vous allez voir ce dont je suis capable pour dire toute la modernité du texte de Feydeau! Mais les costumes sont de toutes les époques et assez hideux, disons les choses! Il doit sûrement y avoir une intention là-dessous,  mais laquelle?  

Et  cela finit évidemment par nuire à la mise en scène qui reste quand même  bien menée, même s’il y a une baisse de rythme dans la seconde partie, en partie, à cause de la pièce qui commence à patiner un peu. Mais cette déconstruction prétentieuse appliquée à Feydeau était- elle  indispensable? La réponse est carrément non. C’est dommage;  surtout,  quand  Sivadier a eu l’intelligence de faire appel à quelques grands interprètes , qu’il dirige très bien ,comme  Nora Krief en môme Crevette, qui joue à la perfection et  avec gourmandise,cette sale gamine intelligente,pas vraiment vulgaire mais trop heureuse de pénétrer dans un milieu qui n’est pas du tout le sien pour se payer une bonne tranche de rigolade , à coup de provocations et de coups tordus qu’elle ira raconter  à ses copines.Du grand art…Nicolas Bouchaud, excellent comédien, lui aussi,  joue, avec beaucoup de finesse et de second degré, le pauvre docteur Petypon qui, complètement égaré d’abord, puis,  assommé par tant d’ennuis,  remonte la pente pour la redescendre aussitôt ,en dégoulinant  de sueur et d’accablement. Et Gilles Privat, avec sa silhouette et sa voix inimitable , est un merveilleux colonel stupide et arrogant… Et le spectacle doit beaucoup à ces  trois acteurs exemplaires.  Le reste de la distribution est aussi de bonne tenue, même si, mais- est-ce évitable sur un aussi grand plateau?- les acteurs  crient souvent et sans raison.

   Alors à voir? Oui, si l’on veut, mais l’on peut aussi  regarder le spectacle sur Arte demain, mais ce n’est pas et ,de loin, malgré des airs de fausse modernité et des trucs bien usés comme ces allers et retours dans la salle qui ne servent à rien, la meilleure  des Dame de chez Maxim que l’on ait pu voir. Ce dimanche dernier, la salle était bien remplie et une bonne partie du public était même assez jeune, ce qui fait toujours plaisir, mais les applaudissements , malgré plusieurs rappels, n’étaient pas non des plus délirants.

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de l’Odéon  jusqu’au 25 juin  puis à partir d’octobre à Sceaux, Reims, Grenoble, Amiens, Annecy, Caen, Nantes et Valence; et demain soir donc mercredi à 20 H 45 sur Arte.

 

************************************************************************************************

LA DAME DE CHEZ MAXIM  Théâtre de l’Odéon par Edith Rappoport

de Georges Feydeau, mise en scène Jean François Sivadier
Ils sont seize comédiens, une vraie troupe, pour brosser l’imbécillité d’un drame bourgeois et en dépit de la minceur de l’intrigue, peut-être à cause d’elle, c’est un régal jubilatoire qui déploie des rires salutaires et bien rares au théâtre. Un médecin Lucien Petypon se retrouve au lendemain d’agapes arrosées, il ne se souvient plus de rien. Il a ramené chez lui la Môme Crevette (émoustillante Nora Krief), dont il cherche désespérément à se débarrasser, au moment où son vieil oncle,le Général Petypon, vient l’inviter au mariage de sa nièce. Il  prend la Môme pour son épouse, émoustillé, il l’invite aussi. De fil en aiguille, toujours au bord du scandale, la femme de Petypon (excellente Nadia Vonderhuyden) finira par pardonner et se révéler, le général emmènera la Môme en Afrique. Comme toujours, Nicolas Bouchaud est prodigieux dans le rôle principal, mais on peut saluer l’ensemble de la distribution, en particulier Gilles Privat en général et Stephen Butel en Mongicourt, l’ami fidèle

Edith Rappoport

 

Martin Crimp

Au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis on découvre des auteurs, Carte blanche autour d’une écriture théâtrale. Martin Crimp auteur invité

crimp.jpg

Beaucoup de théâtres pratiquent des lectures d’œuvres dramatiques se déchargeant ainsi des obligations de la création contemporaine. Peu de théâtres réservent une place importante à la découverte de l’écriture d’un auteur en questionnant sa démarche à travers les divers aspects de son œuvre et en la situant dans une perspective plus vaste d’autres écritures théâtrales. C’est précisément le sens du projet et de la manifestation « Un week-end pour un auteur » que Christophe Rauck met en œuvre dès son arrivée à la direction du Théâtre Gérard Philipe.
Après la première édition 2008 qui a confronté des écritures aussi différentes que celles de Christophe Pellet, Jacques Rebotier, Rémi de Vos et Wajdi Mouawad, l’édition 2009 (les 5, 6,7 juin) s’est articulée autour de l’œuvre de Martin Crimp, invité d’honneur, l’inscrivant en même temps dans un champ plus vaste de la dramaturgie britannique : Harold Pinter, Mark Ravenhill, allemande : Einar Schleef, et française : Valérie Sigward, Sonia Chiambretto.
Autour de Martin Crimp, impliqué lui-même dans certaines mises en espace dirigées par des metteurs en scène qui ont monté récemment ses œuvres : Marc Paquien (La ville), Christophe Rauck (Getting attention), Hubert Colas (Face au mur) Louis Do de Lencquesaing et d’autres, servies par, outre des acteurs confirmés (Anne Alvaro, André Marcon) des jeunes acteurs du JTN qui ont eu ainsi l’occasion de se confronter aux approches scéniques de diverses formes de l’écriture singulière de Crimp. Il s’agit en effet d’un théâtre qui, en prise avec notre époque, ne cherche pas à coller à l’actualité, à reproduire les faits, ni à délivrer des messages. Un théâtre qui n’aborde pas les problèmes de la société de façon frontale, démonstrative, mais qui convoque l’imaginaire du spectateur, la cruauté, la violence qui y affleurent sourdement en permanence ayant un impact infiniment plus fort.
Durant trois journées, à travers des mises en espace remarquablement travaillées, certaines bilingues, et une rencontre avec Martin Crimp, le Théâtre Gérard Philipe a proposé une traversée de son œuvre allant de pièces de théâtre Probablement les Bahamas, La ville, Play with repeats, aux textes courts, inédits, des nouvelles : Fever emergencies, Avis aux femmes d’Irak, Quatre pensées malvenues, Stage kiss, Sans titre écrit en prologue pour Ashes to ashes de Pinter, enfin au livret d’opéra Into the hill de George Benjamin, inspiré par la légende allemande du joueur de flûte de Hamelin.
Une belle découverte d’un auteur connu mais pas assez joué en France. De nombreuses œuvres de Martin Crimp : Getting attention, Ciel bleu ciel, La ville, Probablement les Bahamas, Tendre et cruel, Face au mur, Tout va mieux, Atteintes à sa vie, Le traitement, La campagne sont publiées par l’Arche Éditeur.
La troisième édition 2010 du « Week-end pour un auteur » s’articulera autour de l’écriture d’Aziz Chouaki.

Irène Sadowska Guillon

1...459460461462463...487

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...