L’Affiche

L’Affiche de Philippe Ducros
mise en scène Guy Delamotte

capture2.jpgLe Québécois Philippe Ducros est auteur, acteur et metteur en scène, autodidacte, grand voyageur (il a parcouru une vingtaine de pays d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie). Sa démarche s’ancre dans ses voyages, dans ce qu’il a éprouvé du monde.
Ses textes comme 2191 nuits, 2025, l’année du serpent sur les médias et la guerre et sur le rôle de l’ONU, témoignent de son engagement d’artiste citoyen.
L’affiche est issue de la résidence qu’il a faite en automne 2004 en Syrie et au Liban dans le cadre des « Écritures nomades », créées par Monique Blin. Il est revenu ensuite à deux reprises en Palestine.
De son côté Guy Delamotte s’intéressait depuis quelques années au conflit israélo-palestinien. Sa rencontre avec Philippe Ducros à la mise en scène de la pièce.
Philippe Ducros s’affronte dans L’affiche à ce qu’on a l’habitude d’appeler le conflit israélo-palestinien. Sujet à plusieurs titres délicat, difficile. Comment traiter au théâtre ce drame qui fait souvent la une de l’actualité ? Comment le traiter sans prendre parti, ni se contenter, pour s’éviter les foudres de l’un ou l’autre parti, de redistribuer les torts et la responsabilité plus ou moins également sur les deux camps ? Comment décrire la violence insupportable d’un impossible quotidien sous l’occupation tellement inimaginable, sans tomber dans l’écueil du documentaire ?
Voici le défi relevé par Philippe Ducros en donnant dans sa pièce la parole aux gens simples qui subissent les impacts de l’occupation des deux côtés du mur. Un mur qui, telle une lame tranchante, sépare et qu’on traverse pourtant. Source de haine et de violence mais aussi de survie car, paradoxalement, pour gagner un peu d’argent il y a eu des Palestiniens qui participaient à sa construction.
Un espace fracturé dans lequel les deux camps s’affrontent, se combattent, s’interpénètrent, avec ses lieux topiques : le camp de réfugiés, un bureau de douane d’un aéroport, l’intérieur d’une baraque délabrée, la boutique d’un barbier, une imprimerie, un hôpital, le couloir de la morgue, la prison, le lit d’un couple.
La « petite humanité » de la pièce est concentrée autour de deux hommes, sorte de Caïn et Abel, Itzhak, le soldat israélien qui, pris par la peur, tire et tue Salem, le jeune Palestinien.
D’un côté la famille et les proches de Salem : sa mère Oum plongée dans sa douleur, sa sœur Shahida qui va sacrifier son amour pour Ismaïl à la vengeance, son père Abou Salem, imprimeur, chargé de faire des affiches placardées sur tous les murs avec les photos des terroristes martyrs, glorifiant leur héroïsme, et qui doit faire maintenant une affiche avec la photo de Salem, son fils unique.
Il y a encore Ismaïl, amoureux de Shahida, peintre dont les militaires israéliens confisquent les tableaux, un berger, un charpentier, un barbier, un médecin.
De l’autre côté Itzhak, soldat meurtrier de Salem, qui ne comprend plus rien à cette guerre et veut la fuir aux États-Unis avec Sarah son épouse, le lieutenant Lévi et plusieurs soldats, un rabbi.
Philippe Ducros montre avec beaucoup de finesse la montée de la violence, de la haine et de la répression, les arguments historiques, religieux du droit d’être là que les uns renvoient aux autres, les stratégies d’instrumentalisation et de médiatisation de l’horreur, comme la martyrisation devenue une arme de guerre, l’exploitation de la haine, de la peur et de la douleur par les religieux des deux côtés poussant à l’intégrisme, enfin les recruteurs des futurs martyrs. Mais aussi, alors que l’abîme se creuse, la fatigue, l’incompréhension et l’envie de fuir cette guerre, d’aller vivre ailleurs et autrement, attitude que représentent l’Israélien Itzhak et le Palestinien Ismaïl.
On a l’impression cependant qu’en voulant mettre les deux camps au pied du mur, dos au mur, dans un souci d’impartialité, Philippe Ducros s’attache à répartir le temps de parole à égalité entre les camps opposés, de sorte que la pièce paraît presque caricaturalement non manichéenne.
Guy Delamotte relève dans sa mise en scène le défi de la structure kaléidoscopique de la pièce où l’on passe en permanence d’un lieu à l’autre, d’un camp à l’autre, où les histoires des personnages se traversent et s’imbriquent. Se proposant de témoigner de l’actualité immédiate, de l’incompréhensible folie d’une guerre, à travers la fiction théâtrale, il fait davantage confiance à l’efficacité des moyens cinématographiques qu’aux théâtraux.
Le décor de Jean Haas se réduit à un mur au fond dont une partie pivote horizontalement, servant pour des entrées et des sorties, et une longue table de négociation avec des chaises, disposée en diagonale, encombrant tout l’espace et gênant le jeu des acteurs. Sur la table des petits drapeaux : palestinien, israélien, américain, européen et des micros.
Les divers lieux sont indiqués par des projections sur le mur du fond. Une petite caméra projette sur le mur certains détails comme par exemple les tableaux qu’Ismaïl est en train de peindre. Une grosse caméra sur pied projette par moments sur le mur du fond les personnages filmés, «anonymisés» comme dans les documentaires télévisés, avec un bandeau blanc cachant les yeux.
On projette un film, comme si on longeait en voiture le mur, puis des photos, des dessins et des inscriptions sur le mur. On est submergé d’images trop prégnantes et souvent déjà vues et revues. Trop d’images tue le théâtre, confisque l’espace de l’imaginaire et la liberté des spectateurs.
Les sept acteurs distribués dans les rôles centraux jouent aussi d’autres personnages, en changeant parfois de costumes.
Le spectacle s’achève par l’image des personnages qui s’éloignent portant des cages avec des canaris. Métaphore d’un peuple emprisonné, «encagé» ? Sur le mur du fond s’affiche « à suivre ».
La pièce de Philippe Ducros mérite un travail scénique plus exigeant et créatif qui ne cède pas à la facilité et à l’anecdote de l’image mais engage la réflexion et l’imaginaire du spectateur

