Le théâtre est en ruines, alors?

Le Théâtre est en ruines, alors?

Le théâtre est en ruines, alors?  dit Jacques Livchine, co-directeur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité qui nous a transmis cette lettre d’un autres Jacques: Copeau  (1879-1949) images-31lui aussi metteur en scène et dramaturge qui fonda le célèbre Vieux-Colombier à Paris avec, notamment Louis Jouvet, Charles Dullin, Jean et Marie-Hélène Dasté, rue du Vieux-Colombier à Paris (VI ème). Il est  sans aucun doute le fondateur du théâtre moderne en France. Et en 1913, il  clamait haut et fort ses exigences artistiques: « Partout le bluff, la surenchère de toute sorte et l’exhibitionnisme de toute nature parasitant un art qui se meurt… partout veulerie, désordre, indiscipline, ignorance et sottise, dédain du créateur, haine de la beauté ; une pratique de plus en plus folle et vaine, une critique de plus en plus consentante, un goût du public de plus en plus égaré. » (…)  « Que les autres prestiges s’évanouissent et, pour l’œuvre nouvelle, qu’on nous laisse un tréteau nu. » Puis en 1924, après cette aventure parisienne qui dura onze ans, il partira pour la Bourgogne avec ses acteurs;  il mourra  à Pernand-Vergelesse en 1948, après avoir été un temps administrateur de la Comédie-Française…
  L’exigence portée à un très haut niveau et le rapport au public déjà! La troupe de Jacques Copeau jouant Les Fourberies de Scapin sur la place Saint-Sulpice sur une simple estrade, une haute conception du théâtre considéré un art et non comme une marchandise, l’indispensable nécessité d’avoir quelque chose à dire sur une scène en réponse à un véritable  besoin du public.  Le Ministère de la Culture ne pourra pas faire l’économie d’une profonde réflexion sur les codes et les pratiques du théâtre actuel  auxquels le public surtout les jeunes dans son ensemble n’adhère plus…
Tout ce qui nous fait réfléchir aujourd’hui à la faveur si on peut dire de cette pandémie ( voir l’interview d’Alain Timar, directeur du théâtre des Halles à Avignon dans Le Théâtre du Blog). était déjà là !  Jacques Copeau a écrit ce texte  il y  a quelque cent ans déjà déjà mais quelle lucidité, quel vision de l’avenir! A un moment où nous sentons bien que dans les mois qui viennent, toutes les cartes du système social et artistique vont être rebattues, il nous a semblé, comme à Jacques Livchine, que la parole de Copeau méritait d’être entendue…

« Avant de quitter Paris, je veux vous dire ceci :  rappelez-vous tout ce qui nous a unis, rappelez-vous nos efforts cent  fois réajustés aux circonstances. Restez  dignes de ces souvenirs. Ce n’est pas seulement un répertoire, des  collaborateurs, certaines méthodes de travail, une certaine vue de notre  art que je veux vous transmettre, c’est surtout cet esprit vivant qui  donne prix et beauté à tout ce qu’il inspire. Rien ne saurait me faire  oublier nos années de travail et de vie en commun. Il est important que  le public sache que ces années de collaboration n’aboutissent pas à une  rupture.
Nous sommes à l’heure où il faut dépayser notre art, le sortir du théâtre. Quitter le théâtre ? Pour aller où ?
À l’église ? À l’usine ? Dans les palais des nouveaux riches ? À la maison du peuple ? Sur la place publique ?
Peu importe le lieu, pourvu que ceux qui s’y rassemblent aient besoin  de nous écouter, que nous ayons quelque chose à leur dire et à leur  montrer.
Si nous ne savons pas où aller, allons dans la rue ! Ayons le courage de montrer que notre art est sans asile.
À l’aventure ! Tant que nous n’aurons pas trouvé pour y planter notre  tente le lieu où nous puissions dire : ici est notre Dieu et notre pays.
Mes vœux vous accompagnent.
Puissiez-vous en vous sentant  tout à fait libres, ne pas vous sentir tout à fait seuls. Il y aura  toujours un vieil ami auquel vous ne ferez jamais appel en vain. »

Jacques Copeau


Archives pour la catégorie critique

Quelques petits cadeaux à saisir (suite et non fin)

Brouillon non corrigé

Quelques petits cadeaux à saisir (suite et non fin)

 Les Elucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce d’Edouard Baer

On peut actuellement voir ce monologue au Théâtre Antoine en janvier prochain,  où  Edouard Baer parle du confinement, de l’immobilité et de l’impatience collective de se retrouver. C’est une sorte de  balade  à la fois drôle et émouvante  d’un acteur en fuite qui  parle au régisseur du théâtre.EDOUARD BAER, RENCONTRE

Et il  en profite pour nous dire son admiration pour des écrivains comme Romain Gary, Charles Bukowski, Thomas Bernhard, André Malraux dont il reprend le fameux discours qu’il prononça au Panthéon quand les cendres de Jean Moulin y furent déposées..  Et il conclut : «Tu vas y aller, tu sais que c’est pour bientôt. On sera à nouveau peau contre peau, ça arrive, ça monte, ça vient. »

Instagram

Fantasio  de Jacques Offenbach, d’après la pièce d’Alfred de Musset, direction musicale de Laurent Campellone, choeur, Ensemble Aedes, orchestre de chambre de Paris,  mise en scène de Thomas Jolly ( (spectacle en français, surtitré en français et en anglais.

Le jeune Fantasio a perdu le goût de la vie, il rêve de changer de peau. Justement, le bouffon du roi  vient de mourir : pourquoi ne pas le remplacer ? Or personne n’aimait plus le défunt que la princesse Elsbeth, promise à une désolante union politique. Le nouveau bouffon va amener la princesse à écouter son cœur. Jusqu’où se laissera-t-elle séduire ?

