L’immédiat

après coup : week-ends à la Cité – L’immédiat, performance de Camille Boitel.

L’été, le Théâtre de la Cité Internationale joue à fond de ses lieux multiples et quelque peu labyrinthiques, du parc et des connivences entre les différentes maisons de son splendide campus. Performances, musiques, arts visuels : dans ces lieux où  – presque – tout est possible, les arts visuels (le théâtre en fait partie) se glissent partout et changent le regard que le spectateur porte sur le quotidien. Et si ces filles en maillot de bain, sur la pelouse, étaient des danseuses immobiles ? Le tee-shirt rouge sur une chaise devient une installation, l’art met en scène la vie, sans lui demander son avis. Ce que revendique le collectif de plasticiens Glassbox : « graviter, s’infiltrer et produire une œuvre qui joue sur une réappropriation des lieux (…). Le cadre, l’activité humaine, les organisations regroupées sur le parc, sont des indices au travers desquels une démarche peut s’envisager ».
Il faut de l’espace pour entraîner le spectateur dans cette déambulation éveillée : on peut en trouver toute l’année à la Ferme du Buisson, à Noisiel, héritière d’un empire industriel, ou à la Ferme du Bonheur, squattée, gagnée d’année en année sur les terrains vagues de Nanterre, bricolée pour que surtout les terrains restent vagues, c’est à dire vivants, comme les spectacles du même nom, et jardinés de plantes et d’animaux sauvages.
Détour pour en arriver à ceci : dans une sorte de gymnase équipé de gradins – retour à la salle après une promenade  esthétique dans le parc -, Camille Boitel et les siens proposent ce qu’ils appellent une performance, ce qu’on pourrait appeler du théâtre sans paroles. Imaginez : dans un décor d’emblée miteux, de bric et de boc, se dessine un logis misérable. Un femme « rentre chez elle » et la catastrophe commence, la porte ce déglingue, les meubles ploient, les livres se défont, tout coule, tout fond, et d’abord le corps de la jeune femme. La trouvaille – l’un des mille trouvailles – est qu’elle ne lutte jamais contre ces éléments, mais glisse avec eux d’une situation à une autre. Variations sur la même trajectoire : un tranquille homme volant bascule du haut d’un mur que s’effondre (en douceur) sur une échelle qui bascule vers une armoire qui penche en direction d’une chaise à roulettes qui démarre…, le tout dans un sérieux bricolage de lumières et de son. L’entracte même, un acte comme les autres, et des plus savoureux, met en scène le grandiose ménage du plateau – on s’en voudrait de quitter la salle – avant de nouvelles expériences de L’Immédiat.
On arrête de raconter ces corps et ces objets patients dans leurs misères obstinées et positives : l’irrésistible catastrophe comme moteur de la vie, c’est le sommet de l’art du clown, salué par le rire et l’amour du public.

Christine Friedel


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Maraina. L’aventure des premiers Réunionnais

Sylvia Monfort

Maraina. L’aventure des premiers Réunionnais

maraina.jpgMaraina, colonisation et passion sur la scène du théâtre Sylvia Monfort, lors du passage de la troupe Vollard à Paris à la fin de juin.  Cette deuxième version  a bénéficié d’un dispositif  scénique  perfectionné, à la différence des systèmes sonores et lumières qui laissaient à désirer au théâtre Jean Vilar  à Vitry  où Maraina avait  fait  sa première parisienne en octobre 2008. Ici, la musique a récupéré toute sa profondeur et la qualité de l’orchestre, recruté localement,  a bien affirmé sa maturité.
Il faut absolument signaler la  venue de Vollard à Paris car cette troupe a laissé et continuera à laisser des traces importantes dans son sillage.
Vollard est  à l’origine de la modernité scénique à la Réunion. Paradoxalement, les autorités locales l’empêchent désormais de produire ses spectacles sur le territoire car Emmanuel Genvrin, son fondateur et celui qui fournit tous les textes de ses spectacles, connaît bien l’histoire coloniale  de l’Océan indien. Ses lectures précises, bien documentées, inspirées d’une vision populaire de l’histoire et surtout le résultat de recherches méticuleuses, ont souvent révélé des éléments ’oubliés’, voire gênants, de l’histoire officielle et son désir de dénoncer certaines interprétations du passé lui a attiré des ennuis.
Désormais il revient au théâtre lyrique, en partenariat avec le compositeur, musicien et chef d’orchestre Jean-Luc Trulès qui a accompagné le travail de Vollard dès ses débuts dans les années 1970.

