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	<title>Théâtre du blog</title>
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	<description>Cinq critiques rendent compte jour après jour des spectacles (théâtre, arts de la rue, cirque, performances, etc...) qu&#039;ils voient dans la région parisienne, dans les festivals, dans les capitales de province, voire à l&#039;étranger.</description>
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		<title>Temps</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 18:07:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Temps, texte et mise en scène  de  Wajdi Mouawad. Désireux de s’écarter de Sang des promesses pour passer à un autre « temps » de son œuvre, Wajdi Mouawad place sa dernière création sous le signe de l’inquiétude. Il y voit une chute libre où l’écriture doit trouver à l’instinct son guide, et ainsi révéler à son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong><em><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/ImageTemps.jpg" rel="lightbox[5495]"><img class="alignright size-full wp-image-5501" style="margin: 12px 16px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/ImageTemps.jpg" alt="Temps ImageTemps" width="500" height="333" /></a>Temps</em></strong>, texte et mise en scène  de  Wajdi Mouawad.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Désireux de s’écarter de <em>Sang des promesses</em> pour passer à un autre « temps » de son œuvre, Wajdi Mouawad place sa dernière création sous le signe de l’inquiétude. Il y voit une chute libre où l’écriture doit trouver à l’instinct son guide, et ainsi révéler à son auteur une face cachée de lui-même.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Et pourtant, avec sa quête des origines et de l’identité, sa filiation problématique et sa blessure secrète à colmater, <em>Temps</em>  a quelque chose de  familier aux lecteurs de <em>Sang des promesses</em>.<br />
Mais cette fois, le secret est déjà connu, et de tous.Dans la petite ville minière de Fermont, au Québec, tout le monde sait que l’illustre poète Napier de la Forge a commencé à violer sa fille Noëlla quand elle  avait  cinq ans, et a continué à le faire jusqu’à ses premières règles. Tout le monde sait qu&#8217;en l’apprenant, Jacky, la mère, s’est précipitée dans la forêt pour s’immoler devant sa fille, devenue sourde et muette sous le choc. Tout le monde sait qu’alors le feu a effrayé les rats qui, depuis, traversent la ville chaque jour, comme une malédiction. Mais personne n’a mis fin au drame. Aujourd’hui, le vieil homme est mourant,  et Noëlla a repris contact avec  ses frères pour régler la succession. Comme Electre attendait son frère.<br />
En apprenant la vérité de leur histoire à ceux qui l’ignorent,  elle pense  qu’ils sauront trouver ensemble la force d’y mettre un terme…</span><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Pas vraiment d’énigme donc, mais tout de même une révélation à mettre en acte. Le texte est d’une manière générale plus incisif que les précédents, moins lyrique. Le texte édité a même été écourté pour la scène, dans une volonté chez Wajdi Mouawad de se concentrer sur l’essentiel, c&#8217;est à dire l’intrigue. Il continue ainsi son exploration de la personne humaine et de ses doutes. </span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Dans une ville à la frontière avec le Labrador, où les températures peuvent descendre jusqu’à &#8211; 60 degrés, les hommes sont en lutte permanente avec l’extérieur et ses éléments déchaînés. La scène est traversée par un vent glacial et hurlant, qui fait s’envoler les manuscrits du poète et trembler les murs de la maison. Tous s’efforcent de rester confinés à l’intérieur, à l’abri. Mais, en vivant ainsi les uns sur les autres, ils s’épient, et leurs ombres sont visibles en filigrane à travers les murs de toile. « On est tous un peu glinglin ici », dit Meredith Rose, l’interprète.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Dans ce lieu clos, tout est partagé, y compris le malheur, et c&#8217;est au rythme du malheur que bat  le cœur de chacun. L’obstacle de la langue (l’un des frères, Arkadiy, venu de Vladivostok, ne parle pas un mot de français) nécessite une interprète . Et quand  Noella avoue la vérité à ses frères, sa parole ainsi relayée semble lier les personnages.<br />
Tous ont désormais part à l’intrigue et au fléau familial.  La révélation, extériorisée en russe, traduite en français, est reprise en écho par les interprètes, qui la prolongent encore et encore, jusqu’à la rendre presque palpable. Impression  renforcée par l’utilisation de la langue des signes, d’autant que Marie-Josée Bastien (qui joue Noëlla) s’en émancipe parfois pour revenir à des gestes plus élémentaires : des larmes qui coulent pour les pleurs, le corps et la tête qui se renversent pour figurer l’immolation.<br />
Les images du corps parlent à tous, directement, et concrétisent l’histoire. La parole ainsi cristallisée ne peut que creuser droit la sensibilité du spectateur. L’instant devient durée, le temps s’arrête. </span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Si l’on peut critiquer l’avancée quelque peu laborieuse d’un texte fondé sur la résolution d’une énigme déjà résolue, la force percutante des révélations est indéniable. Quand le père,  tout à coup,  se masturbe devant le frémissement d’une robe de fillette. Quand quand  le fils explose de rage devant la faute paternelle et en démontre à tous les conséquences. Ou enfin quand Noëlla revit sous les yeux des autres à la fois son premier viol et la mort de sa mère&#8230;<br />
Les personnages de <em>Temps</em> se reconnaissent dans ces cris de douleur humaine. Jusqu’au spectateur lui-même. Ce lien de souffrance est profondément soutenu par la cohésion des acteurs. Tous brillants. Marie-Josée Bastien (Noëlla de la Forge) est incroyable de présence dans ce rôle de  jeune femme devenue muette, et sa concentration fait rayonner le texte. Et on est pris à la gorge par l’interprétation de Jean-Jacqui Boutet qui joue rôle délicat du vieillard. Le personnage représente pour Wajdi Mouawad un premier contact avec le mal, un mal qui n’est encore que faiblesse, mais qui pose déjà les bases d’un travail futur&#8230;<br />
D’aucuns resteront peut-être insensibles ou agacés, mais, pour la majorité du public,  l’émotion frappe aux instants-clés. <em>Temps</em> reste une tragédie qui nous touche en plein cœur, comme Wajdi Mouawad sait le faire. </span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Elise Blanc</span></strong></p>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><span style="color: #800000">Théâtre National de Chaillot jusqu’au 25 mai</span>.</span></p>
<p>*******</p>
<p style="text-align: justify"> <span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Nous avons assisté à la même représentation qu&#8217;Elise Blanc mais malheureusement nous n&#8217;avons pas eu le même enthousiasme pour le texte de Mouawad! Comme notre jeune et brillante consœur l&#8217;indique, le texte déjà bien long avance plutôt laborieusement et nous n&#8217;y avons été guère sensibles.Bref, on s&#8217;ennuie  assez souvent, même si-et Elise Blanc a raison de le souligner, il y a quelques beaux (mais trop rares  moments) où l&#8217;on entre de plain-pied dans cette tragédie familiale.  </span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Par ailleurs, ce n&#8217;était sans doute pas l&#8217;idée du siècle d&#8217;avoir choisi le très grand plateau nu ou presque de la salle Jean Vilar, où tout a tendance à se perdre, texte et mise en scène. Mais, heureusement, il y a quand même la magistrale interprétation des comédiens québécois; pour le reste, autant en emporte le vent des hivers canadiens&#8230;. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Philippe du Vignal</span></p>
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		<title>Korijolanusz</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 15:30:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160;    Korijolanusz, d’après la tragédie de Shakespeare Coriolan, textes de William Shakespeare, Bertolt Brecht, Heinrich Von Kleist, mise en scène de Csaba Polgar. Nous sommes bien dans une République romaine archaïque : « Nous, les Romains » ! La trame historique est là et les noms rappellent le contexte : Aufidius, Agrippa, Caius Marcius : « Je suis le rôle titre » ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"><em><strong><br />
</strong></em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">   <a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Koriji.jpg" rel="lightbox[5478]"><img class="size-full wp-image-5490 aligncenter" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Koriji.jpg" alt="Korijolanusz Koriji" width="546" height="364" /></a></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><br />
<em><strong>Korijolanusz,</strong></em> d’après la tragédie de Shakespeare <em>Coriolan</em>, textes de William Shakespeare, Bertolt Brecht, Heinrich Von Kleist, mise en scène de Csaba Polgar.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Nous sommes bien dans une République romaine archaïque : <em>« Nous, les Romains </em>» ! La trame historique est là et les noms rappellent le contexte : Aufidius, Agrippa, Caius Marcius : <em>« Je suis le rôle titre » ! </em>Mais ni toge, ni soldats, ni décor rococo. Les acteurs sont déjà sur le plateau quand les spectateurs entrent, vêtements comme dans la vie. Lumière, pendant un long moment, pas de coupure entre salle et scène. Chacun vaque, l’un lit, l’autre rêve, les dames tournent le dos. Ils ne quitteront pas le haut plateau de Nanterre-Amandiers dont ils prennent possession, pendant presque deux heures.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Une émeute&#8230; Le peuple a faim. Le prix du pain est en cause. Plan d’austérité déclaré, plèbe contre patriciens. Caïus Marcus, ennemi du peuple, est attendu de pied ferme : <em>« L’augmentation est dûe aux dieux, pas aux sénateurs »</em> se défend-t-il. Il ne s’agit pas d’un cours d’histoire, même si nous suivons ce jeune patricien entré dans l’armée et qui, réfugié chez les Volsques, met ses capacités de stratège au service de ses anciens ennemis. La version est plus proche d’Astérix que de Plutarque, elle rappelle une certaine réalité, avec humour et distance. <em>« On en a marre d’être avant J.C. » </em>dit l’un,<em> « Je n’y peux rien d’être riche »</em> dit l’autre.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> La scène est un no man’s land, une sorte de friche industrielle aux grandes fenêtres avec bureau du contremaître en contre-plongée, le territoire des Volsques. Quelques fauteuils type salon de coiffure, deux gros réfrigérateurs&#8230; Des tubes fluo, une poubelle, un seau pour recevoir les fuites d’eau. L’espace est ouvert et les circulations chorégraphiées. La bande à Caïus Marcus a tout des faillots de service&#8230; Agrippa, debout sur le frigo, planté comme une statue sur son socle, est aux aguets, prêt à porter sa morale : <em>« Vous êtes trouillards dans la guerre et insolents dans la paix&#8230; ».</em>La lumière baisse. Un chant polyphonique monte, (très belles voix de formation classique), entre Sanctus et Magnificat. <em>« On a faim, où est le blé  » ?</em></span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> La nomination de deux tribuns comme médiateurs, ne fait pas avancer l’affaire : <em>« Engagez-vous mes amis, luttez pour Rome ». </em>Et Caïus Marcus va au combat : <em>« A la charge » !</em> Mère et épouse en concurrence, assument les préparatifs dignes d’un boxeur avant le ring : une mère, abusive, au look de reine d’Angleterre, prête à défendre bec et ongles son descendant de fils  (« <em>Dis-leur ce qu’ils veulent entendre » ) </em>et  une épouse de type barbie la pleureuse, personnages qu’elles tiendront tout au long du spectacle.<br />
Quand il rentre victorieux du combat, après avoir pris aux Volsques la cité de Corioli ,  Caïus Marcus devenu Coriolan,  veut devenir consul.  Il lui faut l’aval d’un collège de gens du peuple. Il reçoit alors quelques corps de métier, tel un cordonnier, un jardinier, pantalon baissé, au sens très physique du terme. Heureusement, le ridicule ne tue pas et le symbole est fort à travers l’imagerie. Il est nommé nouveau consul de Rome. <em>«  Buvons </em>» !<br />
Ce qui importe ici, n’est pas l’histoire,  avec un h ou  un H<em>.</em> C’est l’inventivité des signes théâtraux, la simplicité des acteurs et l’évidence d’être là, leur présence, sans emphase, leur complicité de jeu. C’est l’occupation de l’espace et la mélodie, c’est la fantaisie, l’art des contrastes, le chaud et le froid. On se croirait parfois dans la salle d’attente d&#8217;un coiffeur ou d&#8217;un médecin.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> On est dans le cocasse mais aussi dans le vrai, dans la simulation, la ruse, la crétinerie, copie conforme de la réalité. C’est dans l’esprit du film <em>Good bye Lénine</em>. Le metteur en scène, Csaba Polgar, jette un regard sur la société hongroise post-socialiste, les attentes et les utopies engendrées par l’ouverture et le désenclavement, la désillusion et le scepticisme, quelque temps plus tard.<br />
En hongrois surtitré, <em>Korijolanusz, </em>puise dans le <em>Coriolan</em> de Shakespeare et devient une sorte de farce autour de la question de la démocratie. <em>Korijolanusz</em> a obtenu le premier prix de la critique hongroise en 2011. « Nous ? Une génération qui a grandi sous le socialisme. Nous qui, en capitalisant sur la redistribution du pouvoir après le changement de régime, sommes nous-mêmes devenus des politiciens ».<br />
Ces acteurs, après avoir été étudiants à l&#8217;Université de Théâtre et du Film de Budapest, ont créé en 2007 leur compagnie, la HOPPart.<em> «- Comment peux-tu comprendre ce que je dis »? « - On est au théâtre ». </em>Rideau<em>.</em></span></p>
<p><strong><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Brigitte Rémer</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino;color: #800000">Théâtre Nanterre-Amandiers du  10 au 12 mai 2012</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Quoi quoi et Quoique de François Joxe</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 12:02:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse de livre]]></category>

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		<description><![CDATA[Quoi quoi et Quoique de François Joxe.  Il y a trois ans, François Joxe avait joué en solo Avant-dernières Salutations où il racontait avec beaucoup de finesse et d&#8217;humour son parcours atypique,  notamment comme comédien au Théâtre du Soleil et dans la compagnie Renaud-Barrault puis comme metteur en scène et directeur du Festival de Gavarnie; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Joxe.jpg" rel="lightbox[5480]"><img class="alignright size-full wp-image-5483" style="margin: 12px 16px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Joxe.jpg" alt="Quoi quoi et Quoique de François Joxe dans analyse de livre Joxe" width="251" height="368" /></a><strong><em>Quoi quoi et Quoique</em></strong> de François Joxe.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> <a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/9782296562912j.jpg" rel="lightbox[5480]"><img class="alignleft size-full wp-image-5482" style="margin: 12px 16px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/9782296562912j.jpg" alt="9782296562912j dans analyse de livre" width="100" height="161" /></a>Il y a trois ans, François Joxe avait joué en solo <em>Avant-dernières Salutations</em> où il racontait avec beaucoup de finesse et d&#8217;humour son parcours atypique,  notamment comme comédien au Théâtre du Soleil et dans la compagnie Renaud-Barrault puis comme metteur en scène et directeur du Festival de Gavarnie; le spectacle avait connu le succès et  lui avait valu une belle reconnaissance. François Joxe publie aujourd&#8217;hui une sorte de dialogue en trois épisodes entre un homme et une femme à trois moments  de la vie: d&#8217;abord, à l&#8217;âge qu&#8217;on disait  mûr autrefois, elle a 45 ans et lui 50.<br />