1fantasiodrpierregrosbois

En 1872, la création de cet opéra comique  suivait de trop près la défaite de Sedan, et le public rejeta la prétention de Jacques Offenbach à faire autre chose que de l’opérette. La partition  fut recyclée dans Les Contes d’Hoffmann, puis disparut en partie dans l’incendie de la Salle Favart. Laurent Campellone et Thomas Jolly ranimaient il y a trois ans cet opéra comique reconstitué. Marianne Crebassa y incarnait avec panache le rôle-titre. Donné au Théâtre du Châtelet pendant les travaux de la salle Favart, le spectacle a  retrouvé  le théâtre qui l’a vu naître.

www.opera-comique.c 

Philippe du Vignal

Entretien avec Benoît André, directeur de la Filature Scène Nationale de Mulhouse

Entretien avec Benoît André

Le nouveau directeur de la scène nationale de Mulhouse (nommé en janvier  2020) a répondu à nos questions. Construit sur le site d’une ancienne filature de coton, ce bâtiment,abrite sous sa coque de verre et d’acier outre La Filature, Scène nationale : l’Orchestre symphonique de Mulhouse ;  la Médiathèque de Mulhouse spécialisée dans les arts de la scène et  accueille certaines représentations de l’Opéra national du Rhin ainsi que les créations du CCN / Ballet de l’Opéra du Rhin.

 -Le Grand Est a été la première région sévèrement touchée par le Covid 19… Quelle a été votre réaction ?


-
J’habite près de la Filature, j’y suis donc tous les jours. Je suis rassuré : aucun de mes quarante neuf salariés n’a été atteint par le virus et je reste en contact chaque semaine avec eux par mail. Ils sont au chômage partiel, sauf le service de comptabilité et de paye qui fonctionne à 100%, compte tenu de la situation actuelle. J’ai réfléchi aussi à la façon dont l’ensemble de l’équipe peut continuer à travailler sur une période fermée, en étant non confinée.

Bâtiment réalisé en 1993 par Claude Vasconi,

La Filature a été réalisée en 1993 par Claude Vasconi

-Devant les incertitudes sanitaires qui se profilent, le ministère de la Culture est attentiste ! Comment envisagez-vous l’avenir?

- Il y a la programmation de notre salle modulable où le report de tel ou tel spectacle est plus aisé et celle de la grande salle, moins souple à organiser compte-tenu des créneaux disponibles: en effet, elle accueille aussi l’Orchestre symphonique de Mulhouse, et les productions lyriques et  le Ballet de l’Opéra national du Rhin sous la direction de Bruno Bouché.

Même si la situation sanitaire s’améliore, j’envisage d’alléger la programmation de l’automne, au profit de la saison d’hiver et de printemps. Les grosses productions internationales, par précaution, seront reportées sur la saison 2021/2022. Nous avons treize spectacles qui n’ont pas été joués et qui eux, seront programmés sur les deux prochaines saisons.

L’autre pari  est de penser différemment la relation au public.  Avec une jauge réduite de 50 %, nous pourrions envisager une représentation dans la salle et une projection en même temps, par exemple dans un “drive in“, comme cela se fait en Allemagne pour le cinéma aujourd’hui. Une autre piste serait de développer des projets participatifs avec le public, via les supports numériques. Mais il ne faudrait pas que, dans le futur, ces diffusions pratiquées pendant le confinement  vident les théâtres!

Entretien réalisé par Jean Couturier

lafilature.org

Les confinés parlent aux confinés (suite et pas fin)

Jean-Louis Heckel

Il est metteur en scène et directeur de la Nef-Manufacture d’utopies, à Pantin (Seine-Saint-Denis). En 1978, à sa sortie de l’école Jacques Lecoq, il entre dans la compagnie Philippe Genty et pendant huit ans, il va faire découvrir l’art de marionnette à un vaste public: ceux des cabarets d’Europe, comme ceux des grandes salles mythiques du monde entier, en jouant Facéties et Rond comme un cube. Puis il est comédien et marionnettiste dans la compagnie Renaud-Barrault de 85 à 86.

Lui et sa compagne Babette Masson, créent le Nada Théâtre qui connaît de beaux succès notamment avec Ubu en 90, Marie Stuart…. Avec elle, il dirigera le Centre culturel Boris Vian aux Ulis de 97 à 2005. Puis pendant dix ans jusqu’en 2014, il sera directeur pédagogique de l’institut international de la marionnette à Charleville-Mézières. En 2006, il créa la Nef-Manufacture d’utopies pour développer le théâtre d’objets et l’art de la  marionnette, qu’il associera à un travail d’écriture.
Nous avions envie de vous faire partager ce beau texte, plein à la fois d’ironie et de joie de vivre…

Jean Couturier

 

Chères confites, chers confits,                                                                            

En apnée haute, suspendu dans le temps, sidéré, je prends le temps in fine de vous parler de tous ces petits cons de virus qui, aussi minuscules soient-ils, nous obligent à nous arrêter. Plutôt objecteur de conscience, que va-t’en guerre, mon principal ennemi étant… moi-même.

photo Philippe Genty

photo Philippe Genty

Railler, conspuer, critiquer n’a jamais été mon mode d’expression favori. Réfugié apolitique chez ma cousine à Saint-Quentin-en-Yvelines, j’assiste tous les soirs au score calamiteux du match en cours entre les vivants et les morts. Aujourd’hui, comme tous les soirs, on pactise avec les voisins en frappant dans les mains ; ces mêmes mains qu’il ne faut plus donner et qui sont devenues l’ennemi public n° 1.
Depuis ce confinement, les poissons sont revenus dans la baie de Venise, on respire enfin à Pékin et on réalise tous avec effroi que les produits “made in China”, vitaux pour certains, nous rendent dépendants.

Et nous revoilà dans l’histoire du petit papillon dont les battements d’ailes déclenchent un tsunami de l’autre côté de la planète. Les petites gouttelettes de pluie transportées par les colibris nous paraissent bien dérisoires face aux vagues  déferlantes du marché mondial. Comment faire pour ne pas se sentir l’éternel petit David contre Goliath ? Notre solitude et notre isolement devraient avoir la même importance que cette nouvelle conscience planétaire incarnée par la toile et les réseaux sociaux.

Comment incarner la grandeur de l’humain, en se sentant confiné chez soi ? Une fois de plus, il nous faut descendre dans nos caves, dans nos mines les plus retranchées pour retrouver la force de la métaphore et de la poésie. Tous les jours, les internautes envoient des messages drôles et sarcastiques, tous les jours Wajdi Mouawad écrit et publie sur le site du Théâtre de la Colline, des chroniques pour prolonger le lien et ne pas couper le fil. Dans l’une d’elles, il parle des gens qui ne verront jamais l’été et je réalise que ça peut être moi… ou vous.