Maraina, princesse  légendaire du groupe malgache Antanosy, et maitresse de Louis Payen, gérant de la petite compagnie française (1642) avant qu’elle ne devienne la Compagnie des Indes, est  aussi convoitée par Jean Managna, chef du groupe malgache dissident Masikoro. Ce guerrier violent  et fougueux, (chanté par le baryton Steeve Heimanu Mai) , propulsé par un irrépressible esprit de liberté, incite les  travailleurs malgaches à résister aux colons français (ici, on ne parle pas encore d’esclavage pour cette période particulière).  La rivalité entre le chef malgache et Louis le Français, par rapport à Maraina : « sorcière » disent les uns, « ange » disent les autres, crée une tension meurtrière sur fond de résistance anticoloniale, qui fait de ce spectacle à la fois un drame romantique et une leçon fascinante de la présence malgache dans l’histoire de la colonie française à la «  Mascareigne », devenue par la suite l’Ile Bourbon et finalement l’Ile de la Réunion.
Mais c’est aussi par la musique que la « postmodernité » du pays est signifié puisque les sonorités vocales et instrumentales aux réminiscences de Stravinsky, de Debussy, des traditions musicales malgaches, les conventions de l’opéra romantique européen et les échos de jazz moderne produisent  une harmonie  transculturelle parfaite, la célébration d’un métissage musical qui signifie l’émergence d’une nouvelle société moderne.
À part les belles voix  de Maraina (la mezzo soprano ’Aurore Ugolin ),  de la jalouse Ravelo ( la soprano Landy  Andriamboavonjy), et du « Roi Soleil » (le baryton  Josselin Michalon)  il y a le décor éblouissant de Hervé Mazelin.  Visions filmiques qui nous transportent de la mer vers les hauts des « cirques », restes des volcans qui façonnent le paysage montagneux du paysage réunionnais où les Marrons se sont retirés pour fonder leurs propres sociétés. Les images filmées projetées sur le fond de l’espace scénique, s’opposent au décor minimaliste et fortement illuminé, coupé en bandes horizontales par des étendues de couleurs qui créent une surface d’une pureté formelle  évocatrice des visions scénographiques de Bob Wilson. La  fracture visuelle et auditive entre une esthétique scénique moderne et le récit d’une ancienne aventure historique était très puissante.

Vollard reviendra. La troupe a désormais créé un nouveau genre, l’opéra lyrique d’outre-mer , une forme qu’il faudra suivre avec la plus grande attention.
Alvina Ruprecht
Paris 2009

*car sous l’influence de … XXX .confrérie l’esclavage a été banni de Fort-Dauphin (‘Grande Ile’ de Madagscar)  C’EST DANS LE PROGRAMME DE MARAINA

TROUBLES

TROUBLES  Maison des Métallos 7 juillet« Féerie familiale » de Jean-Marie Galey, répétition publique n° 3

Jean-Marie Galley est en train d’écrire une pièce sur une drôle de famille comme on en a tous, mais la sienne n’est pas vraiment rigolote.  Il y a deux sœurs (jouées par la même comédienne qui se coiffe d’une perruque) hystériques. L’une est amoureuse de son frère atteint du sida, l’autre abomine le père de son fils de 7 ans prostré sous la table. Il y a un ami de la famille, la mère cachée dans les coulisses qui a décidé de ne plus voir son fils, un mari désagréable et le père de famille qui voue ses enfants aux gémonies. Trop de hurlements, de scènes que je n’aime pas dans la vie ni au théâtre. Il y a encore beaucoup de travail pour ne pas s’enliser dans cette matière complexe.

Edith Rappoport

PRIX DE LA CRITIQUE – Palmarès 2008/2009

PRIX DE LA CRITIQUE – Palmarès 2008/2009

THÉÂTRE :


GRAND PRIX
(meilleur spectacle théâtral de l’année) : LA CERISAIE d’Anton Tchekhov, mise en scène Alain Françon (Théâtre National de la Colline)

PRIX GEORGES-LERMINIER  (meilleur spectacle théâtral créé en province) : TARTUFFE de Molière, mise en scène Stéphane Braunschweig (TNS/Odéon Théâtre de l’Europe)

MEILLEURE CRÉATION D’UNE PIÈCE EN LANGUE FRANÇAISE :
VERS TOI TERRE PROMISE, TRAGEDIE DENTAIRE de Jean-Claude Grumberg, mise en scène Charles Tordjman (CDN Nancy / Théâtre du Rond-Point)

MEILLEUR SPECTACLE ÉTRANGER : JOHN GABRIEL BORKMAN d’Henrik Ibsen, mise en scène Thomas Ostermeier (Schaubühne de Berlin / Odéon, Théâtre de l’Europe)

MEILLEURE COMÉDIENNE : Ludmila MIKAËL pour « L’Amante anglaise » de Marguerite Duras, mise en scène Marie-Louise Bischofberger (Théâtre de la Madeleine)

MEILLEUR COMÉDIEN : Hervé PIERRE pour « La Grande Magie » d’Eduardo De Filippo, mise en scène Dan Jemmett (Comédie-Française)

MEILLEURS CRÉATEURS D’ÉLÉMENTS SCÉNIQUES (scénographe – décorateur, costumier, créateur de lumière) : Giorgio BARBERIO CORSETTI et Cristian TARABORRELLI pour “Gertrude (Le Cri)” de Howard Barker, mise en scène Giorgio Barberio Corsetti (Odéon, Théâtre de l’Europe)

