Trahisons

  Trahisons d’Harold Pïnter, mise en scène de Mitch Hooper.

La pièce d’un des plus célèbres dramaturges anglais disparu le 24 décembre dernier est maintenant bien connue et c’est l’une des celles où il se montre le plus brillant, à travers des dialogues d’une virtuosité tout à fait remarquables. C’est un pan de l’histoire de deux couples qui ont chacun deux enfants : il y a Emma, directrice d’une galerie d’art, Jerrry, agent littéraire devenu son amant , Robert son éditeur et ce qui n’est pas incompatible le meilleur ami de Jerry; Edith, l’épouse de Jerry , est souvent évoquée  mais n’est pas présente; c’est la pièce invisible mais très présente de cette partie truquée d’échecs. Jerry et Emma ont connu une passion érotique fulgurante mais absolument secrète, croit du moins Jerry, jusqu’à louer un appartment pour pouvoir y faire tranquillement l’amour  l’après-midi mais Emma, très vite , a tout révélé à son mari. mais Robert n’a absolument rien dit à  Jerry alors qu’ils déjeunent souvent et travaillent ensemble. Il n’en a pas évidemment parlé à Emma ni à son épouse Judith. Quand la pièce commence, Emma a voulu revoir Jerry pour lui parler de la décision qu’elle et son mari, après une longue nuit de discussion, ont prise de se séparer. Pinter sait peindre avec une grande virtuosité toute la palette de sentiments qui animent ces trois personnages; profonde tendresse mais aussi désir de l’autre, ivresse de l’érotisme et fascination pour l’autre, ambiguïté des relations entre époux et par ailleurs parents, nostalgie des soirées passées avec les enfants, amitié réelle entre les deux hommes…

  Par petites touches, sans avoir l’air d’y toucher , Pinter , à coups de flash-back sait dire le passé comme le présent de cette relation triangulaire , en mettant habilement  le doigt là où cela fait mal, sans jamais porter aucun jugement moral, avec une sorte de regard froid d’entomologiste regardant ces pauvres humains s’aimer et se déchirer à la fois, sans trop finalement savoir pourquoi, et en essayant de trouver dans le vin et le whisky un petit réconfort. Comme le disait son compatriote Oscar Wilde: « Personne n’est parfait ».  Pourquoi ce désir et cette fascination sexuelle  de l’autre? Pourquoi cette impossibilité de choisir et cette souffrance qu’elle engendre? Pourquoi ces mensonges qui n’en sont pas vraiment, comme si l’autre savait sans vouloir l’admettre. Il n’y a aucune indulgence chez Pinter mais pas non plus de moquerie: il constate et c’est tout et,  depuis les années 60, il sait bien que c’est l’un des ressorts dramatiques les plus efficaces, et en cela c’est un maître incontestable: il livre le matériau brut de décoffrage, mais avec beaucoup de soin et de retenue,  et c’est ensuite au public de se débrouiller avec… Ce que le dit public sait  parfaitement faire  et relier ce que se dit sur scène, y compris les silences, à sa propre expérience: c’est tout le grand art de Pinter….

  On avait déjà vue la saison passée la très brillante mise en scène de Philippe Lenton; celle de Mitch Hooper n’a sans doute pas le même poids mais, avec une scénographie de rien du tout, il réussit très bien à situer les différents lieux de l’action et  à nous faire sentir le poids de chaque mot, sans effet inutile, sans esbrouffe. Delphine Lalizout n’était peut-être pas tout à fait à son aise le soir  et où nous avons vu le spectacle mais les trois interprètes, Anatole de Bodinat,  Sacha Petronijevic et elle,  sont à la fois justes et touchants, même si l’érotisme n’est pas  vraiment au rendez-vous de la liaison entre Emma et Jerry, quand ils se mettent au service du texte avec beaucoup d’humilité et ils sont tout à fait crédibles jusqu’au bout. Alors à voir? Oui, en une heure vingt,  la messe est dite, sans bavardage inutile, sans bavure, avec  précision et  honnêteté.

Philippe du Vignal

Théâtre du Lucernaire jusqu’au 28 novembre


Archives pour la catégorie critique

JEAN-JACQUES ROUSSEAU

JEAN-JACQUES ROUSSEAU  Montage de textes de Rousseau conçu par Bernard Chartreux et Jean Jourdheuil.

C’est Marief Guittier, l’inoubliable interprète d’Agrippine dans le Britannicus autrefois monté par Gildas Bourdet et de nombre d’autres personnages au Théâtre de la Salamandre. Elle incarne Jean-Jacques Rousseau, écrit en 1978 pour Gérard Desarthe. Un Jean-Jacques étendu sur son canapé à la campagne, herborisant, philosophant, éructant, vitupérant, entouré des soins attentifs de sa« gouvernante », attentif et très présent interprété par Bertrand Fayolle. Marief Guittier est éblouissante dans ses abandons, ses accès de colère contre le théâtre qui « suscite des passions qu’on n’a pas (…) où le ridicule devient l’arme favorite du vice ».

