Que voir en Avignon?

Que voir en Avignon?image23.jpg

 Dans le Festival in d’abord; on vous parlera du off ensuite. La programmation de Vincent Baudrier et Hortense Arcambault est cette année particulièrement riche en créations de metteurs en scène étrangers, et c’est  un vrai bonheur que de pouvoir s’offrir le spectacle du cinéaste Amos Gitai d’après l’historien Flavius Jsephe La Guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres. Et celui du grand metteur en scène polonais Krzystof Warlikowski d’après Eschyle, Euripide, mêm si cela dure quatre heures dans La cour d’honneur. On aimerait bien voir aussi ce que les deux Hollandais Johan Simmons et Paul Koek ont bien pu faire du Casimir et Caroline d’Odön von Horvath, cette pièce magique qu’Emmanule Demarcy-Motta avait un peu maltraité cet hiver au Théâtre de la Ville ( voir theatredublog). et c’est souvent un régal d’aller voir les spectacles du québécois Denis Marleau, surtout quand c’est, comme cette année, Une fête pour Boris de Thomas Berhard. Et il y a bein sûr l’Intégrale Wajdi Mouawad, maintenant plus toulousain que Canadien, qui est un peu la vedette du Festival et qui a connu un véritable triomphe avec les trois premières parties de son quatuor qui seront jouée toute la nuit  dans la Cour d’Honneur le quatrième texte
 Pour L’ode martime de l’immense  Fernando Pessoa, montée par Régy, nous avouons avec regret que notre passion pour Régy quand il montait, entre autres Peter  Handke et Botho Strauss a pris fin depuis un bon moment: donc à vous de voir. Il y aussi le monologue du congolais Dieudonné Niangouna au Cloître des Célestins dont la langue populaire a subi l’influence de Sony Labou  Tansi. Et comme Edith vous  l’a déjà  signalé, Le Préau d’un seul de Jean Michel Bruyère et de toute son équipe ne  devrait pas manquer d’intérêt.
Il ya aussi Riesenbutzbach. Une colonie permanente , un projet de Christoph Marthaler et Anna Viebrcok  Ses collages et sa façon bien à, lui de s’emparer d’une mise en scène sont toujours fascinants, même s’il ne fait pas toujours  l’unanimité de la critique. Ce que nous avions vu en revanche de Pippo Delbono nous avait laissé plutôt sur notre  faim, alors, affaire à suivre…Dans un autre registre, nous reconnaissons à Jan fabre qui a été reçu plusieurs fois au Festival d’Avignon son savoir-faire et cette espèce de folie plastique des corps sur la scène mais nous devons avouer que cela ne nous touche pas beaucoup.
 Signalons aussi ces cinq spectacles intitulés La Vingt cinquième heure qui ont lieu à partir de minuit dans les sous-sols de l’Ecole d’art, avec des textes et des perforlances de Marie Darieuseq, Christophe Fiat et Waji Mouawad , conception et montage de Cristelle Leheureux à partir d’un film de 36 de Mizoguchi qu’elle a en quelque sorte retraduit pour réaliser un film muet; une installation vidéo est aussi présentée pendant la journée) ainsi qu‘Excuses et dire liminaires de Za d’après Za de Raharimanana, mise en voix par Thierry Bédard qui présentera, par ailleurs, Le cauchemar du Gecko au Gymnase Aubanel; on sait que l’auteur et le metteur en scène ne sont pas en odeur de sainteté dans les bureaux de M. Kouchner, pour cause d’ingérence dans l’histoire coloniale de la France à Madagascar. Et leur dernier spectacle avait été quasiment interdit de séjour dans tout ce qui dépend du Ministère des Affaires Etrangères. Bien entendu, lequel a toujours nié. de toute façon, on a bien vu comment on a viré prestement le Secrétariat aux Droits de l’Homme…
 De toute façon, vous ne pourrez pas tout voir: question de dates mais aussi de budget: les places comme les autres années ne sont pas données et le public a le plus souvent les tempes grises; il est loin le temps où il y avait des bandes de jeunes dans la Cour d’Honneur pour le Soulier de Satin mis en scène par Vitez. Mais, il y a aussi le off, où, en étant vigilant, puisque le meilleur y côtoie souvent le pire, on peut cependant faire quelques belles découvertes. Nous vous tenons au courant, et régulièrement, vous pourrez consulter le theatre du blog si vous avez un ordinateur à portée de main: nous vous rendrons compte des spectacles à tour de rôle: d’abord Edith Rappoport, nous-même et enfin Chrisiine Friedel. Nous essayerons de couvrir au maximum l’actualité  d’Avignon puis celle des Festivals de Figeac,  de Chalons sur Saône, et surtout d’Aurillac

