Conservatoire;journées de juin: classe de Sandy Ouvrier:Platonov de Tchekov.

Conservatoire; Journées de juin, classe de Sandy Ouvrier : Platonov de Tchekov.

 

   consso.jpg Sandy Ouvrier a encore frappé; nous vous avions dit l’an passé à la même époque tout le bien que l’on pouvait penser de son travail pédagogique. Mais cette fois-ci, avec ces scènes de Platonov, elle a encore fait très fort. Et l’on entend, comme rarement, le fameux texte que Tchekov écrivit à vingt ans.
  La pièce , redécouverte vint ans après sa mort,  préfigure déjà les grands chefs-d’œuvre que ce soit Ivanov surtout, mais aussi la Cerisaie déjà. Défigurée par Pol Quentin, quand Vilar l’avait monté (on n’y comprenait rien), elle a depuis été souvent mise en scène en particulier par Georges Lavaudant,  puis par  Eric Lacascade avec beaucoup de bonheur.
  C’est l’histoire d’un jeune instituteur, ami d’une jeune veuve. Déjà engagé socialement, puisque marié et père d’un enfant, Platonov, malheureusement, ne boit pas que de l’eau et ce perdant qui a mal à sa vie, et qui perd son temps, semble cependant fasciner les femmes qui s’attachent vite à lui. Mais il se conduit de façon irresponsable, à la fois charmant  et inetlligent mais souvent odieux et cynique, et surtout incapable d’aimer vraiment quelqu’un.
   Comme si la vie était trop lourde, il semble déjà avoir renoncé au bonheur et éprouve un certain plaisir masochiste à se laisser posséder, quitte à tout faire pour ensuite se faire pardonner, quand il réalise lucidement tout le gâchis provoqué. autour de lui, chez ses amoureuses et dans sa famille. « Je ne voulais de mal à personne et j’en fais à tout le monde ». Et  les phrases courtes, dans la belle traduction de Françoise Morvan et André Marcovicz tapent sec:  » Ce que je veux, ce n’est pas la vie devant moi mais c’est la vie maintenant » . « Les bons amis, c’est bien, les bons comptes,  c’est mieux ». « Que nous reste-t-il à faire aujourd’hui? Enterrer les morts et réparer les vivants ».   . Comme le dit justement Eric Lacascade, c’est une pièce d’humanité, qui nous incite à chercher le vivant et  à exalter le vivant à travers l’acteur.
   C’est ce qu’a  vite compris Sandy Ouvrier  qui a bien choisi, et la pièce dont les personnages (comme son auteur) ont à peu près l’âge des élèves, et les scènes, mais en  ne cherchant pas à évacuer le style » travail d’élèves ». Il y a même les  formidables scène 3 et 4 qui sont jouées deux fois.
   so990.jpgC’est bien ainsi, puisqu’il s’agit en effet d’un travail présenté comme tel mais intelligemment mis en scène. On a droit à un très court film en couleurs, muet où on voit tous les élèves à la campagne, faisant du vélo ou courant dans l’herbe : c’est gentil et cela ne mange pas de pain mais les choses « sérieuses » commencent ensuite.
   Scène nue,  avec juste ce qu’il faut comme accessoires, banquette, table de nuit, chaises… et un long praticable qui traverse la salle. Les scènes se succèdent,  entre Platonov et Anna Petrovna, Sofia et  Maria, ou sa femme Sacha; bien entendu, les élèves filles et garçons jouent la plupart des mêmes rôles mais ce n’est jamais gênant. On remarque plus  les filles -brillantes comme d’habitude-et  surtout: Clara Mayer, Vanessa Fonte, Anna Lena Strasse , les garçons, eux,  semblent moins à l’aise, (à part Valentin de Carbonnières, dans le rôle difficile de Platonov qu’il ont à peine le temps d’endosser ):  il y quelques beaux intermèdes dansés et réalisés  avec beaucoup d’humour, très pinabauschiens,  sur la scène, sur le long praticable ou dans la salle  par tous ceux qui ne participent pas à la scène sur musique de fanfare, avec des lumières rasantes raffinées signées Lauriano de la Rosa..
   C’est à la fois précis et juste: l’unité est au rendez-vous, puisqu’il s’agit de scènes de la même pièce, avec ce qu’il faut d’humour et de second degré, tout en restant émouvant. La mise en scène de l’ acte IV est moins évidente, moins nette dans son approche à cause de la multiplication des rôles, et l’énergie un peu défaillante mais, pour le reste, quelle intelligence,quel bonheur de théâtre!
   On ne voudrait pas dire ; tant pis, on le dit quand même: nous n’avons pas pu tout voir  , en particulier les journées de Philippe Duclos et ceux de Daniel Mesguish mais c’est sans doute le meilleur des travaux du Conservatoire auxquels nous avons  assisté …

 

Philippe du Vignal

 

Séance du dimanche 27 juin à 20h 30.