Ni jeunes ni vieux donc mais avec pas mal d&#8217;années de couple derrière eux. Ils ne se sont pas vus  vieillir comme on dit, se comprennent à demi-mots,  se taquinent, se chamaillent. Alors le ton monte et les mots les plus crus volent en escadrille, parfois même assez cyniques. Toujours à propos des mêmes choses mais surtout  des relations homme/femme.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> On les retrouve tous les deux pour le second épisode dansa chambrette à lui; mais flash-back comme on dit en français, ils ont tous les deux vingt ans et déjà percent chez lui les premier symptôme d&#8217;une bonne crise de jalousie. Quant au troisième épisode, c&#8217;est évidemment le plus grinçant: ils ont tous les deux 70 ans et donc un demi-siècle de vie commune. C&#8217;est incontestable mais ils n&#8217;arrivent pas vraiment à y croire,  ces parents d&#8217;Anne, Justine et Corinne, et d&#8217; un garçon. Cela finit sur un adagio de Schubert, peut-être un peu convenu.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Reste à mettre en scène ce dialogue à la fois si dénué de prétentions et si raffiné dans l&#8217;expression, mais là, François Joxe ne donne aucune recette&#8230; Prendre les mêmes acteurs? C&#8217;est à la fois plus simple, et terriblement compliqué,  si on ne veut pas tomber dans la caricature, surtout quand il faut passer de 20 ans, que les acteurs n&#8217;ont pas  à 70 ans.. Mais l&#8217;inverse n&#8217;est pas non plus possible.. Ou bien, prendre trois couples à l&#8217;âge précisément indiqué dans les didascalies: ce qui n&#8217;est pas très évident sur le plan dramaturgique et , en ces temps de rigueur budgétaire, c&#8217;est du domaine du pari impossible, surtout quand il s&#8217;agit d&#8217;une pièce assez courte.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Pour <em>Quoique</em>, ce monologue pour un acteur reprend le thème de la conférence-souvent utilisé au théâtre- prononcé par un universitaire sur le thème du couple et de la parité homme/femme qui revient aujourd&#8217;hui comme un vieux leit-motiv inusable, jusque dans le débat politique. Provocations, cynisme, sarcasmes déclinés en tout genre, l&#8217;écriture de ce monologue est du genre plutôt brillant. Ce ne sont pas <em>Les méfaits du tabac</em> évoqués par Tchekov mais ceux issus des malentendus dans les relations homme/femme. On pense à ce fameux dessin de Claire Brétécher où une jeune femme préfère tabasser un beau jeune homme qui vient de lui dépanner gentiment sa voiture, au motif qu&#8217;elle le trouve trop exceptionnel pour qu&#8217;une autre puisse en profiter. Ce monologue à la Dubillard, un peu long et appuyé parfois,  devrait tout de même faire le bonheur de nombreux apprentis-comédiens&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Philippe du Vignal</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Théâtres L&#8217;Harmattan. 60 pages.Prix: 10 €</span></p>
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		<title>Grand prix international du disque lyrique Orphées d&#8217;or 2012</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 07:55:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[actualites]]></category>

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		<description><![CDATA[Grand prix international du disque lyrique Orphées d&#8217;or 2012 L&#8217;association de l&#8217;Académie du disque lyrique a procédé le 14 mai à sa remise annuelle des Orphées d&#8217;or, prix destinés à couronner les meilleurs enregistrements de musique lyrique. Sous la présidence de Pierre Bergé, la cérémonie s&#8217;est déroulée à l&#8217;auditorium Olivier Messiaen. Très remarqué, le label [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left" align="CENTER"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong>Grand prix international du disque lyrique Orphées d&#8217;or 2012 </strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/orphee.jpg" rel="lightbox[5470]"><img class="alignleft size-full wp-image-5472" style="margin-left: 12px;margin-right: 12px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/orphee.jpg" alt="Grand prix international du disque lyrique Orphées d'or 2012  dans actualites orphee" width="250" height="250" /></a>L&#8217;association de l&#8217;Académie du disque lyrique a procédé le 14 mai à sa remise annuelle des Orphées d&#8217;or, prix destinés à couronner les meilleurs enregistrements de musique lyrique. Sous la présidence de Pierre Bergé, la cérémonie s&#8217;est déroulée à l&#8217;auditorium Olivier Messiaen.<br />
Très remarqué, le label polonais Dux a remporté l&#8217;Orphée attribué à un éditeur pour l&#8217;ensemble de ces productions. Il a aussi été honoré du prix Charles Münch pour L’<em>Opéra Omnia</em> de Mikolaj Zielenski. Spécialisée dans la musique classique polonaise, cette maison fondée en 1992 s&#8217;est imposée dans la diffusion des œuvres de compositeurs polonais, encore trop méconnus et rarement interprétés, à l&#8217;exception de Chopin et du trio contemporain : Penderecki, Lutoslawski et Gorécki. Le chant issu de la tradition orale, glorifié dans <em>Chants d&#8217;Orient et d&#8217;Occident</em> par Rachid Ben Abdeslam, a reçu le Prix spécial.<br />
Dans le domaine de la musique contemporaine, Laurence Equilbey, à l&#8217;occasion de la sortie de <em>Best 20 Accentus</em> s&#8217;est vue décerner l&#8217;Orphée Spécial. Patricia Petibon a été sacrée meilleure interprète pour la <em>Lulu</em> dirigée par Michael Boder. D&#8217;autres cantatrices ont été aussi décorées : Renée Fleming pour l&#8217;album <em>Poèmes</em>, Véronique Gens pour <em>Tragédiennes</em>, Nino Madchaidze pour le meilleur récital d&#8217;airs d&#8217;opéra <em>Romantic Arias</em>, et surtout Sara Mingardo pour l&#8217;enregistrement de l&#8217;œuvre intime et désespérée de Mahler, les <em>Kindertotenlieder</em>.<br />
Un Orphée spécial a été décerné à la cantatrice Anja Silja, en sa présence, pour ses prestations exceptionnelles sur les scènes mondiales. La personnalité de Leyla Gencer illustre cantatrice turque qui avait commencé sa carrière en même temps que la Callas a aussi été évoquée. Légende du chant, Leyla Gencer est désormais connue mais par un nombre restreint de spécialistes et de musicologues. Moins sulfureuse et scandaleuse que la Callas, devenue alors l&#8217;icône de l&#8217;art lyrique, Gencer resta quelque peu  dans l&#8217;ombre.<br />
La soirée aurait pu être laborieuse sans les interludes musicaux et la présence charismatique de Jordi Savall à la fin de la cérémonie . Le maître de la musique baroque a témoigné de ses quarante sept années passées avec sa muse Montserrat Figueras, cantatrice à l&#8217;humanisme éclairé, touchée par la grâce, délicate et inspirée, disparue en 2011. Montserrat Figueras, le timbre le plus pur du répertoire de musique ancienne et, de toute évidence, la voix de l&#8217;émotion…</span></p>
<p align="JUSTIFY"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Rosa Ferreira</span></strong></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #800000">Opéra Bastille, 14 mai 2012. </span></p>
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		<title>Life and Times</title>
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		<pubDate>Thu, 17 May 2012 07:41:52 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Life and Times épisode 2 de Kelly Copper et Pavol Liska en américain  surtitré   Cela ressemble à une blague d’étudiants qui aurait réussi&#8230; Le temps d’une vraie conversation téléphonique,  une jeune femme (Kelly Copper) retrouve ses souvenirs d’enfance et les exprime sous  forme de chants et de danses. Et , chaque moment de  sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/life.jpg" rel="lightbox[5462]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5465" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/life.jpg" alt="Life and Times  life" width="447" height="270" /></a><br />
<strong>Life and Times</strong></em><strong> épisode 2</strong> de Kelly Copper et Pavol Liska en américain  surtitré</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Cela ressemble à une blague d’étudiants qui aurait réussi&#8230; Le temps d’une vraie conversation téléphonique,  une jeune femme (Kelly Copper) retrouve ses souvenirs d’enfance et les exprime sous  forme de chants et de danses. Et , chaque moment de  sa vie va donner lieu à une représentation théâtrale en plusieurs épisodes. C’est ce qu&#8217;a réalisé Pavol Liska avec la troupe du  Nature Theater of Oklahoma.<br />
Le premier  épisode avait  déjà été joué au théâtre des Abbesses l’an passé, et le deuxième  au festival d’Avignon qui  est  à nouveau présenté aujourd’hui. Cinq femmes et un homme vêtus de survêtements de marque aux couleurs intenses occupent le plateau pendant deux longues heures.<br />
Ils sont ensuite rejoints dans les dernières trente minutes par d’autres comédiens qui viennent notamment du cours Florent. Avec vingt personnes sur scène, cette comédie musicale prend toute sa forme au final.  Il y est question de  la vie quotidienne d&#8217;une  jeune américaine, dans sa grande banalité jusque dans les onomatopées qui sont traduites dans le surtitrage. La musique des années soixante-dix sans grande variation de rythme donne un côté ronronnant à l’ensemble. Quant aus parties dansées, elle tiennent de la gymnastique rythmique et rappellent  parfois les riches heures des « claudettes ».</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le tout laisse le spectateur &laquo;&nbsp;branché&nbsp;&raquo;, ravi d’avoir assisté à ce qu&#8217;il pense être une œuvre artistique, aussi  originale que novatrice&#8230;où l’on s’ennuie beaucoup !</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong>Jean Couturier</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #800000;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Au théâtre des Abbesses jusqu’au 18 mai</span></p>
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		<title>Cahin Caha</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 20:58:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cahin Caha de Serge Valetti mise en scène de David Gery « Comment faire pour que ce spectacle commence enfin… » dit David Géry  qui s’interroge sur l’avenir du spectacle qu’il souhaite mettre en production ;  il a donc invité quelques personnes à en voir les vingt premières minutes. Une manière de faire avancer le projet, de trouver [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1></h1>
<h1 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"><em>Cahin Caha </em></span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">de </span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">Serge Valetti</span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"> mise en scène de David Gery</span></span></h1>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #58585a"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/2011-marsane-23-07-2.jpg" rel="lightbox[5457]"><img class="alignleft size-full wp-image-5458" style="margin: 16px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/2011-marsane-23-07-2.jpg" alt="Cahin Caha 2011-marsane-23-07-2" width="350" height="326" /></a><span style="color: #000000">« </span></span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">Comment faire pour que ce spectacle commence enfin… » dit David Géry  qui s’interroge sur l’avenir du spectacle qu’il souhaite mettre en production ;  il a donc invité quelques personnes à en voir les vingt premières minutes. Une manière de faire avancer le projet, de trouver des relais, voire des points de chute.</span></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #000000"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">C’est une stratégie que doivent adopter nombre de compagnies en quête de producteurs, multipliant lectures scéniques, maquettes, bandes-annonces. Le sort du projet dépend alors de la qualité de ces avant-premières. </span></span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">Vingt minutes d’un spectacle en cours de fabrication pourraient frustrer le spectateur, voire le démobiliser. Mais cette maquette </span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">avec Olivier Cruvellier et Christian Drillaud </span></span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">n’est pas un brouillon mais un séduisant début, un tissage de haute précision. Hors-d’œuvre qui met en appétit et qui donne envie d’en goûter davantage. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">La trame est simple : un comédien et son auteur dialoguent sur la difficulté d’écrire quand il ne reste plus rien à dire <span style="color: #000000">… </span></span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">L’écrivain cherche, rature, s’énerve, recommence, s’enthousiasme d’une trouvaille pour </span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">mieux retomber dans le vide, et ainsi de suite. Alter ego, frères ennemis, les</span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"> deux compères s’opposent pour mieux se réconcilier et inversement.</span></span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"><br />
« </span></span><span style="color: #000000"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">J&#8217;ai écrit un monologue à deux voix, explique Serge Valletti.Au départ, c&#8217;était donc une seule personne qui se parlait à elle-même, et puis, chemin faisant, et comme par jeu, ils ont trouvé chacun leur identité. L&#8217;un s&#8217;appelle Cahin et l&#8217;autre Caha. Ils avancent, ils n&#8217;en finissent pas d&#8217;avancer en s&#8217;interrogeant. Comme chacun de nous, quand nous sommes seuls!  »</span></span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"><br />
On retrouve dans </span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"><em>Cahin Caha</em></span></span><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium"> la verve de l’auteur, son sens de la répartie, une facilité d’écriture que les deux comédiens savent contenir pour faire valoir les silences et les hésitations devant la page blanche que devient le plateau nu. Pour faire sonner l’angoisse du néant qui se cache derrière le verbe haut des personnages. ..<br />
Cette pièce infinie, qui n’en finit pas de commencer, permet aux acteurs d’explorer les nuances du jeu, de traduire entre les mots les variations d’humeur, des plus sourdes aux plus violentes. On souhaite qu’elle puisse bientôt voir le jour sur de nombreux plateaux : une aventure à suivre..</span></span></p>
<h1 align="JUSTIFY"><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">Mireille Davidovici</span></span></h1>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #800000"><strong><span style="font-family: Book Antiqua"><span style="font-size: medium">Maquette présentée le 14 mai au Théâtre du Lucernaire.</span></span></strong></span></p>
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		<title>Festival Impatience</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 17:16:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[  Invasion ! de Jonas Hassen Khemiri, mise en scène d&#8217;Antu Romero Nunes . Festival Impatience. Vous avez dit impatience? On s’attendrait à de  jeunes troupes, mais celles que nous y avons vues  cette année ont déjà quelques bonnes années de bouteille derrière elles. Le temps de développer la puissance nécessaire pour tenir des espaces comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"> <a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/thumb.jpg" rel="lightbox[5443]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5452" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/thumb.jpg" alt="Festival Impatience thumb" width="400" height="203" /></a></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Invasion ! </em>de Jonas Hassen Khemiri, mise en scène d&#8217;Antu Romero Nunes .</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Festival Impatience. Vous avez dit impatience? On s’attendrait à de  jeunes troupes, mais celles que nous y avons vues  cette année ont déjà quelques bonnes années de bouteille derrière elles. Le temps de développer la puissance nécessaire pour tenir des espaces comme la scène de l’Odéon ou les immenses ateliers Berthier&#8230;</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> <em>Invasion</em> commence  par du vide où deux techniciens , un homme et  une femme,   habillés de noir :  semblent être  en attente d’une tâche à exécuter ? Techniciens du jeu, en effet : avec deux confrères, ils vont déplier pour nous la pièce de Khemiri, la pousser dans ses derniers retranchements et nous “envahir“ jusqu’au terrible récit final. Tout cela sans rien dans les mains, à l’exception d’une énorme soufflerie.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Donc, ça commence par un très poétique et quelque peu solennel récit des <em>Mille et une nuits, </em>violemment interrompu par deux spectateurs, deux  voyous allergiques à la culture et au “vieux théâtre“. Effet garanti : un instant, on s’y croirait. Ainsi commence la magie du mot  Abulkasem : le nom porte tout le rejet, tout le mépris de la culture pour ceux qui en sont exclus. Nase, nul,  chiant, zéro.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Et puis, selon les modalités lexicologiques des adolescents, l’emploi du mot se retourne : super, géant, génial, « mortel ».  Jusqu’à signifier tout ce qu’on voudra bien y mettre. Le nom Abulkasem développe au fil de la pièce tout son pouvoir magique : lumineux sésame pour un dragueur malheureux, mot de passe pour branchés peu sûrs de leur place dans une avant-garde, nom mythique d’un agent terroriste, il porte  tous les fantasmes que l’Europe veut bien se construire sur l’Islam, un Islam rêvé, abhorré, craint, inventé de toutes pièces. Il envahit l’Europe mentale que l’auteur explore impitoyablement.