Philippe du Vignal


Archives pour la catégorie critique

Edith Rappoport: Mes choix pour Avignon,

Edith Rappoport:  Mes choix pour Avignon,

Bien entendu, pour ceux qui le connaissent ou non,   déjà l’intégrale  Wajdi Mouawad dans La Cour d’Honneur, ou bien la quatrième partie de son  quatuor Le sang des Promesses à Chateaublanc. L’Apollo de Krystof Warlikowski d’après Euripide,etc.. Bien entendu La guerre des fils de lumière contre les fils des ténèbres du grand cinéaste Amos Gitai à la carrière Boulbon. Une fête pour Boris de Thomas Berhard, mise en scène du Québécois Denis Marleau. Les Inepties volantes du très bon écrivain  Dieudonné Niangouna au Cloître des Célestins. On a très envie de voir aussi  Le Préau d’un seul de Jean Michel Bruyère qui a collaboré  auparavant avec Denis Guénoun, et qui est le fondateur du collectif international d’artistes LFKs et qui conçoit avec une équipe d’une vingtaine de personnes des espaces de création multidisciplinaires. Il y a aussi La maison des cerfs, troisième partie d’un très beau spectacle qu’il avait présenté il y a deux ans en Avignon. Pour Pippo Delbono, avec La Menzogna et son théâtre de la vérité, avec acteurs professionnels et personnalités, cela peut être intéressant. Et même si ce n’est pas du théâtre, feu vert évidemment pour la dernière création de Maguy Marin, mais pas pour Jan Fabre. Et là aussi , aucune hésitation la dernière création de Thierry Bédard et Raharimanana. Voilà, vous avez le choix…Bon festival

Edith Rappoport

Les Archivistes et le Tabularium,

Les Archivistes et le Tabularium, direction artistique: Elsa Hourcade, assistée de Séverine Leroy.

Le projet que Jean-Lambert Wild, directeur de la Comédie de Caen, a commandé à Elsa Hourcade tenait un peu du pari impossible: faire en sorte que les habitants d’Hérouville Saint-Clair, se sentent concernés par la présence au sein même de leur ville par la présence d’un théâtre et d’une galerie d’art contemporain. Soit, comme le dit, Elsa Hourcade , collecter les archives  de cette ville « nouvelle »… Qui a quand même soixante ans. Soixante ans d’architecture le plus souvent prétentieuse et mal foutue, et d’un urbanisme qui ne mérite pas son nom.  Et à partir de ces fragments de cette histoire singulière, construire dans le Théâtre d’Hérouville, pendant trois jours, une évocation de la vie de cette cité ». Cité  qui prolonge Caen mais qui, c’est vrai manque un peu d’âme, bien qu’elle possède quelque 22.000 habitants, dont 20 % de la, population active est au chômage! Elsa Hourcade, depuis presque deux ans,  a ainsi mis en place onze ateliers de pratique artistique,architecture, danse, musique, photo, théâtre bien sûr, écriture, vidéo avec le concours de professionnels et d’environ trois cent personnes d’Hérouville Saint-Clair qui sont venus régulièrement y participer. Le résultat est assez étonnant.

  Elsa Hourcade a fait partie de la bande de Yan-Jöel Collin et a été élève de l’Ecole du Théâtre national de Strasbourg; sa promotion était assez brillante, puisqu’elle comprenait dans ses rangs Emilie Incerti et Sharif Andura , excellent comédiens qui furent  aussi précédemment  élèves de l’ Ecole  du Théâtre National de Chaillot.Elle a commencé à oeuvrer en Allemagne puis à diriger des ateliers en banlieue parisienne. Jusqu’au moment où Jean-Lambert  Wild  chez qui elle jouait, lui  a proposé de prendre en charge  cette  expérience à Hérouville: soit une sorte de carte blanche  pour impliquer les habitants d’une façon ou d’une autre  dans un processus artistique qui les rapprocherait de ce lieu de création .

  C’est en 1980, que  le maire de l’époque  fit appel à  Eugène Leseney né en 1931. Son architecture  a quelque chose de l’avatar d’un avatar de Franck Gehry, son contemporain. Béton brutaliste de qualité très moyenne, grandes baies vitrées en demi-lune, un hall d’entrée d’une froideur remarquable avec au sol, devant les portes vitrées, un parterre de pavés de granit vernissés,( Dieu sait pourquoi ) et des escaliers qui s’envolent un peu partout: deux petits étages par exemple pour aller aux toilettes: bref , que du beau et du pratique.! La petite pomme, puisqu’on est en Normandie , sur le gâteau: vu l’énormité des volumes et  des bureaux mal pratiques :une facture de chauffage difficile à maîtriser!C’est vrai qu’à l’époque, on se moquait pas mal de la facture énergétique…