Alors, tâchons d’être à la hauteur de cette traversée du désert. On va faire une formidable fête le jour de l’enterrement du virus, s’embrasser et se serrer fort dans les bras car nous, les naufragés du radeau de la Méduse, auront touché terre. “Tu reviendras” , promet Hanna au petit garçon qui vient de lui confier son précieux flacon rempli d’eau de la pluie, avant de s’embarquer dans le train sans retour. “Oui, je reviendrai chercher la pluie du bon Dieu” lance le petit garçon à la fin La Pluie de Daniel Keene. La pièce sera reprise en novembre, comme beaucoup d’autres choses annulées aujourd’hui. Alors, nous serons là, sur le plateau et dans la salle  de la Nef pour attendre et accueillir le petit garçon.

Jean-Louis Heckel

 

Les confinés parlent aux confinés (suite et pas fin)

 

Sophie Vonlanthen, co-directrice de la Manufacture des Abbesses à Paris

 - Comment cela se passe pour votre théâtre?

 - Fermé bien sûr, comme les autres. Mais j’ai un avantage: comme j’habite au-dessus, j’y descends pour travailler, sans que mes enfants (quinze et six ans) ne m’accaparent… Mais comme tout le monde, nous ne savons pas ce qui va se passer dans le monde du spectacle et attendons les nouvelles! photo Sophie VonlanthenNous avions à notre programme un stage de formation A.F.D.A.S.  pour comédiens dirigé Jordan Beswick en anglais, un enseignant américain exceptionnel dont j’avais suivi les cours aux Etats-Unis. D’ici là, il pourrait faire une formation à distance comme il le pratique couramment mais faudrait-il que l’A.F.D.A.S et les acteurs en soient d’accord…

-Et la fin de votre saison est plus que compromise?

-Râpée tout comme le festival d’Avignon où nous devions aller jouer. Un espoir? Rouvrir le théâtre à l’automne avec la programmation prévue mais pour le moment, c’est loin d’être évident. Et normal, dans cette incertitude artistique et financière, les compagnies que nous recevons, n’arrivent pas à se projeter dans l’avenir!

- Et budgétairement, comment vous en sortez-vous?

- Pour le moment, cela va encore mais comme nous en savons pas combien de temps cela pourra durer…. Mais je mesure notre chance, comme la saison a été bonne, nous vivons sur nos réserves. Et quant au paiement du bail, il peut être mis en attente, on attend de voir.

- Et votre personnel?

- Nous avons une régisseuse en C.D.I, que l’on a mise en chômage partiel et les autres employés sont en CDD. C’est une période effroyable! L’activité normale des petits théâtres comme le nôtre  est toute chamboulée. Une chose est au moins sûre: nous allons maintenir le cycle Nathalie Sarraute avec plusieurs de ses pièces dont Héléna, Pour un oui, pour un non, et des lectures de ses romans. Quant au reste, c’est encore bien flou… En octobre, Yann Reuzeau, auteur et metteur en scène reprendra sa pièce Les Témoins qui devait finir le 22 mars.

– Je suppose que vous êtes en contact avec les directeurs des autres petits théâtres comme le vôtre?

-Oui, bien sûr, Salomé Lelouch, la directrice du Théâtre Lepic (ex-Ciné 13 ) pas très loin de chez nous est dans la même situation. En fait, nous sommes tous un peu anesthésiés, sans rêves, comme en pause. Mais nous recevons de nombreux messages du public et cela fait du bien…

- Vous ne passez pas sur votre site comme de nombreux lieux  des captation de vos anciens spectacles?

-Je n’en fais pas donc je n’en ai pas  et je me méfie de celles que l’on m’envoie pour me donner une idée d’un spectacle des metteurs en scène qui voudraient venir jouer à la Manufacture des Abbesses. Nous faisons une sélection sur dossier et nous demandons à voir dix minutes du spectacle joué sur scène, pour avoir un aperçu concret. Cela me parait plus juste et plus convaincant.

- Et votre quartier, celui du métro Blanche et du Moulin Rouge?

– Il y a du monde parce qu’il y a une vraie vie de quartier mais très peu de voitures et aucun car de tourisme, donc il y a beaucoup moins de pollution et je n’ai plus les yeux qui piquent… Je monte chaque jour un des escaliers de Montmartre pour faire un peu d’exercice. Et puis  je travaille énormément: je réalise quelle chance, j’ai! Le public, les acteurs, les équipes: j’aime cela.  Et nous avons l’impression que, malgré tout, il y a plus de gens qui ont des projets…

Alain Timár, directeur du Théâtre des Halles à Avignon

 - Il y a quelques jours la décision est tombée: les festival in d’Avignon n’aura pas lieu et du même coup, le off non plus…

-  Oui, le 21 avril a eu lieu le conseil d’administration du in dont je fais partie, a fait ce choix qui était le seul possible. On ne voyait pas très bien comment des jauges réduites pouvait résoudre le problème, alors qu’en juillet, les rues sont bourrées de monde.
Il y aurait un report vous le savez sur une semaine en novembre de quelques spectacles dans des salles fermées. Mais, bien entendu, cela ne règle pas tout et reste la question cruciale des intermittents: il y a nécessité absolue d’un plan de sauvetage et toutes les compagnies vont être durement touchées.

-Et votre travail à vous en ce moment?

-Je travaille un peu sur Skipe, je lis beaucoup: rien, absolument rien ne m’arrête de lire! Je m’occupe de la mise en ligne de notre programmation et de petites vidéos. Et aucun des artistes ne m’a dit que son spectacle ne pourrait avoir lieu.

-Et votre création personnelle Naufrage de Rémi de Voos?

-Actuellement, c’est une traversée héroïque… Je dois d’abord trouver des solutions comme responsable d’un lieu : Il faut assurer la permanence de l’équipe J’ai sept permanents en CDI mais aussi sept en CDD pendant le festival.  Il faut que nous finalisions les projets et puissions à un moment ou un autres assurer l’accueil des compagnies que nous avions prévu d’accueillir en juillet. Ce qui, vous le savez bien, est un gros travail.  Nous avions cette année plus de 80% de créations soit onze spectacles sur les quatorze programmés. La plupart des compagnies étaient déjà  en répétition quand le  gouvernement a ordonné le  confinement est intervenue. Comment dans ces conditions assurer une vraie programmation! 