Archives pour la catégorie critique

PRIX DE LA CRITIQUE – Palmarès 2009/2010

 

Fondé en 1877, le Syndicat professionnel de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse a pour buts de resserrer les liens de confraternité entre ses membres, de défendre leurs intérêts moraux et matériels, d’assurer la liberté de la critique. Il regroupe aujourd’hui 140 journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, française et étrangère. Il décerne chaque année des Prix pour le Théâtre, la Musique et la Danse, rendant ainsi hommage aux artistes qui ont marqué la saison.

GRAND PRIX (meilleur spectacle théâtral de l’année) : « ODE MARITIME » de Fernando Pessoa, mise en scène Claude Régy (Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville)

 PRIX GEORGES-LERMINIER (meilleur spectacle théâtral créé en province) : « LES JUSTES » d’Albert Camus, mise en scène Stanislas Nordey (Théâtre national de Bretagne, Théâtre de la Colline)

 MEILLEURE CRÉATION D’UNE PIÈCE EN LANGUE FRANÇAISE :

« LES NAUFRAGÉS DU FOL ESPOIR » d’après Hélène Cixous et Jules Verne, mise en scène Ariane Mnouchkine (Théâtre du Soleil, Cartoucherie)

 MEILLEUR SPECTACLE ÉTRANGER : « RICHARD II » de Shakespeare, mise en scène Claus Peymann (Berliner Ensemble au Théâtre de la Ville)

 MEILLEURE COMÉDIENNE : Anouk GRINBERG pour « les Fausses Confidences » de Marivaux, mise en scène Didier Bezace (Théâtre de la Commune, Aubervilliers)

 MEILLEURS COMÉDIENS (ex-æquo) :

- Jean-Quentin CHÂTELAIN pour « Ode maritime » de Fernando Pessoa, mise en scène Claude Régy (Festival d’Avignon, Théâtre de la Ville)

- Serge MERLIN pour « Minetti » de Thomas Bernhard, mise en scène Gérold Schumann (Théâtre de l’Athénée) et « Extinction » de Thomas Bernhard, mise en scène Alain Françon et Blandine Masson (Théâtre de la Madeleine)

 MEILLEUR CRÉATEUR D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES (scénographe – décorateur, costumier, créateur de lumière) : Malgorzata SZCZESNIAK pour « (A)pollonia » (Festival d’Avignon, Chaillot) et « Un Tramway » d’après Tennessee Williams (Odéon). Mises en scène : Krzystof Warlikowski

MEILLEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE SCÈNE : Claire DITERZI pour « Rosa la Rouge », mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo (Théâtre du Rond-Point)

 RÉVÉLATION THÉÂTRALE DE L’ANNÉE : Agnès PONTIER pour « Yaacobi et Leidental » de Hanokh Levin, mise en scène de Frédéric Bélier-Garcia (CDN Pays de Loire, Théâtre du Rond-Point)

 MEILLEUR LIVRE SUR LE THÉÂTRE : « ENCYCLOPÉDIE MONDIALE DES ARTS DE LA MARIONNETTE », ouvrage collectif dirigé par Thieri Foulc, publié en partenariat avec l’Union Internationale de la Marionnette (Editions l’Entretemps)

 


REMISE DES PRIX : LE 21 juin 2010

 

 

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Les souffrances de Job

Les souffrances de Job, de Hanoch Levin, texte françaisde Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz, mise en scène de Laurent Brethome.

job.jpgLa pièce est particulièrement sombre, dans l’œuvre de Hanoch Levin, avec seulement quelques étincelles de l’humour noir qu’on lui connaît, dans ses pièces les plus jouées en France et en Europe, Yacobi et Leidenthal et Kroum l’ectoplasme.Quelquefois, on rit de la naïveté de Job. Ça ne dure pas. L’auteur suit fidèlement, très longuement, le récit biblique, puis il continue l’escalade non pas du côté du silence de Dieu, mais du côté de la dialectique de l’horreur chez les hommes. Souffrance : la souffrance ne dit rien d’autre qu’elle-même, dit-il. Ni leçon, ni morale, ni sens, mais souffrance, souffrance, souffrance.
Le spectacle commence plutôt bien, avec les comédiens-musiciens produisant en un chœur savant les échos d’un banquet, derrière des rideaux clairs. Face à nous, une grande table vide et des centaines de bouteilles de plastique, les déchets de la richesse et de la satiété. À cette table, viendront les mendiants, des premiers qui mangent les restes , aux seconds qui rongent les os jusqu’à Jo,  plus bas de tous, qui se repaît de vomissures.
Puis les annonceurs de mauvaises nouvelles, catastrophes naturelles, ruines et banqueroutes, puis les huissiers venus dépouillent Job de tout bien terrestre –, puis la Mort qui lui apporte les cadavres de ses quatre enfants. Le sang est versé à flots, de pigments bleus, jaunes, orange. Ça fait un bel effet, et voilà. Le spectateur attend qu’il se passe vraiment quelque chose.
Mais ce qui manque, c’est un  vrai parti pris de jeu : le metteur en scène a dirigé les acteurs du côté d’une ironie qui précisément déjoue l’ironie fondamentale de l’auteur. Dans cette pièce, dans ce lieu – le Théâtre de l’Odéon -, il faut jouer grand, shakespearien, avec une énergie totale. Le montage de la pièce assurera l’ironie en effet nécessaire.
Le spectacle révèle du savoir faire, une trop grande confiance dans des effets plastiques qui n’atteignent pas à l’effroi, et aussi trop d’impatience : la compagnie Le Menteur volontaire a-t-elle pris le temps de la dramaturgie, le temps de nous prouver en marchant que Les souffrances de Job est vraiment une belle pièce ?