Irène Sadowska Guillon

L’affiche de Philippe Ducros
mise en scène Guy Delamotte
Au Tarmac de La Villette, du 6 aux 31 octobre 2009
réservations : 01 40 03 93 95


Archives pour la catégorie critique

Ces merveilleuses dernières années

Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg
mise en scène Schirin Khodadadian, dans le cadre du Festival de la Rhénanie du Nord Westphalie

 

capturedcran.jpgNée à Weimar (en ex-Allemagne de l’Est) Sybille Berg part en 1984 pour l’Ouest où elle se fait connaître comme romancière et auteur de théâtre. Elle vit actuellement à Zurich.
Les traces de l’expérience du régime communiste totalitaire sont perceptibles dans son écriture. La misère banale, les abus d’une société tournant en rond sont au centre de son écriture où, avec un sens rare de l’observation, du grotesque et de l’humour noir, elle porte un regard extrêmement lucide, sans misérabilisme, sans concession aucune ni moralisme, sur les faiblesses humaines.
Dans Ces merveilleuses dernières années, sous forme d’un vaudeville, Sybille Berg raconte l’histoire de quatre « loosers » qui se sont connus à l’école, Uwe, Béa, Paul et Rita, marqués tous par un handicap, défiant la norme.
Tous les quatre, tout au long de leur vie, ont été victimes de rejet, du mépris, des moqueries, de la malveillance et de l’exclusion sociale. Victimes mais pas tout à fait perdants, car en fin de compte ce sont eux qui, dans cette société narcissique qui essaye de conjurer le temps, n’ayant jamais eu rien à perdre, trouvent la paix intérieure et une forme de bonheur dans la vieillesse, dans ces merveilleuses dernières années qui leur restent à vivre.
Les valeurs imposées dans la société actuelle : beauté, réussite sociale, célébrité, fortune, etc. nous protègent-elles contre le temps qui passe inexorablement, contre l’âge, la vieillesse ?
Il ne s’agit guère ici d’une consolation simpliste dans le genre : on est tous égaux face au temps, à la vieillesse, à la mort.
Les quatre protagonistes se battent à leur façon, finissent par assumer leurs défaillances et trouver une place dans une société hostile.
Schirin Khodadadian souligne dans sa mise en scène le ton grotesque, l’humour noir de la pièce, osant l’option du jeu caricatural, excessif, parfois outré.
Sur scène, au fond, un cyclorama représentant une jungle avec les bêtes sauvages dont on entend les rugissements au tout début du spectacle. Image trop appuyée de la jungle sociale. Devant, trois canapés arrondis, dont un au centre, sur roulettes. Un peu partout, éparpillés, des animaux en peluche et des peaux d’animaux avec leur tête (lion, ours, etc.) qu’enfilent les acteurs à certains moments.
Les quatre protagonistes : une femme souffrant de séquelles de la polio, un gros malodorant à l’élocution postillonnante, une femme «transparente» que personne ne remarque ni ne reconnaît, un grand roux autiste et leur vieux professeur accomplissent une sorte de rituel annuel de retrouvailles. Une traversée de leurs existences d’outsiders : des souvenirs amers, douloureux de l’école où ils étaient les souffre-douleurs de leurs camarades riches, beaux et brillants dont les réussites pourtant se soldent par des échecs, les rapports désastreux avec leurs parents et leur entourage, des tentatives de trouver un travail qu’ils perdent régulièrement, rejetés, exclus à cause de leurs infirmités, leur repliement sur eux-mêmes, enfin la volonté et la force de s’en sortir, de monter une affaire, de se construire une vie simple et confortable, hors des moules sociaux.
Le tout se déroule à la manière d’un vaudeville avec des clins d’œil au music-hall et à Brecht.
Le professeur, tel un Monsieur loyal, en meneur de jeu, présente ses ex-élèves, commente et intervient dans l’action, introduit les scènes.
Les acteurs incarnent les quatre « loosers », jouant en même temps plusieurs autres personnages : leurs parents, les trois camarades de classe qui les maltraitent, des animaux. Le passé faisant sans cesse irruption dans le présent. Les séquences s’enchaînent, parfois s’imbriquent les unes dans les autres instantanément. On perçoit parfois des réminiscences, sans doute autobiographiques, des références à la société sous surveillance (celle de l’Allemagne de l’Est), à la peur intériorisée d’être dénoncé, aux clichés de l’idéologie de masse, traités toujours avec ironie. Le spectacle est jalonné par des chansons interprétées par les cinq acteurs, la musique et le chant légèrement scandé, rappelant les songs de Brecht et de Kurt Weill.
Les acteurs tiennent remarquablement le tempo extrêmement rapide du jeu très expressif, survolté, parfois excessivement violent.
La mise en scène gagnerait en légèreté en éliminant certaines images trop appuyées (par exemple la jungle dans le décor, l’abondance d’animaux sur le plateau, etc.) et des effets surjoués.