MEILLEUR COMPOSITEUR DE MUSIQUE DE SCÈNE : Benedek DARVAS pour « L’Opéra paysan » de et mise en scène Béla Pintér (Béla Pintér Compagnie / Théâtre de la Cité Internationale / Festival d’automne)

RÉVÉLATION THÉÂTRALE DE L’ANNÉE : Alice BELAÏDI pour « Confidences à Allah » de Saphia Azzedine, mise en scène Gérard Gélas (Théâtre du Chêne Noir Avignon / Théâtre Montparnasse)

MEILLEURS LIVRES SUR LE THÉÂTRE :  DERNIERS FEUX (ESSAIS DE CRITIQUES) par Jean-Pierre Han (Editions Lansman) et PARIS, CAPITALE MONDIALE DU THÉÂTRE / LE THÉÂTRE DES NATIONS, par Odette Aslan (CNRS Editions)

Fondé en 1877, le Syndicat professionnel de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse a pour buts de resserrer les liens de confraternité entre ses membres, de défendre leurs intérêts moraux et matériels, d’assurer la liberté de la critique. Il regroupe aujourd’hui 140 journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, française et étrangère. Il décerne chaque année des Prix pour le Théâtre, la Musique et la Danse, rendant ainsi hommage aux artistes qui ont marqué la saison.
MUSIQUE

GRAND PRIX (meilleur spectacle lyrique de l’année) : « LADY MACBETH DE MZENSK » de Chostakovitch, mise en scène Martin Kusej, chef Hartmut Haenchen (Opéra de Paris)


PRIX CLAUDE ROSTAND (meilleur spectacle lyrique créé en province) : L’OPÉRA DE LYON, pour sa trilogie du XXè siècle : « Le Joueur » de Prokofiev, « Lulu » de Berg, « Mort à Venise » de Britten

MEILLEURE CRÉATION MUSICALE : « YVONNE, PRINCESSE DE BOURGOGNE » de Philippe Boesmans, mise en scène Luc Bondy, chef Sylvain Cambreling (Opéra de Paris)

PERSONNALITÉ MUSICALE : Le pianiste Roger MURARO pour sa contribution à l’année Messiaen

REVELATION MUSICALE : QUATUOR MODIGLIANI

MEILLEURS LIVRES SUR LA MUSIQUE : Essai : « Claude Lévi-Strauss musicien » de Jean-Jacques Nattiez (Actes Sud) – Monographie : « Karol Szymanowski » de Didier van Moere (Fayard)

MEILLEURE DIFFUSION MUSICALE AUDIOVISUELLE : L’AUDITORIUM DU LOUVRE, pour son cycle sur la Scala

PRIX DE L’EUROPE FRANCOPHONE : « LA TRILOGIE DU DIABLE », mise en scène Olivier Py (Grand Théâtre de Genève)

DANSE


GRAND PRIX
: TO BE STRAIGHT WITH YOU de Lloyd Newson (Compagnie DV8) – (Maison des arts de Créteil / Festival d’automne)

PRIX DU JURY : L’ORGIE DE LA TOLÉRANCE de Jan Fabre (Théâtre de la Ville)

RÉVÉLATION CHORÉGRAPHIQUE : Cecilia BENGOLEA et François CHAIGNAUD
dans « Pâquerette » et « Sylphides » (Les Antipodes –Le Quartz de Brest)

MEILLEUR LIVRE SUR LA DANSE : « YANO, UN JAPONAIS À PARIS » de Chantal Aubry (éd. Centre national de la danse)

PERSONNALITÉS CHORÉGRAPHIQUES DE L’ANNÉE : Guy DARMET pour son action en faveur de la danse à la direction de la Maison de la danse de Lyon et de la Biennale de la danse de Lyon – Jacques PATAROZZI pour son action en faveur de la danse à la direction du Printemps de la Danse d’Angoulême

MENTIONS SPÉCIALES DU JURY : Bruno BELTRAO – H3 (Brésil) (Centre Pompidou-Festival d’automne) – WEN HUI – Memory (Chine) (Biennale de la danse de Lyon)

                                        REMISE DES PRIX : LE 15 JUIN 2009

SYNDICAT PROFESSIONNEL DE LA CRITIQUE DE THÉÂTRE, DE MUSIQUE ET DE DANSEHôtel de Massa, 38 rue du Faubourg Saint-Jacques 75014 Paris – n° SIRET : 442 082 707 SYNDICAT PROFESSIONNEL DE LA CRITIQUE DE THÉÂTRE, DE MUSIQUE ET DE DANSEHôtel de Massa, 38 rue du faubourg Saint-Jacques 7514 Paris – n° SIRET : 442 082 707 00013

Oncle Vania

Oncle Vania de Tchekov, mise en scène d’Hervée de Lafond et Jacques Livchine.