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> On avait vu la pièce montée par Michel Didym, dans un décor de revue, avec musique et grand escalier. C’était brillant, mais  moins fouillé. Les acteurs du Thalia Theater de Hambourg prennent à bras le corps – vraiment, le corps &#8211; le texte de Khemiri, avec une rigueur toute germanique&#8230; Ils créent et dissipent d’un geste les univers successifs où circule Abulkasem. Pas un temps mort, pas un mot vide (en allemand surtitré). Avec une vitalité qui ne faiblit jamais, jusqu’à une danse bollywoodienne minimale de dos (les masques sont derrière la tête), seul hommage – virtuose et poétique &#8211; au spectaculaire.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> C’est intelligent, généreux, l’œil ouvert sans complaisance sur le monde, avec le luxe de la tendresse et de l’humour, et le courage de la tragédie. Du pur théâtre, qui ne montre rien et fait tout voir.</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Christine Friedel</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Le Signal du promeneur</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Autre bande d’inventeurs en action : Le Raoul Collectif (belge) et son <em>Signal du promeneur. </em>Autant de liberté dans l’espace que leurs camarades d’<em>Invasion, </em>une attention plus visible à ce qui est en train de se créer, et une bonne dose de surréalisme. Le groupe explore l’incompréhensible du monde, qu’il va chercher du côté du fait-divers et de la littérature. Dans la nature aussi, avec les surprises et les obstacles que la représentation de cette nature peut apporter au théâtre: une motte de terre tombe des cintres, un arbre en pot sert tantôt de porte-manteau, tantôt d’interlocuteur.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Un chevalier en armure tient un  discours d&#8217;extrême droite, puis se dépouille de ses armes pour mieux combattre, un faussaire s’attribue le cancer du <em>Mars</em> de Fritz Zorn pour glisser vers la faux cancer du pseudo docteur Romand. Mais  l’humour abracadabrantesque de ces jeunes gens trouve sa limite : à trop suivre cette histoire explorée et réexplorée par la littérature et le cinéma, ils plombent le spectacle et perdent un moment cette étincelle, ces chiquenaudes qui égarent joyeusement le spectateur et construisent leur chemin en zigzags.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Mais les choses reprennent leur cours vagabond, et cela finit par une information de taille : aujourd’hui, un homme s’obstine à chercher dans les déserts du Mexique un ptérodactyle vivant. Le charme de ce spectacle n’est pas du côté du n’importe quoi, mais il possède une attention surréaliste à la richesse des « hasards objectifs ». Dans ces temps de sérieux pesant, on avait presque oublié à quel point ce regard ouvert nous était nécessaire.</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Christine Friedel.</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Le Partage de midi</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le metteur en scène nous dit que le spectacle a été créé en Chine, histoire de suivre le bateau de Claudel. On veut bien, mais ça n’a pas grande importance pour le spectateur. On voit, on entend ici une Chine mythique, une immense Chine de perdition, où personne ne croit réellement pouvoir faire fortune, un piège de la mort acceptée. Il n’y a presque rien sur scène, un velum, quelques cantines de métal – protection contre les pourrissements tropicaux- jouant le bateau et l’exil. Ce n’est pas la première fois qu’on joue Claudel presque sans rien. Du reste, il ne réclame pas grand-chose : sa langue somptueuse, surabondante, en dit assez.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Ce qui, dans la mise en scène de Jean-Christophe Blondel tient du jamais vu, ce n’est pas cette scénographie minimaliste, c’est, du moins dans la première partie, l’économie de la déclamation claudélienne. Entendons-nous, le verbe y est, mais sans l’emphase. Ysé n’est pas idéalisée, c’est une petite-bourgeoise qui exprime très simplement la cruelle innocence de l’amour, du désir: j&#8217;aime, je n’aime pas, je pars avec celui qui me veut. « Je suis une femme », répète-t-elle. Ce n’est pas une justification de sa conduite : on n’est pas du côté de la morale. On ne va pas reprocher  à Claudel de placer la femme du côté de l’animalité, non, on entendra ce « je suis une femme » comme la nécessité, la fatalité du désir. Et la peur de l’amour : pourquoi partir avec Amalric, quand elle porte l’enfant de Mésa ? Parce que l’amour est trop fort, trop lourd,  trop grand, trop&#8230;</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> L’essentiel est là : dans le scandale irréductible de la passion. Pourtant la représentation n’emporte pas entièrement l’adhésion : dans cette mise en scène sans ornements et non sans drôlerie, les comédiens – à l’exception de Nicolas Vial qui a une belle présence -ne tiennent pas la distance. Cela n’empêche pas d’apprécier le beau décapage infligé à Claudel.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Christine Friedel</span></p>
<p style="text-align: center"><p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/16/festival-impatience/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Embrassez-les tous</em> de Barbara Métais-Chastagnier, mise en scène de Keti Irutebetagoyena.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Cela se passe dans un sous-sol du 104. Juste des pendrillons noirs, une dizaine de poulets pendus à des crochets et, au centre du plateau, un canapé à fleurs. Il y a là un jeune homme qui revient chez lui après une journée de travail harassant dans une usine , à tuer des poulets. Sa mère l&#8217;attend. Mais le jeune  homme en question se butte à un mur qui lui coupe la route. Un mur qui sépare en deux un  pays en guerre. On pense évidemment à cette ceinture de sécurité mise en place par Israël avec l&#8217;espoir assez peu réaliste d&#8217;instaurer une paix durable&#8230; </span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Mais il y a aussi ensuite  une jeune femme Nina qui explique à son psychologue en quoi consiste son travail de recherche en neurobiologie qui porte sur la mémoire. Quand Keti Irutebetagoyena nous a parlé de ses intentions de mise en scène, nous avions été assez séduits. Elle est, comme l&#8217;auteur, issue de l&#8217;École Normale Supérieure de Lyon (section théâtre) et elle sait  ce que dramaturgie et  faire  théâtre veut dire. Et cet <em>Embrassez-les tous</em> a quelque chose d&#8217;une fiction qui relève parfois du farcesque. Même si la fin est d&#8217;un tragique absolu, puisque  la mère et le fils seront abattus par les soldats. On est à la fois dans le quotidien le plus banal et dans une théâtralité revendiquée comme moyen spectaculaire, loin du réel: le soldat n&#8217;a que les apparences du soldat, la mère n&#8217;a pas l&#8217;âge normal d&#8217;une mère de jeune homme, la jeune fille est jouée par un acteur&#8230;<br />
Keti Iritebetagoyena  a été l&#8217;assistante de Jean-Louis Benoit, puis de Jean-Michel Rabeux pour cette fabuleuse Nuit des Rois qu&#8217;il avait montée à Bobigny; elle dirige de façon très sûre Quentin Faure et Julie Moulier qui jouent les quatre personnages.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Mais, passées les dix premières minutes, la pièce ressemble vite  à une démonstration théorique qui tient davantage de l&#8217;exercice d&#8217;école et  à laquelle il manque sans aucun doute une véritable chair. On comprend bien que Barbara Métais-Chastanier ait cherché à mettre en place une autre dramaturgie et une autre parole, un peu dans la lignée de Bond et  loin des intrigues habituelles,  mais faudrait-il encore que le spectateur y trouve son compte&#8230;<br />
Désolé, mais cette pseudo-réflexion en soixante quinze minutes sur la guerre et la violence,  malgré  la rigueur de la mise en scène, parait bien longue et nous ne sommes  pas arrivés à entrer dans cette fiction qui se refuse d&#8217;ailleurs à l&#8217;être. C&#8217;est sans doute la difficulté de l&#8217;exercice. A l&#8217;impossible, nul n&#8217;est tenu, mais Keti Iritebetagoyena fait ici la preuve qu&#8217;elle possède à 27 ans de solides qualités de metteuse en scène. Le Festival Impatience sert aussi à cela.</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Philippe du Vignal</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><span style="color: #800000">Festival Impatience, Théâtre National de l’Odéon, Ateliers Berthier et le 104</span><br />
</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>KISS RICHARD</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/16/kiss-richard/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 06:38:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamiel</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[  Kiss Richard de Marc Citti d’après Shakespeare, mise en scène de Magali Leiris. Nous avions  découvert Marc Citti dans le beau Littoral de Wajdi Mouawad, que Magali Leiris avait monté, dans une mise plus tonique que celle de son auteur au Festival d’Avignon. Marc Citti a une très longue carrière avec, entre autres, dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>  Kiss Richard</em> de Marc Citti d’après Shakespeare, mise en scène de Magali Leiris.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Nous avions  découvert Marc Citti dans le beau<em> Littoral</em> de Wajdi Mouawad, que Magali Leiris avait monté, dans une mise plus tonique que celle de son auteur au Festival d’Avignon. Marc Citti a une très longue carrière avec, entre autres, dans plusieurs spectacles de Patrice Chéreau. Il avait notamment interprété Richard III dans une mise en scène de Didier Long en 2004. Dans <em>Littoral</em>, il interprétait, entre autres, un burlesque et magnifique chevalier de Guiromelan.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Kiss Richard est un solo joué sur le  grand plateau noir où est tracé un rectangle blanc ; pour tout décor et accessoires: une chaise d’école, une paire d’escarpins rouges et un morceau de tissu blanc. Marc Citti joue tous les personnages:  Richard III, le duc de Gloucester et sa monstruosité, le Roi, ses enfants qu’il envoie se faire exécuter à la tour de Londres, et  Lady Ann qu’il séduit devant le cadavre de son époux.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Marc Citti  joue aussi les relations avec sa metteuse en scène, ses crises de nerfs pendant les répétitions. C’est un numéro étincelant, parfois encore fragile, le filage  de l’après midi avait  un peu éteint sa voix et l’acoustique de cette grande salle n’est pas des meilleures. Mais les éclairages très réussis offrent de belles perspectives. On retrouve les merveilleux souvenirs du Caubère dans <em>La Danse du diable</em> de ses lointains débuts et ceux bien plus anciens du <em>Richard III</em>  mis en scène par   Roger Planchon au Festival d’Avignon 67.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong>Edith Rappoport</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="color: #800000;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Pôle Culturel d’Alfortville.</span></p>
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		<title>Mama Medea</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 20:57:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mama Medea mise en scène de Christophe Sermet Dans le cadre du festival Impatience a été présenté à l’Odéon une adaptation de la Médée d’Euripide par  Tom Lanoye. Le metteur en scène, assistant de Krzysztof Warlikowski dans Un Tramway (voir Le Théâtre du Blog du 26 février 2010), dirige ici une jeune troupe belge. Des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"><em>Mama Medea</em> mise en scène de Christophe Sermet</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Dans le cadre du festival Impatience a été présenté à l’Odéon une adaptation de la <em>Médée</em> d’Euripide par  Tom Lanoye. Le metteur en scène, assistant de Krzysztof Warlikowski dans <em>Un Tramway</em> (voir Le Théâtre du Blog du 26 février 2010), dirige ici une jeune troupe belge. Des tables et des chaises en formica et une tente rectangulaire mobile, accrochée aux cintres délimitent l’espace de jeu. Le personnage central,  Médée est en rupture avec son père le roi Eétès, après avoir tué Pélias par amour pour Jason et lui avoir permis d’acquérir la Toison d’or. Elle  fuit avec Jason et les argonautes et l&#8217;épouse celui-ci en Grèce. La suite sera bien sûr tragique. Au bout de 2h45 de spectacle avec entracte, nous avons un peu l’impression d’avoir assisté à une représentation d&#8217;une <em>Médée pour les nuls.</em>  De ce point de vue, la représentation est une réussite, la langue utilisée sans vraie portée poétique décrit bien les situations et les conflits entre les différents personnages. Chaque acteur est juste dans son rôle. Une belle énergie transporte la troupe. Cette « Médée » comme le dit le texte est « une femme ordinaire », pourtant son histoire extraordinaire très lisible manque ici d’émotion.<br />
Le public principalement composé de jeunes participants du festival semblaient satisfait de la prestation !</span></p>
<p><strong><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Jean Couturier</span></strong></p>
<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino;color: #800000">Impatience jusqu’au 14 mai organisé par le théâtre de l’Odéon</span></p>
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		<title>LES FUYANTES</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:57:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les Fuyantes mise en scène de Camille Boitel, conception scénographique de Boris Gibé. &#160; Depuis 2004, Camille Boitel et Boris Gibé , artistes circassiens promènent dans le monde leur étrange univers muet, bricolé, burlesque et instable. Nous gardons un souvenir étonné de la découverte de cette compagnie dans L’immédiat au Théâtre de la Cité Internationale, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Les Fuyantes</em> mise en scène de Camille Boitel, conception scénographique de Boris Gibé.</span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Depuis 2004, Camille Boitel et Boris Gibé , artistes circassiens promènent dans le monde leur étrange univers muet, bricolé, burlesque et instable. Nous gardons un souvenir étonné de la découverte de cette compagnie dans L’immédiat au Théâtre de la Cité Internationale, invité par Nicole Gautier, grande découvreuse qui leur avait attribué le prix de Jeunes talents cirque. Boris Gibé déploie une grande boîte élastique de toile grise où les acteurs font de la danse verticale, disparaissent dans des puits qui se creusent par magie à leurs pieds, rebondissent, marchent au plafond. Leurs combinaisons blanches noircissent, ils sautent, s’enjambent sans jamais s’agresser.<br />
Il y a de l’humour, de la tendresse et une certaine détresse dans ce spectacle sans parole s, d’où l’on aimerait que le verbe puisse jaillir. Pour évoquer de notre monde déshumanisé, les images vidéo ne parviennent pas à tenir lieu de langage. Au sein du public, on n’entend que des rires discrets des petits enfants. </span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #000000">Edith Rappoport</span></strong></p>
<h2 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #800000">Théâtre Paul Éluard de Choisy le Roi</span></h2>
<p style="text-align: justify"><a href="http://www.leschosesderien.com"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> www.leschosesderien.com</span></a></p>
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		<title>À L’ABORDAGE</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:52:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; À L&#8217;abordage, création pluridisciplinaire in situ du Collectif la Blanchisserie &#160; Le collectif la Blanchisserie s’est constitué en 2012 à Ivry dans le sillage des Mêmes qui avait mené pendant une quinzaine d’années un travail exemplaire à l’Hôpital Charles Foix d’Ivry. Las, en dépit d’un travail acharné mené par des plasticiens, des musiciens, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/a-labordage1.jpg" rel="lightbox[5401]"><img class="size-full wp-image-5405 aligncenter" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/a-labordage1.jpg" alt="À L’ABORDAGE  a-labordage1" width="400" height="275" /></a></em></span></h2>
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<h2 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>À L&#8217;abordage, </em>création pluridisciplinaire in situ du Collectif la Blanchisserie</span></h2>
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<h2 style="text-align: justify"></h2>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le collectif la Blanchisserie s’est constitué en 2012 à Ivry dans le sillage des Mêmes qui avait mené pendant une quinzaine d’années un travail exemplaire à l’Hôpital Charles Foix d’Ivry. Las, en dépit d’un travail acharné mené par des plasticiens, des musiciens, des troupes de théâtre qui organisaient des fêtes dans le parc de ce bel hôpital, et qui allaient faire des visites dans les chambres de retraités pour la plupart pauvres et isolés , avec le soutien de la DRAC et des collectivités territoriale.<br />