 

Irène Sadowska Guillon

 

Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg
mise en scène de Schirin Khodadadian
MC 93 Bobigny, les 3 et 4 octobre 2009

 

La nuit des rois de Shakespeare

À la MC 93 de Bobigny
Dans le cadre du Festival de la Rhénanie du Nord Westphalie, sur trois spectacles programmés, du 3 au 6 octobre 2009, on a pu en voir deux, La nuit des rois d’après Shakespeare et Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg.
Les représentations de La Toison d’or de Franz Grillparzer ont été annulées suite à l’accident d’un des comédiens. Ce spectacle néanmoins sera présenté ultérieurement à la MC 93.

La nuit des rois de Shakespeare mise en scène David Bösch

capturedcran20091007225113.jpgEn cinq ans David Bösch, jeune metteur en scène allemand de 30 ans, a fait une conquête éclair des grandes scènes suisses (Berne, Zurich) et allemandes (Hambourg, Bochum, Essen) s’imposant entre autres par ses lectures audacieuses et inédites des pièces de Shakespeare.
En voici celle de La nuit des rois. Comédie où le travestissement, le mensonge, la confusion des sexes, les débordements des passions, aveuglantes, dévorantes, des illusions et désillusions, atteignent le comble, entraînant les personnages dans un tourbillon grotesque.
Les jeunes jumeaux Viola et Sébastien, séparés dans un naufrage, vont s’échouer sur les rives d’une ile, l’Illyrie, la scène d’un monde sans contraintes où règnent le désir, les pulsions effrénées, la jouissance sans limites, la satisfaction immédiate, telles des forces brutes, sauvages, dont les personnages sont les jouets. Un monde qui ressemble étonnamment au nôtre. Un labyrinthe de pulsions et de passions amoureuses entrelacées.
Le duc Orsino aime à la folie Olivia, qui le repousse et tombe follement amoureuse de Viola déguisée en homme, laquelle tombe amoureuse du duc. Les complications et quiproquos ne s’arrêtent pas là,. On fera une farce cruelle à Malvolio, serviteur d’Olivia, secrètement amoureux de sa maîtresse, en lui faisant croire qu’il est aimé d’elle.
Alors que les amours des uns et des autres se compliquent, la joyeuse bande de sir Toby, oncle d’Olivia, alcoolique et fêtard invétéré, fait des siennes, va d’excès en excès.
L’arrivée de Sébastien, frère de Viola, qui lui ressemble comme une goutte d’eau, de sorte qu’Olivia les confond, amène les méprises à leur comble. Le tout s’achèvera par le double mariage d’Olivia avec Sébastien et de Viola avec le duc.
Le bouffon du duc, à la fois partie prenante et en retrait de ce jeu de passions irrésistibles, de méprises et de désillusions, en sera tantôt incitateur tantôt commentateur.
Traitant la pièce comme une métaphore de notre monde qui refuse toutes les limites, engouffré dans l’excès, avec la jouissance pour mot d’ordre, David Bösch met la pièce en abîme dès la première scène. Seule à l’avant-scène, devant le rideau fermé, Viola en robe moderne et en baskets, un verre d’eau à la main, en boit une gorgée et se trouve soudain prise dans une tempête et un naufrage invisibles. Une tempête intérieure, comme un cauchemar, que le jeu de l’actrice rend sensible : elle titube, gesticule comme si elle essayait de nager, s’étouffe, tombe, s’échoue sur le plateau, la rive d’Illyrie, un monde étrange agi par des pulsions irrationnelles, dans lequel le bouffon, le fou, seul parvient à rester dans la réalité. Vision d’un monde qui, tel le Titanic, sombre.
Au centre du plateau un petit mur d’où part une pente en arrondi, montant abruptement, avec au milieu d’une bâche transparente en plastique une porte et une chaise fixée en déséquilibre. Devant le muret un canapé, un frigo couché. Côté jardin deux panneaux en papier peint sur lesquels il y a des photos collées, et un fauteuil, côté cour un musicien avec une guitare et un clavier, qui chante, la musique intervenant et dialoguant avec le jeu des acteurs.
Les protagonistes de la pièce en costumes contemporains fantaisistes, avec de subtiles touches anachroniques : Viola troque sa robe contre le short du fou, Toby  en blouson ouvert sur son gros ventre et en kilt, Andrew en T-shirt, collant et petite jupette, Malvolio en costume strict, le duc Orsino en « soixante-huitard » vieilli, grand, élancé, cheveux blancs tombant dans le dos, gilet sur son torse nu, blue-jean taille basse serré.
Le jeu délibérément outré, excessif, grotesque, caricaturant des attitudes contemporaines, les chansons, les gags intervenant en permanence dans l’action.
L’adaptation, les chansons et les passages rajoutés, exacerbent la trivialité du le texte de Shakespeare, rajoutant des grossièretés, comme par exemple les couplets « j’aime baiser et boire » qu’entonnent à plusieurs reprises Toby et ses acolytes sur le mode des supporters de football. Orsino chante en se tortillant comme un chanteur rock, reprenant à un moment la chanson d’Elvis Presley « Are you lonesome tonight » ?
Le jeu fortement érotisé, l’ambiguïté des sexes soulignée.
On transgresse tout, plus de limites, le rire, la jouissance, l’excès jusqu’à la cruauté, la douleur. Malvolio s’efforçant de sourire en permanence pour satisfaire Olivia tire sur ses lèvres au point qu’elles saignent.
Les acteurs, tous excellentissimes, maîtrisent à la perfection le registre grotesque, farcesque, du jeu, faisant preuve d’une remarquable technique et d’une qualité vocale dans les parties chantées.
David Bösch offre une mise en scène d’une grande cohérence, d’une intelligence et d’une rigueur dans la construction dramaturgique. Un metteur en scène à suivre qui n’a sûrement pas fini de nous surprendre par son travail.
On regrette que ce spectacle ait été programmé pour une seule représentation.