Théâtre 71 à Malakoff jusqu’au 18 octobre.
Edith Rappoport

Tristan et…

Tristan et…

Ça s’ouvre sur un mur de larmes et sur de la musique enregistrée de Wagner, ça continue en changeant tout le temps. Tristan et quoi ? Tristan et sa mort éternelle, donc Tristan jamais mort. Isolde ? Fatiguée, fâchée, obstinée, vivante, dédoublée en actrice et en chanteuse lyrique… Pas de récit, pas de continuité, un traître (Melot) mais pas de Roi Marc, sinon hors champ. Un Tristan blessé qui sort parfois fort ironiquement de son personnage pour nous faire partager les petites râlantes de l’acteur. De la peur, de la douleur et de la joie. L’Amour majuscule n’a pas besoin d’anecdote, ni de précautions particulières. Il n’est qu’une immense et insoluble question. 
Donc ,de ce spectacle, il n’y a rien à raconter, sinon le vertige d’une vision scénique constamment renouvelée, d’une musique en mouvement perpétuel.

  Le projet est annoncé : « puissions-nous (reprenant les paroles finales d’Isolde) ensemble, dans ce spectacle, nous noyer, nous engloutir, perdre conscience, volupté suprême ». C’est fait : on s’égare dans les milles pistes tracées avec une parfaite maîtrise, on avale la cuisine incroyablement riche de Mathieu Bauer et de son équipe ;  on nage dans les eaux agitées du moment présent, perdant à vrai dire le fil du mythe, mais çela nous est égal. Bref, un travail convaincant en lui-même – c’est pourquoi il faut citer vraiment tous les bâtisseurs du spectacle. Une façon radicale, et risquée, d’affirmer que le théâtre est l’art du présent.

Christine Friedel

Nouveau théâtre de Montreuil jusqu’au 13 octobre.
Libre adaptation d’après Richard Wagner – texte Lancelot Hamelin, mise en scène (et musique, sur scène à la batterie et aux percussions) : Mathieu Bauer, adaptation musicale (et guitares et basses) : Sylvain Cartigny.
Avec Marc Berman, Matthias Girbig, Judith Henry, Pauline Sikirdji (chant). Piano : Mara Dobresco, Trompette : Arthur Simon, son Jean-Marc Istria.
Scénographie et lumière : Jean-Marc Skatchko, avec les vidéos de Stéphane Lavoix, chorégraphie Roser Montllô  Guberna

Médée

  Médée d‘Euripide, traduction de Florence Dupont. Mise en scène de Laurent Fréchuret.