Et  vu la panique économique qui se profile à l’horizon, je crains que ces troupes ne soient nombreuses à être obligées de mettre la clé sous la porte. On peut jeter un caillou, en l’occurrence un galet du Rhône, au gouvernement: personne en effet n’a pris à temps les indispensables mesures sanitaires. 2 ATOn pense avec effroi aux déclarations d’Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé il y  a  deux mois qui minimisait cette très grave crise, alors que son mari est directeur de recherches dans un laboratoire à Youan en Chine, d’où est parti le virus! Et au début de cette pandémie, il y avait en France un regard un peu ironique sur ce qui se passait en Italie. Le coq gaulois continuait à chanter, même s’il avait déjà les pattes dans la merde. Cela rappelle le nuage de Tchernobyl qui ne pouvait traverser nos frontières…  

– Et le off dans tout cela?

 - Vous savez bien que les deux  ont un lien maintenant historique.  Pour le festival in, ses partenaires  assureront  la pérennité  des aides et subventions, donc l’ensemble des salaires pourra être versé.  Et il y aura cette Semaine d’art en novembre dans des lieux fermés comme La FabricA , le théâtre Benoît XII, etc. J’ai demandé au Conseil d’administration du In que l’on réfléchisse en commun à une possible relation du in avec les théâtres permanents d’Avignon, entre autres, avec le Théâtre des Halles que je dirige…

Il faut en effet, essayer d’inventer l’avenir mais ce virus corona permettra au moins que naisse dans le milieu du spectacle, une réflexion profonde, ce qui n’a jamais vraiment eu lieu! Charles Berling qui dirige le Théâtre Liberté de Toulon est dans le même état d’esprit: aucun  doute là-dessus,  il y a une nécessité absolue d’un changement de cap pour le festival d’Avignon. Et il y aura une table ronde fin juin début juillet.
Avec cette dérégulation permanente du marché de la location et cet ultra-libéralisme, que ce soit celui des appartements ou celui des salles de spectacle,  nous somme entrés dans un système infernal… Certains propriétaires de lieux exigent un minimum garanti de 15.000 €!  et parfois encore même un pourcentage sur les recettes: cela s’appelle de la voyoucratie.  Il y a Avignon, des hommes d’affaires purs et durs qui louent des salles à qui le peut mais qui ne connaissent rien  du théâtre contemporain, d’autres plus avertis qui font des choix solides. Mais tout cela reste malsain.
Au Théâtre des Halles, nous nous en tenons à des règles strictes; entre autres, nous recevons trois compagnies régionales  avec 80 % de la recette garantie et il y a chaque années, deux compagnies en coproduction avec nous.

On entend peu le Ministère de la Culture, Frank Riester. Mais comme il  a été aussi victime de cette pandémie, cela explique peut-être ce silence. Finalement, tout se passe comme si le corona virus était le révélateur d’une crise économique profonde…on se demande parfois si l’Etat a bien conscience de la nécessité de préserver l’avenir et il faudrait au moins qu’il apporte un soutien psychologique au secteur culturel. Avec le tourisme, il subit de plein fouet cette crise sanitaire et il faudra des années pour  nous en remettre.
- Mais alors que faire? La seule alternative possible est d’introduire dans ce tissu complexe un minimum de déontologie et de sécurité pour les compagnies qui veulent jouer à Avignon. Jusque là, on voit que l’Etat n’a guère fait preuve de bonne volonté et a laissé les choses se faire. Nous voyons tous que cela ne pourra pas durer. Une des solutions serait que, que par exemple, le Ministère de la Culture mette en place un système aidé dans le off avec l’aide des pouvoirs publics. La dérégulation actuelle en prendrait alors un coup, la concurrence joueraient son rôle et les propriétaires des lieux qui exigent des prix exorbitants, seraient obligés de revoir leur  tarifs…

- Et votre spectacle à vous?

 -Nous pensions pouvoir continuer les répétitions de Sosies de Rémi De Vos,  commencées au Théâtre Montansier à Versailles en février mais voilà, tout est évidemment arrêté et nous sommes confinés… Dans l’attente de ce qui se passera à la mi-mai. Si on a le feu vert, nous accueillerons en résidence trois compagnies pour qu’elles puissent créer leurs spectacles.  Pour Sosies, seize représentations ont déjà été vendues pour le début 2021 en  France et en Suisse ! Et les deux compagnies  de la région que nous soutenons, ont aussi des tournées prévues. Et nous essayerons au maximum de maintenir tous les apports en coproduction…

Le théâtre qui est construit sur un rapport privilégié entre  salle et plateau : il faut être constructif et donner le meilleur de soi-même mais  la qualité artistique est aussi fondée sur les errances et les ratés, bref, au théâtre, rien n’est simple et cette crise amplifie tout…

Philippe du Vignal

Les confinés parlent aux confinés (suite)

Les confinés parlent aux confinés ( suite)

m1500x1500 

 

 Contredanse à Bruxelles

La compagnie Trisha Brown et Yvonne Rainer mettent leur répertoire au goût du jour, partagent leurs partitions chorégraphiques dans le New-York Times et proposent à chacun de s’y essayer. L’emblématique Roof and fire Piece de Trisha Brown se transforme en Room/Roof Piece, Yvonne Rainer adapte une partition de la pièce Terrain et nous invite à pratiquer l’exercice Passing and Jostling While Being Confined to a Small Apartment. 

Articles en ligne (EN) : → A Home Version of Trisha Brown’s ‘Roof Piece,’ No Roof RequiredA D.I.Y. Dance for Your Home, From Yvonne Rainer et pour aller plus loin sur Trisha Brown : → http://www.ubu.com/dance/brown_roof.html (film Roof and fire Piece, 1971, 32min01)→ https://www.numeridanse.tv/videotheque-danse/roof-and-fire-piece (extrait de Roof and fire Piece, 1973, 2min.53)

https://trishabrowncompany.org/repertory/roof-piece.html (photos, 1973)

La Maison de la poésie

Elle propose un enregistrement audio d’une lecture  en une heure vingt de La Divine Comédie de Dante par Denis Podalydès. Avec d’abord une bonne introduction au très célèbre poème écrit en toscan qui deviendra la langue italienne. d4b96093ee4dd3415cf75aab7f25d19a5e75389aacfc702a11ac535842a2223a

 Dante s’est inspiré par le sanglant conflit qu’il a lui-même vécu, opposant les Guelfes et les Gibelins (1125-1300) et il fait référence e à L’Enéide de Virgile comme à l’Apocalypse de Paul. Ce célèbre poème comprend  trois « cantica » : Enfer, Puragtoire et Paradis, chacun  composé de trente-trois chants sauf l’Enfer qui a un chant préliminaire. Dante raconte  un voyage à travers les trois règnes supraterrestres qui le conduira jusqu’à la vision de la Trinité chrétienne.
Une occasion de retrouver oralement toute la magie textuelle de cette Divine Comédie, surtout L’Enfer grâce à Denis Podalydès.

www.paris.fr › la-maison-de-la-poesie-1628

Philippe du Vignal

 

 

Du côté des intermittents (suite) !

