Lorenzaccio

Lorenzaccio
d’Alfred de Musset
Mise en scène
Yves Beaunesne

    rptitionlorenzaccio32larnaudvasseur.jpgLa scène de l’apostrophe de Cergy Pontoise peut se féliciter d’avoir invité l’artiste Yves Beaunesne en résidence pour la saison 2009-2010 : sa mise en scène de Lorenzaccio est magistrale. Elle illumine et réchauffe notre paysage théâtral d’automne parfois morose.
Yves Beaunesne, qui travaille davantage pour l’opéra que pour le théâtre, ne manque pas d’imagination : il a transposé l’intrigue dans la Russie du XIXe siècle (les costumes sont magnifiques : manteaux en velours, étoles, ceintures et robes de soie), de manière à ne pas être dans la reconstitution mais dans une transcription universelle. N’est-il pas en effet question d’une ville toute entière gagnée par la corruption, d’un régime tyrannique, d’un problème de bâtardise, d’une question d’honneur, de la possibilité de l’action politique, soit des thèmes intemporels ? D’ailleurs, une partie des personnages est jouée non par des acteurs mais par des marionnettes qui incarnent les pantins de la République que les puissants sacrifient.
Le décor est réduit au minimum de manière efficace : une tenture au fond de la scène, retenue par des fils, peut prendre l’apparence d’une tente, d’un mur ou d’un dais. Chaque lieu est figuré par des attributs : tapis rouge et prie-Dieu chez le cardinal Cibo, tapis bleu et fauteuil chez Marie Soderini… soit un décor suggestif qui peut être rapidement (dés)installé.
De nombreux comédiens ont une interprétation remarquable : Océane Mozas qui joue la marquise Cibo a une élocution et une aura incroyables ; Philippe Faure incarne un cardinal Cibo cynique, suffisant et calculateur ; Thomas Condemine joue un Alexandre de Médicis mû par ses obsessions, gouverné par ses plaisirs et corrompu ; Mathieu Genet figure un Lorenzo désabusé, mélancolique, fragile mais agissant. Tous deux reflètent très bien le couple d’amis débauchés en canaille.
Le jeu est vif, convaincant, comme dans la scène de la confession de la marquise au cardinal, où la tension extrême se lit très bien sur les visages et les corps. Ou dans la scène du bain d’Alexandre, aussi amusante que trouble puisque la cote de maille disparaît mystérieusement, comme le présage d’un danger imminent. Ou à la fin, quand après la mort d’Alexandre, Côme prête serment, et que sa voix se fait recouvrir par la musique, comme un mensonge qu’on n’écoute plus, avant de se briser dans un éclat de verre symbolique.
Un spectacle impressionnant, à voir absolument s’il passe près de chez vous, et qui donne envie de suivre de près le travail d’Yves Beaunesne. Le public adolescent dans la salle qui n’a pipé mot pendant toute la durée de la pièce, est une autre preuve de sa capacité à subjuguer.

 

Barbara Petit

L’apostrophe – Scène Nationale de Cergy-Pontoise et du Val d’Oise, Cergy Pontoise – les 18, 19, 20 novembre.

Tournée 2009-2010:
le 25 novembre 2009, au  Théâtre, de Saint-Quentin (Picardie), le 8 décembre 2009 : Maison de la Culture, Nevers ; le 18 décembre à La Scène Watteau de Nogent-sur-Marne ;
en janvier 2010 : à Liège (Belgique) – Théâtre de la Place, du 12 au 16 ; Luxembourg – Grand Théâtre, les 20 et 21 ; Cognac – L’avant scène, le 26 ; Arcachon  – Théâtre, le 28 ; en février 2010 : la Rochelle – La Coursive, Scène nationale, du 2 au 4 ; Laval – Théâtre, le 13 ; Bourges – Maison de la Culture, du 24 au 26 ; en mars 2010 : Villeurbanne – Théâtre National Populaire, du 3 au 7 ; Saint-Brieuc – La Passerelle, Scène nationale, le 11 ; Beauvais – Théâtre de Beauvais et du Beauvaisis, les 16 et 17 ; Cachan – Théâtre, le 26 ; en avril 2010 : Béziers – Domaine de Bayssan, du 8 au 10.


Archives pour la catégorie critique

Médée

Médée,  Bab et Sane : l’Afrique au théâtre des Amandiers de Nanterre.