Irène Sadowska Guillon


La nuit des rois de Shakespeare
mise en scène David Bösch
le 3 octobre 2009 à la MC 93 de Bobigny

LA ROSA BLANCA


LA ROSA BLANCA Théâtre Aleph Ivry

 

Texte et interprétation de Maryse Aubert, d’après le roman de B. Traven, mise en scène Adel Hakim
Maryse Aubert en présentateur de cabaret brechtien, brosse l’irrésistible montée de l’exploitation de l’or noir au début du XXe siècle, sur fond de révolution mexicaine. La Condor Oil Company veut prendre d’assaut la Rosa Blanca,  douce hacienda, dernier bastion agricole d’Indiens Mayas. Yacinto Yanez, le propriétaire du domaine qui vit de l’exploitation du domaine hérité de ses ancêtres avec ses enfants et ses serviteurs, ses compadres et commadres, puisqu’il est le parrain de tous leurs enfants, refuse les offres d’achat qu’on lui fait miroiter en vain. Deux mondes s’opposent, celui de la tradition respectueuse de l’être humain qui cultive la terre, marche nu-pieds, mais mange à sa faim et partage ce qu’il a, et celui de l’incroyable développement des champs pétrolifères avec l’argent roi, l’égoïsme et la montée de l’individualisme. Yacinto finira par se faire piéger en acceptant une invitation aux Etats-Unis où il se fera assassiner et la Rosa Blanca disparaîtra dans l’exploitation du pétrole.
Maryse Aubert en frac joue tous les personnages avec une étonnante agilité, avec de petits personnages de terre cuite, elle fait vivre cette épopée avec une belle théâtralité qui échappe à la désespérance.

Edith Rappoport

Dieu est-elle une particule ?


Dieu est-elle une particule ? par Emma la clown, un spectacle de Meriem Menant.