Christine Friedel


Théâtre de l’Odéon, le 26 juin à 19h Texte  publié aux Editions Théâtrales

 

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  Nous confirmons; malgré une belle rigueur dans le travail,  on ne comprend pas bien le parti pris de  mise  en scène de Laurent Bretome où il y a beaucoup d’effets plastiques très gratuits : jets de peinture aux couleurs primaires et de poudre dont s’inondent les personnages et dans laquelle ils se vautrent par terre,   colorant noir dont ils s’enduisent le corps. Enfin, en ces temps de chômage, cela fera toujours du boulot pour les accessoiristes et les habilleuses…
Certes il y a de  belles lumières concues par Steen Albro qui , avec un peu de fumigène  et quelques projecteurs, nous offre des images saisissantes mais ,malgré la présence de bons acteurs dont Philippe Sire (Job) et Anne Rauturier, il y a un manque de rythme évident et on aurait bien aimé qu’il y ait un peu moins de démonstration du genre: regardez ce que je sais faire,  un peu moins de sécheresse et un peu plus d’émotion. Mais là , on reste sur sa faim!
Mais était-il indispensable de mettre en scène cette pièce d’Hannokh Levin sur le thème de Job, qui n’est sans doute pas la meilleure de cet auteur décédé en 99 dont on supportait mal les satires politiques mais qui est devenu maintenant un classique dans son pays. Malgré quelques  répliques pleines d’humour sur Dieu où l’on retrouve toute la verve de Levin,  la pièce est bien bavarde .. et un peu ennuyeuse, même si elle ne dure qu’une heure quarante.
Alors y aller ou non; de toute façon, cela ne se  jouait que deux soirs à l’Odéon? Pas nécessairement , sinon pour découvrir une jeune compagnie que l’on aimerait bien voir avec un autre spectacle.

Philippe du Vignal

 

Toby ou le Saut du Chien

Toby ou le Saut du Chien, texte et mise en scène de Frédéric Sonntag.

toby.jpg  Frédéric Sonntag n’est pas inconnu au bataillon des jeunes auteurs-metteurs en scène, puisque Nous étions jeunes alors, a déjà été jouée à Théâtre Ouvert ( voir Le Théâtre du Blog/ Christine Friedel) et que ce Toby ou Le Saut du chien a déjà été jouée à plusieurs reprises.
   Plateau nu avec, de chaque côté, et dans le fond des sièges coques en plastique anonymes et gris comme on en voir dans n’importe quelle salle d’attente…
  Il s’agit des aventures d’un jeune homme, plutôt beau garçon, costume noir et chemise blanche, et du genre star internationale qui s’en va dans une sorte de quête identitaire d’abord dans un club de nuit, puis dans un hôpital et enfin sur un plateau de télévision. Mais ce qu’il vit ressemble à une fuite en avant, désespérée où il essaye d’échapper à son destin. Les rencontres avec de nombreuses jeunes femmes se soldent à chaque fois par un échec. Jusqu’à la rencontre avec son double- un assez beau moment dramatique -jusqu’à la mort de Toby.
 Frédéric Sonntag  dirige ses comédiens de façon très sûre mais on ne voit pas très bien où il veut nous emmener; il a l’art et la technique de réaliser de belles images avec peu de moyens, mais il tombe dans les stéréotypes à la mode: jet de fumigènes et, bien entendu, un petit coup de vidéo avec la retransmission en noir et blanc du visage de Toby, puis de sa loge, intervention d’une chorale de jeunes femmes pendant quelques minutes… Tout cela sent le déjà mille fois vu!
  Mais il y a une certain ton, une certaine envie de prendre le théâtre à bras le corps qui suscite curiosité et  sympathie, d’autant plus que les acteurs savent ce qu’est un plateau et s’en servent avec beaucoup d’ habileté. Et ce ballet presque permanent- soutenu par deux musiciens- de ces douze jeunes comédiens,  autour de Toby harcelé par son destin, ne laisse pas indifférent.
  Mais le spectacle qui tient à la fois du théâtre, du chant et de la musique dure deux heures! Et aurait mérité un sérieux élagage; en fait, tout se passe comme si l’auteur/ metteur en scène avait voulu d’abord se faire  plaisir à lui-même. Et l’éternité, c’est un peu long surtout vers la fin: il faudrait que Frédéric Sonntag ait davantage le sens de la mesure et de la dramaturgie, ce qu’on ne lui a peut-être pas suffisamment enseigné au Conservatoire: ce qu’il dit en deux heures, avec une-petite-cuiller de prétention, aurait pu l’être en soixante minutes sans difficulté.
   L’exemple de Made in Italy, qui a ouvert le festival Impatience suffirait à le prouver; cela éviterait aux jeunes comédiens de Sonntag de voir des spectateurs s’enfuir au bout d’une heure, ce qui n’est jamais bon signe… Alors à voir, oui par curiosité mais bon… C’est  dommage qu’un jeune metteur en scène doué comme l’est Sonntag ne maîtrise pas suffisamment les choses… Donc à suivre.