 

medee1797991.jpgLa légende de Médée fascine : quel “continent noir“ affleure dans l’histoire  de cette magicienne, de cette amoureuse capable de disperser les morceaux de son frère pour retarder les poursuivants, pour que Jason puisse emporter sur le navire Argo la toison d’or volée à son père ? Que pouvons-nous entendre de cette Étrangère absolue, de cette mère qui tue par amour ses enfants, pour qu’ils échappent à une marâtre, à l’esclavage en terre ennemie ? La force de toutes les Médée de la scène est dans cette énigme. On oserait une réponse : Médée serait l’hyper femme, l’hyper autre, dans un monde à domination masculine, et blanche.
Jean-Louis Martinelli est aller cherche cet “autre“ en Afrique, et dans la langue solaire de Max Rouquette. Il fallait retrouver une Grèce brûlante, une Grèce physique et non rationnelle, il fallait surtout manifester cette altérité. Médée est une reprise, et une véritable reprise, dans la mesure où Jean-Louis Martinelli a fait avancer sa mise en scène : il l’a épurée, a fait évoluer le décor vers une scénographie que nous ne connaissons que trop, celle des grillages des lieux de rétention pour étrangers “en situation irrégulière“, comme le disent les pouvoirs sécuritaires. La représentation se passe dans l’atelier de construction du théâtre qui se prête bien à cette vision, avec l’inconvénient d’avaler quelque peu  les voix, en particulier celles, plus graves, des hommes. Ce hasard technique fait plutôt bien les choses, soulignant à quel point Médée est une pièce “de femmes“ : la pièce s’ouvre sur les propos pessimistes et lucides de la nourrice, elle est soutenue par le chœur des femmes chantant en bambara les « psaumes » de Max Rouquette, et illuminée par la présence de Médée, la splendide Odile Sankara. Contre ce soleil noir, les menaces du roi Créon et les supplications de Jason sont sans force. Et la pièce garde toute la puissance de sa contradiction fondatrice : évidente et énigmatique, elle nous laisse, sans jouer sur les mots, émus et muets, pour l’amour de cette monstrueuse (?) figure féminine.
Bab et Sane, de René Zahnd, mis en scène par Jean-Yves Ruf, renvoie à cette Médée un écho beaucoup plus souriant. Quoique… L’auteur (Suisse) s’est inspiré d’un fait réel : deux gardiens se sont trouvés abandonnés dans la luxueuse villa d’un tyran africain, à des milliers de kilomètres de chez eux et de toute information sur la situation de leur pays. La pièce est construite sur un jeu permanent de duos et de renversements : l’auguste (le jardiner) et le “clown blanc“ – si on ose dire-, Dieu et Lui (le tyran), le Pays et Ici, l’ancien et le nouveau gouvernement (supposés)… On est dans un réjouissant ping-pong, avec une bonne dose d’humour noir, si on ose dire. L’attente, le jeu de rôles – le “clown blanc“ endosse la majesté du détrôné – s’étrangle peu à peu en une peur de plus en plus palpable, jusqu’à ce que… Évidemment, on ne racontera pas la fin.
Jean-Yves Ruf retrouve ici le rythme de ses tout premiers spectacle, dans un tac-au-tac qui frise l’absurde. Moi, lui, nous, tout chavire et se fige : à travers ce portrait charge d’une Afrique de “rois maudits“, René Zahnd nous libre une méditation brutale sur la liberté.
Christine Friedel

 

Théâtre Nanterre Amandiers Médée  jusqu’au 13 décembre, Bab et Sane  du 8 au 19 décembre.

 

 

PLATONOV

 

PLATONOV  MC 93 de Bobigny
D’Anton Tchekhov, adaptation et mise en scène de Lev Dodine, Maly drama theatre de Saint Petersbourg.

La MC 93 avait été la première à inviter Dodine, il y a une vingtaine d’années avec le superbe Gaudeamus monté avec les élèves de l’Académie théâtrale de Saint Petersbourg, on avait pu voir peu de temps après Des étoiles dans le ciel du matin de Galine à l’Odéon ( pièce mieux  réalisée à mon avis, avec moins de moyens par Lisa Wurmser !) et Frères et sœurs d’Abramov. Du 7 novembre au 11 décembre 2009, on peut voir 25 ans du répertoire de Lev Dodine, soit 8 spectacles présentés pour 2 représentations, on s’arrache les billets, les invitations sont proscrites et on comprend pourquoi !
platonov.jpgPlatonov,  » la pièce sans nom  » est l’un des derniers textes retrouvés en 1920, bien après la mort de Tchekhov, c’est probablement le premier qu’il ait écrit. Il n’y a pas de héros, ou plutôt un héros malgré lui. Ce Platonov, ancien étudiant fêtard attardé a dû se ranger, il est devenu instituteur, s’est marié avec une héritière bien en chair dont il a eu un enfant. Il y a une fête dans une riche propriété et Platonov y  retrouve d’anciennes amours, il en noue aussi de nouvelles, parfois sans y prendre garde, car elles tombent dans ses bras comme des mouches dans l’ivresse générale. L’imposante scénographie d’Alexeï Poraï Koshits, structure de bois à 3 niveaux surplombant une piscine, conduit la mise en scène. Tous les personnages, et surtout Platonov ne cessent de s’y plonger, de nager dans cette eau glauque, métaphore de leurs renoncements et de leurs abandons. Tout le spectacle se déroule dans une fête permanente, huit valets en grande tenue ne cessent de servir, de desservir les tables, de jouer aussi de la musique. Dès l’ouverture, pendant que Platonov se lance dans ses premiers numéros, Kirill Glacoliev -étonnant Stanislav Nikolski-, fils de banquier fait irruption, il agresse son père, l’accusant de ne pas lui avoir envoyé assez d’argent pour le faire vivre en France. Pique assiette lamentable et veule, on le voit s’empiffrer en douce. Toute la distribution est étincelante, en particulier l’imposante Maria Nikiforova, qui malgré ou à cause de son obésité interprète une émouvante Sacha, l’épouse de Platonov.  On rit beaucoup, on est émus par ce spectacle éblouissant, après un premier acte qui peine un peu à s’imposer, avec la gymnastique de la lecture des sous-titres et la difficulté de se repérer dans les relations entre les personnages. N’ayant pas relu la pièce que j’avais vue à l’Odéon montée par Lavaudant  ou était-ce au Théâtre des Amandiers par un autre metteur en scène ( ?), je n’ai pas bien saisi l’histoire de la vente de la propriété par l’intermédiaire du riche marchand juif, Venguerovitch, pour le compte de quelqu’un d’autre. Finalement tout le monde a mal à Platonov !

