Rhapsodie démente /François Verret

Rhapsodie démente, mise en scène François Verret

 

rhapsodie_demente_1«Pour ceux et celles né(e)es en l’an 2000 qui auront entre 14 et 18 ans dans les prochaines années, que reste-t-il de ce XXe siècle qu’on qualifie souvent d’ «âge des extrêmes» ? Quelles images en ont-ils ? Quel est notre héritage ? se demande François Verret, Qu’avons nous appris ? Lutter contre l’amnésie des générations futures, tel est le propos du Chantier 2014-2018 « .
Ce laboratoire nomade, passant par Paris, Grenoble et Strasbourg nous livre, dans le cadre du Manifeste 2015  de l’ I.R.CA.M. un spectacle déroutant. Pour composer cette Rhapsodie démente, le metteur en scène a réuni musiciens, chanteurs, danseurs et comédiens,en leur demandant d’improviser à partir de souvenirs personnels.
Ils s’inspirent aussi d’univers aussi différents que ceux de Robert Antelme, Angélica Lidell, Bernard Noël, Pierre Guyotat, le sous-commandant Marcos, le Comité invisible, Jean-Luc Godard… Ou encore du Radeau de la Méduse de Géricault. «Les artistes fonctionnent en roue libre, s’autorisant le libre jeu des dérives associatives » : en déployant chacun leur propre grammaire vocale et corporelle, ils créent une succession de tableaux vivants, ponctués de chants ou de vociférations. Frisant parfois l’hystérie. Leurs paroles nous parviennent souvent distordues par le truchement de micros, comme si plusieurs voix habitaient les corps.
Dans un paysage sonore et visuel composite, François Verret tente de re-capturer des bribes du siècle dernier jusqu’à saturation. Au milieu de ce maelström, la musique très présente du compositeur Jean-Pierre Drouet et du guitariste Marc Sens donne une certaine cohérence à ces mini-drames disséminés au quatre coins du plateau parmi les croix, quelques ossements, et un élégant labyrinthe constitué de plaques métalliques.
Cependant, au-delà de cet enfer où se débattent les protagonistes, s’annoncent des temps meilleurs, comme le laissent entrevoir les figures féminines qui, à la fin de la  pièce, semblent courir inéluctablement vers l’avenir. D’ailleurs, la prochaine tranche du Chantier s’intitule Le Pari : «Le pari de s’en sortir, ce qui n’est pas le moindre des paris »,  précise le maître d’œuvre.
Devant un spectacle fourmillant d’images, de bruit et de fureur, on perd parfois le fil, jusqu’à être dérouté. Mais ne sommes nous pas au milieu d’un chantier ? François Verret présente ici un travail expérimental et convie le public à le suivre dans son exploration.  Au sortir de la salle, on repense à ces mots d‘Ossip Mandelstam, entendus pendant le spectacle, et qui résument bien la pièce : « Par où commencer ? Tout craque, tangue et se disloque. Le ciel bourdonne de métaphores.»

 Mireille Davidovici

  Spectacle vu au Nouveau Théâtre de Montreuil le 5 juin. 

 


Rhapsodie démente /François Verret

Rhapsodie démente, mise en scène François Verret

 

rhapsodie_demente_1«Pour ceux et celles né(e)es en l’an 2000 qui auront entre 14 et 18 ans dans les prochaines années, que reste-t-il de ce XXe siècle qu’on qualifie souvent d’ «âge des extrêmes» ? Quelles images en ont-ils ? Quel est notre héritage ? se demande François Verret, Qu’avons nous appris ? Lutter contre l’amnésie des générations futures, tel est le propos du Chantier 2014-2018 « .
Ce laboratoire nomade, passant par Paris, Grenoble et Strasbourg nous livre, dans le cadre du Manifeste 2015  de l’ I.R.CA.M. un spectacle déroutant. Pour composer cette Rhapsodie démente, le metteur en scène a réuni musiciens, chanteurs, danseurs et comédiens,en leur demandant d’improviser à partir de souvenirs personnels.
Ils s’inspirent aussi d’univers aussi différents que ceux de Robert Antelme, Angélica Lidell, Bernard Noël, Pierre Guyotat, le sous-commandant Marcos, le Comité invisible, Jean-Luc Godard… Ou encore du Radeau de la Méduse de Géricault. «Les artistes fonctionnent en roue libre, s’autorisant le libre jeu des dérives associatives » : en déployant chacun leur propre grammaire vocale et corporelle, ils créent une succession de tableaux vivants, ponctués de chants ou de vociférations. Frisant parfois l’hystérie. Leurs paroles nous parviennent souvent distordues par le truchement de micros, comme si plusieurs voix habitaient les corps.
Dans un paysage sonore et visuel composite, François Verret tente de re-capturer des bribes du siècle dernier jusqu’à saturation. Au milieu de ce maelström, la musique très présente du compositeur Jean-Pierre Drouet et du guitariste Marc Sens donne une certaine cohérence à ces mini-drames disséminés au quatre coins du plateau parmi les croix, quelques ossements, et un élégant labyrinthe constitué de plaques métalliques.
Cependant, au-delà de cet enfer où se débattent les protagonistes, s’annoncent des temps meilleurs, comme le laissent entrevoir les figures féminines qui, à la fin de la  pièce, semblent courir inéluctablement vers l’avenir. D’ailleurs, la prochaine tranche du Chantier s’intitule Le Pari : «Le pari de s’en sortir, ce qui n’est pas le moindre des paris »,  précise le maître d’œuvre.
Devant un spectacle fourmillant d’images, de bruit et de fureur, on perd parfois le fil, jusqu’à être dérouté. Mais ne sommes nous pas au milieu d’un chantier ? François Verret présente ici un travail expérimental et convie le public à le suivre dans son exploration.  Au sortir de la salle, on repense à ces mots d‘Ossip Mandelstam, entendus pendant le spectacle, et qui résument bien la pièce : « Par où commencer ? Tout craque, tangue et se disloque. Le ciel bourdonne de métaphores.»

 Mireille Davidovici

  Spectacle vu au Nouveau Théâtre de Montreuil le 5 juin. 

 

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