Entretien avec Didier Deschamps

 Entretien avec Didier Deschamps

Didier Deschamps

« Il y a plusieurs années il me semblait, dit celui qui dirige Chaillot Théâtre National  de la danse, qu’il se préparait quelque chose de grave pour nos sociétés: marginalisation sociale, montée des nationalismes, replis sur soi de certains pays, nouvelles formes d’exclusion…  Et un désastre écologique s’annonçait. Beaucoup d’artistes sont sensibles à cela, comme Tatiana Julien ou Lia Rodrigues Mais je n’avais pas imaginé que tout se précipiterait avec l’apparition de ce virus.

«Nos choix de société n’ont pas pris en compte les besoins des soignants, l’importance des transports, les lieux de fabrications de nos produits vitaux comme les médicaments. A force de traumatiser la nature, les désastres se sont accumulés et il faut repenser pleinement nos modèles de société.

Nous avions intitulé l’éditorial de notre prochaine saison L’Instant d’avant ! Penser à ce qui se passe avant : sur le plateau, par exemple, et à l’après de cette crise. Tout doit être redéfini sur le plan politique, sociétal et artistique. Il faut le faire avec calme, sans se précipiter sur des solutions faciles d’isolationnisme comme en Hongrie aujourd’hui. Quel monde voulons nous ? Nous avons accumulé des faiblesses qui se sont décuplées à l’arrivée du virus. Nous sommes, face à cette crise, à un niveau d’impréparation phénoménal. »

Pendant le confinement actuel, Chaillot Théâtre national de la danse vous propose de découvrir, sur  son site Chaillot chez vous, des œuvres ou portraits d Ohad Naharin, Trisha Brown, Saburo Teshigawara…  »

Entretien téléphonique réalisé par Jean Couturier

https://theatre-chaillot.fr/fr/chaillotchezvous


Archives pour la catégorie critique

Entretien avec Olivier Meyer

 

Entretien avec Olivier Meyer


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Le directeur du Théâtre de Suresnes Jean-Vilar, créateur du festival Suresnes Cités Danse, nous a livré ses  réflexions à propos de sa très courte saison « pour cause de travaux et de virus » !

 « Lundi 3 février : jour de fête, nous inaugurons la nouvelle grande scène. Un rêve de vingt ans se réalise enfin et il est maintenant possible de faire plus encore, comme accueillir la Comédie-Française avec Les Fourberies de Scapin. Quelle joie ! Quelle fierté ! Le théâtre transformé est doté de merveilleuses nouvelles possibilités. »

 «Grâce au travail et à l’engagement de la ville de Suresnes, de l’architecte- scénographe, de l’équipe du théâtre et de centaines d’ouvriers appartenant à dix corps d’entreprise, les très importants et indispensables travaux d’élargissement de la scène et de modernisation de toute la machinerie, ont été terminés dans un délai record de neuf mois! Aucun jour de retard!  Exceptionnel: le théâtre a pu enfin rouvrir. Avec des portes partout, des radars et alarmes partout, des extincteurs et tableaux d’évacuation partout, nous étions plutôt bien protégés contre les risques d’incendie… mais pas contre la contagion au Covid-19.

 « Lundi 16 mars : fermeture du théâtre après six semaines de programmation avec un public enthousiaste et des salles très complètes. Après avoir mesuré les atouts de ce merveilleux outil, nous avons été obligés d’annuler dans un premier temps toutes les représentations de la deuxième quinzaine du mois de mars, puis celles d’avril et sans doute celles de mai et juin. Tout s’était si bien passé et s’annonçait si bien !

 «Maintenant, avec l’équipe confinée à domicile, c’est devenu plus compliqué de travailler ensemble. Cette saison 2019/20 sera donc très probablement réduite à ces six semaines. J’aurais vécu pendant cette période avec notre équipe,  beaucoup d’émotions, de joies et maintenant une tristesse passagère car nous construisons déjà l’avenir avec détermination et bonheur, en préparant pour la réouverture, en septembre, comme nous l’espérons tous, la plus belle, la plus magnifique et la plus passionnante saison dans un théâtre ouvert et bien vivant.  »

 Propos recueillis par Jean Couturier

 Théâtre de Suresnes Jean Vilar, Place Stalingrad,  Suresnes (Hauts-de-Seine) T. : 01 46 97 98 10

www.theatre-suresnes.fr

Les solidarités en route ! Spectateurs, Audiens…

Les solidarités en route !