    medee.jpgCela se passe sur le grand et beau plateau du Théâtre de Sartrouville dont Laurent Fréchuret est le directeur depuis cinq ans. Imaginez une fosse d’orchestre au milieu de la scène pour trois musiciens ( batteur, violoniste et basse, et dans l’angle côté cour, quelques meubles dont un canapé et une table avec un miroir. En fond de scène, un praticable à deux étages en bois où Médée comme Jason feront quelques apparitions. Il y a d’abord la projection d’un petit film muet en couleurs: promenade et jeux sur une plage du couple en plein bonheur avec ses deux enfants: on n’entend pas leurs paroles mais, aucun doute, ils ont du plaisir à vivre ensemble. C’est magnifiquement filmé (Pierre Grange ) et en quelques minutes,  tout est dit sur la relation amoureuse de ces  deux êtres et de leurs deux enfants… qu’on ne reverra malheureusement plus ensuite, et c’est bien dommage…
  Puis débute la tragédie elle-même; vous connaissez le scénario par coeur,et l’on va faire bref: : Médée et Jason ne n’entendent plus; à qui la faute? Qu’importe,  mais Jason ne veut plus entendre la voix de Médée qui lui est insupportable et il ne voit pas ce qui va se passer ; comme le dit finement Euripide, dialoguiste hors pair: « La nature nous a faites , nous autres femmes, absolument incapables de faire le bien mais pour le mal les plus habiles des ouvrières ( traduction d’Henri  Berguin).  Dans celle de Florence Dupont , cela devient:  » Nous , les  femmes, nous ne sommes pas douées d’imagination pour le bien »… ce qui n’est quand même pas tout à fait  la même chose.Au passage, signalons quelle n’a pas  beaucoup de scrupules à respecter le texte grec, et ne nous épargne pas quelques vulgarités ou facilités de langage qui ne sont absolument pas chez  Euripide  du genre: « dégage » ,  » ramolli comme toi, , « gros problème « . Pour faire plus moderne plus croustillant ?
Les dialogues d’Euripide n’ont vraiment pas besoin de ce genre de nettoyage…. et c’est vraiment dommage car cela nuit  à l’unité du texte, et pas besoin de connaître le grec ancien pour s’en apercevoir.
 » Représenter Médée, c’est tenter de réinventer une musique et un jeu tragiques et nous ne traitons pas l’histoire de Médée comme un fait divers, un infanticide mais plutôt comme un sacrifice », dit Fréchuret. Et il faut dire que cette représentation qui donne une grande part à la musique et à la mélodie ne manque ni d’allure ni de  force; de toute façon, le peu que l’on sait des conditions de représentation de l’époque ne nous permettent guère d’imaginer des solutions vraiment satisfaisantes. Sinon que les airs de flûte et les percussions , comme le chant devaient agir avec force sur la sensibilité des spectateurs. Et  les premiers à s’être risqués dans l’aventure , il y a plus de soixante  dix ans au Groupe de Théâtre antique de la Sorbonne: le metteur en scène Maurice Jacquemont et le compositeur Jacques Chailley , avec les Ondes Martenot, ancêtre du synthé  en lieu et place de la flûte, des percussions  et des  voix , n’avaient pas si mal réussi leur coup, même si les vieillards du choeur étaient encore … étudiants. Et il y avait l’autre soir un peu de cette musique qui avait ébranlé le public de la cour de la Sorbonne. Cette musique dont Euripide  disait , dans Médée , que  » personne n’avait encore inventé le moyen de consoler les hommes de leurs chagrins sinon grâce aux chant des muses et à la musique des lyres qui l’accompagnent ».
  Même si la mise en scène- assez sage-  de Laurent Fréchuret  n’a sans doute pas les qualités dramatiques  de la grande Médée de Deborrah Warner ,  même si l’on reste peu  convaincu par un  dispositif scénique qui rend les déplacements compliqués, et qui conviendrait mieux à un oratorio. mais après tout, c’est sans doute ce qu’a voulu Laurent Fréchuret..  Même si  la scène est  chichement éclairée ( on l’a  déjà dit – mais ce n’est pas nouveau: ainsi va la mode – cette rentrée théâtrale s’effectue sous le signe de l’économie d’énergie … Ce qui ne rend les choses ni moins ni plus tragiques mais a le remarquable inconvénient de rendre les situations  moins vraies. Il y aussi une chose que l’on ne sent pas assez, c’est le fait que Médée est une « barbare » , c’est à dire au sens strict du terme, une non-grecque, ce qui pose d’emblée la question de l’exclusion, de la misère et de l’exil, question oh combien contemporaine. Ce que l’on perçoit asssez mal dans la mise en scène de Fréchuret, c’est la situation où s’est mise Médée, entièrement dépendante de Jason. Elle, l’étrangère intelligente et volontaire, a été assez naïve  de croire que  si l’on  tout donnait tout à l’être aimé,  elle serait elle-même aimée pour la vie, par un Grec.Et c’est cela qu’elle ne supporte plus: « L’amour est le pire des malheurs ». Comme Euripide, décidément très moderne , l’a finement analysé.En tout cas, à ces réserves près,on entend bien le formidable texte d’Euripide, et cela c’est tout à l’honneur de Laurent Fréchuret et de ses acteurs. 

   medee2.jpgIl  a demandé à Zobeida , l’excellente comédienne bien connue du groupe TSE d’être la voix du choeur qui devrait être comme une sorte de passeur;  à travers ses chants, il prolonge en effet le dialogue et amplifie la voix des protagonistes. Mais ici,  cela ne fonctionne pas vraiment  puisqu’il n’y a qu’un seul acteur , surtout quand une partie du texte est dite au micro. Dans la tragédie grecque telle qu’elle était jouée, le choeur avait  aussi une fonction symbolique: celle de représentant de la cité… Alors avec un seul acteur…. on est un peu loin du compte.
Mais autant dire tout de suite que peu de metteurs en scène contemporains ont réussi à trouver une solution  à cette question presque insoluble de mettre en scène le choeur: comment  mettre sur un plateau et faire vivre un ensemble d’une dizaine de personnes ou même moins. Vitez dans Electre l’avait réduit- avec une certaine efficacité- à trois jeunes femmes. Peter Stein dans L’Orestie d’Eschyle  est peut-être le seul qui ait vraiment réussi la chose en choisissant douze  comédiens véritablement âgés pour donner vie  au choeur d’Agamemnon. Mais, quelle que soit la musique et le style de mise en scène, on est toujours sur le fil du rasoir pour des raisons à la fois économiques mais aussi scéniques, surtout quand une pièce comme dure près de deux heures, et que la part  belle reste quand même aux protagonistes.
  Ce que Laurent Fréchuret a bien réussi en revanche  c’est, on l’ a dit, c’est sa direction d’acteurs: tous font ici un travail exemplaire de sobriété, d’unité  et d’ efficacité qui emporte tout de suite l’adhésion du public: Thierry Bosc ( Créon),   Jean-Louis Boulloc’h ( Jason) le garde-chasse de L’Amant de Lady Chatterley, Catherine Germain ( Médée), Mireille Mossé ( La nourrice)  et Martin Seize ( Le précepteur). Et le public , pour une fois assez jeune, a été, tout au long de la représentation,  d’une rare attention et les a généreusement applaudis.
  Alors à voir? Oui, pourquoi pas? On n’a pas tous les jours l’occasion de fréquenter des textes  de cette hauteur et de cette intelligence.  D’autant plus que vous avez une navette (gratuite) à l’Etoile…à l’aller comme au retour.

