CYRANO OU LES EMPIRES DU SOLEIL

CYRANO OU LES EMPIRES DU SOLEIL. Château de Versailles

Par le Groupe F, mise en scène Christophe Berthonneau

Comment dessiner un espace après la mort ? C’est la question que s’est posée le Groupe F en s’attaquant à l’évocation de la vie de Cyrano de Bergerac dans ce lieu somptueux du bassin de Neptune où ils avaient déjà reçu un accueil enthousiaste en 2007, de la part des fontainiers, jardiniers, de la sécurité et des pompiers. En adaptant L’autre monde, texte de science-fiction inachevé paru après sa mort en 1655, ils font voyager le narrateur entre la lune et le soleil. Spectacle sans parole, quelques phrases sont projetées sur un écran de projection flottant au ras du bassin, il y a seulement une musique somptueuse de Scott Gibbons et une avalanche de prouesses technologiques qui m’ont laissée bouche bée : Des personnages lumineux s’envolent dans les airs, se perchent sur une boule qui devient globe terrestre, les étoiles et les galaxies s’allument et s’éteignent dans un flot d’étincelles, et jamais le groupe F ne se laisse aller à des images convenues. L’illumination rouge du château est un pic d’émotion. Seulement 7 acteurs, 50 techniciens pour le Groupe F, pour conter une histoire dont on a du mal à saisir le fil, tant notre stupéfaction est grande. Et tout ça dans la plus grande simplicité d’un discours clair et simple de ce jeune génie sorti d’Ilotopie voilà une vingtaine d’années, accompagné d’une superbe équipe.

Edith Rappoport 


Archives pour la catégorie critique

TURANDOT OU LE CONGRÈS DES BLANCHISSEURS

TURANDOT OU LE CONGRÈS DES BLANCHISSEURS. Théâtre de l’Opprimé

 

De Bertolt Brecht, mise en scène Nicolas Thibaut
Nicolas Thibaut se lance dans le difficile exercice de monter cette pièce inachevée de Brecht qui comporte une trentaine de personnages avec 6 comédiens sur un plateau nu, avec seulement des têtes, des affiches et des statues conçues d’après des photos des acteurs posées sur des cubes et beaucoup d’allers et retours entre la scène et la salle. Pour raconter la ruine des paysans producteurs de coton organisée par le pouvoir, l’empereur poussé par son entourage dissimule toute la production. Le spectacle commence par une déclinaison de tous les personnages énoncée de la salle, chaque acteur tenant forcément plusieurs rôles. Il y a un bel engagement des comédiens qui butent sur la longueur et la complexité de la pièce. Et malheureusement tout l’aspect lyrique est gommé, ce que la compagnie TOC avait mieux réussi en Avignon. Peut-être un problème de droits d’auteur ?

Edith Rappoport

LILIOM

Liliom  Premiers pas Théâtre du Soleil Cartoucherie. Mise en scène Jean Philippe Morin, compagnie des Gobes Lunes, nouvelle traduction de Kristina Rady, Alexis Moati, Stratis Vouyoucas.

 

Cette année, le Festival Premiers pas, enfants de troupe fondé par Alexandre Zloto avec le soutien du Théâtre du Soleil, se déroule comme la première année voilà 7 ans sous chapiteau. En effet la grande Ariane prépare un nouveau spectacle, l’Aquarium dirigé par François Rancillac accueille le Théâtre Aftab, l’Épée de bois se prépare pour Un automne à tisser dirigé par Jean Claude Penchenat. Un joli chapiteau où l’on est comme d’habitude accueilli par un délicieux repas concocté par la troupe responsable de la semaine, le chapiteau est plein. La compagnie des Gobes Lunes issue de l’École de Claude Mathieu, présente une version des plus toniques de Liliom que j’avais déjà beaucoup apprécié dans la mise en scène de Stéphanie Chevara à Gentilly. Cinq musiciens ouvrent la fête foraine où le séduisant Liliom, bonimenteur de manège se fâche avec sa patronne pour suivre Julie, une petite bonne folle de lui. Leur vie difficile insupporte Liliom incapable de travailler, le drame se précipite au moment où Julie attend un enfant. Entraîné par un malfrat, Liliom échoue dans une tentative d’assassinat pour voler un caissier, déshonoré il se suicide après avoir perdu le gain escompté dans un spectaculaire jeu de cartes. Au ciel, il retrouve les anges policiers interprétés par Bérangère Delobelle et Ariane Brousse, deux splendides jeunes femmes qui lui donnent la chance  de revenir sur terre une journée retrouver sa femme et sa fille, après avoir expié pendant seize ans. Liliom se trouve face à sa fille, on lui a dit qu’il était mort en Amérique…Jonathan Nicolas et Camille Weale incarnent un Liliom et une Julie émouvants, il faudrait citer l’ensemble des onze comédiens, les musiciens qui rythment ce spectacle d’une troupe prometteuse.