Spectateurs solidaires 

 Les organisations syndicales, comme le Syndicat national du théâtre privé, appellent, depuis le début de la fermeture des lieux culturels, à la solidarité des publics. Des hashtag circulent : #JeGarde MaPlace ou #SauveTonSpectacle, suggérant aux spectateurs de ne pas demander le remboursement de leurs billets. Mais quelles seront les implications pour la gestion de la billetterie ?

 La Lettre du Spectacle* a recueilli les observations de Pierre-Henri Deballon, directeur général de Weezevent, une plateforme de billetterie informatisée: «Le texte de loi indique qu’en cas d’annulation ou de modification substantielle d’un événement, l’organisateur est tenu de rembourser le billet, sans préciser s’il doit rembourser tout le monde. En général, à ceux qui le demandent. L’entreprise a mis en place différents modules de remboursement pour ses clients. Il accompagne, par exemple, le festival Reperkusound à Lyon dont le directeur Éric Fillion précise que “ jusqu’au 20 juin, nos spectateurs peuvent demander un remboursement intégral ou partiel de leur billet,  et faire un don du montant restant qui ne fera pas l’objet d’un reçu fiscal. Au-delà du 20 juin, les billets seront valables pour l’édition 2021. »

 Dans leurs courriels aux spectateurs, les théâtres proposent de faire don de ces sommes pour les reverser aux artistes. La Lettre du Spectacle cite en exemple Le Zef, Scène Nationale de Marseille, qui reversera le montant des billets non remboursés aux compagnies de la région, même celles qui ne jouaient pas sur son plateau cette saison. Un  geste symbolique, vu les faibles tarifs de la salle, mais qui exprime la solidarité de la directrice Francesca Poloniato-Maugein envers les artistes. Ce qui est le cas de nombreux lieux culturels. 

Audiens solidaire des intermittents

Le groupe de protection sociale du monde de la culture, met en place une aide exceptionnelle pour les artistes ou techniciens intermittents du spectacle qui rencontrent des difficultés sociales et/ou financières importantes. Est prévu un traitement prioritaire et spécifique à ces demandes, qui sont réservées aux artistes ou techniciens qui ont eu plus de cinq jours ou cachets annulés au cours d’un mois civil :  

« En complément des premières annonces faites par les pouvoirs publics, nous avons d’ores et déjà mis en place pour ces intermittents confrontés à des annulations de cachets ou de jours de travail, un formulaire de demande d’aide ponctuelle exceptionnelle, allégé et qui sera traité en priorité. Nous ne pourrons évidemment pas aider tout le monde mais ferons le maximum pour soutenir les professionnels les plus en difficulté. Cette demande peut se faire avec un formulaire à télécharger. Les demandes seront traitées par le service d’action sociale qui reviendra vers eux à partir du mois d’avril pour leur dire s’ils peuvent avoir cette aide. ».

 Aux  entreprises, Audiens propose un report de tout ou partie des cotisations dues en mars jusqu’à trois mois pour la retraite complémentaire. Il n’y aura pas de majoration.

 Mireille Davidovici

*La Lettre du spectacle : http://boncourage.lascene.com/

Audiens https://www.audiens.org/actu/crise-du-coronavirus-covid-19-audiens-se-mobilise-pour-les-intermittents.html

Quelques nouvelles du Théâtre de l’Unité: Hervée de Lafond, Jacques Livchine

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Quelques nouvelles du Théâtre de l’Unité: Hervée de Lafond et Jacques Livchine

 -Cela se passe comment chez vous, Hervée? 

-J’habite Montbéliard et je me donne quelques obligations comme courir -doucement- le matin autour de ma maison environ une demi-heure soit sept tours; à chaque fois que j’en fais un, je mets un petit caillou; comme cela, je suis sûre qu’il y a le compte. Petit rituel quotidien où j’écoute le Jules César de Friedrich Haendel… Et puis, reste tout le boulot administratif qu’il faut bien faire, en particulier comment gérer le report de nos spectacles, voir avec les acteurs s’ils seront libres, etc. en sachant que le rentrée de septembre va être très chargée. Juillet et août me paraissent définitivement cuits et qu’on ne vienne pas me faire croire que des festivals comme Avignon, Châlons-sur Saône ou Aurillac où il y a une grande promiscuité, pourront avoir lieu.

-Et votre équipe?