Edith Rappoport

LA VIE PRIVÉE DE DOVIE KENDO

LA VIE PRIVÉE DE DOVIE KENDO Collectif 12 de Mantes la Jolie
Texte et mise en scène de Wakeu Fogaing, compagnie Maluki

Dovie Kendo, actrice connue dans les téléfilms au Cameroun, n’a pas sa langue dans sa poche, elle interprète ce solo avec une vigueur peu commune, et l’on sent que cette histoire douloureuse qu’elle raconte avec humour est aussi la sienne…Elle ouvre et rythme le spectacle avec des déhanchements langoureux, raconte sa pitoyable vie de femme mariée trop tôt à un commissaire égoïste qui la met à la porte après qu’elle ait subi les assauts d’un client de son petit bar. Violée comme sa sœur dès l’âge de 13 ans par un voisin, ignorée par ses parents, dédaignée par son mari, elle gagne à présent son argent sur le trottoir, mais c’est son argent à elle ! Fière, sensuelle et généreuse, Dovie Kendo c’est la femme, Mama Africa, toutes les femmes qui font vivre l’Afrique. Malgré de petites longueurs, on reste captivé par cette force de vie

Edith Rappoport

MON GOLEM

 

MON GOLEM  Théâtre des Célestins de Lyon

Texte et mise en scène de Wladyslaw Znorko, Cosmos Kolej

L’une de mes fiertés, c’est d’avoir accueilli le Cosmos Kolej au Théâtre 71 de Malakoff dès 1985 avec Der Zug, un spectacle de rue dans le cadre des Stars du trottoir, puis en 1986 avec La petite Wonder pendant un mois. Znorko a parcouru un long chemin depuis, avec La cité Cornu, La maison du géomètre, L’attrapeur de rats, De la maison des morts un opéra de Janacek, Les boutiques de cannelle entre autres…J’en ai bien peu raté, car je suis tombée en amour avec son univers onirique et enfantin. Le spectacle vient d’être créé au mois d’octobre au Théâtre Toursky de Marseille chez Richard Martin, l’ami de toujours pris dans le tourbillon de son combat pour ses subventions d’État.
Mon Golem ne déroge pas à la règle : « Le Golem s’est échappé de mon enfance, personne n’a pu le retenir ! » Les 8 comédiens musiciens, vieux complices pour la plupart, Jean-Pierre Hollebecq, Florence Masure, Irina Vavilova, Philippe Vincenot, William Schotte  merveilleux violoncelliste entre autres, font merveille dans la folle peinture de » ce qui n’est pas une vraie histoire », avec un splendide ballet des maisons de guingois, un voyage en train sans gare, (l’obsession de Znorko),  une jeune fille réfugiée dans une armoire trop petite, telle Alice au pays des merveilles, un flot d’images oniriques et désarticulées toujours très polonaises. Qui est le Golem, moi je cherchais le Dybouk, mais j’ai dû confondre ?…

Edith Rappoport

 

ALICE au pays des merveilles

ALICE au pays des merveilles, mise en scène de Betty Heurtebise

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On croit tout savoir de ce conte écrit pour la jeune Alice Liddell par ce génie touche à tout qu’était Lewis Carroll, mathématicien, photographe, poète.. et puis une mise en scène nous le fait redécouvrir .
La scène est comme la page blanche de l’écrivain avant qu’il la couvre de mots, mais  celle-ci va se couvrir d’images ; images sages et bucoliques d’abord d’une barque qui passe lentement,  d’un jardin où Alice et sa sœur s’ennuient sagement. L’une lit, l’autre rêvasse.
Alice s’endort et tout bascule. L’espace blanc devient terrain de jeu et de découverte. Alice , que l’auteur « a  envoyée au fond d’un terrier de lapin sans avoir la moindre idée de ce qui va arriver ensuite », va aller de rencontre en rencontre, de surprise en surprise, va  quitter  son quotidien de petite fille sage pour les aventures les plus cocasses, va résoudre des énigmes,prendre des risques, assumer ses transformations , grandir quoi !
« Qui es tu ? » demande la chenille alanguie sur un champignon. Et Alice ne sait pas quoi répondre.
« Qui suis-je ? » est en effet la question qui traverse les aventures d’Alice et le spectacle. Comment savoir qui on est quand on change sans cesse de taille, quand chaque rencontre bouleverse ce qu’on savait du monde ?