  A l’intérieur, cependant, une belle salle en gradins( dont la scène déjà vaste est  reliée par la scène à une plus petite qui sert rarement) :les deux précédents directeurs Michel Dubois et Eric Lacascade  y ont présenté de très beaux spectacles, et c’est là que Carolyn Carlsson viendra danser l’automne prochain dans la  création de Jean-Lambert Wild.   Donc Elsa Hourcade, du haut de ses 31 ans ne s’est pas démontée, a posément réfléchi et a inventé un certain nombre d’ateliers de pratique artistique en direction des habitants du quartier, de façon à essayer de les impliquer dans un processus artistique qui, ensuite, leur donnerait envie d’aller dans ce théâtre situé à quelques centaines de mètres de leur logement, et , où, pour la plupart, n’avaient jamais ou rarement pénétré. » J’ai entrepris non pas de m’attaquer à des textes qui sont toujours une grosse difficulté pour des gens éloignés de l’écrit, et avec mes collaborateurs de commencer par l’improvisation.   Cela ne veut pas dire que cela soit plus facile mais c’est une méthode pédagogique qui leur permet d’aller plus vite et plus intelligemment sur le plan scénique. Il suffit de bien répartir les gens dans des groupes où ils peuvent se sentir à l’aise et donner le meilleur d’eux-même sans avoir  la plus petite ombre de jugement de leurs camarades comme c’est la règle dans les cours d’art dramatique où la concurrence est féroce. J’ai choisi aussi de créer un atelier danse qui me semblait bien correspondre aux envies d’une partie de la population; bien évidemment les niveaux sont très divers mais je crois que nous avons réussi à créer une unité entre les participants. la chose essentielle est de ne pas tricher et de voir les choses à long terme. Il  y a eu ainsi  pendant six ou sept ans un atelier d’écriture dirigé par Jöel Pommerat qui a ensuite donné naissance à Cet enfant. Quand on peut arriver à ce type de collaboration efficace avec des amateurs, on a, me semble-t-il touché à quelque chose d’essentiel. Si les participants à cet atelier lisent un article  sur les spectacles de Pommerat joués à Avignon , ils peuvent se dire  qu’ils en ont été aussi les co-réalisateurs… Restait à gérer la chose qui n’a pas toujours été simple, d’autant plus qu’il m’a fallu aller à la course aux financements. mais je crois que , même si le pari pouvait  paraître difficile à atteindre, cela valait le cou de le tenter ». 

  Le but de l’opération était que l’ensemble des  habitants d’Hérouville aient envie de continuer à fréquenter le lieu, et ce n’est pas qu’une histoire de programmation. Bien des metteurs en scène , par ailleurs, excellents créateurs, ont fini par comprendre que c’était mission difficile, voire impossible et qu’une culture, d’origine disons parisienne ,pour faire court, ne concernerait pas vraiment les habitants de telle ou telle ville. Cela dit, le théâtre  aurait-il un nombre tout à fait honorable de spectateurs, que ce soit à Caen ou ailleurs, s’il n’y avait pas eu des gens de la trempe de Jo Tréhard pour se lancer dans l’aventure de la Comédie de Caen, et le plus souvent dans les pires conditions morales et financières…

  Et c’est peu de dire que certains élus locaux ne leur faisaient aucun cadeau! C’est une vérité qu’il est bon de rappeler. Que ce soit dans un domaine artistique ou dans un autre,  la reconnaissance d’un spectacle passait souvent, qu’on le veuille ou non, par la présence d’un (e) artiste consacrée et connue. Le problème ne date pas d’hier et Jean Vilar il a soixante ans, savait qu’un acteur comme Gérard Philipe jouant au cinéma n’était pas pour rien dans le succès du Cid au T.N.P.

  Le Tabularium ( bureau officiel des archives de la Rome antique) a été donc ouvert au public qui, guidé par un bataillon efficace d’hôtesses  ,a été invité à circuler librement dans les espaces d’exposition et à assister à trois représentations des  cinq spectacles de quarante minutes qui se déroulaient  dans la grande salle du théâtre et dans d’autres petites salles annexes. Soit au total douze manifestations! D’abord La Fable de l’hippocampe, réalisation d’une éphémère compagnie de danses,Le dancing , conçue et dirigée par la chorégraphe Patricia Nagera,sur une composition musicale de Stéphane Lechien avec la collaboration de Guillaume Lefer qui dirigeait les quelques trente musiciens de l’harmonie d’Hérouville Saint-Clair, de la chorale Aïdeo, et des groupes Salem et Jazz Action..  Les musiciens étaient  installés dans la salle et le public réparti sur deux rangées de chaises de chaque côté de la très grande scène , et à vrai dire, vu l’affluence, assis un peu  un peu partout: soit côté interprètes quelque cent cinquante personnes et côté public une bonne cinquantaine de plus! La chorégraphie imaginée par Patricia Nagera dit le plus souvent avec beaucoup de  bonheur, à la fois les liens qui unissent , dans le passé comme dans l’avenir, malgré des héritages très différents, les habitants d’Hérouville.