 

Philippe du Vignal

Ateliers Berthier, ce spectacle y  a encore lieu aujourd’hui vendredi seulement à 21 heures.
Ce soir et samedi à l’Odéon à 19 heures: Les Souffrances de Job; enfin aux Ateliers Berthier, Les Nôtres samedi à 21 heures et dimanche à 15 heures.

La Bellezza e l’Inferno

La Bellezza e l’Inferno de et par Roberto Saviano, en italien, traduction simultanée par Patrick Bebi, mise en en scène de Serena Sinigalia.

 

    savianorobertopiccoloteatro324.jpgRoberto Saviano , à 31 ans, est maintenant  célèbre pour son fameux roman Gomorra,traduit en 42 pays et tiré à quatre millions d’exemplaires et dont un film a été tiré et primé à Cannes en 2008.
La Beauté et l’enfer, est un recueil d’articles parus, avant et après Gomorra, où il n’a cessé de dénoncer les crimes en tout genre de la Camorra napolitaine; ce qui lui vaut de n’avoir plus de domicile fixe et d’être protégé jour et nuit par la police. La marionnette Berlusconi qui n’en est pas à une injure ni à une bêtise près, l’accuse de promouvoir la maffia et de ne pas donner une très belle image de son pays!
Pourtant, ce qu’il dévoile dans ce monologue porté à la scène avec l’aide de Mario Gelardi, a de quoi donner froid dans le dos, puisque les mafieux napolitains et les autres ont même réussi à investir de l’argent sale aussi en France,(hôtels, boutiques de luxe et tourisme…) Roberto Saviano dénonce haut et fort leurs énormes bénéfices financiers, en particulier dans un soi-disant traitement des déchets dans le Sud de l’Italie, sans que ni les politiques ni les intellectuels ne disent rien. Ce long monologue de près de deux heures commence très fort, avec une immense ovation debout et il  reste, malgré la barrière de la langue traduite et retransmise par écouteurs, d’un bout à l’autre tout à fait passionnant, même si les vingt dernières minutes s’essoufflent un peu.
Saviano commence par remercier ses collaborateurs et la forme  même du Théâtre qui lui permet de récupérer un espace de liberté. » Seul le théâtre, dit-il, me le donne:dédié au mensonge, il dit la vérité « .
Et il rend hommage aux deux et belles jeunes femmes iraniennes Neda et Tarane tuées par la police lors de manifestations et dont la photo s’affiche sur grand écran. Puis le jeune écrivain avoue humblement n’être pas un acteur; encore trouve-t-on peu d’acteurs aussi capables d’avoir une telle présence scénique! Il s’en prend ensuite à Nobel, horrifié par sa découverte de la nitroglycérine, et à la Kalachnikov et à son inventeur le vieux maréchal du même nom, création industrielle qui a fait  tuer des millions de gens de par le monde, et se moque de Starck le designer qui en a fait une lampe! Il fait ensuite passer ce lourd fusil parmi le public…Effet pédagogique garanti!
Saviano raconte ensuite l’horrible massacre par les mafieux napolitains de six émigrés  africains criblés de balles près de Naples dans une cité abandonnée Castel Volturno, et leur redit son admiration pour s’être levés en masse contre cette barbarie: « ceux qui sont venus faire les travaux que les Italiens ne veulent plus faire, qui ont défendu nos droits les plus élémentaires ».  Et ses paroles sont illustrées, à chaque fois par des extraits de film tout à fait convaincants! Il parle aussi de Francesco Cavone, l’un des chefs de la Camorra , emprisonné depuis dix ans  comme son fils, et de la lettre qu’il lui a envoyé pour l’adjurer de se repentir et de collaborer avec la police, de façon à donner enfin un sens à sa vie…
Et Saviano  s’en prend aussi aux hommes politiques comme  Nicola Cosati , ministre de la famille qu’il accuse, sans détour d’avoir des liens avec la maffia. Les mots sont nets et précis:  » Vous êtes devenus des marionnettes, alors que vous croyez être des marionnettistes ». Et il dénonce sans hésitation la machine économique ultra puissante que la maffia a réussi à mettre en place et qui a gangrené jusqu’au plus haut sommet de l’Etat italien, et a même étendu son pouvoir jusqu’en Espagne ou en Allemagne, au Maroc… et en France! Mais Saviano évoque aussi des personnalités qui n’ont jamais cédé, jamais accepté de renoncer à leurs idées comme les écrivains Primo Levi, Varlam Chalamov ou Vassili Grossmann à Treblinka, ou encore le célèbre écrivain nigérien Ken Sao-Wiwa, (condamné et pendu par le dictateur Abada, parce qu’il avait  osé dénoncer la pollution en mer des industries pétrolières dans le delta ).  La Shell avait été obligé de verser une énorme compensation financière au peuple Ogi qui subissait cette pollution pour éviter un procès. Ou des hommes qui se sont battus contre une maladie qui les pénalisait gravement comme le footballeur Lionel Messi ou le pianiste Michel Petrucciani sur l’art duquel il finit cet exorcisme du mal et du malheur qui s’abat sur les hommes.
Ne renoncez jamais à vous battre contre le crime organisé comme celui qui sévit actuellement sur l’Italie, même si votre vie est mise en danger, nous dit, avec un courage formidable, ce jeune écrivain  qui se sait menacé de mort en permanence, et dont la seule force-mais quelle force!- reste celle de la parole. Et le public l’a de nouveau applaudi très longuement et très chaleureusement. On lui souhaite que sa lutte soit enfin le point de départ d’une véritable reprise en main  de l’Etat sur le pays tout entier  qui, pour le moment, n’a de  démocratie que le nom.
Merci à Emmanuel Demarcy-Motta qui a bien fait de l’inviter au Théâtre de la Ville, même s’il n’y a pu y avoir qu’une seule représentation.