Dans le spectacle de Betty Heurtebise et de son équipe, et l’on doit saluer le formidable travail de création visuelle  de Valéry Faidherbe et Sonia Cruchon,  c’est l’image qui donne toute sa dimension à l’exploration de ce que cache la surface, de la terre comme de la conscience. L’image qui traduit le vertige de la descente vers le ventre de la terre, les changements de taille d’Alice, les troubles de la rencontre avec les êtres les plus surprenants surtout lorsqu’ils sont familiers comme le chat au drôle de sourire.
Alice a toute la grâce ironique d’Elodie Belmar, accompagnée par un narrateur facétieux, Alexandre Cordin. Elle réussit à ne pas se faire  absorber par la virtuosité visuelle du spectacle. Comme Alice, elle construit son identité.Un beau spectacle tous publics, tant les adultes peuvent y lire ce qu’ils ont oublié de leur enfance.

Françoise du Chaxel

 Théâtre de la Petite Fabrique à Blanquefort ( Gironde )Spectacle en tournée.

 

Observer

 Observer, conception, scénographie et réalisation , Bruno Meyssat.

observer.jpgBruno Meyssat qui connaît bien le Japon a entrepris  de nous montrer une sorte de parabole sur l’ un des épisodes les plus horribles et les plus douloureux de la guerre, après l’attaque par le Japonais de Pearl-Harbour, l’extermination cyniquement  programmée, en l’espace de quelques secondes  d’une population civile de quelques 250.000 habitants d’Hiroshima pour l’exemple, le 6 août 1945, et renouvelée, pour faire bonne mesure, trois jours après,  sur Nagazaki! Une grande première, fondée sur une technologie inédite et sophistiquée , et redoutablement efficace,  dans l’histoire de l’humanité….
Soixante après, les quelques objets , vêtements ou jouets d’enfant retrouvés, les ombres sur des murs seules vestiges  des individus qui vivaient là sont visibles dans un petit musée que Bruno Meyssat a vu.

  Il cite Kenzaburo Oé  qui , en 1963, visitait l’hôpital de l’ABCC où les Américains étudiaient les effets  de radiations sur les survivants: et l’on comprend l’horreur  que ressentait l’écrivain japonais pris de vertige quand on lui montrait sur des lamelles quelques gouttes de sang contenant  90.000 leucocytes après l’explosion de la bomba atomique, alors que le taux moyen est de 6.000! Et dans la pièce voisine étaient conservés les corps conservés dans la paraffine et découpés en lamelles !

   Comme si, quarante ans après, cet événement imaginé par le pays le plus puissant de la planète, d’une violence et d’une horreur jamais atteintes continuait à exister, même si les Etats-Unis avaient tout fait , quand ils occupaient le Japon, pour reconstruire au plus vite , pour mieux faire oublier le martyre de cette ville, dont les photos témoignent d’une horreur d’autant plus insupportable que cette opération a été délibérément conçue et exécutée pour exterminer des populations ciiviles   Mais que fait-on, sur le plan dramaturgique et scénique, avec quelques extraits de texte , un grand plateau, et cinq comédiens ?

  D’emblée Bruno Meyssat prévient aimablement: «   Ces événements sont irreprésentables. Pourtant il existe une continuité entre ce monde renversé, hors de ses gonds et le nôtre.J’aime cette idée d’un théâtre quantique.( ???).  Certes il ne comblera pas les attentes car il est la déroute de toute attente. Le temps, le théâtre, les particules, tout avance par bonds déroutants,,illogismes et ruptures de continuité. Regarder, observer le montre (…) Dans ce spectacle, nous choisissons donc d’impliquer l’Histoire contemporaine et un faisceau d’éléments de la culture japonaise. De cette culture d’une cohérence extrême, nous privilégions son rapport au fantastique, celui qui aime à souligner les aspects incertains de l’existence, qui traite aussi d’une continuité entre le monde des morts et celui des vivants, ente les domaines minéral ou végétal et celui où, humains,  nous constatons une âme ». 