Philippe du Vignal

Centre dramatique national de Sartrouville, jusqu’au  23 octobre.  01-30-86-77-77
 

L’Affiche

L’Affiche de Philippe Ducros
mise en scène Guy Delamotte

capture2.jpgLe Québécois Philippe Ducros est auteur, acteur et metteur en scène, autodidacte, grand voyageur (il a parcouru une vingtaine de pays d’Amérique latine, d’Europe, d’Afrique et d’Asie). Sa démarche s’ancre dans ses voyages, dans ce qu’il a éprouvé du monde.
Ses textes comme 2191 nuits, 2025, l’année du serpent sur les médias et la guerre et sur le rôle de l’ONU, témoignent de son engagement d’artiste citoyen.
L’affiche est issue de la résidence qu’il a faite en automne 2004 en Syrie et au Liban dans le cadre des « Écritures nomades », créées par Monique Blin. Il est revenu ensuite à deux reprises en Palestine.
De son côté Guy Delamotte s’intéressait depuis quelques années au conflit israélo-palestinien. Sa rencontre avec Philippe Ducros à la mise en scène de la pièce.
Philippe Ducros s’affronte dans L’affiche à ce qu’on a l’habitude d’appeler le conflit israélo-palestinien. Sujet à plusieurs titres délicat, difficile. Comment traiter au théâtre ce drame qui fait souvent la une de l’actualité ? Comment le traiter sans prendre parti, ni se contenter, pour s’éviter les foudres de l’un ou l’autre parti, de redistribuer les torts et la responsabilité plus ou moins également sur les deux camps ? Comment décrire la violence insupportable d’un impossible quotidien sous l’occupation tellement inimaginable, sans tomber dans l’écueil du documentaire ?
Voici le défi relevé par Philippe Ducros en donnant dans sa pièce la parole aux gens simples qui subissent les impacts de l’occupation des deux côtés du mur. Un mur qui, telle une lame tranchante, sépare et qu’on traverse pourtant. Source de haine et de violence mais aussi de survie car, paradoxalement, pour gagner un peu d’argent il y a eu des Palestiniens qui participaient à sa construction.
Un espace fracturé dans lequel les deux camps s’affrontent, se combattent, s’interpénètrent, avec ses lieux topiques : le camp de réfugiés, un bureau de douane d’un aéroport, l’intérieur d’une baraque délabrée, la boutique d’un barbier, une imprimerie, un hôpital, le couloir de la morgue, la prison, le lit d’un couple.
La « petite humanité » de la pièce est concentrée autour de deux hommes, sorte de Caïn et Abel, Itzhak, le soldat israélien qui, pris par la peur, tire et tue Salem, le jeune Palestinien.
D’un côté la famille et les proches de Salem : sa mère Oum plongée dans sa douleur, sa sœur Shahida qui va sacrifier son amour pour Ismaïl à la vengeance, son père Abou Salem, imprimeur, chargé de faire des affiches placardées sur tous les murs avec les photos des terroristes martyrs, glorifiant leur héroïsme, et qui doit faire maintenant une affiche avec la photo de Salem, son fils unique.
Il y a encore Ismaïl, amoureux de Shahida, peintre dont les militaires israéliens confisquent les tableaux, un berger, un charpentier, un barbier, un médecin.
De l’autre côté Itzhak, soldat meurtrier de Salem, qui ne comprend plus rien à cette guerre et veut la fuir aux États-Unis avec Sarah son épouse, le lieutenant Lévi et plusieurs soldats, un rabbi.
Philippe Ducros montre avec beaucoup de finesse la montée de la violence, de la haine et de la répression, les arguments historiques, religieux du droit d’être là que les uns renvoient aux autres, les stratégies d’instrumentalisation et de médiatisation de l’horreur, comme la martyrisation devenue une arme de guerre, l’exploitation de la haine, de la peur et de la douleur par les religieux des deux côtés poussant à l’intégrisme, enfin les recruteurs des futurs martyrs. Mais aussi, alors que l’abîme se creuse, la fatigue, l’incompréhension et l’envie de fuir cette guerre, d’aller vivre ailleurs et autrement, attitude que représentent l’Israélien Itzhak et le Palestinien Ismaïl.
On a l’impression cependant qu’en voulant mettre les deux camps au pied du mur, dos au mur, dans un souci d’impartialité, Philippe Ducros s’attache à répartir le temps de parole à égalité entre les camps opposés, de sorte que la pièce paraît presque caricaturalement non manichéenne.
Guy Delamotte relève dans sa mise en scène le défi de la structure kaléidoscopique de la pièce où l’on passe en permanence d’un lieu à l’autre, d’un camp à l’autre, où les histoires des personnages se traversent et s’imbriquent. Se proposant de témoigner de l’actualité immédiate, de l’incompréhensible folie d’une guerre, à travers la fiction théâtrale, il fait davantage confiance à l’efficacité des moyens cinématographiques qu’aux théâtraux.
Le décor de Jean Haas se réduit à un mur au fond dont une partie pivote horizontalement, servant pour des entrées et des sorties, et une longue table de négociation avec des chaises, disposée en diagonale, encombrant tout l’espace et gênant le jeu des acteurs. Sur la table des petits drapeaux : palestinien, israélien, américain, européen et des micros.
Les divers lieux sont indiqués par des projections sur le mur du fond. Une petite caméra projette sur le mur certains détails comme par exemple les tableaux qu’Ismaïl est en train de peindre. Une grosse caméra sur pied projette par moments sur le mur du fond les personnages filmés, «anonymisés» comme dans les documentaires télévisés, avec un bandeau blanc cachant les yeux.
On projette un film, comme si on longeait en voiture le mur, puis des photos, des dessins et des inscriptions sur le mur. On est submergé d’images trop prégnantes et souvent déjà vues et revues. Trop d’images tue le théâtre, confisque l’espace de l’imaginaire et la liberté des spectateurs.
Les sept acteurs distribués dans les rôles centraux jouent aussi d’autres personnages, en changeant parfois de costumes.
Le spectacle s’achève par l’image des personnages qui s’éloignent portant des cages avec des canaris. Métaphore d’un peuple emprisonné, «encagé» ? Sur le mur du fond s’affiche « à suivre ».
La pièce de Philippe Ducros mérite un travail scénique plus exigeant et créatif qui ne cède pas à la facilité et à l’anecdote de l’image mais engage la réflexion et l’imaginaire du spectateur