-Claudine, notre administratrice est très fatiguée, Marcel Zongo un de nos acteurs, est atteint par le corona et au lit;  j’ai eu moi-même une très forte fièvre et une immense fatigue mais bon…  Inutile de dire que Les Ruches, ce stage pour les jeunes que le Théâtre de l’Unité a été annulé et qu’il ne peut y a voir de report, puisque cela se passe chaque année pendant les vacances scolaires.

-Et vous regardez des films?

-Oui, comme tout le monde, du genre cinéma populaire classique: L’Aile ou la Cuisse (1976) de  Claude Zidi avec  Louis de Funès et Coluche, la seule fois où ils ont joué ensemble ou  Inspecteur Labavure aussi de Claude Zidi (1980) avec le trio Dominique Lavanant, Gérard Depardieu et Coluche… L’As des as de Gérard Oury, avec Jean-Paul Belmondo et Marie-France Pisier. Mais aussi une interview d’Ariane Mnouchkine par Fabienne Pascaud.

-Et côté représentations de théâtre, rien?

-J’ai vu la captation d’Occupe-toi d’Amélie de Georges Feydeau, dans la mise en scène d’Isabelle Nanty…à la Comédie-Française:  très décevante. J’écoute la radio: France Inter chaque matin de 7h à 10h et le soir à 19h Jérôme Salomon, le directeur de la Santé…

-Et Montbéliard, c’est comment?

-Comme ailleurs, on ne voit personne dans les rues. Les usines Peugeot étaient fermées mais vont rouvrir  pour fabriquer des respirateurs. Bref, la vie continue et il y a des animaux partout, comme ces canards traversant la place du Capitole à Toulouse….

-Et vous, Jacques Livchine? 

-Comme vous le savez, notre compagnie est installée depuis longtemps à Audincourt, près de Montbéliard, dans une partie de l’usine Japy qui, encore au vingtième siècle fabriquait ses fameuses machines à écrire. Le bureaux, l’accueil  et le lieu de répétition du Théâtre de l’Unité sont bien entendu, complètement fermés. Mais quelqu’un vient arroser les plantes. Les représentations de 2.500 à l’heure ( voir Le Théâtre du Blog) n’auront pas lieu: ce spectacle sur l’histoire du théâtre, nous l’avons déjà joué plus de deux-cent cinquante fois! Alors, disons que cela fait une respiration…

Quant à La Nuit unique (voir Le Théâtre du Blog), nous devions la jouer à Calais, Toulouse… ces prochaines semaines, donc c’est à l’eau. Et quant au  Kapouchnik, notre cabaret mensuel, très populaire à Audincourt,  que vous connaissez bien, les séances de mai et juin sont annulées. Les acteurs et techniciens concernés- intermittents-sont indemnisés mais très peu!

-Et vous, vous faites quoi de tout ce temps imprévu.  

– J’habite une maison dans un tout petit village à quinze minutes d’Audincourt en voiture. Je communique tout le temps avec Hervée qui, elle, habite Montbéliard. Je trie et recopie mes carnets de bord que j’ai commencé à écrire quand le Théâtre de l’Unité était installé à Saint-Quentin-en-Yvelines en 1981. Bizarrement, je m’aperçois que je n’ai pas noté l’essentiel: je parle des jolies filles bronzées que l’on croise, des voyages de tournée, des hôtels… Alors que le Théâtre de l’Unité avait de sérieux ennuis d’argent… Et que je jouais au Loto pour essayer d’en gagner! En 80, j’étais très en colère contre le Ministère de la Culture qui avait refusé d’augmenter notre subvention…

- Et, au quotidien?

  -Ce matin, je vais essayer d’écrire le vide: ce que je fais de minute en minute. Tous les jours, j’écris le vide: courir, descendre l’escalier, aller dans le jardin… Finalement, on s’aperçoit que l’on a vécu toute sa vie pour la raconter!  

- Et les projets? – Nous avons un projet dans le style bien connu du Théâtre du Peuple à Bussang ( Vosges) : faire jouer des comédiens amateurs déjà aguerris : des femmes d’une certain âge, des lycéens, etc.  avec quatre acteurs professionnels.  A suivre.