Du côté des intermittents (suite) !

 hbinXpcTQovsOAA-800x450-noPadDès  le 1er mars, le secteur culturel a été touché et depuis, les annulations en cascade des festivals sonnent le glas de l’économie du spectacle. À ces inquiétudes, le Ministère de la Culture a adapté à ce secteur les mesures générales prises par le gouvernement, en modifiant aussi les critères d’accès au fonds de solidarité des auto-entrepreneurs et des très petites entreprises. Ce qui permettra aux artistes-auteurs d’y accéder: la période de référence concernant la baisse de revenus n’est plus mars 2019 mais une période de douze mois.

Un autre volet d’adaptation concerne l’assurance-chômage des intermittents du spectacle et les conditions du recours au chômage partiel. Les producteurs et compagnies qui avaient prévu de jouer dans le off d’Avignon (pour la plupart en auto-production) seront obligés de déclarer leurs artistes et techniciens au chômage partiel. Mais cela implique un minimum de trésorerie pour avancer les salaires…

Unknown

Samuel Churin

 En effet, il reste encore beaucoup de flou quant aux modalités envisagées par l’Etat.  La C.F.D.T. demande des négociations avec les partenaires sociaux. «Les mesures d’urgence c’est bien, mais ça ne pallie que les urgences», dit aussi  la C.G.T.  Et Force Ouvrière-Fédération des Arts, du Spectacle, de l’Audiovisuel et de la Presse (F.A.S.A.P.), par la voix de sa secrétaire générale Françoise Chazaud, demande que la “neutralisation“ commence avant le 15 mars, «car les rassemblements de plus 1.000 personnes ont été interdits dès le 8 mars ».

On peut aussi se demander si les heures payées sur la période de confinement  seront prises en compte au moment de recalculer les droits, ou si celle-ci sera neutralisée pour tout le monde.  Et que va-t-il se passer pour tous les intermittents travaillant chez de petits employeurs qui ne pourront pas activer les mesures de chômage partiel ? Et pour ceux qui ne retrouveront pas tout de suite du travail à la sortie après le confinement ?

Les syndicats C.G.T. demandent la mise en place d’un fonds spécial, ce qui permettrait d’aider notamment les artistes employés par les employeurs occasionnels, moins susceptibles que les grosses structures,  d’activer les dispositifs de chômage partiel.

260px-Guy-Pierre_Couleau

Guy-Pierre Couleau

 Jean Varella, directeur du Printemps des comédiens à Montpellier, un des nombreux  festivals annulés, explique ses priorités : « Nous travaillons avec les tutelles du service public à l’accompagnement des artistes et techniciens. Derrière le mot : intermittent, il y a des savoirs-faire qu’il faut maintenir  pour consolider ce vivier.  » Et Jean Varella dit qu’il a  besoin « d’un moment de silence avant de reprendre. » « Je ne me vois pas  reprendre sans me poser la question du sens de notre travail, dit aussi une intermittente:  il faut qu’on vive dignement de ce qu’on fait mais on ne peut pas ignorer la souffrance des personnels et pensionnaires des E.P.H.A.D, soignants, enseignants…

 Prodiss, Syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacle musical et de variétés, représentant 400 entreprises dont 90% de petites, s’interroge sur les conséquences socio-économiques désastreuses et se propose de «travailler sur la renaissance du spectacle vivant dans l’après le confinement qui, on le sait, ne sera pas levé pour lui ».

affiches-dAvignonde-73e-edition-festival_0_600_372Le off d’Avignon a été annulé par le conseil d’administration d’AF&C le 15 avril, après des semaines d’incertitude, ce qui a éclairci les choses. Pour cette association qui gère le off : « Les lieux devraient rembourser les acomptes payés, pour bénéficier d’une aide du fonds d’urgence qu’AF&C cherche à monter avec ses partenaires: Ville d’Avignon, Région, État et organismes professionnels du fonds de soutien aux compagnies.» A suivre !

 «Les directeurs de théâtre vont passer six mois sans voir une première, ni même un spectacle. Dans quel état d’esprit, seront-ils pour une reprise ? », s’interroge Frédéric Maurin, président du Syndicat national des scènes publiques. Les solutions passeront par la coopération, comme l’ouverture des antennes de Radio-France au Printemps de Bourges et aux festivals musicaux et par des engagements réciproques comme la promesse des Francofolies de La Rochelle de réinviter les artistes,. Mais aussi par des expériences comme le festival d’Aix-en-Provence  qui propose, grâce au « streaming », une présence de ses créations 2020.

 Face aux directeurs de théâtre et aux producteurs inquiets, les intermittents, eux, ont d’autres préoccupations et se demandent comment boucler leur fin de mois. Ainsi Nicolas Barrot s’indigne dans son blog relayé par Mediapart* : « Au mieux, les spectacles reprendront en septembre. Cela fera donc six mois sans travail. Nous attendions une grande solidarité de toute une profession  mais… elle ne semble pas être au rendez-vous. Les réactions des théâtres et festivals ne sont pas claires et  bien loin de ce que l’on pouvait attendre d’un milieu dit « de gauche“ . Mais maintenant, comment gère-t-on ces annulations? On paye, ou on ne paye pas? On reporte à la saison prochaine, oui, mais on vit avec quoi, en attendant? Et on peut vraiment dire que les choix et explications ne sont pas convaincants. »