Irène Sadowska Guillon

L’affiche de Philippe Ducros
mise en scène Guy Delamotte
Au Tarmac de La Villette, du 6 aux 31 octobre 2009
réservations : 01 40 03 93 95

Ces merveilleuses dernières années

Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg
mise en scène Schirin Khodadadian, dans le cadre du Festival de la Rhénanie du Nord Westphalie

 

capturedcran.jpgNée à Weimar (en ex-Allemagne de l’Est) Sybille Berg part en 1984 pour l’Ouest où elle se fait connaître comme romancière et auteur de théâtre. Elle vit actuellement à Zurich.
Les traces de l’expérience du régime communiste totalitaire sont perceptibles dans son écriture. La misère banale, les abus d’une société tournant en rond sont au centre de son écriture où, avec un sens rare de l’observation, du grotesque et de l’humour noir, elle porte un regard extrêmement lucide, sans misérabilisme, sans concession aucune ni moralisme, sur les faiblesses humaines.
Dans Ces merveilleuses dernières années, sous forme d’un vaudeville, Sybille Berg raconte l’histoire de quatre « loosers » qui se sont connus à l’école, Uwe, Béa, Paul et Rita, marqués tous par un handicap, défiant la norme.
Tous les quatre, tout au long de leur vie, ont été victimes de rejet, du mépris, des moqueries, de la malveillance et de l’exclusion sociale. Victimes mais pas tout à fait perdants, car en fin de compte ce sont eux qui, dans cette société narcissique qui essaye de conjurer le temps, n’ayant jamais eu rien à perdre, trouvent la paix intérieure et une forme de bonheur dans la vieillesse, dans ces merveilleuses dernières années qui leur restent à vivre.
Les valeurs imposées dans la société actuelle : beauté, réussite sociale, célébrité, fortune, etc. nous protègent-elles contre le temps qui passe inexorablement, contre l’âge, la vieillesse ?
Il ne s’agit guère ici d’une consolation simpliste dans le genre : on est tous égaux face au temps, à la vieillesse, à la mort.
Les quatre protagonistes se battent à leur façon, finissent par assumer leurs défaillances et trouver une place dans une société hostile.
Schirin Khodadadian souligne dans sa mise en scène le ton grotesque, l’humour noir de la pièce, osant l’option du jeu caricatural, excessif, parfois outré.
Sur scène, au fond, un cyclorama représentant une jungle avec les bêtes sauvages dont on entend les rugissements au tout début du spectacle. Image trop appuyée de la jungle sociale. Devant, trois canapés arrondis, dont un au centre, sur roulettes. Un peu partout, éparpillés, des animaux en peluche et des peaux d’animaux avec leur tête (lion, ours, etc.) qu’enfilent les acteurs à certains moments.
Les quatre protagonistes : une femme souffrant de séquelles de la polio, un gros malodorant à l’élocution postillonnante, une femme «transparente» que personne ne remarque ni ne reconnaît, un grand roux autiste et leur vieux professeur accomplissent une sorte de rituel annuel de retrouvailles. Une traversée de leurs existences d’outsiders : des souvenirs amers, douloureux de l’école où ils étaient les souffre-douleurs de leurs camarades riches, beaux et brillants dont les réussites pourtant se soldent par des échecs, les rapports désastreux avec leurs parents et leur entourage, des tentatives de trouver un travail qu’ils perdent régulièrement, rejetés, exclus à cause de leurs infirmités, leur repliement sur eux-mêmes, enfin la volonté et la force de s’en sortir, de monter une affaire, de se construire une vie simple et confortable, hors des moules sociaux.
Le tout se déroule à la manière d’un vaudeville avec des clins d’œil au music-hall et à Brecht.
Le professeur, tel un Monsieur loyal, en meneur de jeu, présente ses ex-élèves, commente et intervient dans l’action, introduit les scènes.
Les acteurs incarnent les quatre « loosers », jouant en même temps plusieurs autres personnages : leurs parents, les trois camarades de classe qui les maltraitent, des animaux. Le passé faisant sans cesse irruption dans le présent. Les séquences s’enchaînent, parfois s’imbriquent les unes dans les autres instantanément. On perçoit parfois des réminiscences, sans doute autobiographiques, des références à la société sous surveillance (celle de l’Allemagne de l’Est), à la peur intériorisée d’être dénoncé, aux clichés de l’idéologie de masse, traités toujours avec ironie. Le spectacle est jalonné par des chansons interprétées par les cinq acteurs, la musique et le chant légèrement scandé, rappelant les songs de Brecht et de Kurt Weill.
Les acteurs tiennent remarquablement le tempo extrêmement rapide du jeu très expressif, survolté, parfois excessivement violent.
La mise en scène gagnerait en légèreté en éliminant certaines images trop appuyées (par exemple la jungle dans le décor, l’abondance d’animaux sur le plateau, etc.) et des effets surjoués.