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Ville lundi 21 juin

Giusto la fine del mondo

 Giusto la fine del mondo/ Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, mise en scène de Luca Ronconi.

  findumonde.jpgComme on le sait, nous avons deux auteurs contemporains joués sans cesse un peu partout : Bernard-Marie Koltès et Jean-Luc Lagarce ( 1957-1995 dont les pièces furent peu connues de son vivant, et dont la plupart ont pour thème les conflits familiaux: entre autres). Derniers remords avant l’oubli, J’attends que la nuit vienne et Juste la fin du monde écrite cinq ans avant sa mort. Juste la fin du monde a été souvent montée en France, notamment par Michel Raskine dans une très belle mise en scène à la Comédie-Française, mais aussi par Bernard Lévy et François Berreur…
   C’est, non pas une véritable histoire,  mais un moment de la vie de Louis, un jeune  homme de 34 ans , malade, qui se sait condamné et qui revient dans sa famille qu’il n’a pas vue depuis quelque dix ans. Il vient annoncer à sa mère,  à sa jeune sœur Suzanne, à  son frère Antoine et sa femme Catherine , qu’il est très atteint et qu’il va bientôt mourir. Mais , vite passés les premiers instants de retrouvailles, le dialogue espéré tourne au monologue, chacun proférant ses accusations et ce qui aurait pu être un moment de bonheur tourne au cauchemar: sur fond permanent de  vieilles querelles familiales, les malentendus que l’on croyait enterrés depuis longtemps resurgissent aussi bien que les règlements de compte sournois qui font mal.
  La mère de Louis lui reproche son silence et  son absence alors qu’ elle aurait eu tant besoin de lui, Antoine qui ne s’est en fait jamais bien entendu avec Louis, on ne sait pas trop pourquoi, devient même violent: « Si tu me touche , je te  tue ». La pièce est écrite dans une langue acérée, où les mots  prolifèrent, se répètent, où les  courtes phrases sont souvent négatives:  » mais si ce n’est pas vrai »,  » Nous ne savons pas où tu es »  » Tu n’es pas encore parti »… Pour dire l’angoisse , le malheur et la solitude de Louis qui  comprend  sans doute que les choses ne sont peut-être pas si graves que cela mais que le temps a passé inexorablement: il n’y a plus grand chose de commun désormais  entre  ceux avec qui il a vécu autrefois, des êtres qui constituaient  pourtant toute sa famille. Et de sa maladie et de mort prochaine, il ne parlera finalement pas, le silence étant, semble-t-il, la seule protection dont il puisse s’envelopper.
  Luca Ronconi a choisi pour sa mise en scène un espace très limité: une scène étroite et toute en longueur aux couleurs brunes et grises avec quelques chaises noires, deux gros fauteuils et un pouf recouverts de tissu imprimé gris, avec un éclairage des plus parcimonieux. Au-dessus de la scène un écran affiche le numéro des scènes – sans doute une très fausse bonne idée. Et il y a en bas de la petite scène installée sur la grande , un petit écran  où défile le texte français.Les cinq acteurs du Piccolo Teatro: Riccardo Bini, Francesca Ciochetti, Pierluigi Coralio, Melanie Giglio et Bruno Rossi sont sobres et précis, et la  direction d’acteurs est d’une rigueur exemplaire comme toujours chez Ronconi.
  Mais pourtant cela ne fonctionne pas bien du tout. Sans doute pour plusieurs raisons: d’abord la scène comme la salle du Théâtre de la Ville ne sont  pas adaptées à cette pièce intimiste: tout se perd donc un peu, la traduction simultanée de ce texte truffé de longs monologues n’est pas bien visible et dans cette semi-obscurité presque permanente, l’on décroche assez vite quand on ne comprend pas l’Italien, d’où cette hémorragie permanente de spectateurs, ce qui n’arrange pas les choses… Question de langue, peut-être mais la mise en scène de Luca Ronconi est le plus souvent statique: cela peut être un parti pris mais comme le spectacle dure quand même deux heures et quart, et il y a comme un solide ennui qui s’installe, surtout au début. Il aurait sans doute fallu que Ronconi fasse quelques coupes et choisisse un meilleur éclairage pour le Théâtre de la Ville. Dommage…
  Alors à voir? Peut-être si vous connaissez déjà le texte mais, même avec de grandes qualités, le spectacle représente quand même une épreuve. A vous de choisir.