 

image1.jpgC’est un solo dans la grande tradition française  du monologue avec  personnage parodique et délirant, en l’occurrence celui d’un scientifique en blouse blanche  qui couvre son tableau noir d’équations, dans le but de nous éclairer sur l’existence de Dieu. Emma la clown, fait donc  part au public de son désir de partir à la recherche du  créateur de toutes choses comme on disait autrefois au catéchisme, et va essayer de donner aux spectateurs le minimum  scientifique des grandes bases indispensables soit les quatre dimensions, la loi de la gravitation formulée par l’immense Newton en 1666 : « les astres s’attirent de façon proportionnelle au produit de leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare » mais aussi les distances parcourues en années lumière et et l’espace temps, ce qui est déjà beaucoup, puis elle essaye de nous plonger dans le monde la physique dite quantique (en gros et pour faire très vite le monde de l’infiniment petit, le fameux corps noir et l’équilibre thermodynamique, découvertes faites par Max Plank vers 1900) ; avec une sorte de téléscope inversé, elle nous montre le grossissement de sa dent qu’elle n’arrive jamais à remettre dans sa bouche, jusqu’aux particules contenues dans le noyau. Comme elle dit avec beaucoup d’humour : « Je ne savais pas que j’avais tout cela dans la bouche ». Si l’installation est bidon, les  images venues de La Villette  sont vraies et absolument étonnantes, et sous des aspects clownesques, Meriem Menant – qui convoque au passage Albert Einstein dont elle sort la marionnette du département congélateur du réfrigérateur et qu’elle  manipule avec  bonheur – réussit habilement, avec un grand sens du burlesque, à nous interroger sur notre réalité physique, à nous pauvres humains. Il y a en amont comme on dit dans les milieux branchés, un grand et vrai travail d’information et de recherche qui donne une belle assise au spectacle. Même s’il y a une dernière partie que l’on peut oublier, celle ou enfermée d’une combinaison spatiale, Meriem Menant  veut nous emmener dans l’infiniment grand et les étoiles. Bien entendu, tout se détraque et le frigo relié au vieux poste de télé s’enflamme, dans la veine des catastrophes des spectacles de Jérôme Deschamps. Là, il faut dire que ce n’est pas vraiment drôle, que cela ne  fonctionne pas du tout, faute d’unité, et le spectacle aurait dû s’arrêter  bien avant… Mais il y a cette belle image de la fin : Emma le clown est là, terriblement seule, sous la voûte immense des étoiles chantant un chant de Villa Lobos, émouvante de fragilité. Le spectacle de Meriem Tenant possède de grandes qualités : elle réussit en une heure vingt  en abordant – sans les traiter bien sûr – les grandes théories scientifiques sur l’infiniment petit et à nous faire entrer dans une interrogation métaphysique que, peut-être, seul un bouffon, pouvait se permettre de traiter. Et cela d’autant plus que malgré un nez rouge foncé (assez laid), le personnage d’Emma n’a rien d’un clown, d’autant plus qu’il parle beaucoup et qu’il ne renie pas vraiment son identité féminine – comme le rappelle discrètement le titre – et ce décalage est encore plus efficace. Dieu est-elle une particule est encore très brut de décoffrage, et il y aurait un sérieux nettoyage à faire du côté de la dramaturgie : la dernière partie n’est vraiment pas du niveau du début pour dire les choses gentiment, et il faudrait au spectacle une véritable mise en scène (ce qui est loin d’être le cas !) qui puisse donner le rythme nécessaire à un spectacle de ce type, et surtout une solide direction d’actrice ; Meriem Tenant, surtout au début, criaille sans raison et a parfois une diction approximative, et c’est dommage parce que son jeu mérite beaucoup mieux que cela. Alors à voir ? Oui, malgré ces réserves ; Meriem Tenant, si elle veut bien retravailler d’urgence, pendant qu’il est encore temps, les solides matériaux qui composent son spectacle, a toutes les chances de parvenir à une belle réussite.

 

Philippe du Vignal

 


Comédie de Caen, Théâtre des Cordes jusqu’au vendredi 16 octobre puis à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc.

57e KAPOUCHNIK

 

57e KAPOUCHNIK Studio des 3 Oranges Audincourt
Brigade d’intervention théâtrale du Théâtre de l’Unité

Les 19 comédiens de la brigade rompus aux improvisations, menés de mains de maîtres par Hervée Delafond et Jacques Livchine, chaque mois  de la saison depuis 7 années, font merveille auprès d’un public diversifié tant sur le plan de l’âge que de l’origine sociale (5% seulement fréquentent d’autres théâtres) sur une actualité politique prise dans la presse écrite de la semaine. Point de petit président, Eric Prévost étant retenu ailleurs, mais les 21 séquences au programme élaboré dans la journée étaient plutôt toniques. On pouvait retenir La jungle de Calais, le G 20 avec une Nicole Rivier et un Gaétan Nossouglo en Angela et Obama plus vrais que nature, Clearstream pour les nuls et le pique nique sacrilège. De belles séquences avec un petit manque de rythme, mais quel enthousiasme du public !