Edith Rappoport

LA TROUPE DU ROY RÉPÈTE LE COCU IMAGINAIRE DE MOLIÈRE

 LA TROUPE DU ROY RÉPÈTE LE COCU IMAGINAIRE DE MOLIÈRE Arènes de Montmartre mise en scène et dramaturgie Nele Paxinou, les Baladins du Miroir (Belgique)

Le chariot des comédiens a été hissé en haut de l’escalier qui accède aux arènes de Montmartre, la troupe déploie ses tréteaux en un clin d’oeil. Les Baladins du miroir qui ont promené leurs magnifiques chapiteaux et leurs poétiques tréteaux sur les routes du monde du Québec au Niger, depuis une trentaine d’années- on a pu les voir ces dernières années à la Cartoucherie de Vincennes et à Villeneuve en scène en 2008-font escale au Festival de la Butte Montmartre pour notre plus grand plaisir. Comédiens virtuoses, bons musiciens, artistes complets et généreux, ils jouent cette hilarante farce de Molière qui doit à tout prix gagner les faveurs du roi après vingt années d’errance sur les routes de France. Ils mâchent délicieusement cette pièce en alexandrins présentée pour la première fois en 1660 pour le mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche, inspirée d’un canevas italien : Gorgibus veut se délier de la promesse faite à Lélie de lui donner sa fille en mariage pour la donner à un plus riche parti. S’ensuit un quiproquo entre les deux amoureux à cause d’un portrait tombé par hasard dans les mains de la femme de Sganarelle qui éveille la jalousie du mari. La répétition du spectacle qui doit impérativement être présenté devant le roi le soir même, est sans cesse interrompue par des gêneurs. Cette vie d’une troupe qui finit par triompher grâce au public qui l’acclame et obtenir les faveurs du roi est une belle mise en abîme. Le public leur a fait un triomphe et moi, j’ai bien rarement éprouvé une si belle émotion devant ce spectacle aux antipodes de ceux présentés tous les jours par nos institutions françaises bien mieux dotées.

Edith Rappoport

LES HOMMES NE VEULENT PLUS MOURIR

LES HOMMES NE VEULENT PLUS MOURIR  Manufacture des Abbesses

 

De Juliette Speranza, adaptation et mise en scène et jeu Hélène Darche avec Christophe Allwright, compagnie du Passage.
Après quatre spectacles créés avec la compagnie de l’amour fou (j’avais vu Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig et Algérie en éclats dont je garde de vifs souvenirs près de dix ans plus tard), Hélène Darche s’engage dans une nouvelle démarche avec la compagnie du passage. Elle joue un duo poignant, celui d’une mère obsédée par son fils absent qu’elle rabroue sans cesse, face à son docteur qui tente de la ramener à la raison dans son délire maternel. Ses efforts sont vains, lui-même est alcoolique, les seuls moments de vrai dialogue ont lieu un verre à la main, quand Louise tente de le retenir avec la bouteille de whisky cachée dans la sacoche du vélo de son Antoine, qui ne paraît pas en scène. Il est question de son anniversaire, peu à peu on remonte dans le temps pour découvrir que plusieurs années auparavant, l’enfant est devenu tétraplégique à la suite d’un accident de voiture ! Hélène Darche a une belle présence face à un Christophe Allwright étrange, lui aussi proche de la folie. Les séquences sont rythmées par des musiques de Schubert, Mahler, Pergolese et Vivaldi. Celle du dernier tableau pendant l’accident succédant à la supplication de l’enfant pour sortir en vélo m’a donné des frissons.