  Soit; Bruno Meyssat essaye de se défendre  avant même d’avoir montré, ce qui est toujours à priori un peu inquiétant et cela valait le coup d’y aller voir.  Il y a sur le plateau nu et noir tout un bric à brac  d’objets et de meubles, conçu par ses soins et que Bruno Meyssat prétend être une scénographie: un lave-mains en tôle émaillée avec un robinet en cuivre qui laisse échapper un filet d’eau avec lequel une femme se lave les seins , le sexe , puis les fesses; quelque chaises tubulaires, dont une plus petite d’école maternelle , deux porte-manteaux avec patères en en métal chromé, six bocaux vides à canette de deux litre où une femme placera quelques uns de ses cheveux qu’elle vient de se couper, et un gant de caoutchouc.   Il y aussi, rappel de ce tricycle retrouvé dans les ruines,  une patinette des années 50 que guident avec une ficelle deux comédiens. Des tables métalliques , dont l’une munies de roulettes qui ne sont pas sans rappeler celles des spectacles de Bob Wilson, servent de praticables; plus loin dans le fond,  deux chassis de métal munis d’une vitre que l’on vient casser sans autre forme de procès; deux grandes bâches agricoles posées sur le sol sous laquelle se glisse un des hommes.

Il y a parfois des bruits de moteurs d’avion à l’atterrissage comme au décollage. Une femme qui se remplit le ventre de paille puis monte avec une échelle métallique sur un praticable où se trouve une botte de la même paille. Sur un lit , un médecin en blouse blanche dissèque un corps ou plus exactement découpe minutieusement son imperméable en plastique bleu transparent, citation probable de la Leçon d’anatomie que Tadeusz Kantor réalisa à l’Académie des Beaux-Arts de Cracovie. C’est plutôt le silence qui règne, seulement interrompu, par quelques pas très lents de cinq comédiens qui, parfois se mettent nus  et  disent quelques textes plutôt forts et poétiques sur l’histoire même de cette agression sans précédent, ou par les discours  -non traduits-de Truman, le président des Etats-Unis de l’époque.
Peu de lumière sinon de temps à autre, de gros projecteurs blancs répandant , depuis les cintres, une lumière zénithale  blanche et  agressive.On peut penser- de très loin- à la gestuelle si particulière du nô avec ces très lents déplacements et son rythme si particulier. Mais pas grand chose ne se dégage du spectacle lui-même: nous regardons cette installation plastique qui n’ a rien de particulièrement fort, mais qui , surtout, ne fait pas sens où les comédiens, semblent quelque peu errer à la recherche d’une tâche à exécuter. Tout est d’une lenteur extrême, comme pour montre l’état de torpeur des quelques survivants de cette ville, incapables de ragir à un pareil choc physique et mental, tous grièvement blessés.
L’on regarde au début,avec une certaine sympathie, cette tentative de réalisation qui se revendique des arts plastiques et d’un univers disons théâtral pour faire simple ,n’a pas connu une dramaturgie et un langage scénique suffisamment solides pour parvenir à ses fins, et qu’il y aura malheureusement aucune progression;Dès les premières minutes, l’on comprend bien que Meyssat nous offre quelque chose qu’Il aurait  voulu très novateur, mais qui ne nous touche guère; la plus grande erreur étant ce manque d’adéquation entre les intentions philosophiques de l’auteur et metteur en scène et cette tentative maladroite et brouillonne d’un spectacle, -heureusement court mais quand même pas très passionnant.La quinzaine d’adolescents qui étaient là s’ennuyaient  ferme mais n’avaient pas encore allumé leur portables pour s’envoyer des SMS; quand au reste du pauvre public (35 personnes environ), ils attendaient patiemment la fin de la messe; les applaudissements furent bien maigres et les comédiens pas très heureux de se retrouver là en train de saluer…Et ce n’est en aucun cas de leur fait., Mails ils semblent faire leur travail sans grand plaisir…

  Alors à voir? Non, absolument pas…Un documentaire intelligent sur Hiroshima vous en apprendra plus que ce brouet finalement assez prétentieux, où les comédiens et le public d’une salle aux trois quarts vides sont pris en otage, ce qui n’est quand même pas le but d’un spectacle! Là,  on se dit que la programmation de Pascal Rambert aurait besoin d’une urgente et sérieuse  révision. Comment compte- t-il attirer du public avec ce type de spectacle , celui des habitants de Gennnevilliers? Pourquoi, alors,  ne viennent-ils pas? Considère-t-il que son théâtre, bien vide un vendredi,  pourra-t-il continuer à vivre ainsi? Quant à la navette reconduisant les quelques  Parisiens égarés , elle ne partait que quinze minutes après l’horaire indiqué. Sympathique? Merci, M. Rambert en tout cas d’éclairer notre  lanterne?

  Sans doute  devrait-il concevoir  d’autres propositions artistiques de bon aloi  qui concerneraient davantage les habitants de Gennevilliers – auxquels il prétend s’adresser comme il l’avait dit dans son programme d’intention? Mais  qui cet Observer peut-il concerner? Le directeur du Théâtre Malakoff 71  celui de Fontenay-aux-Roses, ou celui de Cachan, -en faisant preuve de beaucoup plus d’humilité- réussissent beaucoup mieux leur programmation, et leurs théâtres sont pleins. Alors, camarade Rambert, encore un effort!  Il y a bien, dans le hall du théâtre, quelques lycéens qui tripotent les souris devant les beaux écrans que vous leur avez offert  mais faudrait-il encore qu’ils puissent être attirés parce que vous leur proposez, et il y a là ,un sacré effort d’imagination à faire.. Enfin si Observer vous tente, c’est à vos risques et périls mais, au moins, on vous aura prévenus..