 Dans les journaux, les articles fleurissent sur l’annulation des festivals d’été et le retard à l’allumage prévus par les programmateurs dont certains s’étonnent du peu d’attention des journalistes des grands médias quant au sort des artistes. La metteuse en scène Catherine Boscowitz cite  un article publié dans Le Monde: elle est sidérée  « de constater qu’à aucun moment, ses auteurs ne font allusion à la situation des artistes eux-mêmes. Comme s’ils étaient totalement déconnectés de ce qui va se jouer (sans jeu de mots) dans les mois à venir pour les salles de spectacle et les musées. Comme s’ils n’étaient pas le cœur de l’activité de ces lieux de culture. Et pourtant, il paraît bien évident que dans la catastrophe qui s’annonce, c’est le cœur (donc les artistes) qui vont être touchés au premier chef. Et que c’est donc AVEC EUX  que les directeurs de salles feraient bien de s’interroger, au lieu de pleurer seuls dans leur coin ! Il est intéressant de constater que la seule allusion  faite aux artistes est de les comparer à des animaux : des comédiens de la Comédie-Française «tournent comme des lions en cage ».
  Les théâtres seraient donc devenus des zoos? Et leurs directeurs, en bons patrons paternalistes du XIXème, seraient les seuls à avoir le privilège et le devoir de penser pour sauver leurs « entreprises » ?  » (…) « Arrêtez s’il vous plaît ! Messieurs mesdames les commentateurs de la Culture et directeurs de lieux interrogés, mettez-vous au vrai travail avec les artistes et pas sans eux, pour reconsidérer ce que sera le monde de demain ! Car sans la pensée de ceux qui vous font vivre, les artistes, vous risqueriez bien, vous, de vous retrouver confinés à vie ! »

 La pétition Culture en danger **, lancée par le metteur en scène Jean-Claude Fall sous forme d’une lettre ouverte au président de la République, explique que pour les intermittents du spectacle, la prolongation de la durée d’assurance-chômage prévue par le ministère de la Culture est insuffisante : «La plupart des spectacles ou des projets reportés ne pourront se réaliser au mieux qu’un an, à un an et demi après la réouverture des salles. Nous demandons que les droits de tous les artistes et des techniciens intermittents soient prolongés d’une année au-delà des mois où toute activité aura été impossible. » 35. 000 personnes l’ont signée à ce jour

 Plus globalement,  Samuel Churin, acteur bien connu pour son action au sein de la Coordination des Intermittents et Précaires. pense aussi à tous les précaires ne bénéficiant pas de ce statut: « Les autres, les intermittents de l’emploi : l’Etat a décidé de faire des économies sur les plus pauvres avec la baisse des allocations. La  réforme du chômage n’est pas annulée mais repoussée. Il faut que cette réforme sur les  « activités réduites » soit annulée ! Pour assumer une continuité de revenu à ceux qui ont une discontinuité des salaires. »

 Mireille Davidovici

*Nicolas Barrot https://blogs.mediapart.fr/nicolas-barrot/blog/240420/annulation-de-spectacle-paye-ou-ne-paye-pas?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66&fbclid=IwAR1KMkyMObVCcqr7tf_yG8bUPtBX-vWPJDztvYYDsiUQdXALN7O9M87BQSg

** Pétition Culture en danger: sur change.org. : https://www.change.org/p/pr%C3%A9sidence-de-la-r%C3%A9publique-culture-en-danger-lettre-ouverte-au-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique/psf/promote_or_share

 

Les confinés parlent aux confinés (suite et non pas fin!)

 

Les confinés parlent aux confinés (suite et non pas fin!)

   
Esclarmonde Monteil, directrice générale et scientifique du musée des Tissus à Lyon

-Confinée à la campagne, je prépare les prochains rendez-vous du musée et j’occupe mon temps libre à la couture et au tricot… Des activités méditatives qui conviennent aussi à l’écoute de la radio…sTFbuh74S5ibWEF7QbvEbg-Esclarmonde J’ai l’impression de vivre un temps suspendu, une parenthèse hors du rythme effréné qui est notre normalité. Qu’en sera-t-il après ? J’espère que nous prendrons le temps de vivre…
 
-Une pièce de vos collections?

-Pour illustrer le printemps, un tissu décrit par Émile Zola dans Les trois villes: Rome. « Le salon était vaste, drapé de la plus admirable tenture de velours de Gênes qu’on pût voir, cet ancien velours jardinière, à fond de satin pâle, à fleurs éclatantes, mais dont les verts, les bleus, les rouges se sont divinement pâlis, d’un ton doux et fané de vieilles fleurs d’amour. »

-Votre coup de cœur?
- Le site du Collège de France d’un excellent niveau scientifique avec notamment les cours de Roland Recht sur l’histoire de l’art, agréables à écouter et faciles d’accès.
 
Jérôme Bastianelli, directeur général délégué et président par intérim du musée du quai Branly,  Jacques Chirac  à Paris ( VII ème)

Confiné à Paris, dans le quartier Montparnasse… Cela me permet de passer au musée une à deux fois par semaine, le reste du temps: télétravail, réunions par vidéo-conférence et entretien de mes trois passions : Marcel Proust, musique et photographie.
 
-Une pièce de vos collections?sTFbuh74S5ibWEF7QbvEbg-IMG_2027-1
-Au titre de sa participation à la foisonnante #CultureChezNous lancée par le ministère de la Culture, le musée diffuse, entre autres, des vidéos comme La minute anthropologique. On y entend notamment Julien Rousseau, conservateur des collections Asie, raconter l’histoire et la symbolique du waï thaïlandais, cette manière de saluer en joignant les mains verticalement, sous le menton, tout en inclinant un peu la tête.
 
-Votre coup de cœur?
-On parle beaucoup de Proust pendant le confinement… L’opération #UneCitationDeProustParJourDeConfinement, lancée par la Société des Amis de Proust sur ses réseaux sociaux, permet d’en bien comprendre la raison. Par exemple avec cette phrase : « Là où la vie emmure, l’intelligence perce une issue ».   Grâce aux diffusions organisées par les plus grandes institutions internationales, on peut chaque jour découvrir une nouvel  opéra ou un  ballet comme ces trois Tchaïkovski diffusés par le Bolchoï qui resteront un grand souvenir.  
 
Delphine Pinasa, directrice du Centre national du costume de scène à Moulins (Allier)

-À Moulins, le temps est suspendu: salles d’exposition plongées dans le noir, costumes confinés en vitrine, immobiles et emplis d’espérance dans ce monde irréel et une biche gambade dans le jardin… sTFbuh74S5ibWEF7QbvEbg-IMG_3143Je profite de cette période pour avancer sur les dossiers à plus longue échéance comme la création d’un espace scénographie, la refonte de notre site Internet, le développement de résidences d’artistes ou la programmation estivale …  

- Une pièce de vos collections?
- Grâce à notre partenariat avec la plateforme Google Arts & Culture, on peut voir en ligne l’exposition actuelle Couturiers de la danse, de Chanel à Versace (en français et en anglais).
 