Cette très belle version de Vania par le Théâtre de l’Unité, en plein air, avant le crépuscule  et sans éclairage électrique, (avec dix huit comédiens, dont plusieurs enfants),  qui doit friser maintenant les cinquante représentations , sera encore jouée  en Ardèche le 29  juillet à Laveyron; le 31 à Bogy et le 2 à Beaulieu.

Ph. du V.

http://www.theatredelunite.com/

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Les Petites Comédies de l’eau

Les Petites Comédies de l’eau, mise en scène de Mustapha Aouar.

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   Cet auteur et metteur en scène  dirige depuis 96, Gare au Théâtre à Vitry et a mis en place cette opération maintenant bien connue Nous n’irons pas en Avignon qui constitue une sorte de tremplin pour de jeunes compagnies; Mustapha Aouar met en scène depuis 2004 des pièces courtes ( environ) 15 minutes, commandées à quelques  auteurs d’un pays à chaque fois différent ( Algérie d’abord, puis Brésil,( fleuve Amazone), Québec (Fleuve Saint-Laurent, Espagne (Fleuve Ebre) et Burkina Faso, Mali (Fleuve Niger). Soit quatre  ou cinq pièces pour chaque représentation.

  L’endroit  est du genre difficile et c’est un  euphémisme: un petit chapiteau  en longueur un peu ouvert à tous les vents mais surtout côté jardin le fracas heureusement lointain de l’orage et côté cour le bruit infernam des  très nombreux train rapides ou TER qui passent à quelques dizaines de mètres, et là c’est plus difficile à gérer mais les comédiens s’en sortent admirablement., et autant de spectateurs dans la salle que de comédiens sur la petite scène… Et pourtant, miracle du théâtre, les choses arrivent à fonctionner.

   Au programme d’abord, La Fontaine 1 puis 2, d’Aristide Tarnagda, auteur burkinabé de 26 ans,  déjà bien connu en France: c’est l’histoire d’une femme qui doit faire la queue chaque jour pour aller prendre de l’au à l’unique fontaine du quartier qui est loin et où elle doit se battre avec les autres mères de famille qui en ont  toutes aussi besoin qu’elles. Son fils Dri, lui va au vidéo-club sans se soucier trop de cette eauxindispensable pour boire, cuisiner et laver les enfants ; lui, en réclame à sa mère pour laver ses vêtements.

  Prenant alors  conscience de cette injustice, il veut venger sa mère, et aller en découdre avec les responsables de ce manque d’eau, alors que dans les belles maisons d’Ouagadougou, on dépense l’eau sans compter pour nettoyer les voitures et arroser les jardins. C’est écrit dans une très belle langue, et sous les apparences d’une petite fable, en dit long sur la situation tragique des femmes africaines obligées de compter le moindre verre d’eau.

  La seconde pièce est de Tiecoro Sangaré, écrivain et journaliste malien qui prépare une thèse à Paris; ça ne coule pas de source est un petite comédie farcesque  sur les rapports parfois difficiles entre les anciens et les leurs enfants: il s’agit d’un jeune homme Teddy, qui suit des études d’hydraulique et qui revient au village voir son Nitaki, son  père, fort riche et qui possède de nombreuses terres .  Ce dernier, gardien des  voit d’un très mauvais oeil,  le fait que son fils soit devenu étudiant et surtout qu’il ait une liaison avec Safira, la fille de son vieil ennemi, surtout quand il apprend  qu’elle est , comme lui, ingénieur en hydraulique ; tous deux ont un projet de barrage sur le Fleuve Niger qui pourrait remédier au manque d’eau évident du pays. Bien entendu, le père pense que c’est une injure faite à la nature. Mais, dans la seconde petite pièce, Le Souffle de la Source, Tedy et Safira qui ont réussi à construire le barrage avec des aides internationales attendent un enfant… Bahari le père de Safira va voir Nitaki, pour lui expliquer qu’ils vont être tous les deux grands-pères, et qu’ils serait sans doute l’occasion d’enterrer la hache de guerre. mais, toujours aussi obstiné, Niaki vaudrait absolument que son petit-fils naisse au village…

  Là aussi, les répliques sont justes et drôles, et l’éternel débat entre tradition et modernité, entre homme mûr qui croit déceler la vérité et jeune homme assoiffé de progrès pour le bien de son village,  est évoqué avec beaucoup de finesse et bien mis en scène ,comme les deux autres pièces, par Mustapha Aouar qui dirige de façon remarquable les comédiens. Avec, entre chaque pièce, de merveilleuses chansons africaines,  dont le célèbre Anciens combattants que j’avais autrefois entendu à sa création à Brazzaville et qui a fait depuis  un véritable tabac.