Philippe du Vignal

L’économie du spectacle face au Coronavirus et l’emploi des intermittents (suite)

 

 L’économie du spectacle face au Coronavirus et l’emploi des intermittents (suite)

 Ce vendredi 27 mars, le Ministère de la Culture publiait des informations pour les employeurs du secteur  face à cette crise : recours à l’activité partielle, droits à indemnisation, conséquences sur le contrat de travail (voir Le Théâtre du Blog). Artcena (Centre national des arts du cirque, de la rue et du théâtre), placé sous le tutelle du ministère de la Culture, se mobilise pour informer les professionnels.

Le Ministère a donné toutes les informations sur le recours à l’activité partielle dans le secteur culturel et sur les mesures prises en faveur des intermittents du spectacle (prise en compte des heures rémunérées et de l’indemnité d’activité partielle dans le calcul de l’affiliation) Et les conseillers juridiques d’Artecena ont mis à jour des fiches et se tiennent à la disposition des artistes et des employeurs.

Fiches : Intermittents du spectacle : les mesures mises en place par le gouvernement

Suspension du contrat de travail et chômage partiel

Le SYNAVI ( Syndicat national des arts vivants) essaye de faire remonter auprès des pouvoirs publics l’inquiétude des compagnies quant à leur avenir immédiat : les festivals d’été et les conséquences de la crise sur la saison prochaine.Les déclarations des ministères seront prises en compte ? Les petites compagnies ne savent pas encore sur quel pied danser…

Né de l’association des regroupements de compagnies qui existaient dans les régions depuis plusieurs années, ce syndicat regroupe près de 400 structures indépendantes fédérées par région (compagnies, collectifs artistiques et outils collectifs dévolus à la création). Le Synavi se coordonne actuellement avec les autres syndicats d’employeurs et de salariés pour parler d’une même voix. Les incertitudes sont d’autant plus grandes qu’on apprend, par la Lettre du spectacle, que le Fringe du Festival d’Edimbourg, le plus grand off du monde qui devait avoir lieu du 7 au 31 août, vient d’être annulé !

L’ European Creative Business Network apprend-on, sur le site d’Artcena, lance une enquête en ligne à l’attention de tous les intervenants du secteur culturel pour définir recommandations et soutiens nécessaires aux décideurs politiques. Cette enquête a commencé le 25 mars et s’adresse à tous les intervenants  pour mesurer l’impact de la crise sanitaire et définir des recommandations communes.

Dans ce contexte de paralysie générale, ECBN s’adresse particulièrement aux organisateurs et agences et leur demande de quelle façon la propagation du COVID-19  les affecte et quelle est l’estimation de leurs  pertes et quelles seraient les mesures les plus pertinentes à mettre en place selon eux pour pallier les effets de la crise?  À partir des réponses reçues qui seront divulguées au grand public, ECBN évaluera les conséquences potentielles de cette pandémie et  fera des recommandations…

A suivre !

Mireille Davidovici

https://www.artcena.fr/actualites/vie-professionnelle/des-precisions-sur-les-dernieres-mesures-du-gouvernement

 juridique@artcena.fr. T. 01 55 28 10 10

 Synavi T. 06 71 81 91 77 / conseil@synavi.org

 

Les spectacles de la Comédie-Française à voir ou revoir…

Les spectacles de la Comédie-Française à voir ou revoir...

Comme  l’a annoncé son administrateur Eric Ruf, le Français reste bien présent malgré la fermeture de ses trois salles et a décidé de mettre en ligne des spectacles récemment créés. Donc ne vous privez pas de regarder des pièces classiques ou des créations contemporaines. Cela ne remplace pas un spectacle joué devant vous mais même si ce sont des captations, cela fait toujours du bien par où cela passe…

Avec ce lundi soir 30 mars, à 20h30 : La double Inconstance de Marivaux, mise en scène d’Anne Kessler,  dans une captation faite salle Richelieu en février 2015.

Le mardi 31 mars, avec la speakerine du jour :Claire de La Rüe de Can :

 à 18h 30, Grenier des maîtres par Alain Françon, entretien mené par David Tuaillon, captation faite  en mars 2017.