-Votre coup de cœur?
-Les Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau mise en scène de Clément Cogitore, une œuvre de musique baroque réinterprétée. Mais aussi globalement, tous les spectacles diffusés en ligne sur les sites de l’Opéra national de Paris, la Comédie-Française, l’Opéra-Comique, l’Opéra de Lyon… Cela permet de découvrir ou revoir la richesse culturelle du monde culturel et théâtral français.

Philippe du Vignal

Remerciements à Pierre Laporte  Communication
 

Quelques petits cadeaux à saisir ( suite)

Quelques petits cadeaux à saisir ( suite)

 Les Goguettes

Quatre auteurs interprètes (Stan, Aurélien Merle Valentin Vander et Clémence Monnier, pianiste, (voix, synthés et guitare et piano)  revisitent la chanson française.  Ce  quatuor créé il a sept ans excelle dans des  petites chansons parodiques avec des paroles le plus souvent inspirées de l’actualité.fb63571_snf1Ag_YC1wmmcFF5pPmxtUy

Les thèmes ? Le confinement sur l’air de Vesoul de Jacques Brel: très réussi. Regardez-cela vous ne serez pas déçus… https://www.youtube.com/watch?v=BFOJtRFlY-8

Mais aussi l’avenir du premier ministre Edouard Philippe, le véganisme ou encore la fourme d’Ambert…
Une excellente diction, de bonnes voix, un bon savoir-faire musical et plusieurs louches de joyeuse impertinence. Bref, un cocktail très réussi. Prochain spectacle: Globalement d’accord avec plusieurs dates reportées.

Le 21 mai, Festival L’Humour des Notes Haguenau (67).  Le 28 mai, Théâtre Claude Debussy, Maisons-Alfort (94)
Le 30 novembre L’Artymès, Mesquer (44).
Les 6 et 8 juin La Cigale, Paris (XVIII ème)
Le 14 octobre Espace Beauséjour, Châtelaillon-Plage (17).

Le Théâtre de l’Odéon à Paris

Roméo et Juliette

Miniature-Romeo-et-Juliette
Ce vendredi 24 avril à partir de 19h et pendant vingt-quatre heures: captation de Die Tragödie von Romeo und Julia de William Shakespeare, mis en scène en 2014 par Jette Steckel au Thalia Theater (en néerlandais, sous-titré en anglais) sur le site du Thalia Theater de Hambourg.

 

Le Théâtre des Déchargeurs

A voir toute cette semaine, sur le site du Théâtre, Providence, une pièce de Neil LaBute créée à Paris il y a deux ans. Le dramaturge américain s’est inspiré d’un rapport tenu secret selon lequel plusieurs centaines de personnes dont aucune trace n’avait été retrouvée à la suite de l’attentat des tours jumelles en septembre 2001 par des avions dirigés par Al-Quaïda – des hommes surtout- en  auraient profité  pour être déclarés disparus et changer de vie…

Un huis-clos où  un de ces couples dits  » illégitimes »  (ici Marie-Christine Letort et Xavier Gallais) essaye  de recommencer sa vie. Un hasard à la base de ce scénario plutôt bien ficelé… Lui, marié, deux enfants, a choisi ce jour-là de rejoindre son amante, au lieu d’aller travailler comme tous les jours  dans une des tours. Ils vont être vite confrontés dans leur relation aux événements tragiques qui ont secoué les Etats-Unis et le monde entier. Sa femme l’appelle sans arrêt sur son portable, mais il ne répond jamais. Et elle peut donc penser qu’il a aussi disparu dans cet attentat ! Les deux amoureux, comme dans un rêve, voudraient tous les deux quitter New York à jamais, et aller vivre aux Bahamas. Mais ce sera donnant/ donnant. Il lui demande de tout quitter et surtout son poste très bien payé, mais  réticente, elle exige d’abord qu’il téléphone enfin à sa femme pour la mettre au courant de la situation et officialiser la rupture. Mais visiblement, lui n’a aucune envie de quitter celle qu’il aime quand même, et ses deux enfants…
A voir,  malgré une mise en scène quelque peu laborieuse de Pierre Laville.

 

Les poissons-pilotes du Théâtre de la Colline à Paris

 Wajdi Mouawad son directeur a tenu quotidiennement un journal du 16 mars au 20 avril de sa propre expérience, à ses songes poétiques. AVT_Wajdi-Mouawad_9817« Si, aujourd’hui, l’essentiel est que le service public des soins puisse aider tous ceux qui en ont besoin, si le plus important sont les hôpitaux, les médecins et les aides-soignants ; que peuvent et doivent faire les artistes ? Si la santé est aujourd’hui le grand requin blanc se battant contre la maladie, qui sont alors les petits poissons pilotes qui accompagnent les squales ? Nous sommes peut-être ces petits poissons pilotes… Comment la poésie peut-elle soigner ? Et comment peut-elle le faire lorsqu’il n’est plus possible de sortir de chez soi ?
À cette question, il y a quantité de réponses joyeuses que l’équipe de La Colline invente et vous propose dès aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre.
La Colline s’associe au Festival On The Cloud imaginé par le Shizuoka Performing Arts Center à Tokyo, et au Théâtre de la Schaubühne de Berlin pour proposer le samedi 25 avril à 18h (à voir sur le site Internet  du Théâtre) l’épisode du jour 18 en version vidéo, sous-titrée en quatre langues : japonais, allemand, anglais et français. Comme l’intégralité des épisodes de ce journal de confinement. De quoi meubler vos soirées…

Philippe du Vignal

Festival d’Avignon 74 ème édition (suite)

festival_d_avignon- annulé.2pg

Festival d’Avignon 74 ème édition (suite)

Le Conseil d’administration du Festival s’est réuni par visio-conférence et a voté à l’unanimité le plan d’annulation de cette soixante-quatorzième édition et les mesures de maintien et relance de l’activité présentées par Olivier Py et Paul Rondin. Il s’agit pour le moment de réagir en urgence, disent-ils, pour éviter la précarité à ceux qui auraient dû travailler cet été: salariés permanents mais aussi intermittents et saisonniers qualifiés réguliers. Et garantir la pérennité de l’outil, la continuité de l’activité et imaginer collectivement  la relance. Avec des mesures d’accompagnement social, de soutien à la production artistique.