  Les deux dernières petites pièces ont été écrites par Frédérique Sempé Lemon, Béninoise, à la fois  auteur et comédienne:  Dans l’eau, l’amour m’attend est une courte pièce où deux jeunes filles dont on n’entend que la voix et que l’on ne verra pas sur scène- voudraient bien posséder un être merveilleux, à la fois homme et poisson; le texte tient plutôt d’un poème et constitue une sorte de prologue à A l’eau l’amour, la mort m’attend: ce sont deux hommes âgés, tous les deux dans une pirogue la nuit et chacun sait que les nuits africaines sont très noires. Pas  rassurés,  Ils semblent  désemparés, parce qu’ils ont décidé de s’enfuir de leur maison, où ils ne supportent plus leur  épouse, et s’apprêtent à en finir avec la vie en plongeant. Malgré leur amitié et leur connivence devant leur situation commune, il y a aussi de vieilles querelles de jeunesse qui ressurgissent, mais , finalement, par manque de courage, ils remonteront dans leur pirogue pour rentrer chez eux. C’est servi par les deux comédiens avec une gestuelle  et un sens du conte remarquables… Et la langue de Frédérique Sempé-Lemon est tout aussi brillante que celle de ses deux collègues écrivains.

  Les quatre acteurs,  (Felhit Kimbirina, Roch Amedeth Banzouzi, Marina Ahoui et Lamine Diarra, dans un  cadre difficile, avec une simplicité et une vérité dont pourraient s’inspirer nombre de leurs collègues français, font un travail de tout premier ordre. Il faudrait que ce spectacle, ( de trois fois quinze minutes)  soit repris dans de bonnes conditions. Il nous touche,  même si c’est parce que nous connaissons quelques pays africains mais , ce qu’il dit, écrit dans une langue irréprochable, a une portée universelle, et mériterait d’être repris en plein air,  cet été. Avis aux programmateurs… Monsieur Maréchal, vous n’avez pas une petite, une toute petite place,  au Festival de Figeac?

Philippe du Vignal


Gare au Théâtre ( Nous n’irons pas en Avignon) à Vitry-sur-Seine ( à trente mètres de la gare ) jusqu’au 5  juillet.
Le 29 août à Blaye (33), en 2010 au théâtre 95

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Gare au théâtre – Nous n’irons pas à Avignon – Les petites comédies de l’eau – la fleuve Niger

Encore un de ces lieux récupérés – le modèle étant toujours la Cartoucherie de Vincennes – où le théâtre prend le parfum du voyage. Cette fois, c’est une ancienne gare de marchandise à Vitry-sur-Seine, au pied de la station RER. On entend les trains passer, mais en douceur, il  y a des buvettes et, pour cette fois, de la cuisine indienne, des salles de cabaret et une tente où l’on vous raconte des histoires. Un « off » tout près de Paris offert modestement aux compagnies qui veulent montrer leur travail loin de l’enfer ruineux d’Avignon.
La tente va bien aux Petites comédies de l’eau. Poursuivant son projet de « théâtre minuscule », Mustapha Aouar a passé commande à trois auteurs, Frédérique Sempé Lemon, Tiécor Sangaré et Aristide Tarnadga, de courtes comédies, dont le fleuve est, d’une manière ou d’une autre, le personnage central. Conflits de voisin, conflits de générations, tentation de quitter ce monde… : les trois auteurs ont le sens de la situation, mais seule Frédérique Sempé Lemon parvient à un style, à une poésie. Qu’on ne nous en veuille pas : nous attendons du théâtre qu’il nous transporte, comme le fleuve, pas moins.

Christine Friedel

Le 29 août à Blaye (33), en 2010 au théâtre 95

Et si nous restons à Paris?


  Et si nous restons à Paris?

D’abord merci à nos amis lecteurs, merci à nos collaborateurs ( et en particulier à Claudine Chaigneau à qui nous devons la mise en ligne quotidienne des papiers et des photos) de nous avoir suivi fidèlement pendant neuf mois – eh oui déjà- il y a eu 400 articles publiés par le théatre du blog et une moyenne de 11.000  hits ces derniers mois, et plus d’une centaine de commentaires , pas toujours gentils heureusement : cela prouve que le site est en bonne santé.

D’abord début juillet  le Festival de Vitry: Nous n’irons pas à Avignon qui regroupe une dizaine de petites troupes qui a lieu dès demain 1er juillet jusqu’au 26 juillet; ce sont en général des jeunes compagnies et c’est un peu à la grâce de Dieu comme disait ma maman. A part celle de Mustapha Aouar qui dirige  le festival et qui présente  Les petites comédies de l’eau jusqu’au 5 juillet dans  une ancienne petite gare. Difficile de vous en dire plus avant vendredi matin pour le moment; mais le lieu est  maintenant bien connu et sympathique ; deplus Mustapha Aouar fait les choses sérieusement. Pour en savoir plus, il y a un site où vous trouverez plus d’informations.
Dans Paris, vous pouvez toujours aussi fréquenter Paris Quartiers d’été, où il y a plein de manifestations un peu partout ( danse, musique, cirque). Nous avons relevé pour vous: la célébrissime pièce de Maguy Marin: May be du 2 au 5 aôut au Palais-Royal; la performance de Josef Nadj Les Corbeaux à la Maison des Métallos et Le théâtre équestre de Bartabas au lever du soleil ( environ vers 5h 30 aux Tuileries, dans le parc de la Cité Universitaire et aux Arènes de Lutèce),  et dans plusieurs autres lieux.
 Nous vous souhaitons un bon été théâtral, avec ou sans festival, et nous continuerons à vous rendre compte encore de quelques spectacles un peu partout avant de partir pour Avignon.