Mais ordre de déguerpir de l’ancienne Blanchisserie qu’il occupaient leur avait été donné, voilà cinq  ans par la nouvelle directrice nommée et heureusement partie depuis. Ils ont dû déménager après un dernier acte poétique dans l’hôpital voilà un mois, à la Trace pour constituer le Collectif la Blanchisserie dans des locaux plus restreints et provisoires pour deux ans à quelques encablures, sur le territoire d’Ivry.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Pour le Festival de l’Oh organisé par le Conseil général du Val de Marne depuis une dizaine d’années Dorsaf Ben Nasser, Caribou (Caroline Brion), Tangible (Edwine Fournier) et KP5 (Cat Loray) aidés par l’ensemble du collectif, ont conçu <em>À l’abordage,</em> installation spectacle manifeste sur la rive de la Seine entre Ivry et Vitry. Au fil de la rive on découvre des installations plastiques argentées, de grands mats hérissés de boules oranges, autant de signes des arrêts temporaires, des haillons, des bâches plastiques, des tags, une capote qui flotte, des acteurs étrangement costumés qui déambulent sur la berge pendant qu’un acteur au micro énumère ce qu’il voit.<br />
Les spectateurs se promènent avec les enfants qui jouent, pour découvrir une grande arche de béton taggée, les acteurs se plongent dans l’eau, ils déploient des linges blancs, se ceignent de chemises, on entend des bruits d’eau, un caquetage, on drape les filles dans de grandes vestes militaires, les cinq acteurs dansent un étrange ballet.<br />
Une poésie bizarre surgit de ce spectacle insolite né d’un véritable engagement d’un collectif solidaire aux antipodes d’un carriérisme solitaire.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong>Edith Rappoport</strong></span></p>
<h2 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Festival de l’Oh, Ivry</span></h2>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> <a href="http://www.collectiflablanchisserie.org">www.collectiflablanchisserie.org</a></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>UNE MOUETTE</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:33:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Une Mouette  d’après La Mouette d’Anton Tchekhov, mise en scène d&#8217;Isabelle Lafon. “La pièce est amaigrie comme Nina à la fin de l’acte quatre, mais ses yeux sont plus grands.Tu vas te perdre un peu dans les noms et les personnages….Ça parle d’amour beaucoup, de théâtre beaucoup, et si l’on ne se perd pas dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"><em>Une Mouett</em>e  <em></em></span><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">d’après<em> La Mouette</em> d’Anton Tchekhov, mise en scène d&#8217;Isabelle Lafon.</span></h2>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"> “La pièce est amaigrie comme Nina à la fin de l’acte quatre, mais ses yeux sont plus grands.</span><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Tu vas te perdre un peu dans les noms et les personnages….</span><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Ça parle d’amour beaucoup, de théâtre beaucoup, et si l’on ne se perd pas dans l’amour et le théâtre, où veux-tu que l’on se perde ? La musique s’approchera de toi. L’histoire s’approchera de toi dans cet abri théâtre ou dans le théâtre comme dernier abri. Tu fais partie de la pièce.” déclare Isabelle Lafon.</span><br />
<span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"> Cinq femmes sur le plateau nu du théâtre sans aucun costume ni accessoire de théâtre, elles plantent “la vie telle qu’elle apparaît dans les rêves” et déclinent le texte de  <em>La Mouette</em> en incarnant les personnages tour à tour sans jamais s’identifier, puisqu’elles jouent tour à tour Trepleev, Trogorine, Arkadina, Macha et son instituteur de mari Medjevenko, ou les serviteurs. “Que l’on écrive sans jamais penser à aucune forme” déclarait Tchekov, je suis faux jusqu’à la moelle des os”… Aucun mouvement théâtral, elles se rapprochent simplement du public entre les séquences. Norah Krief en Nina arrache une belle émotion en récitant le texte de Trepleev dans le petit théâtre sur le lac, comme Isabelle Lafon en Arkadina qui affirme:  “J’ai une règle, ne jamais regarder l’avenir…”..<br />
Ce spectacle émouvant mérite d’être joué chez tous les amoureux de Tchekhov ! Le Paris Villette menacé actuellement doit continuer à vivre, signez sa pétition !</span></p>
<h2 style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">EDITH RAPPOPORT</span></h2>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino;color: #800000"> Théâtre Paris Villette, lun,, mer, sam à 19 h 30, jeu, vent à 21 h, durée 1 h, Tél 01 40 03 72 23, jusqu’au 26 mai</span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Pollock</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/14/pollock/</link>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 09:26:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; &#160; &#160; &#160; &#160; Pollock, de Fabrice Melquiot Jackson Pollock, figure emblémathique de l’expressionisme abstrait américain, en révolte, personnelle et politique, et Lee Krasner, sa femme, artiste peintre célébrée par Mondrian, qui l’accompagne dans sa descente en enfer, s’affrontent. La vie, chez Jackson Pollock, son œuvre, suivent la courbe de son alcoolisation, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
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<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><strong><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Pollock-4%C2%A9Elisabeth-Carecchio.jpg" rel="lightbox[5392]"><img class="size-full wp-image-5428 aligncenter" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Pollock-4%C2%A9Elisabeth-Carecchio.jpg" alt="Pollock Pollock-4%C2%A9Elisabeth-Carecchio" width="552" height="368" /></a></strong></em></span></p>
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<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><strong>Pollock</strong></em><strong>, de Fabrice Melquiot</strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Jackson Pollock, figure emblémathique de l’expressionisme abstrait américain, en révolte, personnelle et politique, et Lee Krasner, sa femme, artiste peintre célébrée par Mondrian, qui l’accompagne dans sa descente en enfer, s’affrontent. La vie, chez Jackson Pollock, son œuvre, suivent la courbe de son alcoolisation, de son autodestruction, de son cynisme. Nous sommes dans l’Amérique du début du XXème, <em>à cru</em>, mondes décalés entre commentaires sur la création, les artistes, le métier de vivre, le couple, la dérive.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Fabrice Melquiot signe la pièce, torrent de paroles sans ponctuation ni respiration, hors d’haleine. La biographie de Pollock, âpre, excessive, est sa matière vive : <em>« Peindre et me tuer je ne fais rien d’autre ». </em>L’écriture, comme la vie de l’artiste peintre, est de l’art brut, de l’état d’urgence, une danse de mort : moments de dialogues rythmés comme blues et longs monologues où chacun devient narrateur et commentateur, où les rôles s’interchangent et s’inventent. Ainsi l’interview où Pollock, dans le rôle du journaliste, questionne Lee, sa femme, dans le rôle de Pollock. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">L’action se passe dans l’atelier de l’artiste, très ordinaire, pour une peinture sortant résolument du cadre, pour un huis-clos de tragédie, celle de sa vie. La scénographie (signée Paul Desveaux, également metteur en scène) est conforme à la biographie. Lee Krasner (Claude Perron) avait entraîné Jackson Pollock (Serge Blavan) à Long Island pour le protéger de son alcoolisme. Ils y vivaient dans une ancienne ferme, sans eau chaude ni chauffage et avec très peu d&#8217;argent, une petite grange, servait d’atelier.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Pots de peinture et bouteilles de bière, une gazinière pour <em>« les œufs au plat avec de fines tranches de lard »</em>, un escabeau, deux supports toiles qui serviront aussi pour quelques images filmées de Roosevelt, tel est le lieu de travail représenté, on pourrait dire lieu d’enfermement.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">On entre, avec Pollock, dans la folie du processus de création : <em>« J’accroche la toile sans châssis sur un mur ou je l’étends sur le sol&#8230; Je n’aime pas les outils du peintre Je ne veux pas de chevalet pas de palette pas de pinceaux. Je préfère travailler avec des bâtons des spatules des galets parfois mes ongles et des couteaux faire couler la peinture ou la charger avec du sable du verre pilé autre chose des corps étrangers » </em>Pour lui, la création est animale dans le geste, la perte du contrôle de soi, la rage, la violence. Il est dans un engagement physique total avec sa toile, utilise le <em>dripping </em>(projection de HYPERLINK &laquo;&nbsp;http://www.evene.fr/arts/actualite/red-scare-guerre-froide-art-americain-peinture-1803.php&nbsp;&raquo;peinture sur la toile) et le <em>pouring,</em> (coulage du matériau à partir du pot de peinture ou d&#8217;un bâton). On assiste en direct à sa mise en tableaux et Lee, l’épouse, lui sert d’exutoire :<em> « Il n’y a ni commencement ni fin il n’y a pas de sujet je parle de l’intérieur » </em>hurle-t-il, comme un bateau ivre.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Il admire passionnément Picasso, <em>la Jeune fille devant un </em>miroir le trouble, Miro l’inspire, il rencontre Calder et se laisse envahir par Tenessee Williams, dans les affres de l’écriture avec sa <em>Ménagerie de verre</em> et que Lee n’apprécie pas, pensant qu’il a sur Pollock une mauvaise influence. Il rencontre José Clemente Orozco, l’un des trois grands de la peinture murale mexicaine, est inspiré par les motifs abstraits de l&#8217;art primitif et la peinture de sable des Navajos. Cette émulation est pour lui très féconde. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Sur les critiques, il s’abat comme un aigle, de violentes controverses en effet les ont divisés à son sujet : « <em>Les critiques me jugent et je ne sais pas pourquoi ils me jugent, qui les paie pour me juger, comment font-ils pour me juger, quelle valeur vont-ils donner à mon monde intérieur ? Quelle note accorderont-ils à mon inconscient ? » </em>et pourtant, malgré son crépuscule des dieux, il est au zénith et divise : <em>« et puis je suis devenu une star&#8230; je suis devenu une créature poétique</em>», ironise-t-il, même si <em>« Tout succès est définitivement un malentendu ».</em></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Dans ses délires éthyliques, Pollock visionne sa mort, au volant d’une grosse cylindrée, et son enterrement. Présage&#8230; Il se tuera en voiture, en 1956, un <em>art de vivre</em> du moment, aux Etats-Unis, vitesse grand V.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">On est saisi par la brutalité de sa rencontre avec l’art, ses violences dans le couple oùle rapport de force est permanent, miné par la boisson, tous deux se mettent en scène et théâtralisent la relation, ils construisent leur quatrième mur. Les déclarations d’amour ainsi s’écrasent au sol : <em>« Tu me trouves belle ? </em>» demande Lee. Et Pollock de répondre : « <em>J’ai vu pire </em>», puis : « <em>Ta gueule, je peins</em>&#8230; » Il lui reproche : <em>« Tu ne veux pas que je guérisse tu veux pouvoir me dominer encore ! »</em></span></p>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Il n’y a pas d’espace pour elle. Insultes, injures, infidéllités, sont son quotidien. Ele essaie de poursuivre, elle aussi, avec son art, sans se désespérer. <em>« Il faut que tu exposes&#8230; » </em>lui dit-il un jour<em>.</em> Le Corbusier « <em>a apprécié mes grandes toiles verticales </em>» rayonne-t-elle.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Autour d’eux, le vide se creuse, le délire est permanent, ils sont déconnectés du réel : <em>« Pourquoi est-ce qu’on ne voit plus personne ? »</em> demande Pollock « <em>Parce que plus personne ne veut nous voir</em> » répond Lee et le doute est présent <em>: « mon échec, l’aveu brutal de mon échec »&#8230;</em></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Les quelques respirations offertes dans la pièce le sont sur fond de danse, moments de grâce entre blues et comédie musicale version début du XXème. L’un des derniers tableaux est le récit fait par Pollock, qui tient tous les rôles, du tournage du film de Hans Namuth : <em>« Filmez-moi qu’on n’ait plus aucun doute sur mon génie »</em>. Le réalisateur a en effet, dans la vie, photographié puis filmé Pollock qui a vu son impact augmenter dans les années 50, en particulier dans les écoles d&#8217;arts des États-Unis. La pièce colle à la biographie.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">On pourrait poursuivre, avec les phrases jetées à la figure, par Lee : <em>« Le génie est une maladie infantile très difficile à soigner</em> », par Pollock : <em>« Les images me viennent, ça prend le temps que ça prend.. » « Le peintre moderne commence par le néant c’est la seule chose qu’il copie »</em>.On pense à Scott et Zelda Fitzgerald, à Diego Rivera et Frida Kahlo, à d’autres, quand l’homme et la femme, artistes tous deux, se perdent dans leur rêve et se noient dans l’alcool et la désespérance de vie. </span></p>
<p align="JUSTIFY"> <span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le texte a une telle force, cette histoire de vie nous pénètre. Les acteurs portent le meilleur et le pire de leurs personnages avec conviction et passion. Pourtant on ne retrouve pas tout-à-fait, dans le travail, la singularité de l’écriture. Et le plateau reste plus linéaire que le texte, dans ce rituel de destruction. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Brigitte Rémer</span></strong></p>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #800000">Théâtre 71, Scène Nationale de Malakoff, du 9 au 13 mai 2012, puis en tournée. </span></p>
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		<title>Amédée</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/11/amedee/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 06:39:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamiel</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Amédée, texte et mise en scène de Côme de Bellescize. Côme de Bellescize met en scène le délicat problème du droit de mourir. Il accomplit ce défi un peu fou dans la grâce naturelle et la somptuosité de la tendresse existentielle. Tout part très vite, comme dans la vie ,quand on n’y fait pas attention. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong><em>Amédée</em></strong>, texte et mise en scène de Côme de Bellescize.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Am%C3%A9d%C3%A9e.jpg" rel="lightbox[5376]"><img class="alignright size-full wp-image-5383" style="margin: 16px 12px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Am%C3%A9d%C3%A9e.jpg" alt="Amédée Am%C3%A9d%C3%A9e" width="452" height="299" /></a>Côme de Bellescize met en scène le délicat problème du droit de mourir. Il accomplit ce défi un peu fou dans la grâce naturelle et la somptuosité de la tendresse existentielle. Tout part très vite, comme dans la vie ,quand on n’y fait pas attention.<br />
Une mère seule, rivée à son petit écran et figée dans ses récriminations contre des jours difficiles. Elle partage un quotidien amer avec Amédée, son fils de vingt ans,  sans travail et sans formation, qui rêve de devenir pilote de formule 1 ; son  copain est pompier et sa copine capricieuse.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">   En attendant de piloter un bolide   Amédée, scotché à sa console de jeux, pour des  courses virtuelles, se livre aussi à des virées  en voiture à tombeau ouvert&#8230; Arrive  alors brutalement l’accident , pas tout à fait fatal,  qui le laisse entre la vie et la mort, plus près de la mort que de la vie. Médecins, pompiers, petite amie, et mère surtout y mettent de leur énergie,  et de leur âme pour qu&#8217;existe  enfin chez lui un petit soupçon de vie.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">   Les efforts d&#8217;Amédée ont été largement consentis mais la montagne à grimper est bien trop haute et s’éloigne toujours un peu plus. Que faire ? Continuer à se battre ou bien rendre les armes dans la dignité ? L’auteur et metteur en scène délivre sa propre réponse : mourir est un droit. D’accord ou pas d’accord, là n’est pas la question car il s’agit de théâtre avant tout avec ce bel <em>Amédée</em>.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">   La direction d’acteurs est vive et pétillante, les tableaux se succèdent, les rythmes et les situations varient  mais sans complaisance vers  une émotion facile. Les face-à-face d’Amédée avec ses partenaires  sont piquants et enlevés, ne serait-ce que le duo beckettien où le double d’Amédée lui-même exprime ses désirs, ses rêves, ses espoirs et ses déceptions.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">  Teddy Melis en diablotin luciférien est excellent. Amédée que joue Benjamin Wangermée diffuse malgré lui une aspiration à vivre et un contentement d’être qui ne trompe pas. Éric Challier en capitaine des pompiers est une figure désespéré et le fait  qu&#8217;il soit là, sur terre, à exister simplement, n’en finit pas d’émouvoir. Vincent Joncquez ,en  copain et médecin, est juste, attentif et sensible. La petite amie (Eléonore Joncquez) est déjantée, vive dans ses interventions sonores, et la mère (Maury Deschamps), enfermée dans la folie de garder son fils pour elle seule, est tout à fait convaincante. Il fallait du culot pour oser une chose pareille sur scène.<br />
