Chalon dans la rue 2020…

Photo X

Photo X

Chalon dans la rue 2020…

Cette trente-quatrième édition de ce festival pour  les artistes de la rue n’aura pas lieu Chalon dans la Rue 2020 n’aura pas lieu sous sa forme traditionnelle. Difficile en effet voire radicalement impossible de faire respecter les règles de distanciation physique à Chalon comme ailleurs. Mais cette année, les artistes de la rue  se sont demandés comment  faire des spectacles compte-tenu de la pandémie actuelle. Il faudrait sans doute travailler pour de petites jauges pour continuer à exister dans le monde après six mois. Comment fabriquer, comment en est on arrivé là ? Il faut maintenir les relations entre artistes et diffuseurs. Chacun doit lire des cartes qu’on leur a distribuées, les gens sont répartis par groupes de trois.

 

  1. Toujours les mêmes compagnies chaque année. Il y a un échange entre les programmateurs et  on s’est interrogé sur l’efficacité d’une programmation mais aussi sur l’idée de faire émerger de nouveaux projets, la notion de festivals-marchés. On peut aussi montrer son travail en off.
  2. Le théâtre de rue est festif. Mais il y a trop de compagnies : Il faudrait les regrouper pour qu’elles puissent se développer. Les cours d’immeubles au festival d’Aurillac ont été utiles pour montrer un travail. Certaine compagnies se sont regroupées pour mieux prendre contact les D.R.A.C.
  3. Le 28 et 29 août il y aura un regroupement à Chalon.
  4. Les offs à Avignon, Aurillac, Chalon, etc..  sont jugés inutiles mais ils permettent de montrer les spectacles avec un engagement économique, de se faire découvrir et repérer.. Oui, mais comment passer ensuite d’un off à un in ?
  5. Une programmation doit être arbitraire : Il faudrait imaginer des collectifs. Les artistes se rassemblent pour des raisons contradictoires.Dans les politiques culturelles, les enjeux économiques prennent de plus en plus de place.
  6. Le repérage dans l’émergence: il y a des rapports de pouvoir et de dépendance. Le programmateur doit-il être un artiste ou faire un travail d’artiste régi des règles de droit ?
    Y-a-t-il un droit à faire de l’art. On est des professionnels mais aussi des êtres humains. Et l’art de la rue ne s’intéresse pas seulement à l’art pour l’art. 

Cette réunion a rassemblé quelques centaines d’artistes qui sont allés s’asseoir au bord du Doubs, observer un équilibriste au lointain et boire quelques boissons. Un programme a été établi pour une Aube,  les 29 et 30 août avec dix compagnies pour jouer devant dix à cinquante personnes, un Lever les 25, 26 et 27 septembre avec sept compagnies, et un Horizon les 30, 31 octobre et le 1er novembre avec déambulations dans la ville, soit une manifestation de plus grande ampleur avec quinze compagnies.

Edith Rappoport

Chalon dans la rue, Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace public, http://www.chalondanslarue.com

Derniers commentaires

Articles récents

Cinquante ans de révolution chorégraphique, du Ballet-Théâtre contemporain au C.C.N. -Ballet de Lorraine, 1968-2018, textes d’Agnès Izrine et Laurent Goumarre,

 

 

Cinquante ans de révolution chorégraphique, du Ballet-Théâtre contemporain au C.C.N. -Ballet de Lorraine, 1968-2018  textes d’Agnès Izrine et Laurent Goumarre,  « entretiens avec » et contributions de Petter Jacobsson et Thomas Caley, Laurent Hénart, Emma Lavigne, Tristan Ihne, Gilberte Bardin, Mathilde Monnier, Laurent Vinauger, Muriel Belmondo, Francoise Adret, James Urbain, André Lafonta, Dominique Mercy, Jean-Albert Cartier, Gérard Fromanger, Ivan Messac, André Larquié, Brigitte Lefèvre, Didier Deschamps, Karole Armitage, Martine Augsbourger, Isabelle Bourgeais, Hélène Traïline, Thierry Malandain, Rudolf Noureev et Maïa Plissetskaïa, Patrick Dupond, Patricia Painot-Bossu, Patrick Germain, Daniel Larrieu, Pierre Lacotte

 

Photo X

Photo X

 Un ouvrage richement illustré et soigneusement imprimé. Depuis 2011, Petter Jacobsson, assisté de Thomas Caley, dirige ce Ballet-Théâtre Contemporain. Les auteurs du livre en font remonter la création à  1968, à Amiens. Il aura fallu en tout cas «un certain temps», comme disait dans les années cinquante, l’humoriste Fernand Raynaud, pour que Nancy, dotée d’un magnifique opéra sur la place Stanislas, fasse la part belle à la danse… Aujourd’hui, elle rayonne, « en région » et « à l’international » comme on dit, grâce au travail accompli par l’équipe actuelle et cet ouvrage le montre bien par les directions qui se sont succédé.  

Henri Langlois et Mary Henri Langlois et Mary Meerson Photo X Photo X

Henri Langlois et Mary Meerson
Photo X


Fin des années soixante : la jeunesse se soulève et le monde politique est dépassé. André Malraux, ministre des Affaires Culturelles selon la dénomination de l’époque, n’est plus en phase! Il avait pourtant créé les Maisons de la Culture pour donner l’accès aux arts mais il continuait à vouloir verrouiller Culture et communication.
Comme en témoigne l’affaire Henri Langlois (1914-1977). Ce pionnier de la Cinémathèque Française qu’il créa en septembre 1936 avec, entre autres, le cinéaste Georges Franju, faillit en janvier 68, être viré par André Malraux…. C’était sans compter sur une bande de jeunes cinéastes comme Jean-Luc Godard, François Truffaut mais aussi Maurice Lemaître, cinéaste, peintre et écrivain libertaire (1926- 2018)  et… Daniel Cohn-Bendit qui réussirent à mobiliser l’opinion. Des télégrammes de soutien parvinrent alors du monde entier! Et le Ministre annula piteusement sa décision !

 

 

IX ème  Symphonie de M. Béjart  @ X

IX ème Symphonie de M. Béjart © X

 

Dans un «paysage chorégraphique qui ressemble à un désert» selon Agnès Izrine et Laurent Goumarre, Maurice Béjart et dans une moindre mesure, Joseph Russillo, représentaient la danse «moderne» en France.  Maître de ballet à l’Opéra de Paris, Michel Descombey, favorable au changement, joua un rôle important. Il avait créé en 1966 Le Ballet-Studio au sein même de l’institution pour y développer la recherche chorégraphique. Le célèbre Concours de Bagnolet est créé en 1968 par Jacques Chaurand (1928-2017), danseur et chorégraphe en quête d’un «ballet pour demain. » Le mot féminin : danse et celui, autrement genré de ballet n’avaient pas encore été remplacés, comme le note Agnès Izrine, par la notion assez vague d’« expression corporelle. »

En 68, Jean-Albert Cartier et Françoise Adret sont nommés par l’Etat, à la tête du Ballet-Théâtre contemporain qu’on décentralisa à Amiens. Mais il fallut près d’un demi-siècle pour que s’effectuât le glissement progressif d’un «ballet-théâtre» à l’ancienne,  vers une structure ouverte. De l’avis général, Jean-Albert Cartier ménagea sur le plan artistique, la chèvre et le chou en cherchant à concilier à la fois le ballet, le théâtre, le pays, la région… Ce «vieux gaulliste du Centre droit» innova en proposant à l’artiste de la Jeune Peinture Gérard Fromanger et à Michel Descombey de créer Rouge un ballet sur la musique d’Hymnen de Stockhausen. Pour Brigitte Lefèvre, animatrice avec Jacques Garnier, du Théâtre du silence qui se fixa en 1972 à La Rochelle, Le Ballet-Théâtre était plutôt « post-classique » dans son organisation et sa hiérarchisation, jusqu’à son déménagement, en 1978, à Nancy, après six années passées à Angers, et même après.