Philippe du Vignal

Les autres festivals en France ( suite mais pas fin).

 Les autres festivals en France ( suite mais pas fin).

 D’abord le plus connu sans doute après Avignon , surtout en dehors de l’hexagone,celui d’Aurillac dont cela va être cette année la 24 ème édition du 19 au 24 août; d’abord dirigé par Michel Crespin puis maintenant par Jean-Marie Songy, il était d’abord inscrit sur la seule commune d’Aurillac et se déroulait uniquement dans la rue ou sur des places publiques. Avec de beaux succès à son actif comme cette Célébration de la guillotine pour la commémoration de la révolution de 1789, excellement  imaginée et jouée par le Théâtre de l’Unité , et, bien sûr , le Royal de Luxe, venu à plusieurs reprises. Depuis quelques années, un peu sur le modèle d’Avignon, tout ce qui peut faire office de lieu à jouer est réservé longtemps à l’avance, que ce soit en plein air ou maintenant , sous chapiteau ou  en salle fermée.   Le Festival  a maintenant débordé sur les communes limitrophes d’Aurillac, mais là, plutôt dans les rues, ou sur les places. IL y a une dizaine de « spectacles officiels » et ce que l’on appelle des  » compagnies invitées »,  plusieurs centaines ( sic), (et évidemment quelques individualités qui ne veulent et ne peuvent entrer dans aucun système.), compagnies qui sont aidées par l’organisation du Festival mais qui n’en font pas vraiment partie. Le festival est devenu une assez grosse machinerie maintenant très bien organisée, avec accueil des troupes et de la presse, restaurant du festival pour les participants, etc…Et bien entendu un bataillon de bénévoles sans lesquels le festival ne pourrait fonctionner.  Que voir? Il y a les compagnies bien connues comme Generik vapeur et Xarxa theatre , ou Kumulus, et nombre de compagnies étrangères  comme le Theater Titanick ( Allemagne) avec une adaptation de l’Odyssée. Nous serons à Aurillac ; ce sera difficile mais nous ferons l’impossible pour  vous aiguiller à temps, compte-tenu du faible nombre de représentations. D’ici là, nous vous tiendrons au courant. Le mieux est d’aller un peu à la pêche et il peut y avoir d’excellentes surprises comme à Avignon qui , toutes proportions gardées, ressemble maintenant àson grand frère du Vaucluse.

  Attention,  1) difficile de s’en remettre pour voyager  aux bons soins de la SNCF, dont les services sur les lignes secondaires sont particulièrement merdeux: évitez si possible les fins de semaine, les  retards sont  très fréquents etvous n’aurez droit à aucun  mot d’excuses; une voiture en travers d’un passage à niveau a bloqué le trafic pendant plusieurs heures du côté de Moulins: 6 heures de retard;  une vache batifollait un jour sur les voies du côté de Brive, etc… J’en passe et des meilleures… de toute façon, plus de train direct depuis Paris et changement obligatoire  de train à Clermont,(  ce n’est pas les agents de la sncf qui vous aideront à porter votre valise trop lourde). Si vous avez le malheur d’être Hollandais, personne n’est parfait!), vous devez remonter à Clermont  au guichet, reprendre un billet pour Aurillac . L’autre jour, l’auto-rail  Clermont/ Aurillac était bourré à craquer :  il a fallu fallu faire descendre des voyageurs et les mettre dans un taxi pour Issoire ;bravo la SNCF et ne comptez sur aucun train de nuit pour Aurillac  ni pour Paris, sauf le dimanche où une navette par car peut vous conduire à la gare de Figeac (sic), etc…  Et à chaque fois, ce n’est jamais la faute de la SNCF!!!!!!

Donc,  vous êtes prévenu: vous n’êtes pas dans une région à TGV et croyez-moi, les contrôleurs, volontiers odieux,  vous le font comprendre sans ménagement : vous n’êtes pas des clients mais tout juste des gens qui n’ont aucun droit de réclamation 2) pour vous loger , prudence aussi:  Aurillac est une relativement petite ville tout à fait charmante, où les gens sont très aimables : mais  si vous êtes en voiture, voyez par internet du côté des gîtes ruraux . Mais le festival a prévu un immense parc à voitures  avec navette pour le centre ville qui fonctionne parfaitement, ou réservez au plus vite une chambre d’hôtel ,s’il en reste.  Cela dit …Bon Festival… et bon aligot/saucissettes.

Festival du Théâtre de rue d’Aurillac du 19 au 24 août.