  Et cette inversion scène/salle imaginée par Elsa Hourcade  a remarquablement fonctionné, et le public, enthousiaste, a beaucoup apprécié, entre autres, les performances des danseurs hip-hop et deux jeunes lycéennes Alica et Priscilla Kipré. Mais il ne fallait pas traîner pour avoir  le temps de voir, même rapidement, l’ installation  sonore et vidéo d’Andreï Schtakieff et Jonathan Le Fourn qui se présente comme une sorte de tentative fictionnelle d’archivage de la mémoire collective; il y a , notamment un film montrant une énorme machine en fonte- qui fonctionne encore- depuis plus d’un siècle- et qui sert à fabriquer… de la dentelle. Les deux auteurs,  qui ont réalisé leur premier long métrage L’Exil et le Royaume sélectionné à la 65 ème Mostra de Venise, à Mexico, etc.., ne sont donc pas des inconnus mais cette installation vidéo a  été faite à partir d’un atelier de réflexion avec une classe en option audiovisuelle du Collège et Lycée expérimental d’ Hérouville Saint-Clair.
Ensuite,  Les Habitants, réalisé par Yvan Corbineau et Elsa Hourcade: c’est une petite forme sur une scène trifrontale qui  n’est pas fondée sur un texte théâtral mais sur des improvisations, adaptations de courtes scène de pièces contemporaines, des textes d’archives aussi et de quelques extraits de Les Villes invisibles d’ Italo Calvino jouée par une quinzaine d’amateurs de tout âge.
archiviste.jpgIls ont eu, pour la plupart des parcours de vie assez difficiles mais c’est assez émouvant de les voir aussi bien faire ce travail théâtral, avec une telle précision gestuelle et une telle volonté de mener les choses à bien. Des Deschiens plus vrais que nature, dans des costumes bien choisis, comme cet homme à la veste verte,  cette dame plus très jeune avec une robe violette ou cette jeune femme très bcbg en mini robe et lunettes cerclées de noir. Tous tellement justes! Ce qui frappait sans doute le plus, c’est la crédibilité de leurs personnages, à travers cet assemblage de textes qui avait une belle unité. On sent qu’ils ont pris, une année durant ,un réel plaisir à apprendre et à dire parfaitement  ces courts monologues pendant des mois pour être enfin  sur cette petite scène face au public qui ne boudait pas son plaisir. Probablement pour eux, un  moment de revanche sur la vie et, pour les deux metteurs en scène, une belle reconnaissance d’une entreprise exigeante.
Puis, juste le temps de parcourir quelques uns des trop nombreux escaliers de ce théâtre à l’architecture inutilement compliquée, pour se retrouver dans une autre petite salle avec une soixantaine d’autres spectateurs devant une des nombreuses grande baies vitrées  donnant sur une terrasse, où était donné Les Bâtisseurs , spectacle dirigé là aussi par Yvan Corbineau et Elsa Hourcade. Une quinzaine de comédiens, plus avertis visiblement des choses du théâtre, se succèdent, seuls ou en groupe,  sur un praticable étroit, couvert de moquette rouge  , pour nous dire quelques pans de la véritable histoire d’Hérouville qui, il y a encore soixante ans , était encore un village de la plaine normande : quelques faits divers comme ce tragique écroulement d’une arche d’un pont en construction qui fit plusieurs morts parmi les maçons portuguais, le discours standard d’une vacuité et d’une banalité affligeantes de la Présidente de la République ( un copié/collé des plus authentiques signés François Mitterrand!), celui de madame la Maire,( le Maire de l’époque qui fut l’un des promoteurs du projet),  lui aussi authentique, plus subtil et plus en phase avec les préoccupations des habitants, et des extraits de textes des urbanistes qui plaident finalement coupable, et regrettent les erreurs monstrueuses  commises au nom de la Forme dans ces ensembles architecturaux à la laideur proverbiale. La mise en scène est impeccable, et les comédiens très bien dirigés sur le plan vocal comme gestuel, s’en sortent vraiment au mieux, ce qui n’était pas évident; en effet, ils jouent comme devant un miroir et même si, grâce aux micros HF, nous les entendions parfaitement, eux, en revanche, n’avaient pas de retour de la salle… La performance est assez belle pour être signalée.

  Pour être juste, il faut aussi signaler une exposition de photos des habitants; Terre promise, un film documentaire  de cinq étudiants en licence professionnelle de géographie, composé de portraits de plusieurs des participants à ces ateliers de pratique artistique très bien réalisé sous la direction de Catherine Damble, et La Ville d’à côté , dirigé par  Pierre-Yves Chapalain et un autre théâtre d’archives joués par des lycéens que nous n’avons pas pu malheureusement voir, et enfin , dessinés sur les murs du théâtre par des élèves de CM 1 et CM 2 de l’école Pierre Gringoire, à partir d’archives, des épisodes de la construction d’Hérouville..
Elsa Hourcade a réussi à mener à bien avec l’équipe de la Comédie de Caen, ce projet assez lourd mais bien pensé et réalisé : Georges Perec aurait été content quand il écrivait, à propos de la ville  dans Espèces d’Espaces: » Cesser de penser en termes tout préparés ce qu’ont dit les urbanistes et les sociologues ».Et des projets de cette qualité, donnent tout de suite au travail théâtral avec les amateurs une autre dimension, dans la mesure où ils ne font pas semblant de créer des personnages classiques dont ils ne peuvent techniquement  s’emparer, mais s’engagent dans une démarche qui les concerne au plus près, puisqu’il s’agit de leur histoire personnelle et collective.
Pour que l’aboutissement de  ces deux ans de travail avec les habitants d’Hérouville puisse se réaliser, les salariés permanents et intermittents de la Comédie de Caen  avaient  le samedi 13 juin, journée de mobilisation à l’appel du Synptac CGT et de la CFDT ont cependant décidé de maintenir les représentations. Cette décision généreuse méritait d’être saluée.

Philippe du Vignal

 

Comédie de Caen au Théâtre d’Hérouville,  les 12,13 et 14 juin.

 

Impressions sur le théâtre russe.