Côme de Bellescize sait s’entourer de comédiens généreux. Qu’il continue.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Véronique Hotte</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Théâtre de la Tempête jusqu&#8217; au 2 juin. T : 01 43 28 36 36</span></p>
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		<title>Dans la jungle des villes</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/10/dans-la-jungle-des-villes-3/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 May 2012 20:13:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamiel</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans la jungle des villes, de Bertolt Brecht. Mise en scène : Roger Vontobel &#160; Tout s’achète : même une opinion ? Étrange marché : une opinion, ça se donne à qui veut, alors la vendre ? Pour le Brecht des années vingt, si Shlink veut acheter l’opinion de George Garga, c’est pour la pure joie du combat, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><strong>Dans la jungle des villes</strong></em><strong>, de Bertolt Brecht</strong><strong>. Mise en scène : Roger Vontobel</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Tout s’achète : même une opinion ? Étrange marché : une opinion, ça se donne à qui veut, alors la vendre ? Pour le Brecht des années vingt, si Shlink veut acheter l’opinion de George Garga, c’est pour la pure joie du combat, pour le faire « vaciller sur son socle ». Bon. Garga refuse, puis accepte : toute l’argent de Shlink, entrepreneur qui a fait fortune à la force du poignet dans le commerce du bois, pour l’affronter dans ce jeu à qui perd gagne. Le combat sera violent, long, déconcertant, pour finir sans vainqueur ni vaincu. Retour à la case départ, rien de changé sinon pour les victimes des dégâts collatéraux. Dans la jungle des villes, l’argent règne : il faut donc tout miser. Pour retrouver au bout du compte ce que Rousseau appellerait un « second état de nature » plus violent encore que l’état primitif, une ville un peu plus délabrée et une famille dégradée.</span></p>
<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Le défi de Shlink, le fait que Garga accepte la provocation et y répond,  restent mystérieux quelle que soit la mise en scène : quand on a obtenu, comme Shlink, tout ce qu’on a voulu, a-t-on besoin à ce point-là de divertissement ? La position de Garga n’est pas moins mystérieuse, sauf peut-être du côté de la fascination pour l’argent jeté, bu, tout puissant et sans valeur, sinon peut-être, encore une fois, comme seule mesure de la liberté.</span><br />
<span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"> Roger Vontobel doit son succès en Allemagne à sa façon radicale de bousculer les classiques pour les projeter dans le contemporain.</span><br />
<span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"> Ça fonctionne, ou ça ne fonctionne pas. On peut se demander si c’était nécessaire ici. Ainsi, le rock en direct est censé  être efficace mais  il vient plutôt casser le rythme et l’énergie impulsés par les comédiens, en particulier Clément Bresson ( Garga). La ligne choisie pour le personnage de Shlink (Arthur Igual) déconcerte : en bourgeois revenu de tout, il semble ne s’intéresser au duel qu’il a proposé que dans la dérobade, non sans élégance, y compris quand, au sein de la famille Garga, il tente (un peu) d’entrer dans la peau et dans les pantoufles de son adversaire. En fait, le “couple“ n’existe pas,et la question de l’identité n’arrive pas à nous passionner. Plus tard, en tant que « jaune », Shlink de Yokohama est livré aux insultes d’un sous-prolétariat revanchard : rien ne se passe. Est-ce à dire que le bourgeois, même défroqué, serait la seule tête de Turc aujourd’hui ?</span><br />
<span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"> Tout aussi étrange est la vision des parents Garga : à les voir sortir de leur trou, grosses poupées bourrées de chiffon, on croit qu’une parenthèse esthétique va s’ouvrir du côté de la farce, du grotesque. Mais non, on a simplement sous les yeux l’image gênante d’un quart-monde livré à l’alcool et à la télé-commande. Ajoutons que le film tenant lieu de prologue est long, assez laid, mal joué – ni théâtre ni cinéma – par ces bons comédiens. Car ils le sont, même si on peut douter des directions qui leur sont données. Ajoutons encore que les coupes sévères faites à la pièce ne contribuent pas à l’éclairer et la font paraître longue, parfois.</span><br />
<span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"> Reste que cette <em>Jungle des villes</em>, la nuit, dans son beau décor lumineux donne à penser, et aussi à redire. Mais enfin, au théâtre, on aimerait être convaincu et emporté tout de suite, dans le moment de la rencontre vivante, plutôt que d’être relégué aux plaisirs quelque peu amers de la critique.</span></p>
<p><strong><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Christine Friedel</span></strong></p>
<p><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Théâtre de la Colline jusqu’au 7 juin . T: 01 44 62 52 52</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/dans-la-jungle.jpg" rel="lightbox[5374]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5386" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/dans-la-jungle.jpg" alt="Dans la jungle des villes dans-la-jungle" width="450" height="274" /></a></p>
<p align="JUSTIFY">********************************************************************************************************</p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><strong>Dans la jungle des villes</strong></em><strong>, de Bertolt Brecht</strong><strong>. Mise en scène : Roger Vontobel</strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">« Vous vous trouvez à Chicago en l’année 1912. Vous observez deux êtres humains se livrer comme sur un ring un inexplicable combat, et assistez au déclin d’une famille, venue de la savane jusque dans la jungle de la grande ville. Ne vous cassez pas la tête sur les motifs de ce combat, mais prenez part aux enjeux humains, jugez sans parti pris la manière de combattre de chaque adversaire, et portez toute votre attention sur le dernier round ».</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Cet <em>avertissement</em>, que l’on trouve dans la publication du texte français de Stéphane Braunschweig (1997, sous-titre : « <em>Le combat de deux hommes dans la ville géante de Chicago »</em>) aiderait celui qui découvre le texte de Brecht (pièce de jeunesse, écrite en 1922). Car tout au long du spectacle, la question taraude : quel sens a cet affrontement, cette <em>mise à mort</em>, entre deux hommes, Garga et Shlink, quelles en sont les raisons ?</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Des images sur grand écran nous introduisent au cœur d’une vidéothèque, (dans le texte original, il s’agit d’une bibliothèque de prêt), un client vient emprunter un film. L’homme n’est pas seul, Shlink l’accompagne et provoque le vendeur, Garga, à coups de dollars. « <em>Cette opinion est à vous ? Je voudrais vous acheter cette opinion&#8230; dix dollars, c’est trop peu ? </em>» Plus loin <em>« Je pense qu’avec cinquante dollars, je ne touche pas encore à votre âme »</em>&#8230; . La tension est forte d’emblée et la violence va crescendo.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Ironie, violence, provocation, insultes et menaces s’inscrivent sur cet écran et seront notre alphabet tout au long de la pièce, le commerce du sexe en plus. « <em>Votre opinion aussi est sans importance, si ce n’est que je veux l’acheter </em>». Très vite l’échange s’inscrit dans un rapport de force agressé agresseur, dominant dominé. George Garga (Clément Bresson), le vendeur au « <em>linge poisseux </em>» dont la famille <em>« se nourrit de poisson pourri </em>», fait face à Shlink (Arthur Igual), négociant en bois, grand escroc que nous retrouverons plus tard, entouré de sa bande d’<em>incorruptibles</em> : C. Maynes, Skinny et J. Finnay dit le Lombric, (John Arnold, Rodolphe Congé, Sébastien Poudéroux) hommes orchestres, jouant batterie, guitare, voix et synthé sous la baguette rock de Daniel Murena, compositeur.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Après ce préambule hypnotique, l’image descend sur scène en fondu-enchainé et cède la place aux acteurs. Shlink, appelé <em>le jaune</em>, impose à Garga d’échanger les rôles. Ce dernier, intronisé chef d’entreprise à la tête du négoce de bois, se voit remettre le grand livre des comptes, sur lequel Shlink et ses sbires renversent un encrier. Tous sont congédiés, les dollars voltigent : « <em>Ma maison est à vous, ce commerce de bois vous appartient. De ce jour Mister Garga, je remets mon destin entre vos mains, vous m’êtes inconnu. De ce jour, je deviens votre créature </em>».</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">En geste miroir, Shlink s’introduit dans la famille de Garga : On demande le père<em>, </em>John Garga (Philippe Smith), qui tient aussi le rôle de Colie Couch, dit le Babouin. On demande la mère, Maë (Cécile Coustillac), deux personnages tracés à gros traits, de façon résolument caricaturale, curieuse imagerie des bas-fonds, ridicule et laide. On demande la sœur, Marie (même comédienne que la mère), amoureuse et servante chez Shlink, qui tente d’aider son frère, puis lâche et se laisse dériver : <em>« Tu ne te ressembles plus tellement » </em>lui dit-elle. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Chantage, corruption, intrusion, humiliations, simulacre, sexe et marchandage, des mondes se détraquent. Nous suivons, d’hôtels en bars, ces moments de suspension où Jane Larry (Annelise Heimburger), ex-fiancée de Garga, attend le client en compagnie de Marie, la sœur bien aimée. La scénographie (Claudia Rohner)se construit et s’adapte, au fil des séquences ; de petits points lumineux dans la ville nous accompagnent comme voies lactées, mais la ville reste sombre.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Quand Garga revient dans sa famille avec Jane, en robe de mariée, les parents rutilent dans de nouveaux vêtements, une nouvelle maison. Tout se délite quand il annonce qu’il doit payer sa dette : trois ans de prison. <em>« C’est une affaire de bois vendu deux fois », </em>dit-t-il. La maison, finement dessinée par des fils de métal suspendus et de petites lumières, se balance et chavire, perdant une à une ses étoiles. Le piège se referme, comme à chaque fois Shlink rattrape Garga, plus tard, c’est une lettre de créance qui inversera les rôles, zéro partout. La mère s’enfuit, un monde s’écroule. « <em>Les déserteurs, on les colle aux murs </em>» hurle John, le père. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Dans l’un des derniers tableaux, la salle est prise à parti, apostrophée,la lumière s’allume à demi : <em>« De qui dépend que l’injustice soit brisée ? De nous&#8230;. De qui dépend que l’oppression demeure ? De nous&#8230; »</em>. Morale brechtienne, illustration, jour d’élection cela résonne : trois jeunes d’aujourd’hui au profil d’ados encapuchonnés, frappent le rideau de fer comme mur de prison. <em>« Est-ce que nous, nous pouvons tuer ? » </em>poursuit l’acteur intervenant,<em> « Celui qui vit ne doit pas dire : jamais &#8230;. » </em></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">La dernière séquence nous plonge dans l’arène, Garga et Shlink se livrent un combat acharné, le plateau, mobile, tourne sur lui-même, augmentant la vitesse d’exécution, comme une accélération, au cinéma. Au fond, face aux spectateurs, assis sur des chaises, immobiles, les acteurs regardent en silence, avant de quitter un à un le plateau. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>« Dans la jungle des villes »</em> fait penser à la pièce de Koltès : <em>« Dans la solitude des champs de coton ». </em>On y trouve ce même <em>deal</em> entre les protagonistes, sorte de pacte à la Méphistophélès scellant une interdépendance ravageuse entre deux personnages. La lecture de Brecht proposée par Roger Vontobel, nous laisse cependant dans l’incertitude et la pièce reste une énigme. Disons qu’elle y est plutôt en toile de fond, comme un prétexte pour une page d’écriture scénique personnelle et audacieuse, loin de l’orthodoxie brechtienne. Cette distance entre la pensée originelle et la proposition explique peut-être l’accueil réservé du public, en tous cas, ce jour-là, malgré la belle énergie des acteurs. Le jeune metteur en scène suisse allemand, s’est fait connaître, dit le programme<em>, « par ses relectures audacieuses des œuvres du répertoire (Kleist, Goethe, Grabbe, Schiller, Ibsen&#8230;) qu’il inscrit scéniquement dans notre monde contemporain et ré-interprète à la lumière des questions posées par notre société »</em>. Ici, l’image, de bruit et de fureur, s’intercale au plateau et nous fait osciller du virtuel au réel. Mais elle perd souvent le texte et parle à sa place. Se pose alors la question du sens. <em>« Il n’y a plus d’espoir pour le sens. Et sans doute est-ce bien ainsi : le sens est mortel »</em> dit Jean Baudrillard dans sa méditation à haute voix.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Brigitte Rémer</span></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Une piètre imitation de la vie</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/09/une-pietre-imitation-de-la-vie/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 19:37:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamiel</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[ Une piètre imitation de la vie, de et par le théâtre de la Démesure, mise en scène de  Benjamin Abitan. Imaginez une station de recherche internationale installée sous les glaces de l’Antarctique, Concordia (!). Mission : étudier le lac subglaciaire de Vostok, dernier endroit inexploré sur terre. Sur quoi  va se greffer ,l’opération « langue des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"> <span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Une piètre imitation de la vie</em>, de et par le théâtre de la Démesure, mise en scène de  Benjamin Abitan.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Imaginez une station de recherche internationale installée sous les glaces de l’Antarctique, Concordia (!). Mission : étudier le lac subglaciaire de Vostok, dernier endroit inexploré sur terre. Sur quoi  va se greffer ,l’opération « langue des dieux ». Nous allons donc voir ce groupe de jeunes gens, le temps d’une nuit polaire – rien que six mois -, travailler, manger, tuer le temps avec des jeux de société – il n’est pas indifférent que leur jeu préféré soit le déguisement -, sans crises, sans conflits. Ce ne serait pas le sujet, on n’est pas dans un théâtre bourgeois délocalisé, le huis-clos n’a pas pour fonction de dramatiser une quelconque crise. Non, notre objet d’étude, à nous, spectateurs, c’est cette fameuse « langue des dieux » que parlent entre eux ces jeunes chercheurs.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Nous n’en entendrons que la version française, en voix-off enregistrée, et  sur le plateau les comédiens se livreront au minimum de gestes nécessaires pour que l’on comprenne qui parle, qui répond, dans la situation où ils se trouvent. Aucun besoin de mimer quoi que ce soit du contenu du message, emprunté presque uniquement aux phrases de la méthode Assimil.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> C’est dire la qualité d’humour à froid de l’affaire! La moindre des choses dans ce cadre polaire. Dans un décor minimaliste, fonctionnel, soigné, blanc, est représentée une vie banale et sérieuse jusque dans ses  jeux , rigoureusement organisés. En prologue, nous avions eu droit à un savoureux atelier-théâtre, une metteuse en scène invisible guidant les improvisations d’un homme et d’une femme « des cavernes », signalés comme tels par leur tunique en peluche. Ensuite, sur écran blanc et ciel bleu, nous avions vu la ballade poétique d’un ours blanc, lui aussi en peluche, avant d’entrer dans la station de recherche.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Avec cette <em>Piètre Imitation de la vie</em>, le Théâtre de la Démesure travaille sur  les couches de langage artificiel qui nous séparent de notre réalité.<br />