Et à 20h30, Les Trois Sœurs d’Anton Tchekhov, traduction d’André Markowicz et Françoise Morvan, mise en scène d’Alain Françon, captation faite Salle Richelieu en mars 2011 (durée 2h 25)

Le mercredi 1er avril, Speakerin du jour : Hervé Pierre

A 18h 30, Les Trois Petits Cochons, adaptation de Marcio Abreu et Thomas Quillardet,  mise en scène de Thomas Quillardet, captation faite au Studio-Théâtre en décembre 2012 (durée 55 minutes

Et à 20 h 30, Le Misanthrope de Molière, mise en scène de Clément Hervieu-Léger, captation faite Salle Richelieu en juin 2014 (durée 2h 30)

 Et le jeudi 2 avril, speakerine du jour : Elsa Lepoivre

A 18h 30, Portrait d’actrice-Paradoxe(s) de Véronique Vella, entretien mené par Mathilde Serrell, captation faite au Studio-Théâtre en octobre 2019 (durée 1h 20)

A 20h 30, Cabaret Georges Brassens, direction artistique de Thierry Hancisse, captation faite au Studio-Théâtre en mai 2014 (durée 1h25)
Et à 21h 45, Trois hommes dans un salon d’après l’interview de Jacques Brel, Georges Brassens et Léo Ferré par François-René Cristiani, mise en scène d’Anne Kessler, captation faite au Studio-Théâtre en juin 2008, (durée 55 minutes)

A suivre

 Ph. du V.

Podcasts sur le compte Soundcloud de la Comédie-Française
« Au Théâtre chez soi » avec France Télé
La nouvelle plateforme de streamning de l’INA : Madelen
Aventures de Tintin, cycle Jean Racine, et autres podcasts à retrouver sur le site de France Culture

 

 

Les spectacles face au Coronavirus ( suite)

Les spectacles face au Coronavirus ( suite) 

 Un communiqué du Ministère de la Culture, le 27 mars, est venu rafraîchir la mémoire des employeurs du secteur culturel et donne des directives claires et précises. Nombre de salariés et administrateurs se posent encore des questions et ce communiqué permettra de lever des doutes.

 Deux point essentiels :  « 5 : Si les employeurs honorent les cachets des intermittents, même si les représentations n’ont pas lieu, les heures rémunérées seront comptabilisées pour l’ouverture de droits au régime des intermittents.
10 : Il est recommandé aux employeurs d’honorer les promesses d’embauche, à l’instar des contrats signés… »

Des incertitudes demeurent

Dans l’ensemble,  le secteur se montre solidaire. Mais restent les questions posées par les artistes de musiques actuelles : beaucoup d’inquiétude plane encore,  comme le confirme un communiqué des Scènes de Musiques Actuelles (S.M.AC. ) représentant 1.500 associations, coopératives, T.P.E. et P.M.E. indépendantes et à lucrativité limitée (producteurs de spectacles,  labels, éditeurs, festivals, salles de concert, centres de formation, écoles de musique, radios… ) Tous à l’arrêt depuis les annonces du Gouvernement des 13 et 16 mars.

« Avec un déficit de recettes propres d’environ trois cent millions d’euros pour la période du 15 mars au 31 mai prochain : annulation de plus de 20.000 représentations, arrêt de toutes activités d’éducation artistique ou formation, fermeture des studios de répétition, mise à l’arrêt des pratiques musicales en amateur, fermeture des magasins de disques, sorties de CD et DVD amputées ou reportées, fin de prestations annexes : événementielles, restauration… essentielles  à nos modèles économiques pluriels… Et ces chiffres ne laissent pas apparaître les difficultés de trésorerie… »

 Les  S.M.AC.  attirent notre attention sur l’après : « Cette “période blanche” va induire un “embouteillage” à la reprise : les salles de concert n’étant pas en mesure de programmer toutes les dates en plus de celles déjà prévues, des annulations sont donc inévitables. Sans parler du comportement des publics et des impacts psychologiques. »

Elles demandent aux pouvoirs publics la mise en place de soutiens : « via, un plan de relance. En effet, l’impact de cette crise ne pèsera pas uniquement sur ces prochains mois mais aussi, et au moins, sur la saison entière, voire les suivantes ». Les S.M.AC demandent aussi « que les entreprises culturelles soient éligibles au dispositif de droit commun annoncé par le Ministre de l’Economie dans le cadre du plan de quarante milliards d’euros. »

Solidarité oblige 

À son tour, l’Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles (UFISC) appelle à la solidarité des collectivités et structures subventionnées, avec celles de production et de création. Cette organisation en fédère plus de  deux mille développant des projets artistiques et culturels, que ce soit dans la  création et la diffusion de spectacles ou événements,  ou de l’action culturelle sur un territoire, en relation directe avec les populations.