Edith Rappoport

LE CIRQUE DES GUEUX

LE CIRQUE DES GUEUX Village de cirque 2 R 2 C 

 

Cirque Baroque, spectacle librement inspiré de l’Opéra des gueux de John Gay, qui nous parle des désordres du monde en trois actes mis en scène par trois metteurs en scène et trois compositeurs.
Douze comédiens acrobates se déploient dans un imposant espace bi-frontal. Les trois séquences sont interprétées avec une belle énergie, les images surprenantes se succèdent surtout dans les deux dernières parties conçues par Mauricio Céledon mis en musique par Luc le Masne  et Karelle Prugnaud accompagnée par Éric Mouquet. Des images sidérantes, il y en a, comme ce combat de femmes acrobates, ce défilé d’hommes-chiens, ce ballet de flics en jupettes armés de barrières de police, cette armada de caddies-prisons face à un noir masqué  de blanc. On en sort revigorés dans ce joli chapiteau où on a été accueillis au bar par des acrobates, on en part à regret en musique. On aimerait être accueilli par la même chaleur humaine dans nos froides institutions bien mieux dotées.

Edith Rappoport

Figaro divorce

Figaro divorce d’ Ödön von Horvath, mise en scène de Jacques Lassalle.

  figarodivorce.jpgVon Horvath, né en 1901 à Fiume en Croatie fut élevé – son père était diplomate- un peu partout (Belgrade, Budapest, Bratsilava, puis Munich) pour enfin résider à Berlin; il y écrit ses deux comédies populaires  les plus célèbres, Casimir et Caroline,  que l’on ne cesse de jouer encore , et Légendes de la forêt viennoise qui reçut le prix Kleist. Von Horvath est alors désormais un auteur consacré  mais les nazis prennent le pouvoir en 33 et ses oeuvres vont être interdites en Allemagne.

  Et il sera sommé de partir en 36, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à écrire,  notamment Figaro divorce , Don Juan revient de guerre et deux de ses meilleurs romans : Jeunesse sans Dieu et Un fils de notre temps. Il pense émigrer aux Etats-Unis mais,  en passant par Paris, il va voir Blanche-Neige de Walt Disney au Théâtre Marigny et , sur Les Champs-Elysées,, reçoit une branche de platane emportée par la tempête qui  va le tuer.

  Ainsi meurt en 38, l’un des meilleurs dramaturges du 20 ème siècle qui écrivit quelque vingt pièces et trois romans qui sont autant de  charges vigoureuses contre la médiocrité et le manque de courage des petit-bourgeois,  dans une époque où l’Allemagne s’apprête à vivre des heures cauchemardesques qu’au moins, grâce à une  méchante branche de platane, von Horvath n’aura pas totalement connues.

  Ce Figaro divorce  est une sorte de prolongement de la célèbre pièce de Beaumarchais. Figaro et Suzanne ont fini par se marier mais l’heure est à la Révolution, et ils vont accompagner le Comte et la Comtesse Almaviva qui ont été obligés de quitter leur pays. Mais on ne se refait pas quand on est aristocrate, et, confrontés aux dures réalités de la vie quotidienne, le couple n’est plus en mesure de faire face à cet exil contraint. Quant à Figaro, il reprend son ancien métier et ouvre un  salon de coiffure pour hommes et femmes dans une petite ville de province qui marche assez bien mais où évidemment Suzanne ne trouve pas son compte à coiffer  ces petites bourgeoises, elle qui a vécu avec des aristocrates. Exaspérée par cette existence médiocre, elle demande le divorce et s’en va.
Quant à  Figaro, une fois passées les violences de la Révolution, toujours aussi cynique et sans grand scrupule, il  décide de revenir dans son pays et obtient  le poste convoité d’administrateur du château: » Une seule solution: il faut choisir. L’honnêteté ou la débrouillardise. Moi, j’ai choisi.. » Quant à Amalviva, son épouse est décédée et , lui,  vieilli, mal en point,  couvert de dettes, il rentre avec Suzanne qui retrouve Figaro malgré la lettre d’insultes qu’elle lui a envoyée. Les temps ont décidément bien changé, et, comme Le Mariage de Figaro le laissait déjà percevoir, ce sont les valets qui ont désormais pris le pouvoir…

  Figaro divorce est , bien entendu, comme une sorte de métaphore, où Von Horvath, comme le souligne justement Jacques Lassalle, célèbre le siècle des Lumières, celui où fut créé cet incroyable et magnifique Mariage de Figaro, avant que ses personnages ne soient comme lui, contraints à l’exil et à la survie , dans une Europe en train de sombrer dans la tourmente inventée par les nazis. Comme Von Horvath ne manque pas d’humour, on retrouve aussi Chérubin,  en énorme patron de bar de nuit; Suzanne est,  elle, serveuse, peut-être même serveuse montante comme on dit. Bref, c’est toute une société qui se détraque, sans aucune chance de salut ; ce que rendent  bien  les dialogues , très ciselés, bien servis par la traduction d’Henri Christophe et de Louis Le Goeffic, et qui sont admirables de vérité. L’écriture de von Horvath souvent complexe et la construction même de la pièce , avec ses courtes séquences, font souvent penser à celles d’un film. C’est dire que Figaro divorce n’est pas simple à mettre en scène, de par le nombre de personnages et d’ endroits où se déroule l’action.