Avec Hélène Traïline, une danseuse classique issue des Ballets de Monte-Carlo donc, indirectement, des Ballets russes, Jean-Albert Cartier joua les Diaghilev et invita des têtes d’affiche, à commencer par Rudolf Noureev. Mais en 1988, pourtant « Année de la danse », au lieu d’accompagner le dynamisme de la « jeune chorégraphie » française, ou d’engager un des hôtes de marque qui avaient fait en partie la gloire du festival de théâtre de Nancy comme  Kazuo Ôno, Carlotta Ikeda, Pina Bausch, voire Bob Wilson, Le Ballet français de Nancy nomma Patrick Dupond… un danseur-étoile vieille école »

Avec le changement de millénaire, l’un des représentants du « gang des Lyonnais », Didier Deschamps, devint alors le directeur du Centre chorégraphique national-Ballet de Lorraine, une nouvelle appellation de cette compagnie. Il forma très vite le public local à la danse contemporaine, tous styles confondus. Didier Deschamps semble ici estimer que Jean-Albert Cartier utilisa le B.T.C. comme un tremplin lui ayant permis d’« accéder au monde de l’opéra ». Mais il oublie que le Ballet de Lorraine et son président, l’éminence grise André Larquié, lui apprirent le métier de programmateur, voire l’aidèrent à prendre la direction du Théâtre National de Chaillot ! Et c’est aussi du Ballet-Théâtre Contemporain établissement, dirigé par Petter Jacobsson et présidé par Michel Sala, qu’est sorti du lot l’actuel Délégué à la danse au Ministère de la Culture !

 

Cela nous concerne tous  © Laurent Philippe

Cela nous concerne tous de Miguel Gutierrez
© Laurent Philippe


On doit à Petter Jacobsson et à son équipe un nouvel élan et le dévoilement de nouveaux territoires. Ils ont parfois surévalué quelques petits maîtres exploitant jusqu’à la gauche (ou à la droite..) un filon « performatif » des années soixante-dix… Mais ils ont régalé le public avec le flamboyant Miguel Gutierrez. Les productions et soirées de gala de Jacobsson et Caley sont mémorables. Et ils ont inscrit au répertoire des pièces comme Relâche de Jean Börlin, de Merce Cunningham ou de Trisha Brown et ils ont aussi passé des commandes à des auteurs talentueux comme Olivia Grandville.

 

Nicolas Villodre
Editions Presses du réel, 144 pages (62 illustrations couleur et 38 en noir et blanc). 32.00 €

 

 

 

 

 


La Grande Balade proposée par la Bonlieu Scène Nationale d’Annecy

IMG_0207

Les Filles du Renard pâle (c) JL Verdier

La Grande Balade proposée par Bonlieu Scène Nationale d’Annecy

 A la sortie du confinement, Salvador Garcia a lancé l’équipe de Bonlieu à l’assaut du Semnoz, un plateau qui domine la rive ouest du lac d’Annecy et qui offre un vaste domaine skiable en hiver et des chemins de randonnée en été. Son idée : proposer dans ces alpages, une manifestation pluridisciplinaire, itinérante, sous forme d’une grande balade à la rencontre d’une centaine d’artistes, toutes disciplines confondues.

Aucun programme n’était annoncé, de sorte que les marcheurs, guidés par le son des instruments ou des voix, vont de surprise en surprise.  Habitants des environs, spectateurs fidèles ou randonneurs de passage, ont répondu à l’appel. Et quelque vingt-cinq mille personnes venues respirer l’air des cimes sur ces deux jours et humer les arômes de la Culture, ont rencontré des artistes aussi exigeants sur les sentes qu’à la scène. Preuve qu’une importante scène nationale peut proposer une manifestation de grande qualité ouverte à tous. Rien de mieux pour réveiller le théâtre de la stupeur où l’a plongé le virus et décloisonner les publics.  L’événement a mobilisé l’équipe de Bonlieu au grand complet, des dizaines d’intermittents et de bénévoles, sans compter chauffeurs de bus et opérateurs de la télécabine pour monter les visiteurs au sommet, la balade s’effectuant à la descente …

IMG_0199

Taïkokanou @J-L Verdier

Au sortir de la télécabine, à 1.600 mètres d’altitude, les nuages descendent, déception : on ne verra pas le Mont-Blanc… Mais dans le coton blanc, la batterie de taïkos japonais, grands et petits tambours de la compagnie Taikokanou. Puissants battements de bras de Fabien Kanou, petits coups de baguettes secs de Mayu Sato  pour une cavalcade rythmique avant de finir au gong et à la flûte, tandis que se dispersent  les brumes matinales. Les spectateurs, déjà nombreux, sont rassurés par la réapparition d’un ciel bleu.

IMG_1386

Fanny Perrier Rochas @J-L Verdier

La musique accompagnera toute la descente coordonnée par Blaise Merlin. Avec L’Onde & Cybèle, il organise des itinéraires artistiques (prochainement à Paris : une déambulation le long de l’ancienne voie de chemin de fer, la Petite Ceinture). Il a su enchanter la forêt en postant des chanteurs et des instrumentistes dans les branches, avec Fanny Perrier-Rochas et ses airs byzantins, le Duo Ishtar (luth et harpe) de Maëlle Duchemin et Maëlle Coulange. Suivront des solos de violoncelle, violon et clavecin, au détour d’une clairière, et des duettistes qui mêlent ces cordes suédoises que sont les nickelharpas, à la guitare et la mandole. Le bien nommé Guillaume Loizillon, lui, peuple les herbes hautes de ses Zoophonies,  clameurs électroniques d’une faune imaginaire…

IMG_0206

Chorégraphie Jean-Claude Gallotta (c) JL Verdier

Les cailloux roulent sous nos pieds, on s’arrête et on tend l’oreille aux « jingles » sonores qui jalonnent la descente. Au fur et à mesure, les techniciens finissent d’installer quelques structures complexes et on ne verra donc pas toutes les propositions…

La musique guide aussi les nombreuses pièces présentées sur le chemin. Le saxophoniste Peter Corser soutient d’un souffle continu une chorégraphie de Jean-Claude Gallotta. Arlaud, Angèle Methangkool-Robert et Bruno Maréchal s’accordent et se désaccordent en solo, duo et trio pour une danse narrative fluide sur les vicissitudes de l’amour à trois.

Plus loin, trois musiciens loufoques coiffés de branchages disent la solitude de deux campeurs un peu paumés. En tenue parodique d’Adam et Eve, ils s’interrogent sur l’existence de Dieu. On reconnaît le style déglingué d’Yves Fravega et de sa compagnie l’Art de vivre … Plus poétiques, Les filles du Renard Pâle : Johanne Humblet, haut perchée pendant plus de quatre heures sur un fil tendu entre deux épicéas, manie lentement sa perche en se lovant autour du câble accompagnée par des berceuses au ukulélé.