 

Irène Sadowska Guillon

 

Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg
mise en scène de Schirin Khodadadian
MC 93 Bobigny, les 3 et 4 octobre 2009

 

La nuit des rois de Shakespeare

À la MC 93 de Bobigny
Dans le cadre du Festival de la Rhénanie du Nord Westphalie, sur trois spectacles programmés, du 3 au 6 octobre 2009, on a pu en voir deux, La nuit des rois d’après Shakespeare et Ces merveilleuses dernières années de Sybille Berg.
Les représentations de La Toison d’or de Franz Grillparzer ont été annulées suite à l’accident d’un des comédiens. Ce spectacle néanmoins sera présenté ultérieurement à la MC 93.

La nuit des rois de Shakespeare mise en scène David Bösch

capturedcran20091007225113.jpgEn cinq ans David Bösch, jeune metteur en scène allemand de 30 ans, a fait une conquête éclair des grandes scènes suisses (Berne, Zurich) et allemandes (Hambourg, Bochum, Essen) s’imposant entre autres par ses lectures audacieuses et inédites des pièces de Shakespeare.
En voici celle de La nuit des rois. Comédie où le travestissement, le mensonge, la confusion des sexes, les débordements des passions, aveuglantes, dévorantes, des illusions et désillusions, atteignent le comble, entraînant les personnages dans un tourbillon grotesque.
Les jeunes jumeaux Viola et Sébastien, séparés dans un naufrage, vont s’échouer sur les rives d’une ile, l’Illyrie, la scène d’un monde sans contraintes où règnent le désir, les pulsions effrénées, la jouissance sans limites, la satisfaction immédiate, telles des forces brutes, sauvages, dont les personnages sont les jouets. Un monde qui ressemble étonnamment au nôtre. Un labyrinthe de pulsions et de passions amoureuses entrelacées.
Le duc Orsino aime à la folie Olivia, qui le repousse et tombe follement amoureuse de Viola déguisée en homme, laquelle tombe amoureuse du duc. Les complications et quiproquos ne s’arrêtent pas là,. On fera une farce cruelle à Malvolio, serviteur d’Olivia, secrètement amoureux de sa maîtresse, en lui faisant croire qu’il est aimé d’elle.
Alors que les amours des uns et des autres se compliquent, la joyeuse bande de sir Toby, oncle d’Olivia, alcoolique et fêtard invétéré, fait des siennes, va d’excès en excès.
L’arrivée de Sébastien, frère de Viola, qui lui ressemble comme une goutte d’eau, de sorte qu’Olivia les confond, amène les méprises à leur comble. Le tout s’achèvera par le double mariage d’Olivia avec Sébastien et de Viola avec le duc.
Le bouffon du duc, à la fois partie prenante et en retrait de ce jeu de passions irrésistibles, de méprises et de désillusions, en sera tantôt incitateur tantôt commentateur.
Traitant la pièce comme une métaphore de notre monde qui refuse toutes les limites, engouffré dans l’excès, avec la jouissance pour mot d’ordre, David Bösch met la pièce en abîme dès la première scène. Seule à l’avant-scène, devant le rideau fermé, Viola en robe moderne et en baskets, un verre d’eau à la main, en boit une gorgée et se trouve soudain prise dans une tempête et un naufrage invisibles. Une tempête intérieure, comme un cauchemar, que le jeu de l’actrice rend sensible : elle titube, gesticule comme si elle essayait de nager, s’étouffe, tombe, s’échoue sur le plateau, la rive d’Illyrie, un monde étrange agi par des pulsions irrationnelles, dans lequel le bouffon, le fou, seul parvient à rester dans la réalité. Vision d’un monde qui, tel le Titanic, sombre.
Au centre du plateau un petit mur d’où part une pente en arrondi, montant abruptement, avec au milieu d’une bâche transparente en plastique une porte et une chaise fixée en déséquilibre. Devant le muret un canapé, un frigo couché. Côté jardin deux panneaux en papier peint sur lesquels il y a des photos collées, et un fauteuil, côté cour un musicien avec une guitare et un clavier, qui chante, la musique intervenant et dialoguant avec le jeu des acteurs.