La « langue des dieux » existe bel et bien, et pas seulement dans la réclame ou dans les médias, barrant le passage à la pensée, formidable travail d’idéologie au service des « dieux ». Lesquels ? Pas trop difficile à deviner, en ces temps où l’on nous matraque avec la crise. Laquelle a bon dos&#8230;.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Bon vent aux “scientifiques“ du Théâtre de la Démesure : ils font là un théâtre intelligent, drôle – même si la répétition de la voix off finit par  lasser -, et très politique, dans la mesure où ils interrogent très profondément, par leur jeu et par les jeux de leurs personnages (voyez l’abîme…), ce qu’est la représentation.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> On a pu voir ce conte théâtral à plusieurs étages début mai à Montreuil. Si vous voyez annoncée quelque part, cette<em> Piètre Imitation de la vie ,</em> allez-y.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Christine Friedel</span></p>
<p style="text-align: justify">
]]></content:encoded>
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		<title>Un jour de 8 mai 2012</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/08/un-jour-de-8-mai-2012/</link>
		<comments>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/08/un-jour-de-8-mai-2012/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 08 May 2012 19:49:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[actualites]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; &#160; Un jour de mai 2012 &#160; « Cédons lui ce pouvoir que je ne puis garder » Phèdre de Racine. Drôle de pays qui met en scène involontairement la passation de pouvoir le jour où nous commémorons la fin de la deuxième guerre mondiale qui a coûté tant de vies humaines. Très belle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/NS-FH-045.jpg" rel="lightbox[5360]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5362" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/NS-FH-045.jpg" alt="Un jour de 8 mai 2012 dans actualites NS-FH-045" width="400" height="267" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><span style="color: #000000;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Un jour de mai 2012</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="color: #000000;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">« Cédons lui ce pouvoir que je ne puis garder » <em>Phèdre</em> de Racine. Drôle de pays qui met en scène involontairement la passation de pouvoir le jour où nous commémorons la fin de la deuxième guerre mondiale qui a coûté tant de vies humaines. Très belle dramaturgie que même les auteurs les plus féconds ne pouvaient imaginer.<br />
Le tout avec une certaine bonhomie, quelques serviteurs zélés de chacun des deux camps, enjoués et affables, d’autres plus sévères et déjà ailleurs. Ainsi évolue ce pays entre comédie et drame.<br />
Un pays républicain qui fait vivre ses hommes de pouvoir dans des palais dorés. La comédie politique, les électeurs la connaissent depuis longtemps, le drame certains le vivent déjà, d’autres vont peut être le découvrir ou pas ! Harold Pinter  dit  dans <em>: Art, vérité et politique: </em>« La majorité des hommes politiques à en croire les éléments dont nous disposons, ne s’intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir, il est essentiel que les gens demeurent dans l’ignorance, qu’ils vivent dans l’ignorance de la vérité, jusqu’à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges ».</span></p>
<p><strong><span style="color: #000000;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Jean Couturier</span></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/NS-FH-080.jpg" rel="lightbox[5360]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5361" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/NS-FH-080.jpg" alt="NS-FH-080 dans actualites" width="400" height="267" /></a><strong></strong></p>
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		<title>Les descendants</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 15:52:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamiel</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les descendants, d’après Sedef Ecer, mise en scène de Bruno Freyssinet    Trois générations : la première vit la dictature et le génocide, la seconde le tabou et le secret sur cette période noire, et la troisième cherche à soulever le couvercle. Les “inférieurs“ – ni l’auteur turque, ni le metteur en scène français, ni les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/9204bf79b4685d7db7a5a43cbbfce3f4.jpg" rel="lightbox[5339]"><img class="size-full wp-image-5343 aligncenter" style="margin-top: 12px;margin-bottom: 12px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/9204bf79b4685d7db7a5a43cbbfce3f4.jpg" alt="Les descendants 9204bf79b4685d7db7a5a43cbbfce3f4" width="533" height="300" /></a></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong><em>Les descendants</em></strong>, d’après Sedef Ecer, mise en scène de Bruno Freyssinet</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">   Trois générations : la première vit la dictature et le génocide, la seconde le tabou et le secret sur cette période noire, et la troisième cherche à soulever le couvercle. Les “inférieurs“ – ni l’auteur turque, ni le metteur en scène français, ni les acteurs, allemands, arméniens, français, turcs, n’ont voulu désigner l’histoire d’un pays plutôt que d’un autre – sont exilés et conduits à la mort par une dictatrice (bonne idée, dérangeante et efficace) particulièrement redoutable, “éradicatrice“, “purificatrice“, conquérante (n’ayons pas peur des “guillemets d’horreur“ qui soulignent l’idéologie abominable que porte ce vocabulaire, la conquête ne valant du reste pas mieux pas mieux ). À sa mort même, comme cela s’est produit avec Franco en Espagne, on continue à la faire parler, le temps de donner autorité à ses successeurs.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Les survivants, ceux qui ont été préservés par et pour la science, gardent un vieil observatoire, la tête dans les étoiles, et la descendante exerce sous la terre une autre activité tout aussi symbolique : elle est archéologue, et travaille d’urgence, avant la mise en eau d’un barrage, à sauver le Sarcophage des pleureuses. Elle-même ne pouvant pleurer sur le passé terrible qu’on lui a caché…</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> La pièce est compliquée : elle nous emmène, en scènes très courtes (trop courtes ? ), droit au cœur de la tragédie (la fille de la révoltée qui a assassiné la dictatrice aime le fils, caché, de celle-ci…), dans la comédie politique, dans le récit au travers des trois générations, dans l’image, la musique… La comédienne qui joue la dictatrice est d’une force exceptionnelle : un bloc de pouvoir, effrayant, grotesque. Les autres interprètes n’arrivent pas à cette ampleur, ce qui gomme quelque peu le propos.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Les langues se mêlent en de longs récits : on a envie de les entendre, de se laisser aller à l’effet “tour de Babel“, au point de regretter que trop de sous-titrage parasite tout cela.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> C’est le défaut de ce projet réellement collectif, et réellement européen : vouloir, ou plutôt se sentir être obligé de trop dire, de trop expliquer, de poser de façon trop abstraite les questions morales liées aux questions politiques.<br />
Est-il possible  de réaliser  un tel projet ? Tel qu’il est, on sent bien ce qu’il a d’exaltant, d’enthousiasmant pour ceux qui y participent depuis de longs mois, avec tout le travail de recherche passionnant que cela implique. Il fonctionne aussi pour un public très jeune qui apprend ici, sous une forme spectaculaire simple et souvent efficace, ce qu’il ne savait pas de l’Europe compliquée  où il vit. Pour un public plus habitué, on a envie de dire : « moins de mots, plus de jeu, de situations, du théâtre ! ».</span></p>
<p><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Christine Friedel</span></strong></p>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #800000"> Théâtre de l’Aquarium – 01 43 74 99 61 – jusqu’au 27 mai</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center"><p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/08/les-descendants/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
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		<title>LES FRÈRES MERCODIER  Les Urbaindigènes</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 11:56:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Frère Mercodier par Les Urbaindigènes Modestie Franc-comtoise oblige, aucun nom n’est stipulé sur le site des Urbaindigènes, compagnie d’acrobates pleine d’humour invitée par la Salamandre dans le cadre leur 22 ème  anniversaire. Une vieille voiture traînant une énorme remorque chargée d’une armoire, d’une pendule ancienne et  d’un lit,  pénètre en vrombissant&#8230; Less frères Mercodier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Les Frère Mercodier</em><strong> par Les Urbaindigènes</strong><em></em></span></h2>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Modestie Franc-comtoise oblige, aucun nom n’est stipulé sur le site des Urbaindigènes, compagnie d’acrobates pleine d’humour invitée par la Salamandre dans le cadre leur 22 ème  anniversaire. Une vieille voiture traînant une énorme remorque chargée d’une armoire, d’une pendule ancienne et  d’un lit,  pénètre en vrombissant&#8230;<br />
Less frères Mercodier viennent d’être expulsés de la maison familiale qui a été détruite. Ils tentent tant bien que mal d’aménager un espace habitable en déchargeant à coup de sauts périlleux vertigineux. Kiki, Julot, Goudron , Bouli et Nono coupent du bois, prennent un repas, font la vaisselle en cassant les assiettes : “Quand tu as de la boue jusqu’aux genoux, souviens-toi que tu l’as dans les mains ! (…) Y nous foutent la paperasse pour nous foutre dehors “.<br />
Ils sautent sur le lit où toute la famille a été conçue, font des vols planés avec une étonnante virtuosité. Mais, au bout du compte, ils finiront par réintégrer la maison dont ils ont été expulsés, et  regagneront joyeusement Monmarlon, où leur ancêtre a tout reconstruit.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Edith Rappoport</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Parking de la Rhodia, Besançon.<em><strong></strong><br />
</em></span></h2>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/une-merco-pour-bagage1.jpg" rel="lightbox[5325]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5329" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/une-merco-pour-bagage1.jpg" alt="LES FRÈRES MERCODIER  Les Urbaindigènes une-merco-pour-bagage1" width="600" height="150" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify">
]]></content:encoded>
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		<title>Culture(s) forces et défis du 21ème siècle</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 11:55:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse de livre]]></category>

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		<description><![CDATA[ Culture(s) forces et défis du 21ème siècle sous la direction de François Adibi et Christophe Galent Réinventer un monde habitable: Les acteurs du secteur culturel dont plusieurs collectifs, tous statuts réunis, ont planché sur la refondation des politiques culturelles, en ces temps de rupture, alors que notre système de valeurs et nos expériences, lentement sédimentées, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><strong> Culture(s) forces et défis du 21ème siècle s</strong></em><strong>ous la direction de François Adibi et Christophe Galent </strong></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/logo.jpg" rel="lightbox[5316]"><img class="alignleft size-full wp-image-5318" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/logo.jpg" alt="Culture(s) forces et défis du 21ème siècle  dans analyse de livre logo" width="218" height="286" /></a>Réinventer un monde habitable</em>: Les acteurs du secteur culturel dont plusieurs collectifs, tous statuts réunis, ont planché sur la refondation des politiques culturelles, en ces temps de rupture, alors que notre système de valeurs et nos expériences, lentement sédimentées, s’effritent.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">La première partie, « <em>Des forces de la création&#8230; », </em>interroge les filières des industries culturelles (cinéma, musique, audiovisuel, livre et édition) et des biens culturels (spectacle vivant, arts plastiques, arts numériques et patrimoine). Le champ des industries culturelles, entre économie et art, est porteur d’emplois, un certain nombre d’études l’ont démontré. Il demande ajustements et nouvelles régulations pour s’adapter à l’ère du numérique (dont la révision de la Loi Hadopi). Du côté du cinéma, les modes de financements du film français et son soutien aux cinématographies du monde, l’engagement des réalisateurs et producteurs, le cinéma d’auteur, en font sa force et sa fragilité. Le CNC a valeur d’exemple pour la création d’un Centre National de la Musique, contrant la crise de la filière musicale. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">Le collectif qui s’exprime pour l’audiovisuel reconnaît le flou des missions et la crise d’identité, dénonce la nomination des PDG par le pouvoir politique et le peu de place laissé au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, parle de redéfinition des missions. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">Quant au domaine du livre et de l’édition, les auteurs relèvent le manque de vision stratégique et énoncent cinq grands défis : la pédagogie, l’indépendance (avec une focale sur l’avenir des librairies), l’innovation (et la promotion des partenariats public-privé), les droits d’auteurs, la préservation des œuvres par leur numérisation.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">Comme pour les industries culturelles, le recensement des biens culturels entraîne questions et propositions. Le spectacle vivant a longtemps vécu sur l’actif des années Lang, mais sa vitalité s’est tassée, (remise en cause du statut de l’intermittence, baisse des revenus, précarisation de l’emploi). Les mots clés: mutualisation des savoirs, des expériences et des moyens, formation et qualification des acteurs, développement à l’international, financements croisés Etat-collectivités territoriales. La nécessité d’une loi de programmation pluri-annuelle devient indispensable, note le collectif, pour donner aux lieux et aux compagnies, un horizon. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">Et, au-delà de la question des méthodes et de l’infrastructure, celle du sens est récurrente : redonner du sens aux actions, c’est-à-dire re-fonder le dialogue entre les artistes et la société, aller vers, travailler hors-les murs, élargir les publics, notamment dans le contexte rural et péri-urbain, dans l’espace scolaire (10% de la population fréquente les salles de spectacle), et se poser de manière permanente, la question, vitale, de la place de l’artiste dans la société.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">La consultation lancée au printemps 2011 dans le domaine des arts plastiques, parent pauvre du ministère de la Culture note le collectif interrogé, avait donné espoir aux intervenants de la filière (artistes, directeurs d’institutions, commissaires d’expositions, critiques d’art, galeristes). Elle fut suivie de peu d’effets en termes de propositions, alors même que la demande des publics augmente. Le collectif demande le renforcement de l’action en région par, notamment, la création d’ateliers logements, la promotion des artistes, l’appui sur les acteurs privés, le soutien aux galeries, le développement de l’import-export, tout en remarquant l’absence d’une structure souple à la manière du British Council, pour les échanges internationaux.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">Le constat d’une nécessaire évolution des pratiques culturelles due au développement des nouvelles technologies, la notion de création dans tous les domaines, majeurs et mineurs, dont les jeux vidéo, l’art des flux, l’art en réseau (internet et mobiles) qui font aussi partie de la vie quotidienne depuis une quinzaine d’années, l&#8217;effacement des frontières entre réel et virtuel, les droits d’auteurs sont  autant de thèmes énoncés dans ce tour d’horizon. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">L’ouvrage pose aussi la question de la pertinence, dans le domaine du patrimoine (matériel et immatériel) et celui de la validité scientifique de la restauration. Secteur porteur d’identité et de mémoire, il est difficile à médiatiser et pèse en termes financiers. Ses auteurs proposent de revisiter la répartition des compétences entre Etat, collectivités locales, particuliers, de revoir les niveaux de protection, dans un contexte de développement durable et d’écologie et compte-tenu des enjeux du tourisme.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Une seconde partie<em>&#8230;&nbsp;&raquo;Aux défis du XXIème siècle&#8230;&nbsp;&raquo;</em> pose la question du sens, du goût du <em>vivre ensemble</em> et se fait l’écho d’une fraternité retrouvée  : « <em>Un art de la relation émerge, le onzième art </em>, avec une référence à l’éducation populaire, à la société plurielle, au respect des cultures urbaines, à ceux que l’on n’entend pas :gens <em>ordinaires</em>, publics défavorisés, en souffrance. Les auteurs tablent sur le degré d’inventivité des artistes, le travail à l’échelle du quartier, la recherche de nouveaux liens, pour réinventer un espace public et <em>« compenser par le tissage ce que l’économie déchire »</em>.Ils proposent de mettre l’accent sur ce qu’ils appellent une troisième voie qui renvoie aux collectifs d’artistes, aux coopératives.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Une soixantaine d’acteurs culturels ont signé ces « <em>Scénarios de refondations pour une République culturelle et la reconnaissance d’un tiers secteur culturel ». </em>Prise en charge de micro-projets culturels d’initiative citoyenne, reconnaissance d’un espace public où s’ancre le spectacle vivant, prise en compte de l’expérience de terrain par les politiques et dans les instances représentatives, définition d’un minimum social pour les acteurs de la vie culturelle dont le postulat est <em>« de ne pas perdre sa vie à la gagner mais plutôt produire du symbolique pour ne pas mourir »</em>, attention des pouvoirs publics au terreau que fabrique la société et ré-orientation des institutions face à la crise, telles sont les propositions les plus fortes&#8230;</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Les relations Nord-Sud- et Sud-Nord enfin sont envisagées sous l’angle de la <em>conversation des cultures. </em>La diversité deviendrait la question centrale d’un nouvel imaginaire politique dont la clé repose sur la vérité et la réconciliation suite aux colonisations, sur l’équilibre des dispositifs et des actions,. Franz Fanon, Edouard Glissant, font figure de référence dans cette invitation à réfléchir sur une société, la nôtre, dans laquelle la laïcité est ré-affirmée.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le dernier chapitre, <em>« Une aventure commune </em>», reconnaissant l’héritage de Malraux en son temps, énonce, à partir des éléments collectés par les différents groupes de réflexion, treize mesures dont <em>une loi de programmation pour une action inscrite dans la durée,</em> véritable chemin de fer pour une intervention publique revisitée, un manifeste.<br />