IMG_0212

Compagnie l’Art de vivre (c) JL Verdier

Sur ce parcours de sept kilomètres, des bénévoles agitent au-dessus de la tête des marcheurs des pancartes invitant à la prudence et à rester à un mètre les uns des autres. Chacun cherche sa place dans l’herbe, au milieu des gentianes, en évitant les chardons et les bouses de vaches,  un enfant sur les épaules ou lové sur les genoux. En contre-bas, parviennent les applaudissements du groupe qui précède : on se sent nombreux et heureux dans cette nature sylvestre. Les artistes ont d’ailleurs joué les ambiguïtés de la faune et de la forêt : ils présentent presque tous une hybridation animale et/ou feuillue qui réveille les enchantements des contes et les peurs de l’enfance.

Des marcheurs prévoyants ont emporté un pique-nique et composent çà et là des campements provisoires…Les multiples propositions que danseurs, acrobates comédiens et performeurs enchaînent cinq à six fois dans la journée, jouent la forêt comme espace poétique et lieu de l’invisible, des esprits et des légendes. Le Semnoz se prête aux créations in situ, inspirées par le relief et la végétation alentour : la danseuse Sandrine Abouav devient une femme-gentiane, ondulant et rampant dans les hautes herbes entre chardons et fleurs des Alpes… Face à elle, Jade et Cyril Casmèze  de la compagnie Le Singe debout se sont métamorphosés en homme-loup et femme-renard, insolites et glapissants. Lise Ardaillon et Sylvain Milliot,  de la compagnie Moteurs multiples, mettent en scène une absence avec une tente vide, des bois de cerf menaçants, une voix off : le campement mystérieux de Sophie, disparue depuis quelque temps déjà ?

Une histoire à imaginer  comme celle de cet homme qui, descendu de l’arbre en dansant au bout d’un fil, gravit un immense talus qu’il débaroule pour regagner son perchoir et, tel Sisyphe, recommence ad libitum… Poétique comme Camille Boitel sait l’être !  Métaphorique aussi, la performance en plein champ de Yoann Bourgeois et Marie Vaudin : sur un plateau carré oscillant sur un pivot central, ils peinent à se rejoindre pour s’asseoir à la table placée au milieu du dispositif, douce ironie sur le couple et ses incertitudes …

IMG_0194

Hafiz Dhaou et Aïcha Mbarek (C) Bonlieu

Sur un petit terre-plein de gazon, entouré de fleurs blanches, dansent Hafiz Dhaou et Aïcha Mbarek, en habits de mariés. La voix de Marguerite Duras aux sonorités sèches, commentant Détruire, dit-elle, nous invite à revenir à l’état d’avant l’éducation, à retrouver la vie intérieure comme facteur de changement de soi…

IMG_1383

Chorégraphie François Veyrunes (c) JL Verdier

Dans une clairière, François Veyrunes a ménagé une échappée belle d’une grande douceur. Un duo féminin, tendre et félin, dansé par Francesca Ziviani et Emily Mézières : la nudité des corps, l’un blond et l’autre brun, qui se mêlent en arabesques sur l’herbe verte, se confond avec la nature bienveillante. Un parapente glisse langoureusement au-dessus d’elles ajoutant une caresse imprévue à la caresse du vent.  Age d’or ou paradis perdu… comme en réponse à la pièce ironiquement tourmentée d’Yves Fravega …

En clôture, Philippe Decouflé, sur un large plateau, joue avec le mode plus classique de la représentation. Huit danseurs pour des pièces courtes aux registres variés qui traversent des périodes de son travail. Peut-être la moins surprenante des propositions réunies au Semnoz.

Nous n’avons pu voir le travail de François Chaignaud, de Fanny de Chaillé et Jérome Andrieu, ni apprécié Chloé Moglia suspendue à son arche, ni le funambule Nathan Paulin. Certains espaces n’étant pas encore prêts au moment de notre passage, ou trop bien cachés !. Impossible de citer tous ces artistes ni toutes les propositions. Chacun a répondu à sa manière à l’invitation, avec une forme d’humilité, un souci de retour aux sources. Aussi avons-nous vécu cette magnifique balade comme une offrande des artistes aux dieux du vent et de l’été, aux arbres et aux oiseaux.

 Mireille Davidovici et Marie-Agnès Sevestre

 

 


Théâtre des Îlets à Montluçon : Une lettre à la Ministre de la Culture

 

Théâtre des Îlets à Montluçon : Une lettre à la Ministre de la Culture

table rond

Groupe de réflexion au Théâtre des Îlets photo Cécile Dureux

Le 7 juillet à Montluçon, le jour de nomination de Roselyne Bachelot rue de Valois, les tables rondes réunies au Théâtre des Ilets-Centre Dramatique National ( voir Le Théâtre du blog) concluaient leurs travaux en adressant une lettre à la Ministre. Elle synthétise les préconisations des groupes de réflexion initiés par des artistes et rassemblant artistes, représentants du public pendant le confinement. L’idée d’une Convention citoyenne sur la Culture est née de ce mouvement.

Mireille Davidovici

« Madame la Ministre,

Depuis hier, et par le plus grand des hasards, au moment même de votre nomination à la tête du Ministère de la Culture, nous, artistes, directeur.ice.s et salarié.e.s de différents théâtres publics, technicien.ne.s, chercheur.euse.s, élu.e.s, enseignant.e.s, acteur.trice.s du monde associatif, spectateur.trice.s, sommes réunis à Montluçon, pour faire suite et relais aux groupes de réflexion sur le spectacle qui se sont créés partout en France en mars 2020. (…)

On compte aujourd’hui une cinquantaine de ces groupes de réflexion dans notre pays et plusieurs autres dans des pays d’Europe. Vous en trouverez le détail dans la carte interactive en lien à la fin de ce courrier. (…) À partir de différents protocoles, tous réfléchissent à une réforme de fond des règles qui régissent actuellement le spectacle, ses outils de travail, ses modes de production et de diffusion, ses relations au public et aux habitant.e.s des territoires où ils opèrent.  (…) « Ces rendez-vous se coordonnent et se poursuivront tout au long de cet été et de la saison prochaine. Ils abordent, entre autres, des questions telles que : – la nécessité de mieux répartir l’argent public et de repenser les critères afférents aux cahiers des charges, aux attributions de subventions et aux labels.

 - la nécessité d’une reconstruction d’un dialogue horizontal entre les tutelles et les différents acteurs de terrain.

 - la nécessité de travailler sur les liens entre les collectivités territoriales et l’Etat en renforçant ses missions régaliennes dans les domaines de la création et de la Culture.

 - la nécessité de redonner aux artistes et aux acteurs des champs culturels et sociétaux, la maîtrise de leurs outils en s’appuyant sur leur expertise et leur savoir.

 - la nécessité de sortir aujourd’hui d’une logique consumériste de la culture, en retravaillant notamment sur les cadres sémantiques actuels, les modes de financement de la Culture et de l’art, la place des artistes dans les maisons de création au-delà des logiques de diffusion, les grands principes du théâtre public et de la décentralisation dramatique.