Les protagonistes de la pièce en costumes contemporains fantaisistes, avec de subtiles touches anachroniques : Viola troque sa robe contre le short du fou, Toby  en blouson ouvert sur son gros ventre et en kilt, Andrew en T-shirt, collant et petite jupette, Malvolio en costume strict, le duc Orsino en « soixante-huitard » vieilli, grand, élancé, cheveux blancs tombant dans le dos, gilet sur son torse nu, blue-jean taille basse serré.
Le jeu délibérément outré, excessif, grotesque, caricaturant des attitudes contemporaines, les chansons, les gags intervenant en permanence dans l’action.
L’adaptation, les chansons et les passages rajoutés, exacerbent la trivialité du le texte de Shakespeare, rajoutant des grossièretés, comme par exemple les couplets « j’aime baiser et boire » qu’entonnent à plusieurs reprises Toby et ses acolytes sur le mode des supporters de football. Orsino chante en se tortillant comme un chanteur rock, reprenant à un moment la chanson d’Elvis Presley « Are you lonesome tonight » ?
Le jeu fortement érotisé, l’ambiguïté des sexes soulignée.
On transgresse tout, plus de limites, le rire, la jouissance, l’excès jusqu’à la cruauté, la douleur. Malvolio s’efforçant de sourire en permanence pour satisfaire Olivia tire sur ses lèvres au point qu’elles saignent.
Les acteurs, tous excellentissimes, maîtrisent à la perfection le registre grotesque, farcesque, du jeu, faisant preuve d’une remarquable technique et d’une qualité vocale dans les parties chantées.
David Bösch offre une mise en scène d’une grande cohérence, d’une intelligence et d’une rigueur dans la construction dramaturgique. Un metteur en scène à suivre qui n’a sûrement pas fini de nous surprendre par son travail.
On regrette que ce spectacle ait été programmé pour une seule représentation.

Irène Sadowska Guillon


La nuit des rois de Shakespeare
mise en scène David Bösch
le 3 octobre 2009 à la MC 93 de Bobigny

LA ROSA BLANCA


LA ROSA BLANCA Théâtre Aleph Ivry

 

Texte et interprétation de Maryse Aubert, d’après le roman de B. Traven, mise en scène Adel Hakim
Maryse Aubert en présentateur de cabaret brechtien, brosse l’irrésistible montée de l’exploitation de l’or noir au début du XXe siècle, sur fond de révolution mexicaine. La Condor Oil Company veut prendre d’assaut la Rosa Blanca,  douce hacienda, dernier bastion agricole d’Indiens Mayas. Yacinto Yanez, le propriétaire du domaine qui vit de l’exploitation du domaine hérité de ses ancêtres avec ses enfants et ses serviteurs, ses compadres et commadres, puisqu’il est le parrain de tous leurs enfants, refuse les offres d’achat qu’on lui fait miroiter en vain. Deux mondes s’opposent, celui de la tradition respectueuse de l’être humain qui cultive la terre, marche nu-pieds, mais mange à sa faim et partage ce qu’il a, et celui de l’incroyable développement des champs pétrolifères avec l’argent roi, l’égoïsme et la montée de l’individualisme. Yacinto finira par se faire piéger en acceptant une invitation aux Etats-Unis où il se fera assassiner et la Rosa Blanca disparaîtra dans l’exploitation du pétrole.
Maryse Aubert en frac joue tous les personnages avec une étonnante agilité, avec de petits personnages de terre cuite, elle fait vivre cette épopée avec une belle théâtralité qui échappe à la désespérance.

Edith Rappoport

Dieu est-elle une particule ?


Dieu est-elle une particule ? par Emma la clown, un spectacle de Meriem Menant.