  Jacques Lassalle a confié le soin  à sa scénographe  Géraldine Allier d’imaginer un plateau tournant avec trois décors différents, ce qui n’était sans doute pas la bonne solution, parce que cela finit par donner un peu le tournis et ne rend pas service au texte.  Et  Jacques Lassalle n’a sans doute trouvé le bon rythme pour cette pièce qui dure quand même plus de deux heures et demi,  encore cassées ici par une entracte.Il aurait  fallu  donner  un rythme plus soutenu, plus conforme aux géniales séquences imaginées par von Horvath. D’autant plus que l’éclairage est très limité,ce qui contribue à plomber inutilement l’ensemble.

  Alors qu’il y a souvent de très belles images qui auraient méritées d’être mieux accompagnées. Mais, là où Lassalle, comme plus souvent ,excelle, c’est dans la direction d’acteurs, surtout dans le seconde partie; le quatuor Bruno Raffaelli/ Almaviva, Florence Viala/ Suzanne, Michel Vuillermoz / Figaro et Catherine Sauval/ La Comtesse  fait preuve d’excellence. Et Serge Bagdassarian dans Chérubin est étonnant de vérité. Alors à voir? Oui, si l’on veut bien oublier une mise en scène qui manque  singulièrement  de rythme,  et des lumières indigentes , et si l’on a envie découvrir un texte dont le dialogue reste d’une étonnante fraîcheur.

 

Philippe du Vignal

Comédie-Française, Salle Richelieu , reprise du spectacle de 2008 jusqu’au 7 février 2010 ( en alternance)

Un automne à tisser

Un automne à tisser

Le Théâtre de l’Epée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes offre ses trois magnifique salles, « salle en pierre, salle boisée, salle studio », sans compter son chaleureux cabaret, à Alain Batis et Stanislas Grassian, avec le soutien fraternel de Jean-Claude Penchenat, pour des rencontres de théâtre originales. Ainsi, les deux metteurs en scène refusent la fuite en avant et le devoir de nouveauté à tout prix : Alain Batis reprend avec bonheur son réjouissant et terrible Yaacobi et Leidental de Hanokh Levin. Cette quête du bonheur, violente, pitoyable et digne, au bout du compte – la femme aux aspirations élevées vers la musique, l’homme fasciné par la chair appétissante de la pauvre idéaliste, et son ami qui se voue lui-même à l’esclavage (tout vaut mieux que rien…) -, c’est la nôtre, ce qui nous autorise à en rire. Stanislas Grassian  reprend Le Songe de l’Oncle, d’après Dostoïevski (1).
Ils ont invité Nikson Pitaqaj  pour un autre Dostoïveski, une adaptation de Crime et châtiment qui doit retenir l’attention : le metteur en scène et sa troupe (une quinzaine d’acteurs) ont pris le parti de donner toute sa place au roman, par le nombre de comédiens, et par la durée (spectacle en deux parties). Mais le plus intéressant est l’utilisation de l’espace, dans la grande salle de l’Épée de bois : de petites « mansions » sur des praticables, dessinent les espaces clos du débat privé – Raskolnokov seul dans sa chambre ou visité par la juge Porfiri, le cabinet de celle-ci ( le metteur en scène  y voit la “part féminine » de Raskolnikov en guerre avec lui-même),   la chambre de la prostituée, le cabaret… – dans un immense espace traversé d’une diagonale figurant la rue. Les cheminements répétés, sans cesse retracés, la “qualité de marche“ de chaque personnage donneraient presque à eux seuls l’épaisseur du roman. À voir, si ce Crime et châtiment passe près de chez vous, en espérant une reprise.
À voir aussi Sentier de dépendance, de Marie de Beaumont, avec Marie Delmarès. Apparemment, une comédie rose et noire, le portrait piquant d’une charmante innocente qui raconte ses amours ratées, avec une pointe de satire vive et drôle des mœurs des cultureux et artistes nombrilistes – mais c’est tellement beau d’être Muse !-. L’auteur metteur en scène et la comédienne ont choisi la légèreté : elle danse sa vie, en tutu noir, appuyée par une guitare très douce, avec courage, séduction et humilité. Et peu à peu avec pudeur –presque trop, parfois- on en arrive à l’essentiel expliqué par ce drôle de titre : est-ce qu’on ne se trompe pas de vie, en passant et repassant par des sentiers qu’on a soi-même tracés, peut-être, mais qui ne sont pas les bons, qui ne sont pas soi ? Le temps du spectacle, la chenille ne devient pas papillon, elle l’était déjà. Mais le papillon découvre qu’il peut se poser ailleurs
Christine Friedel

Les deux spectacles : jusqu’au 18 octobre. Le festival continue jusqu’au 1er novembre.
Jusqu’au 4 octobre – le spectacle sera repris du 23 février au 14 mars au Lucernaire.

Sous le volcan

Sous le volcan , texte de Josse De Pauw d’après Malcom Lowry,  dramaturgie d’Erwie Jans, mise en scène de Guy Cassiers.