 - la nécessité de lutter contre la fracture territoriale française et le clivage de plus en plus dangereux pour la démocratie entre les grandes métropoles d’une part, et d’autre part : les régions, les départements d’Outre-Mer, les périphéries des grands centres urbains, les zones rurales, les villes moyennes, … en repensant en profondeur la notion d’équité territoriale et de partage de l’argent public.

 - la nécessité de repenser les champs de l’art et de la Culture dans la transition écologique. (…)

 Nous profitons aujourd’hui de votre prise de fonction, Madame la Ministre, pour vous informer de l’existence ce mouvement, afin que, dans un avenir proche, vous puissiez prendre en compte les différentes préconisations qui sont en train de naître partout en France. Le Théâtre est un lieu où la parole ne prend forme que parce qu’elle est mise en commun.(…)

 En vous souhaitant la bienvenue, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’expression de nos respectueuses salutations.

Les artistes, équipes, compagnies, réunies ces deux jours à Montluçon 

Lien sur la carte répertoriant l’ensemble des groupes de réflexions :

http://umap.openstreetmap.fr/fr/map/initiatives-et-groupes-de-reflexion-culture-et-ser_460607?fbclid=IwAR30xBjLUczjQQ7zsjcpVLxtIv80Ibbhv8J9bh_ndvdviJpwKoBFZJHFqWE#6/47.205/6.042

 


Adieu Saskia Cohen-Tanugi

Adieu Saskia Cohen-Tanugi

Photo X

Photo X


Il y a parfois des moments difficiles et le destin a encore frappé cette semaine l’ancienne Ecole du Théâtre National de Chaillot. Jeudi dernier, mourrait à Lorient des suites d’un cancer, son administratrice Christine Le Pen (voir Le Théâtre du Blog), et avant hier lundi, Saskia s’envolait aussi brutalement. Mortes toutes les deux au même âge: soixante ans…Vraiment dur à vivre pour nous qui les avions bien connues. Cette metteuse en  scène de théâtre, scénariste et professeur d’art dramatique, était diplômée du Conservatoire National à Paris et de l’Université Hébraïque de Jérusalem. Elle avait aussi suivi en Angleterre, une formation au théâtre shakespearien puis joua dans Jamais, plus Jamais, un James Bond avec Sean Connery et ensuite mit en scène Le Marchand de Venise de Shakespeare au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis puis en 84, Docteur X Hero ou le dernier client du Ritz de Mériba de Cades au festival d’Avignon et en 87 Bastien et Bastienne de Mozart.

En 1988, elle vécut en Nouvelle-Calédonie où elle travailla à la préparation du Festival des arts du Pacifique. Elle mit ensuite en scène au studio des Champs-Élysées, Le Banc d’Alexander Gelman et travailla ensuite avec Patrick Grandperret à un scénario sur l’Afrique contemporaine, puis avec Xavier Castano à l’écriture de Veraz dont le rôle principal fut interprété par Kirk Douglas. Saskia Cohen-Tanugi fut aussi chargée d’une étude sur  la programmation du Théâtre 13 à Paris. Elle travailla ensuite à l’élaboration du Vieil Homme et le Molosse pour Greg Germain, actuel directeur de la Chapelle du Verbe Incarné à Avignon.
Puis elle enseigna quelques années à l’Ecole du Théâtre National de Chaillot. En 1999, elle adapte Mademoiselle Else d’Arthur Schnitzler au théâtre, une pièce récompensée par plusieurs Molière. En 2000, on la retrouve très engagée politiquement dans l’opposition au gouvernement Netanyanhu sur la question des territoires palestiniens sur laquelle elle ne transigeait pas, elle dirige un atelier de théâtre à l’Université hébraïque de Jérusalem et écrira plusieurs œuvres sur le Proche-Orient : Caleb et Yoshua, Judith Epstein, La Vieille Femme du 55 rue Gabirol, Les Deux Jeunes Filles de Netanya, Avant qu’Ophélie ne…, Lettres d’intifada

Personnalité attachante au  parcours atypique, bien aimée de ses élèves de l’Ecole de Chaillot -elle était restée en contact avec l’une d’elles vingt-cinq ans après qu’elle ait suivi ses cours et et lui téléphonait régulièrement…. Et c’est sans doute la marque de fabrique d’une école comme celle-ci que de voir réunis pour ce double deuil des élèves de plusieurs promotions qui ne se connaissaient pas ou peu! Et comme le disait intelligemment Antoine Vitez, un des professeurs de Saskia au Conservatoire National: « Au moins, il se seront rencontrés là. « 

Elle possédait une grande culture théâtrale et artistique et s’intéressait à des formes de pensée très différentes. Mais elle s’était écartée du milieu théâtral parisien et avait choisi depuis une vingtaine d’années, de vivre et d’enseigner en Israël où ses obsèques auront lieu.

Philippe du Vignal

 

Thibaut Lacroix, acteur

 Saskia, actrice, metteuse en scène et autrefois James Bond girl dans Jamais plus jamais, nous fit faire nos premiers pas dans Tête d’Or, Le Partage de midi,  et Le  Soulier de satin de Paul Claudel, Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset… Que de souvenirs puissants!  Je me souviens d’une impro qu’on avait faite autour des convois de la mort. On ne manque pas de pathos, quand on est jeune apprenti-acteur! Mais sur un thème aussi grave, elle nous aura réellement communiqué quelque chose d’énorme ce matin-là. Comme nous essayons de jouer, serrés dans des wagons, l’horreur de cette honteuse promiscuité des odeurs de merde et de pisse  et comme nous nous projetions dans la peur et les cris d’une telle immondice, Saskia intervint pour qu’on mette l’accent sur la vie….

Même dans une telle horreur, l’humanité, oppressée de tous les côtés, ne cherche qu’à vivre et à espérer… Nous sourjouions les séparations conjugales et aliénations macabres mais elle nous indiqua des choses très simples et très belles: pour garder une certaine dignité et un certain bon sens dans cet enfer, elle nous dit qu’il nous fallait imaginer autrement les misères. Voir comment la vie se prolongeait malgré tout… Elle vint sur le plateau et inventa un petit dialogue surprenant pour la situation: « Que cette jupe est jolie… c’est de la flanelle ?… – Non, du coton… tout simplement. – Ah oui ?… Comme c’est doux… où l’avez-vous trouvée ? – Dans une petite mercerie des galeries parisienne… -Ah! Bon, laquelle? -Passage Choiseul, entre Sauzaire et la boutique d’un marchand de timbres de collection. -Ah! Je ne savais pas … Je passe souvent devant pourtant..  – Je vous y mènerai  quand nous serons  revenues de tout ça…
Alors une grande émotion nous emplit tous devant cette évidence qu’il faut, coûte que coûte, continuer à voir le positif et à aimer les choses simples de la vie, aussi cruelle qu’elle puisse être.
Voilà ce que je puis dire en ce mardi matin. Je vais tenter de faire une prière pour elle mais à ma façon… Carpe diem avant le Requiem !