<em>Culture(s) forces et défis du 21</em><sup><em>ème</em></sup><em> siècle</em> est un plaidoyer pour la culture, une interpellation pour construire une autre gouvernance et restaurer le lien social, un profil de poste pour le/la prochain/e ministre de la Culture, et des outils pour restaurer notre société<em> fragmentée</em> au sens où Michel Wievorka l’entend, le liant à la crise de l’Etat-Nation. Nous ne sommes pas dans le discours scientifique mais sur le terrain, recentrant le débat sur le sens, le<em> prix des choses sans prix</em> selon Jean Duvignaud, sociologue et poète. Pas d’unité de ton comme l’annonçait la préface, un assemblage où tout est vital, une fierté retrouvée. <em>« Mon Art serait de vivre »</em>, disait Marcel Duchamp.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: book antiqua,palatino;color: #333333;font-size: medium">Brigitte Rémer</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="color: #333333;font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong>Editions </strong><em><strong>Altaïr Think Tank</strong></em><strong> cultures médias, coordination éditoriale </strong><em><strong>Le Publieur</strong></em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>PASSAGE &#8211; ESSAT. la Salamandre</title>
		<link>http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/08/passage-essat-la-salamandre/</link>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 11:54:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[PASSAGE  la Salamandre, Place Granvelle, Besançon Fondée en 1990 par un collectif, cette compagnie de flammes et de voix fête son 22e anniversaire dans les rue de Besançon avec un somptueux spectacle déambulatoire. Ils sont une vingtaine sur la place Granvelle,nous sommes perchés sur l’Orphéon, un étrange chariot musical pénètre suivi de porteurs de flammes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">PASSAGE  la Salamandre, Place Granvelle, Besançon<em><br />
</em></span></h2>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><br />
</em></span></p>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Fondée en 1990 par un collectif, cette compagnie de flammes et de voix fête son 22e anniversaire dans les rue de Besançon avec un somptueux spectacle déambulatoire. Ils sont une vingtaine sur la place Granvelle,nous sommes perchés sur l’Orphéon, un étrange chariot musical pénètre suivi de porteurs de flammes, un air d’opéra retentit et nous sommes invités à les suivre dans les belles rues de la ville, avec des stations au pied des maisons et des jeux acrobatiques inouïs avec les feux. Les hommes torse nus sont vêtus de longues robes comme les femmes, on frémit devant les risques pris dans ce spectacle sans paroles, accompagnés de musiques contemporaines. On se masse au pied d’une église à la haute flèche pour voir une belle acrobate blanche de Motus Module, hissée puis redescendue, danser une chorégraphie verticale à couper le souffle. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Aucun nom n’est mis en avant, dans la troupe, on peut seulement recueillir quelques informations auprès de Jean-Michel Riant dont la longue chevelure blanche est léchée par les flammes.</span></p>
<p style="text-align: center"> <span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-05-08-%C3%A0-13.22.00.jpg" rel="lightbox[5320]"><img class="size-medium wp-image-5322 alignnone" style="margin: 12px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-05-08-%C3%A0-13.22.00-300x195.jpg" alt="PASSAGE - ESSAT. la Salamandre Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2012-05-08-%C3%A0-13.22.00-300x195" width="300" height="195" /></a></span></p>
<h2 style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">ESSAT  La Salamandre, Parking de la Rhodia, Besançon<em></em></span></h2>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino"><em><br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">Toujours pour leur 22e anniversaire, la Salamandre présente l’ébauche d’un nouveau spectacle de flammes et de voix en frontal cette fois. Nous sommes assis sur des gradins en contrebas de l’immense citadelle illuminée qui surplombe le site. Malgré leur virtuosité et les jeux vertigineux avec les feux qui viennent lécher les comédiens, les musiques et les poèmes ne sont pas encore bien trouvés, ils doivent encore consacrer du temps à l’élaboration du spectacle. La Salamandre tourne dans le monde entier, voir la liste impressionnante de leurs tournées dans le monde sur leur site. Ils sont soutenus par la Région et le Conseil Général, mais la ville de Besançon les ignore superbement en dehors des autorisations accordées du bout des lèvres</span>.</p>
<p><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Edith Rappoport</span></strong></p>
<p><a href="http://www.la-salamandre.com"><br />
</a></p>
<p><a href="http://www.la-salamandre.com"><span style="font-size: medium;font-family: book antiqua,palatino">http://www.la-salamandre.com</span></a><strong></strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une puce, épargnez-la</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 13:20:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Une puce, épargnez-la, mise en scène d’ Anne-Laure Liégeois Naomi Wallace dramaturge, scénariste et poétesse américaine, écrit un théâtre engagé. Avec une dizaine de pièces à son actif. C’est Au pont de Popelick qui l’a fait connaître en France (pièce qu’on pourra bientôt écouter en lecture au Conservatoire d’Avignon pendant le Festival. Elle est membre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Une puce, épargnez-la</em>, mise en scène d’ Anne-Laure Liégeois</span></h1>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/puce_site.jpg" rel="lightbox[5312]"><img class="alignnone size-full wp-image-5314 alignright" style="margin: 12px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/puce_site.jpg" alt="Une puce, épargnez-la puce_site" width="240" height="210" /></a>Naomi Wallace dramaturge, scénariste et poétesse américaine, écrit un théâtre engagé. Avec une dizaine de pièces à son actif. C’est <em>Au pont de Popelick</em> qui l’a fait connaître en France (pièce qu’on pourra bientôt écouter en lecture au Conservatoire d’Avignon pendant le Festival. Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">« Que fais-tu hors de ta tombe ? » : cette première phrase affolée du prologue donne le ton. Londres, 1655. la peste ravage la ville. La maison des riches marchands,les Snelgrave, est mise en quarantaine. S’y sont introduits deux intrus. Une fillette de 12 ans, Morse, qui a pris l’identité et les vêtements de sa jeune maîtresse morte de la peste et Bunce, déserteur de la marine de sa Majesté, fuyant la guerre contre les Hollandais. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Les quatre reclus de ce presque tombeau ont pour seul lien avec l’extérieur les irruptions épisodiques de Kabe (Christian Gonon) qui surveille la maison et égrène les chroniques de la peste avec une gouaille toute populaire. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le chaos du dehors bouleverse l’ordre social du dedans, les clivages entre riches et pauvres font place à des face à face cruels ou tendres. La mort qui rode exacerbe les désirs. Les blessures intimes de chacun se dévoilent, au propre comme au figuré. </span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">A mesure que se nouent les relations entre les protagonistes ( à l’image des nœuds auxquels excelle le marin), l’espace scénique s’ouvre, tel un tableau, sur les zones obscures des êtres, insidieusement envahi par de funestes corbeaux. Anne &#8211; Laure Liégeois réalise une mise en scène sobre, toute en nuances, dans un décor gris et blanc d’où se détachent quelques taches de couleur. La robe safran de Morse, délurée et grave, mi-ange mi-démon ( interprétée avec une subtile vigueur par Julie Sicard). Les mains rouges de Mme Snelgrave ( Catherine Sauval) ont des brûlures anciennes qu’elle expose quand, au contact des plaies de Bunce (Félicien Juttner), s’éveille sa sexualité, refoulée depuis qu’un incendie a ravagé son corps. Tandis que Monsieur Snelgrave (Guillaume Gallienne) agonise.<br />
L’ élégance et la retenue de la mise en scène et de la direction d’acteurs tranchent avec la crudité de la situation, la férocité et la violence des affrontements entre les personnages, la puanteur et la corruption des chairs, la décomposition du corps social. Un contrepoint à la dialectique un peu trop manichéenne de Naomi Wallace dont la pièce, s’ancre dans un contexte historique, que souligne le hiératique pictural de la gestuelle et des images inspirées des tableaux de l’d’époque.<br />
Elle parle cependant de la société de classe d’aujourd’hui, hantée par la peur des épidémies et en proie aux troubles sociaux. La langue, dense, nerveuse, pleine d&#8217;aspérités, est d&#8217;une grande fluidité ( rendue par la traduction efficace de Dominique Hollier) malgré quelques débordements verbeux.</span></p>
<h1 style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Mireille Davidovici</span></h1>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Comédie Française, théâtre éphémère jusqu’au 12 juin.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Une Puce, épargnez-là</em> et <em>Au Cœur de l’Amérique</em> sont parues aux éditions Théâtrales.</span></p>
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		<title>Nathan</title>
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		<pubDate>Sun, 06 May 2012 12:11:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Nathan, texte, mise en scène et scénographie d’Emmanuel Schwartz. Auteur des Chroniques, une trilogie présentée en 2009,  Emmanuel Schwartz affirme que Nathan est le « prolongement épique » de ces premières œuvres qui ont attiré l’attention  du public montréalais à l&#8217;époque. Il faut avouer que l’écriture de ce « petit frère d’armes et d’âme »  de Wajdi Mouawad, est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong><em>Nathan</em></strong>, texte, mise en scène et scénographie d’Emmanuel Schwartz.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Auteur des <em>Chroniques</em>, une trilogie présentée en 2009,  Emmanuel Schwartz affirme que <em>Nathan </em>est le « prolongement épique » de ces premières œuvres qui ont attiré l’attention  du public montréalais à l&#8217;époque. Il faut avouer que l’écriture de ce « petit frère d’armes et d’âme »  de Wajdi Mouawad, est  étonnante! Elle coule, elle est souple, elle accumule des métaphores, des références aux œuvres anciennes et modernes. Elle révèle un imaginaire débridé, tumultueux, cosmique et étourdissant. Toutefois, le texte dramaturgique que Schwartz nous propose donne souvent l’impression d’une logorrhée insupportable, un flux de mots incontrôlables qui inondent l’espace scénique et nous empêchent de cerner l’essentiel de cette œuvre mise en scène par l’auteur lui-même.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Tout commence assez bien. Une vision « schwartzienne » de la création du monde, une cosmogonie poétique d’une beauté réelle, une histoire de la terre qui semble emprunter aux mythes autochtones, qui aboutit dans une salle d’hôpital où la voix limpide de « Janvier », le narrateur et l’ami de la famille, nous oriente déjà dans la trajectoire apocalyptique que prendra la pièce. Nathan Bénédict, enveloppé de bandelettes, est un être exceptionnel, génial, victime d’une combustion spontanée. Il se retrouve sur le bloc opératoire où les médecins sont en train de réparer les restes calcinés de ce jeune homme, dont on n’a retrouvé que le cœur, le cerveau et deux poumons après ce drôle d’incendie. La survie des organes assure la survie de Nathan car les parties détruites seront reconstituées à partir d’autres corps « étrangers » pour que ce jeune homme devienne l’Incarnation d’un véritable être hybride. L’œuvre se déroule pendant l’intervention chirurgicale de Nathan alors que ce jeune homme « spécial », connecté aux systèmes de communications cybernétiques et autres, raconte la généalogie spectaculaire de sa propre famille, les Benedict, de ses origines jusqu’au moment où Nathan se retrouve à l’hôpital.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Le récit vivant de l’Histoire familiale qui est censé répondre au mystère de la combustion spontanée, est concrétisé par la présence des membres de sa famille qui attendent les résultats de l’intervention chirurgicale, tout en jouant des rôles dans cette mise en abyme familiale. Ce sont donc des retours en arrière, des sauts inattendus entre les différentes temporalités où une multitude de personnages se présentent, s’expliquent, et nous montrent les rôles qu’ils ont joués dans l’évolution de cette famille. Les passages entre la famille du père et la famille de la mère confèrent au récit une ambiance mythique, rendue évidente par la mise en scène et la scénographie de l’auteur qui place l’ensemble de la pièce dans un espace qui ressemble à un écran d’ordinateur. Les personnages apparaissent et s’effacent, les sources de lumière éclairent différentes portions de « l’écran » au fur et à mesure que les acteurs se présentent. Il faut dire que j’ai beaucoup apprécié la vision scénique de Schwartz qui s’adaptait extrêmement bien aux moments de farce, de drame, voire de mélodrame &#8211; alors que le personnage de Nathan se tord sur le bloc opératoire, prend la parole et nous transporte dans l’espace de son imaginaire débordant pour devenir la présence charismatique d’une figure christique dont la mort pourrait engendrer un nouvel ordre du monde américain.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Certains moments ont retenu l’attention : la création du monde était hallucinante! Le récit des origines autochtones de la famille et le récit problématique de l’oncle intellectuel est très bien menés. Les commentaires qui intègrent la remise en question des conventions du théâtre ainsi que les querelles de famille, hurlements, insultes, réseaux de relations rhizomatiques réalisées par des rencontres dans le monde, montrent que Nathan est autant une pièce sur le théâtre que sur la généalogie de la nouvelle famille québécoise en pleine transformation.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Malheureusement, la pièce nous propose une telle accumulation d’idées, de situations, d’impressions, d’images, de déviations, de répétitions, qu’elle finit par nous étouffer. Il faut absolument épurer cette écriture qui cache un langage théâtral quelque part. Par moments les personnages parlent trop et on se demande pourquoi ils répètent les mêmes images, les mêmes idées tant de fois. Pourquoi faut-il tout expliquer? Le théâtre permet aussi aux artistes de montrer, d’évoquer ou de garder le silence.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Cette urgence de tout dire dans le moindre détail est parfois gênante. Par ailleurs, l’auteur aurait pu mettre davantage en évidence les éléments importants mais puisqu’il accordait la même importance à tous les énoncés, les déclarations les plus significatives se sont noyées dans le flot général des mots et le mouvement de la pièce s’embourbe dans cette inondation de paroles d’où nous ne pouvons pas toujours retirer l’essentiel. Le résultat est parfois la confusion et souvent la fatigue voire la frustration. Ce problème est surtout évident pendant la deuxième partie du spectacle où l’auteur aurait pu éliminer une bonne partie du texte.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em>Nathan</em> sera présenté au Festival TransAmérique le mois prochain. Il est évident que cette création mondiale à Ottawa était aussi une manière de tester la réaction des spectateurs avant l’événement montréalais. Cette spectatrice était à la fois fascinée et agacée. Il convient de mentionner qu’un tiers du public est parti pendant l’entracte. Il n’y a pas de doute qu’il reste encore du travail à faire avant le Festival.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong><em>Nathan</em>. Une coproduction du Festival TransAmérique et du Théâtre français du Centre national des Arts, Ottawa, est programmé au Festival TransAmérique à Montréal au mois de mai.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><strong>Alvina Ruprecht</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><p><a href="http://theatredublog.unblog.fr/2012/05/06/nathan/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