Elle souligne que «  le paiement des prix de cession et des frais engagés par les producteurs est un des premiers leviers, immédiat et indispensable, pour limiter les impacts de cette crise et pallier la fragilisation extrême des  entreprises et équipes artistiques. »

Elle demande aussi : « la clarification et l’harmonisation des décisions prises par le Ministère du Travail et par Pôle Emploi, au moment où se préparent les déclarations mensuelles destinées à Pôle Emploi et l’envoi des bulletins de salaire.  Et, plutôt que la suspension ou la « neutralisation », la prolongation de la période de référence pour l’ouverture des droits jusqu’à la reprise effective d’activités. »

 A suivre…

 Mireille Davidovici

https:// www.culture.gouv.fr/Actuaités/Employeurs-culturels-face-aux-impacts-de-la-crise-de-coronavirus ?fbclid

https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Musique/Organismes/Creation-Diffusion/Scenes-de-musiques-actuelle

 UFISC - contact@ufisc.org

 

 

 
 
 
     

 

Quelques pépites du temps passé à voir chez soi…

 

Quelques pépites du temps passé à voir chez soi…

Les institutions culturelles sont fermées mais en ces temps de confinement, Pierre Laporte Communication offre chaque semaine des initiatives digitales originales et gratuites pour continuer d’apprendre, découvrir, s’émerveiller, avec  l’art, le patrimoine, les spectacles mais aussi l’Histoire ou les sciences…
 
 Comme cette  immersion inédite dans la grotte Chauvet et ses 36.000 ans d’histoire. Un voyage au cœur de la toute première galerie d’art au monde rendu possible grâce à la plateforme Google Arts & Culture. Et avec zoom sur une œuvre, à  défaut de pouvoir découvrir le nouveau parcours du musée Cernuschi, le musée des arts de l’Asie de la Ville de Paris, une exploration en vidéo de l’histoire du tigre en bois laqué de Sarah Bernhardt, l’une des œuvres emblématique de la collection..

Pour les plus jeunes, Paris Musées propose avec muséosphère de parcours ludiques dans les musées de la Ville de Paris. Au programme, visites à 360°, découvertes d’œuvres, objets, livrets pédagogiques !
 
Rendez-vous aussi au Cameroun avec le flûtiste virtuose Magic Malik et ses complices pour (re) découvrir de riches traditions chorégraphies et musicales. Un spectacle proposé par le musée du quai Branly – Jacques Chirac où il avait été joué en janvier…
 

Un peu de théâtre chez soi #1 au Nouveau Théâtre de Montreuil

Aller à la rencontre du spectacle vivant en temps de confinement, c’est possible ! sous forme de captations vidéo, audio ou de documentaires, avec ici les créations d’artistes  au Nouveau théâtre de Montreuil. Et pour commencer, une captation du spectacle de Mathieu Bauer créé en 2011. Il nous propose une traversée fulgurante dans l’underground du punk new-yorkais des années soixante-dix, l’un des mouvements culturels et musicaux les plus détonants de la fin du XXème siècle.

Le Festival Wet° 5

Une bonne nouvelle: après consultation des équipes artistiques, des lieux partenaires et de l’Institut Français, le festival WET°5  à Tours pourra être reporté du 16 au 18 octobre!
Une plateforme numérique alimentée par l’ensemble artistique et l’équipe du T°, dit Jacques Vincey son directeur, sera  disponible sur cdntours.fr/actualite. On peut ainsi faire une visite du Centre Dramatique National, visionner des spectacles qui y ont été créés, voir des photos, consulter le journal de création de Monuments Hystériques, avoir aussi accès aux vidéos réalisées ces derniers jours par l’équipe… et accéder aux autres propositions qui germeront au fil du temps !

 La Ferme du Buisson coconfinée

Des rendez-vous réguliers avec La Ferme coconfinée avec conseils culturels des artistes de la programmation, idées d’activités, lectures, de musique, courts métrages et feuilleton dessiné par Philippe Dupuy… Avec aussi chaque semaine, une lettre d’information de Vincent Eches et son équipe, reprenant une partie de ce qui se passe sur les réseaux sociaux.

Sur Facebook, Instagram ou Twitter 

Comment va le monde? de Marc Favreau,  mise en scène de Michel Bruzat

Ce spectacle avait été créé avec Marie Thomas, en 2016 au Théâtre des Déchargeurs, Paris (Ier) . Toute cette semaine, vous pourrez voir l’intégralité de la captation.