Jean Digne, ancien directeur de l’Association française d’Action Artistique et ancien directeur du Centre Culturel Français de Naples

Cela m’a fait beaucoup de peine quand j’ai appris sa mort subite. Je me souviens il y a une trentaine d’années, de longues et magnifiques soirées dans la maison de ses parents, l’été près de Nice tout près de la mer avec Rebecca, ma petite fille, sa mère Tania et Saskia, la sœur de Tania. Je me souviens de la formidable empathie qu’avait Saskia pour les gens et les lieux dont elle se sentait proche. Je me souviens du jour où je l’ai fait rencontrer à Philippe du Vignal et où il lui a proposé de venir donner des cours à l’Ecole du Théâtre National de Chaillot qu’il dirigeait alors. Je me souviens aussi qu’il y a quelques années, elle m’avait téléphoné quand j’étais en voiture avec lui pour aller voir un spectacle du festival d’Aurillac. Je lui avais passé Philippe: il lui avait caché qui il était et lui avait simplement dit avec un fort accent du Rouergue qu’il la connaissait et qu’il était éleveur dans le Cantal… Saskia ne comprenait rien et lui demandait ce qu’il pouvait bien faire avec moi! Cela avait marché plusieurs minutes avant qu’elle ne s’écroule de rire quand elle avait compris la farce. Il prétendait  qu’en plus de son travail d’éleveur, il dirigeait aussi à Paris une école de théâtre. De son travail artistique et pédagogique en Israël, je le connaissait trop peu et ne pourrais guère parler mais nous nous téléphonions régulièrement. Et j’aimais entendre de si loin, sa voix chaleureuse. Adieu, Saskia, tu vas beaucoup me manquer… Mais je repense à une phrase de Vladimir Nabokov qu’un ami m’avait autrefois dite et que Saskia aurait sûrement aimée: « Et la vie qu’est-elle donc, sinon un autre « cabaret » où les sourires et les larmes s’entrecroisent dans la trame d’un merveilleux tissu bariolé. »


 


En attendant Godot de Samuel Beckett, mise en scène de Yannis Kakleas

En attendant Godot de Samuel Beckett, mise en scène de Yannis Kakleas

 

Cette  pièce devenue culte écrite en 1948, fut publiée en 52 aux éditions de Minuit et créée l’année suivante au Théâtre de Babylone dans une mise en scène de Roger Blin qui jouait Pozzo, avec Pierre Latour, Lucien Raimbourg, Jean Martin, Serge Lecointe  et Louki dans le rôle de Lucky. Le grand auteur refusait les conventions et cherchait à déconstruire les règles de  l’illusion théâtrale… Quatre personnages seulement;  deux attendent un hypothétique et non identifié un certain Godot qui ne viendra jamais…

©Kostis Giokas_

©Kostis Giokas_

Pas d’intrigue mais des jeux verbaux et scéniques. Sur le plateau, une route de campagne avec un seul arbre. Deux clochards, Estragon et Vladimir, répètent en continu des séries de gestes et se livrent à des joutes verbales sans issue. La façon de retirer une chaussure ou un chapeau, faire des calculs de probabilité sur les trois crucifiés et les quatre Evangélistes ou prendre la meilleure pose pour manger une carotte…

Quand le jeu s’épuise, Samuel Beckett rappelle la loi qui régit sa construction : attendre Godot est un principe régulateur mais  sans signification dramatique. Il y a un autre couple : Pozzo et Lucky, une parodie du maître et de l’esclave… Pozzo tient Lucky par une longue corde et manie le fouet : il feint de déclamer une tirade devant le public, ajoutant ainsi un effet méta-théâtral. Et survient alors le monologue, devenu célèbre, de Lucky, avec une sorte de raisonnement logique perverti, allusions burlesques, mais aussi composition sérielle à partir de cellules langagières.

 La mécanique verbale s’emballe et les compères s’emparent du chapeau de Lucky pour interrompre sa logorrhée. Chez eux, pas de psychologie ni d’autonomie de pensée : c’est ce seul couvre-chef qui les anime. Un jeune garçon vient alors, comme pour représenter une délégation de Godot. Au deuxième acte, pas plus d’histoire mais plutôt une une répétition déviée du premier. Des feuilles sur l’arbre mort marquent l’artifice théâtral et les personnages se mettent de nouveau à arpenter la scène. La déconstruction des styles se poursuit avec des tentatives poétiques, séries de mots, essais de tons… Samuel Beckett travaille sur les éléments scéniques et vide leur présence de tout référent. Le temps devient une durée intrinsèque,  puis arrive l’expiration des gestes et des voix…

 Ses personnages chutent mais pas de façon vraiment définitive : Pozzo est devenu aveugle et Lucky muet. Les micro-événements se répètent sans qu’une mémoire s’impose car dans cette répétition, il n’y a aucune ressemblance et les personnages doutent de ce qu’ils ont vu et fait au premier acte. Vladimir et Estragon refont les même gestes, redisent les mêmes mots jusqu’à épuiser leur répertoire et l’interrompre à la fin de la pièce. 

Yannis Kakleas souligne le burlesque et le caractère chaotique de cette farce clownesque. Incompréhensions et quiproquos donnent à la pièce une tonalité comique et un pathétique de la dérision. Le metteur en scène a mis l’accent sur la vanité de l’existence humaine, sur le temps qui passe et la solitude dans la société contemporaine. Avec un décor fidèle aux didascalies de l’écrivain en ajoutant une vieille bagnole, objet métonymique et référence à l’attachement de l’homme à la machine…

Spyros Papadopoulos (Estragon) et Thanassis Papageorgiou (Vladimir) oscillent entre comique et tragique, tout en essayant de surmonter leur naufrage par l’inaction et un entêtement à se parler ou à se jouer la comédie avec quelques gestes cruels. Il faut signaler le jeu exceptionnel avec une belle gestualité d’Aris Servetalis dans le rôle de ce Pozzo qui a réellement besoin de Lucky, pour exister dans un rapport dominant/dominé. Lucky semble exécuter  les ordres! Et Orfeas Avgoustidis montre de façon remarquable un être déshumanisé qui dit toute la misère existentielle.

Aris Kakleas interprète d’une voix neutre, le jeune garçon, personnage énigmatique, messager de Godot et catalyseur du désespoir d’Estragon. La présence muette mais dansante d’Aggeliki Trobouki renforce le mystère et le caractère abracadabrant de Godot, ce personnage invisible mais devenu célèbre… que l’on continuera pourtant à attendre à jamais… 

Nektarios-Georgios Konstantinidis

 

Spectacle en tournée en Grèce, une production de ΤΕΧΝΗΧΩΡΟΣ

 


Que voir maintenant et plus tard?

Que voir maintenant et plus tard?

Le Musée du Louvre

1Tout l’été, le musée offre de parcourir ses collections à travers des visites/découvertes en vingt minutes, gratuites et sans inscription avec  un regard particulier sur les détails.  Il suffit de réserver son entrée au musée.

 

La traversée de l’été au Théâtre National de Strasbourg

L’élaboration d’un programme d’actions pour la période estivale correspond à deux convictions pour Stanislas Nordey, son directeur. « La première m’habite depuis longtemps, puisqu’en 1998, j’ai théorisé et mis en application l’ouverture l’été du Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis. Avec succès, publics et compagnies investissant nos lieux avec appétit: un théâtre n’a pas vocation à être vide. Deuxième conviction: conjoncturelle. Après une hibernation de près de trois mois, nos artistes, toutes les populations de la Région Grand Est, très touchées par la pandémie, ont besoin de retrouver cette communauté d’esprit et de travail. Toutes les équipes du T.N.S. ont donc travaillé sur un faisceau de propositions qui couvrent aussi bien le champ de la lecture, de l’écriture, de la pratique, de l’itinérance, de la découverte de l’univers théâtral. Elles l’ont fait en se servant à la fois de projets qui n’avaient pu être mis en œuvre jusqu’ici, en adaptant des programmes déjà existants sous d’autres formes et en inventant ex-nihilo des projets spécifiques.