Philippe du Vignal

Theâtre de Gennevilliers. Centre dramatique national de Création contemporain, jusq’au 29 novembre.

La ménagerie de verre

 La ménagerie de verre de Tennessee Williams, mise en scène de Jacques Nichet.

 lamenageriedeverre.jpg Tennessee Williams ( 1911-1983), engagé par la MGM en 43 pour tirer un scénario d’un roman, préféra écrire le sien que la MGM refusa et qu’il transforma alors en pièce… qui fut ensuite adaptée au cinéma… C’était La Ménagerie de verre qui  fit de T. Williams à 34 ans  un auteur  à succès… La pièce  est  largement inspirée de sa vie personnelle: le père, voyageur de commerce disparut très vite et  il vécut chez ses grands parents avec sa mère et sa sœur schizophrène et, à laquelle on a fait subir une lobotomie.
  C’est une tranche de vie bien réelle d’une famille pauvre des années 30, dans le Sud des Etats-Unis, après la grande dépression économique qui fit des ravages aux Etats-Unis; le narrateur Tom  ( le véritable prénom de Williams) fait revivre cette vie faite de travail mal payé dont les personnages, en proie à une profonde solitude s’échappent par le rêve. .Il y a là la mère très possessive, qui veut se mêler de tout et en particulier de l’avenir de sa fille qu’elle voudrait à tout prix marier. Elle demande donc à Tom d’inviter son collègue de travail JIm , qui se révèle être un copain de lycée de Laura; le repas se révèle être vite une catastrophe, puisque Laura ne veut pas y assister, alors que sa mère a mis sa plus belle robe, un peu défraîchie. Malgré tout, Laura ne semble pas indifférente à JIm qui l’embrassera furtivement. Mais il avouera à Armanda,  qui le presse de revenir quand il veut ,qu’en fait il est déjà fiancé et qu’il vas se marier prochainement… Le beau rêve d’Armanda s’écroule. Tennessee Williams  a déjà, même si la pièce n’a pas encore la force de La chatte sur un toit brûlant ou d’Un tramway nommé désir, écrit déjà de superbes dialogues- très bien traduits ici  par Jean-Michel Desprats- et en quelques répliques, tout est dit: le mal-être de Laura enfermée dans une profonde solitude l’exaspération de Tom qui supporte de plus en plus mal  un  travail sans intérêt et qui se réfugie, du moins le dit-il, dans  sa passion pour le cinéma, et la vie banale au jour le jour d’Armanda qui exaspère son fils par ses bavardages et ses illusions…
  Jacques Nichet a réalisé une mise en scène qui rompt avec  tout naturalisme, un peu trop sans doute mais c’est son point de vue: un plateau noir , deux chaises en fer, deux coussins: c’est tout, et en arc de cercle au fond un rideau de fils noirs, avec, par derrière , un écran où son projetées des images de mer démontée d’abord,  puis plusieurs fois de suite le  visage du père définitivement absent, la grande maison à colonnes de l’enfance chez le grand père pasteur, une grande table avec nappe blanche et de beaux couverts  quand on invite Tom, ou encore des phrases tirées du texte que les personnages  vont dire ou sont en train de dire: comme cet  » On me trompe » prononcé par Armanda, dont chacune des lettres tombent par terre, (????),  ou des titres comme Le pain de l’humilité. Et la pièce se terminera par les images du début…
  On ne voit pas bien ce qu’a voulu faire Nichet avec ce genre de projections qui tournent vite au procédé inutile: rompre avec le  réalisme d’une scénographie et le compenser dans  sa mise en scène? Donner un plus au texte de T. Williams qui n’en a nul besoin?  Mieux mettre en valeur le texte alors que ses comédiens le font superbement, introduire une petite louche de néo-brechtisme dans sa mise en scène ?  Et cela étonne d’autant plus que sa direction d’acteurs d’une grande clarté et d’une rigueur  est l’une des plus remarquables et des plus efficaces  qu’il ait jamais faites: Luce Mouchel  surtout ( Armanda) est vraiment formidable, avec de multiples nuances de jeu,  comme Agathe Molière qui joue Laura, et Micahël Abiteboul ( Tom) et Stéphane Facco ( Jim). C’est une distribution exacte et juste, et les comédiens possèdent une unité de jeu trop rare pour ne pas être signalée.
  Alors à voir? Oui, malgré les réserves énoncées plus haut et une lumière très chiche conforme, une fois de plus,  à la mode du temps. Comme si le noir signifiait tout de suite tristesse et tragique!  Ce serait trop simple et Jacques Nichet sait cela depuis toujours….Mais une bonne occasion de voir ou de revoir la pièce  d’un auteur qui, après une vingtaine d’années où il fut peu et mal joué en France, opère un retour en force depuis quelques saisons.

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Commune d’Aubervilliers , jusqu’au  dimanche 6 décembre ; relâche exceptionnelle le 29 novembre.