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		<title>Robert Plankett</title>
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		<pubDate>Sun, 06 May 2012 06:56:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>theatredublog</dc:creator>
				<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[ Robert Plankett, écriture du collectif La vie brève, mise en scène de Jeanne Candel Peu  de choses à dire de plus  depuis les représentations au Théâtre de la Cité Universitaire en janvier 2011 ( Voir ci-dessous l&#8217;article du  Théâtre du blog janvier 2011). Toujours la même intelligence du plateau, grâce à la formidable  scénographie de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: large"><em> Robert Plankett</em>, écriture du collectif <em>La vie brève</em>, mise en scène de Jeanne Candel<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Peu  de choses à dire de plus  depuis les représentations au Théâtre de la Cité Universitaire en janvier 2011 ( Voir ci-dessous l&#8217;article du  Théâtre du blog janvier 2011). Toujours la même intelligence du plateau, grâce à la formidable  scénographie de Lisa Navarro. Mais&#8230; le spectacle semble, un an plus tard, semble parfois un peu usé et ses défauts( dramaturgie en roue libre, interprétation inégale) semblent s&#8217;être accentués. Comme disait -méchamment- notre prof génial et virulent,  Bernard Dort à propos du travail de  Jean-Marie Serreau: &nbsp;&raquo; Les cinq premières tout va bien mais très vite ses mises en scène perdent leurs boulons en route&nbsp;&raquo;.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Pour <em>Robert Plankett</em>, c&#8217;est surtout une question de rythme pas très bien géré et cela pèse sur tout le spectacle. On a l&#8217;impression que Jeanne Candel a du mal à  choisir entre l&#8217;installation plastique de musée d&#8217;art contemporain qui aurait une parenté avec  le happening américain, l&#8217;actionnisme viennois et la performance de Michel Journiac ( la mythique messe -avec la communion  sous forme de rondelle de boudin de sang humain- dans une galerie de Saint-Germain-des-Prés avec Catherine Millet  en enfant de choeur) et un théâtre à base d&#8217;impros qui flirte parfois avec le théâtre dans le théâtre, comme ce début un peu pénible auquel on ne peut croire une seconde.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Bref, même si cette équipe  soudée sait faire les choses, on reste un peu sur sa faim, et le spectacle traîne en longueur. Il faudrait que Jeanne Candel resserre vite les choses et revoit ce travail issu d&#8217;une écriture collective qui ne constitue pas quoi qu&#8217;en dise le programme &laquo;&nbsp;une  approche originale qui implique les comédiens dans le travail d&#8217;écriture&nbsp;&raquo;. N&#8217;exagérons rien!  En tout cas,  l&#8217;énergie de départ semble s&#8217;être un peu envolée. Le Théâtre du Blog va sans doute recevoir des messages indignés des copains des acteurs qui vont crier au génie incompris mais nous persistons et signons.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Alors à voir? Oui si vous voulez découvrir de jeunes comédiens dont certains formidables,  comme celui qui joue le jeune homme silencieux très wilsonien,  mais avec les réserves indiquées plus haut&#8230;</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Philippe du Vignal</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Théâtre des Abbesses jusqu&#8217;au 11 mai.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;font-size: large"><strong>Article du 8 janvier 2011</strong></span>:</p>
<p><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #000000"><strong><em>Robert Plankett</em> , écriture par le Collectif La Vie Brève, mise en scène de Jeanne Candel.<br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-size: medium;color: #000000"><img src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2011/01/robertplanketttheatrefichespectacleune.jpg" alt="robertplanketttheatrefichespectacleune.jpg" align="left" /><span style="font-family: book antiqua,palatino">Robert Planquette , c’est peut-être un nom qui vous dit quelque chose:  celui d’un compositeur d’opérettes de la fin du 19ème siècle ( <em>Les Cloches de Corneville</em>) auquel on a donné celui d’une rue  du 18ème arrondissement , proche de l’appartement de Jeanne Candel; le nom lui a plu, elle l’a anglicisé et  en a fait le titre de ce spectacle.<br />
Donc ce Robert Plankett,  metteur en scène contemporain, vient de mourir brutalement d’un  AVC, comme on dit maintenant de façon pudique.  Et ses amis, sa compagne et une cousine germaine se retrouvent dans sa maison qu’il faut vider. Ils sont tous là, un peu désemparés, avec une tonne de livres et de revues à trier, un poulet congelé que certains devaient manger avec lui, et que sa compagne ne se résout ni à cuire ni à jeter et  dont l’évocation revient en boucle, comme une métaphore de Robert Plankett, lui aussi mort mais trop présent comme ce poulet dont ils ne savent que faire et qu’ ils décideront finalement de jeter.<br />
Le début est assez étonnant: devant un rideau tendu de papier kraft, une jeune femme demande comme d’habitude de penser à éteindre les portables; en fait, ce n’est pas une ouvreuse mais un des personnages qui se lance, en guise de préambule, dans une série d’interrogations sur le fait théâtral: « Qu’est- ce qui fait qu’un spectacle commence? Est-ce que cela commence pour tout le monde en même temps? Si je vous dis que je suis née d’un père ambassadeur et d’une mère gymnaste, vous me croyez? Est-ce qu’il y a ici des gens qui n’ont jamais été au théâtre? Puis un homme découpe au cutter des fenêtres dans le papier kraft qui laisse apercevoir la tête d’une jeune femme lisant un livre d’art sur Le Titien, ou deux jeunes femmes triant des livres et les mettant en caisse. Elle est ans cette fenêtre ( voir photo)  comme encadrée; elle raconte l’histoire d’amour qu’elle a eu autrefois avec Robert en montrant-pudiquement- quelques endroit de son corps: une épaule, un cheville… Les gestes sont lents et précis, la plupart du temps en décalage avec la réalité environnante.Puis le grand rideau de papier kraft tombe d’un seul coup, pour laisser apparaître une scène vide avec quelques objets  bien réels qui ont appartenu à Robert: un vieux fauteuil en cuir, des cartons de livres , des livres alignés des rayonnages en bois, quelques chaises tubulaires, un grand tapis, bref, la vie qui continue un peu après la vie de Robert qui a cessé d’un seul coup.  Mais,  en même temps,  l’on sent une sorte de délire  s’emparer  des personnages, même quand elles boivent du thé toutes ensemble devant un garçon aux lunettes noires qui penser à Jean-Luc Godard et qui ne dira pas un mot, s’exprimant juste par quelques gestes ennuyés… . « C’ est, dit justement Jeanne Candel,  un théâtre qui circule entre concept et métaphore ». Pas mal vu comme classement,  à mi-chemin entre ce que l’on a coutume d’appeler « performance » en arts plastiques et théâtre.<br />
Collage sans doute, d’abord d’images , de musiques,  collage de bribes de dialogues vrais  ou inventés,  de conversations décousues agrémentées  quelques disputes comme toujours au moment de l’inventaire après décès où chacun , subitement , et par pur motif sentimental ou revanchard,  revendique parfois ce dont l’autre a envie. Et cela a rarement à voir avec la valeur réelle de l’objet.<br />
Le spectacle est bourré d’idées visuelles comme  la présence tout à fait dérangeante de cette cervelle de veau ( au fait, pourquoi dit-on : cervelle pour les animaux et cerveau pour les êtres humains. curieuse pudeur! ). Une des filles commence à décrire le fonctionnement du cerveau et à expliquer comment et pourquoi s’est produit l’AVC de Robert Plankektt convoqué justement pour montrer in vivo sa chute en ramassant des pommes , et il refait les gestes avec de vraies pommes. C’est aussi juste que poignant. Il y a aussi un formidable moment dont il faut parler: un des trois garçons emporte la masse de papier kraft  qu’il essaye de faire passer par une porte: cela fait un énorme bruit qui recouvre petit à petit la parole d’une des filles. Et puis tourne un  petit jouet/ vélo lumineux qui tourne autour des pieds des acteurs, comme le fameux petit grain imaginé par Strehler pour sa fabuleuse <em>Cerisaie,</em> pendant qu’ils mangent tous leur pomme en silence au moment du salut final.<br />
On l’aura compris: le spectacle doit beaucoup à la très intelligente  scénographie de Lisa Navarro; cela ne parait rien mais  il y a des idées aussi intelligentes que  soigneusement réalisées , comme cette idée géniale de  faire découper au centimètre près ces petites fenêtres pour faire apparaître des visages et des petites scènes, ou cette dispersion des cendres de Robert sur le corps d’une des filles : quand elle se relève , on voit par terre l’empreinte en négatif d’un  corps qui pourrait être aussi celui de Robert.<br />
Cette scénographie exemplaire- ce qui est loin d’être le cas dans le théâtre contemporain! -est en parfaite adéquation avec la mise en scène de Jeanne Candel qui est, par ailleurs, une bonne directrice d’acteurs.  Pas de cris, pas d’effets gratuits ou de minauderies, mais une gestuelle  précise et une très bonne utilisation du plateau par les comédiens ou plutôt les six comédiennes, puisque les garçons ne sont que trois!<br />
C’est aussi une idée formidable dans un monde théâtral où les acteurs comme les directeurs ,sont toujours beaucoup plus nombreux.( Saluons au passage l’arrivée de Macha Makeieff au Théâtre de la Criée à Marseille mais cela ne fait toujours que trois directrices ….  Les comédiens se déplacent tous un peu comme dans une chorégraphie sur des musiques  de Rossini,  Bach , Schubert mais aussi de The Coasters, le fameux groupe de Los Angeles fondé en 57 … Pina Bausch  mais aussi Antoine Vitez avec son idée de pouvoir faire de faire du théâtre de tout, et Tadeusz Kantor ne sont jamais très loin: ces trois phares du théâtre contemporain  auraient sûrement aimé ce spectacle qui met en abyme la notion de spectacle, sans refaire du théâtre dans le théâtre, thème usé jusqu’à la corde et que Jeanne Candel a évité de justesse. Et c’est un spectacle qui peut parler à tous.<br />
Mais il faudrait  que cette écriture collective ( cela revient à la mode et nous rajeunit! ), fasse l’objet d’une véritable dramaturgie: il y a beaucoup trop de longueurs,de temps morts mal gérés, trop de clichés habituels aux groupes d’anciens élèves d’école  comme ces morceaux de tirades classiques, et il faudrait que ce travail en cours fasse l’objet d’une révision par endroits drastique. Ce que ,visiblement, on ne leur a pas appris au Conservatoire national! En tout cas,  Jeanne Candel prouve qu’elle a su réunir autour d’un projet  de jeunes acteurs au métier solide, une créatrice lumière comme Sylvie Mélis et une directrice de la musique comme Jeanne Sicre: quand on sait quelles difficultés il y a à construire une véritable équipe de travail, c’est assez remarquable et  Jeanne Candel doit aller  plus loin, avec plus d’audace, si elle est   financièrement aidée. Alors à voir ? Oui, malgré les défaut signalés plus haut, ce n’est pas tous les jours que l’on assiste à la naissance d’une compagnie aussi inventive et capable d’un véritable travail scénique, à mi-chemin on l’a dit, entre la performance et le théâtre-théâtre.</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #000000"><strong>Philippe du Vignal</strong><br />
<strong><br />
Théâtre de la Cité Internationale jusqu’au 29 janvier.</strong></span></p>
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		<title>Electr et Prot, Roméo et Juliette du Cosmos</title>
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		<pubDate>Wed, 02 May 2012 18:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>lamiel</dc:creator>
				<category><![CDATA[analyse de livre]]></category>

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		<description><![CDATA[Electr &#38; Prot, Roméo et Juliette du Cosmos, de Georges Bonnaud. Le livre regroupe plusieurs  pièces qui ont pour objet la &#171;&#160;vie et la transposition théâtrale d’un électron et d’un proton&#160;&#187; : Patience dans l’azur, L’animal de l’aube et Tête à tête. Le couple Electr-Prot représente ainsi le premier atome d’hydrogène léger, évoluant sur scène [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><em><strong>Electr &amp; Prot, Roméo et Juliette du Cosmos,</strong></em> de Georges Bonnaud.</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"><a href="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/9782296568754r.jpg" rel="lightbox[5277]"><img class="alignleft size-medium wp-image-5283" style="margin: 12px 16px" src="http://theatredublog.unblog.fr/files/2012/05/9782296568754r-193x300.jpg" alt="Electr et Prot, Roméo et Juliette du Cosmos dans analyse de livre 9782296568754r-193x300" width="193" height="300" /></a>Le livre regroupe plusieurs  pièces qui ont pour objet la &laquo;&nbsp;vie et la transposition théâtrale d’un électron et d’un proton&nbsp;&raquo; : <em>P</em><em>atience dans l’azur</em>, <em>L’animal de l’aube</em> et <em>Tête à tête</em>. Le couple Electr-Prot représente ainsi le premier atome d’hydrogène léger, évoluant sur scène sous le regard attentif du professeur Lastro et de son assistant Neut (pour Neutron, bien sûr!) &#8230; Tout ce beau monde s’évertue à raconter au spectateur les règles scientifiques qui régissent l’univers.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> La première pièce est l’adaptation théâtrale d’un ouvrage d’ Hubert Reeves qui porte le même titre <em>Patience dans l’azur</em> et  qui fut créée en 1983. Les autres tirent leur inspiration d’ouvrages scientifiques traitant de l’origine de l’espèce humaine<em> (L&#8217;animal de l&#8217;aube</em>),  ou du cerveau humain <em>(Tête à tête).</em></span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Pour mener à bien son entreprise de vulgarisation scientifique, Georges Bonnaud utilise les outils du cirque : Electr et Prot sont acrobates, jongleurs, avec un jeu fondé sur les techniques du clown. Ces déambulations burlesques sont volontairement en décalage avec le sérieux du discours scientifique, que l’auteur tente d’estomper à grand renfort de jeux de mots</span><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">.<br />
C&#8217;est un peu facile et finit par alourdir la farce; et la simplification du discours par l’élision des pronoms sonne faux. Les dispersions acrobatiques, la bêtise des clowns et leur bouffonnerie agacent et font perdre à la pièce tout fil directeur et toute structure logique. Si bien que le lecteur est vite épuisé. Victimes de répétitions et de déconstructions incessantes, les mots, loin de clarifier le discours, en viennent à perdre leur sens.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> La formule a pu-et encore!- fonctionner dans les années 1980, mais plus aujourd’hui.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Le livre rassemble aussi d’autres pièces qui ont le même but de vulgarisation scientifique mais avec d’autres personnages et dans un style qui se veut plus inspiré de la tragédie et du théâtre historique : <em>Dionysos 238</em>, <em>La Mesure en tout droit</em> et <em>Orion lumières</em>.</span><br />
<span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium"> Mais la méthode reste la même&#8230; et n’entraîne pas plus le lecteur!</span></p>
<p style="text-align: justify"><strong><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium">Elise Blanc</span></strong></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family: book antiqua,palatino;font-size: medium;color: #800000">Editions de L’Harmattan 30 euros</span></p>
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