 

Philippe du Vignal

 

Le spectacle s’est joué les 23 et 24 juin.

 

  

MALDOROR

 

MALDOROR  d’après Les chants de Maldoror Lautréamont, mise en scène Pierre Pradinas.

“Plût au ciel que le lecteur enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison…”
David Ayala, massif et fragile à la fois pénètre sur le plateau cerné de tentures de velours rouge, un grand canapé à la cour, au fond,  un écran avec des projections, sortant d’un grand porche mobile qui traverse la scène au début et à la fin du spectacle. Il clame:  » Je te salue océan nous fait plonger dans ce verbe terrifiant et magnifique issu des paradis artificiels, perdu au fond de nos mémoires adolescentes. Une étonnante prestation d’acteur très bien servie par les musiques des Pink Floyd qu’il ne cesse de remettre sur un authentique tourne-disque et par de splendides projections de Simon Pradinas.

Edith Rappoport

Maison de la Poésie

Le nouveau Testament

nouveautestament.jpg On est en 1934, peu de temps avant le fameux 6 février,  où la France faillit s’embraser quand les les gens de droite s’en prirent aux partis de gauche; cela  se passe chez un grand bourgeois, médecin de son état, le docteur Jean Marcelin; il a bien compris  que son épouse Lucie passe d’agréables moments avec le jeune fils de ses bons amis Marguerite et Adrien Worms. Attendu chez lui  pour le dîner avec ces bons mais il n’arrive toujours pas,  et quelqu’un-évidemment  commandité par lui- ce que le public a tout de suite compris, mais bien entendu, ni sa femme,ni  son jeune amant ni ses bons amis-  confie au valet la veste du docteur, sans décliner son identité et sans dire le pourquoi du comment du retour à domicile de cette sacrée veste.
 Et, bien sûr, on trouve dans une poche  une chose plutôt compromettante:  un testament  où l’on apprend qu’il lègue une forte somme à parts égales entre son épouse,  une madame Lecourtois, et une troisième: femme :  Juliette Lecourtois . Et il ajoute: » l’une de ces personnes est ma fille et l’autre ma maîtresse ». Et la nouvelle et jolie  secrétaire de Marcelin  que son épouse fort jalouse ne peut pas supporter et soupçonne d’être sa maîtresse -se révélera plus tard être sa fille.  Quant à madame Worms, on apprend qu’elle a aussi été la maîtresse de Jean Marcelin…
 Bref, comme le disait , à la même époque, un vieux paysan normand à un jeune  journaliste qui enquêtait  sur un crime: « De toute façon, vous ne saurez rien, tous ces gens-là ont tous couché ensemble. » Mais ici, il n’y a pas de crime en jeu et, comme est dans la  « bonne » société parisienne, on règle ses comptes en famille :  le brave docteur Marcelin choisira finalement, comme pour exorciser une situation devenue  intenable,  de tout étaler  dans une sorte de jeu de la vérité.
   La  leçon de morale  un peu longuette et ras les pâquerettes que Guitry se croit  obligé de nous infliger à la fin est cynique, comme lui-même devait l’être dans la vie:  » A notre âge, à notre époque et dans notre situation, nous devons considérer que tous les événement qui nous arrivent sont heureux , sinon nous n’en sortirons jamais ».
 On n’est pas encore aux constats doux amers  de Catherine Millet à la fin de Jours de souffrance : « Je sais maintenant que chacun peut, si le regard rétrospectif ne lui fait pas peur, découvrir que son passé est vraiment un roman, et que, serait-il chargé d’épisodes douloureux, cette découverte est un bonheur ».