Sutra

“Sutra” de Sidi Larbi Cherkaoui

      sutra1.jpgSidi Larbi Cherkaoui a conçu une chorégraphie singulière pour ce spectacle qui fait actuellement l’objet d’une tournée mondiale et qui a fasciné le public québécois, grâce aussi à la création visuelle d’Antony Gormley et à la musique de Szymon Brzoska jouée  sur scène. Le danseur et chorégraphe belge d’origine marocaine, maintenant bien connu à Paris et en Europe, et les dix sept  moines du temple chinois Shaolin spécialistes d’arts martiaux en particulier de kung-fu, présentent un spectacle poétique empreint d’imagination et d’émotion .
Selon la légende, c’est  un moine boudhiste Bodhidharno qui  inventa au V ème siècle ce fameux kung fu, pour que les moines  puissent se défendre contre les brigands. Sutra, comme son nom l’évoque, associe  spiritualité et philosophie bhoudiste à la danse contemporaine et  au  Kung-fu, dont les moines sont de grands experts   

     Antony Gormley a créé  dix sept  boîtes en bois, de dimension humaine pour les moines Shaolin, plus une mais en aluminium pour Sidi Larbi Cherkaoui, boîtes qui se trouvent au cœur du spectacle: admirablement manipulées par les danseurs, de façon à construire et déconstruire des architectures  figurant, entre autres, un labyrinthe, des gratte-ciel de New York, des ponts… C’est dire que Sutra constitue aussi, comme on le voit sur les photos, une belle réussite sur le plan plastique.
 Shi Yandong, moine  adolescent, virtuose des arts martiaux, apporte une nuance de douceur et de légèreté au spectacle: le jeune garçon campe un être innocent, capable d’effectuer des aller et retour entre le monde des moines et celui de  Sidi Larbi Cherkaoui qui  incarne, lui, un étranger qui souhaite entrer dans leur univers spirituel. Shi Yandong  conduira Sidi Larbi  Cherkaoui vers l’espace des moines: ils vont alors surgir des boîtes et, grâce au mouvement ( danse et Kung-fu), les barrières seront dépassées. Sidi Larbi Cherkaoui  a fondé son spectacle sur l’idée du perpétuel changement de la vie,  sur l’ouverture,  et le renouvellement des êtres et des choses.

Maria Stasinopolou

Grand Théâtre de Québec

Le Recours aux forêts

Le Recours aux forêts, texte de Michel Onfray, images de François Royet, chorégraphie de Carolyn Carlson, musique de Jean-Luc Therminarias, lumières de Renaud Lagier et mise en scène de Jean Lambert-wild.

 