 

image1.jpgC’est un solo dans la grande tradition française  du monologue avec  personnage parodique et délirant, en l’occurrence celui d’un scientifique en blouse blanche  qui couvre son tableau noir d’équations, dans le but de nous éclairer sur l’existence de Dieu. Emma la clown, fait donc  part au public de son désir de partir à la recherche du  créateur de toutes choses comme on disait autrefois au catéchisme, et va essayer de donner aux spectateurs le minimum  scientifique des grandes bases indispensables soit les quatre dimensions, la loi de la gravitation formulée par l’immense Newton en 1666 : « les astres s’attirent de façon proportionnelle au produit de leur masse et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare » mais aussi les distances parcourues en années lumière et et l’espace temps, ce qui est déjà beaucoup, puis elle essaye de nous plonger dans le monde la physique dite quantique (en gros et pour faire très vite le monde de l’infiniment petit, le fameux corps noir et l’équilibre thermodynamique, découvertes faites par Max Plank vers 1900) ; avec une sorte de téléscope inversé, elle nous montre le grossissement de sa dent qu’elle n’arrive jamais à remettre dans sa bouche, jusqu’aux particules contenues dans le noyau. Comme elle dit avec beaucoup d’humour : « Je ne savais pas que j’avais tout cela dans la bouche ». Si l’installation est bidon, les  images venues de La Villette  sont vraies et absolument étonnantes, et sous des aspects clownesques, Meriem Menant – qui convoque au passage Albert Einstein dont elle sort la marionnette du département congélateur du réfrigérateur et qu’elle  manipule avec  bonheur – réussit habilement, avec un grand sens du burlesque, à nous interroger sur notre réalité physique, à nous pauvres humains. Il y a en amont comme on dit dans les milieux branchés, un grand et vrai travail d’information et de recherche qui donne une belle assise au spectacle. Même s’il y a une dernière partie que l’on peut oublier, celle ou enfermée d’une combinaison spatiale, Meriem Menant  veut nous emmener dans l’infiniment grand et les étoiles. Bien entendu, tout se détraque et le frigo relié au vieux poste de télé s’enflamme, dans la veine des catastrophes des spectacles de Jérôme Deschamps. Là, il faut dire que ce n’est pas vraiment drôle, que cela ne  fonctionne pas du tout, faute d’unité, et le spectacle aurait dû s’arrêter  bien avant… Mais il y a cette belle image de la fin : Emma le clown est là, terriblement seule, sous la voûte immense des étoiles chantant un chant de Villa Lobos, émouvante de fragilité. Le spectacle de Meriem Tenant possède de grandes qualités : elle réussit en une heure vingt  en abordant – sans les traiter bien sûr – les grandes théories scientifiques sur l’infiniment petit et à nous faire entrer dans une interrogation métaphysique que, peut-être, seul un bouffon, pouvait se permettre de traiter. Et cela d’autant plus que malgré un nez rouge foncé (assez laid), le personnage d’Emma n’a rien d’un clown, d’autant plus qu’il parle beaucoup et qu’il ne renie pas vraiment son identité féminine – comme le rappelle discrètement le titre – et ce décalage est encore plus efficace. Dieu est-elle une particule est encore très brut de décoffrage, et il y aurait un sérieux nettoyage à faire du côté de la dramaturgie : la dernière partie n’est vraiment pas du niveau du début pour dire les choses gentiment, et il faudrait au spectacle une véritable mise en scène (ce qui est loin d’être le cas !) qui puisse donner le rythme nécessaire à un spectacle de ce type, et surtout une solide direction d’actrice ; Meriem Tenant, surtout au début, criaille sans raison et a parfois une diction approximative, et c’est dommage parce que son jeu mérite beaucoup mieux que cela. Alors à voir ? Oui, malgré ces réserves ; Meriem Tenant, si elle veut bien retravailler d’urgence, pendant qu’il est encore temps, les solides matériaux qui composent son spectacle, a toutes les chances de parvenir à une belle réussite.

 

Philippe du Vignal

 


Comédie de Caen, Théâtre des Cordes jusqu’au vendredi 16 octobre puis à La Passerelle, scène nationale de Saint-Brieuc.

57e KAPOUCHNIK

 

57e KAPOUCHNIK Studio des 3 Oranges Audincourt
Brigade d’intervention théâtrale du Théâtre de l’Unité

Les 19 comédiens de la brigade rompus aux improvisations, menés de mains de maîtres par Hervée Delafond et Jacques Livchine, chaque mois  de la saison depuis 7 années, font merveille auprès d’un public diversifié tant sur le plan de l’âge que de l’origine sociale (5% seulement fréquentent d’autres théâtres) sur une actualité politique prise dans la presse écrite de la semaine. Point de petit président, Eric Prévost étant retenu ailleurs, mais les 21 séquences au programme élaboré dans la journée étaient plutôt toniques. On pouvait retenir La jungle de Calais, le G 20 avec une Nicole Rivier et un Gaétan Nossouglo en Angela et Obama plus vrais que nature, Clearstream pour les nuls et le pique nique sacrilège. De belles séquences avec un petit manque de rythme, mais quel enthousiasme du public !

Edith Rappoport

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