 Impressions  sur le théâtre russe.

samaradramtheatre.jpg

     Il y a en Russie une grande différence entre le théâtre des deux «  capitales », Moscou et Saint-Pétersbourg et le théâtre en province. Le théâtre des villes de province est resté davantage un théâtre de troupe, plus fidèle à la tradition soviétique, moins exposé à la pression du «  marché » et aux influences occidentales. En mars dernier j’ai séjourné à Samara, une ville d’un million d’habitants, situé à 860 kilomètres à l’Est de Moscou. C’est un centre industriel important (constructions mécaniques et de fusées, pétrochimie, etc…) qui possède aussi plusieurs théâtres: le Dramthéâtre, le Théâtre Principal d’Art Dramatique, dirigé par Viatcheslav Gvozdkov et le Samart dirigé par Serguei Sokolov et dont le principal metteur en scène  est Adolphe Schapiro, un créateur appartenant à la vieille Ecole, qui a mis en scène récemment Mère Courage avec un vif succès.  Et cette saison, le Samart a créé   Le Revizor, la célèbre pièce de Gogol, dans une mise en scène très dépouillée d’ A.  Kouzin qui a fait un excellent travail: décor ingénieux, rythme, jeu des comédiens…Et surtout on entend le texte comme s’il venait d’être écrit, sans aucun effort d’ « actualisation » ! On ne peut que louer la modestie d’un metteur en scène qui se met au service d’une œuvre au lieu de l’utiliser pour assouvir ses propres fantasmes. Pourtant, ce même Kouzin a complètement échoué dans sa vision d’un autre classique du théâtre russe, La Forêt d’Ostrovski, qu’il vient de créer au Dramthéâtre. Accentuant le côté rocambolesque de l’histoire, exagérant les situations, outrant les  caractères, il n’a réussi qu’à déformer complètement une œuvre qui perd aussi bien l’acuité de sa peinture sociale que sa force poétique pour sombrer dans un grotesque de Grand Guignol. C’est fort dommage car s’il est un auteur aujourd’hui en Russie qui est «  notre contemporain », c’est  bien Ostrovski, qui, dans la deuxième moitié du XIX ème siècle, a fondé le théâtre russe moderne. Il reste l’auteur le plus joué et la peinture corrosive qu’il a donnée de la société de son temps s’applique parfaitement aux mœurs et à la mentalité des Nouveaux Russes d’aujourd’hui.  On  a pu voir aussi  au Dramthéâtre Les Coccinelles, une pièce intéressante de Sigarev, un auteur  qui a fait ses débuts avec le groupe de Koliada à Ekaterinbourg.  L’histoire est celle d’adolescents qui habitent une petite ville paumée de province, en proie au désarroi devant l’absence de perspectives qui leur sont offertes dans la société russe actuelle… Cela se passe dans un appartement où un mafieux  menace en permanence deux jeunes filles et trois garçons, une situation dont la sinistre banalité risquerait d’ennuyer les spectateurs, si elle n’était vécue avec une belle intensité par de jeunes acteurs  issus de l’Ecole de théâtre de Samara. Cela confirme une constante du théâtre russe qui, depuis la fin du communisme, repose davantage  sur la qualité du jeu d’acteurs que sur l’invention des mises en scène.  Nous avons vu aussi à Samara Le Colonel-Oiseau, pièce de l’auteur bulgare Hristo Boytchev qu’avait montée il y a dix ans pour  Avignon,  Didier Bezace avec Jacques Bonnafé et André Marcon; c’est l’histoire de quelques hommes et d’une femme repliés dans un asile de fous qui reçoivent un colis venu du ciel, c’est à dire pour eux du paradis que représente, à leurs yeux, l’Europe de l’Ouest,  colis en fait destiné  à leurs voisins bosniaques. Ce qui va déclencher chez eux l’idée de se constituer en territoire indépendant. La fable est sans doute un peu mince, quand il s’agit de parler de la folie ou du rattachement de la Bulgarie à l’Europe. C’est en fait aussi toute la question  des identités nationales que l’auteur veut traiter et qui, on le sait bien, préoccupe beaucoup les pays de l’Est, au moment de rejoindre l’union des pays européens. La mise en scène signée par le directeur du théâtre,  est intelligente avec un beau travail de scénographie. Et c’est toujours émouvant de voir un public qui s’habille  pour aller au théâtre, avec ce même  rituel coutumier aux pays de l’Est. Chose plus étonnante, il y a dans la salle de nombreux jeunes gens étudiants ou lycéens et des ouvriers comme des employés; le théâtre a encore, à Samara comme  dans les autres grandes villes de province,  une fonction sociale tout à fait reconnue. Si la routine est le péril qui guette une troupe permanente, en revanche, la stabilité et la sécurité qu’elle assure est un facteur de vie collective. Dans les théâtres que j’ai eu l’occasion de visiter, à Samara, à Tioumen, les comédiens forment une vraie famille car le théâtre en Russie, depuis toujours, est un refuge où l’on oublie les difficultés de la vie réelle ; la scène est le lieu  de la «  vraie vie », une vie de l’esprit trop souvent absente d’une société sans merci. Et ces théâtres permanents subissent moins la tentation de commercialisation des spectacles qui est le fléau des théâtre privés, dits «  théâtres d’entreprise », où avec quelques «  têtes d’affiche » on bâcle des spectacles dont les billets sont à prix d’or pour le public des nouveaux riches. La troupe de Koliada, installée à Ekaterinbourg, est un bel exemple de la pérennité et la noblesse d’une tradition qui préfère la qualité artistique aux avantages matériels.  J’ai été, il y a deux ans, membre du jury du Festival de Tioumen et l’on a  donne le Grand Prix au Revizor monté par Koliada, qui vient d’être invité au Festival Passages de Nancy. Ce Revizor, d’une liberté audacieuse d’interprétation, renouait avec les sources populaires du théâtre de foire et donnait à une œuvre si souvent jouée  la fraîcheur de la surprise et de la nouveauté.
A Moscou, au théâtre Maly, qui est le grand théâtre académique, le «  petit » frère  du Bolchoï pour l’art dramatique, nous avons vu Les enfants du soleil de Gorki, un spectacle très controversé du même Adolphe Schapiro, que nous avions rencontré à Samara. La querelle qui divisait la troupe, la critique et le public,  opposait les modernistes et les conservateurs et portait sur l’introduction d’un motif yddish rajouté par Schapiro et qui mettait la pièce dans un contexte auquel Gorki n’avait sans doute pas songé, d’où une contestation non dénuée d’arrière-pensées «  patriotiques ». Cet incident avait pris, d’ailleurs, une telle importance parce qu’il prenait place dans un lieu de culte devenu le symbole même du théâtre russe. Au Maly, même les plus mauvais spectacles font régulièrement salle comble, une salle le plus souvent remplie de jeunes gens endimanchés, qui viennent là comme à l’église. Il est curieux, d’ailleurs, de constater, qu’au cours du temps, les acteurs qui, dans leur jeunesse, ont adhéré aux mouvements d’avant-garde, finissent presque toujours leur carrière au Maly.  J’y ai vu, jadis, les acteurs de Meyerhold et d’Eisenstein, on y applaudit à présent des  acteurs, des actrices qui ont fait leurs débuts chez Vassiliev et sont devenus des « icônes » de ce théâtre d’Etat où l’on ressent encore fortement la nostalgie de l’Empire.