Le Festival est en effet une grosse entreprise: 432 emplois qualifiés seront donc maintenus ou indemnisés jusqu’au 31 juillet prochain. Non pour éliminer totalement -à l’impossible, nul n’est tenu- mais pour atténuer les répercussions économique de la crise. De nombreux  professionnels du spectacle -surtout des techniciens-  habitent dans la région. Il s’agit donc aussi d’une mesure favorable à l’économie locale. Et le Festival d’Avignon s’engage à maintenir les apports en coproduction des créations prévues 2020 au festival mais aussi  en tournée dans d’autres lieux: une mesure capitale.

Autre mesure capitale : sanctuariser l’enveloppe  les financements  des coproductions prévues en  2021. Et pour les compagnies programmées  cette année, il y aura des mesures d’accompagnement: indemnisation en cas d’annulation, report à l’automne 2020, ou encore reprogrammation en 2021, Et les équipes artistiques pourront disposer  du site (salles et séjours) de la FabricA pour des résidences à partir de septembre. Ce qui permettra de terminer les spectacles: bien vu!

Le festival offrira aussi  en juillet (mais cela parait moins convaincant) un programme audiovisuel et numérique pour rêver du festival d’Avignon, notamment avec France-Culture, France- Télévisions et Festival- Expériences.

Et sera organisée en novembre prochain dans plusieurs salles comme le Théâtre Benoit XII,  la Chapelle des Pénitents blancs, etc.  une  Semaine d’art à Avignon. Un terme qui sonne comme un hommage à  Jean Vilar qui l’avait d’abord créée et qui allait devenir le festival, dans les jardins du Palais des papes. Ce mini-festival permettra de présenter quand même quelques créations cette année.

Mais est aussi prévue d’aujourd’hui à décembre prochain, la poursuite des actions culturelles et éducatives sur le territoire. Tous les théâtres et tous les lieux de spectacle, toutes disciplines confondues, sont gravement touchées par  cette crise sanitaire. Et bien sûr, ce report entraîne a un coût mais l’État, la Ville d’Avignon, la Communauté d’agglomération, la Région, le Département ont confirmé le maintien à 100% des subventions prévues . Et un des principaux mécènes, le Crédit Coopératif, a a confirmé le maintien de son aide.

Dans les circonstances actuelles où il faut faire face à l’urgence, une refonte du festival ne semble pas à l’ordre du jour. Pourtant, comme le souligne Alain Timár, directeur du Théâtre des Halles et membre de ce conseil d’administration, cela semble inéluctable. Le off est né du in, comme dans de nombreux festivals mais là aussi, on n’échappera pas à une révision drastique des conditions de création et de séjour des très nombreuses compagnies qui viennent parfois plusieurs années de suite. Le festival est depuis longtemps un élément essentiel de l’économie locale…

Des chiffres ?  Quelques exemples: l’an passé, un appartement -impeccable et  tout près de la rue des Teinturiers, donc dans les remparts- avec cuisine-salle à manger au rez de-chaussée, et à l’étage, deux petites chambres climatisées et une autre non climatisée donc inhabitable, était loué par leurs propriétaires (au noir, bien entendu) un peu plus de 4.000 € pour les quatre semaines du festival.   Et on trouve guère de  chambre d’hôtel correcte pour deux personnes à moins de 150 €…
Et côté prix de location de salles, les chiffres depuis quelques années s’envolent. Intra muros mais près des remparts, une salle de 49 places avec  petite scène peu profonde  et  une installation technique minimum mais sans régisseur et sans services extérieurs : 29.000 €. Autre exemple, le Théâtre du Balcon mais avec d’autres conditions : billetterie, régisseur et permanence téléphonique soit un théâtre en ordre de marche et selon les horaires : plus ou moins 85.000 € !

 Est-il normal qu’un propriétaire privé après achat et travaux de mise en conformité minimum, puisse rentabiliser un salle en la louant très cher quatre à cinq ans : en plein centre d’Avignon mais quand même? Est-il normal qu’une Région louant une salle pour ses compagnies locales fasse passer une sorte de concours auquel même  le Centre Dramatique National du coin doit soumettre  sa candidature ?  Il y a parfois quelque chose de pourri dans le royaume des papes…. Alors, pourquoi pas une charte de déontologie ? Reste à savoir comment l’Etat, en l’occurrence et surtout le Ministère de la Culture et celui des Finances, auraient le pouvoir d’intervenir dans ce secteur privé…

ll y a en Avignon une dizaine de salles ouvertes à l’année dont le Théâtre du Balcon dirigé avec sûreté par Serge Barbucsia. Il est aussi le président des Scènes d’Avignon qui regroupe le in du off, c’est à dire : le Théâtre des Carmes (Sébastien Benedetto), le Théâtre du Chêne Noir (Gérard et Julien Gelas): les deux plus anciens, le Théâtre du Chien qui Fume (Gérard Vantaggioli), le Théâtre des Halles (Alain Timár). Ces lieux qui ont les moyens techniques et financiers voudront-ils faire partie de la solution proposée par le in, à savoir le report à l’automne prochain?  Et les compagnies qui viennent y jouer chaque année, les auront-elles ? Et le public suivra-t-il ? Le off dépend du in mais Avignon in serait-il ce qu’il est sans cette exubérance et cette folie du off où le meilleur parfois côtoie le pire, souvent En tout cas, Le Théâtre des Halles, le Théâtre des Doms, Le Train bleu comme La Manufacture ( ceux qui ont une programamtion exiegantesemblent bien avoir jeté l’éponge pour juillet..

Le corona virus a frappé les théâtres mais pas que ! Et Cécile Helle, la maire d’Avignon et Vice présidente du Grand Avignon, appelle déjà à l’aide! Avec son équipe municipale, elle constate tous les jours que l’économie de la ville, fondée en juillet mais aussi la plus grande partie de l’année, sur le tourisme : bars, restaurants, hôtels, boutiques de luxe, etc. ,  est en chute libre…

C’est dire l’ampleur de cette catastrophe. Mais restons optimistes: le pire n’est pas toujours sûr comme le signale le sous-titre du Soulier de Satin de Paul Claudel, un spectacle-culte qu’avait monté Antoine Vitez dans la Cour d’Honneur…

 Philippe du Vignal

1...34567...633

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...