 9 ème Festival de Figeac

C’est un peu la vitrine des Tréteaux de France, dirigé par Marcel Maréchal mais pas seulement, puisqu’il y aussi aussi , entre autres, trois compagnies de la Région Midi -Pyrénées; Marcel Maréchal y créera  Oncle Vania de Tchekov qui sera sans doute intéressant mais sans doute moins décapant que celui du Théâtre de l’Unité , lequel doit bien en être à sa 50 ème représentation, ce qui constitue un record , ( voir leur site pour les dates) puisqu’il se joue en plein air avec quelque dix huit comédiens .Mais Tchekov et Vania, c’est toujours un plaisir.Enfin, nous vous tiendrons au courant.
Nous n’avons pu voir qu’un seul des spectacles du Festival ( voit theatredublog), c’est Juste le temps de vivre ,avec des textes ( en particulier L’écume des Jours) et des chansons de Boris Vian, montage de François Bourgeat et mis en scène par Jean-Louis Jacopin; c’est un cabaret, qui était encore un peu vert au moment de la création , joué par trois comédiens qui sont en même temps musiciens, avec  beaucoup de métier et et  d’humour, et qui devrait vous réjouir; c’est le 31 juillet à 20 h 45 à l’espace François Mitterrand.

Il y a aussi a Mancha somewhere de Cervantès/ Irina Brook… Soit un Don Quichotte librement adapté par Irina Brook, où le célèbre personnage devient un businessman new yorkais qui plaque tout et part avec un acteur raté nommé Sancho Pança pour la Californie. Le spectacle avait été créé l’an passé à Villeneuve. Mais la sauce Irina Brook, j’ai déjà donné… et je ne donnerai plus! Donc à vous de voir. Irène sadowska vous en a déjà dit ( voir thatredublog) tout le mal qu’elle ne pensait…Il  y a aussi, dans cette belle petite ville du Lot, des lectures en plein air de pièces contemporaines ou non ( Mohamed Kacimi, BorisVian, Jean Tardieu, Audiberti, Henri Pichette et Arthur Adamov…qui devraient présenter un autre intérêtLe plus simple est d’aller sur le site des Tréteaux de france: www. treteauxdefrance.com ou si vous êtes dans le coin: 0 835 003 303

Festival Théâtral de Figeac du 23 juillet au 1 er août.

Philippe du Vignal

 

 

 

Le Festival off d’Avignon.

Le Festival off d’Avignon.

Souvent décrié après quelque quarante années- le premier spectacle fut sans doute Napalm d’André Benedetto, en 66 ( eh! oui déjà) et ce fut la fameuse Paillasse aux seins nus de Gérard Gélas qui mit le feu aux poudres en 68, après l’interdiction aussi sotte que grenue du préfet du Gard).
Cet appendice qui est comme le frère ignoré du théâtre in ( en fait c’est évidemment beaucoup plus compliqué- où l’on a pu voir le meilleur et le pire, s’est maintenu, avec une réelle institutionnalisation, des rivalités inévitables et quand même pas mal de révélations , et quelques  salles confortables qui constituent comme une sorte de festival in dans le off: conclusion normale des choses.
Avec aussi la location par les grandes régions de France, de lieux dédiés, comme on dit, à leurs troupes. Et des acteurs très connus qui  viennent faire leur solo, pour le plaisir d’être sur scène. Et des milliers de bateleurs en tout genre, revenus là d’année en année, avec l’espoir de gagner quelques sous….

 Et des centaines de spectacles cette année comme les précédentes; nous n’avons pu encore faire une véritable sélection mais, c’est promis , vous aurez  la suite dans les jours qui viennent; quand j’aurais réuni tous les avis de mes petits camarades duThéâtre du blog; en tout cas, ce que vous pouvez voir déjà , parce que nous les les avons vus à Paris ou ailleurs ou parce nous connaissons les compagnies.
D’abord le tout à fait remarquable Avant-dernières salutations de François Joxe aux Ateliers d’Amphoux, (voir Le Théâtre du blog). Les spectacles du TOMA, à La Chapelle du Verbe Incarné dirigé par Greg Germain, si vous voulez connaître ce théâtre bien de chez nous, même s’il se passe du côté de la Martinique ou en tout cas, outre-mer.