lerecoursauxforts5.jpg  Ce n’est pas, à proprement dit,  une œuvre « théâtrale » mais une sorte de petit opéra avec images projetées, musique, danse et texte non chanté mais plutôt proclamé par quatre solistes placés sur un  praticable côté cour : deux comédiennes Ela Hourcade, Laure Wolf , Fargass Assandé et Stéphane Pelliciaet , tout de noir vêtus, chacun devant  un micro. Le spectacle a lieu sur la grande scène du théâtre d’Hérouville, où Michel Onfray, bien connu pour son Université populaire dans ce même théâtre tous les lundis  où il dispense une conférence qui fait chaque semaine un véritable tabac..
  Qu’est-ce que Le recours aux forêts?  D’abord, un texte, commandé par  Jean Lambert -wild: «   Le stoïcien  qui souhaitait que moi l’épicurien je réponde à une commande que je n’ai  toujours pas comprise », dit  Michel Onfray . C’est vrai que la recette ne figure pas dans les livres pourtant nombreux de théorie théâtro-culinaire. Pensez à quelques chose qui serait un spectacle à proprement dit théâtral ( même s’il ne comprend pas de personnages) au sens  étymologique du terme  (Theaô en grec ancien= voir) , puis demandez à votre ami et compositeur habituel,  une musique à laquelle des comédiens pourraient associer le texte d ‘Onfray, et à  une chorégraphe renommée de vous concevoir un solo pour un danseur, et  laissez voguer votre inspiration  à partir d’un voyage en Irlande, sur des images que vous avez pu mémoriser puis faire enregistrer, et puis surtout, commandez à un ami philosophe et écrivain, cordialement détesté par ses confrères qui prétendent (les  Dieux savent pourquoi mais dans ces cas-là, c’est plutôt bon signe) qu’il ne fait pas de philosophie. sans doute parce qu’il qui est l’auteur de livres que beaucoup de gens, ont lu, à juste titre, avec passion , parce que sa langue et ses propos  clairs et souvent tranchants, les aident aussi à se comprendre, et à vivre  un peu mieux leur vie, de façon plutôt épicurienne. Ce qui n’est déjà pas si mal dans une vie d’homme qui vient d’avoir cinquante ans
   Miche Onfray concocte donc un poème en deux parties: Permanence de l’apocalypse,et Traité des consolations  dont le sous-titre est La Tentation de Démocrite, ce philosophe grec présocratique ( 460 ?-370  avant J.C.) ,convaincu que l’univers était composé d’atomes enveloppés dans le vide qui leur permettait d’être en mouvement et qui, dit-on, se fit construire une petite cabane dans le fond de son jardin pour fuir un monde qu’il trouvait détestable. Ce qui n’est pas sans déplaire à Michel Onfray , attaché à ses origines normandes, à la fois prolétaires et rurales…
  Donc, laissez reposer le projet plusieurs mois, ou, plutôt, pensez sans cesse à la mise en forme  que vous pourriez lui donner pour que la sauce puisse prendre en faisant autre chose, notamment en continuant à diriger un théâtre…Et cela donne quoi ? Quelques mois après avoir vu les premières images, la tentation était grande d’aller se rendre compte sur place. Ce n’est pas si facile d’en parler mais essayons. A l’entrée de la salle, l’on vous prête des lunettes noires qui permettent de voir le spectacle en trois dimensions (beaucoup de gens n’avaient pas compris comme moi qu’il fallait les mettre dès le début.. mais c’est sans grande importance). Donc, d’un côté les comédiens disant le texte de Michel Onfray, en solo et/ ou en choeur ,suivant une partition très maîtrisée même si, le soir de la première , la balance avec la musique ou  entre chaque soliste était loin d’être parfaite.
lerecoursauxforts7.jpg Le premier des deux textes d’ Onfray, quand il envisage le monde où il vit,  est impitoyable, et sans doute fondé sur une expérience personnelle, qu’il envisage les choses de la guerre, la duplicité des écrivains et des universitaires, ou les passions et la médicorité  des humains qui l’entourent:  » J’ai vu à l’hôpital des médecins de Molière / Prenant leur avis aux pendules, lisant leur diagnostic dans les astres / Disant une chose et son contraire (…)/ Mais toujours pontifiant en blouse blanche tachée de sang, d’urine,d’excréments/ Traînant derrière eux les membres qu’ils venaient de découper faute de savoir et de pouvoir les soigner ».
   La seconde partie  est heureusement plus douce et fait souvent appel à des souvenirs d’enfance: « Je veux prendre le temps de regarder longuement l’étoile polaire Celle que mon père me montrait du doigt sur le devant de la porte ». Seule consolation lucide  de Michel Onfray: planter un chêne, le regarder pousser , débiter ses planches , les voir sécher pour s’en faire un cercueil où il pourra prendre sa place dans le cosmos.
  Sur la scène,un vaste plan d’eau où danse,  seul, le rebelle, le révolté,  comme un frère d’Onfray , Juha Marsalo , tandis que passent derrière , sur un grand écran,  entre autres images:  des nuages, et des arbres squelettiques, et que, côté jardin, Jean-François Oliver joue au vibraphone, une partie de la musique de Jean-Luc Therminarias qui est aussi  diffusée par des baffles. On pourrait, à juste titre se demander quelle est l’unité réelle de ce court spectacle ( 60 minutes) à l’impeccable mise en scène mais après tout qu’importe!
  Les meilleurs et nombreux  moments sont ceux où, entre les images: les irisations fantastiques  dûes à la chute de paquets de colorants dans l’eau  font penser aux toiles de l’ américain Sam Francis, l’espèce de neige glacée qui tombe sur les incroyables contorsions du  danseur nu et qui refroidit très vite la salle…il y a conjugaison avec  le texte d’Onfray d’abord pétri de fureur puis de douceur,  et avec la musique de Therminarias; oui, ces moments-là  sont vraiment de pur bonheur.
   Et cela fait du bien qu’un jeune metteur en scène, au lieu de nous livrer la xième version d’une tragédie antique qu’il ne sait même pas comment traiter , ou de vouloir  à tout prix nous faire découvrir deux heures durant un  dialogue obscur et touffu mais- évidemment génial- d’un de ses amis soi-disant dramaturge, ose dire que le théâtre, peut être aussi une réalisation comme celle-ci.

  L’on pourra toujours reprocher à Jean Lambert-wild un coup médiatique, ce qui reste encore à prouver, mais  le public de Caen ,visiblement curieux et fasciné par la proposition, semblait être reconnaissant d’un pareil cadeau et  ne boudait pas son plaisir devant tant de beauté. Mais, bien sûr , l’on peut toujours aller voir La cage aux folles.
  A voir? Oui, absolument, si le spectacle passe près de chez vous.

 

Philippe du Vignal

 

Le spectacle a été créé par la Comédie de Caen au Théâtre d’Hérouville le 16 novembre et sera présenté le 26 et 27 à Roubaix; puis le 2 et 3 décembre à Limoges; le 8 décembre à Vannes puis en 2010 le 5 janvier à Vannes, le 21 et 22 à Cavaillon; le 28 et 29 à Belfort;enfin le 3 et 4 février à Evry et le 30 mars au Havre.

 

Le recours aux forêts La tentation de Démocrite  de Michel Onfray est publié dans la collection Incises chez Galilée.

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