  Le nouveau Testament, sans être,  et de loin, un chef d’œuvre, est quand même une comédie bien construite. Guitry, quand il parle de relations amoureuses, est parfois proche de Feydeau et de Marivaux, et  les dialogues de la pièce  sont  ciselés  du genre:  » Ce qui fait rester les femmes, c’est la peur qu’on soit vite consolé de leur départ »  Une femme  qui s’en va avec son amant n’abandonne pas son mari, elle le débarrasse d’une femme infidèle ». Plus les homme sont intelligents, moins ils sont malins ».  » Ceux qui n’ont pas droit au bonheur, n’ont pas non plus  droit au malheur ». D’accord, ce n’est pas du Confucius,  mais enfin…
   En revanche, mieux  vaut oublier les mots d’auteurs un peu trop faciles comme : »Je la trouve un peu voyante/ – Tu as peur qu’elle te prédise l’avenir », ou   » Si elle est en grand deuil, ce n’est pas urgent, je ne peux plus rien faire pour elle ». La pièce ne repose heureusement pas que  sur ces mots d’auteur, même si Guitry adore (un peu trop) en parsemer  son théâtre.
  Daniel Benoin qui monta la pièce il y a trois ans avait été plus subtil dans sa direction d’acteurs, même si sa mise en scène souffrait d’une scénographie compliquée; ici, on est dans le théâtre privé, et donc sur une scène  frontale. Avec un  beau décor aux meubles luxueux et aux vitres Arts Déco, tout fait crédible. Mais, dès les premières minutes, les choses se mettent à déraper et l’on s’aperçoit vite que la mise en scène est  conventionnelle pour ne pa dire bâclée et la direction d’acteurs inexistante.
   Côté dramaturgie, il semble bien que l’on ait supprimé une scène, ce qui rend la pièce bancale.  C’est comme chez Feydeau, on n’enlève pas une roue dentée sinon la mécanique patine. Quant aux comédiens, ils  surjouent le texte sans raison, ou  font le minimum syndical en le débitant: consternant de médiocrité.
  Moralité: on n’est pas obligé de monter un Guitry, même si c’est très mode, ou alors autant le monter correctement,  comme l’avait fait, fort  intelligemment, Serge Lypszyc avec Désiré ( voir le Théâtre du Blog). Mais ici, il  faut se pincer très fort pour croire aux personnages; comme  le rythme est  mou, la pièce n’en finit pas d’avancer  et il n’y aucune scène pour rattraper l’autre, si bien que cette comédie qui pourrait être agréable devient vite un monument d’ennui. Cela dit, la salle était loin d’être pleine mais le public sans doute pas très difficile, riait parfois… Pas nous, et n’écoutant que notre courage, à l’entracte, nous nous sommes enfuis, incapables d’avaler encore une dose de plus de cet affligeant breuvage…
   Alors à voir? Comme vous voudrez, mais vous aurez été prévenu de tout le bien que l’on en pensait !

Philippe du Vignal
 


Comédie des Champs-Élysées  

SAFARI BANLIEUE

SAFARI BANLIEUE conception de Mohamed Guellati;  texte de Dominique Bourgon.

Mohamed Guellati, artiste insolite,  né à à côté ( Montbéliard) aime les défis et emmène le théâtre hors de ses cases habituelles depuis 1994. Ce Safari banlieue nous convie à une promenade dans deux cars avec de gentils animateurs jusqu’aux douves du fort de Belfort où une jeune militaire aboie des ordres furieux en nous promenant  dans un cadre imposant.
Nous repartons jusqu’à un ensemble HLM qui aurait besoin d’un sérieux ravalement pour assister à une séquence terrifiante sur des SDF logés dans des containers à ordures. La belle ironie de l’écriture s’impose grâce aux  surprenants masques de visages rabougris portés par les acteurs, et conçus par Nicolas Dufour. Puis dernier voyage, nous repartons à travers tout un dédale de rues jusqu’à la Maison de quartier des Glacis du Château, partenaire du Théâtre du  Granit pour cette aventure afin d’ assister à la séquence finale:  un goûter d’anniversaire interprété par vingt cinq comédiens et cinq comédiens professionnels.  Peu de texte mais une vraie présence et une belle théâtralité. En dépit d’un aspect un peu décousu, cette aventure théâtrale reste un remarquable pari de l’équipe du Granit de Belfort… restée sans directeur depuis plusieurs mois.