Stanislas Nordey

Stanislas Nordey

Le programme de cet été « apprenant » et culturel tel que je l’ai imaginé, a pour ambition de toucher et faire se rencontrer des populations différentes et parfois éloignées du théâtre; parmi elles, les jeunes qui n’ont pu bénéficier d’une scolarité normale depuis la mi-mars et qui verraient leurs vacances d’été entravées par les contraintes sanitaires, les pensionnaires des E.H.P.A.D, des flâneur.se.s de parcs, places et jardins privés ou publics, des personnes sans emploi, de gens en activité mais sans possibilité de partir en vacances, des auteurs et autrices, des artistes et techniciens strasbourgeois, des élèves de l’École du T.N.S., des artistes, jeunes, pour l’essentiel. Tout cela en mettant en avant l’une de nos marques de fabrique : la valorisation de la parité et de la diversité. »

Des ateliers gratuits au Prisme d’Elancourt ( Yvelines)

On peut découvrir la danse, les arts plastiques et la musique avec un programme d’ateliers pour tous les âges. Mais comme ailleurs: port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique à disposition et distances sociales à respecter.

Photo X

Photo X

Le matin, on danse en couleur dans des ateliers en plein air ouverts à tous. Rendez-vous devant le Prisme, mercredi, jeudi et vendredi à 10 h, avec initiation à la danse contemporaine, au modern-jazz et au hip hop (à partir de huit ans). Avec Thérèse-Marie David,  directrice de l’École municipale de danse d’Élancourt; Mathieu Raguel, professeur de danse hip-hop et Sarah Flamant, professeure de modern-jazz.

L’après-midi, On découpe les couleurs. Rendez-vous devant le Prisme les mercredi 26 et jeudi 27 août de 14 h à 17 h. A la manière d’Henri Matisse, venez découper de la couleur et la coller dans une œuvre collective en plein air. Avec Marie Lavault, directrice de l’École municipale d’arts plastiques d’Élancourt. À partir de six ans (les enfants de moins de treize ans doivent être accompagnés). Le matériel  est fourni.

On fait de la musique en couleur. Rendez-vous devant l’École de musique d’Élancourt les samedi 29 août et 5 septembre de 14 h à 17 h avec un temps de pratique de la percussion brésilienne. En plein air, avec Jean-Marie Denquin, professeur de l’École municipale de musique d’Élancourt. (À partir de douze ans, instruments fournis).

Atelier de création de B.D. Rendez-vous devant le Prisme. Du lundi 24 au vendredi 28 août: 10h 30-12h 30 pour les enfants de sept à onze ans. Et de 14 h à 16 h pour les jeunes de douze à dix-huit ans.

Le Prisme Quartier des Sept Mares 78990 Élancourt. Information et réservation: prisme@ville-elancourt.fr


Les Urbaindigènes

Chantier ! La Tournée du Coq par Les Urbaindigènes

Cela se passe à Avannes près de Besançon. C’est une « collaboration démocratique et citoyenne autour d’une construction de charpente traditionnelle. » L’expérience urbaine a commencé en 2004  pour ces gymnastes: Le Pudding Théâtre avait besoin d’eux pour animer les rues de Salins-les-Bains dans le Jura. « Nous découvrons, disent-ils, ce qu’est le théâtre de rue et l’acrobatie urbaine. et l’année d’après, nous sommes douze gymnastes à la recherche de nouvelles sensations. Nous décidons donc d’explorer les multiples facettes de ce monde extérieur alors inconnu. »

Ils créent ainsi Homo Economicus: ces Urbaindigènes ont trouvé leur terrain de jeu. Et grâce aux  rencontres avec d’autres compagnies franc-comtoises, des formes déambulatoires s’affirmeront. Depuis 2009, Les Mercodier et La Revue Militaire développent cette «physicalité».

Photo X

Photo X

La compagnie compte aujourd’hui cinq créations dont deux sillonnent encore les routes depuis cinq ans. Mathias, comédien mais aussi charpentier et architecte a dressé de grandes structures de bois penchées à l’allure  de frontons de temples grecs suspendus à des fils. C’est l’histoire d’un charpentier qui, nouveau gérant, a changé toute l’organisation d’un chantier: l’industrialisation a pris le dessus et c’est  une machine qui réalise ce qu’on faisait à la main. Matthias a mis la boîte en redressement judiciaire. Cinquante spectateurs vont relever l’un des frontons sous les ordres du chef de chantier en tirant sur des cordes.  Très impressionnant.

@Anne Flageul

@Anne Flageul


Ils discutent entre eux : «Au XIIIème siècle la société européenne est en pleine mutation, l’essor géographique impose des changements : c’est l’essor des cités et le siècle des cathédrales. » Accrochés à une tour, ils imitent sur une musique religieuse, les gargouilles de Notre-Dame de Paris avec leurs grimaces grotesques.

On lève un deuxième fronton. Ces charpentiers argumentent sans cesse:  « Un chantier, on ne sait même pas à quoi ça va servir ! Ils ont pour utopie de fabriquer un préau pouvant servir au  vivre ensemble. «   Mais peu à peu, le lieu apparait et ils déploient une immense toile rouge faisant office de toit: une image magnifique…

Les comédiens-acrobates, épaulés et conseillés par Hervée de Lafond, codirectrice du théâtre de l’Unité, qui escaladent les structures de bois avec une grande agilité, nous font froid dans le dos. Cette ébauche n’est pas terminée et ils ont encore quatre semaines de résidence avant une première au Fourneau à Brest.  Mais déjà le futur spectacle, sans doute encore un peu  bavard, est très prometteur. A suivre…

Edith Rappoport

Ebauche vue le 18 juillet à Avannes (Doubs). En résidence du 2 au 18 juillet,  puis du 17 au 29 août,  avec le soutien du Fourneau à Brest.


Kenavo Christine Le Pen

Kenavo Christine Le Pen

 

En 1990, lors d'un stage de l'Ecoile à Villenuev-lès-Avignon.

En 1990, lors d’un stage de l’Ecole à Villeneuve-lès-Avignon.