 Il y a aussi la reprise du spectacle Jeux de langue, mise en scène de Pierre Ascaride, avec des textes de Francis Blanche, Pierre Dac, Jean de la Fontaine, Bobby Lapointe, etc. André Salzet dans un monologue de Michel Quint Effroyables Jardins; la reprise  de Cabaret Astroburlesque, mise en scène de Patrick Simon à La Parenthèse; mais aussi la reprise de Baba la France de Caroline Girard et Rachid Akbal au Théâtre La Luna; encore une reprise du très beau Sermon sur la Mort de Jacques-Bénigne Bossuet dans la Chapelle de l’Oratoire avec Patrick Schmitt.
 Voilà pour le moment; la suite au prochain numéro, c’est à dire le 1er de juillet, avec aussi quelques spectacles que l’on peut vous recommander pour vos enfants ou petits enfants…

Philippe du Vignal

Pina Bausch ( 1940-2009)

Pina Bausch ( 1940-2009)

 desingel6754.jpgVoilà : elle est partie, discrètement cinq jours après qu’on lui ait diagnostiqué un cancer. Elle avait commencé à apprendre la danse avec le grand Kurt Jooss; puis elle partit seule à 19 ans pour New York sans connaître un mot d’anglais, dit-on, où elle travailla avec José Limon et Antony Tudor. puis elle revint en Allemagne où elle commença à chorégraphier en 68, et elle devint la directrice de la danse à la Foilkwang-HochSchule d’Essen. Puis elle créa sa compagnie et on la vit débarquer en France avec sa très fameuse pièce Barbe-Bleue, qui ne fut pas très bien comprise à l’époque. nous avons vu la majorité de ses spectacles dont les célébrissimes:  Café Muller, Kontaktof, Walser, Bandonéon., etc… Les dernières pièces étaient sans doute moins convaincantes mais elle avait tant donné….
Je me souviens aussi  d’avoir vu après un très long voyage en train dans son théâtre à Wüpperthal où j’avais rencontré ma consoeur Chantal Aubry, ce tout à fait remarquable Il la prend par la main et la conduit au château, les autres suivent, avec, entre autres,  son fidèle et fabuleux  danseur  Dominique Mercy; je la vois encore montant l’escalier du théâtre avec peine, un énorme sac plein de livres et de manuscrits dans chaque main;, dont je l’avais évidemment délivrés aussitôt. Elle m’avait emmené dans son bureau pour faire l’interview: on aurait dit un décor de théâtre. Imaginez  une pièce aux murs assez hauts vert pâle, éclairée par quelques tubes néon blanc sec, sans aucun autre meuble que deux armoires métalliques vert foncé, un bureau de même couleur aux bords arrondis comme il y en avait dans toutes les administrations européennes, deux chaises  vieillottes en bois. Son mari, grippé n’avait pu faire l’interprète mais elle , d’une extrême courtoisie mais pas très à l’aise quand il s’agissait de parler,  et fatiguée, mais répondant en anglais avec gentillesse à mes questions avec beaucoup de précision et de sensibilité.
  Et le spectacle,Il la prend par la main et la conduit au château; les autres suivent, était fabuleux d’intelligence et de drôlerie, et je n’avais pas regretté le voyage; ce qui m’avait aussi  marqué, c’était l’extrême diversité du public , attentif et de tout âge, dont ceux qui sont encore vivants , doivent se rappeler avec émotion. Je me souviens aussi de Parisiens qui n’ayant pu obtenir de places au Théâtre de la Ville qui, pour ses spectacles, affichait toujours complet, allaient spécialement à Lyon pour la voir. Je me souviens aussi du splendide hommage à Gérard Violette, l’ancien directeur du Théâtre de la Ville qui se trompait rarement dans ses choix chorégraphiques au moment de son départ à la retraite, il y a deux ans, où ses quelque dix huit danseurs avaient formé une sorte de farandole lente  sur la scène de la plus extrême beauté. Je me souviens bien aussi de Café Muller et de Barbe Bleue  dont  j’ai montré les films  à des générations d’étudiants.
  Son idée magistrale de dans-théâtre aura influencé la danse contemporaine de façon indélébile- les petits gestes simples et fluides répétés en choeur, les marches lentes et glissées sur le plateau,des danseurs qui n’avaient pas toujours le corps que l’on aurait pu attendre d’un danseur,  ses décors souvent monumentaux, ses costumes impeccablement décalés: bref ,tout ce que beaucoup de spectacles théâtraux ne possédaient pas et qu’ele avait réusi à faire surgir à force de travail et d’imagination, mais aussi les sols recouverts de feuilles mortes,  etc.. et ces musiques décalées et jamais illustratives…

  . Les thèmes de ses pièces: entre autres et pour faire vite,l’expression de la solitude, les jeux de séduction entre hommes et de femmes,  l’évocation du passé et la nostalgie,  auront été pillés un peu partout, ce qui prouverait , s’il le fallait, l’influence qu’elle aura eu sur les chorégraphes du monde entier. Le monde de l’art, et le monde tout court ,doit beaucoup à cette petite femme énergique et impitoyable avec elle-même, qui avait une passion dévorante pour la création, qui aura réussi, avec et vérité, à réintroduire la parole dramatique dans la danse Il n’y aura eu aucun chorégraphe ni aucun metteur en scène de théâtre qui aura réussi une aussi belle fusion entre ces deux arts…

Dominique Mercy et tous ses danseurs doivent être bien tristes, mais aussi Gérard Violette, à qui nous devons  tant et  qui n’aurait sans doute pas imaginé une saison sans elle. Nous pensons à eux  et sommes à leurs côtés….

Philippe du Vignal

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