Edith Rappoport

Quartiers de Belfort. Compagnie la Grave et Burlesque Equipée du Cycliste.

nouvelle adresse du blog d’Edith Rappoport: http://journal-de-bord-dune-accro.blogvie.com/

Cahiers Armand Gatti

Cahiers Armand Gatti, revue annuelle N° 1. 2010

gatti01.jpgC’est un gros volume publié sous la houlette de Jean-Jacques Hocquard qui retrace la vie militant et le parcours d’Armand Gatti, figure légendaire du théâtre contemporain qu’en fait peu de gens, parmi les jeunes générations connaissent vraiment. Revenir à Gatti, comme l’écrit David Lescot, auteur contemporain, « c’est relire les pièces d’avant La Passion du Général Franco, d’avant la rupture avec l’institution théâtrale » (….) Le Gatti qui est le mien celui auquel je ne cesse de me reporter, c’est d’abord celui de la première période, celui de La Vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. , de Un Homme seul, de Chant public devant deux chaises électriques, les pièces montées dans les grands théâtre parisiens ou de la décentralisation, ces pièces aussi à qui plus personne aujourd’hui dans le théâtre officiel ne songe à redonner vie ».
   La Passion du général Franco vues par les émigrés eux-même, après avoir été interdite par le gouvernement en 68 à Chaillot,  avait été montée par Gatti lui-même en 1976! Soit un an après la mort du dictateur. C’était aux entrepôts Calberson, boulevard Ney à Paris,vaste et délicieux endroit tout en béton où faire du théâtre tenait de la gageure; la forme de théâtre politique que Gatti voulait faire passer impliquait des rapports fondamentalement différents entre comédiens et public. Ce théâtre qui se voulait généreux, populaire et pédagogique était issu du théâtre documentaire allemand, via surtout celui de Brecht et de Piscator, où toute émotion, tout pathétique était prohibé.
C’était comme le rappelle Catherine Brun, auteur d’un chapitre : Le chant de la lutte, une sorte de prélude à des discussions politiques, et qui donnait la part belle à la forme,  que Gatti voulait innovante. Mais il faut bien reconnaître qu’à part quelques moments où justement où le théâtre échappait à cette radicalisation,il y avait,  dans ces spectacles de singuliers tunnels d’ennui, même si perçaient parfois quelques moments de poésie, « le poème étant, pour Gatti, la justification du théâtre ».

  Ensuite l’image de l’auteur-metteur en scène est devenue, semble-t-il, plus floue:on l’a  vu diriger nombre de stages avec des groupes de jeunes de banlieue, comme Ces Empereurs aux ombrelles trouées, créé au  Festival d’Avignon, qu’on était prié de regarder en partie debout dans une chaleur suffocante, et là aussi d’un ennui auquel il était difficile d’échapper. Et où plusieurs jeunes femmes s’évanouirent… » Le spectacle sans spectateurs ( rien que des créateurs) », pour reprendre sa formule ,relevait d’une belle utopie et avait sans doute vécu…
    Gatti travaillera ensuite, comme on l’a dit, avec des groupes de jeunes, des détenus, des  travailleurs à l’occasion de la célébration de tel ou tel événement. Il fera aussi œuvre de cinéaste engagé avec des films comme Passage de l’Ebre ou Nous étions tous des noms d’arbre. Gatti depuis sa jeunesse dans la Résistance aura été de tous les combats contre l’intolérance, avec pour seule arme le langage auquel il est attaché, comme l’est aujourd’hui Roberto Saviano,  l’auteur de Gomorra que l’on pu voir cette semaine au Théâtre de la Ville, et qui fait l’objet d’un contrat de la mafia napolitaine… ( voir Le Théâtre du Blog demain).
  Ce livre a le mérite de retracer tout le parcours artistique d’Armand Gatti- poète du théâtre mais aussi envoyé spécial en Amérique centrale, Chine, Corée du Nord, etc…, de parler de son théâtre joué ou lu un peu partout, et de faire découvrir la personnalité de cet infatigable auteur/ metteur en scène.On peut ne pas être vraiment en accord avec son théâtre mais il aura eu au moins le grand mérite de contribuer à mettre en place des dispositifs fictionnels et scénogaphiques qui auront, en quelques trente ans, contribué à bouleverser le paysage théâtral européen.
Il y a de très nombreuses photos de ses  spectacles, (dont une à l’envers mais ce n’est pas grave); cela aurait été bien aussi que leur légende mentionne aussi le nom des comédiens des spectacles mais bon…les études universitaires sont  solides  et, malgré le côté un peu estoufadou de ce livre collectif, elles se lisent facilement.

Philippe du Vignal

Cahiers Armand Gatti, revue annuelle n° 1 2010; prix: 22 euros

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