 

 

Entretien avec Muriel Mayette-Holtz

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Entretien avec Muriel Mayette-Holtz

 Actrice entrée à vingt ans à la Comédie-Française, elle en devint sociétaire trois ans plus tard ; elle fut professeur au Conservatoire National. Elle est la première femme nommée administratrice du Français en 2006 jusqu’en 2014.  Elle aura renouvelé le tiers de la troupe et réussi à établir une fréquentation de l’ordre de 90% pour les trois salles. Elle sera nommée en 2015 directrice de la Villa Médicis à Rome qu’elle quittera  il y a deux ans. Elue membre de l’Académie des Beaux-Arts, elle a été nommée directrice en novembre dernier, du Théâtre National de Nice…

-La liaison téléphonique de portable à portable  n’est pas bonne mais on va essayer de s’en sortir… Comment cela se passe dans un Théâtre National comme celui-ci en cette période difficile?

-Comme vous le savez, j’ai été nommée directrice il y a un peu plus de quatre mois. Premier point essentiel: nous essayons de garder le contact avec notre public. J’avais commence à donner ce que j’appelle avec cet Atelier de la Parole un cours d’oralité, deux lundis par mois. Ouvert à tous et absolument gratuit. Sont venues environ deux cent personnes à chaque fois. Une séance de travail avec exercices d’articulation, de diction,  lecture à haute voix  pour faire des progrès quand on doit s’exprimer en public… Il ne s’agit pas d’un cours de théâtre mais de comprendre le fonctionnement de « l’oralité”, s’entraîner à la prise de parole et découvrir aussi la magie d’une représentation. Ce rendez-vous n’est pas destiné aux acteurs mais à tous ceux qui souhaitent découvrir la puissance des mots.

-Et en ce moment?

-Bien sûr, ce n’est pas la même chose, le théâtre comme toutes les autres salles de spectacle est fermé mais le matin, sur le site du Théâtre National de Nice, je continue par vidéo à donner ces mêmes exercices et l’après midi tous les jours, je lis des contes sur le mythe de Thésée; cela s’adresse aux adultes comme aux enfants.
 De son côté, Muriel Szac, d’abord rédactrice en chef des magazines de Bayard Presse  Popi, Tralalire et Les belles Histoires, a ensuite créé il y a dix ans le département pédagogique Bayard Education qu’elle y dirige. Elle lit actuellement ses quatre feuilletons consacrés à la mythologie grecque en cent épisodes sur le site de cette maison d’éditions.

– Et en ces temps troubles, l’avenir de ce grand théâtre, quand on en est la directrice?

- Une chose au moins est claire: le confinement va durer encore plus d’un mois. Donc la fin de la saison est plus que compromise! Reporter les douze spectacles encore programmés? Pas simple; il faudra faire très attention et résoudre cela au cas par cas. On ne peut en effet pas revoir toute  la programmation à suivre; comme ailleurs, elle est est déjà bouclée ou presque. Et quand pourrons-nous en ouvrir à nouveau les portes? Sans doute pas avant la rentrée… Pour le moment, bien sûr, le théâtre reste absolument fermé et une partie de notre équipe continue à avoir  une activité en télétravail. Mais bon, le théâtre continue à exister dans toutes les âmes d’enfant…

Philippe du Vignal

 

 

 

Les artistes contre le Coronavirus ! Du côté des auteurs : Noëlle Renaude, Jacques Rebotier et les autres…

Les artistes contre le Coronavirus !

 

Du côté des auteurs : Noëlle Renaude, Jacques Rebotier et les autres…

 Confiné, le théâtre, se poursuit en ligne. En particulier, grâce aux auteurs dramatiques qui nous proposent des textes à lire ou à entendre sur internet à partir de leurs sites ou de Facebook . … Déjà Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre de la Colline à Paris nous offre une écoute quotidienne de ses textes. Bien d’autres sont à leur table de travail pour partager avec nous leurs écrits. On va y découvrir des pépites…

 AVT_Jacques-Rebotier_1157Rebotier Con-finé par Jacques Rebotier

 Il conjugue tous les talents: il reçoit le Grand Prix de la Poésie SACEM 2009 et comme compositeur, le  Prix Musique SACD 2010. Jacques Rebotier s’apparente à la folle famille des dislocateurs de mots, de sons et de cerveaux. Performeur-né, il se joue des frontières entre les disciplines. Avec voQue, fondé en 1992, un ensemble de musique et compagnie verbale, il produit des concerts et spectacles. Ses pièces dérangeantes et joyeuses, allient une écriture exigeante à un esprit insolite. Il interprète aussi des Chansons climatiques & sentimentales avec un drôle de quatuor à cordes sur-mesure, naviguant, à oreille et à vue, dans un mix classique/pop, savant/populaire, acoustique/électronique, écrit/improvisé… dans tous les registres des écritures d’aujourd’hui. Jeux de langage, formes, glissements du son et du sens, son travail porte avec précision sur tous les aspects du phrasé et de l’articulation, intonation, accentuation, rythme, débit.