 
Gérard Conio

Le REVIZOR

Le  REVIZOR ,mise en scène d’A. Kousine.
mars053.jpg
  Ecrite en 1836 par Nikolaï Gogol, cette satire, comédie de la peur, bien connue de tout passionné de théâtre, nous plonge dans la Russie du 19eme siècle.Son histoire est l’ annonce de la venue impromptue, de l inspecteur du tsar qui vient « contrôler » les institutions d une petite ville de province et qui va déstabiliser le quotidien de ses fonctionnaires Le spectacle a été crée au théâtre Samart le 28 mars 2008, pour une somme de 220 roubles (5 euros) le public de Samara et de sa région peut redécouvrir ce classique.
Dans cette mise en scène d A Kousine, nul besoin de référence à l actualité, comme chez certains metteurs en scène, en quête d inspiration, la pièce est située dans l époque de sa création, soulignée par de somptueux costumes, et par une musique originale.
La pièce se passe dans le salon d apparat d’une maison bourgeoise sont créés  par des éléments de décor amenés à cet effet par des serviteurs de scène, comme  au T.N.P. de Jean Vilar.La scénographie est bifrontale, les entrées et les sorties se font , de part et d’ autre des gradins et au milieu de ceux-ci, ce qui accentue la proximité avec public. La simplicité de la mise en scène, au service du jeu de l acteur et du texte, l’ énergie et la cohésion de la troupe, font de ce spectacle un excellent exemple de ce que peut être un théâtre de répertoire aujourd’hui en Russie.Comme la fable est connue, le déroulement de la pièce apparaît clair même quand on ne maîtrise pas le russe. Et  le dénouement est fondé sur une belle image : l’ annonce de la venue du vrai REVIZOR nous est transmise par une comédienne s’ exprimant en langue des signes…Comme si le silence triomphait des paroles inutiles. L’ année d ‘échange culturel  France- Russie aura lieu en  2010 ;  y aura- t- il un responsable de structure  dans l’ hexagone qui osera inviter un vrai théâtre de répertoire russe  pour permettre au public francais de  découvrir ce remarquable Revizor ?

Jean Couturier

Les choix de Jérôme Robert pour le Festival d’Avignon 2009.

Les choix de Jérôme Robert pour le Festival d’Avignon 2009. (arts du cirque)

Dans le Festival IN:

SUJETS À VIF (programme C)
Miroir, Miroir une commande à Mélissa von Vépy (compagnie Moglice von Verx, excellente trapéziste)

Dans le Festival Off:
Ile Piot au gymnase Vincent-de-Paul et dans les chapiteaux montés sur le même site (programme organisé par la Région Midi-Pyrénées, le Lido, la Grainerie et la ville de Toulouse)
du 8 au 29 JUILLET
Relâche générale du site les jeudis 9, 16, 23 juillet

14h00 – Ieto
Compagnie Ieto
Salle – durée 70 mn – tout public
relâches supplémentaires les lundi 13-20-27/07

15h45 – #0.0
A.K.Y.S. Projecte
Salle – durée 50 mn – à partir de 10 ans

cirqued.jpg19h45 – Ukiyo-e
Collectif Petit travers
Chapiteau – durée 45 mn – à partir de 8 ans

21h00– Pan-Pot
ou Modérément Chantant
Collectif Petit travers
Chapiteau – durée 50 mn – tout public

22h15 – Slips inside
Compagnie Okidok
Chapiteau – durée 60 mn – tout public
relâche supplémentaire le dimanche 19 juillet
en partenariat avec le Théâtre des Doms

17h15 – Le cabaret des Acrostiches
Acrostiches et compagnie
Salle – durée 83 mn – tout public19h45

14 h 15 Collectif Quatre ailes, Le projet RW à la Maison du Théâtre pour Enfants-Monclar

Jérôme Robert

LE GRAND CHOIX

LE GRAND CHOIX  de Gustave Akakpo.