Edith Rappoport

Suzanne, une femme remarquable

Suzanne, une femme remarquable.

suzannetheatrefichespectacleune.jpgRencontre avec une femme remarquable : Suzanne – c’est un pseudonyme  – dit avoir été façonnée elle-même, conduite par les rencontres. Juriste (comme sa mère), elle aurait pu aussi bien être médecin (comme son père). Femme, elle découvre que les droits de l’homme ne recouvrent pas tout à fait les droits des femmes, et milite pour une parité révolutionnaire, partout. Car elle se dit née de la Révolution, inspirée par le « tous les hommes naissent libres et égaux en droits… » de 1789, active dans le réseau Jeanson durant la guerre d’Algérie, longtemps militante au parti communiste, où cette bourgeoise a rencontré une famille – remarquable -, scandalisée par un capitalisme qui enchaîne les jeunes générations à cinquante ans de dettes, scandalisée par l’impossible transgression dans la société d’aujourd’hui…
On peut se demander ce que c’est que cet objet, dans le « théâtre documentaire » de Laurence Février, après Quartiers et Ils habitent la goutte d’or. Un moment de l’histoire des femmes, l’interview sans scories d’un personnage exceptionnel : ce serait déjà beaucoup, mais ne suffirait pas à nous tenir en haleine. C’est qu’il y a bien du théâtre, là-dedans. Un théâtre de la pensée en mouvement, de la pensée naissant avec les mots. Suzanne parle avec l’aisance, l’autorité de l’universitaire et de la conseillère de tel ou tel ministre. Mais ce qui nous est donné à voir et à entendre, ce n’est pas un discours répété, mis au point, c’est le bouillonnement d’une pensée à la fois sûre d’elle et toujours en marche et en interrogation. De la même façon, la comédienne n’imite pas son “modèle“ : elle travaille et trouve le rythme de cette pensée passionnée, son exactitude, et par-là son humour, le tout un fer à repasser à la main : le « genre » ne se laisse pas oublier, mesdames.
Laurence Février avait testé il y a deux ans sa Suzanne au Théâtre des Halles d’Avignon. Elle revient avec plus d’acuité, avec un enjeu affûté : faire du théâtre un lieu de débat, bien sûr, et surtout faire la preuve que l’émotion théâtrale, le suspense, l’attente, peuvent trouver leur source dans la réflexion. Gai savoir, joyeuse pensée, qu’elle avait déjà mise en scène avec La fontaine ou Erasme.
Christine Friedel

Spectacle de et avec Laurence Février. Théâtre du Lucernaire, 21H

avec son « théâtre documentaire »,

HOMMAGE À JACQUELINE CAHEN

HOMMAGE À JACQUELINE CAHEN  Liber and C° Belle Isle  Lecture

Les Liber organisent dans leur chaleureuse librairie qui domine le port du Palais à Belle Isle, des soirées de lectures de textes divers, de Proust au dernier prix Goncourt Atiq Rahimi, ces derniers jours. Jacqueline Cahen, poétesse disparue voilà six mois, aimait Belle Isle et fréquentait la librairie. Cette promenade dans son œuvre est menée avec une belle allégresse par l’étonnant Claude Merlin, Claude Buchvald qui nous emporte derrière une Léontine de 23 à 95 ans et la jeune Hélène Liber plus maniérée. La partie audiovisuelle autour de Léontine m’a parue inutile. On se retrouve autour de belles bouteilles servies par nos hôtes, il y a du beau monde !

Schraapzucht

Deuxième et dernière carte postale du Festival d’Aurillac

Schraapzucht par la Compagnie Tuigconcept  conception et mise en scène de Marc van Villlet; écriture Ank Boerstra.

 image5.jpg Cela se passe sur la pelouse de l’Institution Sainte-Eugène, avec,  à l’entrée, un statue de la Vierge Marie toute blanche. L’espace scénique est constitué d’une structure en bois avec , au- dessus,  une passerelle métallique et une grande roue qu’entraînent en silence trois servants zélés habillés de blanc.
En bas, une sorte de professeur Nimbus, en pantalon beige, chemise sombre et cravate, avec un ridicule petit pull-over à losanges  sans manches, s’affaire dans un invraisemblable bric-à-brac de planches et de fils que manipule une des comédiennes de la passerelle.  Soit quatre acteurs  en tout.
Il y a aussi des petits  sacs blancs /contre-poids, et un plus gros,  qui remontent et redescendent  sans cesse à chaque tour de roue. En silence d’abord,  puis sur une musique électronique répétitive.