On nous a prévenu ce matin… Le cancer du poumon  avec lequel elle vivait depuis quelques années, aura eu finalement raison d’elle. Christine avait quitté Paris le mois dernier et est morte cette nuit, entourée, comme elle souhaitait par sa famille, au Centre de soins palliatifs de Ploemeur. Les nouvelles, hélas- n’étaient pas très bonnes depuis décembre et à lire ses lettres récentes, on sentait qu’elle ne se faisait pas d’illusions et que sa fin était proche. Elle avait soixante ans. « Ici, m’écrivait-elle sur une  carte  émouvante il y a juste un mois, je vis au jour le jour. La tête, ça va, le corps lâche. Je dois me reposer souvent. J’essaye néanmoins  de faire un peu de travail musculaire avec le kiné. Point de vue nourriture, le Centre de soins palliatifs a ses propres cuisiniers. C’est plutôt sympa. Mais je suis déjà fâchée avec certains aliments. Je retrouve les membres de ma famille avec grand plaisir. Je m’aperçois qu’il est bon de retrouver des visages que l’on connaît depuis l’enfance. L’une de mes sœurs assure toute l’intendance dont j’ai besoin. »

 Après avoir été secrétaire du directeur du Théâtre du Palais-Royal, elle assura pendant plus de quinze ans la gestion administrative de l’École du Théâtre National de Chaillot quand j’en étais le directeur pédagogique.  Sans jamais ménager sa peine et du travail il y en avait pour l’une comme pour l’autre et souvent pour les deux à la fois: programmes pédagogiques, gestion des espaces, relevés d’heures de cours et factures à transmettre à la comptabilité du théâtre, emplois du temps, présentation des soirées, de fin d’année, préparation de tournées, établissements de budgets,etc… Elle ne ménageait jamais sa peine et combien de soirs, je devais éteindre la lumière de ce petit bureau sans éclairage du jour pour la forcer à partir. Il était presque 21 h et nous étions là depuis 10 h… avec une brève pause pour le déjeuner! Et Jérôme Savary, alors directeur, avait eu toute confiance en elle, pour mener administrativement ce gros bateau avec, à bord, une douzaine de professeurs et cinquante élèves, ceux des deux promotions en même temps de l’École et ceux des deux Ateliers du soir.

Avec une rare compétence, une maîtrise absolue des budgets compliqués à mettre au point vu le peu d’argent disponible! Elle avait aussi une volonté absolue quand il s’agissait de défendre l’École. Qu’une administratrice de Chaillot sans scrupules avait voulu faire disparaître deux ans après sa création… Là elle a su montrer les dents avec efficacité face à la bêtise et se battre aussi avec des énarques ou conseillers aussi prétentieux qu’incompétents du Ministère de la Culture, Et heureusement pas très courageux devant une pétition pour défendre l’existence de l’Ecole signée des meilleurs metteurs en scène et acteurs. Christine savait démontrer poliment à ces soi-disant « représentants de l’Etat » qu’ils faisaient fausse route et qu’ils promettaient sans jamais rien donner. Dans ces moments difficiles, son sang de Bretonne ne faisait qu’un tour et mieux valait alors ne pas insister… Et plusieurs fois, je n’aurais pu sauver l’École si elle n’avait été à mes côtés avec courage et ténacité, singulièrement efficace. Un partenariat exemplaire et quand l’un de nous deux commençait parfois à flancher, l’autre prenait aussitôt le relais…Ce sont des choses dans une vie d’homme que l’on retient à jamais.

 Mais, généreuse, elle savait aussi être à l’écoute des élèves qui l’aimaient beaucoup et elle ne refusait jamais un service à celui qui avait besoin d’un C.V. bien présenté -on s’y mettait à deux- ou d’une aide pour remplir un formulaire de bourse ou entreprendre une quelconque démarche. Et jamais les projets de spectacles que nous bâtissions ensemble et avec les enseignants, suivis de tournées en France, voire à l’étranger, comme entre autres Peines d’amour perdues, mise en scène d’Andrzej Seweryn  ou Victor ou les Enfants au pouvoir de Roger Vitrac n’auraient pu voir le jour si elle n’y avait mis toute son expérience. Christine était une femme formidable que tous, artistes, techniciens et administratifs de Chaillot respectaient et aimaient.

Merci encore Christine pour tout ton travail. Nombre d’anciens élèves aujourd’hui acteurs et metteurs en scène qui gagnent leur vie dans -dont deux à la tête de Centres Dramatiques Nationaux- ont appris sa disparition avec des larmes. Et dans ces larmes on se dit que nous n’aurons pas travaillé pour rien, même si le sieur Goldenberg qui succéda à Chaillot fit, après que je sois parti à la retraite, disparaître cette Ecole dont il n’avait jamais voulu… Et nous aurons été nombreux à partager avec joie cette tranche de notre vie et nous ne t’oublierons pas. Christine a eu jusqu’au bout la volonté de se battre et de trouver encore du plaisir à exister dans cette unité de soins palliatifs à l’hôpital de Lorient où elle évcut ses derniers jours. Et je lui dédie ces vers du grand Eschyle qu’elle aimait bien: « Même aux milieu des malheurs, jouissez chaque jour des petites joies que la vie vous apporte car la richesse est vaine chez les morts. » Kenavo Christine, nous ne pourrons rejoindre à temps demain samedi Lorient trop éloignée du Cantal pour être avec tes proches.  Mais nous aurons demain samedi une pensée très amicale pour eux.

Philippe du Vignal

Les obsèques de Christine auront lieu demain samedi 18 juillet à midi et demi au Centre funéraire de Kerlétu, rue René Lote, à Lorient. T. :  02 97 37 51 52.

Les élèves de l’Ecole de Chaillot:
Chère Christine,
Il y avait ta voix. Douce, forte, enthousiaste. Celle qui nous a annoncé que Chaillot serait notre école… une voix qui ne s’oublie pas, celle qui a fait basculer nos vies. Il y avait ton regard bienveillant, soutenant, dans lequel beaucoup d’entre nous se sont réfugiés quand rien n’allait, quand la galère avait pris le dessus, noyés par les doutes. Il y avait tes mots. Tes encouragements. Pendant nos années de formation, et après, quand tu n’oubliais jamais de venir nous voir. De penser à chacun d’entre nous, de prendre des nouvelles.
Et même quand les vents sont devenus mauvais, quand l’école a commencé a tremblé, sous la menace, tu t’es tenue droite et tu nous a communiqué ta force, ta confiance. En nous, en nos vies à venir. Tu étais l’âme patiente, discrète, puissante de cette école. Le souffle de vie. Peut-être même que ta force, ton optimisme, dans cette autre lutte que tu menais discrètement, nous a insufflé cœur et courage, pour faire notre chemin, dans cette vie de théâtre. Nous sommes nombreux à penser à toi aujourd’hui.
A peser la chance que nous avons eu de te rencontrer. A ne pas pouvoir s’empêcher de sourire, à ton souvenir. A affirmer : cette femme là, je l’aimais.
Séverine, une ancienne élève des Ateliers du soir

Merci Philippe pour ces mots; j’ai appris cette bien triste nouvelle, que malheureusement nous craignions. Christine était une belle personne chaleureuse et vraie. Des pensées douces pour les siens.

Etienne Grebot , acteur et metteur en scène , ancien élève de la première promotion

C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Christine. Ancien élève de Chaillot, je peux témoigner qu’elle a a toujours été très présente pour nous, aussi efficace que discrète, et que bien des années après, elle laisse dans mon cœur et mon esprit, une trace indélébile. J’envoie mes meilleures pensées à sa famille et à ses proches, pour qui j’imagine la douleur et la peine de perdre un être aussi précieux.