Depuis plusieurs années le Festival de l’Oh organisé par le Conseil Général du Val de Marne organise le dernier week-end de juin, une série de rencontres, de débats, de spectacles autour de l’eau sur les berges de la Seine et de la Marne. Cette année, le cheminement sur l’eau s’organise autour du fleuve Niger en proie au dérèglement climatique, à des problèmes de raréfaction et pourtant d’une rare effervescence artistique. La compagnie Hercub qui a beaucoup travaillé avec le Burkina Faso ces dernières années, a été invitée parmi sept autres groupes, à présenter Le grand choix sur une des péniches s’arrêtant sur dix escales.

  L’exercice demandé aux artistes est difficile, sur les berges, le public est parfois sollicité par des propositions organisées par les villes, les interférences sonores ne sont pas rares. Mais Hercub s’en est bien sorti dans le cadre agréable offert par le port de plaisance. Le grand choix, c’est une célèbre émission de télé réalité. On propose à des clandestins débusqués sur une embarcation de fortune d’y  participer, mais il n’y aura qu’un seul gagnant, les autres seront expulsés. Ils passent tous à la trappe, mais le dernier candidat se révolte et c’est le présentateur, personnage assez  -suffisant -de l’émission qui basculera à son tour dans le trou.

  Hercub a une grande pratique des conditions spartiates, les comédiens africains savent bien porter  leur voix et la  sonorisation, via des micros HF ,était fort convenable. Les panneaux de fleurs kitsch offraient un cadre carnavalesque qui cadrait bien avec le texte. Hercub est une vraie et belle compagnie, à la fois modeste et inventive, implantée depuis plus de dix ans dans le Val de Marne.

Edith Rappoport

 

Festival de l’Oh. Nogent-sur Marne

Chroniques de bords de scène

jbimg9035.jpgimg8520.jpgjbp1030316.jpg

Chroniques de bords de scène,Saison 2: Hello America, conception: Nicolas Bigards, Chantal de la Coste.

 Nous ne vous en avions pas parlé auparavant  pour des raisons d’éloignement de Paris lors des premières, et  nous avions  décidé avec Edith Rappoport d’y  aller un  dimanche après-midi. Pas de chance, c’était la fête à Bobigny et les rues étaient fermées, le parking de ma MC 93  aussi et pas de stationnement possible dans les alentours. Après avoir cherché puis fini par trouver une place pour la voiture à dix minutes à pied du théâtre, et réussi à nous faire admettre par les ouvreuses… Il aurait mieux valu prendre le métro, du Vignal; oui, mais, comme nous étions loin, même très loin, c’était un peu compliqué…  Mais, même avec ce retard important et donc une partie du spectacle impossible à voir autrement qu’en  captation prochainement, l’heure que nous avons pu en voir est  de toute beauté..
 On pénètre, par les couloirs des coulisses sur la grande scène à peu près nue,  avec son plateau noir, sauf quelques accessoires et décors, des projecteurs  rasants ou en hauteur et une enseigne  lumineuse en fluo vert  COSTA VERDE dans les cintres, un très beau juke-box contre le mur du fond de scène, et derrière un rideau métallique une sorte de motel fait de planches et d’escaliers métalliques avec une grosse limousine des années cinquante. Aucun siège,il y a  quelque quarante spectateurs qui peuvent se déplacer au gré des scènes qui leur sont proposées. Encore une fois, désolés,  nous ne pouvons vous parler du début où avait lieu le  le meurtre d’une jeune femme dans le sous-sol de la scène . Et quelques personnages issus de moments de romans noirs américains assemblés en puzzle; on reconnaissait entre autres Le fameux Dahlia noir que nous avions relu par hasard quelques semaines auparavant, Raymond Chandler  avec Le Grand Sommeil, Raymond Carver avec La vitesse foudroyante du passé, Dorothy Parker et quelques autres.  Dans une  traduction scénique exemplaire, c’est un peu comme une analyse et une mise en abyme  en quelque 90 minutes de la mythologie du rêve américain qui, comme le dit très bien Sylvie Laurent dans Homérique Amérique  » consiste pour chaque homme quel qu’il soit, à accéder à la réussite, symbole calviniste de l’élection. parvenir socialement et arborer fièrement les preuves de la réalisation du rêve, les biens matériels chèrement conquis, est devenu l’expérience indispensable de l’américanité ».
 Ce que fait très très bien ressentir Nicolas Bigards, par le biais d’images très fortes ,cadrées comme au cinéma; comme cette jeune femme, dans l’obscurité, penchée sur un juke-box ou bien cette engueulade entre deux hommes sur un escalier métallique. Tout le spectacle se déroule dans  une sorte de flux onirique où les images se conjuguent et s’entrechoquent, et comme  les acteurs: Raphaelle Bouchard, Clément Bresson, Noémie Dujardin, Aurélia Petit et Sébastien Poudéroux sont excellents et bien dirigés , comme l ‘est aussi  le musicien Theo Hakola à  la guitare électrique, on se laisse vite prendre par le charme très particulier de ce puzzle de scènes qui ont,  pour  dénominateur commun, la vision de l’Amérique ou plus exactement la mythologie personnelle que nous nous sommes forgés de la vie urbaine aux Etats-Unis, après des centaines d’images glanées au cours de voyages, lectures, écoutes de disques, tableaux. que nous avons glanées au fil des années sans véritable fil conducteur.  Nous en avons, c’est certain, une vision  personnelle marquée par notre expérience qui ne peut être comparable à celle des gens qui nous sont le plus proches. Malgré tout, il y a comme une sorte de fond commun à la fois d’une vérité absolue et  d’une autre le plus souvent fantasmée.
  Comme le dit intelligemment Nicolas Bigards,  il a essayé  d’appréhender cette mythologie qui possède de véritables fondements mais qui évolue , « entre aveuglement et éblouissement, sentiments contradictoires changeant au gré de nos humeurs ou des soubresauts de l’histoire. Et tout se passe , grâce à l’intelligente scénographie de Chantal de la Coste, comme si nous faisions partie du roman ou du film.
 Evidemment cette plongée dans cet univers mythique et légendaire  des Etats-Unis se mérite, et  l’on est soit debout soit assis par terre, et quelques coussins auraient été les bienvenus, mais, croyez-nous, nous n’avons pas regretté le déplacement! La seconde partie du spectacle aura lieu à la rentrée; si c’est du même tonneau, et l’on peut faire confiance à Nicolas Bigards, cela devrait être formidable. A moins que d’ici là, certains prédateurs officiels aient réussi leur O.P.A. sur la MC 93 au bénéfice de la Comédie-Française, comme cela semble encore d’actualité. Patrick Sommier, le directeur et ses collaborateurs ont bien raison de ne pas vouloir se laisser faire, et la liste des artistes et des spectateurs qui figure sur le livre à l’accueil du théâtre est impressionnante. ce que  l’Elysée où  tout semble se décider et, en tout cas, le nouveau ministre de la Culture ne pourront continuer à ignorer très longtemps….. Il est grand temps que l’Etat n’intervienne plus de façon aussi ridiculement autoritaire. Que pense, après le départ de madame Albanel,  Frédéric Mitterrand de toute cette histoire qui , près d’un an après qu’elle ait été découverte, n’est toujours pas réglée? Jueque là, on n’a a eu droit à aucun commentaire récent du Ministère de la Culture. Et la vigilance continue à s’imposer.