 Les quelque deux cent cinquante spectateurs  sont assis de part et d’autre sur de rustiques gradins de bois, et quelques projecteurs latéraux éclairent la somptueuse machine célibataire qui ne produit rien mais dont la partie inférieure, petit à petit, comme par miracle, se construit;  petite table, lampadaire, chaise, étagère de bois, fenêtres, transatlantique, et même cheminée où vont brûler quelques planches , alors que personne n’y a mis le feu.
Il y a une espèce de belle naïveté, en même temps qu’une singulière poésie qui se dégage de ces quarante cinq minutes, dont quelques grincheux trouvent que c’est quand même trop long, alors que c’est sans doute le plus abouti et le plus malin des spectacles en plein air que l’an ait pu voir depuis longtemps. Il y à la fois du Bob Wilson et  du Phil Glass de la grande époque d’Einstein on the Beach dans cette installation hors du commun et d’une belle intelligence scénique.

 Tout est réglé avec  une précision millimétrique,  et c’est sans doute ce qui produit cet onirisme de grande qualité ; tout ,  bien entendu, va se détraquer; le savant fou  veut arrêter la roue, et plante une barre de bois qui, au contact de la roue,  va s’enflammer et la roue  s’arrête alors;  et   le savant fou ne sait plus alors très bien où  il en est et  se retrouve piégé par ses fils,  pendu! Quant aux assistants, ils vont réintégrer leurs sacs blancs/linceuls et se retrouver suspendus comme au début du spectacle.
Dans un silence complet,  la roue s’est définitivement arrêtée. En guise de salut, s’allument alors les guirlandes de petites ampoules lumineuses qui encadrent la roue et la structure de bois, mais les acteurs ne réapparaîtront pas.  Vous avez dit impressionnant de poésie et de beauté? Oui, on  confirme: impressionnant de  de poésie et de beauté.
A voir absolument en Belgique ou ailleurs…

consulter leur site:.www.fransbrood.com

Philippe du Vignal

A+ Cosa que nunca te conté

A+ Cosa que nunca te conté, de la Compagnie Senza Tempo , texte et mise en scène d’Inès Boza.

image2.jpg   Sur la scène nue, une pauvre petite caravane grise, avec à l’intérieur du papier peint des années 60; avec un mat où un homme essaye d’accrocher un antenne râteau destinée à recevoir quelques images brouillées sur un vieux poste. Il a deux jeunes femmes dont l’une joue de temps à autre de l’accordéon sur le toit de la caravane, et un autre homme tout en noir avec des ailes d’ange toutes blanches. Elle prépare une citronnade sur une petite table dehors. Une autre  jeune femme arrive par la salle en imperméable et pantalon; elle raconte comme la première une histoire assez confuse. Tous les cinq parlent en fait assez peu mais dansent assez bien leurs sentiments, seuls ou à plusieurs: il est question d’homme que l’on n’a pas et que l’on voudrait absolument avoir. Bref, toujours ces relations difficiles dans les couples….La scène où une des trois jeunes femmes gifle son compagnon d’un revers de la main latéral et non frontal, comme elle le dit, est répétée en boucle plusieurs fois. Il y a de la nostalgie mais aussi de la violence dans l’air et certains moments sont de la veine et de la qualité des spectacles de la grande Pina Bausch, récemment disparue.
  La gestuelle est impressionnante de précision et de sensibilité et, malgré quelques longueurs, le public se laisse vite gagner par ce cocktail aussi brillant qu’explosif de musique disco au second degré, d’images vidéo et de chorégraphies bien réglées. Quant aux  images vidéo d’Alfred mauve et d’Alexis Zitman, qu’elles évoquent la nature ou les rues d’une villes chinoise avec ses enseignes lumineuses, elles remplissent, une fois n’est pas coutume, parfaitement leur fonction.
  Dans une sorte de mise en abyme de l’image qui n’aurais sans doute pas déplu à Vélasquez, il ya des projections vidéo sur la façade de la petite caravane montrant les personnages à l’intérieur. il n’est pas certain que cette sorte de théâtre dansé évoque ici « le nomadisme urbain du XXI ème siècle », ni que cette caravane soit vraiment « le symbole de l’utopie, de la liberté et du transit », comme Inès Boza voudrait nous en convaincre, mais, bon, comme le spectacle est  soigné et que les comédiens danseurs: Sarah Anglada, Iva Horvat, Carlos Mallol, Vivian Calviti et Nei Le Bot sont  tout à fait crédibles, avec leurs costumes façon  Deschiens et leurs perruques insensées, le public est conquis; même si le spectacle avait ramé quand il était joué en plein air à Châlons, sur la scène du théâtre d’Aurillac, le spectacle fonctionne bien.
  Alors à voir ? Oui, sans aucun doute à Aurillac ce samedi soir encore et ailleurs.