Michel Lopez, professeur d’improvisation à l’Ecole

Merci Philippe pour ce beau témoignage, nous avons vécu une très belle et parfois houleuse histoire avec cette Ecole et Christine en était un pilier fondamental. Je salue ici son courage, son professionnalisme, sa pugnacité, sa bienveillance, sa douceur, et son intelligence à ne laisser rien paraître de ses doutes ou de ses souffrances pour nous préserver. Et quand on voit les témoignages des anciens élèves cela fait chaud au cœur, ils l’aiment, l’estiment et lui rendent un vibrant hommage. Christine, tu peux être fière de tes élèves ! Repose en paix…

Thibault Lacroix, acteur

Un hommage à  Christine et Saskia Cohen-Tanugi (voir Le Théâtre du blog)  qui s’en vont l’une jeudi dernier  et l’autre, hier lundi… Les enfants de Chaillot que nous avons été, en prennent tous un coup. Quelle tristesse ! Elles avaient soixante ans toutes les deux… Christine, administratrice de l’Ecole, aussi pragmatique dans l’organisation des budgets que prévenante, bienveillante et drôle (ça ne gâte rien) veillait sur nous et fut un pilier pour nos jeunes années dans cette bonne école, tristement disparue en 2001 de par la volonté de Goldenberg, alors directeur de Chaillot qui ne jugea pas utile qu’un vivier de jeunes comédiens puisse continuer, après le départ volontaire de Philippe du Vignal, le directeur pédagogique, à y étudier et répéter dans les quelque 50. 000 m2 de ce grand palais!

Jacques Livchine metteur en scène et codirecteur avec Hervée de Lafond du Théâtre de l’Unité. Ils avaient conduit plusieurs stages et réalisé plusieurs mises en scène à l’Ecole.

Juste un proverbe: Adieu Christine, c’est con de vivre vieille, mais c’est encore plus con de mourir jeune.

 

 

 


Venavi ou pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigues Norman, mise en scène d’Olivier Letellier

Venavi ou pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigues Norman, adaptation de Catherine Verlaguet, mise en scène d’Olivier Letellier

Photo X

Photo X


Un plateau nu dans la pénombre avec seule, une pièce de bois, semblable à un monolithe. Lentement, au doux son d’une chanson africaine, s’avance un jeune homme : «Je m’appelle Akouété. Akouété, Akouélé, des prénoms qui se ressemblent autant, chez nous, ça veut dire que nous sommes jumeaux. » Ce qui n’est pas rien:  en Afrique, les jumeaux sont sacrés! Mais Akouété est mort… sa sœur jumelle Akouélé l’ignore et elle l’attend: «Akouété? Akouété ? Il est où Akouété ? »   le père lui répond: «Ton frère est parti chercher du bois dans la forêt !» Pur mensonge… Et non-respect des rites ancestraux. Il n’y aura pas, pour Akouélé, de venavi: un «jumeau» en éwé, l’une des deux langues togolaises. C’est une statuette consolatrice que l’on offre traditionnellement à celui qui reste pour remplacer son jumeau absent et qui l’accompagne au quotidien… Akouété, à la fois conteur et héros de cette histoire, semble avoir élu domicile dans un ailleurs, qui n’est ni l’espace de la mort, ni celui de la vie. Mais un lieu indéfini d’où il ne peut entrer en communication avec sa sœur

Situation tragique : sans Akouélé, il est comme prisonnier de ce monde parallèle et n’a pas accès à celui de l’au-delà. Les jumeaux sont inséparables ! Akouété, personnage testamentaire par excellence dont la parole poétique nous convoque à partager l’attente douloureuse et la quête de vérité d’Akouélé, son  retour à la vraie vie et au temps qui passe. À fois conte et théâtre-récit, cette adaptation invite les spectateurs à un parcours initiatique bigarré !  Rodrigue Norman s’inspire des rites et croyances de son pays, le Togo, pour évoquer le monde de l’enfance et la peur de grandir. Il nous fait entrer au cœur de cet univers fragile et fort à la fois, confronté à celui des adultes avec leurs mensonges et  leurs angoisses.

Dans l’adaptation théâtrale du texte très réussie de Catherine Verlaguet, narration et dialogues se succèdent et font alterner une ambiance dramatique tantôt douce et onirique, tantôt violente et réaliste. De ce rythme contrasté et aussi soutenu par la bande son et les lumières de Sébastien Revel, les chants africains, et la finesse de l’écriture, naissent de multiples émotions : tristesse, joie, absence, peur, colère, rire… Mais ce serait également sans compter sur la grâce, la malice et la légèreté du jeune comédien togolais, Alexandre Prince choisi par Olivier Letellier pour reprendre le rôle créé en 2011 par Athanase Kabré au Théâtre de Sartrouville. Merveilleux de sincérité et d’humour !

La mise en scène épurée, abstraite d’Olivier Letellier et la belle scénographie de Sarah Lefèvre accompagnent chaque étape de la fable, suivant les thèmes de l’action : le village des jumeaux et ses habitants, la recherche du frère dans la forêt, l’école,  la vente d’oranges sur le marché… A chacun de ces  moments et sous les yeux émerveillés du public, le décor change subitement grâce à une structure gigogne en bois, idée fort astucieuse ! A la fois enchantée, gaie et magique, cette simplicité du décor ne fait qu’augmenter notre pouvoir d’imagination. Joué cinq cents fois par trois comédiens successifs, le spectacle a gardé toute sa puissance tragique.. C’est un ravissement autour de thèmes universels, traités sans concession et au sein d’une culture différente de la nôtre, avec beaucoup d’humanité et de drôlerie. Le spectacle nous rappelle que la vérité sort souvent de la bouche des enfants et que nous, les adultes du monde entier,  choisissons parfois de taire ou de ne pas entendre…

Elisabeth Naud

Dans le cadre : Un Eté solidaire-Théâtre de la Ville, Théâtre des Abbesses 31, rue des Abbesses Paris ( XVIII ème). Du 1er au  29 juillet à 15h et à 19h . T. : 01 42 74 22 77. 10€ et gratuité pour les moins de 14 ans et les soignants.

En tournée :

La Filature, Scène Nationale de Mulhouse du 15 au 17 juillet. 

Dans le cadre de L’Ile-de-France fête le théâtre : Ile de Loisirs du Port aux cerises (92) 19 juillet : 14h et 16h 20,21,22,23,24 juillet : 11h30 et 13h30 – 26 juillet : 14h et 16h Ile de Loisirs de Cergy Pontoise (95) 9 août  14h et 16h 10,11,12,13,14 août : 11h30 et 13h30 16 août : 14h et 16h Ile de Loisirs de Saint-Quentin en Yvelines (78) 23 août : 14h et 16h 24,25,26,27,28 août : 11h30 et 13h30  


Articles plus anciens

Chalon dans la rue 2020…

Cinquante ans de révolution chorégraphique, du Ballet-Théâtre contemporain au C.C.N. -Ballet de Lorraine, 1968-2018, textes d’Agnès Izrine et Laurent Goumarre,

La Grande Balade proposée par la Bonlieu Scène Nationale d’Annecy

Théâtre des Îlets à Montluçon : Une lettre à la Ministre de la Culture

Adieu Saskia Cohen-Tanugi

En attendant Godot de Samuel Beckett, mise en scène de Yannis Kakleas

Que voir maintenant et plus tard?

Les Urbaindigènes

Kenavo Christine Le Pen

Venavi ou pourquoi ma soeur ne va pas bien de Rodrigues Norman, mise en scène d’Olivier Letellier

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...