MC 93 Bobigny. du 16 au 20 octobre à 20 h 30 et le dimanche à 15 h Deuxième partie du spectacle  à l’automne 2009

llp1030303.jpgimg8186.jpgllp1020857.jpg

LE CORPS FURIEUX

LE CORPS FURIEUX Trans 09 Théâtre de la Bastille 

Conception et mise en scène de Jean-Michel Rabeux
Huit complices de longue date de Jean Michel Rabeux accoutrés comme les Deschiens, tout le monde en jupes et perchés sur de très  hauts talons, se livrent à des déambulations grotesques, se couchent, se font réveiller par des aboiements, des tremblements…Il y a un accouchement, on se bagarre pour « l’enfant », un acteur surgi des jambes de la parturiente, une scène hallucinante d’une tablée où les convives armés de couteaux et de fourchettes se préparent à dévorer la femme nue sur la table, une tirade de Phédre ( que Rabeux avait monté avec Claude Degliame en un étrange solo), une fausse agonie de Georges, emperruqué de longs cheveux blanc. On n’en finirait pas d’évoquer cette folie salutaire et grotesque, les images saisissantes qu’il faudrait voir en photo. De Rabeux, je n’ai vu que Onanisme avec troubles nerveux chez deux petites filles, Phèdre, Emmène-moi au bout du monde, son Feydeau et Le songe d’une nuit d’été. C’est le plus fort breuvage qu’il m’ait servi.
Edith Rappoport

LES CHARMILLES

LES CHARMILLES  Trans 09 Théâtre de la Bastille

D’après Les charmilles de Jean-Michel Rabeux, adapration et mise en scène de Cédric Orain
Depuis deux ans, Jean-Michel Rabeux impulse une rencontre autour de spectacles qui bouleversent et qui ont du mal à se faire voir ailleurs : « ce n’est pas un festival, c’est une intermittence, il ne produit pas, il n’en a pas du tout les moyens. Il patiente. Et puis hop, tir groupé, bouquet de fleurs (vénéneuses) feu d’artifice pour vous les offrir, les œuvres. Trans c’est aussi faire contact (électrique ?) entre les professionnels et la profession. Tout un monde de débats, empoignades, embrassades”…Après le Théâtre du Chaudron, c’est Jean-Marie Hordé, fan  de toujours de Jean-Michel Rabeux qui leur a ouvert les portes du Théâtre de la Bastille, sans avoir les moyens de produire, tout le monde paye sa place, même les professionnels de la profession et les recettes sont partagées.
Les charmilles c’est un décapant monologue interprété par Eline Holbo Wendelbo, pulpeuse comédienne au léger accent suédois ( ?) qui nous accueille en nettoyant énergiquement un sol blanc qu’elle ne parvient plus à rendre immaculé, puis se dénude pour se laver dans un seau et se livre à des méditations sur la mort « cette enfantine compréhension de la mort est un massacre(…) l’idiotie de l’espoir (…), espérons que ces minutes seront une manière d’éternité »…
Le spectacle se termine sur l’évocation insoutenable du dépeçage amoureux de l’être aimé, dont j’aimerais relire le texte s’il a été publié.

Edith Rappoport

1...462463464465466...492

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...