Pour nous dérider, l’auteur de Contre les bêtes (voir Le Théâtre du Blog) nous lit chaque jour un passage de sa  Description de l’omme (éditions Verticales, 2008). De quoi tenir une longue quarantaine.Un essai qui se plie aux contraintes formelles du genre encyclopédique pour décliner, les aspects anatomiques, sociologiques, ludiques, érotiques et métaphysiques ou encore climatiques de l’homme. Inspiré par la curiosité de ton et l’inventivité approximative des sciences avant le Siècle des Lumières, il propose un inventaire rabelaisien et déconstructiviste.

« Nos cerveaux confinés ont faim !  dit-il.  Chaque jour, pour se nourrir, rire, réfléchir, je vous propose un billet extrait notre encyclopédie en cinquante chapitres pour tout/rien comprendre sur notre espèce, et aussi les autres bêtes, la religion, les fleurs, la bourse, les… virus. Et nous allons piocher dedans, jusqu’à un total déconfinement. Comment ? Il manque un H à Omme ? Disons voir pourquoi à la fin. »

 Voici déjà en ligne :confiné 1 > anatomie par jennifer olive et jr (parlé et signé) ; confiné 2 > nutrition. excrétion. ; confiné 3 > vir. viril. viral. virus ; confiné 4 > restez couché ; confiné 5 > du sexe des fleurs par élise caron ; confiné 6 > la soupe des marchés

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Noëlle REnaude et Christophe Brault répétant Ma Solange…

Noëlle Renaude et ses jeux d’écriture

 Elle vient de publier son dernier roman Les Abattus, roman noir  aux Éditions Rivages Noir et nous fait cadeau d’une chronique journalière sur Facebook. Des jeux de Tante Mick à de savoureuses variations textuelles, elle enchante la langue française de nouvelles trouvailles. Ce confinement sera aussi l’occasion de relire ses œuvres depuis Le Renard du Nord, l’une de ses premières pièces, à Vues d’ici, Un avion tombe, On veut tout savoir (2019),  en passant par le mythique Ma Solange, comment t’écrire mon désastre, Alex Roux, (1996). Une somme de trois volumes, feuilleton créé en1994, au jour le jour, avec le comédien Christophe Brault. «  Ma Solange est devenu un texte un peu légendaire, dit-elle. On a beaucoup circulé, beaucoup inventé, beaucoup travaillé et bien, c’est ce qu’on se disait avec Christophe. Moi j’écrivais, on répétait, je réécrivais, on rerépétait, et on livrait. »

 Dans Noëlle Renaude, Atlas alphabétique d’un nouveau monde (2010) qui lui est consacré, le regretté Michel Corvin (voir Le théâtre du Blog) explore les territoires de l’autrice. Il  écrit dans la préface: « Immobile à grands pas, Noëlle Renaude arpente un monde qu’elle construit au fur et à mesure qu’elle pose sur lui son regard lucide et narquois, précis et impitoyable. « (…) « Silhouettes plutôt que personnages, embryons de situations plutôt que fictions, parlures imaginaires saisies au vol plutôt que langage bien élevé, tous ces véhicules d’une nouvelle écriture dramatique nous emmènent là où on s’y attend le moins. »

 A suivre…

 Mireille Davidovici

 http://www.rebotier.net/la-compagnie

 Noelle Renaude : Aujourd’hui tout savoir sur les moutons https://www.facebook.com/758789294/posts/10158230699374295/?d=n

 

La plus grande partie de l’œuvre théâtrale de Noëlle Renaude est publiée aux Éditions Théâtrales , qui par ailleurs, offrent pendant le confinement, chaque semaine, l’accès à deux  livres, l’un pour la jeunesse, l’autre pour les adultes.

Première semaine: dès neuf ans, Geb et Nout suivi de La Revanche des coquelicots de Françoise du Chaxel et pour les grands, Un concours de circonstances de Catherine Verlaguet.

 

 

 

 

 

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