49418.jpg D’abord, un grand merci à tous nos lecteurs qui nous auront suivi depuis ces douze derniers mois et un  cocorico à tous les collaborateurs du Théâtre du Blog qui auront remis leurs articles  du jour au lendemain, ce qui représente souvent un effort assidu . Nous en fêtons le premier anniversaire… et  cet article sera  le 500 ème  à être publié! Bienvenue aux autres critiques qui vont venir nous rejoindre en octobre : nous avons bien  conscience en effet que nous n’étions pas  assez nombreux pour couvrir au mieux toute l’actualité théâtrale à al fois à Paris même, en banlieue, en France pendant les festivals importants mais aussi dans Le monde… les collaborateurs sans être des globes trotters théâtraux se déplaçant quand même assez souvent…. Bon revenons à Sous le volcan qui fut  un des romans culte aux Etats Unis puis plus tard en France quand il fut traduit en  1955 seulement , alors qu’il avait été publié en anglais, en 1947. Malcom Lowry était né en Angleterre  il y a cent ans déjà se dirigea assez vite vers l’écriture et vers l’alcool qui allait devenir la compagne inséparable de sa vie. Grand voyageur ( Extrême-Orient, Etats-Unis, Espagne où il rencontra sa femme qui donna naissance au personnage d’Yvonne de son roman. Mais le couple battait de l’aile et il finira par être expulsé du Mexique et il rejoindra le Canada avec Margerie sa secrétaire . Malgré le succès de ses romans et de sa poésie, il il finira par vivre un peu partout aux Etats-Unis mais aussi en Sicile puis à Londres.
Et c’est un peu de sa vie que raconte Sous le volcan; celle de cet ex-consul américain imbibé d’alcool en 1938 , l’année horrible qui vit la victoire du général Franco et où se profilait  la deuxième guerre mondiale. . Il y a là dans cet univers étouffant et anxiogène Yvonne Constable, ancienne actrice mais aussi ex-épouse de Geoffrey Firmin, consul de Grande-Bretagne au Mexique, Hugh Firmin , plus ou moins journaliste et demi-frère du consul et Jacques Laruelle, cinéaste et ami d’enfance de Geoffrey qu’il a retrouvé au hasard d’une rue … Ce sont un peu les personnages du roman que l’on retrouve ici, des gens paumés dans leur existence personnelle et bien conscients que le monde où ils vivent va connaître une épreuve qui les atteindra aussi au plus profond d’eux-mêmes. Cassiers a choisi une scénographie très épurée, juste une scène en bois peu profonde avec juste une chaise en bois, et des panneaux coulissants où sont projetées des images de parc, de rues et de maisons mexicains..  » Ce que montre l’image, la parole n’a plus à l’exprimer. L’émotion qu’offre la, musique, l’acteur peut se passer de la traduire. Ce qu’il évoque par les mots la projection vidéo n’a plus à le représenter ». Soit c’est un choix personnel mais ce qui fonctionnait admirablement dans le précédent triptyque qu’il avait donné l’an dernier dans ce même théâtre, ici a bien du mal à être convaincant. D’abord, et le moins malin des dramaturges le sait, l’écriture  d’un roman est assez difficile, pour ne pas dire impossible, à restituer  sur un plateau  de théâtre, et malgré une direction d’acteurs exemplaire on reste un peu sur sa faim, d’autant plus ce que le dialogue d’après le texte de Lowry n’ a rien d’exemplaire et que Cassiers  a cru bon de noyer le tout dans une pénombre presque permanente. Les images , elle, sont parfois intéressantes mais ne font pas vraiment sens ici, même et surtout quand Cassiers Il y a même une certaine naïveté provocante? à montrer des  verres d’apéritif sur un plateau en grande dimension quand les les personnages vont aller boire un coup. Le roman qui raconte l’histoire de la dernière journée de ce consul alcoolique et de ses amours impossibles qui est en quelque sorte emblématique des tourments suicidaires d’un monde en train de basculer dans la seconde guerre mondiale et le fascine a finalement peu de choses à voir avec ces images exotiques mexicaines filmées par Cassiers que l’on nous montre ici. Il y a heureusement quatre acteurs tout à fait remarquables Katelijne Damen, Josse de Pauw, Bert Luppes et Marc van Eeghem.Mais, on l’aura compris, cela ne suffit pas à sauver un spectacle très décevant où l’on s’ennuie assez vite. Bref, le système Cassiers, parfois peintre assez remarquable et metteur en scène exemplaire, ne fonctionne pas à tous les coups, même si son travail reste exemplaire de rigueur. Alors à voir? Si vous voulez découvrir une approche scénique de Malcom Lowry sinon, désolé, ce n’est pas indispensable, la vie est trop courte…

Philippe du Vignal

Théâtre de la Ville jusqu’au 9 octobre à 20h 30.

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