Issey Miyake, la Semaine de la Mode.

Issey Miyake, défilé pour la Semaine de la Mode.

IMG_8620Souvent spectaculaire, le défilé de ce créateur de soixante dix-huit ans est toujours très attendu . Né à Hiroshima en 1938, il perd sa mère, irradiée, trois ans après l’explosion de la bombe atomique. Après avoir travaillé chez Givenchy et Guy Laroche, Issey Miyake montre sa première collection à New-York, en 1971. Depuis lors, il n’a cessé de surprendre. Alliant tradition et nouvelles technologies, il recherche constamment de nouvelles textures apportant fluidité et légèreté aux vêtements, sans renoncer aux matières ancestrales comme le raphia ou le papier japonais whasi.

Au printemps dernier, au National Art Center de Tokyo, une grande exposition, que nous espérons voir un jour en France, témoignait de son inventivité. Interactive, elle présentait les étapes de son travail de conception, ses influences, et leurs mises en œuvre pratiques. En mai 1968, il disait «vouloir créer des vêtements du quotidien portés par la plupart des gens». Les coûts de production de ses créations l’ont détourné de cet objectif initial! Cependant, tout le monde connait ces vêtements plissés commercialisés sous le nom de Pleats Please, en 1993, Nous savons moins qu’Issey Miyake a créé toutes les tenues de l’équipe lituanienne pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1992. En 1999, le couturier présentait sa dernière propre collection, depuis, ses équipes de créateurs perpétuent son état d’esprit à travers les nouvelles collections qui sont en vente dans cent trente-trois boutiques au Japon et quatre-vingt onze à l’étranger.

Son entrée dans l’univers de la danse remonte à 1980, avec Casta Diva de Maurice Béjart ; il poursuit avec William Forsythe et le ballet de Francfort, en 1991, pour The Loss et The small Details là il se fait remarquer au Théâtre du Châtelet par ses costumes plissés. En 2013, il produit avec son équipe une courte chorégraphie de Daniel Ezralov et des gymnastes. Issey Miyake résume ainsi son itinéraire: «Mon travail est une réflexion au long court sur la manière dont les gens s’habillent, c’est une recherche de techniques et de matières pour concevoir de nouveaux vêtements.» Quelle que soit la période, le mouvement a toujours fait partie intégrante de ses créations. Un mouvement perpétuel qui anime en permanence nos vies : en cela Issey Miyake est d’une grande modernité.

Jean Couturier

Défilé le 30 septembre.

www.isseymiyake.com

 


Tsumori Chisato, un défilé de mode original

Tsumori Chisato, un défilé de mode original.

imageLa créatrice de mode japonaise a décidé, pour la présentation de sa nouvelle collection de prêt-à-porter, d’embarquer les spectateurs dans un voyage sous-marin, et a choisi un lieu symbolique : Elephantpaname, un centre d’art de 500 m2, près de l’Opéra Garnier, ouvert à des cours de danse, à des expositions temporaires et parfois à des spectacles.
Cet hôtel particulier, érigé sous Napoléon III et surmonté d’une voûte étoilée, est un espace rêvé pour accueillir la collection printemps-été 2016 présentée par les huit mannequins de Tsumori Chisato.
Une vidéo explicative nous montre un petit homme, en tenue de plongée, qui part à la recherche de la femme idéale à travers les méandres des motifs de tissus colorés. On le retrouvera aussi sur les premières robes du défilé. Les mannequins se succèdent sur de petits podiums, chacun éclairé par une douche de lumière, le reste de la salle étant plongé dans l’obscurité. Une musique originale de Mode-F nous emporte dans les abysses, avec, comme seul élément de vie joyeuse, les teintes vives et les dessins parfois naïfs des vêtements qui se suivent à un rythme harmonieux.
  C’est  une autre façon d’apprécier la beauté de ces créations de mode et les mannequins, pour une fois, ne passent pas rapidement, comme c’est souvent le cas dans les défilés traditionnels. Les paupières des jeunes femmes, couvertes de feuilles d’or, répondent aux étoiles de la coupole.
Tsumori Chisato n’a jamais travaillé pour la scène, et pourtant ses coupes et dessins pourraient aisément illustrer La Flûte enchantée ou les pièces fantastiques de Maurice Maeterlinck. «Quand je me regarde dans le miroir, dit-elle, je suis toujours surprise de ne pas voir une enfant.»  

 Le public est sorti heureux de ce calme voyage dans la beauté. Une façon décalée d’apprécier l’univers de la mode, empreint, d’habitude, d’une certaine hystérie.

Jean Couturier

www.elephantpaname.com  www.tsumorichisato.com      

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