Philippe du Vignal

Compagnie Senza Tempo Théâtre municipal 20 h 30.

Aurillac 2009

   image1.jpgLe Festival, toujours cornaqué par Jean-Marie Songy à la tête d’une énorme organisation, fête cette année son 24 ème anniversaire avec une programmation officielle d’une quinzaine de compagnies, dont pour la France et entre autres,  Délices Dada et Kumulus,  maintenant bien connus dans le monde du théâtre de rue et nombre de compagnies étrangères qui sont autant de découvertes souvent fort intéressantes. Les compagnies de la programmation officielle sont rémunérées et prises en charge par le Festival, et certaines bénéficient de l’aide à la création du Parapluie, organisme doté de salles et de moyens propres dépendant du Festival et situé à la périphérie d’Aurillac.   Il y a aussi les compagnies dites de passage- plus de 500- pour la plupart dûment répertoriées dans un épais catalogue- qui s’éparpillent un peu partout dans la ville et ses banlieues, sans aucun soutien financier, souvent pas trop faciles à situer géographiquement… C’est dire que le public va plutôt à la pêche dans les rues et les places de la capitale du Cantal, complètement métamorphosée pour l’occasion: centre entièrement piéton, parcs de stationnement très vite saturés avec navettes gratuites, vigiles aux portes des supermarchés, cars de C.R.S. un peu partout, grade place du Gravier envahi par des restaurants sous tente ( Tex mex, bio, cantaliens  avec faux aligot à la purée déshydratée, merguez frites, etc…) et un marché de fringues africaines et indiennes , bijoux soi disant  orientaux, etc..  Bref, la population festivalière s’est encore accrue cette année avec une arrivée massive de chiens qui n’oublient pas de laisser quelques souvenirs et des boîtes de bières vides un peu partout: la ville est  sale et la Mairie, malgré l’emploi de jeunes chargés de ramasser les déchets, semble avoir bien du mal à contrôler ce phénomène sociologique qui ressemble, en plus petit,à celui d’Avignon.

  Michel Crespin, quand il a été le premier directeur du Festival, n’avait sûrement pas imaginé un tel délire … où le théâtre de rue de qualité semble quelque peu chercher ses repaires. Il y au moins une bonne chose: de nombreux spectacles de la programmation officielle  restent gratuits… à condition évidemment d’arriver à trouver une petite, toute petite place; les marchands de tabourets pliants en toile font des affaires en or..   Pour le reste, tout se passe en fait  comme si les gens venaient se balader dans les rues pour voir comment fonctionnait ce gigantesque bazar où l’on vend même dans ma rue de petits mégaphones pour les imprudents qui auraient oublié le leur et voudraient à tout prix essayer de se faire entendre dans ce  déluge de décibels. » Il n’y aura rien à vendre, dit Jean-Marie Songy dans son édito de présentation, et pas l’ombre d’un cours d’un dieu boursier, rien que de l’humain qui décloisonne et bazarde les lois du silence ».  

  On veut bien, mais c’est oublier un peu vite que toutes les compagnies  sont aussi là  pour essayer de vendre leur spectacle, qu’il se produise  dehors ou dans une salle.Il y a un côté marché des affaires dans tout festival, et c’est normal,mais Aurillac ne pourra pas, à court terme, continuer à vivre à ce rythme s’il veut garder son âme… A quoi sert de  vouloir accueillir plus de 500 « compagnies »  qui, et on est vraiment loin du compte, n’ont peu, et même pas du tout le rôle de « cambrioleur des esprits » pour reprendre l’expression de Jean-Marie Songy, et sont souvent d’un conformisme pathétique..Mais, la marge de manoeuvre est étroite: toute la ville d’Aurillac profite de cette manne financière due à cette afflux brutal de population…

Philippe du Vignal

http://www.aurillac.net/

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